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Essais, documents, biographies | Petite
collection blanche
Les Cahiers Rouges
Littérature Française
Olivier BARROT
L'ami posthume
Gérard Philipe, 1922-1959
récit
Journaliste, écrivain, animateur sur France 3 de l'émission
Un livre, un jour, responsable du Magazine Senso, Olivier
Barrot est avant tout un passionné de théâtre
et de cinéma - comme en témoigne son récent
ouvrage sur Sacha Guitry (Gallimard). Mais sa rencontre avec Gérard
Philipe relève d'un registre plus personnel, plus intime.
Cet essai biographique est né le jour où Olivier Barrot
a découvert une photographie sur laquelle on voyait son propre
père, un technicien de cinéma, sur un tournage aux
côtés de Gérard Philipe, alors au sommet de
sa gloire
Ce visage, à côté de celui de
son père, lui a inspiré aussitôt une sorte de
" fraternité " insaisissable - qui est devenue
le fil conducteur de ce livre
C'est à un véritable " exercice d'admiration
" que se livre l'auteur. Et à une enquête sur
l'époque, ainsi que sur les milieux du théâtre
et du cinéma
Car Gérard Philipe n'était
pas seulement un comédien, mais aussi, dans une France meurtrie
par la guerre, le symbole d'une renaissance juvénile et humaine.
Olivier Barrot entreprend de suivre son ami posthume, de film en
film, du Festival d'Avignon au théâtre de Chaillot,
du " Cid " au " Prince de Hambourg ". Au passage,
il se glisse dans toutes les coulisses, y compris celles de la politique
et de l'Histoire (puisque Gérard Philipe était également
le porte-drapeau d'un certain communisme porteur d'avenir radieux).
Les années 1950-60 sont ainsi ressuscitées avec tendresse
et lucidité. On s'y plonge comme dans un monde d'autrefois,
rempli d'espérances et d'illusions.
René de Obaldia
De l'Académie française
Du vent dans les branches de Sassafras
René de Obaldia, poète, romancier, dramaturge, citoyen
d'honneur de Waterloo, a été reçu à
l'Académie française en 2000. Son oeuvre est jouée
dans le monde entier. Son Théâtre intégral a
paru chez Grasset en octobre 2001, suivi de Fantasmes de demoiselles
en 2006.
Hirsute, la voix cassée, il est un vieux dur à cuire,
cow-boy sans peur et sans reproche, patriarche au sang chaud et
aux propos musclés. C'est Rockfeller, personnage haut en
couleur de cette parodie de western, mijotée avec humour
et relevée d'une pointe de poésie par René
de Obaldia
Il y a là le médecin ivrogne, la mère au solide
bon sens, la fille de joie au grand cur, le shérif
justicier
Le texte est drôle, inventif, blagueur. Un
western légendaire, mais aussi une parodie du western, avec
ses splendeurs et ses misères
René de Obaldia
De l'Académie française
Comédies en un acte
Ce volume rassemble quatre impromptus légendaires de René
de Obaldia : Le défunt, Le grand vizir, La baby-sitter et
Pous ses beaux yeux.
Voici ce qu'écrivait Pierre Lepape à leur sujet :
" Obaldia n'a pas eu besoin de comprendre que pour l'essentiel,
le théâtre est un jeu. C'est sa manière de penser,
de rêver et d'écrire
On commence doucement à
se raconter une histoire, par exemple celle de deux femmes qui aiment
un même homme et qui essaient verbalement de se l'arracher
Alors que celui-ci vient de mourir dans un accident de voiture
Ces pièces de théâtre gourmand se lisent avec
autant de délectation qu'elles se voient, fabriquent et diffusent
une manière de morale en creux faite de lucidité,
de générosité attentive, d'intelligence sans
calcul. Affonter l'angoisse contemporaine, refléter les peurs
les plus profondes n'oblige pas à se morfondre ! "
Littérature étrangère
Edwidge Danticat
Adieu mon frère
Récit
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jacques Chabert
Née en Haïti en 1969 et installée aux Etats-Unis
depuis près de trente ans, Edwidge Danticat est l'auteur,
chez Grasset, de La Récolte douce des larmes (1999), Après
la danse (2004) et Le Briseur de rosée (2005). En 2007, Adieu
mon frère a été salué unanimement par
la critique américaine et a reçu le National Book
Critics Circle Award de l'autobiographie.
