Nouveautés Grasset

Août - Septembre
2009

Littérature française | Essai littéraire | Littérature étrangère
Thrillers
| Essais, documents, biographies | Revue
Les Cahiers Rouges | Grasset-Jeunesse

 

Littérature Française



José Alvarez
Anna la nuit
roman
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Né en 1947, en Espagne, José Alvarez, créateur des Editions du Regard, est spécialisé dans l'art, les Arts décoratifs et l'architecture du XXe siècle. Il a notamment participé à la rédaction du Dictionnaire de l'art moderne et contemporain paru aux Editions Hazan, est l'auteur de l'Art de vivre à Paris entre autres, aux Editions Flammarion, et collabore régulièrement à des revues d'art. Il a choisi de s'établir à Paris.

A la fin des années 1960, le narrateur a éprouvé une passion pour une femme sublime que la mort a toujours hantée. Comment vivre un amour quand chaque instant semble menacé ? C'est cette relation tour à tour orageuse et radieuse, traversée de tempêtes et d'aurores, de sexe et d'effroi que décrit ce roman. On y croise les Stones, les Beatles, les Doors, Helmut Newton et bien d'autres encore, personnages élégants, bohèmes et souvent désœuvrés qui, entre Paris, Londres et Lanzarote, mènent une vie de plaisir, agitée et brillante.



Michka Assayas
Solo
roman
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Michka Assayas est romancier (Exhibition, paru chez Denoël en 2002) et référence absolue dans l'univers musical contemporain. Il est l'auteur du Dictionnaire du Rock dans la collection " Bouquins " et co-auteur avec le chanteur Bono de U2, de Bono par Bono (Grasset).

Le héros de ce roman, micro-star de la culture rock underground, trouve, un jour, un étrange message sur la boîte vocale de son téléphone : une fille, ancienne fan de son émission de radio et qui fut brièvement sa maîtresse, lui apprend que, cinq ans plus tôt, elle a été enceinte de lui, qu'elle a avorté, et elle lui demande de " payer " les frais - dérisoires, en vérité - de son IVG. Or, ce message, jailli d'un passé depuis longtemps enseveli, plonge le narrateur de cette histoire dans un désarroi sans pareil : où en est-il avec sa vie ? Pourquoi flotte-t-il dans son destin ? Qu'a-t-il fait de ses espérances ? A qui, à quoi, s'accrocher pour survivre dans ce monde bruyant où, par une facétie de la providence, son destin l'a jeté ?
A partir de là, cet anti-héros va se souvenir, revoir des amis et des amours, écouter de la musique, regarder la télé, partir à la recherche de lui-même au fil d'une épopée dérisoire, drolatique, pathétique… On s'avise bientôt que ce narrateur est véritablement " possédé " par tous les sons (politique, médiatiques, musicaux…) qui forment la patrie inconsciente de sa génération. D'où l'écriture de ce roman, qui se décline sur plusieurs registres, du dialogue au délire, de l'harmonie au chahut, de l'idéologie au " people "…
Au final, ce narrateur atterrira, plus ou moins cabossé, sur son identité en vrac. Il se résoudra à n'être que lui-même, un peu maussade mais serein. La voix lointaine de cette fille - retrouvée dans des circonstances saugrenues, à la fin du roman - lui aura, au moins, permis de trouver sa place dans le monde.

Frédéric Beigbeder
Un roman français
Roman
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Né à Neuilly sur Seine, chroniqueur à Lire et animateur du Cercle à Canal Plus, Frédéric Beigbeder est l'auteur chez Grasset de : Vacances dans le coma (1994), L'amour dure trois ans (1997), 99 francs (2000), Windows on the World (2003, Prix Interallié), L'égoïste romantique (2005), Au Secours pardon (2007).

