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collection blanche
Les Cahiers Rouges | Grasset-Jeunesse
Littérature Française
Jules Barbey d'Aurevilly
Omnia
Essai
Barbey d'Aurevilly (1808-1889) est un des plus brillants polémistes
et un des grands romanciers du XIXe siècle. Il est notamment l'auteur
d'Une vieille maîtresse (1851), de L'ensorcelée (1854),
du Chevalier Des Touches (1864) et des Diaboliques
(1874).
Barbey d'Aurevilly est surtout connu pour ses romans. C'était
aussi un essayiste de premier plan. Il a laissé une vingtaine
de volumes de critique (Les uvres et les Hommes) et a fait
connaître le dandysme en France grâce à son Du
dandysme et de Georges Brummel.
Moraliste, penseur, pamphlétaire, Barbey a toute sa vie tenu
des carnets de notes et de réflexions, dont les fameux Memoranda.
On croyait connaître l'intégralité de ces ouvrages
jusqu'à la découverte récente de deux cahiers,
intitulés Omnia (" tout ", en latin) par Barbey
lui-même. Commencés en 1855, ils permettent de mieux
cerner l'imaginaire de l'auteur des Diaboliques. Suite de réflexions,
d'observations, de notes de lectures, ils comprennent des clefs
pour la compréhension de ses romans, mais aussi des remarques
sans illusions (" Les enfants nous consolent de tous les chagrins,
en attendant les épouvantables qu'ils ne manqueront pas de
nous donner "), sarcastiques (" Quand on a des opinions
courantes, je les laisse courir "), ainsi qu'un grand nombre
de remarques éblouissantes sur ses contemporains, d'Henri
Heine à Chateaubriand.
Le livre est présenté et annoté par Joël
Dupont, spécialiste de l'uvre de Barbey d'Aurevilly.
Joë Bousquet
Lettres à une jeune fille
Correspondance inédite
Préface de Nicolas Brimo
Joë Bousquet (né à Narbonne en 1897, mort à
Carcassonne en 1950) est cet illustre poète et écrivain
qui, blessé en 1918 par une balle allemande qui atteignit
sa colonne vertébrale, perdit définitivement l'usage
de ses membres inférieurs et resta alité, pour le
reste de sa vie, à Carcassonne, au 53 de la rue de Verdun,
dans une chambre dont les volets étaient éternellement
clos. Là, il écrivit une uvre exigeante, traduite
dans le monde entier. Il est également l'auteur d'une abondante
correspondance (avec Eluard, Max Ernst, entre autres), et avec des
femmes abstraitement aimées - comme la fameuse " Poisson
d'or ", éponyme de son livre le plus célèbre
: Lettres à Poisson d'or (Gallimard).
C'est en janvier 1946, alors qu'il est reclus depuis 28 ans dans
sa chambre, que Joë Bousquet fait la connaissance d'une jeune
étudiante prénommée Linette - qui le trouble
par son charme, son intelligence, sa fraîcheur. Pendant quatre
années, il va ainsi la rencontrer, lui parler - et, surtout,
lui écrire des lettres admirables qui étaient restées
inédites jusqu'à ce jour. A Linette, Bousquet veut
tout enseigner, tout transmettre. Il veut, lui le paralytique, l'immobile
" momie ", lui dire combien la vie est immense, ainsi
que la littérature, l'amour, le bonheur. Etait-il amoureux
de Linette ? A coup sûr. L'aimait-elle en retour ? Oui, d'une
certaine façon
Toujours est-il que ces lettres, outre
leur charge poétique exceptionnelle, offrent un formidable
panorama de la vie littéraire de l'immédiat après-guerre.
D'où leur importance
Il se trouve que ladite " Linette ", en 1949, rencontra
son futur époux, le juriste Albert Brimo, et qu'elle préféra
oublier pudiquement les traces de son impossible amour de jeunesse.
C'est après la mort de Linette Brimo que ses enfants - Isabelle
et Nicolas, actuel directeur du Canard Enchaîné et
préfacier de ce volume - décidèrent de porter
à la connaissance du public ce document majeur.
Un cahier-photo, augmenté de fac-similés et de documents
inédits, complète ce volume qui, à n'en pas
douter, sera un événement pour les inconditionnels
de Joë Bousquet.
