|
Littérature française
| Littérature étrangère |
Thrillers Grasset Noir | Essais, documents, biographies |
Remise en vente | Les Cahiers Rouges
Littérature Française
Mai
Erik Emptaz
1981
Roman
Erik Emptaz est rédacteur en chef du Canard enchaîné.
Il est l'auteur chez Grasset d'un premier roman remarqué,
La Malédiction de la Méduse (2005).
Mai 1981. Alors qu'une moitié de la France est en liesse,
l'autre, Elkkabach en tête, voit dans l'élection de
" Mittrand " le spectre bolchevique pointer son nez. Ainsi
Albert C. Husson, de la Fiduciaire HC, organise déjà
la fuite des capitaux de ses clients en Suisse et s'apprête
lui-même à faire ses valises
A Paris, au lendemain de la victoire, Elise Pomereu, chargée
d'études auprès d'Attali, défile jusqu'au Panthéon
avec toute la gauche militante et mondaine réunie - Dalida
et Pascal Sevran sont là, aussi bien que Lang, Bérégovoy,
Rocard, Hernu, Dumas ou Attali, les mêmes qui, quelques jours
plus tard, baskets aux pieds, graviront la Roche de Solutré
en quête des faveurs présidentielles. La Montagne Sainte
Geneviève a beau être moins escarpée, Elise,
telle une Cendrillon des temps modernes, y casse son talon et se
trouve contrainte de continuer nus pieds. Derrière elle dans
le cortège, Louis Husson, jeune scénariste et fils
prodigue du banquier susnommé, est venu accompagner Annie
Girardot. Tandis qu'Elise, dans le cadre de sa mission, courra les
réceptions, Louis, entre deux portages de valises, courra
après Elise, jusqu 'à la conquérir comme dans
un conte de fée
Tout n'est pourtant pas rose en ce début des années
1980. Et si Mitterrand abolit la peine capitale, les premiers cas
d'une maladie mortelle dont on ignore tout font leur apparition.
Paul, l'ancien amant d'Elise, victime d'une baisse inexpliquée
des défenses immunitaires, consulte spécialiste après
spécialiste
Dans ce roman grave malgré la légèreté
des apparences, Erik Emptaz fait ressurgir un univers récent
qui paraît soudain bien lointain : c'est l'époque des
premiers traitements de texte et du premier TGV, du mariage du Prince
Charles avec Diana, l'époque où meurt Lacan tandis
qu'un étudiant japonais cannibale défraie la chronique.
L'époque où, jeune énarque déjà
mère de famille, une certaine Ségolène Royal
assiste à la victoire d'un nouveau marketing : celui de "
la force tranquille "
Michel Manière
Une maison dans la nuit
Roman

Collection dirigée par Martine Saada
Né en 1948, Michel Manière a publié des romans
et des nouvelles aux Editions POL. Vous souvenez-vous de moi
?, est paru en 1995 aux Editions Julliard, suivi de La femme
distraite (Grasset, 2005).
Michel Manière anime des ateliers d'écriture dans
des milieux très divers : psychiatriques, bibliothèques,
universités.
Un soir de fin d'été, deux jeunes hommes rescapés
d'une guerre sans nom arrivent, à l'issue d'une longue marche,
en vue de la maison où ils doivent remettre la lettre que
leur a confiée un soldat avant de mourir.
Le livre raconte comment ils devront attendre trois jours et quatre
nuits dans la forêt, le temps de prendre la mesure de leur
mission, de comprendre en quoi elle les engage l'un envers l'autre,
pour se résoudre à l' accomplir. Comment, parallèlement,
la jeune femme à qui cette lettre est destinée et
qui, elle, n'attend plus rien, ayant perdu non seulement son amant
mais l'enfant qu'elle portait, découvre que le secours, le
vrai, celui qui lui rendra la seule chose qui lui appartienne à
présent, son malheur, ne viendra ni de sa mère ni
de ses frères, de personne qui habite cette maison, qu'il
lui viendra donc forcément de l'extérieur. Comment
dès lors elle se prépare à cette nouvelle épreuve.
Car il ne s'agira pas pour les trois jeunes gens d'être consolés
ni de consoler, mais bien au contraire de s'aider mutuellement à
reprendre possession de ce qu' on leur dénie, la jeune femme
au sein de sa famille, les jeunes hommes dans leurs corps-mêmes,
étant sortis intacts d'une boucherie devenue inimaginable
dès lors qu'elle a cessé.
Cette reconnaissance passera comme toute chose humaine par
la chair, le symbolique et le rituel.
Juin
Frédéric Beigbeder
Au secours pardon
Roman

Frédéric Beigbeder est né à Neuilly-sur-Seine
en 1965. Il est l'auteur, notamment, de L'Amour dure trois ans,
99 Francs et Windows on the World, traduits dans le
monde entier.
La suite des aventures du Octave de 99 FF.
Au secours pardon raconte l'histoire d'un homme qui se croit
libre comme la Russie, et qui va s'apercevoir que la liberté
n'existe pas. " C'est l'année de mes quarante ans que
je suis devenu complètement fou. "
A Moscou, Octave Parango est chargé par une marque de cosmétiques
de trouver la plus jolie femme du monde. Lena a la détermination
boudeuse des jeunes filles et la beauté d'un ange démoniaque.
On se damnerait pour la sauver ou se perdre avec elle. A Moscou,
puis à Saint-Petersbourg, Octave fera les deux. Dans la cathédrale
récemment reconstruite, il confesse ses turpitudes à
un pope qui hoche la tête avec compassion. Lequel des deux
sauvera l'autre ? Lequel des deux périra le premier ?
René de Obaldia
Fugue à Waterloo (nouvelle édition)
Roman

René de Obaldia, poète, romancier, dramaturge, est
citoyen d'honneur de Waterloo. Son Théâtre intégral
a paru chez Grasset en octobre 2001.
Nous avons publié, en 2006, Fantasmes de demoiselles,
femmes faites ou défaites cherchant l'âme sur.
