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Littérature française
Frédéric Beigbeder
L'amour dure trois ans
Roman
Remise en vente à l'occasion de la sortie du film
Frédéric Beigbeder vit à Paris. L'amour dure trois ans est son troisième roman. Il est par ailleurs l'auteur chez Grasset de 99 francs (2000), Windows on the world (2003, Prix Interallié) et Un roman français (2009, Prix Renaudot) et et Premier bilan après l'Apocalypse (2011).
Il est le réalisateur de L'amour dure trois ans, long-métrage adapté de son roman, avec Louise Bourgoin, Gaspard Proust, Valérie Lemercier. Sortie le 18 janvier.
« Au début, tout est beau, même vous. Vous n'en revenez pas d'être aussi amoureux. Pendant un an, la vie n'est qu'une succession de matins ensoleillés, même l'après-midi quand il neige. Vous écrivez des livres là-dessus. Vous vous mariez, le plus vite possible – pourquoi réfléchir quand on est heureux ? »
C'est une histoire d'amour très moderne et radicalement autobiographique. Le héros - un jeune homme "branché" et noceur - se souvient de ses débuts dans la vie lorsque, plein d'illusions, il épousa Anne, la plus jolie fille de sa génération.
Il se souvient qu'au début de leur amour, tout était bleu ; que la tendresse succéda à l'amour dès la deuxième année de leur mariage ; que l'infidélité fut la loi de leur couple dès la troisième année. Alors, il sait que la loi du monde pourrait ainsi se formuler : « l'amour dure trois ans... » Tout le roman, dont le symbole est l'horloge de Beaubourg - qui marche à reculons en décomptant les secondes qui nous séparent de l'an 2000... - est une variation drôle et émouvante sur ce thème. Il faut savoir que, pendant qu'il raconte l'échec programmé de son premier mariage, le héros vit avec Alice. Et, là encore, l'heure tourne...
Claire Castillon
Les merveilles
Roman
– collection « Ceci n'est pas un fait divers », dirigée par Jérôme Béglé
Née en 1975, Claire Castillon est l'auteur de plusieurs romans et de recueils de nouvelles, parmi lesquels Le Grenier (Anne Carrière, 2000), Insecte, traduit dans 20 pays (Fayard, 2006), On n'empêche pas un petit cœur d'aimer (Fayard, 2007), Dessous, c'est l'enfer (Fayard, 2008), Les cris (Fayard, 2010).
« D'un coup, l'amour. L'homme, tout le trafic autour, ça me met de l'essence. Dès que je peux faire la fille, je suis complètement nénuphar, et j'ai le rose aux joues. Une vraie vacherie au début, la présentation de soi-même devant le mâle, à travailler comme un paon. J'ai pas l'habitude de sourire comme ça à n'importe qui et je rame. J'ai peur que mes dents tombent. »
Evelyne est cynique, moqueuse, et drôle. Elle a treize ans, des parents qu'elle méprise, un frère qu'elle sadise, et un chien, Lulu, qu'elle chérit. Un jour, son père mutile Lulu sous ses yeux, et sa vie bascule. C'est un Premier Mai : muguet, clochettes. Désormais, Evelyne héberge des carillons dans sa tête. Il leur arrivera de s'exprimer à sa place, en toute légitime violence. Ensuite, elle tape sur sa mère à coups de marteau, couche avec Joe Vandaire, un ami de ses parents, est exclue du lycée, devient strip-teaseuse, et puis Lulu meurt. Alors Evelyne s'en va. Elle s'installe avec Luiggi le pizzaïolo, qui lui fait un enfant. Une vie presque normale. Mais la semaine, au lieu d'aller à l'usine faire le ménage, Evelyne est escort-girl en secret.
A force de rencontrer des « clients distingués », elle commence à sentir « la possibilité de l'épaisseur des gens ». Et puis Daniel entre dans sa vie : « Il a plus d'idée qu'un génie à deux têtes. Il me les partage, ça me consolide ».
Côtoyer l'intelligence, ça la grise, mais Daniel parle trop, trop, trop, il est narcissique et égocentrique, Evelyne se lasse, elle le quitte, il s'accroche et pleurniche.
Elle le poignarde.
« C'est facile pour personne d'apprivoiser sa cellule ».
Jacques Chessex Et Jérôme Garcin
Fraternité secrète
Correspondance
Né en 1934 à Payerne et décédé le 9 octobre 2009, romancier, poète, peintre, Jacques Chessex était l'un de nos plus grands écrivains de langue française. On lui doit, entre autres, chez Grasset, L'ogre (1973, Prix Goncourt), Monsieur (2001), L'économie du ciel (2003), Le vampire de Ropraz (2007), Un juif pour l'exemple (2008), Le dernier crâne de monsieur de Sade (2010), et Interrogatoire (2011). Ses livres sont traduits dans de nombreuses langues.
Né en 1956 à Paris, Jérôme Garcin est journaliste et écrivain. Il dirige le service culturel du Nouvel Observateur, et produit et anime l'émission « Le Masque et la plume » sur France Inter. Il est l'auteur de plusieurs récits, romans et essais, parmi lesquels, aux éditions Gallimard, Pour Jean Prévost (1994, Prix Médicis de l'essai), La Chute de cheval, (1998, Prix Roger-Nimier), Théâtre intime (2003, Prix France Télévisions de l'essai), et Olivier (2011).
En 1975, alors qu'il a tout juste dix-huit ans, Jérôme Garcin écrit pour la première fois à un écrivain qu'il admire, Jacques Chessex. C'est le début d'une correspondance passionnée et passionnante, qui durera plus de trente ans, jusqu'à la mort de Chessex en 2009.
Ces lettres sont d'abord le lieu, puis le témoin, de la naissance d'une amitié. Une amitié littéraire hors du commun, entre un jeune garçon au seuil de son existence, et un homme de vingt ans son aîné, un écrivain reconnu, exigeant, curieux de tous les excès et objet de tous les scandales.
Elles sont aussi, ces lettres, le journal de création d'un auteur majeur, l'antichambre de ses œuvres.
On y voit passer, en ombres chinoises, les hommes et les femmes qui firent la littérature du second vingtième siècle : des éditeurs - Bernard Privat, Bertil Galland, Jean-Claude Fasquelle -, des journalistes, et des auteurs, comme François Nourissier, Gustave Roud, Francis Ponge ou Yves Berger. On y croise, aussi, année après année, les grands modèles sans cesse convoqués (Flaubert), les inspirateurs obsédants (Jean Paulhan)…
Des méditations sur le métier d'écrire, des émerveillements devant la nature vaudoise, des inquiétudes, des joies, et, surtout, une langue juste, ciselée, d'une grande beauté.
Jean-paul Enthoven
L'hypothèse des sentiments
Roman
Jean-Paul Enthoven est éditeur et critique au « Point ». Il a déjà publié, chez Grasset, deux essais – Les enfants de Saturne et La dernière femme et deux romans – Aurore et Ce que nous avons eu de meilleur.
Ce roman s'ouvre, un 23 juin, à Rome, sur un épisode « hitchcokien » et a priori sans conséquence : un bagagiste d'hôtel range, dans le coffre du taxi (dans lequel se trouve un certain Max, scénariste, en route vers l'aéroport de Fiumicino…) la valise rouge que celui-ci lui a confié, le matin-même en quittant sa chambre…
Il se trouve que le bagagiste s'est trompé, et a confondu ladite valise avec celle, rigoureusement identique, d'un autre client également sur le départ… Max ne s'avisera de cette méprise qu'en arrivant chez lui, à Paris. Or, dans cette valise qui n'est pas la sienne, Max découvre des objets qui vont, chacun, jouer un rôle décisif au fil des 300 pages qui suivent…
Ce qu'il trouve ? Des soieries, deux paires d'escarpins, un portrait de l'actrice Audrey Hepburn, un exemplaire d'« Anna Karénine » et… le journal intime d'une femme prénommée Marion, manifestement belle, mélancolique et sexuellement désœuvrée.
