Nouveautés Grasset

Octobre
2008

Littérature française | | Littérature étrangère | Thrillers
Essais, documents, biographies | Petite collection blanche
Les Cahiers Rouges | Grasset-Jeunesse

 

Littérature Française





Jules Barbey d'Aurevilly
Omnia
Essai

Barbey d'Aurevilly (1808-1889) est un des plus brillants polémistes et un des grands romanciers du XIXe siècle. Il est notamment l'auteur d'Une vieille maîtresse (1851), de L'ensorcelée (1854), du Chevalier Des Touches (1864) et des Diaboliques (1874).

Barbey d'Aurevilly est surtout connu pour ses romans. C'était aussi un essayiste de premier plan. Il a laissé une vingtaine de volumes de critique (Les Œuvres et les Hommes) et a fait connaître le dandysme en France grâce à son Du dandysme et de Georges Brummel.
Moraliste, penseur, pamphlétaire, Barbey a toute sa vie tenu des carnets de notes et de réflexions, dont les fameux Memoranda. On croyait connaître l'intégralité de ces ouvrages jusqu'à la découverte récente de deux cahiers, intitulés Omnia (" tout ", en latin) par Barbey lui-même. Commencés en 1855, ils permettent de mieux cerner l'imaginaire de l'auteur des Diaboliques. Suite de réflexions, d'observations, de notes de lectures, ils comprennent des clefs pour la compréhension de ses romans, mais aussi des remarques sans illusions (" Les enfants nous consolent de tous les chagrins, en attendant les épouvantables qu'ils ne manqueront pas de nous donner "), sarcastiques (" Quand on a des opinions courantes, je les laisse courir "), ainsi qu'un grand nombre de remarques éblouissantes sur ses contemporains, d'Henri Heine à Chateaubriand.
Le livre est présenté et annoté par Joël Dupont, spécialiste de l'œuvre de Barbey d'Aurevilly.

Joë Bousquet
Lettres à une jeune fille
Correspondance inédite
Préface de Nicolas Brimo
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Joë Bousquet (né à Narbonne en 1897, mort à Carcassonne en 1950) est cet illustre poète et écrivain qui, blessé en 1918 par une balle allemande qui atteignit sa colonne vertébrale, perdit définitivement l'usage de ses membres inférieurs et resta alité, pour le reste de sa vie, à Carcassonne, au 53 de la rue de Verdun, dans une chambre dont les volets étaient éternellement clos. Là, il écrivit une œuvre exigeante, traduite dans le monde entier. Il est également l'auteur d'une abondante correspondance (avec Eluard, Max Ernst, entre autres), et avec des femmes abstraitement aimées - comme la fameuse " Poisson d'or ", éponyme de son livre le plus célèbre : Lettres à Poisson d'or (Gallimard).

C'est en janvier 1946, alors qu'il est reclus depuis 28 ans dans sa chambre, que Joë Bousquet fait la connaissance d'une jeune étudiante prénommée Linette - qui le trouble par son charme, son intelligence, sa fraîcheur. Pendant quatre années, il va ainsi la rencontrer, lui parler - et, surtout, lui écrire des lettres admirables qui étaient restées inédites jusqu'à ce jour. A Linette, Bousquet veut tout enseigner, tout transmettre. Il veut, lui le paralytique, l'immobile " momie ", lui dire combien la vie est immense, ainsi que la littérature, l'amour, le bonheur. Etait-il amoureux de Linette ? A coup sûr. L'aimait-elle en retour ? Oui, d'une certaine façon… Toujours est-il que ces lettres, outre leur charge poétique exceptionnelle, offrent un formidable panorama de la vie littéraire de l'immédiat après-guerre. D'où leur importance…
Il se trouve que ladite " Linette ", en 1949, rencontra son futur époux, le juriste Albert Brimo, et qu'elle préféra oublier pudiquement les traces de son impossible amour de jeunesse. C'est après la mort de Linette Brimo que ses enfants - Isabelle et Nicolas, actuel directeur du Canard Enchaîné et préfacier de ce volume - décidèrent de porter à la connaissance du public ce document majeur.
Un cahier-photo, augmenté de fac-similés et de documents inédits, complète ce volume qui, à n'en pas douter, sera un événement pour les inconditionnels de Joë Bousquet.