" Alouette, vingt-deux ans, mariée trop tôt,
et Zilou, étudiant pauvre vivant chez sa mère, rêvent
de faire une fugue, afin de pouvoir s'aimer sans contrainte. Un
ami leur a donné l' adresse d'une auberge solitaire à
Waterloo. " L'air y est tonique, prétend-il, la viande
incomparable. " C'est là qu'ils décident d'aller
abriter leurs amours. Mais, sans le savoir, ils arrivent le jour
des commémorations de la fameuse bataille
Les voici tout à coup confrontés à l'Histoire.
Bataillons de grognards, de hussards, de vétérans,
de veuves napoléoniennes, pressant des aigles sur leur cur,
de culs-de-jatte glorieux leur font un étrange cortège
nuptial : leur rêve tourne à l'hallucination.
Leur passion résistera-t-elle à cette tempête
épique, aux soixante mille morts sous leurs pieds qui ne
dorment que d'un il, à ce désastre qui est aussi,
selon l'optique, une victoire ? "
René de Obaldia
Littérature étrangère
Mai
Ammaniti, Manzini, Camilleri, Carlotto, Dazieri, de Cataldo,
De Silva, Faletti, Fois, Lucarellli
Petits crimes italiens
Nouvelles

Traduit de l'italien par François Rosso
De tous âges et de tous horizons, les auteurs rassemblés
dans ce recueil par Giancarlo de Cataldo, auteur de Romanzo Criminale,
représentent la littérature " noire " italienne
dans sa plus grande diversité : on connaît Niccolo
Ammaniti (ont paru chez Grasset, en 2001, Et je t'emmène,
et en 2002, Je n'ai pas peur), et les amateurs de polar auront
reconnu les " papes " transalpins du genre : Andrea Camilleri
et Carlo Lucarelli. Dans leur sillage, la nouvelle génération
: Marcello Fois, Sandrone Dazieri.
Et si le renouveau de la littérature policière venait
non pas de Hollywood mais de Cinecitta ?
10 auteurs, 9 nouvelles
- et l'occasion unique de découvrir, grâce à
ce florilège, la formidable vitalité d'un genre trop
souvent confiné dans ses codes établis. " Noires
", ces histoires le sont, sans l'ombre d'un doute, et leur
suspense n'a rien à envier aux plus terrifiants des "
thrillers ". Ici, pourtant, pas de psychopathes cannibales
ni de sectes obscures complotant à la destruction du monde,
mais des salauds ordinaires, les paumés d'une Italie désemparée,
des ordures réalistes - et d'autant plus frappantes !
Dans la brillantissime nouvelle d'Ammaniti qui ouvre le recueil,
petit chef-d'uvre d'humour (noir, bien sûr), un chirurgien
esthétique cocaïnomane, sur le point de se faire pincer
par les stups, ne trouve pas de meilleur endroit pour cacher son
précieux paquet de poudre blanche que les protubérances
mammaires de la célèbre actrice qu'il est en train
d'opérer
Quant à le récupérer,
ça sera une autre paire de manches !
Un amant dépité
et sans le sou kidnappe le petit garçon de sa maîtresse
La grand-mère d'un candidat aux municipales se fait assassiner
Un comique sur le retour est accusé de s'être débarrassé
de son ancien partenaire de scène
A travers ces "
petits crimes " foisonnant d'invention, d'humour à la
Dino Risi mais aussi de colère et de rage politique, c'est
un panorama de l'Italie d'aujourd'hui qui nous est offert : corruption,
culte de la célébrité, nouveaux racismes, déshérence
de la politique, désespoir d'une société en
mal de repères
Annie Proulx
Nouvelles histoires du Wyoming
Nouvelles

Traduit de l'anglais par André Zavriew
Annie Proulx vit dans le Wyoming. Pour Nuds et dénouements
(première parution en 1997 chez Rivages, depuis en Cahiers
rouges) elle a remporté les prestigieux Pulitzer Prize et
National Book Award. Chez Grasset ont été publiés
Les Crimes de l'accordéon (2004), Un As dans la
manche, (septembre 2005), et la nouvelle Brokeback Moutain
(janvier 2006, près de 70.000 exemplaires vendus) qui a inspiré
le célèbre film d'Ang Lee. Elle est considérée
comme un des plus grands écrivains américains.
Le Wyoming, aujourd'hui, à travers onze nouvelles. Des récits
longs (galeries de portraits et drames de famille) alternent avec
des nouvelles plus courtes et plus fantaisistes (" Le concours
de barbes ", " Le Trou de l'Enfer ") centrées
sur le village perdu d'Elk Tooth. Proulx, toujours pince sans rire,
s'attache à décrire les petits faits quotidiens de
personnages hauts en couleur : de l'avocat héritier d'une
famille d'amoureux de polo et de pur-sangs au rancher délaissé
par ses fils, en passant par le routier roublard et alcoolique,
la barmaid de choc qui n'hésite pas à employer les
grands moyens, les marginaux qui vivent dans des caravanes pour
quelques dollars par mois, jusqu'aux cadres new-yorkais en quête
de retour à la nature
A travers eux, c'est l'histoire de l'Etat qui se déroule
devant nos yeux : le massacre des Indiens puis la vie dans les réserves
; la guerre du Vietnam, les blessures qu'elle a laissées,
la fascination qu'elle exerce sur ceux qui ne l'ont pas faite ;
la lente transformation de l'Ouest agraire en champ de bataille
où s'affrontent exploitants en hydrocarbures et spéculateurs
fonciers pour le plus grand malheur des fermiers en voie de disparition
; les luttes écologiques
Dans son style laconique et cru, Annie Proulx nous livre de pittoresques
tranches de vie.
Juin
Nadine Gordimer
Bouge-toi !
Roman

Traduit de l'anglais par Georges Lory
Nadine Gordimer, née en 1923, reçoit le Nobel de littérature
en 1991. Elle a écrit quatorze romans dont Un amant de
fortune (Grasset 2002) et des recueils nouvelles, dont Pillage
(Grasset, 2004). Elle a beaucoup voyagé, mais l'Afrique du
Sud reste sa source d'inspiration.