Claire Gallois
L'empreinte des choses cassées
Roman
Née à Paris en 1937, en pension dès l'âge
de neuf ans, romancière et essayiste, Claire Gallois est
l'auteur d'une uvre où l'on retient, entre autres,
A mon seul désir (1965), Une fille cousue de fil blanc (1970),
et chez Grasset L'Homme de peine (1989) ou Les heures dangereuses
(1992), qui fut un succès de librairie.
Ce roman est un Discours de réception à l'Académie
Française, mais un discours d'un genre bien particulier.
Insolent. Brusque. Emouvant. Féroce. Au dénouement
inattendu. La narratrice, reçue sous la Coupole en sa qualité
d'écrivain de sexe féminin, en profite pour passer
en revue les épisodes d'une vie.
C'est l'heure du bilan, celui de régler les comptes, celui
des révisions déchirantes, le moment où l'on
se fiche de l'impudeur. Claire Gallois ne rate pas ses cibles. Les
hommes ? " Plus on avance en âge et plus le lit devient
un endroit très dangereux
J'ai toujours apprécié
de dormir seule et ces temps-ci, je suis comblée. "
Sa place légitime dans le monde ? " Depuis que dans
un passé qui remonte à l'enfance, ma mère m'a
demandé : " pourquoi n'es-tu pas morte à la place
de ta sur ? ", j'ai toujours eu un doute. " L'institution
? " Les femmes que vous consentez à accueillir sous
la Coupole sont choisies à une première condition
: à savoir ne pas afficher leur sexe davantage que les anges.
"
S'il y a de l'autobiographique ici, la mort d'une sur à
dix-huit ans dans la chaleur d'un jour d'été, un grand-père
rescapé de la première guerre, un voyage d'initiation
en Europe de l'Est, un amant erratique et bohème, tout le
talent de Claire Gallois tient à la liberté cinglante
avec laquelle elle assemble le réel et l'imaginaire, le grave
et le frivole ; le discours devient une méditation sur le
temps et la vanité, qui commence comme une blague et s'achève
la larme à l'il.
Benoîte Groult
Mon évasion
autobiographie
Romancière, essayiste, figure du féminisme, Benoîte
Groult est l'auteure chez Grasset de La Part des choses, Ainsi soit-elle,
Les Trois quarts du temps, Les Vaisseaux du cur. Son dernier
roman, La Touche étoile, s'est vendu à 300 000 exemplaires.
Toute vie est une évasion. A chaque instant, nous devons
scier des barreaux, lancer des cordes faites des draps où
nous avons trop longtemps dormi, briser le silence des alcôves,
des cabines d'essayage, des confessionnaux... Chaque jour, crier,
casser des habitudes : s'évader.
A-t-on envie de s'évader lorsqu'on a pour mère Nicole
Poiret, couturière talentueuse et aimée, pour père
un décorateur célèbre (meubles de Galuchat
et de laque de Chine), et pour marraine Marie Laurencin ? Lorsque
vos parents ont pour amis Picasso, Morand, Jouhandeau et quelques
autres ? Pourtant, oui. Si Benoîte Groult a longtemps considéré
la jeunesse " comme un long noviciat avant le mariage ",
elle a su peu à peu conquérir ses libertés,
dont elle connaît le prix, et la douceur : elle nous conte
ici ses hommes et ses mariages, Pierre Heuyer, Georges de Caunes,
Paul Guimard. Elle nous dit ses combats, depuis le journalisme d'après-guerre
à la féminisation des " noms de métiers,
de grades et de fonctions ", avec Yvette Roudy.
Dans ce style libre qu'on lui connaît, elle revient sur ses
choix, ses amitiés : femme heureuse à qui la vie a
donné une chance particulière : conquérir ses
libertés une à une, les payer, les savourer, les aimer.
Littérature étrangère
Stefan Zweig
Correspondance, 1932-1942
Tome 3
Traduit de l'allemand par Laure Bernardi
Né en Autriche en 1881, mort au Brésil en 1942. Auteur
de romans, de pièces de théâtres et de poèmes,
Stefan Zweig excelle avant tout dans la nouvelle, l'essai et la
biographie. Sont parus chez Grasset, entre autres, les biographies
de Magellan, Marie-Stuart, Marie-Antoinette et Fouché, ainsi
que les deux premiers tomes de sa Correspondance, couvrant d'abord
les années 1987-1919, puis les années 1920-1931.
