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Les Cahiers Rouges | Grasset-Jeunesse
Littérature Française
José Alvarez
Anna la nuit
roman
Né en 1947, en Espagne, José Alvarez, créateur
des Editions du Regard, est spécialisé dans l'art,
les Arts décoratifs et l'architecture du XXe siècle.
Il a notamment participé à la rédaction du
Dictionnaire de l'art moderne et contemporain paru aux Editions
Hazan, est l'auteur de l'Art de vivre à Paris entre autres,
aux Editions Flammarion, et collabore régulièrement
à des revues d'art. Il a choisi de s'établir à
Paris.
A la fin des années 1960, le narrateur a éprouvé
une passion pour une femme sublime que la mort a toujours hantée.
Comment vivre un amour quand chaque instant semble menacé
? C'est cette relation tour à tour orageuse et radieuse,
traversée de tempêtes et d'aurores, de sexe et d'effroi
que décrit ce roman. On y croise les Stones, les Beatles,
les Doors, Helmut Newton et bien d'autres encore, personnages élégants,
bohèmes et souvent désuvrés qui, entre
Paris, Londres et Lanzarote, mènent une vie de plaisir, agitée
et brillante.
Michka Assayas
Solo
roman

Michka Assayas est romancier (Exhibition, paru chez Denoël
en 2002) et référence absolue dans l'univers musical
contemporain. Il est l'auteur du Dictionnaire du Rock dans la collection
" Bouquins " et co-auteur avec le chanteur Bono de U2,
de Bono par Bono (Grasset).
Le héros de ce roman, micro-star de la culture rock underground,
trouve, un jour, un étrange message sur la boîte vocale
de son téléphone : une fille, ancienne fan de son
émission de radio et qui fut brièvement sa maîtresse,
lui apprend que, cinq ans plus tôt, elle a été
enceinte de lui, qu'elle a avorté, et elle lui demande de
" payer " les frais - dérisoires, en vérité
- de son IVG. Or, ce message, jailli d'un passé depuis longtemps
enseveli, plonge le narrateur de cette histoire dans un désarroi
sans pareil : où en est-il avec sa vie ? Pourquoi flotte-t-il
dans son destin ? Qu'a-t-il fait de ses espérances ? A qui,
à quoi, s'accrocher pour survivre dans ce monde bruyant où,
par une facétie de la providence, son destin l'a jeté
?
A partir de là, cet anti-héros va se souvenir, revoir
des amis et des amours, écouter de la musique, regarder la
télé, partir à la recherche de lui-même
au fil d'une épopée dérisoire, drolatique,
pathétique
On s'avise bientôt que ce narrateur
est véritablement " possédé " par
tous les sons (politique, médiatiques, musicaux
) qui
forment la patrie inconsciente de sa génération. D'où
l'écriture de ce roman, qui se décline sur plusieurs
registres, du dialogue au délire, de l'harmonie au chahut,
de l'idéologie au " people "
Au final, ce narrateur atterrira, plus ou moins cabossé,
sur son identité en vrac. Il se résoudra à
n'être que lui-même, un peu maussade mais serein. La
voix lointaine de cette fille - retrouvée dans des circonstances
saugrenues, à la fin du roman - lui aura, au moins, permis
de trouver sa place dans le monde.
Frédéric Beigbeder
Un roman français
Roman

Né à Neuilly sur Seine, chroniqueur à Lire
et animateur du Cercle à Canal Plus, Frédéric
Beigbeder est l'auteur chez Grasset de : Vacances dans le coma (1994),
L'amour dure trois ans (1997), 99 francs (2000), Windows on the
World (2003, Prix Interallié), L'égoïste romantique
(2005), Au Secours pardon (2007).
Cela pourrait commencer ainsi : " Je venais d'apprendre que
mon frère était promu chevalier de la Légion
d'Honneur, quand ma garde à vue commença ". Ou
ainsi : " Je ne me souviens pas de mon enfance ". Mais
en fait ce serait le même livre : celui de la mémoire
et de l'enfance retrouvée, un Du côté de Guethary
dans l'été inachevé de la côte basque
où les parents de Frédéric se rencontrèrent,
mais aussi le passage à l'âge d'homme, la mue d'un
gamin immature en adulte pacifié.
Le 28 janvier 2008, Frédéric l'écrivain media-choc,
le personnage public, le noceur, est interpellé pour usage
de stupéfiants sur un capot de Chrysler noire, dans la rue
; il aggrave son cas en fuyant la patrouille de police ! En garde
à vue, dans une cellule puante de deux mètres carrés,
on a le temps de réfléchir. Qui est-on ? Qu'a-t-on
pu faire entre 0 et 13 ans ? De qui suis-je né ? Pourquoi
suis-je amnésique ?
Commence alors un roman français, une généalogie
aux doux noms de pays qui va chercher du côté du Béarn
(le père) où une élégante maison familiale,
la Villa Navarre, reçoit Paul-Jean Toulet et Paul Valéry,
et touche à l'aristocratie désargentée par
la mère. Alors que gémissent les compagnons de cellule,
Frédéric se souvient enfin, de l'histoire de France
et d'un slow, d'une plage à Biarritz et du divorce, de la
timidité et de la célébrité.
Samuel Benchetrit
Le cur en dehors
roman

Samuel Benchetrit est écrivain (Chroniques de l'Asphalte,
tomes 1 et 2 parus chez Julliard), cinéaste (" Janis
et John ", et son dernier film : " J'ai toujours rêvé
d'être un gangster ", prix du scénario du Sundance
Film Festival) et acteur. Il est, par ailleurs, auteur de théâtre
: Comédie sur un quai de gare. Elevé en banlieue,
en " cité ", il a choisi ce décor, mais
en en faisant, contrairement aux discours en vogue, un séjour
heureux et poétique, pour servir de toile de fond à
son écriture nerveuse et froissée.
