Nouveautés Grasset
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Juin 2001

Littérature française | Littérature étrangère
Biographies-Essais-Documents | Collège de Philosophie
Partage du savoir | thrillers

 

Littérature Française


Lou Delvig
Jours sans faim

roman
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Lou Delvig est née en 1966. Elle vit à Paris. Jours sans faim est son premier roman.
Laure a 19 ans, elle est anorexique. Hospitalisée au dernier stade de la maladie, elle comprend peu à peu pourquoi elle en est arrivée là. Jours sans faim raconte trois mois d'hôpital, trois mois pour rendre à la vie ce corps vidé, trois mois pour capituler, pour guérir.
La guérison de Laure, c'est aussi l'histoire de sa rencontre avec le médecin qui la prend en charge, peut-être le seul qui soit capable d'entendre sa souffrance, cette part d'enfance à laquelle elle n'arrive pas à renoncer.
Lou Delvig a écrit ce roman pour exorciser cette histoire en la transformant, en la réinventant. Elle a trouvé une voix, une voix extérieure, clinique, légère parfois. Le roman est écrit à la troisième personne, permet de raconter la souffrance physique et la détresse qui accompagnent l'anorexie.

Paul M. Marchand
Ceux qui vont mourir

Roman
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Paul M. Marchand, journaliste, reporter de guerre au Liban puis dans l'ancienne Yougoslavie, est l'auteur d'un livre chez Florent Massot : Sympathie pour le diable (1998).
« Couché dans mon sang… Je me dissous, intoxiqué par des métaux dépréciés. Je n'ai même pas entendu les détonations. Des cristaux d'ombre se nattent et marbrent mes rétines. Je voulais être debout et avancer dans les plaies éblouissantes des rafales. Je voulais être debout et la tête à l'envers me sentir choyer par les balles carnivores. »
La route qui mène à l'aéroport d'une ville assiégée d'Europe de l'Est. Un sniper tire, sa balle folle percute le narrateur, reporter trompe-la-mort, dont la voiture s'orne d'une inscription bravache : « Morituri te salutant. » Ceux qui vont mourir…
Alors, à flots bouillonnants, comme le sang, le passé revient. Voici Dov et Eytan, les frères solaires d'une autre guerre, Tarek, l'enfant qu'il n'a pas connu et à qui il écrit des lettres orgueilleuses et tendres, Boba, l'amie de l'Est, aux yeux noirs. Voici l'ennemi, aussi, le sniper pleutre qui refuse le duel.
Roman excessif, romantique, incandescent, qui obéit au code de l'honneur. Roman lyrique, à la fois hymne à la mort, et chant de vie, avant qu'elle ne s'éteigne. Roman-reportage aussi, gagé sur l'observation du réel, même si l'auteur s'en défend, où l'on a tiré à balles sifflantes, du Liban aux Balkans, d'une civilisation à l'autre. La guerre n'aura pas lieu ? Ici, elle coule dans les veines de chaque personnage. Paul M. Marchand écrit comme on fume un dernier cigare dans la nuit. Ses phrases défient la raison, la bienséance, la prudence.

Henri Troyat
De l'Académie française
La fille de l'écrivain
Roman
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Henri Troyat, né en 1911 à Moscou, membre de l'Académie française, est romancier et biographe. Il a obtenu le prix Goncourt en 1938 pour l'Araigne. Derniers livres parus chez Grasset : Le Fils du Satrape (1998), Terribles Tsarines (1998) et Namouna ou la Chaleur animale (1999).
Au terme d'un long et prolifique parcours jalonné de succès, le vieil écrivain Armand Boisier, de l'Académie française, est saisi d'une double inquiétude. Il sent venir à la fois le tarissement de son imagination créatrice et l'éloignement de sa fille, Sandy, qu'il aime avec passion et qui est devenue, depuis la mort de sa femme, sa confidente, son inspiratrice et son dernier recours contre la solitude.
Tiraillé entre la jalousie paternelle et les soucis de la carrière, Boisier doit se défendre comme romancier déserté par son public et comme père lâché par son enfant.
Car Sandy s'est entichée de Jean-Victor Desormieux (dit J-V.D), un jeune écrivain en vogue dont le roman Les Outrages caracole en tête de la liste des best sellers… quand le sien propre n'y apparaît même pas ! Et voilà que ce jeune intrigant flatte la vanité du père pour mieux lui voler sa fille.
A la demande de Sandy, Armand obtient à son rival le Grand Prix de l'Académie française : dernier clou au supplice du vieil homme meurtri…