Edwidge Danticat n'a que quatre ans, en 1973, quand ses parents
quittent Haïti pour des jours meilleurs en Amérique.
Elle est alors élevée par son oncle Joseph, ancien
pasteur que la maladie a rendu muet mais qui n'a rien perdu de son
extraordinaire charisme. La vie en Haïti, pour Edwidge et ses
nombreux frères, surs et cousins, est un mélange
ambigu de bonheurs simples et de douleurs parfois difficiles à
comprendre pour des enfants.
Lorsque Edwidge retrouve enfin ses parents à New York, ceux-ci
lui paraissent étrangers, et elle doit réapprendre
à les connaître, tandis que de là-bas, en Haïti,
leur parviennent les échos d'une situation politique de plus
en plus inquiétante à mesure que le pays sombre aux
mains des " tontons macoutes ". Faire venir à son
tour l'oncle Joseph aux Etats-Unis devient bientôt l'une des
préoccupations majeures de la famille. Il n'arrivera à
Miami qu'en 2004, à l'âge de 81 ans - mais son salut
sera de courte durée. Confronté à la folie
des service de l'immigration américaine, dans l'après
11-Septembre, il mourra de mauvais traitements, privé de
tout médicament.
Sous la plume d'Edwidge Danticat, la petite et la grande histoire
se rejoignent, les larmes et les joies se mêlent, les morts
renaissent dans le souvenir des vivants. Mémoire autobiographique,
ce livre poignant est aussi une réflexion sur les liens du
sang et la violence avec laquelle l'histoire peut parfois les défaire
; c'est le portrait de quelques hommes et femmes qui s'acharnèrent
à offrir aux leurs un avenir meilleur, et d'une tribu d'enfants
ballottés entre un père et un oncle, de continent
en continent, d'une vie à l'autre. C'est enfin, par la grâce
d'une prose précise et pudique, la preuve qu'il n'est de
vraie patrie, pour l'écrivain, que la littérature.
Stefan Zweig
Le voyage dans le passé
Inédit
Traduit de l'allemand par Baptiste Touverey
Né à Vienne en 1881, fils d'un riche industriel, Stefan
Zweig a pu étudier en toute liberté l'histoire, les
belles lettres et la philosophie. Poète, dramaturge, romancier,
il est l'auteur d'essais sur Stendhal, Hölderlin, Dostoïevski,
Nietzsche. Biographe de Marie-Antoinette, Magellan, Fouché,
ce grand humaniste a aussi laissé d'admirables nouvelles
: Amok, La Confusion des sentiments... Il s'exila d'Autriche en
1934, se réfugia en Angleterre, puis aux Etats-Unis. C'est
au Brésil, en 1942, qu'il se suicida avec sa femme.
C'est l'histoire d'un amour contrarié par les circonstances
de la vie : un jeune homme pauvre tombe amoureux de la femme de
son riche employeur, qui est également son bienfaiteur. Elle
l'aime aussi. Il est envoyé pour plusieurs années
en Amérique Latine pour une mission de confiance ; elle lui
promet de se donner à lui quand il reviendra. Mais ce retour
ne cessera d'être différé : la guerre de 1914-18
éclate, empêchant toute traversée de l'Atlantique
pour les ressortissants des pays ennemis de l'Angleterre ; le jeune
homme finit par se marier et fonder une famille. Les retrouvailles
n'ont finalement lieu que neuf ans plus tard et elles ont un goût
amer. Le lecteur est pris par cette histoire d'amour impossible,
émouvante, qui rappelle par bien des aspects la fin de L'Education
sentimentale. C'est une belle réflexion sur l'usure des
sentiments et l'impossibilité de faire revivre le passé.
