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Littérature
Française
Lou Delvig
Jours sans faim
roman

Lou Delvig est née en 1966. Elle vit
à Paris. Jours sans faim est son
premier roman.
Laure a 19 ans, elle est anorexique.
Hospitalisée au dernier stade de la maladie,
elle comprend peu à peu pourquoi elle en est
arrivée là. Jours sans faim
raconte trois mois d'hôpital, trois mois pour
rendre à la vie ce corps vidé, trois
mois pour capituler, pour guérir.
La guérison de Laure, c'est aussi l'histoire
de sa rencontre avec le médecin qui la prend
en charge, peut-être le seul qui soit capable
d'entendre sa souffrance, cette part d'enfance
à laquelle elle n'arrive pas à
renoncer.
Lou Delvig a écrit ce roman pour exorciser
cette histoire en la transformant, en la
réinventant. Elle a trouvé une voix,
une voix extérieure, clinique,
légère parfois. Le roman est
écrit à la troisième personne,
permet de raconter la souffrance physique et la
détresse qui accompagnent l'anorexie.
Paul M. Marchand
Ceux qui vont mourir
Roman

Paul M. Marchand, journaliste, reporter de guerre
au Liban puis dans l'ancienne Yougoslavie, est
l'auteur d'un livre chez Florent Massot :
Sympathie pour le diable (1998).
« Couché dans mon sang
Je me
dissous, intoxiqué par des métaux
dépréciés. Je n'ai même
pas entendu les détonations. Des cristaux
d'ombre se nattent et marbrent mes rétines.
Je voulais être debout et avancer dans les
plaies éblouissantes des rafales. Je voulais
être debout et la tête à
l'envers me sentir choyer par les balles
carnivores. »
La route qui mène à l'aéroport
d'une ville assiégée d'Europe de
l'Est. Un sniper tire, sa balle folle percute le
narrateur, reporter trompe-la-mort, dont la voiture
s'orne d'une inscription
bravache : « Morituri te
salutant. » Ceux qui vont
mourir
Alors, à flots bouillonnants, comme le sang,
le passé revient. Voici Dov et Eytan, les
frères solaires d'une autre guerre, Tarek,
l'enfant qu'il n'a pas connu et à qui il
écrit des lettres orgueilleuses et tendres,
Boba, l'amie de l'Est, aux yeux noirs. Voici
l'ennemi, aussi, le sniper pleutre qui refuse le
duel.
Roman excessif, romantique, incandescent, qui
obéit au code de l'honneur. Roman lyrique,
à la fois hymne à la mort, et chant
de vie, avant qu'elle ne s'éteigne.
Roman-reportage aussi, gagé sur
l'observation du réel, même si
l'auteur s'en défend, où l'on a
tiré à balles sifflantes, du Liban
aux Balkans, d'une civilisation à l'autre.
La guerre n'aura pas lieu ? Ici, elle coule
dans les veines de chaque personnage. Paul M.
Marchand écrit comme on fume un dernier
cigare dans la nuit. Ses phrases défient la
raison, la bienséance, la prudence.
Henri Troyat
De l'Académie
française
La fille de l'écrivain
Roman