Gainsbourg raconte sa mort
Entretiens avec Bayon

Gainsboug raconte sa mort a été publié par Grasset en 1992, sous le titre Serge Gainsbourg mort ou vices.
Bayon est journaliste à Libération depuis 1980. Il a publié, entre autres, Les Animals (Grasset, prix Interallié 1990), La route des gardes (Grasset, 1998), Le Lycéen (Grasset, 2000).
Scandaleux ou sublime ? Voici le testament surréaliste de Serge Gainsbourg, disparu le 2 mars 1991 - il y a bientôt dix ans.
« Je suis mort, nous dit sa voix de l'au-delà, je fais un bilan » : c'est la première partie du volume. L'artiste y raconte, dans une interview littéralement visionnaire de 1981, devenue best-seller Libération à l'heure des funérailles (800 000 exemplaires), son trépas historique.
La deuxième partie parle sexe. En une confession pornographique sans précédent, Don Juan Gainsbourg remonte longuement le fil de sa vie intime : stars, chiens, homosexualité, tout y passe.
Le tout, entre Mémoires d'outre-tombe et Mémoires d'un vieux dégueulasse, émouvant comme Marguerite Duras et drôle comme Coluche, est l'ultime provoc du créateur de Requiem pour un con.

Hors commerce:
Daniel Rondeau
Littérature, notre ciel !

Souvenir de Heinrich Maria Ledig Rowohlt
« C'était le seul homme qui traversait des halls d'hôtel en faisant des cabrioles. Il appartenait au cercle très fermé des magiciens libres. Passionné, attentif, sceptique, joyeux, doué d'une grande vitalité, et très mélancolique. Notre époque glaçait en secret chacune de ses émotions. Mais les livres le consolaient des épiciers croque-mitaines de notre fin de siècle. Il lui arrivait parfois de se sentir un peu seul. Il me disait : « Beaucoup de mes auteurs sont morts. Musil ? Mort. Hemingway ? Mort. Sartre ? Mort. Nabokov ? Mort. Céline ? Mort. Friedo Lampe ? Mort. Ernst von Salomon ? Mort ». Tous lui manquaient. Il levait les yeux, tirait sur son cigare, et soupirait : « Littérature notre ciel ! »

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Littérature étrangère

 