A partir de là, se tisse une longue et tumultueuse histoire d'amour, de désamour, de plaisir, de mysticisme, de fantaisie. On y rencontrera un ex-banquier protestant et fou, un psychanalyste pervers, un proxénète spécialisé dans le beau monde, une voyante, un « privé », deux fantômes, la Vierge Marie, un Arménien aux mœurs douteuses, quelques Italiennes sensuelles…
Dans ce roman, il est également question des grandes heures de Cinecittà, du hasard, de Stendhal, de la Russie, des palaces de Monte-Carlo, du bonheur. Mais aussi d'érotisme, d'astrologie, d'« athéisme amoureux » et de « Sentiments » si fluctuants qu'on ne sait, au final, s'ils sont sincères ou… « hypothétiques »
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Dominique Fernandez Et Ferrante Ferranti
Transsibérien
Dominique Fernandez est né à Paris en 1929. Ecole Normale Supérieure, agrégation d'italien, doctorat ès-lettres. Il écrit régulièrement pour le Nouvel Observateur. Il a obtenu le prix Médicis en 1974 pour son roman Porporino ou les mystères de Naples. Il a publié entre autres, Jérémie ! Jérémie ! en 2006, L'Art de raconter en 2007 et Place rouge en 2008.
28 mai 2010, Dominique Fernandez s'apprête, accompagné d'une vingtaine d'écrivains, photographes, journalistes, acteurs, français et russes, à grimper, au départ de Moscou, à bord du transsibérien qui les mènera à Vladivostok, capitale de la Russie d'Extrême-Orient. Trois semaines sur les rails, et le bout du monde. De découvertes en réflexions, il livre, dans un discours émaillé de références littéraires, la Russie toute entière. Au fil du parcours et des paysages qui se succèdent, l'écrivain poursuit sa méditation, constate, observe, raconte, s'interroge. Une migration à la fois physique et spirituelle aux allures de pèlerinage intellectuel. De la place rouge à Tchékhov, de la dictature stalinienne à la terrible beauté sibérienne en passant par Nijni-Novgorod, la Volga ou Novossibirsk, le récit invoque écrivains et penseurs, Gautier, Dumas, Gorki, Tolstoï. Et, en toile de fond, persistante, l'ombre inquisitrice du passé soviétique.
Rithy Panh Et Christophe Bataille
L'élimination
Rithy Panh, né au Cambodge en 1965, est cinéaste. On lui doit, entre autres, « Gens des rizières » sélectionné à Cannes, et « Un barrage contre le Pacifique ». Ses documentaires sont célèbres dans le monde entier, en particulier : « S21 – La machine de mort khmère rouge ». Il a publié, chez Grasset, Le papier ne peut pas envelopper la braise (2007), avec Louise Lorentz.
« Le maître des forges de l'enfer », sélectionné à Cannes en 2011, sera diffusé par France 3 le 16 janvier, puis en salle le 18 janvier.
Un livre hors du commun, mêlant récit personnel et rencontre avec la figure du mal – dans la lignée de « La nuit » d'Elie Wiesel et des textes de Primo Levi.
Duch a dirigé le centre « S21 » de 1975 à 1979, au cœur de Phnom Penh vidé de ses habitants par les Khmers rouges. 12380 personnes affreusement torturés, pendant des jours et des semaines, confessent des trahisons imaginaires, avant d'être exécutés à la barre à mine.
Après son film « S21 », qui faisait se rencontrer bourreaux et survivants de ce centre, Rithy Panh décide de filmer Duch dans sa prison du Tribunal pénal. Duch, la part manquante : l'organisateur du processus d'extermination. Pendant 300 heures, le cinéaste cherche à comprendre cet homme, sa formation, son idéologie, ses méthodes. Il évoque le recrutement de ses équipes, mais aussi sa passion pour les chiffres, ses « séminaires » de torture, ses rapports avec Pol Pot. Son goût pour la peinture. La chiromancie. La poésie et la langue française. Son parcours personnel.
L'élimination est une plongée dans le mal ; un combat pour la connaissance, que Rithy Panh mène contre ce bourreau. Ni démon ni figure de la banalité, Duch est un homme complexe et cultivé. Face à lui, le cinéaste raconte ses angoisses et ses choix artistiques, mais aussi son enfance : Rithy Panh avait dix ans en 1975. Il a perdu ses parents et une partie de ses frères et sœurs dans l'expérience khmère rouge. Il a survécu. Il veut comprendre.
Patrick Rambaud De L'académie Goncourt
Cinquième chronique du règne de Nicolas Ier
Ecrivain précaire né à Paris en 1946. Auteur officiel de trente livres. Auteur officieux du double. On lui doit notamment, chez Grasset, une suite romanesque consacrée à la fin de l'Empire : La Bataille (Grand prix du roman de l'Académie française et prix Goncourt), Il neigeait, L'Absent et Le Chat botté (2006).
L'année qui court du merveilleux texte de Grenoble jusqu'à la chute fracassante de l'Archiduc de Washington marque-t-elle un règne nouveau ?
La précédente chronique nous laissait sur le feu d'artifice de l'affaire Woerth-Bettencourt. Que de passions ! Que d'influence ! Mais l'ancien perce sous le nouveau, et les mallettes de billets circulent toujours, sans étouffer la crise économique.
Face aux menaces, le Prince de l'Elysée est serein. Il fait la leçon au marquis de Matignon, un cours de macro-économie à la pauvre Angela, et emprunte quelques drônes à son ami Obama. Moraliste ici, conseiller occulte là, taiseux et sincère, le Monarque nouveau genre décide même de libérer la Libye. Bref, préparer l'avenir partout sauf ici, car le chômage guette, et les juges travaillent : l'enfant de 2012 fera-t-il oublier les jacqueries ?
Les années passent, Patrick Rambaud reste, ainsi que son monarque préféré. La légende officielle, les tableaux dorés, les communications princières ne sont pas pour lui. Il poursuit sa cruelle et désopilante chronique, dressant ainsi le véritable tableau du règne... Et de sa fin.
Daniel Rondeau
Malta Hanina
Daniel Rondeau est écrivain. Editeur, il a été critique littéraire et grand reporter. Il a fondé les éditions Quai Voltaire. Il est l'auteur d'une œuvre importante et a notamment publié chez Grasset Dans la marche du temps (2004) et Les vignes de Berlin (2006). Il a reçu, en 1998, le grand prix Paul Morand de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre.
Après Tanger, Alexandrie, Istanbul et Carthage, Daniel Rondeau pose ses valises à Malte. Et poursuit ainsi son pèlerinage méditerranéen. Des années qu'il explore, au hasard de ses passions, les côtes ensoleillées. Si, chaque fois, ces villes ont une saveur particulière, l'île de Malte est de ces lieux sans équivalence, à l'aura renversante. Elle est l'autre terre élue. Il faut dire que l'auteur y a occupé le poste d'Ambassadeur de France. Il a été, pendant deux ans, le témoin privilégié de ce patrimoine d'exception. Au fil d'une promenade éclairée, nourrie d'art, de religion, de littérature, de paysages, et de destins d'hommes, il restitue, par une prose à la beauté classique, l'irrémédiable charme maltais. Dans un jeu entre passé et présent, il parvient à dresser de l'île un portrait exhaustif et nuancé. Un tableau vivant gravé dans la roche et tourné vers l'avenir.
Philippe Brunel
La nuit de San Remo
Roman
Né en 1956, Philippe Brunel est journaliste. En 2000 il avait publié un premier roman, Les Reporters (Calmann-Lévy) puis un document, Vie et mort de Marco Pantani chez Grasset en 2009, remarqué en France, best-seller en Italie.
Janvier 1967, Festival de San Remo. Ce pourrait être une simple idylle entre Dalida, déjà une star, et ce ténébreux à la voix troublante quand il chante « Ciao, amore, ciao ». Sauf qu'on trouve Luigi Tenco mort d'une balle dans la tête, dans sa chambre de l'Hôtel Savoy. Un suicide d'après les enquêteurs. Mais on n'a jamais retrouvé trace du projectile. Pourquoi avoir ramené la dépouille de Tenco de la morgue au Savoy où les policiers l'avaient redéposé dans sa chambre et dans son propre sang "comme ils l'avaient trouvé », sur le dos, au pied de son lit ? Dalida a-t-elle assisté à la scène macabre ? Etaient-ils vraiment amants ? Ou les acteurs consentants d'une « picture story » orchestrée par la presse ? Pourquoi Dalida quitte-t-elle San Remo dans la nuit, au terme d'un interrogatoire sommaire ? Que craignait-elle ? Comment expliquer son absence aux obsèques de Tenco dont elle avait porté le deuil en France? Et que faisait sur les lieux son ancien mari et impresario, Lucien Morisse qui se suicidera trois ans plus tard, à Paris, avec un Walther PPK, une arme identique à celle de Tenco ? Fallait-il y voir un signe ?