Claire Gallois
L'empreinte des choses cassées
Roman
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Née à Paris en 1937, en pension dès l'âge de neuf ans, romancière et essayiste, Claire Gallois est l'auteur d'une œuvre où l'on retient, entre autres, A mon seul désir (1965), Une fille cousue de fil blanc (1970), et chez Grasset L'Homme de peine (1989) ou Les heures dangereuses (1992), qui fut un succès de librairie.

Ce roman est un Discours de réception à l'Académie Française, mais un discours d'un genre bien particulier. Insolent. Brusque. Emouvant. Féroce. Au dénouement inattendu. La narratrice, reçue sous la Coupole en sa qualité d'écrivain de sexe féminin, en profite pour passer en revue les épisodes d'une vie.
C'est l'heure du bilan, celui de régler les comptes, celui des révisions déchirantes, le moment où l'on se fiche de l'impudeur. Claire Gallois ne rate pas ses cibles. Les hommes ? " Plus on avance en âge et plus le lit devient un endroit très dangereux…J'ai toujours apprécié de dormir seule et ces temps-ci, je suis comblée. " Sa place légitime dans le monde ? " Depuis que dans un passé qui remonte à l'enfance, ma mère m'a demandé : " pourquoi n'es-tu pas morte à la place de ta sœur ? ", j'ai toujours eu un doute. " L'institution ? " Les femmes que vous consentez à accueillir sous la Coupole sont choisies à une première condition : à savoir ne pas afficher leur sexe davantage que les anges. "
S'il y a de l'autobiographique ici, la mort d'une sœur à dix-huit ans dans la chaleur d'un jour d'été, un grand-père rescapé de la première guerre, un voyage d'initiation en Europe de l'Est, un amant erratique et bohème, tout le talent de Claire Gallois tient à la liberté cinglante avec laquelle elle assemble le réel et l'imaginaire, le grave et le frivole ; le discours devient une méditation sur le temps et la vanité, qui commence comme une blague et s'achève la larme à l'œil.


Benoîte Groult
Mon évasion

autobiographie
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Romancière, essayiste, figure du féminisme, Benoîte Groult est l'auteure chez Grasset de La Part des choses, Ainsi soit-elle, Les Trois quarts du temps, Les Vaisseaux du cœur. Son dernier roman, La Touche étoile, s'est vendu à 300 000 exemplaires.

Toute vie est une évasion. A chaque instant, nous devons scier des barreaux, lancer des cordes faites des draps où nous avons trop longtemps dormi, briser le silence des alcôves, des cabines d'essayage, des confessionnaux... Chaque jour, crier, casser des habitudes : s'évader.
A-t-on envie de s'évader lorsqu'on a pour mère Nicole Poiret, couturière talentueuse et aimée, pour père un décorateur célèbre (meubles de Galuchat et de laque de Chine), et pour marraine Marie Laurencin ? Lorsque vos parents ont pour amis Picasso, Morand, Jouhandeau et quelques autres ? Pourtant, oui. Si Benoîte Groult a longtemps considéré la jeunesse " comme un long noviciat avant le mariage ", elle a su peu à peu conquérir ses libertés, dont elle connaît le prix, et la douceur : elle nous conte ici ses hommes et ses mariages, Pierre Heuyer, Georges de Caunes, Paul Guimard. Elle nous dit ses combats, depuis le journalisme d'après-guerre à la féminisation des " noms de métiers, de grades et de fonctions ", avec Yvette Roudy.
Dans ce style libre qu'on lui connaît, elle revient sur ses choix, ses amitiés : femme heureuse à qui la vie a donné une chance particulière : conquérir ses libertés une à une, les payer, les savourer, les aimer.


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Littérature étrangère

Stefan Zweig
Correspondance, 1932-1942
Tome 3

Traduit de l'allemand par Laure Bernardi

Né en Autriche en 1881, mort au Brésil en 1942. Auteur de romans, de pièces de théâtres et de poèmes, Stefan Zweig excelle avant tout dans la nouvelle, l'essai et la biographie. Sont parus chez Grasset, entre autres, les biographies de Magellan, Marie-Stuart, Marie-Antoinette et Fouché, ainsi que les deux premiers tomes de sa Correspondance, couvrant d'abord les années 1987-1919, puis les années 1920-1931.