Henri Troyat, né en 1911 à Moscou,
membre de l'Académie française, est
romancier et biographe. Il a obtenu le prix
Goncourt en 1938 pour l'Araigne. Derniers
livres parus chez Grasset : Le Fils du
Satrape (1998), Terribles Tsarines
(1998) et Namouna ou la Chaleur animale
(1999).
Au terme d'un long et prolifique parcours
jalonné de succès, le vieil
écrivain Armand Boisier, de
l'Académie française, est saisi d'une
double inquiétude. Il sent venir à la
fois le tarissement de son imagination
créatrice et l'éloignement de sa
fille, Sandy, qu'il aime avec passion et qui est
devenue, depuis la mort de sa femme, sa confidente,
son inspiratrice et son dernier recours contre la
solitude.
Tiraillé entre la jalousie paternelle et les
soucis de la carrière, Boisier doit se
défendre comme romancier
déserté par son public et comme
père lâché par son enfant.
Car Sandy s'est entichée de Jean-Victor
Desormieux (dit J-V.D), un jeune écrivain en
vogue dont le roman Les Outrages caracole en
tête de la liste des best sellers
quand
le sien propre n'y apparaît même
pas ! Et voilà que ce jeune intrigant
flatte la vanité du père pour mieux
lui voler sa fille.
A la demande de Sandy, Armand obtient à son
rival le Grand Prix de l'Académie
française : dernier clou au supplice du
vieil homme meurtri
Gainsbourg raconte sa mort
Entretiens avec Bayon
Gainsboug raconte sa mort a
été publié par Grasset en
1992, sous le titre Serge Gainsbourg mort ou
vices.
Bayon est journaliste à
Libération depuis 1980. Il a
publié, entre autres, Les Animals
(Grasset, prix Interallié 1990), La route
des gardes (Grasset, 1998), Le
Lycéen (Grasset, 2000).
Scandaleux ou sublime ? Voici le testament
surréaliste de Serge Gainsbourg, disparu le
2 mars 1991 - il y a bientôt dix ans.
« Je suis mort, nous dit sa voix de
l'au-delà, je fais un bilan » :
c'est la première partie du volume.
L'artiste y raconte, dans une interview
littéralement visionnaire de 1981, devenue
best-seller Libération à
l'heure des funérailles (800 000
exemplaires), son trépas historique.
La deuxième partie parle sexe. En une
confession pornographique sans
précédent, Don Juan Gainsbourg
remonte longuement le fil de sa vie intime : stars,
chiens, homosexualité, tout y passe.
Le tout, entre Mémoires d'outre-tombe
et Mémoires d'un vieux
dégueulasse, émouvant comme
Marguerite Duras et drôle comme Coluche, est
l'ultime provoc du créateur de Requiem
pour un con.
Hors commerce:
Daniel Rondeau
Littérature, notre
ciel !
Souvenir de Heinrich Maria Ledig
Rowohlt
« C'était le seul homme qui
traversait des halls d'hôtel en faisant des
cabrioles. Il appartenait au cercle très
fermé des magiciens libres.
Passionné, attentif, sceptique, joyeux,
doué d'une grande vitalité, et
très mélancolique. Notre
époque glaçait en secret chacune de
ses émotions. Mais les livres le consolaient
des épiciers croque-mitaines de notre fin de
siècle. Il lui arrivait parfois de se sentir
un peu seul. Il me disait :
« Beaucoup de mes auteurs sont morts.
Musil ? Mort. Hemingway ? Mort.
Sartre ? Mort. Nabokov ? Mort.
Céline ? Mort. Friedo Lampe ?
Mort. Ernst von Salomon ? Mort ».
Tous lui manquaient. Il levait les yeux, tirait sur
son cigare, et soupirait :
« Littérature notre
ciel ! »
Littérature
étrangère
Emily Barton
Le testament d'Yves Gundron
Traduit de l'américain par Marie-France
Girod
Roman