Des années plus tard, le narrateur interroge les lieux et les rares témoins de cette tragédie qui le renvoie à l'Italie puritaine des années soixante. Mais surtout à ses propres fantômes ? « Qu'est-ce que la gloire ? Sinon l'autre face de la persécution ? »
Régis Delicata
Rhapsodie pour une dent creuse
Premier roman
Régis Delicata a 27 ans. Rhapsodie pour une dent creuse est son premier roman.
Gavotti, le narrateur de ce livre, est « trouveur de pièces introuvables » pour des collectionneurs extravagants. Sa dernière mission ? Aller chercher à Los Angeles le dentier de Robert Mitchum pour un certain John T. Garner. Avant de quitter Paris, il s'adjoint un valeureux acolyte, brute épaisse du nom de… Gaston Bachelard.
A partir de là, l'aventure (folle, lyrique, picaresque) commence, et les ennuis, et les scènes hilarantes, à Hollywood, dans un cimetière by night, dans une prison (où Gavotti est rejoint par sa femme Elisabeth et son ami avocat maître Blaze), dans de somptueuses propriétés américaines, jusqu'au retour à Paris, et à la stupéfiante révélation : le dentier rapporté par Gavotti au péril de sa vie est un faux, il lui manque une dent creuse censée contenir des microfilms qui auraient dû révéler au commanditaire de l'opération les circonstances de l'assassinat de Kennedy…
Dans cette parodie de roman policier, très drôle, très intelligente, (qui rappelle parfois certains livres d'Echenoz), l'auteur tord le cou aux clichés tout en jonglant avec eux, et déjoue tous les stéréotypes. Il s'amuse avec les références mythiques de la littérature et du cinéma, compose des dialogues à la OSS 117, crée un personnage attachant de anti-héros décalé.
Rhapsodie pour une dent creuse, c'est monsieur Tout-Le-Monde qui se trouve embarqué dans un film noir sans comprendre pourquoi. Le lecteur, lui, s'amuse beaucoup…
Gérard Oberle
Emilie, une aventure épistolaire
Roman
Préface de François Busnel
Gérard Oberlé est l'auteur chez Grasset de Retour à Zornhof (Prix Découvertes Le Figaro Magazine, Prix des Deux magots, 2004), Itinéraire spiritueux (Prix Mac Orlan, Prix Edmond de Rotschild, Prix Rabelais, 2006), d'un recueil de chroniques musicales (La vie est ainsi fête, 2007), et des Mémoires de Marc-Antoine Muret (2009). Expert en livres anciens, il est aussi chroniqueur à Lire.
« Si ma rencontre avec Émilie fut fortuite, le commerce qui s'en suivit le fut beaucoup moins. La classe de quatrième devant laquelle j'étais invité à parler de mes activités d'écrivain comptait une vingtaine de collégiens. A la fin de la séance, une fillette que je n'avais pas remarquée s'est levée tout au fond de la salle où elle était assise seule. « Excusez-moi, Monsieur, j'ai lu vos trois romans. Dans les deux premiers vous parlez de votre personnage à la troisième personne. Dans le dernier, c'est lui qui raconte l'histoire, à la première personne. Pourquoi ce changement d'écriture ? »
La jolie brunette s'appelait Émilie et personne avant elle, aucun lecteur, ni critique, ni même l'éditeur qui avait publié mes trois romans, ne m'avait posé cette question. Quelques jours plus tard je recevais une lettre d'Émilie, me disant qu'elle aurait aimé me poser bien d'autres questions, mais qu'elle n'avait pas osé, par timidité, pour ne pas « faire sa maligne » devant les autres. Nous avons correspondu pendant plus d'un an et nous nous sommes retrouvés à plusieurs reprises, pour une ballade en forêt, une visite de musée, une flânerie dans des librairies.
Lorsque je lui ai parlé de mon projet de rédiger tous les mois une « lettre à Émilie » pour une revue littéraire, elle s'est mise à rire.
- Votre combine est vraiment farfelue. De quoi parlerez-vous dans ces lettres ?
? On m'a suggéré de vous enseigner les plaisirs de l'existence, car j'ai la réputation d'un jouisseur. Rassurez-vous, je ne suis pas assez charlatan pour me lancer dans une mission pédagogique aussi louche. Mes lettres parleront de tout et de n'importe quoi.
Cette étrange aventure a duré plus de sept années. »
G.O.
Corinne Hoex
Entre toutes les femmes
Roman
Corinne Hoex est une auteure belge qui a déjà publié avec succès aux Editions de l'Olivier et en Belgique. Cet ouvrage est son quatrième roman.
Elisabeth, la quarantaine, est célibataire, très aisée, oisive, curieuse. Elevée dans une famille athée, très sceptique devant toutes les formes de pensée religieuse, elle se rapproche par désœuvrement du père Constantin, un prêtre et conférencier mondain qui a un groupe de femmes à sa dévotion.
La nouvelle venue comprend très vite que ces ouailles, rien que des femmes, sont subjuguées par le charme du père et se disputent âprement sa faveur, à défaut de ses faveurs. En réalité c'est un leurre. Constantin est un gourou extrêmement subtil, et un viveur raffiné, qui assoit sa domination sur ces femmes en se refusant à la plupart d'entre elles. Il les traite en « épouses inépousées », réservant ses ardeurs à telle ou telle, les plus riches et les plus généreuses, après une longue attente. Ce sera, pour Elisabeth, au terme d'un baptême longtemps repoussé, qu'il passera à l'acte.
Nicolas Grimaldi
L'efferverscence du vide
Couverture bleue
Nicolas Grimaldi a consacré la plupart de ses ouvrages à élucider nos expériences de la subjectivité. Parmi ceux-ci, signalons, entre autres, Traité des solitudes, Ontologie de temps et Essai sur la jalousie : l'enfer proustien. Il a par ailleurs publié chez Grasset, en 2011, Les métamorphoses de l'amour.
A 78 ans, Nicolas Grimaldi mène son ultime combat. Une bataille d'encre et de papier, pleine de verve, d'érudition et de sagesse. C'est autour du métier qu'il a exercé, professeur de philosophie, que l'auteur agence sa pensée et en profite pour tirer ses dernières balles. De ce point de départ, la réflexion s'étend à tous les domaines : philosophie, art et littérature, mais aussi à l'homme et au sort d'une satanée génération ; que sont donc devenus ces contemporains ? Et d'où provient cette difficulté grandissante à faire face à son temps ? De l'affligeant spectacle de ce nouveau monde, ne restent que des valeurs en perdition, un nihilisme en toute chose, et une création artistique qui n'en est plus, un « art sans œuvre ». La rupture ? mai 1968. Puisque plus rien de ce qui a existé ne vaut, c'est la course à l'absolue modernité, à la re-conception, à la reconstruction. Sur les ruines des anciens, la jeunesse dresse son drapeau et instaure ses règles propres. Face à cette effervescence du vide, l'auteur s'impose comme la voix réactionnaire. S'il a préféré sa vie durant s'éloigner, mener sa barque en ours solitaire, il rassemble dans ces pages ce qui lui reste de force, se lève et proteste.
Littérature étrangère
Umberto Eco
Le Nom de la Rose
Roman
traduit de l'italien par Jean-Noël Schifano Nouvelle version revue et corrigée
Né dans le Piémont en 1932, titulaire de la chaire de sémiotique de l'Université de Bologne, Umberto Eco a enseigné à Paris au Collège de France ainsi qu'à l'Ecole Normale Supérieure de la rue d'Ulm. Il est l'auteur de six romans.
Rappel de l'histoire : C'est d'abord un roman policier, une enquête dans un lieu voué au silence et à la prière, admiré de tout l'Occident pour la science de ses moines et la richesse de sa bibliothèque : une abbaye bénédictine située entre Provence et Ligurie. Un moine est assassiné, nous sommes en 1327. Arrive l'ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville qui se voit prier par l'Abbé de découvrir au plus vite qui a poussé un de ses moines à se fracasser au pied des murailles. Tout advient en l'espace de sept jours (une mort violente par jour) dans l'enceinte de l'abbaye.
A propos de cette nouvelle version revue et corrigée par l'auteur :
- Les modifications éparses et variées n'en changent ni la structure narrative ni le style – qui est celui d'un chroniqueur du Moyen Age. Certaines répétitions, adjectifs ou incises inutiles ont été éliminés. De rares bévues ont été corrigées par exemple traduire cicerbite (qui est une sorte de chicorée) par courge – quand au Moyen Age la courge n'était pas encore connue.
