Nouveautés Grasset

Novembre
2009

Littérature étrangère | Essais, documents, biographies
Album | Les Cahiers Rouges

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Littérature étrangère

Agata Tuszynska
Exercices de la perte

Récit
Traduit du polonais par Jean-Yves Erhel
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Romancière, poète, biographe, universitaire, journaliste et femme de théâtre, Agata Tuszynska est l'une des personnalités les plus en vue de la jeune littérature polonaise. Après Disciples de Schulz en 2001, sa biographie du prix Nobel de littérature Isaac Bashevis Singer - Singer, paysages de la mémoire - lui vaut en 2002 un accueil enthousiaste de la critique. Elle publie Une histoire familiale de la peur en 2006, chez Grasset.

" L'homme que j'aime et avec qui je devais vieillir est mortellement malade. Le verdict est sans équivoque. Il n'y a pas eu de signes avant-coureurs. Dans un mouvement de défense, nous parlons d'amour. Nous allons nous battre, nous serons ensemble. Nous n'allons pas capituler. "
Ce livre n'est pas seulement le récit du combat perdu d'avance que livrèrent Agata Tuszy?ska et son mari Henryk Dasko contre le Glioblastome multiforme, la plus féroce des tumeurs du cerveau, c'est aussi le journal d'un amour. Un amour plus fort que la mort inévitable, un amour qui prend ses racines dans l'admiration qu'Agata porte à Henryk. Sur un axe Varsovie-Toronto, les amants sont ensemble transportés dans cette " zone dangereuse " qu'est la maladie, évoquée ici avec une précision et une virtuosité stylistique qui évoquent L'année de la pensée magique de Joan Didion. L'amant protecteur et roi devient un patient dans un monde neuf. Devant l'absence d'avenir, c'est le passé qu'on revisite, Varsovie, une famille juive, la guerre et l'extermination des juifs d'Europe, la littérature aimée, l'écriture, le talent des mots. C'est à Paris, pendant la promotion de L'Histoire familiale de la peur, qu'Agata apprend la mort d'Henryk.
Les Exercices de la perte s'apparentent à un journal intime où l'on suit l'auteur presque jour après jour, mois après mois. Ses phrases simples, son style limpide, débordent d'émotions : l'amour, certes, mais aussi le désespoir, la rage, la tristesse extrême, l'inquiétude, la peur.

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Essais, documents, biographies

Patrick Barbier
Pauline Viardot

Biographie
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Historien de la musique et professeur à l'Université catholique de l'Ouest (Angers), Patrick Barbier s'intéresse aux rapports entre la musique et la société. Chez Grasset, il a écrit plusieurs ouvrages sur l'époque baroque : Histoire des castrats, Farinelli, La Venise de Vivaldi…. En 2005, il a publié chez Pygmalion une biographie de la Malibran, sœur de Pauline Viardot. Patrick Barbier est membre de l'Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire.

Pauline Viardot (1821-1910) est l'une des figures dominantes du monde artistique et littéraire au XIXème siècle. Fille du ténor rossinien Manuel Garcia, et sœur de la grande diva romantique Maria Malibran, elle marque son temps par ses dons exceptionnels de cantatrice et son jeu dramatique, tout autant que par la vivacité de son esprit et la beauté de ses compositions.
Amie intime de George Sand et de Chopin, aimée avec passion par l'écrivain russe Ivan Tourguéniev pendant quarante ans, elle va, grâce à la réputation de son salon parisien, lancer la carrière de Saint-Saëns, Gounod ou Fauré. Mariée à l'écrivain et critique d'art Louis Viardot, Pauline parcourt l'Europe où l'acclament des foules en liesse. Clara Schumann, Delacroix, Flaubert, Liszt, Berlioz ou Tchaïkovski furent ses admirateurs, ses amis, ses intimes.
De Londres à Saint-Pétersbourg et de l'Alhambra de Grenade à l'Opéra de Paris, des milieux républicains aux salons aristocratiques, Patrick Barbier, émaillant sa recherche de savoureuses anecdotes, nous entraîne dans le tourbillon artistique de l'époque romantique.

Sylvie Brunel
Manuel de guérilla à l'usage des femmes

Document

Sylvie Brunel est une spécialiste des problèmes de la faim dans le monde. Universitaire, ancienne directrice d'Action Internationale Contre la Faim), elle est l'auteur de plusieurs essais sur le développement durable.