Cela pourrait commencer ainsi : " Je venais d'apprendre que mon frère était promu chevalier de la Légion d'Honneur, quand ma garde à vue commença ". Ou ainsi : " Je ne me souviens pas de mon enfance ". Mais en fait ce serait le même livre : celui de la mémoire et de l'enfance retrouvée, un Du côté de Guethary dans l'été inachevé de la côte basque où les parents de Frédéric se rencontrèrent, mais aussi le passage à l'âge d'homme, la mue d'un gamin immature en adulte pacifié.
Le 28 janvier 2008, Frédéric l'écrivain media-choc, le personnage public, le noceur, est interpellé pour usage de stupéfiants sur un capot de Chrysler noire, dans la rue ; il aggrave son cas en fuyant la patrouille de police ! En garde à vue, dans une cellule puante de deux mètres carrés, on a le temps de réfléchir. Qui est-on ? Qu'a-t-on pu faire entre 0 et 13 ans ? De qui suis-je né ? Pourquoi suis-je amnésique ?
Commence alors un roman français, une généalogie aux doux noms de pays qui va chercher du côté du Béarn (le père) où une élégante maison familiale, la Villa Navarre, reçoit Paul-Jean Toulet et Paul Valéry, et touche à l'aristocratie désargentée par la mère. Alors que gémissent les compagnons de cellule, Frédéric se souvient enfin, de l'histoire de France et d'un slow, d'une plage à Biarritz et du divorce, de la timidité et de la célébrité.

Samuel Benchetrit
Le cœur en dehors
roman
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Samuel Benchetrit est écrivain (Chroniques de l'Asphalte, tomes 1 et 2 parus chez Julliard), cinéaste (" Janis et John ", et son dernier film : " J'ai toujours rêvé d'être un gangster ", prix du scénario du Sundance Film Festival) et acteur. Il est, par ailleurs, auteur de théâtre : Comédie sur un quai de gare. Elevé en banlieue, en " cité ", il a choisi ce décor, mais en en faisant, contrairement aux discours en vogue, un séjour heureux et poétique, pour servir de toile de fond à son écriture nerveuse et froissée.

Ce roman, c'est l'histoire de Charlie Traoré, un gamin, dix ans, black d'origine malienne, adorable, vivant en banlieue, entre la Tour Rimbaud et la Tour Simone de Beauvoir, et dont tout l'univers se résume aux copains, à une amoureuse prénommée Mélanie, à son frère drogué, et à sa mère surtout - qui, au début du livre, est " appréhendée " par la police car ses papiers ne sont pas en règle. Pendant toute cette journée (les chapitres du livre, d'ailleurs, se contentent d'être titrés par l'heure qui tourne), Charlie va errer dans sa cité. Il va chercher son frère Henry, rendre viste à des braves gens, frôler des voyous, jouer au foot, sécher l'école, rêver, suivre ses folles associations d'idées, ses digressions d'enfant-adulte, attendre sa mère, si douce, si aimante…
Mais ce roman, c'est surtout une langue, un style, une vision innocente du monde. Ici, c'est Charlie qui parle, pense, regarde - et il est alors difficile de ne pas évoquer à son sujet le légendaire Attrape-cœur de Salinger. Car le petit Charlie est vraiment attachant et le regard qu'il pose sur sa " cité " sordide et magnifiée est, à chaque ligne, rempli de drôlerie et d'éblouissement. Au début du livre, il croit que Rimbaud n'est qu'une Tour. A la fin du roman, il saura que c'était un poète qui dit des choses qui lui semblent vraies et proches. Son Odyssée de l'aube jusqu'au soir, est de celles qui ne s'oublient pas. Pas l'ombre d'un misérabilisme ici : un enchantement de tendresse et d'humour.

Sorj Chalandon
La légende de nos pères
roman
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Sorj Chalandon, 55 ans, a été journaliste à Libération. Il a couvert des événements comme la guerre du Liban, le Tchad, le drame de Bhopal, la Somalie, l'Afghanistan, la guerre Iran-Irak ou la guerre du Golfe, mais aussi les faits de notre quotidien. Ses reportages sur l'Irlande du Nord et le procès Klaus Barbie lui ont valu le prix Albert Londres en 1988. Il a publié Le petit Bonzi (2005), Une promesse (2006, Prix Médicis) et Mon Traître (2008) .