Le troisième tome français de la Correspondance de
Stefan Zweig couvre les dix dernières années de sa
vie. Plus encore que dans les deux volumes précédents,
la vie personnelle et la production littéraire de Zweig apparaissent
indissociables du contexte politico-historique. Dès 1932,
Zweig envisage l'exil. En 1942, il décide de mettre fin à
ses jours. Les lettres rédigées entre ces deux dates
sont expédiées de divers endroit du globe: l'Autriche,
bien sûr, dans un premier temps, puis la France et l'Angleterre,
enfin les Etats-Unis et le Brésil. Au quotidien, Zweig commente
les événements qui ébranlent le monde. Les
amitiés françaises sont moins fondamentales qu'elles
ne l'ont été. Certains des interlocuteurs de la décennie
précédente cèdent la place à de nouveaux
: l'amitié avec Romain Rolland, si déterminante jusqu'alors,
est peu à peu troublée ; Zweig renonce à travailler
avec Strauss. L'exil l'éloigne de certains de ses amis, et
d'autres meurent. En revanche, si Zweig se sépare de sa femme,
il continue à entretenir avec elle une correspondance nourrie
; de même, Felix Braun et Ben Huebsch restent parmi les principaux
destinataires de ses lettres. Dans le même temps, de nouveaux
correspondants apparaissent, tel l'éditeur brésilien
Abrahao Koogan.
Sur le plan littéraire, la dernière décennie
de la vie de Zweig est marquée essentiellement par la rédaction
de grands monuments dans lesquels l'histoire joue un rôle
majeur : Les biographies de Marie-Antoinette et Marie Stuart, mais
aussi Le Monde d'hier, qui constitue le pendant de cette correspondance
: dans les lettres comme dans ces "mémoires", Zweig
exprime son désarroi d'héritier des Lumières
et d'homme tourné avec nostalgie vers un dix-neuvième
siècle dont il ne reste plus grand chose. La lassitude et
la souffrance, déjà présentes dans les années
précédentes, font place à un état de
dépression constant. La venue de la vieillesse comme l'évolution
de l'histoire mondiale l'affectent toujours davantage. Durant toute
cette période, Zweig s'élève contre le nazisme
et tâche d'user de sa notoriété et de ses contacts
pour venir en aide autant que possible à ceux qui ne cessent
de le solliciter. Farouchement suspicieux envers toute forme d'engagement
dans l'action politique au sens propre du terme et envers toute
prise de position radicale (comme en témoigne son différend
avec Klaus Mann), Zweig ne parvient plus à trouver dans son
existence ce qui pourrait lui faire supporter la souffrance.
Thrillers
Clive Cusssler
Et Jack DuBrul
Quart mortel
Thriller
Traduit de l'américain par Luc de Rancourt
Clive Cussler est l'auteur de nombreux romans dont, chez Grasset,
L'or des Incas, Sahara, Dragon, Atlantide, Odyssée et Vent
mortel. Découvreur de nombreuses épaves, il est membre
de la Société Géographique Royale de Londres,
du Club des explorateurs de New York et préside l'Agence
nationale maritime et sous-marine (NUMA).
Jack DuBrul est l'auteur de nombreux thrillers, vendus à
plusieurs milliers d'exemplaires à travers le monde.
Juan Cabrillo est le directeur de la Corporation, une agence de
mercenaires au service des intérêts occidentaux. A
bord de l'Oregon, sorte de navire de guerre ultra-moderne, les membres
de la Corporation remplissent les missions les plus périlleuses
pour lesquels ils sont recrutés par divers gouvernements.
Cette fois-ci, ce sont des armateurs japonais qui achètent
leurs services. La fortune de ces magnats est en effet menacée
par des pirates sans scrupules qui écument les mers de la
région, pillant les bateaux et massacrant les équipages.
