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Les Cahiers Rouges | Grasset-Jeunesse
Autour de Zweig | Autour de Benoîte Groult
Littérature Française
Mai
Raphaëlle Bacqué
Le dernier mort de Mitterrand
Roman
En coédition avec Albin Michel
Raphaëlle Bacqué, dont l’œuvre a déjà été récompensée par plusieurs Prix (Prix Louis Hachette, Prix du Livre Politique, etc..), est journaliste au Monde depuis 1999. Elle est également l’auteur, entre autres, de Seul comme Chirac (Grasset, 1997), Chirac ou le démon du pouvoir (Albin Michel, 2002), La Femme fatale (Albin Michel, 2007 – 330.000 exemplaires vendus, toutes éditions confondues), L’Enfer de Matignon (Albin Michel, 2008).
Le 7 avril 1994, François de Grossouvre est retrouvé mort dans son bureau, au cœur du Palais de l’Elysée, à deux pas de François Mitterrand dont il a été l’un des plus fidèles compagnons de route. Les murs capitonnés ont étouffé le bruit du 357 Magnum Manurhin que cet amateur d’armes, chasseur et responsable des chasses présidentielles, a retourné contre lui-même. Le bruit mais pas l’onde de choc qui va secouer le premier cercle des mitterrandiens. Un suicide ? Oui, mais on ne suicide pas au hasard quand on est conseiller et intime du Président.
François de Grossouvre, aristocrate maurassien passé par la résistance, industriel tissant ses réseaux de Marrakech à l’Afrique noire, franc-maçon et membre des services spéciaux, n’était plus le séducteur élégant de tweed vêtu, le financier des campagnes électorales, mais un homme amer, un ami déçu, un Belphégor vieillissant errant dans les couloirs de l’Elysée ; un confident du pouvoir qui allait trahir les siens. Pourquoi et comment ce ministre de la vie privée de François Mitterrand, parrain de Mazarine, alors le secret le plus défendu de la République, a-t-il décidé d’en finir ? Pourquoi et comment va-t-il dénoncer aux journalistes et aux juges les malversations et les dérives d’une Mitterrandie crépusculaire? Voici le sujet de ce livre : le roman du pouvoir qui broie les hommes, le roman d’une amitié amoureuse, celle qui lia deux hommes au-dessus de la foule des courtisans.
Dominique Baudis
Les amants de Gibraltar
Roman
Après avoir été journaliste au Liban, maire de Toulouse de 1983 à 2001 et Président du C.S.A de 2001 à 2007, Dominique Baudis est aujourd’hui Président de l’Institut du monde arabe et député européen. Il est l’auteur, chez Grasset, de plusieurs romans, parmi lesquels Raymond le cathare, Il faut tuer Châteaubriand, La Conjuration, et Raymond d’Orient.
Constantinople, VIIIe siècle de notre ère. L’Empire Romain d’Orient, fragilisé, se bat contre les armées arabes. L’empereur Justinien II, écarté du pouvoir des années auparavant, remonte sur le trône. De retour dans sa ville, le nez tranché, assoiffé de vengeance, il fait exécuter les usurpateurs, se marie en grande pompe, et entreprend de résister aux invasions arabes. Il envoie son conseiller Angelos, l’érudit cartographe, en mission d’espionnage de Damas à Ceuta, de Tanger à Kairouan.
Déguisé tour à tour en moine ou en Vénitien, Angelos est reçu par les plus puissants gouverneurs de la région : pour éviter la prise de Constantinople, il tente de détourner sur la péninsule ibérique l’expédition projetée par le calife de Damas. C’est ainsi qu’il fait successivement alliance avec Julien, le gouverneur byzantin de Ceuta, avec Moussa, l’émir omeyyade de Kairouan, ou avec son vassal d’origine berbère Tarak, qui donnera son nom au détroit de Gibraltar : Jebel Tarak.
C’est sur les traces d’Angelos, ce brillant stratège, que Dominique Baudis nous emmène dans ce roman d’aventures, qui est aussi un périple dans la Méditerranée de nos origines. On croise ainsi, au gré des voyages à dos de chameau et des longues traversées en mer, des hommes fiers, animés par la foi et la gloire, prêts à tout pour marquer l’Histoire, mais aussi des femmes, telle Florinda, l’ensorceleuse, la Berbère à la beauté sauvage, fille de la célèbre Kahina, la reine guerrière.
Les masques de l’Orient, les fastes de l’Empire byzantin, les pigeons-voyageurs et les remèdes de sorcières, tous les ingrédients sont ici réunis pour faire de ce livre une épopée historique hautement romanesque.
Anne Carmignac
La race des sorcières
Roman
Anne Carmignac, née à Nantes, a enseigné la philosophie à New York et à Paris. Elle a déjà publié aux éditions Gallimard un roman, Les jardins vénéneux.
Depuis son veuvage, Anne Hasquelle habite seule à Paris un appartement où vécut, au XVIIe siècle, la Marquise de Brinvilliers, célèbre empoisonneuse. Anne est psychanalyste. Au 12 de la rue Charles V, les ténèbres et la folie de la Marquise ont cédé à une volonté de clarté et de raison, à l’image d’Anne Hasquelle.
Les ténèbres vont pourtant ressurgir du jour où, Gabriel, son très séduisant beau-fils, lui adresse une nouvelle patiente, Astrid Schlitz, chirurgien. Les lignes vont se brouiller dès le premier entretien avec celle-ci, qui se dit la maîtresse de Gabriel et déclare être venue pour éviter qu’une femme ne meure. Quelle femme ? A cette question, Astrid, à qui la mort semble familière, ne répond pas. S’agit-il, en venant consulter, d’éviter sa propre mort, celle d’une nouvelle maîtresse de Gabriel, ou bien celle d’Anne Hasquelle, coupable d’une trop grande proximité avec Gabriel ?
La frontière qui sépare d’un commun accord l’analyste de sa patiente se fissure de séance en séance, Anne se trouble, prend peur, renonce à la neutralité que lui impose sa fonction, alors que le passé d’Astrid s’efface devant un présent de plus en plus menaçant. L’atmosphère dans l’hôtel de la Brinvilliers s’est de nouveau chargée d’un air irrespirable. Anne Hasquelle, depuis si longtemps isolée du monde réel dans son cabinet d’analyste, va devoir affronter la vraie vie.