Ce roman, c'est l'histoire de Charlie Traoré, un gamin, dix
ans, black d'origine malienne, adorable, vivant en banlieue, entre
la Tour Rimbaud et la Tour Simone de Beauvoir, et dont tout l'univers
se résume aux copains, à une amoureuse prénommée
Mélanie, à son frère drogué, et à
sa mère surtout - qui, au début du livre, est "
appréhendée " par la police car ses papiers ne
sont pas en règle. Pendant toute cette journée (les
chapitres du livre, d'ailleurs, se contentent d'être titrés
par l'heure qui tourne), Charlie va errer dans sa cité. Il
va chercher son frère Henry, rendre viste à des braves
gens, frôler des voyous, jouer au foot, sécher l'école,
rêver, suivre ses folles associations d'idées, ses
digressions d'enfant-adulte, attendre sa mère, si douce,
si aimante
Mais ce roman, c'est surtout une langue, un style, une vision innocente
du monde. Ici, c'est Charlie qui parle, pense, regarde - et il est
alors difficile de ne pas évoquer à son sujet le légendaire
Attrape-cur de Salinger. Car le petit Charlie est vraiment
attachant et le regard qu'il pose sur sa " cité "
sordide et magnifiée est, à chaque ligne, rempli de
drôlerie et d'éblouissement. Au début du livre,
il croit que Rimbaud n'est qu'une Tour. A la fin du roman, il saura
que c'était un poète qui dit des choses qui lui semblent
vraies et proches. Son Odyssée de l'aube jusqu'au soir, est
de celles qui ne s'oublient pas. Pas l'ombre d'un misérabilisme
ici : un enchantement de tendresse et d'humour.
Sorj Chalandon
La légende de nos pères
roman
Sorj Chalandon, 55 ans, a été journaliste à
Libération. Il a couvert des événements comme
la guerre du Liban, le Tchad, le drame de Bhopal, la Somalie, l'Afghanistan,
la guerre Iran-Irak ou la guerre du Golfe, mais aussi les faits
de notre quotidien. Ses reportages sur l'Irlande du Nord et le procès
Klaus Barbie lui ont valu le prix Albert Londres en 1988. Il a publié
Le petit Bonzi (2005), Une promesse (2006, Prix Médicis)
et Mon Traître (2008) .
Après avoir été journaliste à la Voix
du Nord, Marcel Frémaux est devenu biographe familial. "
Toute vie mérite d'être racontée ", disent
ses publicités, et c'est pour cela que ses clients se confient
à lui. Il les écoute, met en forme leurs souvenirs,
les rédige puis fait imprimer un livre destiné aux
amis ou au cercle familial.
Un matin, Lupuline Beuzaboc se présente au biographe.
Tescelin, le père de Lupuline, ancien cheminot du Nord de
la France, était un Résistant, un partisan de l'Armée
des ombres. Dédaigneux des hommages, il n'a raconté
sa bravoure qu'à sa fille. Alors, pour ses 85 ans, Lupuline
veut offrir à son père les mémoires de son
combat. Elle veut ramener son passé glorieux en pleine lumière.
Le vieil homme est réticent. Embarrassé. En colère
même de tout ce tapage. Et puis il accepte.
Marcel Frémaux va s'atteler à cet ouvrage avec passion.
Pierre Frémaux, son père, fut un Résistant.
Comme le vieux Beuzaboc, un partisan de l'Armée des ombres,
silencieux et dédaigneux des hommages. Mais son père
n'a jamais rien raconté. Et il est mort, laissant son fils
sans empreinte de lui.
En écoutant Beuzaboc, c'est son père que le biographe
veut entendre. En retraçant sa route, il espère enfin
croiser son chemin. Mais rien ne se passe comme il le pensait. Et
plus Beuzaboc raconte, plus le doute s'installe. C'est par une poignée
de mains, que le biographe et le vieil homme avaient scellé
leur pacte de mémoire. Ensemble, ils franchiront les portes
de l'enfer.
Dany Laferrière
L'énigme du retour
roman
Né à Haïti en 1953 et vivant au Canada depuis
plus de trente ans, Dany Laferrière a publié trois
romans chez Grasset qui ont rencontré un grand succès
critique : Le Goût des jeunes filles (2005), Vers le Sud (2006),
Je suis un écrivain japonais (2008). Il pose d'une manière
toute personnelle la question de l'identité et de l'exil.
L'Enigme du retour (référence au livre de V.S. Naipaul,
L'Enigme de l'arrivée, mais aussi au tableau de Giorgio De
Chirico portant le même titre) est le grand roman de la maturité
de Dany Laferrière. On y retrouve son personnage de l'écrivain
qui ne fait apparemment rien que prendre des bains dans son appartement
à Montréal. Un matin, on lui téléphone
: son père vient de mourir. Son père qui, dans un
parallèle saisissant, avait été exilé
d'Haïti par le dictateur Papa Doc, comme le narrateur, des
années plus tard, l'avait été par son fils,
le non moins dictatorial Bébé Doc.
C'est l'occasion pour le narrateur d'un voyage initiatique à
rebours. Le narrateur part d'abord vers le Nord, comme s'il voulait
paradoxalement fuir son passé, puis gagne Haïti pour
les funérailles de son père. Accompagné d'un
neveu - qui porte le même nom que lui -, il parcourt son île
natale dans un périple doux et grave, rêveur et plein
de charme, qui le mène sur les traces de son passé,
de ses origines. Mais revient-on jamais chez soi ?