Emily Barton
Le testament d'Yves Gundron

Traduit de l'américain par Marie-France Girod
Roman
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Emily Barton est diplômée d'Harvard et de l'Iowa Writers' Workshop. Elle réside à Brooklyn, où elle est également professeur de Yoga. Elle a écrit des nouvelles pour différents magazines et collabore régulièrement au New York Time Books Review. Le Testament d'Yves Gundron est son premier roman.
Lorsque Ruth Blum, une jeune anthropologue américaine, tombe par hasard sur Mandragora, un petit village des Hébrides - un minuscule archipel situé au nord de l'Ecosse -, elle découvre avec stupéfaction une société féodale ignorant qu'à quelques kilomètres de là, le monde moderne s'apprête à entrer dans le troisième millénaire… Les villageois sont terrifiés par la nouvelle venue. Une seule famille l'accueille sans crainte, celle d'Yves Gundron et de son frère Mandrik le Chouchou qui, dit-on, descendraient d'une grand-mère que les vagues auraient jetée sur le rivage de l'île.
Yves, un fermier, vient de mettre au point le premier harnais d'attelage qui transforme la vie du village. Mandrik, quant à lui, fait figure de saint homme. Pratiquant une sorte de christianisme primitif, il est vénéré par les villageois qui écoutent néanmoins ses extraordinaires récits avec méfiance : son voyage jusqu'au Grand Monde, quand à bord d'un bateau de papier, il gagna l'"Indo-Chine"…
Ruth, après avoir vainement essayé d'apprendre les travaux de la maison et des champs, ne peut s'empêcher de suggérer, par des remarques anodines, qu'Yves améliore son invention, ajoute un deuxième essieu, mette un banc puis des freins. Mais elle consciente qu'en qualité d'anthropologue, elle ne devrait pas interférer dans la vie des autochtones. Dans le même temps, Mandrik se confie à elle et une véritable complicité naît entre eux.
Un jour, un avion s'écrase dans les environs du village. Les habitants enterrent en grande pompe les pilotes. Mais quelques semaines plus tard surgit un hélicoptère de l'armée venu récupérer les corps. Les villageois apeurés, mis en garde par leur prêtre, refusent l'exhumation, craignant la vengeance des esprits…
Bientôt, un jeune villageois dévoré de curiosité et d'esprit de liberté grimpe en haut de la montagne pour voir "de l'autre coté". Il découvre une petite bourgade des temps modernes…

Björn Larsson
Le mauvais œil

Traduit du suédois par Philippe Bouquet
Thriller
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Björn Larsson, né en 1953, est maître de conférences en français à l'Université de Lund, en Suède. Il est également marin et romancier. Il a connu un succès international avec Long John Silver en 1995. Le cercle celtique (Denoël), Le capitaine et les rêves ont également touché un large public.
Le nouveau roman de Björn Larsson s'inspire d'un projet - resté confidentiel - de constructions souterraines gigantesques en plein cœur de Paris. L'immense gare de Condorcet assurant le trafic grandes lignes, réseau régional et métro est, depuis des années, en chantier à quarante mètres sous terre. L'inauguration est proche mais le projet a été maintenu secret dans la crainte d'un attentat terroriste.
Ce plan de construction est le décor d'un thriller sur un fond, résolument réaliste, de racisme et de terrorisme fondamentaliste. Ahmed, algérien, Mireille sa femme, et leur fille Fatima essayent d'avoir une vie honnête, sans haine ni préjugés. Mais lorsque Fatima se fait agresser par des skinheads, la petite famille se trouve prise dans un engrenage affreux. Pour certaines personnes, la vie d'un individu ne vaut rien.
Dans le dédale des tunnels du chantier, où Ahmed est employé, une bombe à retardement menace non seulement d'ensevelir toutes les personnes travaillant dans les profondeurs, mais aussi d'engloutir des milliers d'habitants. Ahmed devra-t-il sacrifier sa fille pour empêcher la catastrophe ou bien la Main de Fatima suffira-t-elle à écarter la menace du « mauvais œil » ?
Un drame autour de l'éternelle lutte entre le bien et le mal…