Après avoir été journaliste à la Voix du Nord, Marcel Frémaux est devenu biographe familial. " Toute vie mérite d'être racontée ", disent ses publicités, et c'est pour cela que ses clients se confient à lui. Il les écoute, met en forme leurs souvenirs, les rédige puis fait imprimer un livre destiné aux amis ou au cercle familial.
Un matin, Lupuline Beuzaboc se présente au biographe.
Tescelin, le père de Lupuline, ancien cheminot du Nord de la France, était un Résistant, un partisan de l'Armée des ombres. Dédaigneux des hommages, il n'a raconté sa bravoure qu'à sa fille. Alors, pour ses 85 ans, Lupuline veut offrir à son père les mémoires de son combat. Elle veut ramener son passé glorieux en pleine lumière. Le vieil homme est réticent. Embarrassé. En colère même de tout ce tapage. Et puis il accepte.
Marcel Frémaux va s'atteler à cet ouvrage avec passion. Pierre Frémaux, son père, fut un Résistant. Comme le vieux Beuzaboc, un partisan de l'Armée des ombres, silencieux et dédaigneux des hommages. Mais son père n'a jamais rien raconté. Et il est mort, laissant son fils sans empreinte de lui.
En écoutant Beuzaboc, c'est son père que le biographe veut entendre. En retraçant sa route, il espère enfin croiser son chemin. Mais rien ne se passe comme il le pensait. Et plus Beuzaboc raconte, plus le doute s'installe. C'est par une poignée de mains, que le biographe et le vieil homme avaient scellé leur pacte de mémoire. Ensemble, ils franchiront les portes de l'enfer.

Dany Laferrière
L'énigme du retour
roman
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Né à Haïti en 1953 et vivant au Canada depuis plus de trente ans, Dany Laferrière a publié trois romans chez Grasset qui ont rencontré un grand succès critique : Le Goût des jeunes filles (2005), Vers le Sud (2006), Je suis un écrivain japonais (2008). Il pose d'une manière toute personnelle la question de l'identité et de l'exil.

L'Enigme du retour (référence au livre de V.S. Naipaul, L'Enigme de l'arrivée, mais aussi au tableau de Giorgio De Chirico portant le même titre) est le grand roman de la maturité de Dany Laferrière. On y retrouve son personnage de l'écrivain qui ne fait apparemment rien que prendre des bains dans son appartement à Montréal. Un matin, on lui téléphone : son père vient de mourir. Son père qui, dans un parallèle saisissant, avait été exilé d'Haïti par le dictateur Papa Doc, comme le narrateur, des années plus tard, l'avait été par son fils, le non moins dictatorial Bébé Doc.
C'est l'occasion pour le narrateur d'un voyage initiatique à rebours. Le narrateur part d'abord vers le Nord, comme s'il voulait paradoxalement fuir son passé, puis gagne Haïti pour les funérailles de son père. Accompagné d'un neveu - qui porte le même nom que lui -, il parcourt son île natale dans un périple doux et grave, rêveur et plein de charme, qui le mène sur les traces de son passé, de ses origines. Mais revient-on jamais chez soi ?
Un roman d'une facture extrêmement originale : il est en vers libres, d'une lecture très fluide, rythmée et toute en séduction.


Jean-Pierre Milovanoff
L'Amour est un fleuve de Sibérie
roman
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Né à Nîmes d'un père russe et d'une mère provençale, romancier, dramaturge, poète, Jean-Pierre Milovanoff est l'auteur d'une œuvre importante où l'on retiendra, entre autres, L'Offrande sauvage (Prix des Libraires 2000), La mélancolie des innocents (2002, Prix France Télévisions), Le Pays des vivants (2005) et Emily ou la déraison (2006).