- Le latin était et demeure fondamental pour conférer à l'histoire sa saveur conventuelle. Cependant, certains passages, où les citations nécessitaient l'emploi d'un dictionnaire et nuisaient à la fluidité du récit, ont été modifiés.
- « Pour le reste, comme je l'ai dit, il s'agit de variations faites non tant au profit du lecteur qu'à mon profit à moi de relecteur, pour que je me sente stylistiquement plus à mon aise... »
U.E.
Chan Koonchung
Les années fastes
Roman
Traduit du chinois par Denis Bénéjam
Chan Koon-Chung est né à Shanghai en 1952, et a grandi à Hong-Kong. Intellectuel, cinéaste et homme de lettres, il a déjà écrit plusieurs essais, des recueils de nouvelles et un premier roman.
Les années fastes est son premier ouvrage traduit en français. Il a fait sensation dans le monde entier.
Pékin, 2013. La Chine vit son heure de gloire, alors que le monde n'a pas réussi à se relever de la crise économique. Fort et prospère, le pays semble flotter dans un équilibre harmonieux, les gens se sentent libres, capables de réaliser leurs rêves, si tant est qu'ils ne franchissent pas certains interdits.
L'écrivain Lao Chen, habitant satisfait dans la torpeur de Pékin, a grandi entre Taïwan et Hong-Kong. Un jour, il rencontre quelques amis de longue date, qui lui font entrevoir une tout autre réalité : Fang Caodi lui répète, inquiet, qu'un mois entier a disparu, Xiao Xi, anxieuse, change sans cesse d'adresse électronique, convaincue d'être surveillée par les autorités. Et la population entière semble frappée d'amnésie collective…
Lao Chen va bientôt être emporté malgré lui par la vague des quelques contestataires, et peu à peu, il va découvrir, derrière le masque de perfection, le vrai visage de la Chine: une face sombre, cachée derrière des illusions aveuglantes…
L'auteur sera à Paris du 20 au 26 novembre.
David Levithan
Dictionnaire d'un amour
Roman
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Pierre Demarty
David Levithan, né en 1972, est éditeur chez Scholastic, maison spécialisée dans la littérature jeunesse, où il a lui-même publié plusieurs titres. Dictionnaire d'un amour est son premier roman.
Ardent, Bouleversant, Clandestin, Déconcertant, Effréné ou Funeste, c'est toute la Gamme des sentiments amoureux qui sont passés en revue dans ce roman où la Hardiesse le conjugue à l'Ineffable.
Joute de Kamikazes ou Libidineux Méandre, voici une histoire d'amour comme vous n'en avez jamais lu : David Levithan, romancier pas tout à fait Néophyte, y traque les Ondes du cœur, dans toute leur Panoplie, pour en extraire la Quintessence.
L'histoire est simple : un couple se raconte, sans Réserve, dans une succession de Scènes et de Tableaux, de l'émoi de la rencontre jusqu'à l'Usure du désamour. Elle, irrésistible et Versatile Walkyrie ; lui, narrateur impitoyable qui dévoile tout, y compris ce qui d'ordinaire demeure classé X… Ces deux-là jouent souvent au Yo-yo avec leurs émotions, et composent ainsi un roman unique en son genre, à la fois intime et universel.
Au Zénith de la jubilation littéraire, ce dictionnaire de fragments amoureux redéfinit la façon dont nous parlons de nos sentiments, démontrant par A+B qu'il fallait bien un ABC pour revenir au B.A-BA d'un tel sujet !
CQFD.
Uwe Tellkamp
La tour
Roman
Traduit de l'allemand par Olivier Mannoni
Uwe Tellkamp est né à Dresde en 1968. Il entreprend des études de médecine, qu'il doit suspendre un temps, car il est emprisonné pour avoir manifesté contre le régime. En 2004, il est lauréat du prix Ingeborg-Bachmann et décide de se consacrer à l'écriture. La Tour a été récompensé par le Prix du livre allemand 2009.
Dresde - 1982. Les habitants d'un quartier résidentiel cossu se sont depuis longtemps accommodés de conditions de vie difficiles. Pourtant, les membres de cette bourgeoisie est-allemande, véritable anachronisme en RDA, s'isolent parfois pour tourner le dos à la grisaille quotidienne.
A commencer par Meno, correcteur pour une maison d'édition, qui se doit de composer avec la censure ; mais aussi son beau-frère, chirurgien renommé, qui mène une double vie et qui, avec sa femme, aveugle et aimante, a élevé son fils, éternel incompris qui incarne pourtant l'Homme Nouveau dont le nom rayonnera un jour, dans le respect des plus belles valeurs – vie familiale harmonieuse, amour de la culture, pratique de la musique, travail acharné et réussite « au mérite ».
Toutefois, cette peinture idyllique ne tarde pas à se lézarder et bientôt, c'est le pays tout entier qui tremble…
Grand format
Clive Cussler Et Grant Blackwood
L'Or de Sparte
Thriller
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par François Vidonne
Découvreur de nombreuses épaves, Clive Cussler est membre de la Société Géographique Royale de Londres, du Club des explorateurs de New York et préside l'Agence nationale maritime et sous-marine (NUMA). Il est l'auteur de plusieurs séries à succès : Dirk Pitt, Numa, Oregon, Isaac Bell. Il inaugure ici, avec Grant Blackwood, une nouvelle série, dont le couple Fargo, chasseurs de trésors, sont les héros.
En 1800, alors qu'il traverse les Alpes enneigées avec son armée, Napoléon Bonaparte fait une découverte aussi fabuleuse qu'inattendue. Dans l'incapacité de transporter ce trésor caché et afin de le léguer à ses héritiers, il invente, avec l'aide de son plus fidèle officier et plus vieil ami, une énigme qui, une fois résolue, mènera jusqu'au trésor. Mais à la mort de l'empereur, les indices soigneusement disséminés disparaissent, et l'or de Sparte semble perdu à jamais…
Remi et Sam Fargo explorent les marais du Maryland lorsqu'ils découvrent, échoué dans un bras mort de la rivière, un sous-marin allemand datant de la Seconde Guerre mondiale. Se trouve à l'intérieur une bouteille de vin de la cave perdue de Napoléon. Intrigués par cette découverte, et plus encore par les étranges symboles qui ornent l'étiquette, ils se lancent à la recherche des bouteilles manquantes.
Mais Haedon Bondarouk, millionnaire russe d'origine perse, est lui aussi prêt à tout pour mettre les mains sur ce fabuleux trésor, qui pourrait bien en cacher un autre…
Karin Slaughter
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par François Rosso
Genesis
Karin Slaughter est née en 1971 et a grandi dans une petite bourgade du sud de la Géorgie, où elle a commencé à écrire enfant. Elle vit aujourd'hui à Atlanta et se consacre à l'écriture, nourrie de l'ambiance pesante du Sud profond. Elle est l'auteur, chez Grasset, de nombreux ouvrages à succès, dont la série Grant County, et Tryptique suivi d'Irréparable où l'on savoure les enquêtes de l'inspecteur Will Trent.
Quelqu'un l'a torturée…torturée longuement…
L'ancien médecin légiste de Gran County, Sara Linton, s'est installée depuis trois ans à Atlanta pour essayer d'oublier les moments atroces qu'elle vient de vivre. Médecin dans un grand hôpital de la ville, elle reconstruit peu à peu sa vie. Quand arrive aux urgences une femme très grièvement blessée, elle se retrouve plongée dans le monde de la violence et de la terreur. La femme a été renversée par une voiture mais elle était nue et couvertes de marques de coups et de blessures. Elle avait visiblement été la victime d'un esprit dérangé.
L'inspecteur Will Trent du Georgia Bureau of Investigation est dépêché sur les lieux et ne va pas tarder à découvrir sous terre une chambre de torture et s'apercevoir que la patiente de Sara est la première victime d'un tueur sadique. Retirant l'affaire à la police locale, Will Trent et sa co-équipière Faith Mitchell vont traquer le tueur. Sara, Will et Faith – avec leurs propres blessures et leurs secrets – sont les seuls à pouvoir décortiquer le cerveau d'un tel détraqué et l'empêcher de perpétrer ses abominables meurtres.
