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Cahiers Rouges
Littérature étrangère
Agata Tuszynska
Exercices de la perte
Récit
Traduit du polonais par Jean-Yves Erhel

Romancière, poète, biographe, universitaire, journaliste
et femme de théâtre, Agata Tuszynska est l'une des
personnalités les plus en vue de la jeune littérature
polonaise. Après Disciples de Schulz en 2001, sa biographie
du prix Nobel de littérature Isaac Bashevis Singer - Singer,
paysages de la mémoire - lui vaut en 2002 un accueil
enthousiaste de la critique. Elle publie Une histoire familiale
de la peur en 2006, chez Grasset.
" L'homme que j'aime et avec qui je devais vieillir est
mortellement malade. Le verdict est sans équivoque. Il n'y
a pas eu de signes avant-coureurs. Dans un mouvement de défense,
nous parlons d'amour. Nous allons nous battre, nous serons ensemble.
Nous n'allons pas capituler. "
Ce livre n'est pas seulement le récit du combat perdu d'avance
que livrèrent Agata Tuszy?ska et son mari Henryk Dasko contre
le Glioblastome multiforme, la plus féroce des tumeurs du
cerveau, c'est aussi le journal d'un amour. Un amour plus fort que
la mort inévitable, un amour qui prend ses racines dans l'admiration
qu'Agata porte à Henryk. Sur un axe Varsovie-Toronto, les
amants sont ensemble transportés dans cette " zone dangereuse
" qu'est la maladie, évoquée ici avec une précision
et une virtuosité stylistique qui évoquent L'année
de la pensée magique de Joan Didion. L'amant protecteur
et roi devient un patient dans un monde neuf. Devant l'absence d'avenir,
c'est le passé qu'on revisite, Varsovie, une famille juive,
la guerre et l'extermination des juifs d'Europe, la littérature
aimée, l'écriture, le talent des mots. C'est à
Paris, pendant la promotion de L'Histoire familiale de la peur,
qu'Agata apprend la mort d'Henryk.
Les Exercices de la perte s'apparentent à un journal
intime où l'on suit l'auteur presque jour après jour,
mois après mois. Ses phrases simples, son style limpide,
débordent d'émotions : l'amour, certes, mais aussi
le désespoir, la rage, la tristesse extrême, l'inquiétude,
la peur.
Essais, documents, biographies
Patrick Barbier
Pauline Viardot
Biographie

Historien de la musique et professeur à l'Université
catholique de l'Ouest (Angers), Patrick Barbier s'intéresse
aux rapports entre la musique et la société. Chez
Grasset, il a écrit plusieurs ouvrages sur l'époque
baroque : Histoire des castrats, Farinelli, La Venise de Vivaldi
.
En 2005, il a publié chez Pygmalion une biographie de la
Malibran, sur de Pauline Viardot. Patrick Barbier est membre
de l'Académie littéraire de Bretagne et des Pays de
la Loire.
Pauline Viardot (1821-1910) est l'une des figures dominantes du
monde artistique et littéraire au XIXème siècle.
Fille du ténor rossinien Manuel Garcia, et sur de la
grande diva romantique Maria Malibran, elle marque son temps par
ses dons exceptionnels de cantatrice et son jeu dramatique, tout
autant que par la vivacité de son esprit et la beauté
de ses compositions.
Amie intime de George Sand et de Chopin, aimée avec passion
par l'écrivain russe Ivan Tourguéniev pendant quarante
ans, elle va, grâce à la réputation de son salon
parisien, lancer la carrière de Saint-Saëns, Gounod
ou Fauré. Mariée à l'écrivain et critique
d'art Louis Viardot, Pauline parcourt l'Europe où l'acclament
des foules en liesse. Clara Schumann, Delacroix, Flaubert, Liszt,
Berlioz ou Tchaïkovski furent ses admirateurs, ses amis, ses
intimes.
De Londres à Saint-Pétersbourg et de l'Alhambra de
Grenade à l'Opéra de Paris, des milieux républicains
aux salons aristocratiques, Patrick Barbier, émaillant sa
recherche de savoureuses anecdotes, nous entraîne dans le
tourbillon artistique de l'époque romantique.
Sylvie Brunel
Manuel de guérilla à l'usage des femmes
Document
Sylvie Brunel est une spécialiste des problèmes de
la faim dans le monde. Universitaire, ancienne directrice d'Action
Internationale Contre la Faim), elle est l'auteur de plusieurs essais
sur le développement durable.