Stéphane Denis
L’ennemi du bien
Roman
Né en 1950 à Saint-Moritz, Stéphane Denis a écrit une vingtaine de romans dont Les Evénements de 67 (prix Roger Nimier) et Sisters (prix Interallié). Il est également l’auteur, sous le nom de Manicamp, de pastiches. La chute de la Maison Giscard, Le Roman de l’Argent, Mitterrand s’en va ont été des best-sellers.
Considéré comme un parfait salaud pour avoir organisé son propre meurtre, et condamné à mort, le célèbre scénariste Paul Jarvis a réussi à s’échapper de Palma de Majorque. Direction : L’Amérique du Sud où le docteur Arturo Puig lui propose, moyennant finances, de modifier son identité profonde, en altérant son ARN, le siège de la mémoire. Paul Jarvis, qui n’a guère le choix, accepte d’être le cobaye de cette expérience.
« Le jour vint où l’on me jugea suffisamment moi-même pour devenir un autre » : mais qui est-il vraiment devenu ? Pourquoi son sommeil est-il agité de cris, de souvenirs d’incendies et d’émeutes ? A qui appartient l’argent déposé à son nom dans le coffre d’une banque bâloise ? Pourquoi parle-t-il allemand et se souvient-il si bien des ruelles de Riga ? Quel destin pour un homme de bien devenu un salaud malgré lui ? Et quelle rédemption ?
D’Amérique du Sud à Riga en passant par la Suisse endormie, des forêts où l’on pend les juifs aux arbres aux montagnes helvétiques, Stéphane Denis déploie son imagination et sa fantaisie, empruntant à la science contemporaine le prétexte à un roman vif qu’on lit d’une traite.
Tobie Nathan
Qui a tué Arlozoroff ?
Roman
Tobie Nathan est un ethno-psychiatre de grande réputation. Ses ouvrages (« La Folie des autres », « Le Divan et le grigri », « Le Sperme du diable »…) ont fait de lui un habitué des colloques et des Universités Françaises et étrangères où il a souvent enseigné. Il est, par ailleurs, l’auteur de plusieurs romans policiers (parus aux Editions Rivages) et mène, depuis six ans, une carrière diplomatique de Conseiller Culturel (d’abord à Jérusalem et, aujourd’hui, à Conakry).
Cette expression, à priori énigmatique (« Qui a tué Arlozoroff ?») est un des plus fameux « Mantra » en Israël, et sert à dire, à propos de n’importe quelle question, qu’il n’y a pas de réponse. Qui était donc cet Arlozoroff ? C’était un personnage politique de premier plan dans la Palestine d’avant la création de l’Etat d’Israël. De gauche, ennemi de la droite sioniste d’un Jabotinski ou d’un Begin, il avait joué un rôle majeur, avant-guerre, lorsqu’il s’était agi de « récupérer » le plus grand nombre de juifs allemands déjà menacés par la montée du nazisme. Or, le 16 juin 1933, soit six mois après l’accession d’Hitler à la chancellerie du Reich, Haïm Arlozoroff est assassiné sur une plage de Tel Aviv. D’où la question : Qui l’a tué ?
Le roman de Tobie Nathan s’ouvre sur cet épisode et, de fil en aiguille, nous mène loin, très loin, et plus particulièrement – ce qui devient fascinant – jusqu’à une certaine Magda Quandt, qui va devenir Magda Goebbels (celle-là même qui tuera ses cinq enfants avant de se suicider dans le Bunker d’Hitler) qui fut… la maîtresse passionnée de Haïm Arlozoroff. Ce sont là des faits stupéfiants, mais historiques.
Tobie Nathan construit un roman passionnant, allant du passé au présent avec des fuites vers le futur. Arlozoroff a-t-il été assassiné par ses rivaux israéliens ? Par des Palestiniens déjà hostiles aux implantations de peuplement sioniste ? Où, plus probablement, par les émissaires de Goebbels qui tenait, plus que tout, à faire disparaître les traces de la liaison de son épouse, devenue nazie, avec un juif ?
Collection Grand Format
Mai
Clive Cussler et Paul Kemprecos
Le navigateur
Thriller
Clive Cussler est l’auteur de nombreux romans dont, chez Grasset, L’Or des Incas, Sahara, Dragon, Atlantide, Odyssée et Pierre sacrée. Découvreur de nombreuses épaves, il est membre de la Société Géographique Royale de Londres, du Club des explorateurs de New York et préside l’Agence nationale maritime et sous-marine (NUMA).
Paul Kemprecos est journaliste et auteur de plusieurs thrillers, pour lesquels il a reçu le prix Shamus. Publié en France par Grasset, il est l'auteur du Meurtre du Mayflower (2002), et de Blues à Cape Cod (2003), romans qui mettent en scène le détective Aristote Socaridès. Il co-écrit également la série des aventures de Kurt Austin avec Clive Cussler.
Il y a quelques années, une statue phénicienne – le Marin comme on la surnomme – a disparu lors du pillage du musée de Bagdad, et certains individus aux sombres desseins sont prêts à tout pour mettre la main dessus. Leur première victime : un marchand d’art véreux. La seconde : une jeune et belle enquêtrice des Nations Unies, chargée de retrouver la trace de l’antiquité perdue, et qui, sans le secours d’Austin et Zavala, aurait bien pu se faire ensevelir par les eaux polaires.
Quel terrible secret cette statue renferme-t-elle ? Cette question va mener Austin et son équipe dans une véritable odyssée à travers le temps, qui leur fera découvrir les trésors oubliés du roi Salomon et de la reine de Saba. De mystérieux documents dissimulés par Thomas Jefferson sont aujourd’hui encore protégés par une société secrète. Ce n’est là que le début d’une série de révélations…
Essais, documents, biographies
Mai
Eduardo Arroyo
Minutes d’un testament
Memoires
Traduit de l’espagnol par Fabienne di Rocco
Né en 1937 à Madrid, Eduardo Arroyo s’exile en France en 1958. Il se consacre au dessin et à la peinture. Son rejet du dogmatisme artistique et de l’arbitraire politique fait de lui l’un des inspirateurs du mouvement « Figuration narrative ». Couronné de plusieurs succès, il retourne en Espagne en 1977, après la mort de Franco. L’obsession de l’exil aura nourri sa peinture, à la fois polémique et nimbée d’ironie et de lyrisme. Dramaturge et créateur de décors de théâtre, chevalier des Arts et des Lettres, il est également l’auteur de Panama Al Brown (Grasset, 1998) et Dans des cimetières sans gloire (Grasset, 2004).