Essais, documents
Blandine Kriegel
Querelles françaises
Entretiens avec Alexis Lacroix
Préface d'Alexandre Adler
Blandine Kriegel, 64 ans, philosophe, professeur émérite
des universités, a joué un rôle pionnier dans
la redécouverte de l'Etat de droit et la philosophie politique
française. Elle a été présidente du
Haut Conseil de l'intégration et conseillère du Président
de la République de 2002 à 2005. Elle est l'auteur
de livres importants, parmi lesquels : L'Etat et les esclaves, réflexion
pour l'histoire des Etats (Calmann-Lévy, puis Payot).
Alexis Lacroix, 35 ans, journaliste, philosophe et germaniste de
formation, est actuellement rédacteur en chef-adjoint à
Marianne et au Magazine Littéraire.
Etat ou société civile ? République ou Empire
? Le progrès par le social ou par le droit ? Les droits de
l'Homme ou la loi des Etats ? " Nature est un doux guide "
ou " Devenir maître et possesseur de la nature "
?
Les querelles françaises les plus actuelles sont aussi les
plus anciennes, et elles n'ont pas fini d'animer notre opinion publique.
En répondant aux interrogations sans concession du journaliste
Alexis Lacroix, la philosophe Blandine Kriegel, faisant retour sur
son propre parcours, tâche d'éclairer la généalogie
de ces querelles et de clarifier ses principales réponses.
Au début des temps modernes, émerge dans la construction
de l'Etat souverain, l'idée de République. Pourtant,
malgré ses triomphes déjà anciens, la République
connaît plusieurs dérives impériales et semble
incertaine de sa durée et de ses concepts. N'existe-t-il
pas " un reste impérial " au cur de la souveraineté
? Comment interpréter les conflits de l'histoire du droit
qui rapprochent ou écartent la République moderne
du droit ancien ? Comment expliquer que le droit soit devenu le
parent pauvre du social, alors que la recherche de la justice est
une grande cause nationale, sinon par un approfondissement des conflits
philosophiques qui séparent les deux grandes voies de la
modernité dans leur rapport à la Révolution
?
Les idées peuvent avoir un droit de suite en politique. Blandine
Kriegel les associe librement à l'histoire récente,
en montrant comment sa génération s'est efforcée,
dans l'immédiate après-guerre, jusqu'en 1968, de procéder
à ses risques et périls, à une nouvelle invention
de la liberté.
Laure Mandeville
La reconquête russe
Document
Collection dirigée par Perrine Simon-Nahum
Laure Mandeville est grand reporter au Figaro. Elle a vécu
en Russie et couvert les différents crises de l'après-communisme
depuis 1989, de la Tchétchénie jusqu'aux derniers
événements de Géorgie, où elle vient
de passer quinze jours.
Le 8 août 2008, Poutine lançait ses chars contre la
Géorgie sous les yeux de l'Occident stupéfait. Ce
n'est ni un accident, ni un hasard de l'histoire mais l'aboutissement
d'un processus qui débute au milieu des années 1990
alors que se noue, sans qu'on n'en ait encore conscience, le tragique
échec de la démocratie en Russie. Ce livre raconte
la renaissance d'un " système " qu'on croyait défunt
et comment, depuis le Kremlin, Poutine et ses hommes ont engagé
la reconquête idéologique, politique et économique
de la population et du territoire russes. Il explique les raisons
qui conduisent aujourd'hui à la contre-attaque de l'Empire.
Parce que Laure Mandeville a été au cur du volcan
russe depuis 1989, parce qu'elle a été le témoin
privilégié des arcanes du pouvoir, son histoire de
la Russie post-communiste se lit comme un véritable roman
avec ses héros, ses mauvais génies, ses drames, son
peuple ballotté et sa quête d'une démocratie
introuvable. De l'échec de l'ère elstinienne qui a
tourné au pillage à l'invasion de la Georgie, de la
montée de Poutine au pouvoir à la chute du nouveau
Prince du capitalisme russe, Mikhaïl Khodorkovski, c'est la
même logique d'un pouvoir prédateur qui s'impose, détruisant
systématiquement toute possibilité d'opposition. Aujourd'hui
cette dérive nationaliste russe sonne comme un défi
majeur pour l'Occident. Saura-t-il arrêter les apprentis sorciers
qui, au Kremlin, ont agi jusqu'ici en toute impunité ? Si
tel n'était pas le cas, la reconquête russe ne serait
pas seulement synonyme d'une nouvelle tragédie pour la nation
russe mais sonnerait le glas de la sécurité de nos
démocraties.