Il y a deux livres étroitement mêlés, dans ce Manuel de guerilla. Le premier évoque, décrit, ausculte, parfois, de façon très crue, le désarroi des femmes qui, ayant atteint l'âge mûr, se voient, du jour au lendemain, quittées par l'homme avec lequel elles vivent depuis vingt-cinq ans, et qui soudain se sent rajeunir aux côtés d'une nouvelle compagne… Sur ces problèmes matériels, physiologiques, sentimentaux, Sylvie Brunel pose un regard sans concession.
Il se trouve aussi que Sylvie Brunel, qui parle au nom de toutes les femmes trahies, était, jusqu'en juin dernier, l'épouse d'Eric Besson. Celui-ci, après avoir quitté le Parti Socialiste, a également quitté celle qui partageait sa vie depuis 30 ans. Du coup, le témoignage de Sylvie Brunel prend une saveur très particulière et pleine de révélations.
Ce livre documenté et tonique est écrit d'une plume sereine, sans acrimonie ni ressentiment. Sylvie Brunel y fait même briller, en conclusion, une lueur d'espérance. Et si la " femme de 50 ans " était, tous comptes faits, plus épanouie et plus libre que bien d'autres ?

Laurent Chalumeau
En Amérique

Chroniques
Préface de Virginie Despentes
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Né en 1959, Laurent Chalumeau, écrivain et journaliste, ancien complice d'Antoine de Caunes sur Canal +, est l'auteur de six romans publiés chez Grasset, du premier, Fuck (1991), devenu culte depuis, à sa récente " trilogie de la Riviera " : Maurice le siffleur (2006), Les arnaqueurs aussi (2007) et Un mec sympa (2009), prochainement adaptés au cinéma.

Voici près de vingt ans, Laurent Chalumeau laissait l'Amérique dans un drôle d'état, entre jubilation rock et gueule de bois, dans un livre qui s'intitulait Fuck et avait fait un peu parler de lui. Celui-ci pourrait en être la face B, comme dans les vinyles d'antan ; il aurait pu aussi s'appeler Fuck II : le retour. Retour aux sources (" toute la musique qu'il aime-eu… ") ; retour, après un détour par le détournement du polar à la française, au pays d'élection, l'Amérique fantasmée - c'est-à-dire la vraie -, celle qu'inventèrent Robert Johnson, Chuck Berry, Elvis, Dylan, les Stones et quelques autres encore… Retour enfin sur vingt ans de carrière journalistique.
Car avant de s'occuper de siffleurs, d'arnaqueurs et autres mecs sympas du même acabit, Laurent Chalumeau fut, d'abord et surtout, grand défricheur et déchiffreur de l'Amérique rock. En témoigne aujourd'hui cette " playlist " de textes vintage, publiés à la fin du siècle dernier dans des magazines comme Rock & Folk ou l'Echo des savanes. On croise, dans ce texte aux allures de Route 66 sentimentale rythmée par une langue toute en riffs, des rappeurs mythomanes, des guitar heros accros à l'héro, des joueurs de billard rabelaisiens, des fantômes vaudous et des Navajos ravagés, Tom Waits et Bruce Springsteen, Lou Reed et Jerry Lee Lewis, des vallées de larmes blues et des monuments du " wok'n'woll " mangés aux mythes, enfin le Diable et sa musique, bande-son imparable dans laquelle chacun se reconnaîtra.

Caroline Fourest
La dernière utopie
Menaces sur l'universalisme

Essai

Fondatrice de la revue ProChoix, diplômée de l'EHESS, Caroline Fourest est une des jeunes intellectuelles influentes d'aujourd'hui. Elle collabore ainsi au Monde, à France Culture, et à RTL. On lui doit, entre autres, Frère Tariq, Discours, stratégie et méthodes de Tariq Ramadan (Grasset, 2004) et La tentation obscurantiste (2005). Elle enseigne à l'IEP de Paris sur " Multiculturalisme et universalisme ".