Un roman d'une facture extrêmement originale : il est en vers
libres, d'une lecture très fluide, rythmée et toute
en séduction.
Jean-Pierre Milovanoff
L'Amour est un fleuve de Sibérie
roman
Né à Nîmes d'un père russe et d'une mère
provençale, romancier, dramaturge, poète, Jean-Pierre
Milovanoff est l'auteur d'une uvre importante où l'on
retiendra, entre autres, L'Offrande sauvage (Prix des Libraires
2000), La mélancolie des innocents (2002, Prix France Télévisions),
Le Pays des vivants (2005) et Emily ou la déraison (2006).
Au départ de ce beau roman, écrit dans la langue même
de la mélancolie, mais corrigée par le sens de l'absurde,
il y a une voix qui apostrophe le sosie de l'auteur, M. Milianoff
: " On se connaît depuis longtemps. Vous fréquentiez
le café-hôtel de La Bélugue. Ma mère
vous réservait toujours sa meilleure chambre ".
La voix, c'est celle de Silvio, gardien d'un camping au bord de
la mer en Camargue, entre ses caravanes vides et ses bungalows clos,
un rêveur, un doux perdu, l'un de ces personnages hésitants
que l'auteur affectionne. Silvio n'a pas connu son père et
croit le retrouver en Milianoff. Mais sommes-nous certains de nos
désirs de fils ? Commence alors une enquête sentimentale
qui nous mène à la fois dans le passé, sur
une plage venteuse de Camargue, décor d'un hôtel au
charme fragile, mais aussi au présent des protagonistes retrouvés.
Ressuscitent les figures d'un passé englouti, comme submergé
par les inondations qui finiront par l'emporter : la mère
de Silvio, belle femme de 38 ans à la solitude tendre, Johnny
Wood, vrai-faux guitariste à l'accent de l'Alabama mais en
fait un plus banal fils de famille du Languedoc au cur volage,
le Yachtman, un skipper à terre qui attend indéfiniment
qu'on répare le gouvernail de son voilier et sirote son vin
blanc, et Silvio bien sûr, enfermé dans sa chambre
à écouter de la musique, si peu réaliste qu'il
deviendra le gardien des ruines.
Gérard Oberlé
Mémoires de Marc-Antoine Muret
Roman

Gérard Oberlé est l'auteur chez Grasset de Retour
à Zornhof (Prix Découvertes Le Figaro Magazine, Prix
des Deux magots, 2004), Itinéraire spiritueux (Prix Mac Orlan,
Prix Edmond de Rotschild, Prix Rabelais, 2006) et d'un recueil de
chroniques musicales (La vie est ainsi fête, 2007). Expert
en livres anciens, il est aussi chroniqueur à Lire.
" Les esprits sérieux penseront que pareilles fantaisies
ne méritent pas d'être rapportées par écrit.
Je leur répondrai que mon récit n'est rien d'autre
que bavarderie et digressions, autrement dit vagabondages de geai
ou de pie sur les sentiers d'à côté. Quand mon
héritier flânera dans vingt ou trente ans dans ces
cahiers, il feuillettera ses souvenirs d'enfant et se souviendra
de moi en souriant ".
Marc-Antoine Muret a vécu " deux vies de même
durée, mais fort dissemblables, car la seconde fut comme
l'antithèse de la première ". Humaniste, professeur,
maître de Montaigne et orateur des Papes, il fut aussi hédoniste,
poète, grand amateur des plaisirs charnels - ripaille et
lupanar. Muret raconte son amour pour toutes les nourritures terrestres,
évoque l'esprit de la Renaissance, ses amis de la Pléiade,
les réjouissances inspirées de l'Antiquité.
Il rencontre, au gré de son errance, une foule bigarrée
de personnages hauts en couleurs, gentilshommes et canailles, femmes
savantes et courtisans. Dans ce siècle baroque (XVIème
siècle), l'Europe renaît ! Mais l'Europe vit aussi
avec ses vieux démons, la morale exigeante et les guerres
de religion. Marc-Antoine Muret traverse le meilleur comme le pire,
mais reste toujours fidèle à ses principes : "
Le plaisir était mon idéal, jouir était ma
loi ".
Entre élégance du style et jargon coquillard, bacchanales
et rites phalliques, la liberté grivoise et l'érudition
vive, jamais pédante, de ces mémoires sont contagieuses.
Un roman admirable, plus moderne qu'il n'y paraît : la passion
amoureuse d'un homme pour un autre, chassé de Toulouse, condamné
au bûcher, forcé de fuir Paris pour Rome.
Patrick Poivre d'Arvor
Fragments d'une femme perdue
Roman

Patrick Poivre d'Arvor est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages,
seul ou en collaboration avec son frère Olivier, qui ont
souvent rencontré les faveurs du public.
Cette fille " perdue " (pour elle-même ? pour celui
qui prend le risque d'en être follement épris ?) s'appelle
Violette, comme l'héroïne de la " Traviata ".
Elle est très belle, insaisissable, fourbe - mais, malgré
cela, à cause de cela, elle devient l'obsession d'un homme,
Alexis.
Précision : ce roman, qui illustre un genre très classique,
depuis La femme et le pantin de Pierre Louys, jusqu'à Un
amour de Dino Buzatti ou La vilaine fille de Mario Vargas Llosa)
a, ici, une forme particulière, éclatée, "
fragmentée ", faite de lettres, de composition "
polyphonique ". Par brèves séquences, on passe
ainsi d'un point de vue à l'autre. Personne ne détient
la vérité. Chacun est libre de s'aveugler à
sa guise
Quant à l'intrigue, elle se déroule, inéluctable,
jusqu'à un dénouement fatal. Au passage, il en aura
vu de toutes les couleurs (mensonges, tromperies, trahisons, passions,
déceptions
) pour une fille qui, comme d'habitude, "
n'était pas son genre ".