Miss.Tic
Je prête à rire mais je donne à penser
Artiste connue et reconnue, icône de l'art urbain, Miss.Tic
expose ses uvres dans l'espace public, dans les galeries et
dans les foires internationales d'art contemporain. Certaines de
ses uvres ont été acquises par le Fond d'art
contemporain de la ville de Paris et le Victoria and Albert Museum,
à Londres.
Elle a travaillé, entre autres, pour Kenzo, Comme des garçons,
UCAR, Louis Vuitton, la Ville d'Orly pour la création d'une
fresque murale et pour le ministère du Logement et de la
Ville. Elle a réalisé l'affiche du dernier film de
Claude Chabrol, La fille coupée en deux, et vient de collaborer
à la création d'une nouvelle collection pour le maroquinier
Lamarthe.
Grande figure du Street Art, Miss.Tic a fait des rues
de la capitale sa plus belle galerie. Depuis 1985, elle bombe au
pochoir, sur les murs, des billets d'humeur illustrés de
portraits de femmes, légendés de phrases pertinentes
et impertinentes.
Voici enfin réunies, dans un ouvrage, ces phrases à
l'humour subtil et corrosif. Aphorismes, sentences, épigrammes,
formules, épitaphes, jeux de mots, messages qui nous parlent
de notre époque, de l'amour, du temps qui passe. Entre calembours
et traits d'esprit, son écriture est jubilatoire, ses figures
de mots transgressent les régles élémentaires
de notre langage et de nos lieux communs. Ces textes révèlent
une expérience artistique libre, singulière et provocante.
Airy Routier
Le Phénix
Le retour de Bernard Tapie
Document

Diplômé de l'Institut d'Etudes Politique de Paris et
docteur en histoire de l'Université de Cambridge, David Todd
est research fellow de la Fondation Andrew Mellon au Centre
for History and Economics et au collège de Trinity Hall à
Cambridge.
Alors que Bernard Tapie était en prison, pour avoir truqué
un match de l'Olympique de Marseille et surtout pour s'être
moqué pendant des années des lois et des magistrats,
son fils Laurent, réunissant quelques journalistes, leur
avait raconté une histoire à dormir debout : ce n'est
pas Tapie qui avait escroqué le Crédit Lyonnais, au
début des années 1990, comme tout le monde le disait
alors, mais le contraire. Encore une entourloupe de l'homme d'affaires
déchu ? Et pourtant, Laurent Tapie avait raison. Le 7 juillet
2008, au terme d'un véritable Everest judiciaire, un tribunal
arbitral a condamné sans appel le CDR à verser 285
millions d'euros - auxquels s'ajouteront les intérêts
- aux liquidateurs des sociétés de Bernard Tapie,
au titre du manque à gagner et du préjudice moral.
Non seulement la banque, alors publique, a capté une plus
value de près de 2 milliards de francs sur la vente d'Adidas
qui aurait dû revenir à celui qui était alors
ministre de Pierre Bérégovoy, mais elle l'a en outre
mis délibérément en situation de banqueroute,
l'empêchant de briguer la mairie de Marseille.
Confirmant plusieurs jugements antérieurs, cette sentence
a fait scandale tant aux yeux du grand public, choqué par
le montant des sommes, qu'à ceux d'un certain establishment,
hostile à tout ce que représente Tapie. Certains ont
dénoncé le rôle supposé de Nicolas Sarkozy.
Ces nouveaux événements obligent à revisiter
entièrement la carrière du Flambeur - titre de notre
livre paru en octobre 1994 et vendu à plus de 100.000 exemplaires.