Ce court roman impressionne par sa densité et sa complexité.
Il brasse une multitude de thèmes dans un récit à
l'intrigue resserrée et simple : le portrait d'une famille
qui se délite puis se reconstruit sur de nouvelles bases
Le fils, Paul, 35 ans, récemment opéré d'un
cancer de la thyroïde, revient pour sa convalescence dans la
maison de son enfance, entouré de ses parents, Adrian et
Lyndsay, de sa femme, Berenice, et de leur petit garçon.
Le traitement ayant laissé des traces de radiation, il doit
être tenu en quarantaine. Dès lors, c'est une autre
forme de cancer, encore plus insidieuse, qui fait son uvre
au sein de cette famille aisée d'Afrique du Sud, détruisant
avec patience les liens entre Paul et sa femme, et entre les parents
de Paul. Ce dernier se remet peu à peu et reprend son combat
pour la sauvegarde de l'environnement, le " bush " sud-africain
menacé par divers projets gouvernementaux - barrages, centrales
nucléaires, autoroutes -, mais se sent de plus en plus coupé
de sa femme, de sa famille et de lui-même, de son propre corps.
Ainsi, Gordimer entremêle de manière magistrale les
aspects les plus physiques (la maladie, la sexualité) et
leur portée métaphorique (le " cancer "
comme image de l'étrangeté à soi-même,
de l'usure, de l'incompréhension mutuelle et de l'acceptation
résignée dans le couple, mais aussi des bouleversements
politiques contemporains - préservation de la terre contre
la " maladie " capitaliste).
Si la fin de l'apartheid en Afrique du Sud a été un
formidable progrès social, la pauvreté, le Sida, la
criminalité empoisonnent toujours le pays. Bouge-toi ! démontre
que sur les ruines d'un monde gangrené peut s'effectuer une
sorte de renaissance.
Thrillers
Mai
Sydney Sheldon
Avez-vous peur du noir?
Roman
Thriller traduit de l'américain par Carine Chichereau
Auteur de romans et de pièces de théâtre, scénariste,
créateur d'émissions de télévision,
il est l'auteur de dix-sept best-sellers, le dernier en date étant
Crimes en direct (Grasset). Sheldon a reçu un Oscar,
un Tony, un Edgar et le Prix Littéraire du Festival de Deauville.
Il s'est éteint en janvier 2007, à la veille de ses
90 ans.
Quatre lieux, quatre morts : une femme est retrouvée sans
vie à Berlin ; un homme plonge du haut de la Tour Eiffel
à Paris ; un autre meurt dans l'accident de son petit avion
à Denver ; un corps échoue sur les rives de l'East
River à New York. Accidents isolés, suicides ? Ces
victimes n'ont apparemment rien en commun, si ce n'est leur lien
avec un groupe d'experts et de scientifiques : Kingsley International.
Que cachent ce puissant think tank mondialement connu et son mystérieux
dirigeant ?
Diane Stevens et Kelly Harris, veuves de deux victimes, échappent
de peu à la mort et se trouvent malgré elles entraînées
dans une course effrayante. Qui veut les tuer et pourquoi ? Aux
prises avec des forces qui les dépassent, soupçonnant
tout le monde, elles devront non seulement redoubler de ruse pour
échapper aux tueurs, mais aussi chercher les réponses
qui leur permettront peut-être de rester vivantes
Au terme d'une course pleine de suspens et de rebondissements qui
les conduira jusqu'en Europe, elles seront confrontées à
une vérité bien plus effroyable que tout ce qu'elles
avaient pu imaginer
Sidney Sheldon tisse la toile implacable de son récit, maîtrisant
avec brio les retournements de situation
Juin
Karin Slaughter
Sans foi ni loi
Roman

Thriller traduit de l'américain par Paul Thoreau
Karin Slaughter a grandi dans une petite ville du sud de la Géorgie,
où elle a commencé à écrire dès
son enfance. Sans foi ni loi est le cinquième titre
de la série de Grant County, après Indélébile,
paru en mai 2006. Traduite dans plus de 15 langues, best-seller
dans de nombreux pays, acclamée par la critique américaine,
elle vit aujourd'hui à Atlanta, qui est le cadre de son prochain
roman.
En pleine dispute, Sara Linton et son ex-mari, le chef de police
Jeffrey Tolliver, butent sur un tuyau dans la forêt. En creusant,
ils font une découverte atroce : le cadavre d'une jeune fille
au visage terrifié, vraisemblablement enfermée vivante
dans un cercueil. L'autopsie révèle cependant qu'elle
n'est pas morte d'asphyxie, mais d'ingestion de cyanure - et qu'elle
était enceinte
Jeffrey rend visite à la famille de la victime, vite identifiée.
Il s'agit d'Abygail, fille du Révérend Ward, un pasteur
baptiste, pourvu d'une famille nombreuse et propriétaire
d'une ferme reconvertie en mission de charité, qui recueille
pour les remettre dans le droit chemin tout ce que l'Amérique
compte de marginaux : drogués, repris de justice, etc. A
sa tête, un criminel repenti, Cole Conelly, qui a toujours
des versets de la Bible à la bouche, secondé par le
fils du révérend, un avocat, qui ne voit pas d'un
bon il l'arrivée de la police. La honte tombe sur la
famille avec la rumeur de l'angélique Abygail menant en réalité
une vie de débauche. Quand son amant est assassiné
à son tour, et sa sur retrouvée morte dans les
mêmes conditions, l'horreur monte d'un cran. Plus la vérité
se fait jour sur la famille Ward, plus la violence semble se déchaîner.
Lena, l'inspectrice assistante de Jeffrey, ne sait pas l'erreur
qu'elle commet en protégeant une femme qui a fait comme elle
l'expérience récente d'un avortement
Au cur du roman, le puritanisme de cette province du sud des
Etats-Unis ; c'est lui qui déchaîne les passions et
sème le trouble dans l'esprit des suspects comme des enquêteurs,
déchirés par leur passé. Sans manichéisme,
Karin Slaughter excelle à traduire la réalité
sociologique du sud et à explorer la complexité des
rapports humains.