Caroline Fourest s'est fait une spécialité de clarifier et de mettre en lumière les grands débats comme les aime notre époque, mouvante et inquiète. Depuis bientôt quatre ans, elle travaille sur une question majeure : l'agonie de l'universalisme - notre dernière utopie. Cette belle ambition, gravée dans le marbre de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, est battue en brèche. Pourtant, il n'existe pas de meilleur remède à la crise que connaît le multiculturalisme depuis le 11 septembre 2001, à force de tout tolérer au nom de la culture et du religieux.
Cet enjeu dépasse largement l'aspect rhétorique. Il est au cœur de débats qui agitent quotidiennement le monde. Les Nations-Unies, le Canada, les Etats-Unis, l'Afrique du Sud, l'Australie, l'Inde, la Belgique, les Pays-Bas, la France… Dans tous les pays où le respect des minorités et le culte de la diversité progresse, on se déchire pour savoir comment concilier droit à la différence et respect des valeurs communes. Peut-on tout tolérer - l'excision ou l'infanticide - au nom des coutumes ? Faire passer le respect du voile avant l'égalité hommes-femmes ? Accepter des menus séparés dans les cantines ? Des créneaux non-mixtes dans les piscines ? Faut-il retirer les sapins de Noël des places publiques ? Reconnaître des arbitrages basés sur la charia ?
Dans ce livre puissant, Caroline Fourest explique le " modèle français ", admiré et controversé, le malentendu avec le monde " anglo-saxon ". Elle revient sur la Révolution française, la Constitution américaine, raconte le débat canadien sur les " accommodements raisonnables ". Elle rend clair, enfin, les termes qui nous font perdre la tête : communautaire, communautarisme, multiculturalisme, essentialisme, racisme, islamophobie, musulmanophobie… Et nous livre, à trente ans, le bréviaire courageux sur lequel rebâtir l'envie de faire société.

Sophie Gherardi
Péchés capitaux
Le roman de la crise financière

Document

Sophie Gherardi, journaliste, a été rédactrice en chef au journal Le Monde. Elle est actuellement Directrice adjointe de la rédaction de La Tribune.

" Il est 7 heures, le 9 août. L'une des banques les plus raisonnables qui soient vient de frotter une allumette au dessus de la poudrière ". Il y a deux ans, la banque française BNP Paribas annonçait le gel de trois de ses fonds. C'était le début de la crise financière. La poudrière a depuis explosé. La finance mondiale est devenue un champ de ruines. Dans cette crise, difficile de s'y retrouver, difficile d'en comprendre les développements, difficile de savoir où elle nous mène.
Spectatrice privilégiée, la journaliste Sophie Gherardi fait revivre les moments clés de ce film catastrophe, ses héros et ses surprises, en vingt et un récits. De Paris à Reykjavik, en passant par Liège, Washington ou Saint Malo, on retrouve les " frères Lehman ", le redoutable ouragan Jérôme Kerviel, Bernard Madoff ou Jean-Claude Trichet. Une manière lumineuse d'expliquer tous ces mots, ces termes et ces pratiques parfois obscurs qui ont envahi notre quotidien - les subprimes, la titrisation, le G4 ou la régulation des marchés.

Yves Jego
Avec Muriel Gremillet
15 mois et 5 jours entre faux gentils et vrais méchants

document
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Yves Jego a été secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-mer entre le 18 mars 2008 et le 23 juin 2009. Il est député de la troisième circonscription de la Seine-et-Marne depuis juin 2002, et maire de Montereau-Fault-Yonne. Il est l'auteur de deux romans historiques, d'un essai sur le Général de Gaulle et d'un Dictionnaire impertinent de l'Ile de France.
Muriel Gremillet a été journaliste à Libération. Elle est aujourd'hui enquêtrice indépendante.