S’inspirant des Minutes d’un testament, mémoires du juriste et historien espagnol Gumersindo de Azcárate, Arroyo signe ici une autobiographie décalée, faite de souvenirs, de réflexions, de portraits, d’interrogations, de colère.
Les Minutes d’Arroyo, c’est cinquante ans de la vie d’un peintre-écrivain de génie. Né d’un père pharmacien, homme de droite et phalangiste, Arroyo grandit dans le Madrid des années 1950. Élève du lycée français, il s’illustre par ses piètres résultats avant d’intégrer une école pour « cancres transfuges de tous les collèges » de la ville, puis une école de journalisme. Jeune homme, il choisit l’exil et gagne Paris, où sa peinture, marquée par son obsession de l’Espagne et de la dictature franquiste, est de plus en plus appréciée. Détournant le sens des chefs-d’œuvre de la peinture espagnole, il provoque les surréalistes avec sa série Miro refait (1967). Entre la France et l’Italie, il est de toutes les aventures de la « Figuration narrative », ce courant qui allie la représentation du quotidien aux revendications sociales et politiques. Après la mort de Franco, il regagne l’Espagne, pays dans lequel il se sent désormais étranger. Il désamorce alors la dimension contestataire et accusatrice de son œuvre et explore de nouveaux thèmes et personnages, tels que le ramoneur ou le boxeur, métaphores de l’artiste.
De son goût pour le Whisky J&B aux difficultés de la création artistique, en passant par ses voyages à Cuba ou son amitié avec Jorge Semprún, Arroyo manie l’anecdote avec brio. Écrire, relater, transmettre, avec le pinceau ou la plume, c’est là toute l’ambition de cet intellectuel touche-à-tout.
Alain Baraton
Je plante donc je suis
Chroniques
Co-édition Radio France
Alain Baraton travaille depuis plus de trente ans dans le parc de Versailles et dans le domaine de Trianon. Il est l’auteur, entre autres, du Jardinier de Versailles (Grasset, 2006) et de L’Amour à Versailles (Grasset, 2009).
Tous les week-ends, Alain Baraton participe au « 7-9 » de France Inter. Cette émission en direct est appréciée par les très nombreux auditeurs qui se passionnent pour la chronique qu’y tient «le jardinier de Versailles ».
Depuis 2004, ses propos vifs et éclairés, souvent critiques ou insolents, apportent un point de vue sur les plantes à la fois instructif et distrayant. Loin d’ici le « horticolement correct » ! Alain Baraton nous raconte la nature en praticien amoureux. Histoire et conseils pratiques se succèdent dans cet ouvrage où les chroniques, choisies et rassemblées par thèmes (« Petites et grandes découvertes », « Il n’y a plus de saison », « Histoires d’amour »…) sont complétés d’« Interdits de France Inter ». Chacune s’achève par une citation ou un proverbe, à la façon des almanachs du bon vieux temps.
Historiques, exotiques ou érotiques, toujours pleines de sève, plus de 180 chroniques qui révèlent les secrets de nos jardins ainsi que les trucs et les recettes du plus aimé des jardiniers de France.
Serge Michel et Paolo Woods
Marche sur mes yeux
Portrait de l’Iran d’aujourd’hui
Document
Serge Michel, 40 ans, Prix Albert Londres, fondateur du site Bondy Blog, a été correspondant en Afrique de l’Ouest pour Le Monde. Paolo Woods, reporter et photographe de guerre, travaille pour Time, Newsweek, Le Monde et Géo. Ensemble, ils ont publié La Chinafrique (Grasset, 2008), vendu à plus de 30.000 exemplaires et traduit dans 10 langues.
L’autre Iran ? Celui qu’on ne voit pas, qu’on ne montre pas. Serge Michel et Paolo Woods ont vécu en Iran et multiplié les voyages sur place ces dix dernières années pour raconter un pays plus humain que l’Iran voilé, réduit aux clichés de la Révolution Islamique depuis 1979.
Des jeunes gens au bord d’une piscine vide qui maîtrisent Twitter aussi bien que les poèmes de Hafez ; un marchand de tapis antisioniste qui crie « mort à l’Amérique » mais s’enrichit grâce à son magasin à Dallas ; des femmes en tchador qui se rendent en pèlerinage dans la ville sainte de Mashad y remercient l’imam Reza pour un divorce réussi ; un mollah passé dans le camp de l’opposition prodigue des leçons d’humanité. Ainsi va l’Iran et son théâtre fascinant, où chacun tient plusieurs rôles sur plusieurs scènes mais dans une seule langue, celle du « tarouf », une forme sophistiquée d’hypocrisie et de politesse. Nos auteurs, au terme d’une longue traque, ont emprunté ce labyrinthe de faux-semblants et ont découvert, sous les images d’apocalypse répandues par les media, un pays réel, surprenant, drôle, épris de liberté, insolent et inassouvi. Une vague qui deviendra la Révolution verte.
Dominique Valbelle
Les Chemins d’Horus
Mémoires
Dominique Valbelle est une égyptologue française de renom. Après un certificat d’égyptologie à la Sorbonne, elle suit les cours de l’Ecole du Louvre. Elle a été l’élève de Christiane Desroches Noblecourt. Parmi les premiers égyptologues à révéler l’intérêt archéologique du Sinaï, encore marqué par le conflit israélo-égyptien, elle y a travaillé en pionnière avec des équipes réunissant Occidentaux et Egyptiens autour des fouilles de Tell el-Herr, les éponymes « Chemins d’Horus ».
Dans ce livre, Dominique Valbelle retrace le parcours qui l’a menée à la place influente qu’elle occupe aujourd’hui dans l’égyptologie française (et même internationale). Comme tous les parcours d’exception, celui-ci n’était pas tracé d’avance. Ainsi, dans le Paris des années 60, on voit Dominique Valbelle tentée par l’écriture dramatique et le cours Simon. Puis on la retrouve en licence de lettres modernes à la Sorbonne, où elle commence à s’orienter vers sa future discipline en obtenant un certificat d’égyptologie. Ce sera ensuite l’Ecole du Louvre, une thèse de doctorat consacrée à deux déesses de la première cataracte du Nil, puis les premières fouilles dans le Sinaï où elle s’impose comme une égyptologue de premier plan. Nous suivons au plus près ainsi ce qu’est le quotidien en archéologie : recherches, gestion des formalités, travail sur le terrain, protection des sites, menaces des pillards, etc. A travers un nombre considérable d’anecdotes et de portraits, nous entrons au cœur de l’Egypte de toujours. Et, dans un milieu généralement régi par les hommes, nous suivons le parcours inattendu et attachant d’une femme d’exception.