Au départ de ce beau roman, écrit dans la langue même de la mélancolie, mais corrigée par le sens de l'absurde, il y a une voix qui apostrophe le sosie de l'auteur, M. Milianoff : " On se connaît depuis longtemps. Vous fréquentiez le café-hôtel de La Bélugue. Ma mère vous réservait toujours sa meilleure chambre ".
La voix, c'est celle de Silvio, gardien d'un camping au bord de la mer en Camargue, entre ses caravanes vides et ses bungalows clos, un rêveur, un doux perdu, l'un de ces personnages hésitants que l'auteur affectionne. Silvio n'a pas connu son père et croit le retrouver en Milianoff. Mais sommes-nous certains de nos désirs de fils ? Commence alors une enquête sentimentale qui nous mène à la fois dans le passé, sur une plage venteuse de Camargue, décor d'un hôtel au charme fragile, mais aussi au présent des protagonistes retrouvés. Ressuscitent les figures d'un passé englouti, comme submergé par les inondations qui finiront par l'emporter : la mère de Silvio, belle femme de 38 ans à la solitude tendre, Johnny Wood, vrai-faux guitariste à l'accent de l'Alabama mais en fait un plus banal fils de famille du Languedoc au cœur volage, le Yachtman, un skipper à terre qui attend indéfiniment qu'on répare le gouvernail de son voilier et sirote son vin blanc, et Silvio bien sûr, enfermé dans sa chambre à écouter de la musique, si peu réaliste qu'il deviendra le gardien des ruines.

Gérard Oberlé
Mémoires de Marc-Antoine Muret
Roman
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Gérard Oberlé est l'auteur chez Grasset de Retour à Zornhof (Prix Découvertes Le Figaro Magazine, Prix des Deux magots, 2004), Itinéraire spiritueux (Prix Mac Orlan, Prix Edmond de Rotschild, Prix Rabelais, 2006) et d'un recueil de chroniques musicales (La vie est ainsi fête, 2007). Expert en livres anciens, il est aussi chroniqueur à Lire.

" Les esprits sérieux penseront que pareilles fantaisies ne méritent pas d'être rapportées par écrit. Je leur répondrai que mon récit n'est rien d'autre que bavarderie et digressions, autrement dit vagabondages de geai ou de pie sur les sentiers d'à côté. Quand mon héritier flânera dans vingt ou trente ans dans ces cahiers, il feuillettera ses souvenirs d'enfant et se souviendra de moi en souriant ".
Marc-Antoine Muret a vécu " deux vies de même durée, mais fort dissemblables, car la seconde fut comme l'antithèse de la première ". Humaniste, professeur, maître de Montaigne et orateur des Papes, il fut aussi hédoniste, poète, grand amateur des plaisirs charnels - ripaille et lupanar. Muret raconte son amour pour toutes les nourritures terrestres, évoque l'esprit de la Renaissance, ses amis de la Pléiade, les réjouissances inspirées de l'Antiquité. Il rencontre, au gré de son errance, une foule bigarrée de personnages hauts en couleurs, gentilshommes et canailles, femmes savantes et courtisans. Dans ce siècle baroque (XVIème siècle), l'Europe renaît ! Mais l'Europe vit aussi avec ses vieux démons, la morale exigeante et les guerres de religion. Marc-Antoine Muret traverse le meilleur comme le pire, mais reste toujours fidèle à ses principes : " Le plaisir était mon idéal, jouir était ma loi ".
Entre élégance du style et jargon coquillard, bacchanales et rites phalliques, la liberté grivoise et l'érudition vive, jamais pédante, de ces mémoires sont contagieuses. Un roman admirable, plus moderne qu'il n'y paraît : la passion amoureuse d'un homme pour un autre, chassé de Toulouse, condamné au bûcher, forcé de fuir Paris pour Rome.


Patrick Poivre d'Arvor
Fragments d'une femme perdue
Roman
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Patrick Poivre d'Arvor est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages, seul ou en collaboration avec son frère Olivier, qui ont souvent rencontré les faveurs du public.

