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La pensée postnazie
Parution : 
21/03/2018
Pages : 
464
Format :
140 x 225 mm
Prix : 
22.90 €
Prix du livre numérique: 
15.99 €
EAN : 
9782246805472

La pensée postnazie

Contre-histoire de la philosophie, tome 10
Une grande partie de l’histoire de la pensée occidentale s’est effondrée lors de l’ouverture des camps d’extermination nazis en 1945. La Raison occidentale semblait progresser depuis sa première formulation grecque en passant par la Raison renaissante, la Raison cartésienne, la Raison pure kantienne, la Raison des Lumières. Comment a-t-elle pu déboucher sur l’embrasement de l’Europe par le national-socialisme  ?
Hannah Arendt a pensé ce phénomène avec ses analyses sur le totalitarisme dont le projet est de créer des hommes superflus. Cette jeune femme juive, qui fut l’élève de Heidegger dont le nazisme fut incontestable, a également été sa maîtresse. Le totalitarisme ne pouvait donc rester une énigme pour elle qui en fit l’analyse. Au-delà du XX° siècle, elle a également pensé la Révolution française, égalitaire, matrice des totalitarismes, qu’elle oppose à la révolution américaine, libertaire et productrice de démocratie. Elle a également examiné ce qui accompagnait la crise de la culture, l’infantilisation des adultes, la science sans conscience, la crise de l’éducation.
Hans Jonas a lui aussi pensé le monde postnazi en constatant que la planète était en danger, que les biotechnologies mettaient l’humain en péril, qu’il fallait activer un militantisme appuyé sur la peur pour conscientiser les masses au nom d’un principe d’espérance. L’écologie lui doit beaucoup.
Gunther Anders enfin, un temps le mari d’Hannah Arendt, a pensé la bombe atomique, le jazz, la télévision, la photographie, les machines, la propagande, la radio, les médias, la pollution, la technologie appliquée au corps, l’idéologie mortifère répandue par le capitalisme, avant de conclure à l’obsolescence programmée de l’homme.
Tous trois ont pensé le nihilisme qui a suivi le nazisme. Leur judaïsme a lié l’apocalypse au principe espérance, non sans imaginer que la violence ne saurait être évitée.