Emily Barton est diplômée d'Harvard et
de l'Iowa Writers' Workshop. Elle réside
à Brooklyn, où elle est
également professeur de Yoga. Elle a
écrit des nouvelles pour différents
magazines et collabore régulièrement
au New York Time Books Review. Le
Testament d'Yves Gundron est son premier
roman.
Lorsque Ruth Blum, une jeune anthropologue
américaine, tombe par hasard sur Mandragora,
un petit village des Hébrides - un minuscule
archipel situé au nord de l'Ecosse -, elle
découvre avec stupéfaction une
société féodale ignorant
qu'à quelques kilomètres de
là, le monde moderne s'apprête
à entrer dans le troisième
millénaire
Les villageois sont
terrifiés par la nouvelle venue. Une seule
famille l'accueille sans crainte, celle d'Yves
Gundron et de son frère Mandrik le Chouchou
qui, dit-on, descendraient d'une grand-mère
que les vagues auraient jetée sur le rivage
de l'île.
Yves, un fermier, vient de mettre au point le
premier harnais d'attelage qui transforme la vie du
village. Mandrik, quant à lui, fait figure
de saint homme. Pratiquant une sorte de
christianisme primitif, il est
vénéré par les villageois qui
écoutent néanmoins ses
extraordinaires récits avec
méfiance : son voyage jusqu'au Grand
Monde, quand à bord d'un bateau de papier,
il gagna l'"Indo-Chine"
Ruth, après avoir vainement essayé
d'apprendre les travaux de la maison et des champs,
ne peut s'empêcher de suggérer, par
des remarques anodines, qu'Yves améliore son
invention, ajoute un deuxième essieu, mette
un banc puis des freins. Mais elle consciente qu'en
qualité d'anthropologue, elle ne devrait pas
interférer dans la vie des autochtones. Dans
le même temps, Mandrik se confie à
elle et une véritable complicité
naît entre eux.
Un jour, un avion s'écrase dans les environs
du village. Les habitants enterrent en grande pompe
les pilotes. Mais quelques semaines plus tard
surgit un hélicoptère de
l'armée venu récupérer les
corps. Les villageois apeurés, mis en garde
par leur prêtre, refusent l'exhumation,
craignant la vengeance des esprits
Bientôt, un jeune villageois
dévoré de curiosité et
d'esprit de liberté grimpe en haut de la
montagne pour voir "de l'autre coté". Il
découvre une petite bourgade des temps
modernes
Björn Larsson
Le mauvais il
Traduit du suédois par
Philippe Bouquet
Thriller

Björn Larsson, né en 1953, est
maître de conférences en
français à l'Université de
Lund, en Suède. Il est également
marin et romancier. Il a connu un succès
international avec Long John Silver en 1995.
Le cercle celtique (Denoël), Le capitaine
et les rêves ont également
touché un large public.
Le nouveau roman de Björn Larsson s'inspire
d'un projet - resté confidentiel - de
constructions souterraines gigantesques en plein
cur de Paris. L'immense gare de Condorcet
assurant le trafic grandes lignes, réseau
régional et métro est, depuis des
années, en chantier à quarante
mètres sous terre. L'inauguration est proche
mais le projet a été maintenu secret
dans la crainte d'un attentat terroriste.
Ce plan de construction est le décor d'un
thriller sur un fond, résolument
réaliste, de racisme et de terrorisme
fondamentaliste. Ahmed, algérien, Mireille
sa femme, et leur fille Fatima essayent d'avoir une
vie honnête, sans haine ni
préjugés. Mais lorsque Fatima se fait
agresser par des skinheads, la petite famille se
trouve prise dans un engrenage affreux. Pour
certaines personnes, la vie d'un individu ne vaut
rien.
Dans le dédale des tunnels du chantier,
où Ahmed est employé, une bombe
à retardement menace non seulement
d'ensevelir toutes les personnes travaillant dans
les profondeurs, mais aussi d'engloutir des
milliers d'habitants. Ahmed devra-t-il sacrifier sa
fille pour empêcher la catastrophe ou bien la
Main de Fatima suffira-t-elle à
écarter la menace du « mauvais
il » ?
Un drame autour de l'éternelle lutte entre
le bien et le mal
Marcel Reich-Ranicki
Ma vie
traduit de l'allemand par Bernard
Lortholary et Jeanne Etoré
autobiographie