Le troisième tome français de la Correspondance de Stefan Zweig couvre les dix dernières années de sa vie. Plus encore que dans les deux volumes précédents, la vie personnelle et la production littéraire de Zweig apparaissent indissociables du contexte politico-historique. Dès 1932, Zweig envisage l'exil. En 1942, il décide de mettre fin à ses jours. Les lettres rédigées entre ces deux dates sont expédiées de divers endroit du globe: l'Autriche, bien sûr, dans un premier temps, puis la France et l'Angleterre, enfin les Etats-Unis et le Brésil. Au quotidien, Zweig commente les événements qui ébranlent le monde. Les amitiés françaises sont moins fondamentales qu'elles ne l'ont été. Certains des interlocuteurs de la décennie précédente cèdent la place à de nouveaux : l'amitié avec Romain Rolland, si déterminante jusqu'alors, est peu à peu troublée ; Zweig renonce à travailler avec Strauss. L'exil l'éloigne de certains de ses amis, et d'autres meurent. En revanche, si Zweig se sépare de sa femme, il continue à entretenir avec elle une correspondance nourrie ; de même, Felix Braun et Ben Huebsch restent parmi les principaux destinataires de ses lettres. Dans le même temps, de nouveaux correspondants apparaissent, tel l'éditeur brésilien Abrahao Koogan.
Sur le plan littéraire, la dernière décennie de la vie de Zweig est marquée essentiellement par la rédaction de grands monuments dans lesquels l'histoire joue un rôle majeur : Les biographies de Marie-Antoinette et Marie Stuart, mais aussi Le Monde d'hier, qui constitue le pendant de cette correspondance : dans les lettres comme dans ces "mémoires", Zweig exprime son désarroi d'héritier des Lumières et d'homme tourné avec nostalgie vers un dix-neuvième siècle dont il ne reste plus grand chose. La lassitude et la souffrance, déjà présentes dans les années précédentes, font place à un état de dépression constant. La venue de la vieillesse comme l'évolution de l'histoire mondiale l'affectent toujours davantage. Durant toute cette période, Zweig s'élève contre le nazisme et tâche d'user de sa notoriété et de ses contacts pour venir en aide autant que possible à ceux qui ne cessent de le solliciter. Farouchement suspicieux envers toute forme d'engagement dans l'action politique au sens propre du terme et envers toute prise de position radicale (comme en témoigne son différend avec Klaus Mann), Zweig ne parvient plus à trouver dans son existence ce qui pourrait lui faire supporter la souffrance.


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Thrillers

Clive Cusssler
Et Jack DuBrul
Quart mortel

Thriller
Traduit de l'américain par Luc de Rancourt

Clive Cussler est l'auteur de nombreux romans dont, chez Grasset, L'or des Incas, Sahara, Dragon, Atlantide, Odyssée et Vent mortel. Découvreur de nombreuses épaves, il est membre de la Société Géographique Royale de Londres, du Club des explorateurs de New York et préside l'Agence nationale maritime et sous-marine (NUMA).
Jack DuBrul est l'auteur de nombreux thrillers, vendus à plusieurs milliers d'exemplaires à travers le monde.

Juan Cabrillo est le directeur de la Corporation, une agence de mercenaires au service des intérêts occidentaux. A bord de l'Oregon, sorte de navire de guerre ultra-moderne, les membres de la Corporation remplissent les missions les plus périlleuses pour lesquels ils sont recrutés par divers gouvernements.
Cette fois-ci, ce sont des armateurs japonais qui achètent leurs services. La fortune de ces magnats est en effet menacée par des pirates sans scrupules qui écument les mers de la région, pillant les bateaux et massacrant les équipages. Mais les pirates semblent désormais passer à la vitesse supérieure : plus question de s'attaquer à des proies faciles tels que les yachts ou les navires de faible tonnage. A présent, ce sont de gros cargos qui disparaissent…
Pour Juan Cabrillo, l'explication est simple : les pirates ont uni leurs forces pour prendre le contrôle de bâtiments plus imposants. Pourtant, lorsque avec son équipe de la Corporation, il se retrouve face à l'ennemi, Cabrillo découvre que ces méfaits dissimulent en réalité une conspiration internationale…