Mais les pirates semblent désormais passer à la vitesse
supérieure : plus question de s'attaquer à des proies
faciles tels que les yachts ou les navires de faible tonnage. A
présent, ce sont de gros cargos qui disparaissent
Pour Juan Cabrillo, l'explication est simple : les pirates ont uni
leurs forces pour prendre le contrôle de bâtiments plus
imposants. Pourtant, lorsque avec son équipe de la Corporation,
il se retrouve face à l'ennemi, Cabrillo découvre
que ces méfaits dissimulent en réalité une
conspiration internationale
Essais, documents
Michela Marzano
Extension du domaine de la manipulation
De l'entreprise à la vie privée
Essai
Née à Rome en 1970, chargée de recherche au
CNRS, Michela Marzano est professeur des Universités en philosophie.
Elle est l'auteur, entre autres, de Penser le corps (PUF, 2002),
La philosophie du corps (PUF, collection que sais-je ? 2007) et
d'un collectif remarqué, Le dictionnaire du corps (PUF, 2007).
A la place de l'injonction " Enrichissez-vous ! " qui
caractérise l'ère industrielle au dix-neuvième,
le nouveau mot d'ordre de nos sociétés performantes
mais soucieuses de l'apparence pourrait être : travaillez
pour être vraiment heureux ! " Le leader d'aujourd'hui
est tout d'abord celui qui réussit dans son travail
"
Mais n'est-ce pas un mensonge ? Une injonction contradictoire qui
demande une chose et son contraire : performance et épanouissement,
engagement et flexibilité, employabilité et confiance,
autonomie et conformité, volontarisme et souplesse. N'y aurait-il
pas une perversité contemporaine, au cur même
de l'entreprise, à s'appuyer sur le couple bonheur et labeur
? Que signifie l'extension du domaine du management dans tous les
domaines de la vie, y compris la vie privée (les coachs)
? N'est-ce pas la marque d'une nouvelle instrumentalisation. ? Qui
sont les nouveaux leaders qu'on nous présente comme des héros
? Leur modèle est-il vraiment à suivre ?
Jamais l'angoisse n'a été aussi forte dans le monde
de l'économie, jusqu'aux suicides. Jamais la revalorisation
du mot " travail " n'est ainsi revenu sur toutes les lèvres
politiques. Michela Marzano, en philosophe mais aussi en polémiste,
a fouillé la littérature du management, les bibles
du développement personnel, scruté les coulisses du
" coaching " et autres thérapeutes comportementalistes.
Las ! Le résultat est édifiant.
Beatriz Preciado
Testo junkie
Sexe, drogue et biopolitique
Document
Traduit de l'espagnol par l'auteur
Beatriz Preciado, disciple de Jacques Derrida et d'Agnès
Heller, est l'auteur du Manifeste contra-sexuel (Balland, Paris,
2000), aujourd'hui devenu un classique de la " théorie
Queer ", traduit dans sept pays. Elle est titulaire d'un Master
de philosophie contemporaine et de théorie des genres à
la New School University de New York, et termine son Doctorat en
théorie de l'architecture à l'Université de
Princeton.
Elle a été publiée en France par Guillaume
Dustan, au " Rayon Gay ", collection qui a marqué
un tournant décisif de la scène littéraire
et politique française. Aujourd'hui, elle dirige le projet
d'investigation et production artistique " Technologies du
Genre " dans le programme d'étude indépendante
du Macba (Musée d'Art Contemporain de Barcelone). Elle est
l'auteur de nombreux essais et articles.
" Ce livre n'est pas une autofiction. Il s'agit d'un protocole
d'intoxication volontaire à base de testostérone synthétique.
Pendant le temps de cet " essai corporel ", deux impondérables
: la mort de Guillaume Dustan et le tropisme du corps de Beatriz
Preciado vers le corps de V.D.
Sont enregistrées ici aussi bien les micro-mutations physiologiques
et politiques provoquées par la testostérone dans
le corps de Beatriz Preciado que les modifications théoriques
et physiques suscitées dans ce corps par la perte, le désir,
l'exaltation, l'échec ou le renoncement.
" Le lecteur ne trouvera pas ici de conclusion définitive
sur la vérité de mon sexe, ni d'oracle sur le monde
à venir. Je donne à lire ces pages qui dessinent les
croisements des théories, des molécules et des affects,
pour laisser trace d'une expérience politique dont la durée
exacte a été de 236 jours et nuits et qui continue
aujourd'hui sous d'autres formes. Si le lecteur trouve ici, assemblés
sans solution de continuité, des réflexions philosophiques,
des récits de session d'administration d'hormones, et des
registres détaillés de pratiques sexuelles, c'est
simplement parce que c'est le mode sur lequel se construit et se
déconstruit la subjectivité."