Essais, documents, biographies
Alexandre Adler
Le jour où l'histoire a commencé
essai
Alexandre Adler est éditorialiste au Figaro et à France Culture. On lui doit de grands essais, tous publiés chez Grasset, parmi lesquels J'ai vu finir le monde ancien, Rendez-vous avec l'Islam, L'odyssée américaine, Le monde est un enfant qui joue.
« Un printemps en hiver : soudain, le Moyen Orient arabe et musulman, pris dans une longue torpeur, est entré la tête haute dans une histoire dont certains de ces intellectuels les plus réputés s'étaient volontiers faits les contempteurs. Ce coup d'épaule héroïque et jubilatoire atteignit son point culminant sur la place Tahrir, véritable centre du Caire, de l'Egypte, du monde arabe tout entier – à égale distance du Maroc atlantique et du Golfe persique. Puis est venu un printemps et un été brûlants qui servirent de rappel à une réalité plus cruelle et plus rebelle au grand vent de la liberté : insurrection libyenne, guerre civile imminente en Syrie, stagnation algérienne, immobilise saoudien. Mais qu'importe : comme le printemps des peuples de 1848, qui bâtit en quelques semaines la scène nouvelle de l'Europe, c'est un nouveau Moyen orient qui émerge : il s'appuie sur la maturité de la démocratie turque et sur l'évidente décomposition de l'islamisme politique iranien. Moins lyrique que ses premiers instants d'effusion populaire, mais plus prometteur que les triomphes éphémères de la rhétorique des années 1950 – 1970, ce printemps arabe qui a coïncidé avec la mort de Ben Laden symbolise déjà l'entrée d'une région entière dans le véritable XXIème siècle. »
A.A
Christophe Boltanski
Minerais de sang
Les esclaves du monde moderne
Christophe Boltanski est grand reporter au Nouvel Observateur. Il est l'auteur chez Grasset des Sept vies de Yasser Arafat avec Jihan El-Tari (1997) et de Chirac d'Arabie avec Eric Aeschimann (2006).
Qui connaît la cassitérite ? C'est le principal minerai de l'étain, sans lequel nos téléphones portables, nos radios, nos télévisions et autres appareils ménagers ne fonctionneraient pas. Aujourd'hui, avec la demande accrue en matières premières d'économies en surchauffe, comme la Chine grande dévoreuse d'énergie, ces pierres anonymes ont acquis une valeur considérable. Pour la première fois, dans un livre-enquête, une traque presque policière sur plusieurs continents, Christophe Boltanski nous donne à voir, à sentir, à comprendre le prix de sang de ces lourdes roches extraites du sous-sol. Des mines du Nord-Kivu au Congo, où des gamins africains s'enfoncent sous la terre au péril de leur vie - mais que vaut leur vie ? - aux tours de La Défense, où des entreprises mondialisées disent tout ignorer du chemin qu'empruntent les minerais, notre reporter-écrivain a suivi le fil hasardeux, dangereux, qui mène de l'ombre de ces esclaves modernes à la lumière de notre consommation quotidienne.
De la République Démocratique du Congo au London Metal Exchange, des marchands de Goma aux usines de Malaisie, de l'Afrique des guerres oubliées aux poubelles à ciel ouvert du Ghana, d'un bureau à l'Elysée à des rapports alarmants ignorés par la logique financière, c'est un roman-vrai, un polar de sang, d'argent, d'influences obscures, de politique.
Stéphane Denis
Rumeurs, sexe et affaires d'Etat
Document
Stéphane Denis est journaliste et romancier (Prix Interallié en 2001). Très informé, tour à tour du Figaro à Paris-Match et ailleurs, il est aussi l'auteur de pamphlets publiés sous pseudonyme (Torguemada, Saints-Pères, etc). Son nouvel opus promet un beau charivari…
Dans cet ouvrage, écrit d'une plume impitoyable, Stéphane Denis répond aux questions suivantes :
Pourquoi la bourgeoisie a-t-elle lâché Sarkozy ?
Comment est mort François de Grossouvre ?
Pourquoi Ségolène Royal a-t-elle été candidate ?
Pourquoi le général Rondot a-t-il gardé tant d'archives ? Pourquoi Jacques Chirac a-t-il un compte bancaire au Japon ? Comment l'affaire Clearstream fut-elle inventée ?
Pourquoi Nicolas Sarkozy se tait-il dans celle de Karachi ? Qui est le plus grand traitre de la Vème République ?
Sarkozy est-il plus traitre que Chirac et Balladur ?
Pourquoi faut-il applaudir Wikileaks ?
Pourquoi la rumeur a-t-elle remplacé le scandale ?
Pourquoi n'y-a-t-il pas vraiment de scandale Tapie ?
Pourquoi n'a-t-on pas sauvé la Grèce mais les banques ?
C'est dire que Stéphane Denis une fois de plus, ne va pas se faire que des amis…
Thérèse Delpech
L'homme sans passé
Essai
Freud et la tragédie historique
Thérèse Delpech, ancienne élève de l'Ecole normale supérieure, professeur agrégé de philosophie, est chercheur associé au Centre d'Etudes et de Recherches Internationales (CERI, FNSP) et membre du Conseil de l'Institut International des Etudes Stratégiques (IISS). Elle a publié, entre autres, L'ensauvagement (Grasset, 2005, Prix Femina de l'essai), Le grand perturbateur (Grasset, 2007), et L'appel de l'ombre (Grasset, 2010).
La psychanalyse est un des sujets de L'Ensauvagement et de L'Appel de l'Ombre. C'est ici le sujet de L'Homme Sans Passé.
La première originalité de cet essai est de se démarquer à la fois des détracteurs de Freud qui prétendent qu'il a imposé au reste du monde sa névrose personnelle, et de ses fidèles les plus zélés qui soutiennent que l'on peut trouver dans son œuvre une explication universelle de l'histoire de la psyché. La thèse défendue ici est que Freud a exprimé la tragédie d'une époque où le passé a subi de tels coups de boutoir politiques, familiaux et religieux qu'il a littéralement explosé. La perte de tous les repères de la tradition a pour première conséquence de livrer l'intériorité à d'innombrables labyrinthes intérieurs, que l'on peut percevoir dans les regards sombres des portraits romantiques, et dont l'analyse tente de trouver les fils d'Ariane. C'est un monde sans substrat, sans substance, où il faut faire face à d'effroyables démons intérieurs.
La deuxième originalité se trouve dans la structure du livre, où, entre chaque chapitre, on trouve une analyse d'une des œuvres littéraires que Freud a aimées. Parmi elles, le grand roman du parricide, avec Les Frères Karamazov, où les quatre fils, tuent le père chacun à sa façon ; mais aussi La Peau de Chagrin ; La Gradiva, mais aussi Le Roi des Aulnes et L'Homme au Sable.
La troisième originalité est la reconstruction du roman familial autour d'un père défaillant (Jakob Freud), d'une mère inquiétante (Amalia) et d'un fils collectionneur (Sigmund Freud), qui commence sa collection d'antiquités grecques, romaines et égyptiennes juste après la mort de son père, en même temps que son auto-analyse. Il s'agit de divinités, qui constituent sur son bureau une sorte de rempart que ne remplit plus le père la tradition, et qui montre à quel point Freud avait besoin de reconstruire le passé. Il invitait ses nouvelles acquisitions à la table familiale, comme Don Juan la statue du Commandeur.
Pierre Lescure Avec Sabrina Champenois
Meneur de jeu
Mémoires
Né le 2 juillet 1945 à Choisy-Le-Roi, petit-fils du cofondateur des Editions de Minuit, fils d'un journaliste de l'Humanité, Pierre Lescure a commencé sa carrière à la radio, RTL puis RMC, avant de créer la célèbre émission Les enfants du Rock sur Antenne 2. En 1983, André Rousselet lui demande de rejoindre Canal + dont il prendra la présidence en 1994, puis après la fusion Vivendi-Canal-Universal, sera à la tête du 2° groupe de communication mondial. Mais en 2002 il est brutalement remercié par Jean-Marie Messier ! Aujourd'hui, il dirige le théâtre Marigny et anime une émission sur Paris Première.
« A 65 ans, c'est le moment, s'est-il sans doute dit, l'homme qui a le sens du timing, qui ne redoute rien tant que l'assoupissement et l'ennui, qu'affole le temps qui passe en ce qu'il pourrait l'empêcher de faire. Rien ne fatigue plus Lescure que l'ennui, fut-ce à l'état d'idée, d'éventualité. Pierre Lescure voulait écrire l'histoire à sa façon, se la réapproprier, avec ses propres prismes, marottes, personnages. » (Sabrina Champenois).