Bruno Tessarech
Les sentinelles
Roman

Bruno Tessarech, né en 1947, a animé un établissement
d'enseignement expérimental et enseigné la philosophie
avant de se consacrer à l'écriture. Il a publié
des romans, parmi lesquels La Machine à écrire, Les
Grandes Personnes, La Femme de l'analyste, et des récits
littéraires, dont Villa blanche, tous réédités
en Folio. Les Sentinelles est son premier roman publié chez
Grasset.
Il s'agit ni plus ni moins que de l'ambitieuse mise en fiction
de la grande question du " qui savait quoi, et quand? "
sur la Shoah durant la Seconde guerre mondiale.
L'auteur mêle les personnages inventés (le narrateur
Patrice Orvieto, jeune diplomate, son frère Sergio, Françoise,
l'épouse d'un responsable du MI-6 anglais, agent double travaillant
pour les Soviétiques) et les personnages historiques. On
y suit la tentative désespérée des "sentinelles"
au destin tragique pour alerter les opinions occidentales sur les
atrocités commises à l'Est: le fameux Kurt Gerstein,
Ian Karski, résistant polonais qui a assisté au génocide
à Belzec, Samuel Zyghelboïm, témoin impuissant
des horreurs dans le ghetto de Varsovie... On y retrouve Hitler
concevant l'Holocauste, Eichmann le planifiant, von Braun utilisant
ses esclaves des camps dans ses usines de Peenemune et de Dora avant
de négocier ses archives et sa collaboration avec les Américains
pour finir par triompher en parvenant à envoyer en 1969 des
hommes sur la lune... On y assiste aux révélations
faites puis tues à Churchill, à Roosevelt, et aux
dilemmes de chacun des chefs d'Etat face à l'horreur.
De la conférence d'Evian en 1938 à la mort de Karski
en 2000, c'est le demi-siècle le plus noir de notre histoire
contemporaine que traverse le narrateur de ce roman vrai, tour à
tour jeune stagiaire à la Conférence d'Evian, puis,
ayant rejoint la France libre à Londres, devenu intermédiaire
entre le MI 6 britannique et le 2e bureau français, de plus
en plus troublé par les révélations incroyables
qui lui sont faites, de plus en plus désespéré
de ne pouvoir relayer la parole des "sentinelles" auprès
de ceux qui auraient eu le pouvoir de faire cesser le massacre.
Essai littéraire
Pierre-Marc de Biasi
Gustave Flaubert
" Une manière spéciale de vivre "
Essai littéraire
Pierre-Marc de Biasi, chercheur au CNRS et producteur à France
Culture, est un spécialiste et un pionnier de la " critique
génétique " - qui traque l'uvre des écrivains
à partir des manuscrits et des correspondances. Il est l'auteur
d'une vingtaine d'ouvrages - dont une partie est consacrée
à Gustave Flaubert.
Qu'est-ce qu'une vie d'écrivain ? Une enfance, des amours,
des voyages, des amitiés, des soucis d'argent, des mondanités,
des succès, des revers
Mais, au fond, tout cela a-t-il
vraiment quelque chose à voir avec ce qui nous intéresse
le plus : l'uvre, l'écriture, le style, le message
qui font que cette vie-là, justement, est celle d'un écrivain
et ne ressemble pas aux autres ?
La question touche naturellement toute entreprise biographique mais
elle devient cruciale quand on aborde une figure comme celle de
Gustave Flaubert. Si celui-ci, en effet, a révolutionné
le romanesque, c'est au nom de nouvelles exigences - l'impersonnalité,
le refus de conclure, la relativité des points de vue - qui
installent au cur de son écriture une figure du vide
: " personnalité de l'auteur : absente ". Comment,
dans ce cas, partir à la recherche de l'écrivain sans
trahir son projet ? Pour lui, l'uvre est tout, l'auteur n'est
rien. Le plus beau cadeau que pourrait lui faire la postérité
serait de ne rien savoir de sa vie contingente, en lisant ses textes
comme s'il n'avait jamais existé
Le problème s'aggrave encore si l'on considère l'autre
côté des choses : le versant " guenilles "
de sa vie. Là, c'est bien pire : non seulement nul ne doute
que Flaubert a existé, mais chacun peut se faire une idée
très précise de son agenda en se plongeant dans les
cinq mille pages de sa Correspondance. A l'impersonnalité
structurale de l'uvre répond ici une exceptionnelle
réussite de l'écriture du quotidien, tour à
tour profonde, cinglante, drôle, émouvante
Littérature étrangère
Sujit Saraf
Le trône du paon
Roman
Traduit de l'anglais par Françoise Adelstain

Sujit Saraf est né dans le Bihar, en Inde, en 1969. Il suit
des études à Darjeeling puis à Delhi, où
il obtient un diplôme d'ingénieur à l'Institut
Indien de Technologie. Il écrit ensuite sa thèse à
la prestigieuse université de Berkeley, en Californie. Chercheur
scientifique à la NASA pendant quelques années, puis
enseignant à l'IIT de Delhi, il est actuellement installé
à Palo Alto, en Californie où il mène des travaux
de recherche sur les missions spatiales et le contrôle des
satellites. Parallèlement à ses activités scientifiques,
Sujit Saraf est directeur artistique d'une compagnie de théâtre
et de cinéma, Naatak, près de San Francisco. Le trône
du paon est son premier roman.