Cette fille " perdue " (pour elle-même ? pour celui qui prend le risque d'en être follement épris ?) s'appelle Violette, comme l'héroïne de la " Traviata ". Elle est très belle, insaisissable, fourbe - mais, malgré cela, à cause de cela, elle devient l'obsession d'un homme, Alexis.
Précision : ce roman, qui illustre un genre très classique, depuis La femme et le pantin de Pierre Louys, jusqu'à Un amour de Dino Buzatti ou La vilaine fille de Mario Vargas Llosa) a, ici, une forme particulière, éclatée, " fragmentée ", faite de lettres, de composition " polyphonique ". Par brèves séquences, on passe ainsi d'un point de vue à l'autre. Personne ne détient la vérité. Chacun est libre de s'aveugler à sa guise…
Quant à l'intrigue, elle se déroule, inéluctable, jusqu'à un dénouement fatal. Au passage, il en aura vu de toutes les couleurs (mensonges, tromperies, trahisons, passions, déceptions…) pour une fille qui, comme d'habitude, " n'était pas son genre ".

Bruno Tessarech
Les sentinelles
Roman
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Bruno Tessarech, né en 1947, a animé un établissement d'enseignement expérimental et enseigné la philosophie avant de se consacrer à l'écriture. Il a publié des romans, parmi lesquels La Machine à écrire, Les Grandes Personnes, La Femme de l'analyste, et des récits littéraires, dont Villa blanche, tous réédités en Folio. Les Sentinelles est son premier roman publié chez Grasset.

Il s'agit ni plus ni moins que de l'ambitieuse mise en fiction de la grande question du " qui savait quoi, et quand? " sur la Shoah durant la Seconde guerre mondiale.
L'auteur mêle les personnages inventés (le narrateur Patrice Orvieto, jeune diplomate, son frère Sergio, Françoise, l'épouse d'un responsable du MI-6 anglais, agent double travaillant pour les Soviétiques) et les personnages historiques. On y suit la tentative désespérée des "sentinelles" au destin tragique pour alerter les opinions occidentales sur les atrocités commises à l'Est: le fameux Kurt Gerstein, Ian Karski, résistant polonais qui a assisté au génocide à Belzec, Samuel Zyghelboïm, témoin impuissant des horreurs dans le ghetto de Varsovie... On y retrouve Hitler concevant l'Holocauste, Eichmann le planifiant, von Braun utilisant ses esclaves des camps dans ses usines de Peenemune et de Dora avant de négocier ses archives et sa collaboration avec les Américains pour finir par triompher en parvenant à envoyer en 1969 des hommes sur la lune... On y assiste aux révélations faites puis tues à Churchill, à Roosevelt, et aux dilemmes de chacun des chefs d'Etat face à l'horreur.
De la conférence d'Evian en 1938 à la mort de Karski en 2000, c'est le demi-siècle le plus noir de notre histoire contemporaine que traverse le narrateur de ce roman vrai, tour à tour jeune stagiaire à la Conférence d'Evian, puis, ayant rejoint la France libre à Londres, devenu intermédiaire entre le MI 6 britannique et le 2e bureau français, de plus en plus troublé par les révélations incroyables qui lui sont faites, de plus en plus désespéré de ne pouvoir relayer la parole des "sentinelles" auprès de ceux qui auraient eu le pouvoir de faire cesser le massacre.

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Essai littéraire

Pierre-Marc de Biasi
Gustave Flaubert
" Une manière spéciale de vivre "

Essai littéraire

Pierre-Marc de Biasi, chercheur au CNRS et producteur à France Culture, est un spécialiste et un pionnier de la " critique génétique " - qui traque l'œuvre des écrivains à partir des manuscrits et des correspondances. Il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages - dont une partie est consacrée à Gustave Flaubert.

