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Traduction de Jean-Noël Schifano
Umberto Eco est né en 1932 à Alexandrie, dans
le Piémont. Il est titulaire de la chaire de sémiotique
et directeur de l’Ecole supérieure des Sciences humaines
à l’Université de Bologne. Il est l’auteur de
nombreux essais comme Les
Limites de l’interprétation, Kant
et l’ornithorynque, Comment
voyager avec un saumon, et de trois romans à
la renommée universelle, Le
Nom de la Rose
en 1980, Le
Pendule de Foucault en 1988, et L’Île
du jour d’avant en 1994.
Lire le premier chapitre
Quelques extraits de
la presse internationale
En
lisant Eco, on a souvent envie de lui reprocher une œillade, une
citation, une cabriole, un cynocéphale de trop ; mais ce
passionnant personnage, cet " intellectuel " d’esprit multiforme,
fidèle au style simple de ses origines, tient tout ensemble,
et fait de ce dernier roman sans doute le plus beau de son œuvre,
et sûrement le plus réussi après Le Nom
de la Rose.
Giovanni Mariotti, Il Corriere della Sera
Avec ce roman, Eco emmène l’exotique province
piémontaise dans le monde entier, sur les pistes de son
pittoresque Baudolino. Pour les lecteurs, l’occasion d’un divertissement
vertigineux. Pour les habitants d’Alexandrie, un hommage inattendu.
Pour l’auteur, peut-être, la reconquête d’une dimension
intime.
Stefano Bartezzaghi, La Repubblica
Un roman joyeux, mélancolique et populaire.
Gianni Riotta, La Stampa
Le moment clé de l’histoire est la destruction
de Constantinople en 1204. Le niveau de la civilisation européenne
était au plus bas. Tout le monde assassinait tout le monde.
Que se passait-il ? L’Histoire n’a pas su le dire, peut-être
ce roman apporte-t’il quelques pistes. C’est pourquoi je vous
en recommande la lecture. Que le jeu commence. Il n’y a rien de
plus amusant que de lire. Je vous l’assure.
J. E. Ruiz-Domènec, La Vanguardia
Avec Baudolino, l’auteur du Nom de la Rose
revient à son époque préférée
: le Moyen Âge. Afin de poursuivre avec les milliers de
péripéties d’un héros picaresque, d’un prodigieux
menteur qui justement nous raconte une grande vérité.
Parce que l’histoire aujourd’hui est " fiction ". Comme à
l’époque de Barberousse.
Roberto Barbolini, Panorama
Baudolino, à la manière de Zelig,
le célèbre personnage mis en scène par Woody
Allen, se trouve mêlé à l’action dans de nombreuses
ramifications de l’histoire occidentale. Ses incroyables contes
inventent toujours de nouvelles vérités. Un enseignement
qui pourrait bien appartenir aux cours du sémiologue Eco,
qui dispense savamment ses propres considérations à
propos du texte et considère l’un après l’autre
les courants spirituels du haut Moyen Âge.
Dirk Schümer, Frankfurter Allgemeine Zeitung
Un entretien avec Umberto
Eco
La Repubblica
Interview avec Laura Lilli (extrait)
Qui est Baudolino ?
Baudolino est un jeune garçon qui vit à la campagne,
près de Marengo, plus ou moins là où naîtra
en 1168 la ville d’Alexandrie [à environ 60 kilomètres
au nord de Gênes], qui aura pour patron saint Baudolino.
Baudolino est un chenapan, semblable à ceux que l’on trouve
dans de nombreuses mythologies locales : en Alle-magne, on l’appelle
Schlemil ; en Angleterre Trickster God. Le livre, en ce sens picaresque,
raconte ses aventures dans diverses contrées. Le père
de Baudolino est le légendaire Gagliaudo Aulari, qui sauve
Alexandrie assiégée par Frédéric Barberousse
grâce à l’histoire de sa vache.
Quelle histoire ?
Eh !… Les gens d’Alexandrie la connaissent, les autres la liront
dans mon roman.
Vous êtes né à Alexandrie : ce livre est-il
un retour versvos racines ?
Certainement. Je raconte l’histoire de ma ville, j’essaie d’en
imiter le dialecte, la façon de parler. J’ai été
surpris de trouver dans des documents officiels de l’époque
le nom des gens qui ont fondé Alexandrie : ce sont les
mêmes que ceux de mes camarades d’école ! J’ai eu
quelques difficultés avec la langue parce que le premier
chapitre est écrit directement par Baudolino sur un parchemin.
Il a alors 14 ans et vient de commencer à apprendre le
latin. Il écrit directement dans la langue vulgaire de
sa région, sur laquelle nous n’avons bien sûr aucun
document. Je me suis beaucoup amusé.
Comme Le Nom de la Rose, ce livre raconte une histoire médiévale...