Ezra Suleiman
Schizophrénies françaises
Essai
Traduit de l'américain par P. Guglielmina et P. Demarty
Ezra Suleiman est professeur de sciences politiques à l'Université
de Princeton, où il a dirigé entre autres un programme
de rencontres entre les " élites " françaises
et américaines. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont
Les Hauts Fonctionnaires et l'Etat, Les Elites en France, Les Notaires
: les pouvoirs d'une corporation, L'Age d'or de l'Etat et Le démantèlement
de l'Etat démocratique, tous publiés aux Editions
du Seuil.
Imaginez un extraterrestre - ou tout simplement un étranger
- qui débarquerait dans notre beau pays. Peut-être
ferait-il aussitôt demi-tour, atterré par ce qu'il
voit - ou peut-être s'attarderait-il un instant
C'est
ce qu'a fait Ezra Suleiman, lui qui depuis plus de vingt ans observe,
le regard amusé, avec une férocité critique
qui n'a d'égale que son amour de la France, une société
pétrie de contradictions, " fatras d'ambiguïtés
et de paradoxes " - une nation schizophrène.
Entre déclinisme ambiant et sursauts d'orgueil national ;
entre culte des principes et des valeurs, attachement forcené
au sacro-saint modèle républicain, et trahison des
clercs ; entre grands discours et jérémiades incessantes
- quelle est, aujourd'hui, la véritable identité de
la France ? Il fallait un regard extérieur pour décrypter
les codes d'un pays qui ne se comprend plus lui-même.
Terre des grands principes, la France ? Elle n'a pourtant que son
" exceptionnalisme " à la bouche
Terre d'égalité
? Elle est pourtant, de toutes les démocraties occidentales,
celle où " l'élite " est la plus puissante,
véritable caste privilégiée qui a tout fait
pour confisquer et conserver ses petits avantages. Le " modèle
républicain " ? Il n'en reste plus grand chose, quand
les dirigeants se prennent tous pour des monarques aux petits pieds.
Dernier bastion de la " culture " ? Mais qu'est-ce que
la culture pour un pays qui laisse ses écoles et ses universités
partir en ruines ? Et que serait-elle sans la machine à subventionner
? " Société bloquée " ? Allons donc,
quelle complaisance - mais surtout, c'est là un discours
bien pratique pour ceux qui profitent confortablement du statu quo
et des avantages acquis
Qui aime la France la châtie bien !
David Todd
L'identité économique de la France
Libre échange et protectionnisme, 1814-1851
Essai
Collection dirigée par Patrick Weil

Diplômé de l'Institut d'Etudes Politique de Paris et
docteur en histoire de l'Université de Cambridge, David Todd
est research fellow de la Fondation Andrew Mellon au Centre
for History and Economics et au collège de Trinity Hall à
Cambridge.
La France n'aime pas le libre-échange. A gauche comme à
droite, tous les sondages le montrent, les Français préfèrent
le protectionnisme. L'ouverture au commerce international est source
de malaise politique.
L'identité économique de la France décrit
l'émergence de cette culture protectionniste, entre la Révolution
de 1789 et celle de 1848. Né au centre-droit de l'échiquier
politique, le protectionnisme français séduit successivement
la droite nationaliste, la gauche patriotique et les premiers mouvements
socialistes. Le caractère démocratique et national
des valeurs véhiculées par le discours protectionniste
expliquent ce succès : égalité entre les producteurs,
solidarité face à la concurrence internationale et
rejet du modèle économique " anglais ",
industrialiste et inégalitaire. En Grande-Bretagne, libéralisme
économique et libéralisme politique restent les côtés
face et pile d'une même idéologie. En France, après
le milieu du XIXe siècle, libéralisme économique
et libéralisme politique se séparent pour souvent
s'opposer.
S'appuyant sur des sources originales - françaises, britanniques
et allemandes -, L'identité économique de la France
restitue l'intensité dramatique de ces débats
qui ont contribué à forger le paysage idéologique
français contemporain. L'histoire jette un éclairage
saisissant sur la tension qui monte aujourd'hui entre la mondialisation
économique et la culture démocratique française.