Il y a deux livres étroitement mêlés, dans
ce Manuel de guerilla. Le premier évoque, décrit,
ausculte, parfois, de façon très crue, le désarroi
des femmes qui, ayant atteint l'âge mûr, se voient,
du jour au lendemain, quittées par l'homme avec lequel elles
vivent depuis vingt-cinq ans, et qui soudain se sent rajeunir aux
côtés d'une nouvelle compagne
Sur ces problèmes
matériels, physiologiques, sentimentaux, Sylvie Brunel pose
un regard sans concession.
Il se trouve aussi que Sylvie Brunel, qui parle au nom de toutes
les femmes trahies, était, jusqu'en juin dernier, l'épouse
d'Eric Besson. Celui-ci, après avoir quitté le Parti
Socialiste, a également quitté celle qui partageait
sa vie depuis 30 ans. Du coup, le témoignage de Sylvie Brunel
prend une saveur très particulière et pleine de révélations.
Ce livre documenté et tonique est écrit d'une plume
sereine, sans acrimonie ni ressentiment. Sylvie Brunel y fait même
briller, en conclusion, une lueur d'espérance. Et si la "
femme de 50 ans " était, tous comptes faits, plus épanouie
et plus libre que bien d'autres ?
Laurent Chalumeau
En Amérique
Chroniques
Préface de Virginie Despentes

Né en 1959, Laurent Chalumeau, écrivain et journaliste,
ancien complice d'Antoine de Caunes sur Canal +, est l'auteur de
six romans publiés chez Grasset, du premier, Fuck
(1991), devenu culte depuis, à sa récente " trilogie
de la Riviera " : Maurice le siffleur (2006), Les
arnaqueurs aussi (2007) et Un mec sympa (2009), prochainement
adaptés au cinéma.
Voici près de vingt ans, Laurent Chalumeau laissait l'Amérique
dans un drôle d'état, entre jubilation rock et gueule
de bois, dans un livre qui s'intitulait Fuck et avait fait
un peu parler de lui. Celui-ci pourrait en être la face B,
comme dans les vinyles d'antan ; il aurait pu aussi s'appeler Fuck
II : le retour. Retour aux sources (" toute la musique
qu'il aime-eu
") ; retour, après un détour
par le détournement du polar à la française,
au pays d'élection, l'Amérique fantasmée -
c'est-à-dire la vraie -, celle qu'inventèrent Robert
Johnson, Chuck Berry, Elvis, Dylan, les Stones et quelques autres
encore
Retour enfin sur vingt ans de carrière journalistique.
Car avant de s'occuper de siffleurs, d'arnaqueurs et autres mecs
sympas du même acabit, Laurent Chalumeau fut, d'abord et surtout,
grand défricheur et déchiffreur de l'Amérique
rock. En témoigne aujourd'hui cette " playlist "
de textes vintage, publiés à la fin du siècle
dernier dans des magazines comme Rock & Folk ou l'Echo des savanes.
On croise, dans ce texte aux allures de Route 66 sentimentale rythmée
par une langue toute en riffs, des rappeurs mythomanes, des guitar
heros accros à l'héro, des joueurs de billard
rabelaisiens, des fantômes vaudous et des Navajos ravagés,
Tom Waits et Bruce Springsteen, Lou Reed et Jerry Lee Lewis, des
vallées de larmes blues et des monuments du " wok'n'woll
" mangés aux mythes, enfin le Diable et sa musique,
bande-son imparable dans laquelle chacun se reconnaîtra.
Caroline Fourest
La dernière utopie
Menaces sur l'universalisme
Essai
Fondatrice de la revue ProChoix, diplômée de l'EHESS,
Caroline Fourest est une des jeunes intellectuelles influentes d'aujourd'hui.
Elle collabore ainsi au Monde, à France Culture, et à
RTL. On lui doit, entre autres, Frère Tariq, Discours, stratégie
et méthodes de Tariq Ramadan (Grasset, 2004) et La tentation
obscurantiste (2005). Elle enseigne à l'IEP de Paris sur
" Multiculturalisme et universalisme ".