Grasset Noir
Mai
Gilles Bornais
Le mystère Millow
Roman
Gilles Bornais, 45 ans, a été nageur de niveau national,
journaliste au Parisien de 1979 à 1999. Il est actuellement
directeur de la réalisation du Parisien.
Il a publié, entre autres, Le Diable de Glascow (Pocket,
2004), Franconville, bâtiment B (Série Noire
Gallimard, 2001) ; et chez Grasset : Ali casse les prix (Grasset
Noir, 2004) et Le bûcher de Saint-Enoch (2005).
L'histoire se déroule en 1890 à Londres. Elle remet
en scène Joe Hackney, inspecteur de Scotland Yard, le héros
récurrent des précédents romans de l'auteur.
Fergus Millow reçoit un matin une lettre anonyme lui annonçant
qu'il sera tué dans la journée. L'homme est effectivement
retrouvé assassiné d'un coup de gourdin dans son salon
le lendemain matin... Se pose alors la question : pourquoi cet homme
qui se savait menacé a-t-il mené sa dernière
journée comme une journée ordinaire, sans chercher
à se protéger ?
L'enquête est confié par William Doffey chef du département
d'investigation criminelle de Scotland Yard, flic d'expérience
imbu et épais, à Joe Hackney, petit, boiteux, taciturne,
cynique, vivant chez sa mère dans l'Esat End, et qui n'a
pas complètement renié le petit malfrat qu'il fut.
Les premières investigations révèlent que Fergus
Millow était peintre mais surtout un homme particulièrement
discret que personne ne semblait connaître. Si bien que William
Doffey et Joe Hackney prônent des méthodes d'investigation
différentes. Doffey dit : " cherchons avant tout à
découvrir qui est ce Fergus Millow ". Hackney dit :
" recherchons simplement l'assassin. "
La suite des investigations qu'il mène à la demande
de Doffey permet de dresser plusieurs portraits radicalement différents
du criminel. Quand il n'est pas un inconnu, Fergus Millow est soit
un bon vivant aimant les femmes, le vin et la bagarre, soit un ermite
fuyant le monde et les plaisirs
Il devient du coup un mystère,
tout autant que son assassin.
Essais, documents, biographies
Mai
Pierre Achard
Boulevard des crépuscules
Document
Après avoir débuté dans les années 70
comme critique de cinéma, Pierre Achard est, depuis 25 ans,
journaliste, animateur et directeur artistique à la SACEM.
Longtemps rédacteur en chef du magazine professionnel Notes,
biographe de nombreux paroliers, artistes et musiciens, il est un
grand observateur de la vie musicale française. Le cinéma
et la chanson sont ses deux passions, entre rive gauche et Côte
Ouest : un enfant du rock et du cinémascope.
Depuis les années 60, Pierre Achard s'est aperçu
que leur " dernière scène " - ou "
Final-cut " - était souvent un film en soi, une tragédie
secrète d'autant plus troublante que la fiction y rejoignait
définitivement la réalité, que les stars y
jouaient le rôle de leur vie, face à un adversaire
pire que Jack Palance, Lee Van Cleef et Richard Widmark réunis
: leur destin. Qu'ils n'étaient jamais aussi grands, beaux
et bien sûr vrais qu'à cette seconde-là, leur
dernière heure, face à l'ultime caméra, les
Bogart, Flynn, Gable, Clift, Wayne, Power, Hudson, Monroe, Mansfield,
Valentino, Dean, Ladd, Wood, Hepburn, etc. Et que cette dernière
séquence valait d'être mise en scène, comme
on écrit un roman. Presque policier, genre " enquête
à Malibu ", de piscine en yacht et de baignoire en boudoir,
avec une centaine de victimes et un seul coupable : Hollywood.
Ainsi sont racontés dans ce texte une foule de destins fabuleux,
de seconds couteaux brisés, dont chacun pourrait être
un film. Connaissez-vous l'histoire de Jeff Chandler ou d'Audie
Murphy ? La réalité s'est ainsi révélée
bien plus spectaculaire, émouvante, cinématographique
et l'écrire, c'était forcément raconter la
mort d'Hollywood, le vrai, celui des années 20 à 60.
Ainsi sont mises en scène ces dernières heures, l'aurore
fatale ou le verre aux somnifères, les tapis verts et les
roulettes russes
Sybille Claudel
Même pas morte
Document
Sibylle Claudel, née en 1969, est comédienne (elle
a joué entre autres dans Blanche de Bernie Bonvoisin),
après avoir présenté pendant trois ans la météo
sur Canal Plus.
" Le vide s'empare de moi. Vertigineux. Je n'ai qu'une
hâte, me rendormir. Etre n'importe où sauf ici. Je
me lève péniblement, mes gestes sont lents. Je dors,
juste pour ne pas mourir. Et pourtant, le plus terrible, c'est que
j'ai envie de vivre
"
A la voir, sans doute, on ne remarque rien. Sibylle Claudel, qui
fit le clown en présentant la météo sur une
chaîne câblée, est une jeune femme gracieuse,
souriante, légère. Mais sait-on dans quelles profondeurs
elle va puiser l'envie de vivre ? Sait-on les blessures, les cicatrices
qui la marquent définitivement, à l'intérieur
?
On dirait un conte de fée à l'envers : son père
l'a abandonnée et ne cesse ensuite de la décevoir
; sa mère qu'elle adore enchaîne dépression
sur tentative de suicide ; enfant, elle perd tout, et surtout la
confiance en elle-même ; la voici boule de nerfs qui s'évade
sans cesse des foyers d'adoption, échange son corps de gamine
contre un toit de fortune, slalome entre les drogués et les
mecs louches, fête son anniversaire à la rue. La rue,
le trottoir, elle y reste un an, paumée, déscolarisée,
sauvage. Sibylle n'aurait pas dû en sortir vivante.