Marcel Reich-Ranicki, né en 1920 à
Wlocawek-sur-la-Vistule (Pologne), a grandi
à Berlin. Critique littéraire de
l'hebdomadaire Die Zeit de 1960 à
1973, il dirigea de 1973 à 1988 la rubrique
"littérature et vie littéraire" du
Frankfurter Allgemeine Zeitung. Docteur
honoris causa des universités
d'Uppsala, Augsbourg, Bamberg et Dusseldorf,
Reich-Ranicki présente depuis 1988 une
célèbre émission
littéraire sur la deuxième
chaîne littéraire allemande. Il est
l'auteur d'une dizaine d'essais sur la
littérature allemande. Ma Vie est sa
première uvre traduite en France.
A neuf ans, Reich-Ranicki quitte Wlocawek pour
Berlin. En guise d'adieu, sa maîtresse
d'école lui dit : "Tu pars, mon fils, pour
le pays de la culture". Mais aux yeux du jeune
Marcel, le " pays de la culture "
comporte bien des zones d'ombre. Ce sentiment
ambigu le poursuivra toute sa vie : le bonheur
qu'il doit à la littérature, à
la musique et au théâtre allemands
semble indissociable de la barbarie.
En 1938, jeune bachelier, Reich-Ranicki subit le
sort de nombreux juifs. Chassé d'Allemagne,
il est interné avec les siens dans le ghetto
de Varsovie où il connaît les pires
humiliations : "Nous avons sans cesse
essayé d'oublier notre malheur et de
refouler notre peur. La poésie était
notre asile, la musique notre refuge". Avec sa
femme, Madame Tosia, il survit à l'enfer -
par hasard et de manière dramatique.
Communiste dans la Pologne d'après-guerre,
Reich-Ranicki est témoin de la plus grande
trahison que son parti pouvait infliger à un
peuple épris de justice. De retour en
Allemagne, en 1958, il devient critique pour
l'hebdomadaire Die Zeit, et fait rapidement
autorité dans le monde des lettres. En
dépit de cette notoriété, il
se sentira toujours en marge, éternel
étranger.
Cette autobiographie, qui n'est ni un chant de
gloire ni une complainte, révèle un
critique lucide, un conteur de tempérament,
et un témoin incorruptible du siècle.
Du "Groupe 47" aux milieux journalistiques, de
Bertold Brecht à Anna Seghers, en passant
par Elias Canetti, Thomas Mann, Böll, Frisch,
Grass et bien d'autres, Reich Ranicki esquisse un
tableau haut en couleur de la vie littéraire
allemande.
Biographies-Essais-Documents
Jean-Denis Bredin
De l'Académie
française
Lettre à Dieu le Fils

Jean-Denis Bredin est l'auteur, entre autres, de
Une singulière famille (Fayard,
1999), L'affaire (Fayard, 1993),
Sieyes (Fallois, 1988), L'affaire
Caillaux (Gallimard, 1985), et de romans et
nouvelles, tels que L'enfant sage
(Gallimard), L'absence (Gallimard),
Battements de cur (Fayard), Rien ne
va plus (Fayard). Il nous livre ici son Ce
que je crois sous forme d'une brève
missive à Dieu le Fils.
Tel un Job moderne, Jean-Denis Bredin,
« vieillesse venue », demande
des comptes à Dieu le Fils, le soumet
à la question, lui soumet ses suggestions,
tantôt avec émotion, tantôt avec
légèreté : sur la mort,
les souffrances et les injustices, la
création de l'univers, le purgatoire et le
paradis, le sort fait à Judas, à
Marie et à Joseph, les âges de la vie,
le plaisir charnel, l'intelligence et la sottise,
la vanité
Jamais l'auteur n'avait écrit un livre aussi
personnel, où dans l'adresse à Dieu
s'avouent l'intimité, la vie
intérieure et l'équation. Jamais la
plume du moraliste ne s'est faite plus mordante
dans l'ironie (« il est vrai que vous
avez un beau jour décidé, sans m'en
avoir parlé, de me sauver, de me priver de
la damnation éternelle, vous me devez
peut-être cette infime
réparation »), plus
étincelante dans l'aphorisme
(« Puis-je vous dire que je vous
espérais sans miracles ? »),
plus touchante dans le désarroi
(« Nous, les exclus de la Foi, nous
savons bien que vous ne croiserez pas notre chemin,
que nous crèverons dans le
doute »).
Placido Domingo
Et Helena Matheopoulos
Mes rôles
d'opéra
Traduit de l'anglais par Florianne
Vidal
document