Patrice van Eersel
Du pithécanthrope au karatéka
La longue marche de l’espèce humaine
Essai
Longtemps grand reporter à Actuel, Patrice van Eersel est rédacteur en chef du magazine Nouvelles Clés et dirige la collection Clés chez Albin Michel. Il est notamment l’auteur de La Source Noire, du Cinquième Rêve et de La Source blanche (Grasset), de Le Monde s’est-il créé tout seul ? et de Mettre au monde (éd. Albin Michel). Seul citadin d’une famille d’aventuriers naturalistes, il est marié avec Michèle, psychologue, directrice d’un centre de prévention spécialisée, père quatre fois et grand-père deux fois.
Les mâchoires des enfants du monde entier se sont mises à rétrécir et les appareils dentaires se multiplient. Est-ce l’accélération d’un processus évolutif ? La nouvelle enquête de Patrice van Eersel commence par cette question, que pose Marie-Joséphe Deshayes, chef de file d’une nouvelle école d’orthodontie.
Ces faits cliniques entrent en résonance, de façon troublante, avec les découvertes de la paléoanthropologue Anne Dambricourt-Malassé – la chercheuse par qui le scandale arrive. Portée aux nues en 1996, elle fait la une de la prestigieuse revue La Recherche, pour avoir découvert « une nouvelle théorie de l’évolution », mais se trouve en 2005 moralement condamnée par la communauté de ses pairs pour avoir prétendu déceler une « direction attendue » dans l’observation des mâchoires de primates, des lémuriens à l’homme.
Qui a raison, qui a tort ? Les médias répondent mal. Le débat « Dieu contre Darwin », faux mais omniprésent, nous enferme dans une alternative infernale et occulte les vraies questions. Ces dernières vont être posées par trois scientifiques réputés, intuitifs et honnêtes : le paléoanthropologue Yves Coppens, le paléontologue Jean Chaline et l’écologiste Jean-Marie Pelt.
Mais les points de vue ne suffisent pas. Il faut les confronter à des points d’être. Que pourrait vouloir dire « vivre l’évolution humaine » ? Ici, ce ne sont plus des scientifiques qui répondent, mais des praticiens, des accompagnateurs de nos évolutions personnelles et de nos colonnes vertébrales. Cette seconde partie de l’enquête intègre et met en perspective les grands thèmes que Patrice van Eersel nous a déjà fait croiser : la redécouverte de l’accompagnement des mourants, l’enfantement, l’inspiration créatrice de la voix de l’ange, la communication avec les dauphins et le mythe du 5ème Rêve. Si l’être humain est par essence inaccompli, chacun peut-il entrer à sa façon dans la danse de notre évolution collective ?
Juin
Igor et Grischka Bogdanov
Le visage de dieu
Document
Le « visage de Dieu » ? C’est l’expression qu’utilisa l’astrophysicien George Smoot (prix Nobel 2006) lorsque le 23 avril 1992, il réussit, grâce au satellite COBE, à prendre des photos de la naissance de l’univers tel qu’il émergeait des ténèbres cosmiques tout juste 380 000 ans après le Big Bang.
Depuis, cette expression a fait le tour du monde, déclenché la fureur des scientifiques, et bouleversé les croyants. Mais, par-delà ces quelques mots, quel est le fabuleux secret qui se cache derrière le « bébé univers » ? Pourquoi Smoot y a-t-il vu le « visage de Dieu » ? Ce livre – nourri des formidables attentes suscitées par le nouveau satellite Planck lancé le 14 mai 2009 – s’approche, comme jamais, de ce mystère suprême : l’instant même de la Création.
Trois des héros de cette fantastique aventure – Jim Peebles (prix Crafoord d’astronomie 2005), Robert W. Wilson (prix Nobel 1978) et John Mather (prix Nobel 2006) – ont postfacé cet ouvrage au fil duquel on s’avisera que la science, parfois, se confond avec la plus haute spiritualité.
Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, Grichka Bogdanov est docteur en mathématiques, tandis qu’Igor Bogdanov est docteur en physique théorique. Ils détiennent la chaire de cosmologie à l’Université Megatrend des sciences appliquées de Belgrade.
Martin Hirsch
Secrets de fabrication
Document
Martin Hirsch a occupé plusieurs postes dans la haute fonction publique tout en exerçant bénévolement des responsabilités dans le mouvement Emmaüs, dont il a été le président de 2002 à 2007. Il est membre du gouvernement depuis mai 2007. Il est à l’origine de la création du revenu de solidarité active (RSA)
Comment passer d’Emmaüs au gouvernement de Nicolas Sarkozy sans se renier ? Comment faire dépenser 1,5 milliards d’euros pour le revenu de solidarité active, au moment où l’on instaure le bouclier fiscal ? Comment travailler avec la droite et la gauche, quand le mot d’ordre est au clivage? Comment produire des idées nouvelles et se battre pour qu’elles deviennent réalité ? Comment chercher à réduire la pauvreté, au moment au moment où le monde est confronté à la plus grave crise depuis 1929 ?
Martin Hirsch est entré en 2007 dans le gouvernement de François Fillon, à la demande de Nicolas Sarkozy. Avec un titre de « Haut Commissaire » qui n’avait jamais existé au sein d’un gouvernement sous la cinquième République. Il raconte ici les péripéties de ce contrat improbable entre un Président de droite et un militant associatif de gauche. Il explique comment il s’efforce de mettre en œuvre des politiques ambitieuses sans être « un homme politique ». Se projetant dans l’avenir, il développe ses idées et ses projets.
Roland de Margerie
Journal, 1939-1940
Préface d’Eric Roussel
Roland de Margerie (1899-1991) vient d’une famille de diplomates dans la grande tradition française, et a lui-même été ambassadeur de France. Avant cela, il a travaillé au cabinet de Paul Reynaud, président du Conseil en 1940.