Qu'est-ce qu'une vie d'écrivain ? Une enfance, des amours, des voyages, des amitiés, des soucis d'argent, des mondanités, des succès, des revers… Mais, au fond, tout cela a-t-il vraiment quelque chose à voir avec ce qui nous intéresse le plus : l'œuvre, l'écriture, le style, le message qui font que cette vie-là, justement, est celle d'un écrivain et ne ressemble pas aux autres ?
La question touche naturellement toute entreprise biographique mais elle devient cruciale quand on aborde une figure comme celle de Gustave Flaubert. Si celui-ci, en effet, a révolutionné le romanesque, c'est au nom de nouvelles exigences - l'impersonnalité, le refus de conclure, la relativité des points de vue - qui installent au cœur de son écriture une figure du vide : " personnalité de l'auteur : absente ". Comment, dans ce cas, partir à la recherche de l'écrivain sans trahir son projet ? Pour lui, l'œuvre est tout, l'auteur n'est rien. Le plus beau cadeau que pourrait lui faire la postérité serait de ne rien savoir de sa vie contingente, en lisant ses textes comme s'il n'avait jamais existé…
Le problème s'aggrave encore si l'on considère l'autre côté des choses : le versant " guenilles " de sa vie. Là, c'est bien pire : non seulement nul ne doute que Flaubert a existé, mais chacun peut se faire une idée très précise de son agenda en se plongeant dans les cinq mille pages de sa Correspondance. A l'impersonnalité structurale de l'œuvre répond ici une exceptionnelle réussite de l'écriture du quotidien, tour à tour profonde, cinglante, drôle, émouvante…

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Littérature étrangère

Sujit Saraf
Le trône du paon

Roman
Traduit de l'anglais par Françoise Adelstain
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Sujit Saraf est né dans le Bihar, en Inde, en 1969. Il suit des études à Darjeeling puis à Delhi, où il obtient un diplôme d'ingénieur à l'Institut Indien de Technologie. Il écrit ensuite sa thèse à la prestigieuse université de Berkeley, en Californie. Chercheur scientifique à la NASA pendant quelques années, puis enseignant à l'IIT de Delhi, il est actuellement installé à Palo Alto, en Californie où il mène des travaux de recherche sur les missions spatiales et le contrôle des satellites. Parallèlement à ses activités scientifiques, Sujit Saraf est directeur artistique d'une compagnie de théâtre et de cinéma, Naatak, près de San Francisco. Le trône du paon est son premier roman.

Nous sommes en 1984, à Dehli. Le matin se lève sur le bazar joyeux et bigarré du plus grand marché de la ville, Chandni Chowk, gigantesque complexe de petites boutiques où il se vend de tout. Gopal Pandey, marchand de thé chai, s'éveille en sursaut et s'apprête à ouvrir son échoppe quand il se rend compte que la foule du marché est en émoi… Que se passe-t-il ? Bientôt la rumeur lui parvient : le Premier ministre, Indira Gandhi, vient d'être assassinée. C'est très vite la confusion : tous s'agitent, courent en tous sens ; il y a ceux qui sont fous de joie en apprenant la mort de la " putain ", et ceux qui pleurent leur guide.
Les esprits s'enflamment, les communautés s'affrontent dans un embrasement populaire qui dégénère : les Hindous crient vengeance contre les Sikhs. Dans le chaos, Gopal recueille quelques hommes qui tentent d'échapper à l'émeute - y compris un certain Gyan Singh, dont personne ne sait qu'il est accusé d'être l'assassin d'Indira…
Le roman se déroule en cinq parties, de 1984 à 1998. Des pogroms contre les Sikhs, pourchassés et mis à mort dans Delhi pour venger la mort du Premier ministre au triomphe du BJP, le parti nationaliste hindou qui a fait du refus des Musulmans son cheval de bataille, tout se passe dans le Vieux Delhi, où cohabitent de façon tumultueuse Hindous, Musulmans, Sikhs, Jains et Chrétiens. Cet immense bazar, parcouru d'inextricables ruelles offre un condensé de toutes les populations, castes et sous-castes du pays.