Placido Domingo et Helena Matheopoulos. On ne
présente plus le premier. Quant à la
seconde, elle est notamment l'auteur de Maestro
Encounters with Conductors of Today. Elle a
collaboré comme journaliste pendant dix ans
à Evening News, The Times, Sunday Times,
Opera Now ou Gramophone. De 1991 à 1996,
elle a été consultante artistique
à l'Athens Megaron. Elle est actuellement
directrice des Vocal Projects de l'Orchestre
Philarmonique de Londres.
Placido Domingo est incontestablement le
ténor, qui, comme la Callas et Enrico Caruso
en leur temps et dans leurs tessitures respectives,
a su investir son art de l'indispensable
unité sans laquelle l'opéra ne
pourrait prospérer à l'âge des
standards cinématographiques et
télévisuels.
Comédien achevé dont les
interprétations pourraient relever du jeu
théâtral, Domingo est également
un chanteur exceptionnel de par son sens de la
musique et un phrasé « relevant du
miracle », assure-t-on. Sur la
scène, il vit littéralement la vie de
ses personnages, les jouant et les chantant corps
et âme.
Son chant n'en est pas moins un équilibre
parfait entre l'instinct et l'intellect comme il
nous le démontre dans son ouvrage. Toujours
guidé par la musique, le ténor ne
s'autorise jamais à la dépasser. Son
obsessionnel souci de renouvellement l'a conduit,
selon ses propres termes, à lutter pas
à pas pour acquérir sa tessiture de
ténor et façonner sa voix qui par
nature était un haut bariton typique des
zarzuelas (opérettes espagnoles)
auxquelles ses parents l'initièrent.
Dans Mes rôles d'opéra, Placido
Domingo commente 63 des 114 rôles que compte
son vertigineux répertoire : des rôles
principaux comme Otello ou Hoffmann mais
également Cavaradossi, Des Grieux, Dick
Johnson, Don José, Samson, Alvaro, ou encore
Gustavus.
Georges Fenech
Tolérance zéro
En finir avec la criminalité
et les violences urbaines
document

Georges Fenech, magistrat, auteur de trois essais
sur la justice, les sectes et les marchés
publics, a exercé les fonctions de juge
d'instruction, procureur de la République.
Il est actuellement avocat général
à la Cour d'Appel de Lyon. Président
d'un syndicat de magistrats, il participe depuis de
nombreuses années à tous les
débats de société auxquels il
a été confronté par sa
profession.
Ce livre a l'ambition d'ouvrir, sans concession, un
grand débat sur la question majeure de la
sécurité de nos concitoyens. Il
retrace la lente dégradation des
cités, la fracture sociale, la peur des
banlieues. Il jette un regard critique sur
l'échec des policiers, des juges et des
politiques face à un fléau qui
poursuit sa courbe vertigineuse. Il pointe du doigt
les responsabilités et dénonce la
tartuferie de certains lobbies de
l'insécurité. Il compare la situation
de la France avec les autres pays européens
et les Etats-Unis qui, en menant une offensive
volontariste, en prônant la
" tolérance zéro ", sont en
passe de juguler le phénomène. Mais
le juge Fenech va plus loin, en proposant, à
l'heure des grandes échéances
électorales, des propositions
concrètes, qui une fois mises en oeuvre,
devront ruiner le sentiment
d'insécurité, dans le respect de nos
valeurs républicaines.
Jacques Gravereau
L'Asie majeure
L'incroyable révolution de
l'Asie pacifique
Essai