Son témoignage, écrit avec l'aide de Christophe Tison
qui l'a rencontrée à Canal Plus, émeut ; mais
plus encore, il nous touche par une leçon de bravoure, par
un miracle d'humanité partagée. Même pas
morte. Bien vivante, même.
Barbara Ehrenreich
On achève bien les cadres
L'envers du rêve américain
Essai
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Marie-France Girod
Barbara Ehrenreich est l'une des essayistes politiques et sociales
les plus respectées aux Etats-Unis. Elle s'est vue récompenser
par de nombreux prix, et ses ouvrages connaissent un succès
commercial grandissant. Elle a publié chez Grasset en 2004
L'Amérique pauvre, comment ne pas s'en sortir en travaillant,
qui avait figuré dans la liste des best-sellers du New
York Times.
Le constat est glaçant : les cadres ne sont pas épargnés
par la précarité. En 2003, 20% des chômeurs
américains étaient des cadres, et ils sont de plus
en plus nombreux à accepter des emplois qui représentent
une véritable ascension
vers le bas. Après L'Amérique
pauvre, Barbara Ehrenreich s'attaque à ce qui se révèle
vite une impasse : chercher un travail
Selon sa technique éprouvée (" dans la peau de
"), elle endosse ici l'identité d'un cadre en Relations
Publique en " transition " (" chômage "
est un gros mot, politiquement correct oblige). Son but : trouver
n'importe quel emploi correspondant à son profil, quelle
que soit l'entreprise, et le lieu. Mais ni les conseils des "
coaches de carrière " achetés à prix d'or
(assortis de tests de personnalités douteux) ; ni les journées
passées à hanter les sites Internet, armée
de CV et de lettres de motivations, à courir ici et là
pour nouer des contact (c'est le monde merveilleux du " réseautage
"), des réunions de chômeurs aux forums pour l'emploi,
en passant par les séminaires de perfectionnement fréquentés
par des professionnels, ne lui permettent, après plus de
6 mois d'une détermination farouche, de décrocher
ne serait-ce qu'un entretien acceptable. Elle se voit offrir un
poste de représentant de commerce en produits de beauté
ou en assurances, c'est-à-dire, aux Etats-Unis, un très
faible salaire, et une absence de mutuelle et de garanties sociales.
A travers le récit d'un échec, d'humiliations constantes,
Barbara Erhrenreich révèle avec humour l'envers du
décor d'une Amérique " dynamique " : le
monde cruel d'entreprises toutes-puissantes, disposant à
loisir de cadres jetables, corvéables à merci, fondus
dans le moule d'un conformisme nécessaire à leur survie.
Barbara Ehrenreich décrit un paysage social sinistré,
entre l'isolement des cols blancs, dressés à l'esprit
d'entreprise et incapables de solidarité, et le développement
parallèle de tout un business d'accompagnement ô combien
rentable, du coaching au prosélytisme religieux déguisé
en réunions d'aide aux chômeurs... Ni le travail, ni
la bonne volonté ne semblent avoir partie liée avec
la réussite, et le rêve américain fait pâle
figure
Une préfiguration de notre " rêve français
" ? A l'heure où le malaise des cadres s'amplifie dans
l'Hexagone, un livre à méditer
Christophe Girerd
La sagesse libertine
Essai
Christophe Girerd est un jeune professeur de philosophie à
Bourg Saint Maurice. Elève et lecteur de Michel Onfray, il
a voulu s'inscrire, avec ce premier ouvrage, dans la famille hédoniste
et libertaire que l'auteur de la " Contre-histoire de la philosophie
" appelle de ses vux.
Les libertins du 17ème siècle ont été
largement oubliés et sous-estimés par l'histoire de
la philosophie officielle et par l'université française.
On leur préfère les tenants de la philosophie chrétienne
de cette époque : Descartes, Pascal, Malebranche
Pourquoi
une telle négligence ?
Peut-être parce que les libertins du 17ème siècle
ne forment pas une école ; ils ne cherchent pas à
mettre sur pieds une doctrine ou un système. La pensée
libertine doit plutôt se comprendre comme attitude, style,
règle de vie concrète. Ces hommes recherchent une
forme de sérénité, de quiétude, de plénitude.
Il n'y a pas de philosophie libertine; on pourrait plutôt
parler d'une sagesse libertine. Elle est commune à plusieurs
hommes en ce début de 17ème siècle : François
de La Mothe Le Vayer, Pierre Charron, Pierre Gassendi, Gabriel Naudé,
Jacques Vallée Des Barreaux, Cyrano De Bergerac, l'auteur
anonyme du clandestin et scandaleux Théophrastus Redivivus,
Saint Evremond...
Un libertin est un affranchi. Etymologiquement, "libertinus"
désignait dans la Rome antique l'esclave qui était
libéré par son maître, et qui retrouvait sa
condition naturelle d'homme libre. Le libertin inaugure un passage,
celui de l'exploitation à l'autonomie. Il incarne le moment
périlleux où l'individu se réapproprie sa vie,
ses biens, son indépendance, son corps. C'est pourquoi cette
sagesse est aussi une sagesse sportive : retrouver la souplesse,
la dextérité, l'agilité, la vigueur de son
corps lorsque les membres ne sont plus entravés par des liens.
Au final, le libertin est un individu qui conquiert sa liberté
et son indépendance en s'affranchissant d'une façon
populaire et mimétique de penser et de vivre, qui, enfin,
assume pleinement sa singularité et sa duplicité.
Ces libertins constituent un maillon essentiel dans l'histoire de
la philosophie et des idées . Ils vont véhiculer des
idées, réactiver des formes de pensées elles
aussi négligées et oubliées par l'histoire
officielle (les Sceptiques, les Cyniques, les Matérialistes...).
De même ils ont eu une influence déterminante sur les
penseurs de leur temps : Descartes, Pascal, Mersenne, Malebranche,
Spinoza, Fontenelle, Pierre Bayle. La philosophie des Lumières
a une dette significative à l'égard des libertins
du Grand Siècle.