Marcel Reich-Ranicki
Ma vie

traduit de l'allemand par Bernard Lortholary et Jeanne Etoré
autobiographie
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Marcel Reich-Ranicki, né en 1920 à Wlocawek-sur-la-Vistule (Pologne), a grandi à Berlin. Critique littéraire de l'hebdomadaire Die Zeit de 1960 à 1973, il dirigea de 1973 à 1988 la rubrique "littérature et vie littéraire" du Frankfurter Allgemeine Zeitung. Docteur honoris causa des universités d'Uppsala, Augsbourg, Bamberg et Dusseldorf, Reich-Ranicki présente depuis 1988 une célèbre émission littéraire sur la deuxième chaîne littéraire allemande. Il est l'auteur d'une dizaine d'essais sur la littérature allemande. Ma Vie est sa première œuvre traduite en France.
A neuf ans, Reich-Ranicki quitte Wlocawek pour Berlin. En guise d'adieu, sa maîtresse d'école lui dit : "Tu pars, mon fils, pour le pays de la culture". Mais aux yeux du jeune Marcel, le " pays de la culture " comporte bien des zones d'ombre. Ce sentiment ambigu le poursuivra toute sa vie : le bonheur qu'il doit à la littérature, à la musique et au théâtre allemands semble indissociable de la barbarie.
En 1938, jeune bachelier, Reich-Ranicki subit le sort de nombreux juifs. Chassé d'Allemagne, il est interné avec les siens dans le ghetto de Varsovie où il connaît les pires humiliations : "Nous avons sans cesse essayé d'oublier notre malheur et de refouler notre peur. La poésie était notre asile, la musique notre refuge". Avec sa femme, Madame Tosia, il survit à l'enfer - par hasard et de manière dramatique.
Communiste dans la Pologne d'après-guerre, Reich-Ranicki est témoin de la plus grande trahison que son parti pouvait infliger à un peuple épris de justice. De retour en Allemagne, en 1958, il devient critique pour l'hebdomadaire Die Zeit, et fait rapidement autorité dans le monde des lettres. En dépit de cette notoriété, il se sentira toujours en marge, éternel étranger.
Cette autobiographie, qui n'est ni un chant de gloire ni une complainte, révèle un critique lucide, un conteur de tempérament, et un témoin incorruptible du siècle. Du "Groupe 47" aux milieux journalistiques, de Bertold Brecht à Anna Seghers, en passant par Elias Canetti, Thomas Mann, Böll, Frisch, Grass et bien d'autres, Reich Ranicki esquisse un tableau haut en couleur de la vie littéraire allemande.

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Biographies-Essais-Documents

Jean-Denis Bredin
De l'Académie française
Lettre à Dieu le Fils
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Jean-Denis Bredin est l'auteur, entre autres, de Une singulière famille (Fayard, 1999), L'affaire (Fayard, 1993), Sieyes (Fallois, 1988), L'affaire Caillaux (Gallimard, 1985), et de romans et nouvelles, tels que L'enfant sage (Gallimard), L'absence (Gallimard), Battements de cœur (Fayard), Rien ne va plus (Fayard). Il nous livre ici son Ce que je crois sous forme d'une brève missive à Dieu le Fils.
Tel un Job moderne, Jean-Denis Bredin, « vieillesse venue », demande des comptes à Dieu le Fils, le soumet à la question, lui soumet ses suggestions, tantôt avec émotion, tantôt avec légèreté : sur la mort, les souffrances et les injustices, la création de l'univers, le purgatoire et le paradis, le sort fait à Judas, à Marie et à Joseph, les âges de la vie, le plaisir charnel, l'intelligence et la sottise, la vanité…
Jamais l'auteur n'avait écrit un livre aussi personnel, où dans l'adresse à Dieu s'avouent l'intimité, la vie intérieure et l'équation. Jamais la plume du moraliste ne s'est faite plus mordante dans l'ironie (« il est vrai que vous avez un beau jour décidé, sans m'en avoir parlé, de me sauver, de me priver de la damnation éternelle, vous me devez peut-être cette infime réparation »), plus étincelante dans l'aphorisme (« Puis-je vous dire que je vous espérais sans miracles ? »), plus touchante dans le désarroi (« Nous, les exclus de la Foi, nous savons bien que vous ne croiserez pas notre chemin, que nous crèverons dans le doute »).