Roland de Margerie a tenu un journal durant toute sa vie. Cette édition, entièrement inédite, couvre la période 1939-1940. Dans ce document de première importance, Roland de Margerie relate minute après minute les derniers moments de l’année 1940 avant l’effondrement de la France. Au cœur même du système politique français, puisqu’il assiste le président du Conseil – l’un des rares politiciens d’alors à mériter l’appellation d’homme d’Etat – Paul Reynaud, il montre comment la IIIe République s’est effondrée. Luttes politiques, incompréhensions militaires, désorganisation administrative, nous voyons la France se désagréger sous nos yeux dans un tableau aussi fascinant que désolant.
Tous les grands hommes sont là, à commencer par de Gaulle et Churchill. C’est même Margerie qui est chargé de présenter le premier au second – et c’est une grande scène d’histoire qui est décrite là, de premières mains, parmi des dizaines d’autres. Un document historique d’une importance essentielle révélé pour la première fois au public et écrit dans un français remarquable.
Les cahiers rouges
Mai
Louis Nucéra
Mes ports d’attache
Louis Nucéra a obtenu le prix Interallié en 1981 avec Chemin de la Lanterne. En 1993, c’est l’ensemble de son œuvre qui a reçu le Grand Prix de littérature de l’Académie française. Il est décédé à l’âge de soixante-douze ans le 9 août 2000.
A qui a reçu le don d’écouter, quelques récompenses sont promises. Louis Nucéra possède ce don auquel s’ajoute celui d’une bienveillance sagace puisqu’elle exclut de sa nébuleuse les impostures, seraient-elles des plus masquées.
Porté à magnifier des êtres d’une belle élévation, ce romancier des humbles raconte comment, d’abord téléphoniste à seize ans dans une banque, il a été amené à rencontrer, au fil des ans et des chemins de la vie : Kessel, Cocteau, Picasso, Cioran, Nabokov, Monfreid, Henry Miller, Brassens, Gary, Brel, Boudard, Félix Leclerc et d’autres que le poids de l’existence oppresse parfois mais que l’écriture, la lecture, la solitude subliment. Certains devinrent ses amis. Cocteau l’appela « le donneur de sang » ; Kessel « le cœur pur » ; Brassens « l’honnête homme ». Ils sont tous là, rendus vivants par la magie d’un observateur chaleureux et d’un styliste de haute tenue car, respectueux des hommes, Louis Nucéra garde pour la littérature un amour transi d’adolescent. Les livres aussi sont « ports d’attache ».
Il était une fois à Nice un petit garçon qui grandit dans la vénération de sa mère. Cette présence tutélaire n’a cessé de l’escorter. Ainsi n’abdique-t-on jamais ses origines. Une mémoire infaillible a fait le reste.
Juin
Claude Mauriac
Aimer De Gaulle
Préface d’Eric Roussel
Claude Mauriac (1914-1996), fils de François Mauriac, était lui-même écrivain, auteur entre autre d’un célèbre journal intime, « Le Temps immobile ».
A la fin du mois d’août 1944, Claude Mauriac travaille auprès du général de Gaulle. Il est son secrétaire particulier et le reste jusqu’en septembre 1948. Il demeure encore, les cinq années suivantes, proche de lui. C’est le journal de ces rencontres que voici.
On découvre un de Gaulle peu connu dont, avec le recul, bien des déclarations et des réactions apparaissent prophétiques. Le de Gaulle des premières années à Paris, alors que la guerre n’est pas achevée, celui de la Libération, puis de la victoire. Mais aussi l’affrontement presque aussitôt commencé avec les partis politiques, l’abandon du pouvoir et la longue traversée du désert qui suit, à Marly, à Colombey, puis à Paris, avec la tentative avortée du R.P.F. Peu nombreux sont, dans son entourage, les témoins de cette époque. Aucun, sans doute, n’a su si bien regarder et écouter de Gaulle que Claude Mauriac.
François Mauriac
De Gaulle
Préface d’Eric Roussel
François Mauriac (1885–1970), romancier, journaliste, prix Nobel de littérature, a également été biographe. Outre une Vie de Jean Racine, il a écrit ce célèbre De Gaulle, dont c’est la première édition en poche.
La publication, en 1964, du De Gaulle de François Mauriac, a été un événement dans l’édition française. Couronné par le prix Nobel de littérature en 1952, grand Croix de la Légion d’honneur en 1958, l’auteur de Thérèse Desqueyroux avait vu arriver la Cinquième République avec enthousiasme, elle qui succédait à un régime faible et impuissant. Il avait été un des premiers gaullistes pendant la guerre, se plaçant très vite dans le camp de la résistance intellectuelle.
La raison politique se mêlant à la passion personnelle, Mauriac donne là un essai fervent, à son image. Ou : la mise en scène du « plus illustre des Français » par un des plus illustres écrivains du XXe siècle.
Revue
Mai
DOSSIER LITTERATURE & ART CONTEMPORAIN
Les écrivains face à l’art contemporain
Bernard-Henri Lévy : « Sortir de Platon par Pirandello et Marcel Duchamp »
Hélène Cixous : « Pas de cadeau Serrano fècétieux »
Jacques Henric : « Klaus Rinke, mon (notre) contemporain »
Inigo Phillbrick : (sur Klossowski) « La révélation érotique de la philosophie de l’art »
Adam Gopnik : « Note sur deux vies »
Catherine Millet : « Art et littérature dans Art Press, Amour et raison »
Artistes et Littérature
Susan Suleiman : « Les images et les mots »
Jacques Martinez : « Le discours commence quand s’arrête le cappuccino »
Bill Viola : « La musique, la littérature et l’image : Bill Viola et l’opéra »
Bobby Dowler : « Lectures d’un jeune artiste »
Des médiateurs
Giorgio Barberio Corsetti : théâtre et littérature
Yvon Lambert : galeriste de l’écriture
Hans Ulrich Obrist : le commissaire d’exposition et ses livres
CAHIER IMEC (Institut Mémoires de l’Edition Contemporaine)
Aragon : Lettre inédite au directeur de la revue Confluences.
Documents d’archives inédits de la revue Confluences.
DOSSIER ANNIVERSAIRE - 20 ANS DE LA REGLE DU JEU
Une brève histoire de La Règle du jeu par François Bordes.