Pierre Lescure fait partie de ces « tycoons » de la communication, toujours en mouvement, dont on pensait qu'il n'écrirait jamais ses Mémoires. Trop pressé d'aller de l'avant, pas assez nostalgique. Et pourtant, les voici ! Et quelle vie ! Avec la complicité de la journaliste de Libération Sabrina Champenois, l'enfant de Choisy, le fils de communiste, l'infatigable curieux de toute information, le zappeur de la planète fait un arrêt sur image : comment devient-on Lescure ? Comment un journaliste formé à la dure peut-il prendre les rênes de ce qui fut, à Canal +, l'invention la plus excitante du PAF ? Et si l'on est un saltimbanque, un ami des artistes, un meneur de jeu, peut-on s'improviser patron de milliers de salariés et homme de chiffres ? Quand l'édifice chancelle, qu'on part avec fracas, que ressent-on ? Colère, rancune, soulagement ? Les coulisses du pouvoir, la politique, les émissions cultes, les grandes figures, de Pierre Desgraupes à André Rousselet en passant par Rupert Murdoch, les vrais amis, les véritables traîtres, et même, chez un homme pudique et sensible, quelques beaux portraits de femmes dévoilées, Catherine Deneuve en tête, voilà ce que l'on aura au programme. Le mystère Lescure ? Il subsiste, bien sûr, jusque dans sa manie des collections et sa générosité un peu folle, mais au moins nous en saurons plus, beaucoup plus. Il était temps !
Isaure Avec Bertrand Ferrier
Mémoires d'une femme de ménage
Document
Isaure a 30 ans. Elle est bac + 5 et femme de ménage professionnelle.
« Ce livre raconte comment je suis devenue votre ombre. Celle qui effleure la surface des objets et rend présentable l'inavouable. Celle qui ouvre les tiroirs, connaît l'envers de vos vies mais file, discrète, à la fin de la journée. Celle qui ne parle pas, prend son chèque et vous remercie »
Au service d'un couple hype, d'une grosse vache, de familles fashion clonées les unes sur les autres, d'handicapés insupportables et d'employeurs parfois rigolos, elle découvre, comme bonne, la bonne et la moins bonne société. Elle raconte, avec une lucidité amusée, des bouts de vie dans l'envers du décor – celui que nous essayons de dissimuler aux autres et que nous aimerions connaître d'eux. Loin de l'exotisme bobo ou de l'érotisme gogo, ce récit, cruel et drôle, est garanti 100% authentique. Sa justesse de ton en fait, en plus d'un témoignage sociologique exceptionnel, un texte étonnant.
Catherine Nay
L'impétueux
Document
Catherine Nay est éditorialiste à Europe 1. Elle est surtout l'auteur d'ouvrages politiques fameux : Le Noir et le Rouge (1984), Les 7 Mitterrand (1988) et Le dauphin et le régent (1994). On lui doit, en 2007, un immense succès de librairie : Un pouvoir nommé désir (Grasset).
Si l'on voulait résumer en cinq mouvements cette symphonie sarkozienne, on commencerait avec la gestion impétueuse de sa vie familiale. Le vainqueur du 6 mai 2007 est un vaincu de l'amour. En six mois, obsédé par sa vie privée, il commet toutes les erreurs qui vont durablement peser sur sa Présidence.
Puis vient la métamorphose. C'est par le théâtre extérieur, notamment la Géorgie et la première crise bancaire, qu'il se relance.
Le retour sur la scène française en 2009 est calamiteux : année de tumultes et de fracas (Hadopi, taxe carbone, retraites) où les lois sont proclamées sans être suivies d'effet et où les bourdes s'enchaînent.
A la suite de cela, il se replie, retourne aux « fondamentaux », caresse la base électorale naturelle dans le sens du poil et finit par reconduire le gouvernement Fillon.
L'année 2011 enfin est celle de la « re-Présidentialisation », dans une séquence où la terre tremble de toutes parts : révolutions arabes, la grande aventure libyenne, l'explosion de la dette et le système financier mondial au bord du gouffre…
Catherine Nay raconte ici « de l'intérieur », avec force témoignages inédits et anecdotes saisissantes, de sa plume romanesque inimitable, l'envers du quinquennat Sarkozy. Après Un pouvoir nommé désir, ce second volume pourrait s'intituler « Un désir nommé pouvoir »…
Dominique Paille
Panique à l'Elysée
Document
Dominique Paillé a une longue carrière politique (élu local, parlementaire pendant 20 ans). Il est un fin analyste de la vie politique française. Il a été conseiller de Nicolas Sarkozy, et porte-parole de l'UMP de 2008 à 2011, il a présidé pendant quelques mois l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
On connaît l'humour décapant, l'œil de sniper de la politique, la justesse de tir de Dominique Paillé, ex-porte-parole de l'UMP, qui pourrait dire aussi : « Sarko m'a tuer. »
Dans cet exercice de politique-fiction, ce roman où tout est vrai, observé, souvent vécu de l'intérieur, l'intrigue commence le 22 avril 2012, à 17 h 30. Claude Guéant, consterné, a la tâche ingrate d'apprendre à Nicolas Sarkozy qu'il est éliminé du premier tour. Afin de ménager le suspense, nous ne dirons pas ici qui reste au second tour. Car, le propos de l'auteur est plutôt de remonter le temps et de montrer au public les errements successifs qui vont conduire à l'écroulement de la baliverne Sarko : guerre des clans, crise économique, fourbe Copé, retour des affaires crapuleuses, poussée d'une Marine guerrière, résurgence de Bayrou, au centre. A gauche, l'auteur n'épargne pas les coups, on voit se dégonfler la baudruche Hollande et Martine s'éloigner. Alors, qui sera le vainqueur ?
Sous La Direction De Patrick Weil
80 Propositions qui ne coûtent pas 80 milliards
Mohammed AGOUMI, Olivier BEAUD, Pascal BRETON, Gwenaële CALVES, Olivier CHRISTIN, Guillaume DUVAL, Nicolas DUVOUX, Manuel FLAM, Xavier de FOUCHECOUR, André GRIMALDI, Jérôme GUEDJ, IGAS, Stéphanie HENNETTE-VAUCHEZ, Stéphane ISRAEL, Emmanuel MACRON, Thierry MAREMBERT, Pierre MATHIOT, Jamel OUBECHOU, Thomas PHILIPPON, Thomas PIKETTY Simon PORCHER, Jean QUATREMER, Benoit QUIGNON, Frédéric REGENT, Eros SANA, Jean-Baptiste SOUFRON, Edouard TETREAU, Benoit THIEULIN, François TOUCHARD, Karim WAHBI, Patrick WEIL, Hayet ZEGGAR
Si la gauche arrive au pouvoir, elle trouvera les caisses de la France vides. Serait-ce une raison pour ne rien faire ? La gauche manque d'idées parce que ceux qui les lui pourvoyaient (les hauts fonctionnaires) n'en ont plus et que les arènes où elles pourraient émerger sont rares.
Depuis trois ans, au sein du «Club du 6 mai », tous les mois se sont réunis, à l'initiative de Patrick Weil, Pascal Breton et Stéphane Israël, une soixantaine de chercheurs, haut fonctionnaires, acteurs de terrain, avocats, chefs d'entreprise et quelques responsables politiques de la nouvelle génération. Au départ, des rencontres autour d'un ou de plusieurs spécialistes pour discuter d'un problème – université, immigration, logement, hôpital et sécurité sociale, identité nationale. Avec pour unique ambition de ressortir mieux informés.
L'information se démultiplie, le savoir est de plus en plus spécialisé et parcellisé. Seules les rencontres et la confrontation approfondie entre spécialistes de diverses formations et non-spécialistes permettent de penser ces problèmes complexes et d'imaginer des solutions. De ce travail à la fois individuel et collectif est née l'idée de produire un livre qui avance les propositions sorties de ces discussions. 80 propositions qui ne coutent pas 80 milliards. Fondées sur des principes mais aussi sur l'expérience professionnelle, la connaissance du terrain. Avec la certitude que plus de justice est possible en France sans dépenser plus, en changeant la répartition des impôts et des charges certes, mais aussi en changeant des règles qui accroissent ou entérinent les inégalités, brident la créativité et les énergies, dans tous les domaines : environnement, école et université, etc.
Ces propositions seront, une fois le livre paru, discutées sur un site consacré à la poursuite de la discussion et à la permanente évaluation de l'action publique.
