Le 22 octobre 1911, Henri Matisse monte dans le Nord-Express en direction de Saint-Pétersbourg. L’homme du soleil gagne le pays de la glace. Après Collioure et ses barques de pêcheurs, voici la Neva gelée, les troïkas et leurs grelots.
Il a été invité à Moscou par le riche Sergueï Chtchoukine , qui lui a acheté La Danse et de La Musique et lui a demandé de venir les accrocher dans son hôtel particulier. Ce marchand possède déjà une vingtaine de ses œuvres. Avec ce mécène éclairé, il visite l’Ermitage et la galerie Tretiakov, rencontre les artistes, les intellectuels et les collectionneurs de la ville. Et surtout, les portes des églises orthodoxes s’ouvrent à lui. Face aux icônes et aux chefs-d’œuvre d’Andreï Roublev, Matisse vit une révolution intérieure, sa leçon russe : la couleur ne saurait être une simple imitation du réel ; elle est une force spirituelle, une musique.
Autour de lui, Moscou vit ses dernières années d’insouciance : l’extravagance des grands princes, l’éclat des lustres pendant les bals, les opéras où résonnent Boris Godounov et Eugène Onéguine, l’effervescence des Ballets russes et l’esprit d’avant-garde de Diaghilev sont à leur apogée. Sous les ors, l’Histoire gronde déjà. Raspoutine a pris le pouvoir à la cour impériale et Youssoupovff songe déjà à l’assassiner. Et le « roi des fauves », venu chercher une autre lumière, assistera à la montée de la couleur rouge.
Il a été invité à Moscou par le riche Sergueï Chtchoukine , qui lui a acheté La Danse et de La Musique et lui a demandé de venir les accrocher dans son hôtel particulier. Ce marchand possède déjà une vingtaine de ses œuvres. Avec ce mécène éclairé, il visite l’Ermitage et la galerie Tretiakov, rencontre les artistes, les intellectuels et les collectionneurs de la ville. Et surtout, les portes des églises orthodoxes s’ouvrent à lui. Face aux icônes et aux chefs-d’œuvre d’Andreï Roublev, Matisse vit une révolution intérieure, sa leçon russe : la couleur ne saurait être une simple imitation du réel ; elle est une force spirituelle, une musique.
Autour de lui, Moscou vit ses dernières années d’insouciance : l’extravagance des grands princes, l’éclat des lustres pendant les bals, les opéras où résonnent Boris Godounov et Eugène Onéguine, l’effervescence des Ballets russes et l’esprit d’avant-garde de Diaghilev sont à leur apogée. Sous les ors, l’Histoire gronde déjà. Raspoutine a pris le pouvoir à la cour impériale et Youssoupovff songe déjà à l’assassiner. Et le « roi des fauves », venu chercher une autre lumière, assistera à la montée de la couleur rouge.