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Essais, documents

Michela Marzano
Extension du domaine de la manipulation
De l'entreprise à la vie privée

Essai
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Née à Rome en 1970, chargée de recherche au CNRS, Michela Marzano est professeur des Universités en philosophie. Elle est l'auteur, entre autres, de Penser le corps (PUF, 2002), La philosophie du corps (PUF, collection que sais-je ? 2007) et d'un collectif remarqué, Le dictionnaire du corps (PUF, 2007).

A la place de l'injonction " Enrichissez-vous ! " qui caractérise l'ère industrielle au dix-neuvième, le nouveau mot d'ordre de nos sociétés performantes mais soucieuses de l'apparence pourrait être : travaillez pour être vraiment heureux ! " Le leader d'aujourd'hui est tout d'abord celui qui réussit dans son travail… "
Mais n'est-ce pas un mensonge ? Une injonction contradictoire qui demande une chose et son contraire : performance et épanouissement, engagement et flexibilité, employabilité et confiance, autonomie et conformité, volontarisme et souplesse. N'y aurait-il pas une perversité contemporaine, au cœur même de l'entreprise, à s'appuyer sur le couple bonheur et labeur ? Que signifie l'extension du domaine du management dans tous les domaines de la vie, y compris la vie privée (les coachs) ? N'est-ce pas la marque d'une nouvelle instrumentalisation. ? Qui sont les nouveaux leaders qu'on nous présente comme des héros ? Leur modèle est-il vraiment à suivre ?
Jamais l'angoisse n'a été aussi forte dans le monde de l'économie, jusqu'aux suicides. Jamais la revalorisation du mot " travail " n'est ainsi revenu sur toutes les lèvres politiques. Michela Marzano, en philosophe mais aussi en polémiste, a fouillé la littérature du management, les bibles du développement personnel, scruté les coulisses du " coaching " et autres thérapeutes comportementalistes. Las ! Le résultat est édifiant.



Beatriz Preciado
Testo junkie
Sexe, drogue et biopolitique

Document
Traduit de l'espagnol par l'auteur

Beatriz Preciado, disciple de Jacques Derrida et d'Agnès Heller, est l'auteur du Manifeste contra-sexuel (Balland, Paris, 2000), aujourd'hui devenu un classique de la " théorie Queer ", traduit dans sept pays. Elle est titulaire d'un Master de philosophie contemporaine et de théorie des genres à la New School University de New York, et termine son Doctorat en théorie de l'architecture à l'Université de Princeton.
Elle a été publiée en France par Guillaume Dustan, au " Rayon Gay ", collection qui a marqué un tournant décisif de la scène littéraire et politique française. Aujourd'hui, elle dirige le projet d'investigation et production artistique " Technologies du Genre " dans le programme d'étude indépendante du Macba (Musée d'Art Contemporain de Barcelone). Elle est l'auteur de nombreux essais et articles.

" Ce livre n'est pas une autofiction. Il s'agit d'un protocole d'intoxication volontaire à base de testostérone synthétique. Pendant le temps de cet " essai corporel ", deux impondérables : la mort de Guillaume Dustan et le tropisme du corps de Beatriz Preciado vers le corps de V.D.
Sont enregistrées ici aussi bien les micro-mutations physiologiques et politiques provoquées par la testostérone dans le corps de Beatriz Preciado que les modifications théoriques et physiques suscitées dans ce corps par la perte, le désir, l'exaltation, l'échec ou le renoncement.
" Le lecteur ne trouvera pas ici de conclusion définitive sur la vérité de mon sexe, ni d'oracle sur le monde à venir. Je donne à lire ces pages qui dessinent les croisements des théories, des molécules et des affects, pour laisser trace d'une expérience politique dont la durée exacte a été de 236 jours et nuits et qui continue aujourd'hui sous d'autres formes. Si le lecteur trouve ici, assemblés sans solution de continuité, des réflexions philosophiques, des récits de session d'administration d'hormones, et des registres détaillés de pratiques sexuelles, c'est simplement parce que c'est le mode sur lequel se construit et se déconstruit la subjectivité."