Jacques Gravereau est le fondateur de l'Institut
HEC - Eurasia. Professeur à l'école
HEC et dans plusieurs universités chinoises
et japonaises, consultant d'entreprises, il
sillonne l'Asie depuis trente ans. Docteur en
sciences économiques, diplômé
d'HEC et de l'IHEDN, il est l'auteur, entre autres,
du Japon au XXème siècle
(Seuil).
Après le Japon et le Sud-est asiatique, un
incroyable objet non identifié est en train
d'arriver sur la planète de la
mondialisation triomphante : la Chine. En
quelques années, le pays le plus
peuplé du monde a basculé dans
l'économie de marché, et s'est ouvert
comme jamais au cours de son histoire. Pour qui a
connu la Chine en 1980, le contraste est
saisissant : le vaste couvent des
années rouges, sillonné de
vélos et de vareuses ternes, s'est bel et
bien évanoui. Pour qui atterrit aujourd'hui
à Pékin ou à Shangaï,
venant de Hong Kong ou de Taïwan, la couleur
des choses n'est plus un signe. Dans la Chine de
2000, la richesse est là, l'agitation, les
lumières, le commerce et ses
flamboyances
En quinze ans, l'Empire du
Milieu a multiplié sa richesse nationale par
quatre.
Cette révolution - tellement visible qu'elle
en paraît dans l'ordre des choses -
semblerait soudain confirmer l'influence de
l'occident : après le KO
soviétique, le KO chinois. Ce que les luttes
idéologiques n'ont pas modifié, le
fleuve bouillonnant de l'économie l'aura
donc fait : l'Asie pacifique aurait ainsi
rejoint le flot des capitalistes. Heureuse
nouvelle ! Après des siècles
d'intolérable différence, les
asiatiques nous ressembleraient enfin :
bientôt des copies conformes
C'est la folie de ce raisonnement que
dénonce Jacques Gravereau. On a longtemps
pensé que la révolution de l'Asie
serait idéologique, puis
démographique. On croit aujourd'hui que
l'Asie nouvelle sera occidentale, par la
grâce de ses progrès
économiques. C'est une illusion. Pour qui
s'intéresse aux mentalités, aux
religions, à l'histoire, aux langues ;
pour qui mêle, comme l'auteur, pratique
économique et culture, c'est un fantasme de
l'ouest. Après des décennies de
trouble ressemblance, le Japon n'est-il pas
resté un pays compliqué, mentalement
à nos antipodes ? Sans parler de la
Corée, de la Thaïlande ou du
Vietnam
Gravereau entreprend donc, dans ce
livre dense, vivant, fondé sur les livres,
sur ses séjours, sur la connaissance de la
langue, de comprendre pourquoi, dans cette Asie
décidément étrange, ceux que
nous voudrions nos « clones » -
par notre projection « universelle ,
font de la résistance
Jean-Noël Liaut
Les anges du bizarre
Un siècle
d'excentricité
Essai

Jean-Noël Liaut, 33 ans, est l'auteur d'une
biographie de la princesse russe Natalie Paley en
1996 et chez Grasset d'une biographie de Hubert
de Givenchy (2000).
Est excentrique celui ou celle qui ne vit ni n'agit
selon la norme commune. Entre le dandysme et le
kitsch, le baroque et le
« camp », l'extravagance ou la
franche folie, la pauvreté ou la fortune,
l'art ou le happening, l'excentrique navigue au
plus proche de son instinct. En un siècle
corseté par le « politiquement
correct », certains consacrèrent
tout leur talent à n'être pas comme
les autres. Comment mieux les définir que
par une promenade vivante, et érudite, et
loufoque, au pays des excentriques ?
D'Edward James, qui dormait sous une voûte
céleste en verre noir, à Unity
Walkyrie Mitford, amie d'Hitler, aimant à
promener un rat sur l'épaule, de Doris Duke
qui légua sa fortune à son chien au
Facteur Cheval constructeur-amateur d'un palais de
pierres, de Raymond Roussel en sa
« maison roulante » aussi
luxueuse que le Ritz, à Tallulah Bankhead
qui plongeait son tube de rouge à
lèvres dans un verre de bourbon, on voit ici
que les excentriques préfèrent
périr plutôt que de s'ennuyer. Ils
auraient adoré ce livre, entre conte cruel
et traité de murs, qui rend justice
par sa drôlerie et son brio flegmatique
à ces inventeurs d'une certaine
liberté.
Michel Onfray
L'archipel des comètes
Journal hédoniste, tome
3
journal