Oui, mais avec de nombreuses différences. La Rose avait
pour cadre le monde monastique et les dissensions internes de
l’Eglise. Ce livre parle du monde laïque, de la cour impériale
de Frédéric Barberousse. A l’âge 13 ans, Baudolino
est adopté par Frédéric et vit avec lui tous
les conflits entre l’Empire et les cités italiennes, la
bataille de Legnano, la troisième croisade (qu’il va pousser
l’Empereur à entreprendre) et d’autres événements.
Le Nom de la Rose faisait appel à la culture du
lecteur, Baudolino est un roman populaire. Le premier emploie
un style soigné, celui-ci est écrit dans un langage
plus familier, celui des paysans de l’époque ou des étudiants
parisiens, qui parlent comme les brigands. Pas de latin, à
part quelques mots. On y retrouve le jeu habituel de quelques
citations postérieures cachées, mais qui se font
passer pour des phrases inventées par Baudolino et que
les autres pourraient, par la suite, avoir copiées.
Ce Baudolino est un grand menteur.
Eh oui! Il invente tout le temps des bobards, mais à chaque
fois tout le monde y croit et ses bobards font surgir la grande
Histoire. Au fond, je relis l’histoire de cette période
comme si elle était le fruit des inventions d’un gamin,
qui, devenu grand, imaginera avec une bande d’amis la légitimation
ultime de l’Empire par les juristes bolonais, une partie de la
correspondance entre Abélard et Héloïse et
la légende du Graal telle qu’elle sera ensuite racontée
par Wolfram von Eschenbach.
Ce livre est-il une apologie du mensonge ?
En tout cas, c’est une apologie de l’utopie, de ces inventions
qui agitent le monde. Colomb a découvert l’Amérique
par erreur : il croyait que la Terre était beaucoup plus
petite. Il n’est pas vrai qu’il était le seul à
penser qu’elle était ronde, comme on l’entend souvent dire
encore : on savait qu’elle était ronde avant Platon. Et
que dire de l’Eldorado ! On conquiert un continent en poursuivant
un mythe…
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En France, les ventes du Nom de la Rose
ont dépassé 1 100 000 exemplaires, toutes
éditions confondues. Les ventes totales du Pendule
de Foucault s’élèvent à 750
000 exemplaires, et celles de L’Île du jour
d’avant ont dépassé les 350 000...
Le Nom de la Rose a été
traduit en plus de 26 langues. Les ventes totales s’élèvent
dans le monde à près de 16 millions d’exemplaires,
dont 3 millions en Italie.
Le succès romanesque d’Umberto Eco
ne s’est jamais démenti. Les ventes du Pendule
de Foucault ont atteint 1 500 000 exemplaires en Italie
et 9 millions dans le monde, et celles de L’Île
du jour d’avant ont totalisé 1 100 000
exemplaires en Italie et plus de 4 millions dans le reste
du monde.
Déjà publié en Italie,
en Allemagne et en Espagne, Baudolino y connaît
jusqu'ici un succès comparable...
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Romans et essais D'Umberto
Ecco
Publiés aux Éditions Grasset
La guerre du faux
Essai paru en 1985
Que peuvent avoir en commun les musées californiens, les
Brigades rouges et les blue-jeans ? Pour l’auteur, ils servent
l’industrie du faux, les stratégies de l’illusion, de l’apparence
absolue. Dans ce recueil de textes publiés entre 1963 et
1983, Eco se livre à un exercice malicieux de " flair sémiologique
".
Lector in fabula
Essai paru en 1985
Ce livre recherche les structures de la jouissance que procure
le texte, formalise le processus interprétatif et en définit
les limites; il met surtout au point la notion fondamentale de
" lecteur modèle ". Et l’on comprend aussi pourquoi on
a pris tant de plaisir à lire Le Nom de la Rose…
Les limites de l’interprétation
Essai paru en 1992
Umberto Eco devient ici son propre cobaye, mais il n’est pas le
seul : Dante, Leopardi, Joyce, le vrai et le faux dans l’art,
les excès de la sémiotique et la défense
du sens des mots, autant d’exemples à travers lesquels
Eco établit les " limites de l’interprétation ".
Un art de lire à l’usage des derniers explorateurs de la
Galaxie Gutenberg.
De Superman au Surhomme
Essai paru en 1993
Umberto Eco enquête du côté des " surhommes
" du roman populaire : Rocambole, Monte-Cristo, Arsène
Lupin, James Bond, Tarzan-Superman… Pourquoi et comment lit-on
les romans-feuilletons ? Quels mécanismes entrent en jeu
dans leur structure narra-tive ? Une analyse magistrale des œuvres
de Dumas et d’Eugène Sue redonne ses lettres de noblesse
à un genre souvent mal considéré.
Six promenades dans les bois du roman et d’ailleurs
Essai paru en 1996
Six Promenades est le texte des Norton Lectures données
à Harvard par Umberto Eco en 1994. Etudier les rapports
entre lecteur et his-toire, entre fiction et réalité,
c’est apprendre à déjouer les pièges de leur
interpénétration : quand cela mène à
un pèlerinage à Baker Street sur les pas de Sherlock
Holmes ou à Dublin sur les traces de Joyce, on en sourit.