 

Ezra Suleiman
Schizophrénies françaises

Essai
Traduit de l'américain par P. Guglielmina et P. Demarty

Ezra Suleiman est professeur de sciences politiques à l'Université de Princeton, où il a dirigé entre autres un programme de rencontres entre les " élites " françaises et américaines. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont Les Hauts Fonctionnaires et l'Etat, Les Elites en France, Les Notaires : les pouvoirs d'une corporation, L'Age d'or de l'Etat et Le démantèlement de l'Etat démocratique, tous publiés aux Editions du Seuil.

Imaginez un extraterrestre - ou tout simplement un étranger - qui débarquerait dans notre beau pays. Peut-être ferait-il aussitôt demi-tour, atterré par ce qu'il voit - ou peut-être s'attarderait-il un instant… C'est ce qu'a fait Ezra Suleiman, lui qui depuis plus de vingt ans observe, le regard amusé, avec une férocité critique qui n'a d'égale que son amour de la France, une société pétrie de contradictions, " fatras d'ambiguïtés et de paradoxes " - une nation schizophrène.
Entre déclinisme ambiant et sursauts d'orgueil national ; entre culte des principes et des valeurs, attachement forcené au sacro-saint modèle républicain, et trahison des clercs ; entre grands discours et jérémiades incessantes - quelle est, aujourd'hui, la véritable identité de la France ? Il fallait un regard extérieur pour décrypter les codes d'un pays qui ne se comprend plus lui-même.
Terre des grands principes, la France ? Elle n'a pourtant que son " exceptionnalisme " à la bouche… Terre d'égalité ? Elle est pourtant, de toutes les démocraties occidentales, celle où " l'élite " est la plus puissante, véritable caste privilégiée qui a tout fait pour confisquer et conserver ses petits avantages. Le " modèle républicain " ? Il n'en reste plus grand chose, quand les dirigeants se prennent tous pour des monarques aux petits pieds. Dernier bastion de la " culture " ? Mais qu'est-ce que la culture pour un pays qui laisse ses écoles et ses universités partir en ruines ? Et que serait-elle sans la machine à subventionner ? " Société bloquée " ? Allons donc, quelle complaisance - mais surtout, c'est là un discours bien pratique pour ceux qui profitent confortablement du statu quo et des avantages acquis…
Qui aime la France la châtie bien !

 

David Todd
L'identité économique de la France
Libre échange et protectionnisme, 1814-1851

Essai
Collection dirigée par Patrick Weil
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Diplômé de l'Institut d'Etudes Politique de Paris et docteur en histoire de l'Université de Cambridge, David Todd est research fellow de la Fondation Andrew Mellon au Centre for History and Economics et au collège de Trinity Hall à Cambridge.

La France n'aime pas le libre-échange. A gauche comme à droite, tous les sondages le montrent, les Français préfèrent le protectionnisme. L'ouverture au commerce international est source de malaise politique.
L'identité économique de la France décrit l'émergence de cette culture protectionniste, entre la Révolution de 1789 et celle de 1848. Né au centre-droit de l'échiquier politique, le protectionnisme français séduit successivement la droite nationaliste, la gauche patriotique et les premiers mouvements socialistes. Le caractère démocratique et national des valeurs véhiculées par le discours protectionniste expliquent ce succès : égalité entre les producteurs, solidarité face à la concurrence internationale et rejet du modèle économique " anglais ", industrialiste et inégalitaire. En Grande-Bretagne, libéralisme économique et libéralisme politique restent les côtés face et pile d'une même idéologie. En France, après le milieu du XIXe siècle, libéralisme économique et libéralisme politique se séparent pour souvent s'opposer.
S'appuyant sur des sources originales - françaises, britanniques et allemandes -, L'identité économique de la France restitue l'intensité dramatique de ces débats qui ont contribué à forger le paysage idéologique français contemporain. L'histoire jette un éclairage saisissant sur la tension qui monte aujourd'hui entre la mondialisation économique et la culture démocratique française.


