« L’école de la troisième République a nettoyé la biographie mais surtout la bibliographie de La Fontaine. Ses Contes licencieux sont jugés comme étant hautement inflammables, subversifs. Ils sont donc passés sous silence, effacés, remisés dans l’Enfer des bibliothèques.
Le XIXème siècle français : voilà le grand tribunal de la névrose bourgeoise, l’ère du coffre-fort, du bas de laine et du confessionnal. Dans la somnolence académique des manuels scolaires, on enferme le fabuliste dans la morale de ses Fables, ce catéchisme pour enfants bien élevés. Hypocrisie nationale. On cache son éloge des moines paillards, des nonnes consentantes et des cocus joyeux.
La visée des Contes, c’est la vérité sur la nature de l’amour.
J’ouvre l’esprit, et rends le sexe habile
Cette leçon est centrale : elle pointe l’éducation des filles au XVIIème siècle. Elle dénonce l’ignorance dans laquelle on les maintient. La sexualité est surveillée, contrôlée par l’Église et par la société. L’honneur ou la morale sociale, nous dit Furetière, « s’applique plus particulièrement à deux sortes de vertus, à la vaillance pour les hommes, à la chasteté pour les femmes ». La messe est dite : le désir féminin n’existe pas. La Fontaine le ré-enchante.
Cet essai, finalement très politique, vise la part cachée de l’œuvre du poète, celle dans laquelle il développe sa morale de l’amour.
Le XVIIème siècle a eu ses dévots ; le nôtre a ses ligues de vertu sociologiques. C’est toujours, au fond, la même haine du plaisir.»
Le XIXème siècle français : voilà le grand tribunal de la névrose bourgeoise, l’ère du coffre-fort, du bas de laine et du confessionnal. Dans la somnolence académique des manuels scolaires, on enferme le fabuliste dans la morale de ses Fables, ce catéchisme pour enfants bien élevés. Hypocrisie nationale. On cache son éloge des moines paillards, des nonnes consentantes et des cocus joyeux.
La visée des Contes, c’est la vérité sur la nature de l’amour.
J’ouvre l’esprit, et rends le sexe habile
Cette leçon est centrale : elle pointe l’éducation des filles au XVIIème siècle. Elle dénonce l’ignorance dans laquelle on les maintient. La sexualité est surveillée, contrôlée par l’Église et par la société. L’honneur ou la morale sociale, nous dit Furetière, « s’applique plus particulièrement à deux sortes de vertus, à la vaillance pour les hommes, à la chasteté pour les femmes ». La messe est dite : le désir féminin n’existe pas. La Fontaine le ré-enchante.
Cet essai, finalement très politique, vise la part cachée de l’œuvre du poète, celle dans laquelle il développe sa morale de l’amour.
Le XVIIème siècle a eu ses dévots ; le nôtre a ses ligues de vertu sociologiques. C’est toujours, au fond, la même haine du plaisir.»