Portrait en miettes de La Règle du jeu : la revue par ses fondateurs, auteurs, membres du Comité éditorial ( Bernard-Henri Lévy, Gilles Hertzog, Yann Moix, Jean-Paul Enthoven, Guy Scarpetta, Gabi Gleichmann, Laurent Dispot, Jacques Henric, entre autres).
La Règle du jeu interroge les directeurs des plus importantes revues françaises et internationales.
Revues françaises :
Lakis Proguidis : L’atelier du Roman
Philippe Sollers : L’Infini
Claude Lanzmann : Les Temps Modernes
Michel Braudeau : La NRF
Bernard-Henri Lévy : La Règle du jeu
Olivier Mongin : Esprit
Charles Dobzynski : Europe
Olivier Corpet : La Revue des Revues
Patrick de Saint-Exupéry : XXI
Marc Ladreit de Lacharrière ou Michel Crépu : La Revue des Deux Mondes
Michel Taubmann : Le Meilleur des mondes
Jacques Alain Miller : Ornicar
Revues étrangères :
El Paseante, The North American Revue, The Southern Revue, Guernica, Index on censorship, etc.
ET ENCORE :
Robert O. Paxton : La France de Vichy, 38 ans après
Raphaël Haddad : « Israël et le Lanzmann de Schrödinger »
Philip Gourevitch : « La vie après. Quinze ans après le génocide au Rwanda, la réconciliation défie les espérances »
Richard Rossin : « Darfour : Le cinoche international »
David Gakunzi : « A propos du Rwanda »
Janet Lisop : « The violon maker »
Salim Rauer : « Cesare Pavese, l’écriture et le métier de vivre »
Grasset - Jeunesse
Mai
Béatrice Masini
Illustré par Octavia Monaco
Ulysse, le héros lointain
Pénélope et Télémaque
Collection Lecteurs en herbe
Béatrice Masini est née à Milan. Journaliste et traductrice, elle travaille également dans le monde de l’édition jeunesse. Ses nombreux ouvrages sont reconnus et primés. Mère de deux enfants, elle aime écrire des histoires qui partent de la réalité pour glisser vers la fiction, publiés en France chez Hachette-Jeunesse ou Milan ; chez Grasset-Jeunesse, elle a écrit le très sensible petit roman Mon petit frère de l’ombre (« Lampe de poche 7 ans et + »), illustré par Michel Boucher, et La Légende du roi Arthur, Guenièvre et Lancelot, illustré par Octavia Monaco.
Née en France à Thionville en 1963, Octavia Monaco vit aujourd’hui en Italie, à Bologne, où elle a obtenu un diplôme d'orfèvrerie avant de s'inscrire à l'Académie des Beaux-Arts. Depuis une dizaine d'années, elle illustre des livres pour enfants, publiés en plusieurs langues. Elle est aussi animatrice d'ateliers pour enfants et organise des cours pour adultes. Chez Grasset-Jeunesse, elle a illustré Le Chat de Gustav Klimt, La Légende du roi Arthur, La Naissance des Saisons, et Gauguin et les couleurs des tropiques. Elle a reçu en 2005 le Prix Andersen (meilleure illustratrice) pour l’Italie.
Alors que le vaillant Ulysse, roi d’Ithaque, part combattre les Troyens, sa femme Pénélope donne naissance à leur fils Télémaque. Mais le voyage du héros allait durer plus de vingt ans... Car une fois la guerre finie, la route du retour est semée d’embûches : monstres sauvages et dieux mécontents, tentations et sortilèges... pendant tout ce temps, femme et fils attendent le retour de leur mari et père absent ?
Comment Pénélope et Télémaque ont-ils vécu, grandi et vieilli, pendant ces longues années ?
C’est ce que vous allez découvrir, à travers les récits croisés de la femme et du fils de ce héros lointain…
Le duo Béatrice Masini / Octavia Monaco, après leur album La légende du Roi Arthur, s’attache ici à une autre célèbre histoire d’amour : celle de Pénélope et Ulysse, sans oublier leur fils, Télémaque.
De la tapisserie que Pénélope tissa et détissa chaque jour et chaque nuit pour résister aux avances des cupides prétendants au trône à la quête de Télémaque, sur les traces de ce père qu’il ne connaît que par le récit de ses aventures et exploits, cet album offre une approche originale du mythe d’Ulysse ; le héros reprend ici toute sa dimension de mari et de père, et devient ainsi la métaphore de tout parent absent.
Un texte sensible et poétique qui célèbre l’amour familial, et saura toucher aussi bien les enfants, filles et garçons, que les parents.
Juin
Carole Zalberg
Illustrations de Boll
J’aime pas dire bonjour !
Lampe de poche 9 ans et +
Auteur de romans « pour les grands » parus chez Phébus, Le Cherche-Midi, et Albin Michel, et jeunesse, dont Le Jour où Lania est partie, Nathan, Grand Prix SGDL du Livre Jeunesse 2008, Carole Zalberg, membre du jury du prix France Québec, écrit également des chansons, travaille à plusieurs projets pour le cinéma, la télévision et le théâtre, et anime des rencontres littéraires à la librairie La Terrasse de Gutenberg.
Dominique Boll, qui vit à Paris, prête son pinceau à de nombreux journaux ou magasines, pour ne citer que Les Echos, La Croix ou Livres Hebdo. Il a publié plusieurs ouvrages, pour enfants ou adultes, aux Editions Glénat, Albin-Michel, du Seuil ou L’Arganier, et illustré, chez Grasset-Jeunesse, Faits pour le bonheur ! (Lampe de poche 7 ans et +).
« Ah, les réunions de famille… La grand-mère énergique qui décoiffe brutalement, l’oncle énorme qui écrabouille la joue en la pinçant, la tante aux chats qui fait rougir avec ses allusions grivoises, le cousin de quarante ans qui taquine avec ses blagues pas drôles, la cousine aux gros seins qui barbouille de rouge à lèvres, le petit dernier dégoulinant de chocolat ou les cousins timides et gênés... qu’on vienne pas me demander, après, pourquoi j’aime pas dire bonjour ! Enfin, y’a quand même quelqu’un à qui j’aimerais bien faire des bisous, de temps en temps… »
Bientôt l’été… et avec lui son cortège de baptêmes, mariages et autres réunions familiales où il faut faire la bise à la chaîne ! Qui n’a jamais rêvé secrètement d’échapper à ce rituel barbant… ?