Petite collection blanche
Emmanuel Hirsch
Apprendre à mourir
Essai
Sous la direction de Perrine Simon-Nahum

Professeur des universités, directeur de l'Espace éthique
de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris et de l'Institut
Éthique et soins hospitaliers, Emmanuel Hirsch fait partie
des quelques personnes qui suivent ces questions depuis les années
1980, à travers son parcours professionnel et dans ses engagements
associatifs. Il est par ailleurs directeur du Département
de recherche en éthique (Université Paris-Sud 11),
coordonnateur du réseau de recherche en éthique médicale
(INSERM), président de l'Association nationale de recherche
sur la sclérose latérale amyotrophique (ARS), Vice-président
du Centre de recherche et de formation sur l'accompagnement de fin
de vie (CREFAV). Enfin, il a été producteur pendant
de longues années à France-Culture, dirigeant également
les relations extérieures de la chaîne.
En septembre 2003, la mort de Vincent Humbert suscite une vive
polémique publique : doit-on légiférer sur
le " droit de mourir dans la dignité ", reconnaître
le droit au suicide médicalement assisté, celui à
l'euthanasie ? Une commission parlementaire se constitue dans l'urgence.
Le 22 avril 2005 est votée la loi relative aux droits des
malades et à la fin de vie, dite " loi Leonetti ".
En mars 2008, la demande d'aide médicale à la mort
formulée publiquement par Chantal Sébire relance la
controverse. Selon certains, les insuffisances de la loi actuelle
devraient inciter à revoir le texte pour envisager un "
droit à l'euthanasie " dans les circonstances jugées
" exceptionnelles ". Une commission parlementaire est
confiée par le Premier ministre à Jean Leonetti. Elle
rendra ses conclusions début novembre. C'est dire que le
débat public va reprendre au cours du dernier trimestre 2008,
l'enjeu étant de savoir si la France maintiendra une position
originale qui commence à faire référence au
plan internationale, ou évoluera vers les la dépénalisation
et l'organisation de l'euthanasie en vigueur aux Pays-Bas, en Belgique
et au Luxembourg.
Au-delà de ces questions fortes, qui opposent les partisans
de l'euthanasie à ceux qui privilégient la culture
des soins palliatifs, ne convient-il pas de présenter une
approche différente ?
Ce bref ouvrage se propose de présenter les réalités
des fins de vie aujourd'hui : elles interviennent dans près
de 80 % des situations en institution, souvent dans un contexte
très ou trop médicalisé. De telle sorte que
la véritable question qui se pose à un moment donné,
lorsque les ressources thérapeutiques s'avèrent impuissantes,
se formule en des termes singuliers : comment arrêter et limiter
les traitements, accompagner la personne dans cette phase ultime
sans anticiper pour autant le moment de la mort ?
Situé au plus près de la réalité quotidienne
du soin, l'auteur donne à mieux comprendre ce qui se joue
d'essentiel pour la personne, ses proches et les professionnels
de santé, à quels dilemmes ils sont confrontés
et de quelle manière faire face aux situations les plus délicates
et douloureuses de la maladie.
Les Cahiers Rouges
Max Frisch
Stiller
Max Frisch, né et mort à Zurich (1911-1997), est un
écrivain majeur de la Suisse de l'après-guerre. Architecte
de formation, journaliste, grand voyageur, il est l'auteur de plusieurs
romans, dont le célèbre Homo Faber (Gallimard), de
pièces de théâtre et d'un Journal.
Stiller est tenu pour une uvre capitale.
De son vivant, Max Frisch souhaite une traduction nouvelle et approuvée
par lui de son maître livre : la voici.
Qui donc est cet Américain venant du Mexique, appréhendé
à la frontière suisse et soupçonné de
voyager sous un nom d'emprunt ? Ne serait-il pas le sculpteur Anatol
Stiller, ancien combattant des Brigades internationales, disparu
de Zurich depuis six ans ? Tout concourt à le confondre et
pourtant le héros de Max Frisch répétera "
Je ne suis pas Stiller " aussi longtemps que durera sa détention
Pourquoi ce refus d'être celui que reconnaissent sa femme,
ses amis, la maîtresse qu'il a aimée ?