Précisons, enfin, que cette Sagesse libertine est
écrite avec brio et un éclat parfaitement homogène
à son sujet.
Jean-Pierre Gredy
Tous ces visages
Récit
Né à Alexandrie, trois ans après l'armistice
de la première guerre mondiale, vivant à Paris, Jean-Pierre
Gredy est l'auteur, avec Pierre Barillet, de nombreuses pièces
de théâtre qui furent d'immenses succès, en
France et à Broadway. Ainsi, Fleur de Cactus, qu'interpréta
entre autres Lauren Bacall en 1965, figure parmi les 30 pièces
les plus jouées à New York, avec 1234 performances
à Broadway. On peut citer aussi Quarante carats ou
Lily et Lily, crée par Jacqueline Maillan, et que
reprend en 2007 Annie Cordy.
" Le peu d'aptitude que je manifeste à jouir du moment
présent ne me prédisposait pas, semblait-il, à
devenir un amuseur.
Or, par une fantaisie du destin, j'ai fait carrière dans
le badinage. A moins de trente ans, j'étais déjà
un professionnel du rire, un expert de la facétie et du quiproquo,
le champion de la réplique qui fait mouche. En collaboration
avec Barillet, un autre faux extraverti celui-là, j'ai écrit
tout un répertoire de pièces de la catégorie
dite " de boulevard ". Saison après saison, mon
nom accolé sur une affiche à celui de Barillet représentait
pour le public la garantie d'une soirée riche en joyeusetés
et aimables digressions.
Les auteurs comiques n'ont pas forcément la tête de
l'emploi, ni de propension à l'enjouement. On pense immanquablement
à Feydeau traînant son ennui chez Maxim's, ou à
Louis Verneuil, célèbre auteur de boulevard d'entre
les deux guerres, qui finit par se suicider dans une chambre de
l'Hôtel Terminus. Nous ne faisons donc pas exception à
la règle. Le comique serait-il radioactif ? Et devrait-on
le manier avec des gants et un masque ? L'observation du genre humain
sur laquelle se base toute comédie digne de ce nom, et souvent
dans ce qu'il a de plus absurde et de plus mesquin, engendre-t-elle
la misanthropie ?
Il est une autre idée reçue comme quoi, pour déclencher
le rire en tournant en dérision les travers et les ridicules
de ses semblables, il faut d'abord savoir se moquer de soi-même
et pour cela être déjà contaminé par
cette maladie de l'âme : le désenchantement. "
J-P Gredy
Lizarazu
Bixente
Document

Né en 1969 à Saint-Jean de Luz, Champion du Monde
en 1998, il a poursuivi sa carrière au Bayern de Munich jusqu'en
avril 2006. Il est désormais consultant pour Canal +.
" Dans une autre vie, je serais charpentier ou menuisier.
Du côté d'Hendaye ou de Ciboure. Il s'en est fallu
d'un rien. Sincèrement, je n'étais pas désigné
pour devenir footballeur, champion du monde médiatisé.
Don du ciel : je suis appliqué, battant et acharné.
Je ne suis probablement pas devenu défenseur par hasard.
Plutôt que de briller à tout prix, j'ai appris à
combattre. Et me suis imposé. A Bordeaux, Munich et en équipe
de France. Sans perdre pour autant le goût de la liberté.
Jamais je n'ai renié mon Pays Basque, ses forêts et
ses plages. Ni raboté mes passions. Pour la musique, pour
la mer, pour le sport. Au contraire, ce sont mes racines, ma famille
et ma curiosité qui m'ont permis de demeurer " nature
", au sens plein et entier du terme, dans mes rapports avec
les autres, avec les femmes, avec mes compagnons de route, mais
aussi avec le monde qui m 'entoure, notre fragile planète
dont l'avenir me préoccupe tout autant que celui des miens.
Le football m'a peut-être apporté la gloire, il m'a
surtout fait comprendre la valeur d'un engagement, la richesse d'une
amitié, les fondements d'une conviction. Ce livre n'est évidemment
pas mon testament - je n'ai pas l'âge ! - mais il tente de
raconter mes envies, mes doutes, mes certitudes. Plus que le récit
de mon existence ce sont les contours de celle que je rêve
pour mon fils et tous ceux qui incarnent l'avenir que je me suis
efforcé de définir. Parce que j'aime la vie. Et plus
encore ses promesses. " Bixente Lizarazu
Sydney Sheldon
Ma part de nuit
Autobiographie
Traduit de l'américain par Jean Rosenthal

Dire que Sheldon avait une double vie serait au dessous de la vérité.
Le romancier qui vient de disparaître à près
de 90 ans, puisqu'il était né le 11 février
1917, aura eu une carrière bien remplie qu'il évoque
dans ce livre avec franchise et humour.
Sydney Sheldon est issu d'une famille juive de Chicago où
la vie n'est pas facile. Son père exerce sans grand succès
une succession de métiers qui entraîne les siens d'un
bout à l'autre des Etats Unis : vendeur chez un joaillier
du Texas, dans une chemiserie à Chicago, exploitant d'une
mine d'argent épuisée en Arizona, mais toujours sur
le point de réaliser l'affaire de sa vie
Pour payer ses études, le jeune Sheldon trouve de petits
boulots, mais c'est le monde du spectacle qui l'attire. Il écrit
des chansons que de petits orchestres se produisant dans des hôtels
de Chicago inscrivent à leur répertoire, mais aucun
éditeur de musique ne veut les publier. A 20 ans, il est
engagé par la MGM pour lire des scénarii à
17 $ de l'heure.
Le voilà donc avec un pied dans la place : il va vite ouvrir
les portes. Engagé par Zanuck à la Fox, il commence
à écrire des scenarii et à se faire un nom.
Même la guerre n'interrompt que brièvement sa carrière
: il passe son brevet de pilote mais on le réforme à
cause d'une hernie. Après avoir monté à Broadway
" La veuve joyeuse ", la célèbre opérette
de Franz Lehar, il enchaîne films et comédies musicales.