A 65 ans, celui-ci va renaître de ses cendres, tel un Phénix.
Porté au nues avant d'être jeté aux chiens,
Tapie s'identifie volontiers au comte de Monte-Cristo. Redevenu
riche et puissant, va-t-il se venger, comme Edmond Dantès,
de tous ceux qui l'ont fait tomber ? Reviendra-t-il en politique
?
François Simon
Pique-assiette
La fin d'une gastronomie française
Document

Grand reporter au Figaro et au Figaro Magazine, François
Simon est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages chez différents
éditeurs. Il réalise également pour Paris Première
des chroniques filmées. Il vit à Paris mais se déplace
beaucoup en province et dans le monde.
Tous les lecteurs du Figaro, mais aussi les autres, ceux qui l'écoutèrent
sur France Inter ou le regardent sur Paris Première, connaissent
François Simon, ou du moins sa manière : son intransigeance,
son humour à froid, son allant stylistique, le tout consacré
à cette matière qui passionne inlassablement les français,
la gastronomie !
Comme la mode haute couture ou le cinéma d'auteur, on pourrait
penser que la gastronomie prend sa place à part dans le panthéon
de nos valeurs nationales. A lire François Simon, on comprend
qu'il n'en est rien. Où sont passés nos grands chefs
? Sur quelle planète d'un exil doré, de Tokyo à
Londres, sont-ils allés investir leur talent ? Faut-il gérer
un restaurant comme une multinationale ? Que pensent vraiment messieurs
Ducasse ou Bocuse ? Devons-nous céder à la tyrannie
de l'émulsion chimique ? Sommes-nous voués encore
longtemps à la mode de la miniature dans l'assiette ? N'est-il
pas indécent de payer plusieurs centaines d'euros pour un
plat cuisiné ? Faut-il supprimer le guide Michelin ?
Et quand il en a assez des intimidations du pouvoir culinaire et
des pressions musclées, le voici sur les routes de la France
éternelle, entre terrine et surprises au bout du chemin.
Là, parfois, c'est comme un bonheur qui vous prend.
Anne Simonin
Le déshonneur dans la République
Une histoire de l'indignité (1791-1958)
Essai
Collection dirigée par Patrick Weil

Anne Simonin, diplômée de l'Institut d'Etudes Politiques
de Paris, docteur habilitée en histoire, est chargée
de recherche au CNRS (IRICE, Université de Paris 1). Elle
travaille, dans une perspective historique, sur les liens existant
entre le droit et la littérature. Elle est notamment l'auteur
de Les Éditions de Minuit, 1942-1955 : le devoir d'insoumission
(IMEC, coll. " L'édition contemporaine ", édition
augmentée, 2008).
La répression des faits de collaboration, plus connue sous
le nom d'épuration, est demeurée célèbre
pour l'inégalité et la dureté de ses verdicts,
en particulier ceux envers les écrivains, tel le journaliste
antisémite Robert Brasillach, condamné à mort
et exécuté en 1945. Or, la mort la plus appliquée
à la Libération ne fut pas la guillotine, mais une
mort symbolique, celle emportée par la privation des droits
de citoyen et les interdictions professionnelles sanctionnant le
nouveau crime d'" indignité nationale ".
Le droit pénal en vigueur en 1939 ne permettant pas de réprimer
le crime commis, entre 1940 et 1944, par les citoyens français
ayant accepté de servir un gouvernement aux ordres de l'ennemi,
les juristes de la Résistance eurent dans la clandestinité
l'idée de l'indignité nationale ou crime de lèse-République.
L'indignité nationale ne privait les vichystes ni de leur
vie, ni de leur liberté. Elle les transformait en citoyens
de seconde classe, déshonorés. Près de 10 000
Françaises et Français se virent ainsi frappés
de mort civique, quand 1500 d'entre eux furent exécutés
entre 1944 et 1951.