Psychologue avant tout, Max Frisch analyse finement le désir
perpétuel de tout être humain de s'évader de
soi-même ; la difficulté à se voir tel qu'on
a été créé ; l'incapacité à
accepter les autres tels qu'ils sont.
Entre l'humour et le désespoir serein, c'est la confession
d'un enfant du siècle.
Claire Gallois
Une fille cousue de fil blanc
Née à Paris en 1937, en pension dès l'âge
de neuf ans, romancière et essayiste, Claire Gallois est
l'auteur d'une uvre où l'on retient, entre autres,
A mon seul désir (1965), Une fille cousue de fil blanc (1970),
et chez Grasset L'Homme de peine (1989) ou Les heures dangereuses
(1992), qui fut un succès de librairie.
Nous publions en octobre 2008 un roman qui accompagne la réédition
de celui-ci en Cahiers rouges, L'empreinte des choses cassées.
Une jeune fille meurt, un livre commence. Nous assistons
à la découverte du corps, à l'enterrement,
à la reconstitution de l'accident, et à bien d'autres
séquences posthumes, dont l'arrivée d'une lettre d'amour
qui fera éclater le masque mortuaire soigneusement édifié
par la famille. De l'humour, plusieurs éclats de rire, presque
toutes les formes du sourire : la gaieté naît du contraste
entre les événements d'adulte - un enterrement "
réussi ", un mariage raté - et la jeunesse de
celle qui nous parle.
La narratrice, petite sur de la morte, n'a pas encore appris
à voir, à écouter, à se comporter "
comme il faut ". Son regard impitoyable et drôle enregistre
sans étonnement les réactions des adultes qui savent
si bien enterrer en silence tout ce qui peut ternir leur réputation,
comme cette Lulu Diamant, ex-amour de jeunesse du père dont
il dit aujourd'hui qu'" elle n'était pas très
intelligente ". On perçoit, à maintes reprises,
combien l'écart est grand entre les deux générations.
Avec la mort de Claire, la petite fille qui nous parle apprend la
solitude. Une morte, croyait-on, allait faire découvrir le
sens de la vie. Mais la vie n'a pas de sens. L'auteur s'appelle
Claire, comme l'héroïne ; laquelle des deux est cette
" fille cousue de fil blanc " ?
Sten Nadolny
Le découverte de la lenteur
Sten Nadolny, né en 1942 à Zehdenick sur la Havel,
élevé en Haute-Bavière, vit à Berlin
et à Munich. Historien, il s'est intéressé
particulièrement aux négociations sur le désarmement
dans la République de Weimar. En 1977, paraît son premier
roman, Carte orange. La découverte de la lenteur a été
récompensé par de nombreux prix.
Dès l'enfance, l'Anglais John Franklin souffrit
d'un étrange défaut : une extrême lenteur. Cette
tare le disposa plus qu'un autre à la réflexion, l'observation.
C'est ainsi qu'il devint, après bien des humiliations , l'un
des plus grands navigateurs de la Marine britannique au siècle
dernier. Il explora l'Australie, gouverna la Tasmanie, découvrit
le passage du Nord-Ouest, avant de se perdre en 1847 dans l'Arctique.
De cette vie rebelle, Sten Nadolny a tiré un roman picaresque,
traversé par des salves d'humour et d'ironie. Mais La Découverte
de la lenteur est aussi un conte philosophique qui bouleverse, jusqu'au
vertige, notre vision du monde
Autant dire un voyage, dont
on revient différent, plus tolérant aussi.
Grasset-Jeunesse
Umberto Eco
Illustré par Eugenio Carmi
Les trois cosmonautes et autres contes
Collection Grands lecteurs
Umberto Eco, professeur universitaire, essayiste, écrivain,
auteur notamment du célèbre Nom de la Rose et du Pendule
de Foucault, se définit comme un " fabricant de mots
". Avec Eugenio Carmi, il est devenu fabuliste.
Eugenio Carmi, peintre de renommée internationale, se définit
comme un " fabricant d'images ". Avec Umberto Eco, il
est devenu illustrateur.
Mis en regard, les mots et les images de ces amis et complices offrent
un recueil philosophique et écologique à la modernité
indémodable.