Caroline Fourest s'est fait une spécialité de clarifier
et de mettre en lumière les grands débats comme les
aime notre époque, mouvante et inquiète. Depuis bientôt
quatre ans, elle travaille sur une question majeure : l'agonie de
l'universalisme - notre dernière utopie. Cette belle ambition,
gravée dans le marbre de la Déclaration universelle
des droits de l'homme de 1948, est battue en brèche. Pourtant,
il n'existe pas de meilleur remède à la crise que
connaît le multiculturalisme depuis le 11 septembre 2001,
à force de tout tolérer au nom de la culture et du
religieux.
Cet enjeu dépasse largement l'aspect rhétorique. Il
est au cur de débats qui agitent quotidiennement le
monde. Les Nations-Unies, le Canada, les Etats-Unis, l'Afrique du
Sud, l'Australie, l'Inde, la Belgique, les Pays-Bas, la France
Dans tous les pays où le respect des minorités et
le culte de la diversité progresse, on se déchire
pour savoir comment concilier droit à la différence
et respect des valeurs communes. Peut-on tout tolérer - l'excision
ou l'infanticide - au nom des coutumes ? Faire passer le respect
du voile avant l'égalité hommes-femmes ? Accepter
des menus séparés dans les cantines ? Des créneaux
non-mixtes dans les piscines ? Faut-il retirer les sapins de Noël
des places publiques ? Reconnaître des arbitrages basés
sur la charia ?
Dans ce livre puissant, Caroline Fourest explique le " modèle
français ", admiré et controversé, le
malentendu avec le monde " anglo-saxon ". Elle revient
sur la Révolution française, la Constitution américaine,
raconte le débat canadien sur les " accommodements raisonnables
". Elle rend clair, enfin, les termes qui nous font perdre
la tête : communautaire, communautarisme, multiculturalisme,
essentialisme, racisme, islamophobie, musulmanophobie
Et nous
livre, à trente ans, le bréviaire courageux sur lequel
rebâtir l'envie de faire société.
Sophie Gherardi
Péchés capitaux
Le roman de la crise financière
Document
Sophie Gherardi, journaliste, a été rédactrice
en chef au journal Le Monde. Elle est actuellement Directrice adjointe
de la rédaction de La Tribune.
" Il est 7 heures, le 9 août. L'une des banques les
plus raisonnables qui soient vient de frotter une allumette au dessus
de la poudrière ". Il y a deux ans, la banque française
BNP Paribas annonçait le gel de trois de ses fonds. C'était
le début de la crise financière. La poudrière
a depuis explosé. La finance mondiale est devenue un champ
de ruines. Dans cette crise, difficile de s'y retrouver, difficile
d'en comprendre les développements, difficile de savoir où
elle nous mène.
Spectatrice privilégiée, la journaliste Sophie Gherardi
fait revivre les moments clés de ce film catastrophe, ses
héros et ses surprises, en vingt et un récits. De
Paris à Reykjavik, en passant par Liège, Washington
ou Saint Malo, on retrouve les " frères Lehman ",
le redoutable ouragan Jérôme Kerviel, Bernard Madoff
ou Jean-Claude Trichet. Une manière lumineuse d'expliquer
tous ces mots, ces termes et ces pratiques parfois obscurs qui ont
envahi notre quotidien - les subprimes, la titrisation, le G4 ou
la régulation des marchés.
Yves Jego
Avec Muriel Gremillet
15 mois et 5 jours entre faux gentils et vrais méchants
document

Yves Jego a été secrétaire d'Etat chargé
de l'Outre-mer entre le 18 mars 2008 et le 23 juin 2009. Il est
député de la troisième circonscription de la
Seine-et-Marne depuis juin 2002, et maire de Montereau-Fault-Yonne.
Il est l'auteur de deux romans historiques, d'un essai sur le Général
de Gaulle et d'un Dictionnaire impertinent de l'Ile de France.
Muriel Gremillet a été journaliste à Libération.
Elle est aujourd'hui enquêtrice indépendante.
15 mois et 5 jours. Une expérience ministérielle
entre les faux gentils et les vrais méchants. C'est le récit
d'un premier passage en tant que secrétaire d'Etat à
l'Outre Mer pour Yves Jego, sarkozyste de la première heure.
Entre une nomination annoncée par un coup de fil bref du
Président de la République et une sortie brutale et
remarquée du gouvernement par un appel, tout aussi bref,
du Secrétaire général de l'Elysée. 15
mois en 5 jours pendant lesquels se déroule un mouvement
social d'une ampleur jamais vue aux Antilles. Une crise politique
lourde, mais qui ne finit pas en bain de sang, comme ce fut hélas
souvent le cas dans les Dom-Tom. Une crise qui ouvre les yeux à
Yves Jego : et si ceux qu'il voyait en alliés, en amis politiques,
en soutiens se révélaient être de vrais méchants
? Ceux qui sapent le travail, ne pensent qu'à préserver
leurs carrières, leur longévité politique.