D'où vient l'idée que, dans la République,
le droit peut raisonnablement priver un citoyen ou une citoyenne
de son honneur, et, en lui infligeant une honte publique, le transformer
pour un temps en citoyen indigne ? Pourquoi les juristes révolutionnaires
ont-ils éprouvé le besoin de conserver, dans le nouveau
code pénal de 1791, les peines " simplement infamantes
" en vigueur dans l'ancien droit ? Est-ce parce que l'honneur,
loin d'être comme le pensait Montesquieu, le principe du seul
gouvernement monarchique, est, associé à la vertu
et au respect de l'intérêt général, le
principal fondement du gouvernement républicain ? L'indignité,
la privation infamante des droits de citoyen, est le moyen imaginé
par le droit pour faire triompher ce principe mixte de l'ordre public
républicain : l'honneur-vertu. Grâce à l'indignité,
seuls les citoyens dignes participent à la vie de la communauté,
les citoyens indignes, enfermés dans un " carcan d'infamie
", s'en trouvent exclus et interdits de nuire.
Incarnant par ses mésaventures singulières, les tribulations
d'un indigne ; formulant la plus radicale critique de l'application
de l'indignité, sous la Terreur comme lors de la Libération,
la vie, les écrits, les censures politiques du marquis de
Sade sont le fil rouge d'une histoire de l'indignité qui
de Robespierre au général de Gaulle a espéré
fonder ou rétablir la République sur la devise : Liberté,
Égalité, Fraternité
ou Indignité.
Petite collection blanche
Eric Besson
La République numérique
Essai

Eric Besson - dont le Qui connaît Madame Royal ? fut un best-seller
- est désormais ministre dans le gouvernement de François
Fillon. A ce titre, il a été amené à
suivre le dossier d'Internet et de ses implications sociales, économiques,
politiques. Passionné par son sujet, il se fait aujourd'hui
l'analyste et le défenseur de la nouvelle " République
numérique ".
Ce livre se propose d'analyser comment le numérique est
devenu un levier de progrès - à la fois culturel,
économique et politique -, qui en fait l'incontournable outil
d'une émancipation individuelle et collective. A l'heure
où certains dénoncent une nouvelle barbarie, Eric
Besson estime que la révolution numérique signifie
d'abord un accès inédit à la connaissance et
à l'information pour tous. Cette révolution, aussi
décisive que celle de Gutenberg, s'annonce comme le révélateur
photosensible de ce que nous sommes, en une nouvelle incarnation
du " connais-toi toi même " socratique.
Internet devient un nouveau dispositif économique capable
d'améliorer profondément la qualité de vie
du citoyen et la valeur intrinsèque du régime démocratique,
de permettre de nouvelles formes d'engagement et de participation
civiques, de décupler les potentialités de la recherche
scientifique et technique. Enfin, tel l'organisme fabriquant lui-même
ses propres antiviraux, l'Internet se montre capable de s'autoréguler.
Le numérique nous conduit ainsi vers une refonte de la citoyenneté,
une refondation de la démocratie, créant au passage
la plus gigantesque interface de solidarité planétaire
de ce XXI° siècle. Faisons ensemble ce pari, nous dit
l'auteur : la République numérique sera sociale et
solidaire - ou elle ne sera pas.
Nicolas Tenzer
Quand la France disparaît du monde
Essai
Nicolas Tenzer, ancien élève de l'Ecole normale supérieure
de la rue d'Ulm et de l'ENA, est président du Centre d'étude
et de réflexion pour l'action politique (CERAP) et directeur
de la revue Le Banquet. A la fois intellectuel et haut fonctionnaire,
ancien chef de service au Commissariat général du
Plan, on lui doit des ouvrages salués par la critique et
le public (notamment Le tombeau de Machiavel, Flammarion, 1997,
La face cachée du gaullisme, Hachette Littératures,
1998, Les valeurs des Modernes, Flammarion, 2003 et France : la
réforme impossible ?, Flammarion, 2004) et des centaines
d'articles scientifiques et destinés au grand public. Auteur
de rapports officiels qui ont inspiré la réforme de
l'Etat en France et à l'étranger, il a à deux
reprises audité notre politique internationale. Il vient
de passer un an et demi à parcourir le monde dans le cadre
d'une mission interministérielle dont est issu le présent
ouvrage.