Placido Domingo
Et Helena Matheopoulos

Mes rôles d'opéra
Traduit de l'anglais par Florianne Vidal
document
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Placido Domingo et Helena Matheopoulos. On ne présente plus le premier. Quant à la seconde, elle est notamment l'auteur de Maestro Encounters with Conductors of Today. Elle a collaboré comme journaliste pendant dix ans à Evening News, The Times, Sunday Times, Opera Now ou Gramophone. De 1991 à 1996, elle a été consultante artistique à l'Athens Megaron. Elle est actuellement directrice des Vocal Projects de l'Orchestre Philarmonique de Londres.
Placido Domingo est incontestablement le ténor, qui, comme la Callas et Enrico Caruso en leur temps et dans leurs tessitures respectives, a su investir son art de l'indispensable unité sans laquelle l'opéra ne pourrait prospérer à l'âge des standards cinématographiques et télévisuels.
Comédien achevé dont les interprétations pourraient relever du jeu théâtral, Domingo est également un chanteur exceptionnel de par son sens de la musique et un phrasé « relevant du miracle », assure-t-on. Sur la scène, il vit littéralement la vie de ses personnages, les jouant et les chantant corps et âme.
Son chant n'en est pas moins un équilibre parfait entre l'instinct et l'intellect comme il nous le démontre dans son ouvrage. Toujours guidé par la musique, le ténor ne s'autorise jamais à la dépasser. Son obsessionnel souci de renouvellement l'a conduit, selon ses propres termes, à lutter pas à pas pour acquérir sa tessiture de ténor et façonner sa voix qui par nature était un haut bariton typique des zarzuelas (opérettes espagnoles) auxquelles ses parents l'initièrent.
Dans Mes rôles d'opéra, Placido Domingo commente 63 des 114 rôles que compte son vertigineux répertoire : des rôles principaux comme Otello ou Hoffmann mais également Cavaradossi, Des Grieux, Dick Johnson, Don José, Samson, Alvaro, ou encore Gustavus.

Georges Fenech
Tolérance zéro

En finir avec la criminalité et les violences urbaines
document
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Georges Fenech, magistrat, auteur de trois essais sur la justice, les sectes et les marchés publics, a exercé les fonctions de juge d'instruction, procureur de la République. Il est actuellement avocat général à la Cour d'Appel de Lyon. Président d'un syndicat de magistrats, il participe depuis de nombreuses années à tous les débats de société auxquels il a été confronté par sa profession.
Ce livre a l'ambition d'ouvrir, sans concession, un grand débat sur la question majeure de la sécurité de nos concitoyens. Il retrace la lente dégradation des cités, la fracture sociale, la peur des banlieues. Il jette un regard critique sur l'échec des policiers, des juges et des politiques face à un fléau qui poursuit sa courbe vertigineuse. Il pointe du doigt les responsabilités et dénonce la tartuferie de certains lobbies de l'insécurité. Il compare la situation de la France avec les autres pays européens et les Etats-Unis qui, en menant une offensive volontariste, en prônant la " tolérance zéro ", sont en passe de juguler le phénomène. Mais le juge Fenech va plus loin, en proposant, à l'heure des grandes échéances électorales, des propositions concrètes, qui une fois mises en oeuvre, devront ruiner le sentiment d'insécurité, dans le respect de nos valeurs républicaines.