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Petite collection blanche

Emmanuel Hirsch
Apprendre à mourir
Essai
Sous la direction de Perrine Simon-Nahum
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Professeur des universités, directeur de l'Espace éthique de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris et de l'Institut Éthique et soins hospitaliers, Emmanuel Hirsch fait partie des quelques personnes qui suivent ces questions depuis les années 1980, à travers son parcours professionnel et dans ses engagements associatifs. Il est par ailleurs directeur du Département de recherche en éthique (Université Paris-Sud 11), coordonnateur du réseau de recherche en éthique médicale (INSERM), président de l'Association nationale de recherche sur la sclérose latérale amyotrophique (ARS), Vice-président du Centre de recherche et de formation sur l'accompagnement de fin de vie (CREFAV). Enfin, il a été producteur pendant de longues années à France-Culture, dirigeant également les relations extérieures de la chaîne.

En septembre 2003, la mort de Vincent Humbert suscite une vive polémique publique : doit-on légiférer sur le " droit de mourir dans la dignité ", reconnaître le droit au suicide médicalement assisté, celui à l'euthanasie ? Une commission parlementaire se constitue dans l'urgence. Le 22 avril 2005 est votée la loi relative aux droits des malades et à la fin de vie, dite " loi Leonetti ". En mars 2008, la demande d'aide médicale à la mort formulée publiquement par Chantal Sébire relance la controverse. Selon certains, les insuffisances de la loi actuelle devraient inciter à revoir le texte pour envisager un " droit à l'euthanasie " dans les circonstances jugées " exceptionnelles ". Une commission parlementaire est confiée par le Premier ministre à Jean Leonetti. Elle rendra ses conclusions début novembre. C'est dire que le débat public va reprendre au cours du dernier trimestre 2008, l'enjeu étant de savoir si la France maintiendra une position originale qui commence à faire référence au plan internationale, ou évoluera vers les la dépénalisation et l'organisation de l'euthanasie en vigueur aux Pays-Bas, en Belgique et au Luxembourg.
Au-delà de ces questions fortes, qui opposent les partisans de l'euthanasie à ceux qui privilégient la culture des soins palliatifs, ne convient-il pas de présenter une approche différente ?
Ce bref ouvrage se propose de présenter les réalités des fins de vie aujourd'hui : elles interviennent dans près de 80 % des situations en institution, souvent dans un contexte très ou trop médicalisé. De telle sorte que la véritable question qui se pose à un moment donné, lorsque les ressources thérapeutiques s'avèrent impuissantes, se formule en des termes singuliers : comment arrêter et limiter les traitements, accompagner la personne dans cette phase ultime sans anticiper pour autant le moment de la mort ?
Situé au plus près de la réalité quotidienne du soin, l'auteur donne à mieux comprendre ce qui se joue d'essentiel pour la personne, ses proches et les professionnels de santé, à quels dilemmes ils sont confrontés et de quelle manière faire face aux situations les plus délicates et douloureuses de la maladie.



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Les Cahiers Rouges

Max Frisch
Stiller


Max Frisch, né et mort à Zurich (1911-1997), est un écrivain majeur de la Suisse de l'après-guerre. Architecte de formation, journaliste, grand voyageur, il est l'auteur de plusieurs romans, dont le célèbre Homo Faber (Gallimard), de pièces de théâtre et d'un Journal.
Stiller est tenu pour une œuvre capitale.

De son vivant, Max Frisch souhaite une traduction nouvelle et approuvée par lui de son maître livre : la voici.
Qui donc est cet Américain venant du Mexique, appréhendé à la frontière suisse et soupçonné de voyager sous un nom d'emprunt ? Ne serait-il pas le sculpteur Anatol Stiller, ancien combattant des Brigades internationales, disparu de Zurich depuis six ans ? Tout concourt à le confondre et pourtant le héros de Max Frisch répétera " Je ne suis pas Stiller " aussi longtemps que durera sa détention… Pourquoi ce refus d'être celui que reconnaissent sa femme, ses amis, la maîtresse qu'il a aimée ?
Psychologue avant tout, Max Frisch analyse finement le désir perpétuel de tout être humain de s'évader de soi-même ; la difficulté à se voir tel qu'on a été créé ; l'incapacité à accepter les autres tels qu'ils sont.
Entre l'humour et le désespoir serein, c'est la confession d'un enfant du siècle.