Rendant toute tentative de réforme impossible, en dépit
de la feuille de route élyséenne
.
Il y a le patronat local guadeloupéen, épaulé
par des relais et des réseaux solides en métropole,
qui joue un jeu trouble tout au long de la crise. Certains hauts
fonctionnaires, qui préfèrent la solidarité
de corps à l'action et la réforme. Et surtout le Premier
ministre, François Fillon. Qui, à l'exception d'un
coup d'éclat, est comme absent du gouvernement qu'il dirige.
Au point de se demander, si, celui qui est souvent présenté
comme une victime de l'omniprésidence sarkozienne, ne trouve
pas profit à rester à l'abri de ses ministres pour
durer, et construire son ambition. Des ministres qu'il use, qu'il
méprise et lâche sans feuille de route, dans des situations
difficiles
Serge Portelli
Le sarkozysme sans Sarkozy
Document

Serge Portelli, vice-président au Tribunal de Paris, président
de la 12e Chambre correctionnelle, a été conseiller
auprès du Président de l'Assemblée nationale
en 2001-2002. Maître de conférences à l'Institut
d'études politiques puis enseignant à l'Ecole de psychologie
pratique de Paris, il est l'auteur de nombreux essais, notamment
Le Droit des victimes (Dalloz, 2003), Traité de démagogie
appliquée (Michalon, 2006), Ruptures (Internet puis L'Harmattan,
2007), Récidivistes (Grasset, 2008).
Voici, une fois n'est pas coutume, le sarkozysme pris au sérieux.
Cet essai n'est pas un pamphlet. Il est polémique, certes,
mais tente une analyse rigoureuse des discours, des réformes,
de l'esprit de la présidence. Serge Portelli recompose le
puzzle inquiétant d'un ordre politique fasciné par
l'action et dénonçant la pensée. Il esquisse
le portrait d'une société nouvelle, la nôtre,
instaurée dans un rejet des libertés et le refus de
toute complexité.
" Nicolas Sarkozy, en soi, est un phénomène passager.
Le sarkozysme, hélas, dépasse l'homme qui l'anime
aujourd'hui. Le sarkozysme est une simplification du monde qui s'illustre
dans le parler vrai et simple revendiqué par l'exécutif
comme dans la solutionnite aiguë dont l'Etat est atteint. De
l'homme prévu à l'homme prévisible, du déterminisme
génétique à la prédiction de la dangerosité,
une société sans risque, par conséquent sans
liberté, se met en place. Avec la valorisation de la ploutocratie
et de l'homme-marchandise (" l'homme n'est pas une marchandise
comme les autres " dixit Nicolas Sarkozy), s'instaure un ordre
chiffré, profondément anti-humaniste, où tout
doit être mesuré et maîtrisé.
Le sarkozysme, c'est également l'emprise : l'omniprésence
médiatique et l'Empire médiatique où s'organisent
légitimations paradoxales, brouillage idéologique
permanent, et une communication qui met l'expertise au service du
populisme.
Le sarkozysme devient alors cet Etat limite et auto-limité,
à la frontière instable de la démocratie, sans
cesse tenté par l'excès et la transgression, à
l'image de Nicolas Sarkozy lui-même, dont la violence est
exhibée. Du trouble personnel (l'état-limite, comme
on le dit en psychatrie, de notre président) à la
dérive de l'Etat : pathologie de la détection, de
la surveillance, du fichage, de l'enfermement, xénophobie
d'Etat, destruction méthodique d'une justice indépendante.
"
Serge Portelli
Album
Laure Gasparotto et Jean-Marie Périer
Les vins de Laure
Née à Rochefort en 1971, historienne de formation,
Laure Gasparotto collabore entre autres aux pages Vins du magazine
Le Point. Elle a été le co-auteur avec Jonathan Nossiter
de Le Goût et le Pouvoir (Grasset, 2007), qui fut un succès
de librairie. Elle publiera La convivialité à petit
prix avec Jean-Pierre Coffe en 2010 chez Plon. On ne présente
plus Jean-Marie Périer, légende de la presse Filipacchi
(Jazz Magazine, Salut les copains entre autres), photographe de
la légende des sixties, il est aussi un écrivain (Oncle
Dan, chez XO).