Quand cela conduit, via le Protocole des Sages de Sion, au génocide
hitlérien, on en frémit. Le fil rouge de ces promenades,
c’est Sylvie, dont Eco est épris depuis toujours. A travers
une analyse brillante des " effets de brume " temporels dont Nerval
a nimbé son récit, Eco tord le cou à l’idée
préconçue qu’à trop vouloir décortiquer
une oeuvre, on la tue. Au contraire. Plus on la soumet à
la question, plus on en démonte les stratégies,
plus la jouissance de lire est grande.
Art et beauté dans l’esthétique médiévale
Essai paru en 1997
Toutes les cultures ont eu une idée du beau et de l’art,
mais toutes ne l’ont pas élaborée d’une façon
théorique explicite... Le concept d’esthétique est
né tardivement en Europe, au XVIIIe, et l’époque
médiévale a longtemps été ignorée.
Depuis cinquante ans, les choses ont changé, et l’on a
découvert le Moyen-Age, sa richesse en spéculations
sur la beauté, le plaisir esthétique, le goût,
le beau naturel ou artistique, les rapports entre l’art et d’autres
activités humaines. Ce livre est un précis d’histoire
des théories esthétiques élaborées
par la culture du Moyen Age latin.
Comment voyager avec un saumon
Essai paru en 1998
Ce sont des textes d’humour, des pastiches qu’Umberto Eco a publiés
dans différents journaux et régulièrement
dans L’Espresso, de 1986 à nos jours. On apprend
comment ne pas passer des vacances idiotes ; comment reconnaître
un film porno ; comment se protéger des veuves... et beaucoup
d’autres choses pour les lecteurs curieux, qui feront également
leur profit d’un peu d’histoire, d’économie, de politique,
de littérature et de philosophie !
Kant et l’ornithorynque
Essai paru en 1999
Vingt ans après la publication du Traité de sémiotique
générale, Umberto Eco a voulu faire le point et
rassembler, en un ouvrage original, l’ensemble de sa réflexion
et de son travail. En reprenant les questions de la référence,
de l’iconisme, de la vérité, de la perception, et
en s’intéressant de près à ce qu’il nommait
alors le " seuil inférieur " de la sémiotique, l’auteur
pratique une série d’explorations en mettant en scène
un personnage souvent négligé : le sens commun.
Cinq questions de morale
Essai paru en 2000
" ... l’intolérance la plus terrible est celle des pauvres,
premières victimes de la différence. Il n’y a pas
de racisme entre riches : eux, ils produisent éventuellement
des doctrines de racisme; mais les pauvres en produisent la pratique,
bien plus dangereuse. Les intellectuels ne peuvent lutter contre
l’intolérance sauvage, car, face à la pure animalité
sans pensée, la pensée est désarmée.
Mais il est trop tard quand ils affrontent l’intolérance
doctrinale, parce que lorsque celle-ci se fait doctrine, il est
trop tard pour la combattre, et ceux qui devraient le faire en
deviennent les premières victimes. Et pourtant, là
est le défi. Eduquer à la tolérance des adultes
qui se tirent dessus pour des raisons ethniques et religieuses
est du temps perdu. Trop tard. Donc, l’intolérance sauvage
se combat à la racine, par une éducation constante
qui doit commencer dès la plus tendre enfance, avant qu’elle
ne soit écrite dans un livre, et avant qu’elle ne devienne
une croûte comportementale trop épaisse et trop dure.
"
Le Nom de la Rose
Roman paru en 1982
On ne présente plus ce roman, succès mondial, qui
a donné naissance à un film. Rappelons seulement
qu’il y est question du Moyen Age, des moines d’un monastère,
et d’une enquête policière… Un roman incroyable,
une épopée de nos crimes quotidiens qu’un triste
savoir nourrit…
Le Pendule de Foucault
Roman paru en 1990
Trois piliers de la maison d’édition Garamond découvrent
les indices d’un complot qui, né au moment de la suppression
de l’ordre des Templiers par Philippe le Bel, en 1312, aurait
traversé l’Histoire jusqu’à nos jours. Objectif
: la domination du monde. Toutes les religions, tout notre savoir,
défilent ici avec une fluidité géniale. Richesse
du style, jeux vertigineux de miroirs. Le roman, dans son mouvement
de pendule, traverse les siècles pour toujours revenir
au nôtre.
L’Île du jour d’avant
Roman paru en 1996
Nous sommes à l’époque de la guerre de Trente Ans.
Le jeune Piémontais Roberto de La Grive se trouve enrôlé
dans une sombre affaire qui l’amène à faire naufrage
dans le Pacifique, seul à bord d’une frégate abandonnée
de son équipage, en face d’une île inconnue. Que
fait notre naufragé sur son bateau immobile ? Il écrit
des lettres d’amour et leur confie son histoire, véritable
voyage initiatique au sein du XVIIe siècle, celui de la
science nouvelle et de la raison d’Etat, dans l’attente d’aborder
enfin cette île si proche et en même temps si lointaine…
Lire le premier chapitre de "Baudolino"
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