Claire Gallois
Une fille cousue de fil blanc


Née à Paris en 1937, en pension dès l'âge de neuf ans, romancière et essayiste, Claire Gallois est l'auteur d'une œuvre où l'on retient, entre autres, A mon seul désir (1965), Une fille cousue de fil blanc (1970), et chez Grasset L'Homme de peine (1989) ou Les heures dangereuses (1992), qui fut un succès de librairie.
Nous publions en octobre 2008 un roman qui accompagne la réédition de celui-ci en Cahiers rouges, L'empreinte des choses cassées.

Une jeune fille meurt, un livre commence. Nous assistons à la découverte du corps, à l'enterrement, à la reconstitution de l'accident, et à bien d'autres séquences posthumes, dont l'arrivée d'une lettre d'amour qui fera éclater le masque mortuaire soigneusement édifié par la famille. De l'humour, plusieurs éclats de rire, presque toutes les formes du sourire : la gaieté naît du contraste entre les événements d'adulte - un enterrement " réussi ", un mariage raté - et la jeunesse de celle qui nous parle.
La narratrice, petite sœur de la morte, n'a pas encore appris à voir, à écouter, à se comporter " comme il faut ". Son regard impitoyable et drôle enregistre sans étonnement les réactions des adultes qui savent si bien enterrer en silence tout ce qui peut ternir leur réputation, comme cette Lulu Diamant, ex-amour de jeunesse du père dont il dit aujourd'hui qu'" elle n'était pas très intelligente ". On perçoit, à maintes reprises, combien l'écart est grand entre les deux générations. Avec la mort de Claire, la petite fille qui nous parle apprend la solitude. Une morte, croyait-on, allait faire découvrir le sens de la vie. Mais la vie n'a pas de sens. L'auteur s'appelle Claire, comme l'héroïne ; laquelle des deux est cette " fille cousue de fil blanc " ?

Sten Nadolny
Le découverte de la lenteur


Sten Nadolny, né en 1942 à Zehdenick sur la Havel, élevé en Haute-Bavière, vit à Berlin et à Munich. Historien, il s'est intéressé particulièrement aux négociations sur le désarmement dans la République de Weimar. En 1977, paraît son premier roman, Carte orange. La découverte de la lenteur a été récompensé par de nombreux prix.

Dès l'enfance, l'Anglais John Franklin souffrit d'un étrange défaut : une extrême lenteur. Cette tare le disposa plus qu'un autre à la réflexion, l'observation. C'est ainsi qu'il devint, après bien des humiliations , l'un des plus grands navigateurs de la Marine britannique au siècle dernier. Il explora l'Australie, gouverna la Tasmanie, découvrit le passage du Nord-Ouest, avant de se perdre en 1847 dans l'Arctique.
De cette vie rebelle, Sten Nadolny a tiré un roman picaresque, traversé par des salves d'humour et d'ironie. Mais La Découverte de la lenteur est aussi un conte philosophique qui bouleverse, jusqu'au vertige, notre vision du monde… Autant dire un voyage, dont on revient différent, plus tolérant aussi.



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Grasset-Jeunesse




Umberto Eco
Illustré par Eugenio Carmi
Les trois cosmonautes et autres contes
Collection Grands lecteurs

Umberto Eco, professeur universitaire, essayiste, écrivain, auteur notamment du célèbre Nom de la Rose et du Pendule de Foucault, se définit comme un " fabricant de mots ". Avec Eugenio Carmi, il est devenu fabuliste.
Eugenio Carmi, peintre de renommée internationale, se définit comme un " fabricant d'images ". Avec Umberto Eco, il est devenu illustrateur.
Mis en regard, les mots et les images de ces amis et complices offrent un recueil philosophique et écologique à la modernité indémodable.