Jacques Gravereau
L'Asie majeure

L'incroyable révolution de l'Asie pacifique
Essai
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Jacques Gravereau est le fondateur de l'Institut HEC - Eurasia. Professeur à l'école HEC et dans plusieurs universités chinoises et japonaises, consultant d'entreprises, il sillonne l'Asie depuis trente ans. Docteur en sciences économiques, diplômé d'HEC et de l'IHEDN, il est l'auteur, entre autres, du Japon au XXème siècle (Seuil).
Après le Japon et le Sud-est asiatique, un incroyable objet non identifié est en train d'arriver sur la planète de la mondialisation triomphante : la Chine. En quelques années, le pays le plus peuplé du monde a basculé dans l'économie de marché, et s'est ouvert comme jamais au cours de son histoire. Pour qui a connu la Chine en 1980, le contraste est saisissant : le vaste couvent des années rouges, sillonné de vélos et de vareuses ternes, s'est bel et bien évanoui. Pour qui atterrit aujourd'hui à Pékin ou à Shangaï, venant de Hong Kong ou de Taïwan, la couleur des choses n'est plus un signe. Dans la Chine de 2000, la richesse est là, l'agitation, les lumières, le commerce et ses flamboyances… En quinze ans, l'Empire du Milieu a multiplié sa richesse nationale par quatre.
Cette révolution - tellement visible qu'elle en paraît dans l'ordre des choses - semblerait soudain confirmer l'influence de l'occident : après le KO soviétique, le KO chinois. Ce que les luttes idéologiques n'ont pas modifié, le fleuve bouillonnant de l'économie l'aura donc fait : l'Asie pacifique aurait ainsi rejoint le flot des capitalistes. Heureuse nouvelle ! Après des siècles d'intolérable différence, les asiatiques nous ressembleraient enfin : bientôt des copies conformes…
C'est la folie de ce raisonnement que dénonce Jacques Gravereau. On a longtemps pensé que la révolution de l'Asie serait idéologique, puis démographique. On croit aujourd'hui que l'Asie nouvelle sera occidentale, par la grâce de ses progrès économiques. C'est une illusion. Pour qui s'intéresse aux mentalités, aux religions, à l'histoire, aux langues ; pour qui mêle, comme l'auteur, pratique économique et culture, c'est un fantasme de l'ouest. Après des décennies de trouble ressemblance, le Japon n'est-il pas resté un pays compliqué, mentalement à nos antipodes ? Sans parler de la Corée, de la Thaïlande ou du Vietnam… Gravereau entreprend donc, dans ce livre dense, vivant, fondé sur les livres, sur ses séjours, sur la connaissance de la langue, de comprendre pourquoi, dans cette Asie décidément étrange, ceux que nous voudrions nos « clones » - par notre projection « universelle , font de la résistance…

Jean-Noël Liaut
Les anges du bizarre

Un siècle d'excentricité
Essai
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Jean-Noël Liaut, 33 ans, est l'auteur d'une biographie de la princesse russe Natalie Paley en 1996 et chez Grasset d'une biographie de Hubert de Givenchy (2000).
Est excentrique celui ou celle qui ne vit ni n'agit selon la norme commune. Entre le dandysme et le kitsch, le baroque et le « camp », l'extravagance ou la franche folie, la pauvreté ou la fortune, l'art ou le happening, l'excentrique navigue au plus proche de son instinct. En un siècle corseté par le « politiquement correct », certains consacrèrent tout leur talent à n'être pas comme les autres. Comment mieux les définir que par une promenade vivante, et érudite, et loufoque, au pays des excentriques ?
D'Edward James, qui dormait sous une voûte céleste en verre noir, à Unity Walkyrie Mitford, amie d'Hitler, aimant à promener un rat sur l'épaule, de Doris Duke qui légua sa fortune à son chien au Facteur Cheval constructeur-amateur d'un palais de pierres, de Raymond Roussel en sa « maison roulante » aussi luxueuse que le Ritz, à Tallulah Bankhead qui plongeait son tube de rouge à lèvres dans un verre de bourbon, on voit ici que les excentriques préfèrent périr plutôt que de s'ennuyer. Ils auraient adoré ce livre, entre conte cruel et traité de mœurs, qui rend justice par sa drôlerie et son brio flegmatique à ces inventeurs d'une certaine liberté.