15 mois et 5 jours. Une expérience ministérielle entre les faux gentils et les vrais méchants. C'est le récit d'un premier passage en tant que secrétaire d'Etat à l'Outre Mer pour Yves Jego, sarkozyste de la première heure. Entre une nomination annoncée par un coup de fil bref du Président de la République et une sortie brutale et remarquée du gouvernement par un appel, tout aussi bref, du Secrétaire général de l'Elysée. 15 mois en 5 jours pendant lesquels se déroule un mouvement social d'une ampleur jamais vue aux Antilles. Une crise politique lourde, mais qui ne finit pas en bain de sang, comme ce fut hélas souvent le cas dans les Dom-Tom. Une crise qui ouvre les yeux à Yves Jego : et si ceux qu'il voyait en alliés, en amis politiques, en soutiens se révélaient être de vrais méchants ? Ceux qui sapent le travail, ne pensent qu'à préserver leurs carrières, leur longévité politique. Rendant toute tentative de réforme impossible, en dépit de la feuille de route élyséenne….
Il y a le patronat local guadeloupéen, épaulé par des relais et des réseaux solides en métropole, qui joue un jeu trouble tout au long de la crise. Certains hauts fonctionnaires, qui préfèrent la solidarité de corps à l'action et la réforme. Et surtout le Premier ministre, François Fillon. Qui, à l'exception d'un coup d'éclat, est comme absent du gouvernement qu'il dirige. Au point de se demander, si, celui qui est souvent présenté comme une victime de l'omniprésidence sarkozienne, ne trouve pas profit à rester à l'abri de ses ministres pour durer, et construire son ambition. Des ministres qu'il use, qu'il méprise et lâche sans feuille de route, dans des situations difficiles…

Serge Portelli
Le sarkozysme sans Sarkozy

Document
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Serge Portelli, vice-président au Tribunal de Paris, président de la 12e Chambre correctionnelle, a été conseiller auprès du Président de l'Assemblée nationale en 2001-2002. Maître de conférences à l'Institut d'études politiques puis enseignant à l'Ecole de psychologie pratique de Paris, il est l'auteur de nombreux essais, notamment Le Droit des victimes (Dalloz, 2003), Traité de démagogie appliquée (Michalon, 2006), Ruptures (Internet puis L'Harmattan, 2007), Récidivistes (Grasset, 2008).

Voici, une fois n'est pas coutume, le sarkozysme pris au sérieux. Cet essai n'est pas un pamphlet. Il est polémique, certes, mais tente une analyse rigoureuse des discours, des réformes, de l'esprit de la présidence. Serge Portelli recompose le puzzle inquiétant d'un ordre politique fasciné par l'action et dénonçant la pensée. Il esquisse le portrait d'une société nouvelle, la nôtre, instaurée dans un rejet des libertés et le refus de toute complexité.
" Nicolas Sarkozy, en soi, est un phénomène passager. Le sarkozysme, hélas, dépasse l'homme qui l'anime aujourd'hui. Le sarkozysme est une simplification du monde qui s'illustre dans le parler vrai et simple revendiqué par l'exécutif comme dans la solutionnite aiguë dont l'Etat est atteint. De l'homme prévu à l'homme prévisible, du déterminisme génétique à la prédiction de la dangerosité, une société sans risque, par conséquent sans liberté, se met en place. Avec la valorisation de la ploutocratie et de l'homme-marchandise (" l'homme n'est pas une marchandise comme les autres " dixit Nicolas Sarkozy), s'instaure un ordre chiffré, profondément anti-humaniste, où tout doit être mesuré et maîtrisé.
Le sarkozysme, c'est également l'emprise : l'omniprésence médiatique et l'Empire médiatique où s'organisent légitimations paradoxales, brouillage idéologique permanent, et une communication qui met l'expertise au service du populisme.
Le sarkozysme devient alors cet Etat limite et auto-limité, à la frontière instable de la démocratie, sans cesse tenté par l'excès et la transgression, à l'image de Nicolas Sarkozy lui-même, dont la violence est exhibée. Du trouble personnel (l'état-limite, comme on le dit en psychatrie, de notre président) à la dérive de l'Etat : pathologie de la détection, de la surveillance, du fichage, de l'enfermement, xénophobie d'Etat, destruction méthodique d'une justice indépendante. "

Serge Portelli


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Album

Laure Gasparotto et Jean-Marie Périer
Les vins de Laure


Née à Rochefort en 1971, historienne de formation, Laure Gasparotto collabore entre autres aux pages Vins du magazine Le Point. Elle a été le co-auteur avec Jonathan Nossiter de Le Goût et le Pouvoir (Grasset, 2007), qui fut un succès de librairie. Elle publiera La convivialité à petit prix avec Jean-Pierre Coffe en 2010 chez Plon. On ne présente plus Jean-Marie Périer, légende de la presse Filipacchi (Jazz Magazine, Salut les copains entre autres), photographe de la légende des sixties, il est aussi un écrivain (Oncle Dan, chez XO).