Des atomes en colère qui s'échappent de la bombe qu'un
général s'apprête à lancer, trois cosmonautes
peu rassurés qui rencontrent un martien pas si méchant
que ça, un Empereur prétentieux qui veut apporter
la civilisation sur une petite planète paisible
Les
trois Cosmonautes, La Bombe du général, et les Gnomes
de Gnou : trois contes universels dans lesquels Umberto Eco et Eugenio
Carmi ont allié leur art pour notre plus grand plaisir, à
découvrir et apprécier à tous les âges.
Nouvelle édition et nouvelle maquette pour ces trois contes,
dont la publication en volumes séparés entre 1988
et 1992, saluée par la presse, avait atteint plus de 20 000
ventes, où les textes philosophiques et écologiques
d'Umberto Eco sont complétés et prolongés par
les illustrations modernes et symboliques, tout en jeux de matières,
de peinture et de collages, de son ami Eugenio Carmi, maître
de l'art abstrait.
A l'aide de propos faussement naïfs et toujours teintés
d'humour, Les trois cosmonautes et autres contes abordent des thèmes
fondamentaux, tels la tolérance, la paix, ou l'environnement
; à l'heure les questions sur l'avenir de notre planète
agitent plus que jamais les esprits, petits et grands trouveront
là un support original et utile de dialogue et de réflexion.
Pierre Coran
Illustré par Christophe Besse
Antifables
Collection Grands lecteurs
Pierre Coran vit à l'orée du bois d'Urbisoeul, en
Belgique. Amoureux de la nature, de la simplicité et des
mots, ses romans, contes ou poésies sont publiés chez
de nombreux éditeurs, en Belgique et en France - comme Labor,
Casterman, Le Seuil, L'Ecole des Loisirs ou Hachette (Le Cur
andalou).
Auteur de plus d'une cinquantaine d'ouvrages pour la jeunesse depuis
1960, ancien instituteur dont une école porte aujourd'hui
le nom, Pierre Coran a, entre autres, été récompensé
par le Prix du Hainaut en 1966 et le Prix Jean de la Fontaine en
1979, et ses célèbres Affabulles (le Livre
de Poche, 1989) par le Grand Prix de Poésie pour la Jeunesse.
En 2006, il a été nominé au Prix Andersen,
sélection IBBY belge, et a reçu le Prix du Rayonnement
de la Littérature belge, deux prix exceptionnels décernés
par la Communauté française de Belgique.
Christophe Besse, né à Tours en 1956, vit en région
parisienne.
Après avoir suivi les cours de L'Ecole Nationale des Arts
Appliqués et des Métiers d'Art de Paris, il publie
ses premiers livres pour la jeunesse dans les années 1980.
Illustrateur indépendant, il a dirigé la collection
" les petits bleus " chez Hachette, et enseigne l'illustration
à l'Ecole des Arts Appliqués de Poitiers. Ses dessins
enlevés pleins d'humour et de malice lui ont conféré
une réputation internationale.
Le puma judoka, le lion fou et l'éléphant, les médias
et le loup, le zébu taciturne, le marabout mégalomane
ou le sociologue et le crapaud
une cinquantaine de fables
savoureuses à déguster sans modération !
Situations et personnages de la Fontaine sont revisités par
la plume alerte, poétique et ironique de Pierre Coran, qui
s'inscrit dans leur dimension intemporelle tout en leur donnant
un écho " actuel ". Loups, chiens et mouches se
retrouvent en prise avec des médias, des ministres ou encore
des sociologues
et offrent des leçons de vie d'autant
plus fortes et caustiques !
C'est avec un plaisir évident que Pierre Coran et Christophe
Besse, tous deux bien connus des libraires et des enseignants, sont
devenus complices dans cet album à lire et à offrir
à tous les âges.
Miroir et pendant moderne des célèbres fables de Jean
de La Fontaine, ces Antifables constituent un formidable
support de découverte de la littérature, de nos sociétés
modernes comme de comportements humains indémodables.
Après l'énorme succès de ses Affabulles
(le Livre de Poche, 1989), qui ont reçu le Grand Prix de
Poésie pour la Jeunesse, ce nouvel ouvrage de Pierre Coran,
illustré avec le trait d'une grande justesse et l'humour
irrésistible de Christophe Besse, ne manquera pas de s'imposer
comme un ouvrage de référence dans les écoles.
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