Nous sommes en 1984, à Dehli. Le matin se lève sur
le bazar joyeux et bigarré du plus grand marché de
la ville, Chandni Chowk, gigantesque complexe de petites boutiques
où il se vend de tout. Gopal Pandey, marchand de thé
chai, s'éveille en sursaut et s'apprête à ouvrir
son échoppe quand il se rend compte que la foule du marché
est en émoi
Que se passe-t-il ? Bientôt la rumeur
lui parvient : le Premier ministre, Indira Gandhi, vient d'être
assassinée. C'est très vite la confusion : tous s'agitent,
courent en tous sens ; il y a ceux qui sont fous de joie en apprenant
la mort de la " putain ", et ceux qui pleurent leur guide.
Les esprits s'enflamment, les communautés s'affrontent dans
un embrasement populaire qui dégénère : les
Hindous crient vengeance contre les Sikhs. Dans le chaos, Gopal
recueille quelques hommes qui tentent d'échapper à
l'émeute - y compris un certain Gyan Singh, dont personne
ne sait qu'il est accusé d'être l'assassin d'Indira
Le roman se déroule en cinq parties, de 1984 à 1998.
Des pogroms contre les Sikhs, pourchassés et mis à
mort dans Delhi pour venger la mort du Premier ministre au triomphe
du BJP, le parti nationaliste hindou qui a fait du refus des Musulmans
son cheval de bataille, tout se passe dans le Vieux Delhi, où
cohabitent de façon tumultueuse Hindous, Musulmans, Sikhs,
Jains et Chrétiens. Cet immense bazar, parcouru d'inextricables
ruelles offre un condensé de toutes les populations, castes
et sous-castes du pays.
Remise en vente
Carlos Ruiz Zafon
L'ombre du vent
Roman
Traduit de l'espagnol par François Maspéro
L'ombre du vent est remis en vente à l'occasion de la parution,
chez Robert Laffont, du nouveau livre de Carlos Ruiz Zafon, Le jeu
de l'ange.
Toutes éditions confondues, L'ombre du vent s'est vendu en
France à près de 600.000 exemplaires, et à
6 millions d'exemplaires dans le monde.
Le jeu de l'ange était un des livres de Julian Carax évoqué
dans L'ombre du vent. Ce roman est, dans le jargon du cinéma
américain, un " prequel ", l'histoire reprenant
en partie les personnages de notre best-seller, mais se déroulant
à une époque antérieure, dans la Barcelone
des années vingt.
Thrillers
Clive Cussler
Et Paul Kemprecos
Tempête polaire
thriller
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean Rosenthal
Clive Cussler est l'auteur de nombreux romans chez Grasset, dont
L'Or des Incas, Sahara, Dragon, Atlantide, Odyssée et Pierre
sacrée. Découvreur d'épaves, il est membre
de la Société Géographique Royale de Londres,
du Club des explorateurs de New York et il préside l'Agence
nationale maritime et sous-marine (NUMA).
Paul Kemprecos est journaliste et auteur de plusieurs thrillers,
pour lesquels il a reçu le prix Shamus. Publié en
France par Grasset, il est l'auteur du Meurtre du Mayflower (2002),
et de Blues à Cape Cod (2003), romans qui mettent en scène
le détective Aristote Socaridès. Il co-écrit
également la série des aventures de Kurt Austin avec
Clive Cussler, dont sont parus : Serpent (2000), L'or bleu (2002),
Glace de feu (2005), Mort blanche (2006) et A la recherche de la
cité perdue (2007). Le septième titre paraîtra
en 2010.
L'inversion polaire : un phénomène naturel qui s'est
produit à maintes reprises par le passé. De faible
ampleur, elle ne fera que désorienter la faune marine et
les oiseaux, paralyser les systèmes électriques. Mais
si l'attaque est forte et que les éléments se déchaînent,
elle s'accompagnera d'un véritable cataclysme -glissement
des plaques tectoniques, tremblements de terre, éruptions
volcaniques- capable de précipiter la fin du monde
En pleine Seconde Guerre mondiale, Kovacs, un excentrique génie
hongrois, découvre comment provoquer une inversion des pôles
à l'aide d'ondes électromagnétiques.
Mais on perd toute trace de lui et de ses travaux
jusqu'au
jour où le leader d'un groupe altermondialiste essaie d'utiliser
les théories de Kovacs en guise d'avertissement aux puissants
de ce monde. Or, une fois que le processus est enclenché,
plus rien ne peut l'arrêter.
Kurt Austin, Joe Zavala et les autres membres des opérations
spéciales de la NUMA vont devoir sillonner les océans
et essuyer bien des tempêtes afin de mettre la main sur l'antidote
qui pourra sauver le monde
Essais, documents
Violaine Binet
Diane Arbus
Biographie
Violaine Binet a été rédactrice en chef adjointe
à Vogue, en charge des livres. Diane Arbus est son premier
livre.
A Londres, en janvier 2005, l'exposition consacrée à
la photographe Diane Arbus s'achève en gloire. La presse
entière acclame ce travail longtemps jugé dérangeant,
voire " pervers " comme le disait Susan Sontag. Les collectionneurs
s'arrachent les tirages à prix d'or : " Boy with a toy
grenade in his hand ", cliché légendaire, se
vend à 350.000 dollars. Nan Goldin, Steven Meisel ou Cindy
Sherman sont les disciples de ce style noir et blanc, au format
carré sans concessions, parfois dévoyé entre
le " porno-chic " et le trash. Il manque quelqu'un pour
le happy end. Diane Arbus n'est plus là pour savourer la
revanche sur le milieu frelaté de la mode où les directeurs
artistiques l'exploitaient au rabais. En juillet 1971, à
l'âge de 48 ans, un jour de moite chaleur new-yorkaise, un
ami la trouve les veines tranchées, dans sa baignoire.