Michel Onfray
L'archipel des comètes

Journal hédoniste, tome 3
journal
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Michel Onfray publie son onzième livre chez Grasset. Depuis son prix Médicis de l'essai (pour La sculpture de soi), ses livres ont rencontré une audience nouvelle (entre autres : Politique du rebelle, Théorie du corps amoureux).
Dans ce troisième tome du journal hédoniste, Michel Onfray poursuit dans la voie qu'il avait ouverte avec Le désir d'être un volcan : proposer un genre d'encyclopédie militante de l'hédonisme en abordant tous les sujets possibles : d'où une théorie de la femme fatale, un éloge de l'enfance passée dans la nature pour tremper le caractère philosophique, une défense radicale et partisane de l'art contemporain actuellement mis à mal par la plupart des penseurs, une critique libertaire des travers libéraux de l'époque, la proposition d'une méthode de lecture des oeuvres philosophiques qui donne à l'autobiographie ses lettres de noblesse, une métaphysique des moeurs post-modernes, une célébration des vertus chevaleresques passées de mode - la loyauté, l'amitié, la fidélité, la fierté, le sens de l'honneur et de la parole donnée -, une volonté de donner au corps le rôle central dans l'élaboration d'une éthique post-chrétienne, etc...
Chaque nouveau tome du journal hédoniste est l'occasion d'un rendez-vous généraliste pour effectuer des travaux pratiques à partir des thèses hédonistes proposées dans d'autres ouvrages plus spécifiquement thématiques (l'éthique dans La sculpture de soi, la politique dans Politique du rebelle, l'érotique dans Théorie du corps amoureux).

 

Collège de Philosophie

 François Jullien
Du « temps »

Elements d'une philosophie du vivre
Essai
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François Jullien, philosophe et sinologue, professeur à l'Université Paris 7 Denis Diderot, directeur de l'Institut Marcel Granet. Ses livres sont traduits dans une quinzaine de pays. Il a publié chez Grasset :  Le détour et l'accès, Figures de l'Immanence, Fonder la morale, Traité de l'efficacité.
« Qu'est-ce donc que le temps ? demandait Augustin. Si personne ne me le demande, je le sais ; mais si on me le demande et que je veuille l'expliquer, je ne le sais plus… ».
Depuis ses débuts, la philosophie a beau se battre contre le concept de temps, elle n'en sort pas. Nous voici installés à demeure, en faisant notre demeure, dans ce concept étrange : le « temps ». Le plus familier - le plus étrange ; or, c'est d'après lui que nous concevons ce qui ferait l'essence de la « vie ».
Empruntant le chemin de la pensée chinoise, François Jullien tente de sortir de ce grand pli du « temps ». Car la Chine a pensé le « moment » saisonnier et la « durée », mais non pas une enveloppe qui les contienne également tous deux, et qui serait le « temps » homogène - abstrait. Quelle est donc cette pensée qui n'a pas pensé les « corps » en « mouvement » ? Quelle est donc cette pensée qui n'a pas opposé le temporel à l'éternel, l'être au devenir, d'où naît la métaphysique, et dont la langue, enfin, ne conjuguant pas, ne donne pas à opposer des temps - futur, présent et passé ? 
Au terme des Essais, Montaigne suggère, non de vivre au présent, mais « à propos ». Discrètement, cet à propos nous sort de la pensée du temps ; il fait envisager le moment, non comme un laps de temps, mais comme une occasion, ou plutôt comme une « occurrence », le concept en est à forger. « Un bon moment », disons-nous ; mais de quoi celui-ci est-il fait ? Comment donner une consistance théorique à l'opportunité selon laquelle il « vient » à nous, comme à la disponibilité selon laquelle nous nous « ouvrons » à lui ?
Cet essai voudrait donc dégager une autre perspective que celle du surplomb du Temps et du grand drame - « existentiel » - qu'elle organise ; prenant le parti d'une pensée qui, dans son ouverture au « moment », et face à l'angoisse de la mort, dirait une insouciance qui ne soit pas une fuite, il tente d'élaborer des éléments du vivre qui ouvrent la philosophie à la possibilité de la sagesse.