De de Gaulle à Sarkozy, les dirigeants français ont
toujours rêvé d'une grande politique étrangère.
Mais avons-nous les moyens de notre puissance et de notre influence
? Venant de parcourir plus d'une vingtaine de pays et ayant rencontré
1300 personnes dans le cadre d'une mission officielle, Nicolas Tenzer
lance un cri d'alarme. Au-delà des gesticulations et des
postures, la France s'efface du monde. Incapable de structurer durablement
des relations intellectuelles en profondeur avec les principaux
lieux de pensée mondiaux, elle se marginalise sur la scène
internationale des idées. Ne se donnant pas les moyens de
conquérir des marchés d'expertise de centaines de
milliards d'euros, elle voit son poids économique et son
influence, notamment en matière de normes techniques et juridiques,
se réduire. Prompte à tenir de beaux discours dans
les enceintes internationales, elle ne parvient pas à nouer
des relations de travail avec les organisations internationales
au-delà du verbe. Chantant les louanges de la francophonie
et de l'exception culturelle, elle n'a pas les moyens de sa politique.
Intendance déficiente, querelles administratives subalternes,
repliement sur soi, manque de leadership, il faut regarder la réalité
en face : la France n'a pas de stratégie internationale digne
de ce nom et, quand elle prétend en dessiner une, elle ne
la traduit pas en actes. Pendant ce temps, Britanniques, Allemands,
Canadiens, Nordiques, Espagnols et bien sûr Américains,
de manière moins clinquante et plus pragmatique, marquent
des points.
Cette sortie du jeu international est-elle inéluctable ?
Non, mais la fenêtre de tir est courte. Nous avons tout au
plus deux ou trois ans pour agir. Alors que nous avons des moyens
humains de qualité et des capacités intellectuelles
reconnues, les élites politiques et administratives seraient
responsables devant l'histoire si elles préféraient
les apparences de la " grandeur " à la décision.
Après avoir lu ce livre, personne ne pourra plus dire : "
Nous ne savions pas ".
Remise en vente
Joachim Fest
Les maîtres du III° Reich
essai

Joachim Fest (1926-2006) était un historien et journaliste
allemand. Issu d'une famille bourgeoise ayant résisté
aux nazis, à laquelle il rend hommage dans son autobiographie
Ich nicht (" Pas moi "), Joachim Fest a toujours fait
preuve d'honnêteté et d'intransigeance vis-à-vis
de l'histoire de l'Allemagne.
Son maître-ouvrage sur les protagonistes du régime
nazi, Les maîtres du III° Reich, paraît chez Grasset
en 1965. Il est l'auteur des Derniers jours de Hitler (Perrin, 2005),
qui a inspiré le film La chute.
" Dès le commencement de ce travail, il
nous parut impossible de nous contenter de tracer le portrait des
dirigeants du Troisième Reich, d'évoquer les seuls
éléments passionnels qui ont conditionné leur
carrière politique, les motifs de leur comportement : c'eût
été imposer de vaines et même inadmissibles
limites à notre propos. Aussi avons-nous tenté d'insérer
chaque portrait dans le contexte qui lui est propre.
Ainsi celui de Ribbentrop est-il accompagné d'une analyse
de quelques unes des grandes caractéristiques de la politique
étrangère nationale-socialiste ; le personnage de
Bormann suscite des réflexions sur les structures de l'état-major
du Reich hitlérien ; Himmler nous donne l'occasion de faire
diverses remarques sur la nature et les objectifs de l'Etat SS,
tandis qu'on est amené, à propos de Goebbels, à
projeter quelques lumières sur les maximes, les postulats
et le style de la propagande nationale-socialiste. Au-delà
des traits caractéristiques des individus, chaque portrait
a toujours pour objectif de situer le personnage évoqué
dans un tableau d'ensemble du Troisième Reich. Quant à
l'étude sur Hitler, elle tente d'éclairer l'ensemble
des événements de ces vingt-cinq années qui
constituent l'arrière-plan historique commun à tous
les acteurs dont on a raconté l'ascension et le rôle,
sans pour autant négliger les éléments purement
biographiques.