Christian Saint-etienne
L'incohérence française
Petite collection blanche
Economiste de grand renom, européen convaincu, chroniqueur dans divers magazines français et anglo-saxons, Christian Saint-Etienne n'est pas un « eurosceptique ». Ce serait plutôt un « eurolucide ».
Ce livre, extraordinairement pédagogique, part d'un double constat :
1) La France est à la veille d'une crise des finances publiques d'ampleur historique.
2) L'actuel déficit extérieur est la conséquence de douze années de désindustrialisation accélérée. A partir de là, l'auteur risque une prophétie (qui, dans son esprit, est une certitude) : « de graves ruptures vont intervenir dans les douze prochains mois. »
Comment en est-on arrivé là ? Est-il possible de conjurer la catastrophe annoncée ? Sur ces questions, mille fois débattues, l'auteur jette une lumière nouvelle : Tout, selon lui, se serait joué après le traité de Maastricht, quand l'Allemagne adoptait une politique cohérente (baisse de l'impôt sur les sociétés afin d'éviter la désindustrialisation, réformes Schroeder, etc…) tandis que la France, droite et gauche mêlées, renonçait à avoir le courage politique des réformes nécessaires. Une image : l'Allemagne et la France sont comme deux bœufs tenus par le même joug (l'Euro). Si l'un avance tandis que l'autre veut encore brouter l'herbe du chemin, celui-ci finira inévitablement par se briser l'échine…
Edwidge Danticat
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Simone Arous
Créer dangereusement
L'artiste immigrant à l'œuvre
Née en Haïti en 1969, Edwidge Danticat s'est installée aux Etats-Unis avec sa famille à l'âge de douze ans. Elle est l'auteur de plusieurs romans et essais.
S'inspirant de l'essai homonyme de Camus, Edwidge Danticat brosse le portrait d'artistes immigrés et d'intellectuels, partagés entre ici et là-bas, entre la démocratie et la dictature, entre la liberté et la répression, entre la dette qu'ils ont envers leur pays d'accueil et le sentiment de culpabilité qu'ils nourrissent envers le pays de leurs racines, victime de crimes qui les ont poussés à fuir, mais qui continue de hanter leur art. Portrait, mais aussi témoignage d'une situation politique qui perdure, nourri par des anecdotes, ayant souvent trait à l'histoire familiale de l'auteur.
Elle évoque ainsi sa tante Zi, qui habite dans les montagnes de Beauséjour, accessibles seulement à pieds, après deux jours de marche, et qui s'est fait construire un mausolée sur ses terres, car ses voisins les convoitent ; ou encore son cousin décédé à Miami, loin de sa mère, qui souhaite l'enterrer près de ses ancêtres. Mais aussi l'exécution sur la place publique des opposants, Marcel Numa et Louis Drouin, sur les ordres de Papa Doc Duvalier, qui marquera à jamais sa mémoire d'artiste exilée ; l'assassinat de Jean Dominique, le fondateur de Radio Haïti Inter. Ou encore les enlèvements, les tortures et, dernière tragédie du flot de drames qui ne cessent de s'abattre sur l'île, le séisme, ses victimes, ses survivants et la vie qui continue malgré tout dans un lieu que l'on pourrait croire maudit par le destin.
Jorge Semprun Avec Jean Lacouture
Si la vie continue…
Conversations
En coédition avec France Culture
Jorge Semprun, né en 1923, fut un intellectuel, écrivain et homme politique d'origine espagnol. Il est décédé en 2011 à Paris.
Jean Lacouture, journaliste, écrivain et historien français, est l'auteur de nombreux essais (Le Monde est mon métier, Grasset, 2007) et biographies (De Gaulle, Le Seuil, 1984).
Au cours de ces magnifiques entretiens menés en 1996 sur France Culture par Jean Lacouture, Jorge Semprun revient sur sa vie, ses origines, ses convictions, son œuvre.
Né en Espagne en 1923, Semprun est directement plongé dans le siècle. Il ne garde de son enfance que des souvenirs politiques, dira-t-il. Ses parents, républicains convaincus, doivent s'exiler en France en 1939. A 20 ans, il intègre le Parti communiste espagnol et s'engage aux côtés des républicains. Mais il est arrêté par la Gestapo et déporté à Buchenwald en 1943.
Chez Semprun, la vie nourrit la littérature : après des années de lutte contre le franquisme, il entame à partir des années 1960 une œuvre à la mesure de son parcours hors du commun, qui évoque son expérience concentrationnaire (Quel beau dimanche !), ses années de clandestinité (Federico Sanchez vous salue bien), son existence partagée entre la France et l'Espagne, le long et douloureux travail sur la mémoire et sur la langue – une grande partie de son œuvre est écrite en français. Semprun fut aussi un scénariste reconnu, on lui doit notamment L'aveu de Costa-Gavras. Il fut ministre de la Culture espagnol de 1988 à 1991.
C'est le parcours d'un intellectuel engagé et d'un homme d'action réfléchi qui nous est donné à lire ici, quelques mois seulement après sa disparition.
Jacques-alain Miller
Vie de Lacan
Couverture bleue
Jacques-Alain Miller, né en 1944, est un philosophe et psychanalyste français.
Ce livre n'est pas une biographie, ni une psychobiographie. C'est d'abord un portrait de Lacan au quotidien. Intraitable et gamin à la fois, lucide et haletant, qui brûle les feux rouges et hurle dans les restaurants, mais sait aussi vous traiter comme « un objet très précieux », un Lacan très loin de l'image qu'on a répandue de lui.
En même temps, l'auteur expose, comme en se jouant, des notions difficiles mais essentielles apportées par le psychanalyste : le « sujet supposé savoir », par exemple, ou l'objet dit « petit a ».
Miller fut l'un des proches de Lacan, depuis leur rencontre à l'Ecole normale supérieure en 1964, jusqu'à sa mort en 1981. Il a consacré ses cours de l'Université de Paris VIII à élucider et prolonger la pensée du maître, sans jamais évoquer sa personne.
Trente ans après, il brise le silence, dans un texte où l'anecdote ne cède en rien à l'exactitude et à la cohérence du propos, dans la grande tradition des Mémorables de Xénophon ou de la Vie de Rancé de Chateaubriand.
Serge Audier
Néolibéralisme(s)
Essai – collection Mondes Vécus, dirigée par Patrick Savidan
Une archéologie intellectuelle
Serge Audier est maître de conférences en philosophie politique à l'Université Paris-Sorbonne. Il a notamment publié La pensée anti-68 : Essai sur les origines d'une restauration intellectuelle (2008).
Pour beaucoup, le néo-libéralisme constitue le phénomène majeur de notre temps. C'est lui qui donnerait la clé de la crise économique et financière, des nouvelles formes de management, ou encore de la « privatisation du monde ». Il est pourtant difficile de voir clair dans cette notion. Le néo-libéralisme, est-ce le « laisser-faire » ? Ou bien l'avènement d'un Etat fort au service de la concurrence ? S'agit-il d'un modèle hyper-individualiste et libertaire, ou bien d'un nouveau conservatisme normalisateur ?
Pour s'y retrouver, ce livre propose une généalogie internationale des idées néolibérales depuis les années 1930, à travers ces moments que furent le Colloque Walter Lippmann (1938) et la Société du Mont Pèlerin (1947). Il montre comment la crise du libéralisme, après le Krach de Wall Street, a entraîné des révisions et des réaffirmations doctrinales visant à sauver les idées libérales. Mais, loin de toute vision linéaire, il soutient aussi que la redéfinition du libéralisme a fait l'objet de conflits féroces entre ceux que l'on appellera les « néolibéraux ».
Sur cette base sont établies des distinctions historiques et conceptuelles entre des mouvements que l'on confond trop souvent : le conservatisme, le néo-conservatisme, le libertarisme et le néo-libéralisme. Revenant sur le travail des think tanks et des principaux théoriciens de ces mouvances, le livre montre aussi la présence de traditions nationales hétérogènes. Alors que la « droitisation » de l'Europe semble aujourd'hui en marche, une telle mise en perspective permet de mieux déchiffrer la crise de légitimité du capitalisme et les réponses politiques qui lui sont données.
Revues
La Règle du Jeu n° 48 Les écrivains et la politique
Bernard-Henri Levy, Yann Moix, Laurent Dispot, Vaclav Havel, Jorge Semprun (Inédit), Lula, Fernando Arrabal, Jacques-Alain Miller, Christine Angot, Yasmina Benguigui, Lionel Jospin, François Hollande, Jack Lang, Yasmina Reza, Marc Weitzmann.