Ce petit poche drôle et enlevé déculpabilisera, avec beaucoup d’humour et un festival de couleurs, tous ceux qui en ont assez ; les caricatures irrésistibles de Carole Zalberg et Boll n’épargneront personne ! Ou presque…
Autour de Stefan Zweig
Mai
Dominique Bona
Stefan Zweig
Biographie
Née en 1953 à Perpignan, romancière et biographe, Dominique Bona est l’auteur de Romain Gary (1987, Grand prix de la biogaphie de l’Académie Française), Les yeux noirs (1990), Malika (1992, Prix Interallié), Le manuscrit de Port Ebène (1998, prix Renaudot), Berthe Morisot, le secret de la femme en noir (2000, Bourse Goncourt de la biographie), Il n’y a qu’un amour (2003), Camille et Paul (2006), Clara Malraux (2010). Tous ses livres ont été des succès en librairie.
« Il y a un mystère Zweig : j’ai écrit ce livre pour tenter de le percer. Comment un écrivain aussi secret et discret a-t-il été capable d’allumer un feu chez ses créatures romanesques et de le faire partager à ses lecteurs ? Ce sont les origines de ce feu que j’ai cherché à découvrir à travers les péripéties de sa vie.
Je suis allée à Vienne et à Salzbourg, dans cette Autriche finissante avec laquelle Zweig a entretenu des rapports si complexes d’amour-haine, puisque ce pays a été sa véritable patrie et la source de tant de souffrances. Je suis allée au Brésil, à Petropolis, haut lieu de son suicide et de son désespoir. Homme de passion, sous son élégance MittelEuropa, c’est un écrivain qui se livre difficilement. Il faut partir à sa recherche, décrypter ses amours et ses amitiés. Ce parfait homme de lettres en apparence est un artiste qu’attire la foudre – les folies d’Amok ou les tabous de la vie des femmes, que celles-ci osent à peine s’avouer à elles-mêmes, leurs voluptés secrètes. Ami de Romain Rolland, d’Emile Verhaeren, de Thomas Mann, de Joseph Roth, tous grands Européens qui croyaient comme lui à la paix, à l’amitié, dans un monde ouvert et concilié, cet écrivain raffiné, choyé par les élites, aurait pu demeurer comme l’archétype d’une civilisation disparue. Son prodige est d’avoir réussi à conquérir aujourd’hui un si vaste public. Loin de rejoindre dans les bibliothèques les auteurs à demi oubliés de son temps, Zweig rayonne. Il continue de séduire. On aime son style, rapide et sûr. Sa compassion, inégalable. Sa sensibilité d’écorché vif. Peut-être aussi les lueurs sombres, les fumées délétères de son œuvre, qui correspondent si bien à nos angoisses, à nos tourments contemporains.
Zweig était lui-même biographe : auteur de livres qui sont des modèles du genre, Marie Stuart ou Marie-Antoinette. C’était pour moi une dette d’écrire à mon tour sa biographie : tenter de rendre vivant cet homme de passion dans une biographie passionnée. »
Stefan Zweig
La pitié dangereuse
Biographie
Stefan Zweig, né en 1881, cultivera toute sa vie la nostalgie de l’empire des Habsbourg, paradis perdu de l’humanisme, des arts et des lettres. Après l’accession au pouvoir d’Hitler, il s’exile en Angleterre, puis aux Etats-Unis et au Brésil. Il se suicide avec sa femme en 1942. Longtemps feuilletoniste de la Neue Freie Presse, le quotidien de référence à Vienne, il a donné une vaste œuvre littéraire, essentiellement composée de nouvelles –on pourra citer Amok, Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, Le joueur d’échecs. Il est également célèbre pour ses biographies de personnages historiques (tels que Marie-Antoinette, Erasme ou Magellan), ainsi que pour sa correspondance avec les hommes illustres de son siècle. La pitié dangereuse (Grasset, 1939) est son unique roman – désigné comme tel par l’auteur, dans son manuscrit.
En 1913, dans une petite ville de garnison autrichienne, Anton Hofmiller, jeune officier de cavalerie, est invité dans le château du riche Kekesfalva. Au cours de la soirée, il invite la fille de son hôte à danser, ignorant qu’elle est paralysée. Désireux de réparer sa maladresse, Anton, pris de pitié pour l’infirme, multiplie bientôt ses visites. Edith de Kekesfalva cache de plus en plus mal l’amour que lui inspire le bel officier, qui lui ne s’aperçoit de rien, jusqu’au moment où il sera trop tard…
Autour de Benoîte Groult
Juin
Benoîte Groult
Le féminisme au masculin
Essai
Préface inédite de l’auteur
Née en 1920, Benoîte Groult est l’auteure d’une œuvre importante et fondatrice d’un féminisme moderne. On citera, entre autres : Le Journal à quatre mains, avec sa sœur Flora Groult (aux Editions Denoël). Puis chez Grasset : Ainsi soit-elle (1975), Les Trois quarts du temps (1983), Les Vaisseaux du cœur (1988), La touche Etoile (2006), Histoire d’une évasion (avec l’intervention de Josyane Savigneau, 1997).
« Quelles qualités rares a-t-il fallu aux quelques hommes qui ont voulu dépasser l’image traditionnelle de l’épouse dévouée, gardienne du foyer et mère admirable, pour penser à elle comme à une personne indépendante, un être humain à part entière ? »
Pour beaucoup d’entre nous, le féminisme a toujours été une affaire de femmes. Mais on oublie qu’il s’est trouvé, à toutes les époques de l’Histoire, des hommes éclairés ayant profité de leur influence pour défendre le deuxième sexe.
Y aurait-il une loi de la nature réservant spécifiquement la cuisine, le ménage ou l’éducation des enfants aux femmes ? Comment accepter ce « marché » qui fait des jeunes filles des objets exposés dans les bals jusqu’à leur acquisition par un mari ? Que faire pour que le mariage cesse d’être le tombeau de la femme, et le moyen légal de son asservissement ?
Ces questions, de rares hommes les ont posées, et c’est à ces libres-penseurs courageux, écrivains ou hommes politiques des siècles passés, que Benoîte Groult rend hommage ici. Adoptant une perspective inédite, elle redonne voix aux premiers féministes, et met à l’honneur des hommes qui, comme Condorcet, Stuart Mill ou Fourier, ont eu la force de secouer les préjugés, de s’élever contre l’injustice et de dénoncer la prétendue infériorité de la femme comme le résultat d’un abus de pouvoir.