Notre propos est de présenter, dans la mesure du possible,
les traits essentiels de ce régime, afin que le lecteur en
appréhende une image qui dépasse le cadre des protagonistes.
"
Joachim Fest
Les Cahiers Rouges
Joseph Delteil
Les poilus

Joseph Delteil (1894-1978) est un des grands écrivains lyriques
du XIXe siècle. Fils d'un bûcheron et d'une mère
illettrée, il est devenu l'auteur de livres aussi célèbres
que Sur le fleuve amour (1922), salué par les surréalistes,
ou de Jeanne d'Arc (prix Femina 1925). Son influence s'est étendue
jusqu'aux Etats-Unis, où il a été un des modèles
d'Henry Miller.
" J'ai la tête épique. " Ces premiers mots
des Poilus, Delteil les illustre de façon magistrale. A la
geste des soldats de la Grande Guerre, ces héros anonymes
de la Marne, des tranchées et de Verdun répond celle
de leurs chefs immortels, Gallieni, Clemenceau, Foch, dont Delteil
nous laisse des portraits inoubliables. Incarnation de la France
terrienne et paysanne, le poilu l'emporte, car " la victoire,
la défaite : il s'en fiche. L'essentiel, c'est l'honneur
".
Ernst Glaeser
Le dernier civil

Ernst Glaeser (1902-1963) a grandi dans la vallée du Rhin,
paysage qui a servi de modèle à la ville de Siebenwasser
du Dernier civil. Auteur d'un roman sur la grande guerre vue par
des adolescents (Classe 22), il a également écrit
La Paix sur la chute de la monarchie en Allemagne. Son chef-d'uvre
reste Le Dernier civil où, dès 1936, il évoque
la menace que représente le régime nazi.
Après quarante-cinq années d'exil, Jean-Gaspard
Bäuerle retrouve sa ville natale de Siebenwasser. Nous sommes
en 1927 et la République de Weimar agonise doucement sous
la poussée du nazisme qui, de la prostituée à
la veuve de guerre, en passant par le pasteur et le potache fort
en thème, gagne chaque jour de nouvelles recrues. Dans cette
Allemagne ravagée par l'épidémie idéologique,
Jean-Gaspard Bäuerle sera bientôt " le dernier civil
"
Le Dernier Civil, qui évoque à la fois les chroniques
balzaciennes et les romans polyphoniques de Dos Passos, constitue
un témoignage unique sur la montée du nazisme. La
traduction du livre est due au grand poète Jean-Paul de Dadelsen.
Natalia Ginzburg
Les mots de la tribu

Natalia Ginzburg (1916-1991) est née d'un père juif
et d'une mère protestante. Un de ses frères a un temps
vécu avec la fille de Modigliani, sa sur s'est mariée
à Adriano Olivetti, l'industriel des machines à écrire.
Elle-même a épousé Leone Ginzburg, essayiste
et critique. Arrêté par les Allemands, celui-ci meurt
sous la torture en 1944. Quant à Natalia, elle est l'auteur
d'une uvre ironique, âpre et altière. Leur fils
Carlo Ginzburg est devenu un historien de réputation internationale.
Natalia Ginzburg raconte son enfance et son adolescence
: un père fantasque et une mère plaintive, des amis
promis à la gloire ; Turin, l'antifascisme, les arrestations,
la guerre, la déportation, l'assassinat d'un mari aimé.
Tandis que les parents parlent et résument le monde en quelques
jugements lapidaires, les enfants découvrent la résistance
de la vie qui leur oppose les énigmes meurtrissantes de l'amour,
de la guerre, de la mort.
Le comique des mots contraste avec le tragique des événements.
On n'avait jamais raconté avec autant de finesse et de malice
le malentendu qui sépare les générations. On
n'avait jamais peint avec autant d'humour et de tendresse la difficulté
des rapports humains.
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