Son carnet d'adresses est très vite un véritable Who's
Who du cinéma et de la scène. Il les a tous connus
ou dirigés : Cary Grant, Gene Kelly, Fred Astaire, Cyd Charisse,
Judy Garland, Danièle Darrieux, Deborah Kerr, Shirley MacLaine,
Groucho Marx, Frank Sinatra, et chaque nom lui est prétexte
à camper un portrait ou à raconter une anecdote.
Parmi ses réussites à la télévision
dont toutes n'ont pas traversé l'Atlantique, il faut citer
" Pour l'amour du risque ", avec Robert Wagner et Stephanie
Powers, diffusé pendant cinq ans à la télévision
française.
Malgré tant d'occupations, Sheldon était obsédé
par une histoire tournant autour d'un personnage de psychiatre.
Il finit par décider d'en faire un roman : La face de
l'ombre. Tout fier, son éditeur lui annonce 17 000 exemplaires
vendus alors que tous les soirs 2 millions de téléspectateurs
voient son nom au générique. Nullement découragé,
Sheldon s'attela à un nouveau roman. Ce fut De l'autre
côté de minuit, cette fois un best-seller international.
Une nouvelle vie commençait pour Sydney Sheldon
Juin
Alexandre Adler
Sociétés secrètes
Des secrets de Léonard de Vinci à Rennes-le-Château
Document

En coédition avec France Culture
Ancien élève de l'Ecole normale supérieure
de la rue d'Ulm, agrégé d'histoire, Alexandre Adler
est chroniqueur sur France Culture et membre du comité
éditorial du Figaro. Il est l'auteur de J'ai vu
finir le monde ancien (Grasset, 2002), de L'Odyssée
américaine (Grasset, 2004) et de Rendez-vous avec
l'Islam (Grasset, 2005), qui ont été des succès
de librairie.
Alexandre Adler, comme tous les grands rationalistes, se passionne
depuis des années pour ce qu'on appelle communément
les " sociétés secrètes ". Ces dernières
forment une nébuleuse opaque, entre syncrétisme et
croyances archaïques, où l'on croise, pêle-mêle,
franc-maçonnerie, rose-croix, légendes classiques,
superstitions diverses, hurluberlus et sectes
Mais ces sociétés
sont aussi " une société en soi ", le reflet
souterrain de ce que notre époque, dans son apparence lumineuse,
recherche, poursuit, désire, sans jamais se l'avouer. Mircea
Eliade, en son temps, y consacra un essai.
Alexandre Adler s'est à son tour plongé dans l'aventure.
Il nous fait découvrir, en conteur génial, une histoire
de France et de l'Europe que l'histoire officielle mésestime
- ou cache. On rencontre ainsi l'architecte de la Cathédrale
Saint-Paul de Londres, Christopher Ren, Isaac Newton le physicien,
des alchimistes, des imposteurs, le Cardinal de Richelieu et son
fils naturel, Nicolas Pavillon. On découvre des lieux sous
un angle nouveau : Saint-Sulpice, cathédrale alternative
à Saint-Pierre de Rome, l'atelier de Nicolas Poussin, où
se prépare, sous influence, le tableau Les Bergers d'Arcadie,
le bureau de Cassini, qui invente le " méridien de Paris
", dominé par une célèbre horloge astronomique
Ces fils épars, parfois ténus, faits de soie sanglante,
de corde ou du chanvre des illusions, Alexandre Adler les rassemble
avec force. Ils convergent, pour beaucoup, vers le début
du XX ème siècle et l'aventure de Rennes-le-Château,
où tous cherchent, aujourd'hui encore, un trésor.
Est-ce le tombeau véritable du Christ ? Est-ce le signe architectural
que son héritier est parmi nous ? Est-ce un manuscrit énigmatique
? Seul un historien pouvait nous faire connaître l'aventure
fascinante des sociétés secrètes, qui traverse
la littérature, la peinture, la petite et la grande histoire.
Jean Ferniot
Vivre avec ou sans Dieu
Récit

Grand journaliste, Jean Ferniot a une uvre importante de romancier,
de nouvelliste, d'essayiste. On lui doit entre autres C'était
ma France (Grasset, 2004) et L'enfant du miracle (Grasset,
2006).
" Quand la mort frappe à la porte, le mécréant
lui-même se prend à espérer, serait-ce un bref
instant, que c'est Dieu, un dieu bon et miséricordieux, qu'il
trouvera derrière. Pour moi, cette visite ne devrait pas
trop tarder. Le moment n'est plus trop éloigné où
il faudra prendre congé. Et voici que je tourne autour de
Dieu - autour de l'idée de Dieu, plutôt - pour les
derniers ébats d'une partie de cache-cache qui dure depuis
mon enfance ".
Jean Ferniot
Ce bref corps à corps avec la question de Dieu, au soir
d'une vie, entrelace une dimension personnelle et une dimension
spirituelle dans de très rapides chapitres tour à
tour pédagogiques et autobiographiques.
Frédéric Lewino
Tuez vous les uns les autres
La vie et la mort chez nos amies les bêtes
Document

Frédéric Lewino est grand reporter au Point.
Nous avons déjà publié son premier ouvrage
Passions animales (Grasset, 2006).
L'animal tue, l'animal viole, l'animal vole, l'animal ment et l'animal
parasite avec l'aplomb des désespérés
Pour survivre dans ce monde de brutes, il est condamné à
employer tous les moyens. Tué ou être tué, tel
est son dilemme. Mais cette violence quotidienne et instinctive
est sans arrière-pensée, presque saine. Rien à
voir avec les turpitudes humaines. Quand la lionne assassine la
gazelle, ce n 'est jamais avec colère. Elle fait son métier
de prédateur, la gazelle le sait et ne proteste pas. Même
bon esprit pour la taupe qui viole sa partenaire, pour le requin
qui déchiquète sa proie, pour le cobra qui empoisonne
son adversaire ou encore pour la pieuvre qui imite un serpent venimeux
La nature ne ressemble donc en rien au paradis. C'est plutôt
une cour des miracle où chacun doit faire preuve de génie
pour tailler son bout de route. Au fil de l'évolution, les
prédateurs inventent des armes de plus en plus sophistiquées,
et les proies des stratégies de protection de plus en plus
subtiles. C'est une escalade sans fin.