Michel Onfray publie son onzième livre chez
Grasset. Depuis son prix Médicis de l'essai
(pour La sculpture de soi), ses livres ont
rencontré une audience nouvelle (entre
autres : Politique du rebelle,
Théorie du corps amoureux).
Dans ce troisième tome du journal
hédoniste, Michel Onfray poursuit dans la
voie qu'il avait ouverte avec Le désir
d'être un volcan : proposer un genre
d'encyclopédie militante de
l'hédonisme en abordant tous les sujets
possibles : d'où une théorie de la
femme fatale, un éloge de l'enfance
passée dans la nature pour tremper le
caractère philosophique, une défense
radicale et partisane de l'art contemporain
actuellement mis à mal par la plupart des
penseurs, une critique libertaire des travers
libéraux de l'époque, la proposition
d'une méthode de lecture des oeuvres
philosophiques qui donne à l'autobiographie
ses lettres de noblesse, une métaphysique
des moeurs post-modernes, une
célébration des vertus chevaleresques
passées de mode - la loyauté,
l'amitié, la fidélité, la
fierté, le sens de l'honneur et de la parole
donnée -, une volonté de donner au
corps le rôle central dans
l'élaboration d'une éthique
post-chrétienne, etc...
Chaque nouveau tome du journal hédoniste est
l'occasion d'un rendez-vous
généraliste pour effectuer des
travaux pratiques à partir des thèses
hédonistes proposées dans d'autres
ouvrages plus spécifiquement
thématiques (l'éthique dans La
sculpture de soi, la politique dans
Politique du rebelle, l'érotique dans
Théorie du corps amoureux).
Collège de
Philosophie
François Jullien
Du « temps »
Elements d'une philosophie du
vivre
Essai

François Jullien, philosophe et sinologue,
professeur à l'Université Paris 7
Denis Diderot, directeur de l'Institut Marcel
Granet. Ses livres sont traduits dans une quinzaine
de pays. Il a publié chez Grasset :
Le détour et l'accès, Figures
de l'Immanence, Fonder la morale, Traité de
l'efficacité.
« Qu'est-ce donc que le temps ?
demandait Augustin. Si personne ne me le demande,
je le sais ; mais si on me le demande et que
je veuille l'expliquer, je ne le sais
plus
».
Depuis ses débuts, la philosophie a beau se
battre contre le concept de temps, elle n'en sort
pas. Nous voici installés à demeure,
en faisant notre demeure, dans ce concept
étrange : le
« temps ». Le plus familier -
le plus étrange ; or, c'est
d'après lui que nous concevons ce qui ferait
l'essence de la « vie ».
Empruntant le chemin de la pensée chinoise,
François Jullien tente de sortir de ce grand
pli du « temps ». Car la Chine
a pensé le « moment »
saisonnier et la
« durée », mais non pas
une enveloppe qui les contienne également
tous deux, et qui serait le
« temps » homogène -
abstrait. Quelle est donc cette pensée qui
n'a pas pensé les
« corps » en
« mouvement » ? Quelle est
donc cette pensée qui n'a pas opposé
le temporel à l'éternel, l'être
au devenir, d'où naît la
métaphysique, et dont la langue, enfin, ne
conjuguant pas, ne donne pas à opposer des
temps - futur, présent et
passé ?
Au terme des Essais, Montaigne
suggère, non de vivre au présent,
mais « à propos ».
Discrètement, cet à propos nous sort
de la pensée du temps ; il fait
envisager le moment, non comme un laps de
temps, mais comme une occasion, ou plutôt
comme une « occurrence », le
concept en est à forger. « Un bon
moment », disons-nous ; mais de quoi
celui-ci est-il fait ? Comment donner une
consistance théorique à
l'opportunité selon laquelle il
« vient » à nous, comme
à la disponibilité selon laquelle
nous nous « ouvrons » à
lui ?
Cet essai voudrait donc dégager une autre
perspective que celle du surplomb du Temps et du
grand drame - « existentiel » -
qu'elle organise ; prenant le parti d'une
pensée qui, dans son ouverture au
« moment », et face à
l'angoisse de la mort, dirait une
insouciance qui ne soit pas une fuite, il
tente d'élaborer des éléments
du vivre qui ouvrent la philosophie à la
possibilité de la sagesse.
Partage du
savoir
Grasset - Le Monde
Christine Geoffroy
La mésentente cordiale
Voyage au cur de l'espace
interculturel franco-français
Essai