Des atomes en colère qui s'échappent de la bombe qu'un général s'apprête à lancer, trois cosmonautes peu rassurés qui rencontrent un martien pas si méchant que ça, un Empereur prétentieux qui veut apporter la civilisation sur une petite planète paisible… Les trois Cosmonautes, La Bombe du général, et les Gnomes de Gnou : trois contes universels dans lesquels Umberto Eco et Eugenio Carmi ont allié leur art pour notre plus grand plaisir, à découvrir et apprécier à tous les âges.

Nouvelle édition et nouvelle maquette pour ces trois contes, dont la publication en volumes séparés entre 1988 et 1992, saluée par la presse, avait atteint plus de 20 000 ventes, où les textes philosophiques et écologiques d'Umberto Eco sont complétés et prolongés par les illustrations modernes et symboliques, tout en jeux de matières, de peinture et de collages, de son ami Eugenio Carmi, maître de l'art abstrait.
A l'aide de propos faussement naïfs et toujours teintés d'humour, Les trois cosmonautes et autres contes abordent des thèmes fondamentaux, tels la tolérance, la paix, ou l'environnement ; à l'heure les questions sur l'avenir de notre planète agitent plus que jamais les esprits, petits et grands trouveront là un support original et utile de dialogue et de réflexion.

Pierre Coran
Illustré par Christophe Besse
Antifables
Collection Grands lecteurs

Pierre Coran vit à l'orée du bois d'Urbisoeul, en Belgique. Amoureux de la nature, de la simplicité et des mots, ses romans, contes ou poésies sont publiés chez de nombreux éditeurs, en Belgique et en France - comme Labor, Casterman, Le Seuil, L'Ecole des Loisirs ou Hachette (Le Cœur andalou).

Auteur de plus d'une cinquantaine d'ouvrages pour la jeunesse depuis 1960, ancien instituteur dont une école porte aujourd'hui le nom, Pierre Coran a, entre autres, été récompensé par le Prix du Hainaut en 1966 et le Prix Jean de la Fontaine en 1979, et ses célèbres Affabulles (le Livre de Poche, 1989) par le Grand Prix de Poésie pour la Jeunesse. En 2006, il a été nominé au Prix Andersen, sélection IBBY belge, et a reçu le Prix du Rayonnement de la Littérature belge, deux prix exceptionnels décernés par la Communauté française de Belgique.
Christophe Besse, né à Tours en 1956, vit en région parisienne.
Après avoir suivi les cours de L'Ecole Nationale des Arts Appliqués et des Métiers d'Art de Paris, il publie ses premiers livres pour la jeunesse dans les années 1980. Illustrateur indépendant, il a dirigé la collection " les petits bleus " chez Hachette, et enseigne l'illustration à l'Ecole des Arts Appliqués de Poitiers. Ses dessins enlevés pleins d'humour et de malice lui ont conféré une réputation internationale.

Le puma judoka, le lion fou et l'éléphant, les médias et le loup, le zébu taciturne, le marabout mégalomane ou le sociologue et le crapaud… une cinquantaine de fables savoureuses à déguster sans modération !
Situations et personnages de la Fontaine sont revisités par la plume alerte, poétique et ironique de Pierre Coran, qui s'inscrit dans leur dimension intemporelle tout en leur donnant un écho " actuel ". Loups, chiens et mouches se retrouvent en prise avec des médias, des ministres ou encore des sociologues… et offrent des leçons de vie d'autant plus fortes et caustiques !
C'est avec un plaisir évident que Pierre Coran et Christophe Besse, tous deux bien connus des libraires et des enseignants, sont devenus complices dans cet album à lire et à offrir à tous les âges.
Miroir et pendant moderne des célèbres fables de Jean de La Fontaine, ces Antifables constituent un formidable support de découverte de la littérature, de nos sociétés modernes comme de comportements humains indémodables.
Après l'énorme succès de ses Affabulles (le Livre de Poche, 1989), qui ont reçu le Grand Prix de Poésie pour la Jeunesse, ce nouvel ouvrage de Pierre Coran, illustré avec le trait d'une grande justesse et l'humour irrésistible de Christophe Besse, ne manquera pas de s'imposer comme un ouvrage de référence dans les écoles.

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