Nous devons à l'ami Gérard Oberlé cette rencontre imprévisible entre une œnologue experte en terroirs et en histoires du vin, et un photographe à l'agenda people, qui a flashé ses copains, de Jacques Dutronc aux Rolling Stones, mais jamais, jusqu'à ce livre du moins, des… agriculteurs !
C'est sous l'invocation de Gérard que s'ouvre cet album : " Chers amis vignerons, dans un monde où tant de vénérables métiers disparaissent, vous restez les défenseurs d'une science et d'un art inestimables. Vous êtes ces sages sorciers qui savent qu'aucun ordinateur ne pourra jamais remplacer les sens subtils d'un maître de chai, ses intelligences avec la sève, le moût, les vents, les lunes ".
Le panthéon bachique de Laure Gasparotto et Jean-Marie Perier est une ballade sur les routes de France, à travers les vignes, mais aussi à travers les destins individuels des quarante vignerons rencontrés. De l'Alsace à la Bourgogne, du Jura à la Provence, du Gers à la Corse, de la Champagne à la Savoie, ce ne sont pas seulement des dégustations qui attendent Laure et Jean-Marie mais des gueules, des légendes, des saveurs, des terroirs, des mystères olfactifs. Qui a goûté un Chardonnay du pape d'Arbois, Jacques Puffeney, ou un Silex rare du cultissime Didier Dagueneau aura envie de savoir qui sont les hommes derrière le vin.


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Les Cahiers Rouges

Joseph Delteil
François d'Assise


Joseph Delteil (1894-1978) est un des grands écrivains lyriques du XIXe siècle. Fils d'un bûcheron et d'une mère illettrée, il est devenu l'auteur de livres aussi célèbres que Sur le fleuve amour (1922), salué par les surréalistes, ou de Jeanne d'Arc (prix Femina 1925). Son influence s'est étendue jusqu'aux Etats-Unis, où il a été un des modèles d'Henry Miller.

Après Jeanne d'Arc et Jésus II, Joseph Delteil peint François d'Assise en lettres de feu. Ce saint révolutionnaire avait tout pour plaire à l'écrivain. Il vivait dans la joie du dénuement de tout et souhaitait faire de la terre un monastère à ciel ouvert. Il fut critiqué par la Papauté qui lui reprochait sa règle " un peu folle et barbare ", honni par " les médiocres et les habiles ", mais salué par les simples de la Création. François d'Assise est un héros, Delteil est son conteur. Voici une biographie iconoclaste, en miroir, où l'auteur évoque l'Evangile avec des mots reflétant son propre style : " Toute une Ecriture hallucinatoire, en flash... " Nous sommes prévenus. Et édifiés.

Robert de Saint-Jean
Journal d'un journaliste

Robert de Saint Jean (1901-1987), journaliste, écrivain, a rencontré tout ce qui importait au cours du XXe siècle, des artistes aux hommes d'Etat. Il a été l'ami de Julien Green, son " amour platonique ", avec qui il a connu soixante ans de complicité intellectuelle, de voyages, de bonheur.

Journal d'un journaliste (première édition : Grasset, 1974) débute au lendemain d'une soirée chez Cocteau en 1927 et se clôt en 1971 par la relation d'une discussion avec André Malraux. Un demi-siècle de portraits et de confidences. L'auteur ne fréquente pas que les gloires. L'homme de la rue est là aussi, dont il recueille les perles. Cela ne fait pas oublier la grande histoire. De l'arrivée de Hitler au pouvoir aux horreurs de la guerre, Saint Jean n'oublie rien.
Certains personnages reviennent dans ce passionnant journal : Green, Cocteau, Gide, Malraux, Mauriac, d'autres surgissant pour des portraits inattendus, tels Julien Gracq, Arthur Koestler ou Albert Camus. Et l'auteur est toujours juste. Un adjectif lui suffit pour dévoiler Louis d'Aragon ou le général de Gaulle.
Journal d'un journaliste dessine une comédie humaine. Julien Green y occupe une large part. Comme il disait lui-même de Saint Jean : " Il est toujours intéressant par quelque bout qu'on le prenne. "


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