Christine Geoffroy est agrégée
d'anglais et titulaire d'un doctorat en
études anglaises. Après un parcours
de linguiste à l'Institut d'Etudes
Anglophones de Charles V à Paris 7, elle
poursuit ses investigations dans le domaine de
l'anthropologie culturelle. Sa thèse :
Les Anglais et les Français :
Interactions de communication dans le monde du
travail, soutenue en 1998, a été
dirigée par Jean-Paul Narcy et Jacques
Pateau de l'Université de Technologie de
Compiègne.
Apprendre l'anglais est devenu indispensable pour
quiconque souhaite trouver un emploi, communiquer
sans frontière ou tout simplement
voyager.
Est-ce à dire que les rivalités
politiques, économiques et linguistiques qui
nous opposent depuis des siècles à
nos voisins d'outre-manche se sont
évanouies ? La situation n'est pas si
simple
Posséder quelques rudiments ou une
maîtrise parfaite de cette langue ne signifie
pas pour autant être apte à
communiquer avec eux. Les difficultés
éprouvées dans le partenariat de
travail France/Angleterre témoigne de ce que
l'entente cordiale est loin d'être toujours
en vigueur dans ces deux pays.
Il importait donc de faire parler et
témoigner les acteurs mêmes de cette
coopération singulière. Christine
Geoffroy a visité dix grandes entreprises et
a recueilli soixante témoignages
émanant pour moitié d'Anglais et de
Français confrontés à cette
situation. Elle nous propose aujourd'hui un voyage
au cur de la communication franco-anglaise,
selon un itinéraire qui traverse des
régions diverses : la langue, les
comportements et la mémoire des deux
peuples.
Tel un voyageur, le lecteur se laissera guider dans
l'exploration d'un milieu interculturel à la
fois familier et méconnu.
Grand Format
(thrillers)
Steve Martini
Réaction en chaîne
Traduit de l'américain par
Florianne Vidal
Thriller

Steve Martini est né à San Francisco.
Un temps journaliste, il est juriste depuis 1974.
Il est l'auteur de Trouble influence, Le Juge et
La Liste (tous des best sellers mondiaux). Il
vit sur la Côte Ouest des Etats Unis.
Gideon Van Ry, expert en fission nucléaire,
travaille au centre d'études pour la
non-prolifération. Son rôle est de
tenir à jour le « catalogue
mondial » de tous les matériaux
fissibles et de toutes les armes de destruction de
masse. Deux petits engins nucléaires
tactiques, entreposés dans un port de l'ex
Union Soviétique et prêts à
être expédiés à une
firme américaine, Belden Electronics, ont
disparu. Et personne ne peut localiser Belden
Electronics
Joss Col, ancienne avocate de Los Angeles, a
décidé de mener une vie plus
tranquille et de s'installer dans les îles
San Juan dans l'état de Washington. Joss n'a
pas de clients particuliers, en dehors d'un groupe
de pêcheurs professionnels qui souffrent
d'une étrange et grave maladie, un forme de
contamination dont on ignore l'origine
Jusqu'au jour où entre dans son bureau Dean
Belden, un riche client à la recherche d'un
avocat pour l'aider à monter une affaire sur
les îles. Elle accepte. Dans les jours qui
suivent, Belden est assigné à
comparaître devant un grand jury
fédéral. Avant qu'il ne
témoigne et avant que Joss ne puisse
découvrir ce qui se passait au grand jury,
Belden meurt dans la terrible explosion de son
hydravion.
Les Etats-Unis se portent bien et les gens vivent
heureux
à la veille d'une action de
terrorisme de masse, la plus meurtrière de
l'histoire. Armé de la force
nucléaire, un homme menace donc le
gouvernement américain pour asservir une
haine personnelle. Tandis qu'autour d'elle les
pouvoirs publics ignorent le danger, Joss Cole
affronte avec esprit cet homme et le groupe
terroriste qu'il commande.
C'est l'histoire de ce qui arrive lorsque les
haines personnelles et l'apathie
générale se combinent pour
réveiller le mauvais génie du
terrorisme nucléaire.
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