Ce livre rend hommage au talent déployé par nos amies
les bêtes pour tuer, voler et tromper son prochain. Mais ce
livre montre aussi comment ce drôle d'animal appelé
homme, sous couvert de culture, a perverti cette saine violence
pour la transformer en agressivité corrompue.
Remise en vente
Mai
Patrick Mahé
Sur la route d'Elvis
Récit
Patrick Mahé, né en 1947 à Vannes, dans le
Morbihan. Il est aujourd'hui directeur de la rédaction de
l'hebdomadaire Télé 7 jours et du mensuel Première,
et président des 7 d'Or.
Ce livre est remis en vente à l'occasion, en août
2007, du 30ème anniversaire de la mort d'Elvis Presley.
En cent brefs textes et cent photos, Patrick Mahé nous conte
la légende d'Elvis Presley. Il fait ainsi revivre le mythe,
dans le détail et avec passion, pour ceux qui croient déjà
tout savoir du King
et pour ceux qui ont tout à découvrir.
De A à Z, de Las Vegas au Casino de Paris, de l'hôtel
des Curs brisés à la terrasse du Fouquet's,
de la " Memphis Mafia " de Las Vegas au " Peabody
hotel " et au " Prince de Galles ", à Paris,
Mahé déploie l'éventail charnel d'une passion.
" TIMBRE. 8 janvier 1993, 0h 01. Cette nuit-là n'est
pas ordinaire. On y célèbre, comme tous les ans depuis
que les idolâtres l'ont fait roi, l'anniversaire de sa naissance.
Elvis aurait 58 ans.
0 h 01. La minute de vérité ouvre également
la chasse au timbre officiel consacré par l'US postal. Le
timbre coût 29 cents. Sur fond framboise un peu kitsch, Elvis,
en veste or, cravate dénouée, sourit, l'il bleu
porcelaine, le cheveu de jais, coiffé en coupe teddy boy,
la mèche rebelle. La poste américaine avait prévu
300 millions de timbres. Elle en tire 500 millions ! En une seule
nuit, celle du 8 janvier, 300.000 timbres s'arrachent
Mais dans un drugstore d'Amarillo, une certaine Kay People a violé
l'embargo. Dix jours plus tôt, on y a vendu les 60 exemplaires
reçus la matin même. Une enveloppe timbrée d'Elvis
a même été estampillée le 30 décembre
1992
. Le premier " collector ", c'est bien celui-là.
Il vaut aujourd'hui plusieurs dizaines de milliers de dollars ".
Les Cahiers Rouges
Mai
Tristan Bernard
Mots croisés
Tristan Bernard est né en 1866 à Besançon.
Avant de devenir l'humoriste le plus célèbre de la
Belle Epoque, il a été avocat, directeur d'usine,
directeur de vélodrome. Il est mort en 1947 - heureusement
sauvé de la déportation en Allemagne à la fin
de la guerre.
Auteur de plusieurs romans, le célèbre Mémoires
d'un jeune homme rangé, et d'histoires brèves,
où la raillerie le dispute au sarcasme (Amants et voleurs),
Tristan Bernard a composé ses Mots croisés
dans le même ton spirituel et léger. De " Supporte
facilement les régimes " en 8 lettres (bananier) à
" Pour exciter un condamné à mort " en 11
lettres (banderilles), la solution est toujours l'humour. Le livre
s'achève par un une postface de Sacha Guitry en forme de
grille.
F. S. Fitzgerald
Gatsby le magnifique
Nouvelle traduction de Jacques Tournier
Francis Scott Fitzgerald est né en 1896 dans le Minnesota
et mort en 1940 à Hollywood. Il a connu dans sa brève
existence la gloire la plus insolente puis l'oubli le plus injuste,
et est désormais considéré comme l'un des grands
écrivains de son temps.
Nous sommes au lendemain de la Grande Guerre. Le mal du siècle
envahit les âmes. C'est l'époque de la Prohibition
et des fortunes rapides. En 1922, Jay Gatz, devenu Gatsby, se retrouve
fabuleusement riche. Personnage mystérieux, installé
à Long Island dans une somptueuse propriété
il est l'objet de mille légendes. A-t-il été
étudiant à Oxford ? Est-ce un mafieux ? Elles n'empêchent
pas les gens chics et moins chics, de venir en troupe boire ses
cocktails et danser sur ses pelouses.
Gatsby cherche à séduire Daisy, la fiancée
de Tom Buchanan, un millionnaire qui, contrairement à lui,
a hérité sa fortune. Il cherche à l'éblouir,
fait des dépenses folles. Mais c'est argent contre argent,
vieille fortune contre parvenu
Kléber Haendens
Une histoire de la littérature française
Né en 1913, mort en 1976, Kléber Haedens a été
une des figures importantes de la critique littéraire française.
Il est également l'auteur de plusieurs romans, dont Adios
et L'été finit sous les tilleuls (prix Interallié).
Une Histoire de la littérature française a
paru pour la première fois en 1943. Kléber Haedens
venait d'avoir trente ans. Chroniqueur littéraire (et sportif)
dans la presse repliée à Lyon pour cause d'Occupation
allemande, il se lance, téméraire et cavalcadant,
dans la rédaction d'une histoire de littérature française.
" Une ", pas " la ". Une histoire selon son
goût. Plein de connaissances et de passion, il chemine à
sa façon dans les grandes allées louis-quatorziennes
de notre littérature. A sa façon, c'est-à-dire
librement. Sans préjugés favorables ou défavorables,
il aborde les grands et moins grands auteurs et leurs uvres,
de manière familière et amicale, sans jamais rien
de professoral. Un régal de culture et de gaîté.
Le livre a été révisé et enrichi par
Kléber Haedens. C'est la dernière édition,
de 1970, que nous en publions, préfacée par Michel
Déon.
|