 

Partage du savoir
Grasset - Le Monde

 Christine Geoffroy
La mésentente cordiale

Voyage au cœur de l'espace interculturel franco-français
Essai
Lire le premier chapitre
Christine Geoffroy est agrégée d'anglais et titulaire d'un doctorat en études anglaises. Après un parcours de linguiste à l'Institut d'Etudes Anglophones de Charles V à Paris 7, elle poursuit ses investigations dans le domaine de l'anthropologie culturelle. Sa thèse : Les Anglais et les Français : Interactions de communication dans le monde du travail, soutenue en 1998, a été dirigée par Jean-Paul Narcy et Jacques Pateau de l'Université de Technologie de Compiègne.
Apprendre l'anglais est devenu indispensable pour quiconque souhaite trouver un emploi, communiquer sans frontière ou tout simplement voyager.
Est-ce à dire que les rivalités politiques, économiques et linguistiques qui nous opposent depuis des siècles à nos voisins d'outre-manche se sont évanouies ? La situation n'est pas si simple…
Posséder quelques rudiments ou une maîtrise parfaite de cette langue ne signifie pas pour autant être apte à communiquer avec eux. Les difficultés éprouvées dans le partenariat de travail France/Angleterre témoigne de ce que l'entente cordiale est loin d'être toujours en vigueur dans ces deux pays.
Il importait donc de faire parler et témoigner les acteurs mêmes de cette coopération singulière. Christine Geoffroy a visité dix grandes entreprises et a recueilli soixante témoignages émanant pour moitié d'Anglais et de Français confrontés à cette situation. Elle nous propose aujourd'hui un voyage au cœur de la communication franco-anglaise, selon un itinéraire qui traverse des régions diverses : la langue, les comportements et la mémoire des deux peuples.
Tel un voyageur, le lecteur se laissera guider dans l'exploration d'un milieu interculturel à la fois familier et méconnu.


 

Grand Format (thrillers)

 

Steve Martini
Réaction en chaîne

Traduit de l'américain par Florianne Vidal
Thriller
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Steve Martini est né à San Francisco. Un temps journaliste, il est juriste depuis 1974. Il est l'auteur de Trouble influence, Le Juge et La Liste (tous des best sellers mondiaux). Il vit sur la Côte Ouest des Etats Unis.
Gideon Van Ry, expert en fission nucléaire, travaille au centre d'études pour la non-prolifération. Son rôle est de tenir à jour le « catalogue mondial » de tous les matériaux fissibles et de toutes les armes de destruction de masse. Deux petits engins nucléaires tactiques, entreposés dans un port de l'ex Union Soviétique et prêts à être expédiés à une firme américaine, Belden Electronics, ont disparu. Et personne ne peut localiser Belden Electronics…
Joss Col, ancienne avocate de Los Angeles, a décidé de mener une vie plus tranquille et de s'installer dans les îles San Juan dans l'état de Washington. Joss n'a pas de clients particuliers, en dehors d'un groupe de pêcheurs professionnels qui souffrent d'une étrange et grave maladie, un forme de contamination dont on ignore l'origine…
Jusqu'au jour où entre dans son bureau Dean Belden, un riche client à la recherche d'un avocat pour l'aider à monter une affaire sur les îles. Elle accepte. Dans les jours qui suivent, Belden est assigné à comparaître devant un grand jury fédéral. Avant qu'il ne témoigne et avant que Joss ne puisse découvrir ce qui se passait au grand jury, Belden meurt dans la terrible explosion de son hydravion.
Les Etats-Unis se portent bien et les gens vivent heureux… à la veille d'une action de terrorisme de masse, la plus meurtrière de l'histoire. Armé de la force nucléaire, un homme menace donc le gouvernement américain pour asservir une haine personnelle. Tandis qu'autour d'elle les pouvoirs publics ignorent le danger, Joss Cole affronte avec esprit cet homme et le groupe terroriste qu'il commande.
C'est l'histoire de ce qui arrive lorsque les haines personnelles et l'apathie générale se combinent pour réveiller le mauvais génie du terrorisme nucléaire.

 

 

 

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