Nous devons à l'ami Gérard Oberlé cette rencontre
imprévisible entre une nologue experte en terroirs
et en histoires du vin, et un photographe à l'agenda people,
qui a flashé ses copains, de Jacques Dutronc aux Rolling
Stones, mais jamais, jusqu'à ce livre du moins, des
agriculteurs !
C'est sous l'invocation de Gérard que s'ouvre cet album :
" Chers amis vignerons, dans un monde où tant de vénérables
métiers disparaissent, vous restez les défenseurs
d'une science et d'un art inestimables. Vous êtes ces sages
sorciers qui savent qu'aucun ordinateur ne pourra jamais remplacer
les sens subtils d'un maître de chai, ses intelligences avec
la sève, le moût, les vents, les lunes ".
Le panthéon bachique de Laure Gasparotto et Jean-Marie Perier
est une ballade sur les routes de France, à travers les vignes,
mais aussi à travers les destins individuels des quarante
vignerons rencontrés. De l'Alsace à la Bourgogne,
du Jura à la Provence, du Gers à la Corse, de la Champagne
à la Savoie, ce ne sont pas seulement des dégustations
qui attendent Laure et Jean-Marie mais des gueules, des légendes,
des saveurs, des terroirs, des mystères olfactifs. Qui a
goûté un Chardonnay du pape d'Arbois, Jacques Puffeney,
ou un Silex rare du cultissime Didier Dagueneau aura envie de savoir
qui sont les hommes derrière le vin.
Les Cahiers Rouges
Joseph Delteil
François d'Assise
Joseph Delteil (1894-1978) est un des grands écrivains lyriques
du XIXe siècle. Fils d'un bûcheron et d'une mère
illettrée, il est devenu l'auteur de livres aussi célèbres
que Sur le fleuve amour (1922), salué par les surréalistes,
ou de Jeanne d'Arc (prix Femina 1925). Son influence s'est étendue
jusqu'aux Etats-Unis, où il a été un des modèles
d'Henry Miller.
Après Jeanne d'Arc et Jésus II, Joseph Delteil peint
François d'Assise en lettres de feu. Ce saint révolutionnaire
avait tout pour plaire à l'écrivain. Il vivait dans
la joie du dénuement de tout et souhaitait faire de la terre
un monastère à ciel ouvert. Il fut critiqué
par la Papauté qui lui reprochait sa règle "
un peu folle et barbare ", honni par " les médiocres
et les habiles ", mais salué par les simples de la Création.
François d'Assise est un héros, Delteil est son conteur.
Voici une biographie iconoclaste, en miroir, où l'auteur
évoque l'Evangile avec des mots reflétant son propre
style : " Toute une Ecriture hallucinatoire, en flash... "
Nous sommes prévenus. Et édifiés.
Robert de Saint-Jean
Journal d'un journaliste
Robert de Saint Jean (1901-1987), journaliste, écrivain,
a rencontré tout ce qui importait au cours du XXe siècle,
des artistes aux hommes d'Etat. Il a été l'ami de
Julien Green, son " amour platonique ", avec qui il a
connu soixante ans de complicité intellectuelle, de voyages,
de bonheur.
Journal d'un journaliste (première édition : Grasset,
1974) débute au lendemain d'une soirée chez Cocteau
en 1927 et se clôt en 1971 par la relation d'une discussion
avec André Malraux. Un demi-siècle de portraits et
de confidences. L'auteur ne fréquente pas que les gloires.
L'homme de la rue est là aussi, dont il recueille les perles.
Cela ne fait pas oublier la grande histoire. De l'arrivée
de Hitler au pouvoir aux horreurs de la guerre, Saint Jean n'oublie
rien.
Certains personnages reviennent dans ce passionnant journal : Green,
Cocteau, Gide, Malraux, Mauriac, d'autres surgissant pour des portraits
inattendus, tels Julien Gracq, Arthur Koestler ou Albert Camus.
Et l'auteur est toujours juste. Un adjectif lui suffit pour dévoiler
Louis d'Aragon ou le général de Gaulle.
Journal d'un journaliste dessine une comédie humaine. Julien
Green y occupe une large part. Comme il disait lui-même de
Saint Jean : " Il est toujours intéressant par quelque
bout qu'on le prenne. "
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