Une manière éclatante de montrer qu’il ne faut plus confondre féminisme et haine des hommes.
Benoîte Groult
Ainsi soit-elle
Essai
Les Cahiers rouges
Née en 1920, Benoîte Groult est l’auteure d’une œuvre importante et fondatrice d’un féminisme moderne. On citera, entre autres : Le Journal à quatre mains, avec sa sœur Flora Groult (aux Editions Denoël). Puis chez Grasset Ainsi soit-elle (1975), Les Trois quarts du temps (1983), Les Vaisseaux du cœur (1988), Histoire d’une évasion (avec l’intervention de Josyane Savigneau, 1997) et La Touche étoile (2006).
Inquiète de voir proliférer « les lèvres insufflées et les seins siliconés, gadgets tirés du catalogue récurrent des fantasmes masculins », et consternée de voir la presse féminine encourager ses lectrices à se conformer « aux rêves des machos », Benoîte Groult a écrit ce livre dans un sursaut. Parce qu’il ne faut jamais baisser la garde. Elle l’a écrit pour expliquer aux femmes d’aujourd’hui que « si elles ne défendent pas elles-mêmes les droits conquis par leurs mères, personne ne le fera pour elles ». Pour leur rappeler que rien n’est jamais acquis, qu’il est toujours possible de revenir en arrière. Pour dire que « rien n’est plus précaire que le droit des femmes », et le prouver avec des exemples effrayants. Elle cite ainsi les Allemandes de l’Est, qui « ont perdu, à la chute du mur de Berlin, des droits qu’elles croyaient acquis pour toujours », ou encore les Algériennes, les Iraniennes, et les Afghanes qui, après avoir « goûté aux premiers fruits de la liberté, ont disparu, du jour au lendemain, sous un voile de silence ».
Ces vérités que l’on préférerait ne pas entendre, Benoîte Groult les martèle comme on donne l’alerte. Avec ce manuel du féminisme, elle entend alphabétiser une génération qui ignore tout des combats menés par les femmes au XXe siècle. « Il n’est jamais trop tard pour lire un livre féministe ».
Remises en vente
Juin
François Delpla
L’appel du 18 juin 1940
Essai
François Delpla est, chez Grasset, l’auteur de la première biographie française de Hitler.
Voici le tout premier livre sur l’Appel du 18 juin. Vu le retentissement du texte et son caractère prophétique, cette lacune trahit un malaise, et sa disparition représente un saut dans la connaissance. Il existe quelques livres sur le 18 juin. Ils glissent sur l’Appel et s’étendent sur les circonstances. Celui-ci part du texte et fait appel aux circonstances pour l’éclairer. Sous les yeux ébahis du lecteur, voilà que le texte se perd, se retrouve, se divise, se fond temporairement avec d’autres, cohabite avec une affiche qui tend à le remplacer... La version que nous connaissons n’apparaît pas avant le 15 août. La plus fidèle aux intentions du général date probablement du 16 juin. Le 18, il y en a au moins cinq, dont trois ont été retrouvées - les autres étant connues par des commentaires incompatibles avec l’une ou l’autre de ces versions. La radio en diffuse une, les journaux français une autre et les journaux anglais la dernière. Mais qu’on se rassure : il ne s’agit pas ici d’une critique desséchée, guidée par l’amour pur de la rectitude historique. Les variations résultent du choc de trois volontés : celles de De Gaulle, de Churchill et du ministre des Affaires étrangères Halifax. Le premier veut, d’emblée, incarner la France et disqualifier Pétain, le second cherche surtout des arguments pour continuer la guerre... que le troisième veut à toute force arrêter. On découvre aussi une course contre la montre : de Gaulle veut parler avant Pétain, il est devancé, et ce retard est lourd de conséquences. De surcroît, il ne réussit que progressivement à faire passer son message et n’y parvient vraiment que dans son allocution du 2 juillet : au lieu d’un simple discours, on découvre un processus, qui s’étale sur une dizaine de jours.
Parmi les rares auteurs qui ont fait allusion à ces flottements textuels, une majorité le faisaient par malveillance, voulant accréditer la thèse d’un de Gaulle arriviste qui, le 18 juin, ne savait pas très bien ce qu’il voulait... François Delpla, sans parti pris, avec talent et audace, poursuit son travail d'historien, et cherche à faire la part entre les faits et la légende.
Daniel Rondeau et Roger Stéphane
Des hommes libres
1940-1945, La France libre par ceux qui l’ont faite
Daniel Rondeau est écrivain. Il est l'auteur de récits de voyage, d'essais littéraires et politiques, et de romans. Roger Stéphane fut l'un des libérateurs de Paris, en août 1945. Ami d'André Malraux, journaliste et écrivain, il est mort en 1996.
Il y a plus de quarante ans, le Général de Gaulle donnait son imprimatur, après l'avoir visionné, au film réalisé par Roger Stéphane : Des hommes libres, ou la France libre par ceux qui l'ont faite. Le départ du Général incita Stéphane à remiser cette œuvre épique et à laisser le temps filer sans que jamais plus elle ne soit projetée. Au crépuscule de sa vie, Roger Stéphane chargea son ami Daniel Rondeau du devoir de la ressusciter, en la métamorphosant en livre. Ce livre est prêt aujourd'hui.
Il raconte l'épopée de la France libre comme elle ne l'avait jamais été, grâce à soixante-douze témoignages inoubliables, ceux des premiers Français libres. De Londres à Dakar, de Koufra à Strasbourg, de Bir Hakeim à Paris, tous les lieux mythiques où ces hommes combattirent sont évoqués par leurs héros. Pierre Messmer et le général Simon, alors jeunes capitaines de la Légion nous expliquent comment, pour rallier Londres, ils détournèrent un cargo italien. Claude Bouchinet-Serreulles, qui remplacera Jean Moulin, évoque ses souvenirs de Carlton's Garden. Roland de la Poype, as du groupe de Chasse Normandie-Niémen, raconte les conditions de la lutte dans l'hiver russe...
Ces hommes parlent à la première personne, et se fondent pour dessiner la figure légendaire de la France libre.
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