Diane Arbus, née Nemerov sur Central Park West, petite fille
gâtée de l'upper-class juive américaine, puis
mère de famille se levant à 5 heures du matin pour
courir les cirques ou les asiles psychiatriques, est une artiste
en photographie. Passée par la photographie de mode, travaillant
pour Condé-Nast, Harper's Bazaar ou Vanity Fair, fréquentant
Richard Avedon et Irving Penn, elle consacre son temps aux frivolités
qu'on maquille. Elle s'émancipe vite, se brûle au contact
des damnés de la ville. C'est l'une des premières,
sinon la seule avec Lisette Model, à saisir les ombres errantes
de Manhattan : elle saisit au vif avaleurs de sabre, femmes à
peau de serpent, nudistes militants, aliénés hilares,
géants, jumelles sibyllines au regard de glace, photographiés
au flash dans des hôtels miteux ou des recoins hors la loi
de Central Park. Le Barnum américain, côté coulisses.
" Je suis née tout en haut de l'échelle, et depuis
toute ma vie, j'en ai dégringolé aussi vite que j'ai
pu " disait-elle. Alors, comment rester intacte quand l'ambition
d'une artiste est de traverser le miroir des apparences. Au risque
de le briser. Se briser, aussi.
Augustin d'Humières
Et Marion Van Renterghem
Homère et Shakespeare en banlieue
Document
Augustin d'Humières est professeur de lettres classiques.
Marion Van Renterghem est journaliste au Monde. Elle a obtenu le
prix Albert Londres, en 2003 et le prix Louis Hachette, en 2009.
Elle est l'auteur d'un livre, Les Rescapés (2005, Philippe
Rey).
Un lycée de banlieue, l'un des pires, si l'on en croit les
statistiques. Contourner la carte scolaire est une nécessité
pour les familles, qui veulent à tout prix éviter
cet établissement.
Hiver 2003 : Augustin d'Humières et six anciens élèves
décident de créer un réseau de solidarité
avec les lycéens, avec un premier objectif : assurer la survie
du latin et du grec. Chaque année, répéter
le même leitmotiv : le grec et le latin sont les meilleurs
vecteurs de l'égalité des chances !.
Quatre ans plus tard : 250 élèves recrutés,
des anciens élèves devenus professeurs de lettres
classiques, avocats, élèves de grandes écoles,
médecins, et qui réussissent à faire de ce
lycée déshérité une citadelle des langues
anciennes ; de nombreux élèves pour lesquels ces langues
sont d'abord un merveilleux instrument pour maîtriser une
langue française qui n'est pas parlée chez eux, et
se familiariser avec des étymologies qui pourraient sembler
" barbares ".
Deuxième objectif d'Augustin d'Humières : un groupe
de 20 élèves recrutés au hasard des couloirs
et quelques professionnels du théâtre qui vont les
aider à préparer un spectacle. Pas un simple atelier,
mais des répétitions, trois ou quatre fois par semaine,
tous les jours durant les vacances, dans le centre social de la
cité où le théâtre s'invite dans le quotidien
de ces élèves. Aller les chercher dans leur village,
dans leur tour, chez eux devant leur play-station, afin que le Songe
d'une Nuit d'été ou la Nuit des Rois soient montés
Puis voir un théâtre se remplir de 500 personnes qui
n'y mettent jamais les pieds, voir des élèves se métamorphoser,
sentir qu'il s'est passé quelque chose d'irréversible.
Voir le projet grandir, se structurer, voir l'accompagnement à
la scolarité se développer à tous les niveaux.
Une série de portraits réalisés par Marion
Van Renterghem met en relief quelques uns des acteurs de cette expérience
extraordinaire.
François-George Maugarlone
Présentation de la France à ses enfants
Essai
De ce François-George Maugarlone, jadis plus connu sour le
nom de François George - jusqu'au " vu de silence
" qui l'exila de l'univers médiatique à la fin
des années 1970 - on peut s'attendre à tout. Rebelle,
misanthrope, sartrien, aronien, jankelevichien, président
de la Société des amis d'Arsène Lupin, il publia,
chez Grasset, A la recherche des disparus (2004) qui connut un beau
succès critique, ainsi que Plus sage est le vent, Retour
à Merleau-Ponty et, chez Fayard, Histoire personnelle de
la V° République (2008). Désormais retraité
de l'Assemblée Nationale, il écrit et pense en totale
liberté.
La France, pour qui sait la voir et la sentir, est un " espace
" où les signes se superposent, et y circuler revient
à remonter le temps, parfois jusqu'aux oppidums gaulois.