Il y a ses rubriques habituelles et son lot traditionnel de chroniques, de textes littéraires et d'interventions ponctuelles. Par exemple les textes de Bernard-Henri Levy et de Yann Moix.
Nous prolongerons, également, notre collaboration avec l'IMEC pour offrir aux lecteurs un cahier composé de textes et de documents inédits de Frantz Fanon, introduit par Olivier Corpet.
A quelques mois de la présidentielle, nous proposerons également un dossier « Les écrivains et la politique. »
Si l'histoire du rapport des hommes de lettres aux hommes de pouvoir peut sans cesse se réécrire à l'aune de notre présent, interrogeons ce qui fait le lien encore aujourd'hui entre les mots et le pouvoir, entre la littérature et la politique. Trois axes seront privilégiés en compagnie des plus grandes signatures du monde littéraire et politique : la conversation, le portrait et l'engagement.
Mondes n° 9
Les cahiers du Quai d'Orsay
Dossier thématique. La diplomatie d'influence : attractivité et rayonnement
Aujourd'hui l'État n'est plus le seul détenteur de la parole publique et le rayonnement d'une puissance ne peut plus se comptabiliser uniquement en données brutes (le « hard power », c'est-à-dire les forces armées, le PIB…), mais aussi en termes d'attractivité, de capacité à projeter des valeurs, ou à fixer des normes à l'échelle mondiale. L'influence est, par conséquent, devenue un élément essentiel de la diplomatie contemporaine. Ce dossier revient sur les enjeux de cette diplomatie d'influence, mêlant l'approche conceptuelle à l'analyse des stratégies de différents États (États-Unis, Allemagne, Royaume-Uni, France…), en particulier dans les domaines culturels et économiques.
Analyses & Témoignages
Une série de réflexions et d'analyses sur les défis de la diplomatie, la sécurité internationale et les équilibres géopolitiques. Notamment des articles de l'Ambassadeur et écrivain Olivier Weber, et du Directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Yukiya Amano.
Les Cahiers rouges
Charles Bukowski
Au sud de nulle part
Contes souterrains
Les Cahiers rouges
Charles Bukowski, « Hank » pour ses amis, est né en 1920. Il est mort à San Diego le 9 mars 1994. Tour à tour postier, magasinier, employé de bureau, Bukowski, venu tard à la littérature, est aujourd'hui un écrivain culte dans son pays. L'ensemble de son œuvre est réunie en trois volumes de la collection Bibliothèque Grasset (Contes et nouvelles, 2003 ; Romans, 2005 ; Mémoires et poèmes, 2007).
Un type amoureux d'un mannequin en celluloïd, un autre qui gagne sa vie en patins à roulettes et finit en Christ, un écrivain alcoolique qui, la gloire venue, oublie ses amis... Voilà, en quelques bribes, l'univers d'Au sud de nulle part (1973), sous-titré Contes souterrains, où l'on retrouve Chinaski, le double de l'auteur, en train de taper sur Hemingway par exemple.
Bukowski replonge à corps perdu dans sa folie ordinaire, mêlant ses délires à ceux des autres, restituant ce qu'il a vu de saignant, qu'il recrache aujourd'hui.
Charles Bukowski
Contes de la folie ordinaire
Les Cahiers rouges
Charles Bukowski, « Hank » pour ses amis, est né en 1920. Il est mort à San Diego le 9 mars 1994. Tour à tour postier, magasinier, employé de bureau, Bukowski venu tard à la littérature, est aujourd'hui un écrivain culte dans son pays. L'ensemble de son œuvre est réunie en trois volumes de la collection Bibliothèque Grasset (Contes et nouvelles, 2003 ; Romans, 2005 ; Mémoires et poèmes, 2007).
Aux États-Unis, rien ne se discute, rien ne s'écrit, sans que d'une façon ou d'une autre Bukowski n'y soit mêlé. Or que raconte cet Américain de cinquante-sept ans, né en Allemagne et ancien facteur de son état ?
Tout simplement que l'époque n'a pas bonne mine, que nos mœurs ne s'améliorent pas et que la vie ne vaut d'être vécue qu'entre un comptoir et un lit. Toutes choses que chacun de nous sait mais que Bukowski redit sur un ton inimitable, entre pleurs et rires. À peine lues, ses histoires ne vous quittent plus parce qu'immédiatement vous les reconnaissez pour ce qu'elles sont : en prise directe avec nos déboires, nos misères, notre corps, notre esprit.
Charles Bukowski
Souvenirs d'un pas grand-chose
Les Cahiers rouges
Charles Bukowski, « Hank » pour ses amis, est né en 1920. Il est mort à San Diego le 9 mars 1994. Tour à tour postier, magasinier, employé de bureau, Bukowski venu tard à la littérature, est aujourd'hui un écrivain culte dans son pays. L'ensemble de son œuvre est réunie en trois volumes de la collection Bibliothèque Grasset (Contes et nouvelles, 2003 ; Romans, 2005 ; Mémoires et poèmes, 2007).
Dans Souvenirs d'un pas grand-chose, Bukowski passe sur le divan : il se raconte, sans délirer, tel qu'il fut, en commençant par le début.
Naissance en Allemagne en 1920. Un premier souvenir ? C'est l'arbre de Noël, des bougies, des oiseaux, une étoile. Puis l'arrivée en Amérique, la Ford T du père, la rue cruelle, les filles en robes pimpantes, l'école, les petits boulots méprisables, la guerre qui vient... L'apprentissage de la violence, la cruauté, l'injustice, trop de saloperies à avaler d'un seul coup.
Alvaro Mutis
La dernière escale du Tramp Steamer
Les Cahiers rouges
Alvaro Mutis, né à Bogotá en 1923, s'est exilé au Mexique en 1956 lorsque la dictature prend le contrôle de la Colombie. Il a été réalisateur et présentateur d'émissions radio. Il a reçu, entre autres, le Prix Médicis étranger, le Prix Nono, le Prix Grinzane-Gavour et le Prix Prince des Asturies, pour l'originalité et l'engagement intellectuel de son œuvre poétique et narrative. Ses ouvrages ont été traduits dans plus de dix langues.
Une superbe histoire d'amour, liée à l'Alcyon, ce vieux tramp steamer qui navigue de la baie d'Helsinki au delta de l'Orénoque. Le narrateur l'a recueillie de la bouche même du capitaine au cours d'une cinquième et ultime rencontre qui marquera le naufrage du rafiot.
Maqroll el Gaviero est là, bien sûr, ainsi que son compère Abdul Bashur, mais ils se sont fait discrets pour laisser le devant de la scène à Jon Iturri et son histoire d'amour.
Avec cette aventure passionnelle, qui tournera en tragédie, Mutis retrouve ses thèmes favoris: l'errance, l'amour, la mort.
Alvaro Mutis
Un bel morir
Les Cahiers rouges
Alvaro Mutis, né à Bogotá en 1923, s'est exilé au Mexique en 1956 lorsque la dictature prend le contrôle de la Colombie. Il a été réalisateur et présentateur d'émissions radio. Il a reçu, entre autres, le Prix Médicis étranger, le Prix Nono, le Prix Grinzane-Gavour et le Prix Prince des Asturies, pour l'originalité et l'engagement intellectuel de son œuvre poétique et narrative. Ses ouvrages ont été traduits dans plus de dix langues.
Maqroll l'aventurier, le marin, le contrebandier, Maqroll l'amant ou le philosophe, somme toute Maqroll el Gaviero, Maqroll le Gabier, a posé son sac dans un port pourri du Rio de la Plata. Du fond de son étrange chambre, suspendue au-dessus du grand fleuve, Maqroll guette une ultime aventure.
Elle se présentera, bien sûr, dans un crescendo narratif magistral, qui, des caravanes à l'assaut des montagnes aux combats contre l'armée et les bandits, amènera le protagoniste au bord de la tragédie.
Après les aventures de La Neige de l'Amiral et son Ilona vient avec la pluie, Maqroll serait-il lancé dans sa dernière expédition ? Si, comme le dit Pétrarque dans ce vers où Alvaro Mutis a trouvé son titre, « Un bel morir tutta una vita onora... », il est aussi des héros que le romancier n'a pas le droit de tuer, et Maqroll el Gaviero a plus d'un tour dans son sac.
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