Remise en vente
Carlos Ruiz Zafon
L'ombre du vent

Roman
Traduit de l'espagnol par François Maspéro
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L'ombre du vent est remis en vente à l'occasion de la parution, chez Robert Laffont, du nouveau livre de Carlos Ruiz Zafon, Le jeu de l'ange.
Toutes éditions confondues, L'ombre du vent s'est vendu en France à près de 600.000 exemplaires, et à 6 millions d'exemplaires dans le monde.

Le jeu de l'ange était un des livres de Julian Carax évoqué dans L'ombre du vent. Ce roman est, dans le jargon du cinéma américain, un " prequel ", l'histoire reprenant en partie les personnages de notre best-seller, mais se déroulant à une époque antérieure, dans la Barcelone des années vingt.


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Thrillers

Clive Cussler
Et Paul Kemprecos

Tempête polaire
thriller
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean Rosenthal

Clive Cussler est l'auteur de nombreux romans chez Grasset, dont L'Or des Incas, Sahara, Dragon, Atlantide, Odyssée et Pierre sacrée. Découvreur d'épaves, il est membre de la Société Géographique Royale de Londres, du Club des explorateurs de New York et il préside l'Agence nationale maritime et sous-marine (NUMA).
Paul Kemprecos est journaliste et auteur de plusieurs thrillers, pour lesquels il a reçu le prix Shamus. Publié en France par Grasset, il est l'auteur du Meurtre du Mayflower (2002), et de Blues à Cape Cod (2003), romans qui mettent en scène le détective Aristote Socaridès. Il co-écrit également la série des aventures de Kurt Austin avec Clive Cussler, dont sont parus : Serpent (2000), L'or bleu (2002), Glace de feu (2005), Mort blanche (2006) et A la recherche de la cité perdue (2007). Le septième titre paraîtra en 2010.

L'inversion polaire : un phénomène naturel qui s'est produit à maintes reprises par le passé. De faible ampleur, elle ne fera que désorienter la faune marine et les oiseaux, paralyser les systèmes électriques. Mais si l'attaque est forte et que les éléments se déchaînent, elle s'accompagnera d'un véritable cataclysme -glissement des plaques tectoniques, tremblements de terre, éruptions volcaniques- capable de précipiter la fin du monde…
En pleine Seconde Guerre mondiale, Kovacs, un excentrique génie hongrois, découvre comment provoquer une inversion des pôles à l'aide d'ondes électromagnétiques.
Mais on perd toute trace de lui et de ses travaux… jusqu'au jour où le leader d'un groupe altermondialiste essaie d'utiliser les théories de Kovacs en guise d'avertissement aux puissants de ce monde. Or, une fois que le processus est enclenché, plus rien ne peut l'arrêter.
Kurt Austin, Joe Zavala et les autres membres des opérations spéciales de la NUMA vont devoir sillonner les océans et essuyer bien des tempêtes afin de mettre la main sur l'antidote qui pourra sauver le monde…

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Essais, documents

Violaine Binet
Diane Arbus

Biographie

Violaine Binet a été rédactrice en chef adjointe à Vogue, en charge des livres. Diane Arbus est son premier livre.