Celui qui fait ainsi l'inventaire littéraire de son pays
part en même temps, à la recherche de lui-même,
et dresse son propre bilan face au miroir d'un sol, d'une terre
qui, s'ils " ne mentent pas ", sont, en la circonstance,
fort peu barresiennes ou pétainistes
En vérité,
l'auteur du déjà classique Histoire personnelle de
la France se découvre ici comme " être général
", représentant une génération, celle
du baby-boom, mais il appartient aussi à une tradition beaucoup
plus longue où Chateaubriand s'associe à Sartre, de
Gaulle à Vercingétorix. Il rencontre Montaigne en
son Périgord, Pascal à Port-Royal, Rimbaud dans les
Ardennes, Proust à Illiers-Combray ou Céline à
Meudon. Maniant l'insolence aussi bien que l'érudition, il
se permet même d'imaginer le dialogue de Francis Blanche et
de Nietzsche sur le chemin d'Eze
Bref, il montre comment les
lieux s'entrecroisent avec les uvres, des églises abandonnées
ou " dévergondées " jusqu'aux " musées
vagabonds " et aux " femmes-paysages "
Histoire, géographie, littérature, philosophie, se
donnent rendez-vous au cours d'une pérégrination certes
très " personnelle ", mais qui est aussi celle,
simplement, d'un Français qui entre avec son héritage,
son fatras de rêves et de souvenirs livresques, dans le troisième
millénaire
Revues
Mondes N°1
Les Cahiers du Quai d'Orsay
La revue bilingue du Quai d'Orsay
Une revue trimestrielle de haute qualité consacrée
aux relations internationales et à la mondialisation, créée
à l'initiative du ministre des Affaires étrangères
Bernard Kouchner.
Mondes offrira à ses lecteurs l'analyse, les témoignages,
les réflexions de la diplomatie française jusque là
réservés aux seuls professionnels. Les sujets traités
aborderont l'ensemble des grandes problématiques actuelles,
qu'elles soient géopolitiques (conflits, crises
) ou
sociétales comme celles liées au climat, à
la démographie, à l'économie ou aux religions.
Des cartes pourront illustrer certains articles.
Les auteurs sont principalement des diplomates et les experts français
du Quai d'Orsay, certains étant très connus du grand
public - Daniel Rondeau ou Olivier Weber, tous deux écrivains
et ambassadeurs, par exemple - et des personnalités du monde
politique, culturel ou de l'entreprise.
Chacun des quatre numéros annuels comprendra
. Un dossier thématique ou géographique, regroupant
cinq ou six articles de fond sur un des enjeux prioritaires des
relations internationales.
. des analyses et témoignages faisant une large place aux
expériences vécues par les diplomates sur le terrain.
Ils mettront les faits et les idées en perspective, et apporteront
des éclairages inédits, voire insolites sur l'action
diplomatique.
Sommaire du numéro 1 - septembre 2009
- Editorial de Bernard Kouchner
Le ministère de la mondialisation et la modernisation du
Quai d'Orsay
- Dossier thématique - Le dérèglement climatique
Daniel Rondeau, ambassadeur à Malte - Ulysse et Balthazar,
la Méditerranée ne doit pas devenir un cimetière
Serge Ségura - Arctique : réchauffement climatique
et gouvernance
André Pouillès-Duplaix - Sécurité alimentaire
: impact diplomatique et économique des changements climatiques
Rémy Lambert - Quand l'eau devient une ressource stratégique
Christian Masset - Financements innovants et développement
durable
- Analyses et Témoignages
Eric Fournier, ambassadeur en Géorgie - La crise géorgienne
en direct : " Quit Gori ! "
Pierre Jacquemot, ambassadeur en République démocratique
du Congo - Les fondements économiques des conflits dans l'Est
de la RDC
Christophe Jaffrelot - Les quatre points cardinaux de la diplomatie
indienne
Jean-François Dobelle, ancien ambassadeur pour le Désarmement
- Désarmement : où en est-on ?
Jean-Paul Véziant, ancien ambassadeur en Ukraine - Couleurs
d'Ukraine
Le premier numéro paraîtra fin août 2009 à
l'occasion de la Conférence des Ambassadeurs.
Les Cahiers Rouges
Jean Giraudoux
Bella
Jean Giraudoux (1882-1944) est un des plus grands auteurs de théâtre
du XXe siècle (Electre, La guerre de Troie n'aura pas lieu
)
mais aussi un romancier de premier rang. Il laisse des classiques
tels que Siegfried et le Limousin (Les Cahiers rouges) ou ce Bella,
où l'alliance si giralducienne de la douceur et de la satire
fait merveille.
L'amour de Bella Rebendart pour Philippe Dubardeau est contrarié
par la vieille inimitié entre leurs familles, puissantes
et politiquement opposées. Plus qu'une satire des murs
de la Troisième République, l'on peut voir dans Bella
une transposition moderne de la rivalité des Capulets et
des Montaigus, interprétée avec une liberté
pleine de fantaisie. Bella est une femme de notre temps, mais elle
représente aussi, comme les autres héroïnes de
Giraudoux, " celle par qui tout arrive ".
Henry Roth
L'or de la terre promise
Henry Roth (1906-1995) est né en Galicie, dans l'Empire d'Autriche,
d'une famille qui a émigré aux Etats-Unis dès
1909. Son premier roman, L'Or de la terre promise, publié
en 1934, est d'abord passé inaperçu. C'est trente
ans plus tard, et alors que Roth avait renoncé à ses
ambitions littéraires (il a exercé des métiers
aussi divers que garde-forestier ou infirmier dans un hôpital
psychiatrique), que le livre est réédité et
se vend à plus d'un million d'exemplaires.
On a pleuré au Nouveau Monde à lire l'histoire de
David Schearl, petit garçon débarqué à
New York avec ses parents, juifs d'Europe centrale, et plongé
dans la vie sinistre des bas quartiers de la métropole.
Tout le roman est vu à travers les yeux de cet enfant nerveux
et angoissé. L'Or de la terre promise allie la description
féroce du prolétariat cosmopolite à New York
au lyrisme propre à une inspiration inquiète, qui
transfigure les événements les plus sordides en aventures
tour à tour merveilleuses ou terrifiantes.
Quel est le chef-d'uvre de la littérature juive des
Etats-Unis ? Des milliers de lecteurs ont répondu : L'Or
de la terre promise d'Henry Roth.
Victor Serge
S'il est minuit dans le siècle
Victor Serge (1890-1947) est né à Bruxelles de parents
russes émigrés politiques. Socialiste, antimilitariste,
il écrit dans la presse anarchiste de Paris. Pour avoir refusé
de dénoncer des membres de la " bande à Bonnot
" qu'il avait hébergés chez lui, il effectue
quatre ans de prison. De nouveau emprisonné à Barcelone
en 1917 pour avoir fomenté une insurrection anarchiste, il
se rend en Union soviétique et se met au service de la révolution.
Son engagement au côté de Trotski en fait un antistalinien
convaincu. Déporté dans l'Oural, il est libéré
sous la pression internationale et banni d'URSS. Il est mort dans
le dénuement, au Mexique, en 1947.
Avant Koestler et Soljenitsyne, Victor Serge décrit, avec
S'il est minuit dans le siècle, la Russie de Staline comme
une machine à broyer les hommes, corps et âme. Les
opposants au régime meurent dans l'anonymat. Serge, qui fut
l'un d'eux, leur a redonné un visage et des noms. Son livre,
dès 1940, était un avertissement.
Grasset-Jeunesse
Florence Desmazures
Illustrations de Sylvie Serprix
L'imagier de Romuald : une semaine bien remplie !
Collection 2 X 2 = 4
Florence Desmazures vit en région parisienne, où
elle anime des ateliers d'écriture. Elle a publié
de nombreux ouvrages, notamment, chez Grasset-Jeunesse, les albums
Pardon, je suis un ornithorynque, tout simplement et Point d'interrogation,
le hamster qui aimait les livres, adapté ensuite pour la
collection Théâtre, Les Aventures de Bull Mastik (Lampe
de Poche 7 ans et +) ou encore Zagal (Lampe de Poche 9 ans et +).
Sylvie Serprix a commencé à dessiner pour s'amuser,
il y a une trentaine d'années. Et depuis, c'est devenu son
métier... pour continuer à s'amuser ! Après
des études à l'ESAG, elle commence "le voyage"
avec le dessin documentaire, et, après un passage par l'informatique
et la conception de sites web, travaille aujourd'hui principalement
pour la presse (Le Monde, Libération, Madame Figaro
)
et l'édition (Talents Hauts, Gallimard, Oskar
). Dans
L'Imagier de Romuald, elle nous invite à partager son univers
frais, coloré et malicieux.
Romuald est triste : ses parents partent en voyage tout une semaine.
Ses grands parents le consolent : il n'aura pas le temps de s'ennuyer
! Chaque jour aura son occupation : entre le Musée du Doudou,
le salon des Desserts, l'atelier théâtre, la bibliothèque,
le marché ou le cirque
le dimanche, Pakito sera tout
étonné que la semaine soit déjà finie
!
Un album tendre et empli d'humour pour les tout petits, pour apprendre
à suivre l'évolution des jours, et reconnaître
et nommer des lieux et les objets qui leur correspondent.
Chaque double page, consacrée à un lieu et un jour
de la semaine, est suivie d'une page "imagier" habillée
de petites vignettes, qui invite l'enfant à retrouver les
objets nommés et dessinés dans l'image précédente.
L'ensemble est scandé par des pages indiquant le jour concerné
et ornées de vignettes mettant Romuald dans la situation
qu'il va vivre.
Un imagier-semainier original, ludique et graphique !
H. M.
Samira
Roman Grand Format
Professeur de Lettres-Histoire, qui a notamment collaboré
au magazine Rock n'Folk ou au FestiVal de Marne, Hervé Moisan,
passionné de musique et de rock français, a publié,
aux Éditions Verticales, Noir(s) Désir(s), le premier
livre consacré au groupe du même nom. Chez Grasset-Jeunesse,
après Gorges rouges, il offre, à travers les nouvelles
" aventures " urbaines d'Alex, un thriller actuel et sans
temps mort.
À Paris, le lycée professionnel d'Alex est agité
par l'histoire de Samira, recherchée par ses frères
après avoir décidé de fuir l'emprise familiale.
Tandis qu'un comité de soutien s'organise, Saïd est
tué d'une balle dans la tête, au beau milieu du cimetière
du Père-Lachaise
sous les yeux d'Alex.
Aidé par la belle Alexandra dont il est toujours un peu amoureux
et par la dynamique et indomptable Katia qui va peu à peu
trouver une place dans son cur, Alex va tenter de faire le
lien entre les événements et de trouver le responsable
de la mort de Saïd. Mais c'est sans compter sur la rapidité
du tueur, qui fait bientôt, dans une cave de la Défense
et toujours sous les yeux d'Alex, une deuxième victime.
Alors que l'enquête de police piétine, la lumière
se fait peu à peu sur de sombres histoires
Ce thriller nerveux et visuel aux thèmes malheureusement
d'une actualité criante interroge sans détours la
place de la femme dans nos sociétés modernes.
Jeunes bourgeois ou "caïds", dans les beaux quartiers
ou les quartiers difficiles, la réalité est la même
quand il s'agit de viol (ici, en réunion), d'humiliation
et de vengeance
Samira dénonce l'urgence d'ouvrir les
yeux sur le quotidien de jeunes filles d'aujourd'hui, induit par
la déviance de rapports sociaux ou familiaux dirigés
par la loi du plus fort.
Salué par des médias nationaux comme Le Figaro ou
Le Parisien, le premier volet des aventures d'Alex, Gorges rouges,
qui a fait partie de nombreuses sélections, dont celle du
Prix du Polar de Montigny-lès-Cormeilles, s'attachait, quant
à lui, à des problèmes provoqués par
un engagement politique d'extrême droite.
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