A Londres, en janvier 2005, l'exposition consacrée à la photographe Diane Arbus s'achève en gloire. La presse entière acclame ce travail longtemps jugé dérangeant, voire " pervers " comme le disait Susan Sontag. Les collectionneurs s'arrachent les tirages à prix d'or : " Boy with a toy grenade in his hand ", cliché légendaire, se vend à 350.000 dollars. Nan Goldin, Steven Meisel ou Cindy Sherman sont les disciples de ce style noir et blanc, au format carré sans concessions, parfois dévoyé entre le " porno-chic " et le trash. Il manque quelqu'un pour le happy end. Diane Arbus n'est plus là pour savourer la revanche sur le milieu frelaté de la mode où les directeurs artistiques l'exploitaient au rabais. En juillet 1971, à l'âge de 48 ans, un jour de moite chaleur new-yorkaise, un ami la trouve les veines tranchées, dans sa baignoire.
Diane Arbus, née Nemerov sur Central Park West, petite fille gâtée de l'upper-class juive américaine, puis mère de famille se levant à 5 heures du matin pour courir les cirques ou les asiles psychiatriques, est une artiste en photographie. Passée par la photographie de mode, travaillant pour Condé-Nast, Harper's Bazaar ou Vanity Fair, fréquentant Richard Avedon et Irving Penn, elle consacre son temps aux frivolités qu'on maquille. Elle s'émancipe vite, se brûle au contact des damnés de la ville. C'est l'une des premières, sinon la seule avec Lisette Model, à saisir les ombres errantes de Manhattan : elle saisit au vif avaleurs de sabre, femmes à peau de serpent, nudistes militants, aliénés hilares, géants, jumelles sibyllines au regard de glace, photographiés au flash dans des hôtels miteux ou des recoins hors la loi de Central Park. Le Barnum américain, côté coulisses. " Je suis née tout en haut de l'échelle, et depuis toute ma vie, j'en ai dégringolé aussi vite que j'ai pu " disait-elle. Alors, comment rester intacte quand l'ambition d'une artiste est de traverser le miroir des apparences. Au risque de le briser. Se briser, aussi.

Augustin d'Humières
Et Marion Van Renterghem
Homère et Shakespeare en banlieue

Document

Augustin d'Humières est professeur de lettres classiques. Marion Van Renterghem est journaliste au Monde. Elle a obtenu le prix Albert Londres, en 2003 et le prix Louis Hachette, en 2009. Elle est l'auteur d'un livre, Les Rescapés (2005, Philippe Rey).

Un lycée de banlieue, l'un des pires, si l'on en croit les statistiques. Contourner la carte scolaire est une nécessité pour les familles, qui veulent à tout prix éviter cet établissement.
Hiver 2003 : Augustin d'Humières et six anciens élèves décident de créer un réseau de solidarité avec les lycéens, avec un premier objectif : assurer la survie du latin et du grec. Chaque année, répéter le même leitmotiv : le grec et le latin sont les meilleurs vecteurs de l'égalité des chances !.
Quatre ans plus tard : 250 élèves recrutés, des anciens élèves devenus professeurs de lettres classiques, avocats, élèves de grandes écoles, médecins, et qui réussissent à faire de ce lycée déshérité une citadelle des langues anciennes ; de nombreux élèves pour lesquels ces langues sont d'abord un merveilleux instrument pour maîtriser une langue française qui n'est pas parlée chez eux, et se familiariser avec des étymologies qui pourraient sembler " barbares ".
Deuxième objectif d'Augustin d'Humières : un groupe de 20 élèves recrutés au hasard des couloirs et quelques professionnels du théâtre qui vont les aider à préparer un spectacle. Pas un simple atelier, mais des répétitions, trois ou quatre fois par semaine, tous les jours durant les vacances, dans le centre social de la cité où le théâtre s'invite dans le quotidien de ces élèves. Aller les chercher dans leur village, dans leur tour, chez eux devant leur play-station, afin que le Songe d'une Nuit d'été ou la Nuit des Rois soient montés… Puis voir un théâtre se remplir de 500 personnes qui n'y mettent jamais les pieds, voir des élèves se métamorphoser, sentir qu'il s'est passé quelque chose d'irréversible. Voir le projet grandir, se structurer, voir l'accompagnement à la scolarité se développer à tous les niveaux.
Une série de portraits réalisés par Marion Van Renterghem met en relief quelques uns des acteurs de cette expérience extraordinaire.

François-George Maugarlone
Présentation de la France à ses enfants

Essai

De ce François-George Maugarlone, jadis plus connu sour le nom de François George - jusqu'au " vœu de silence " qui l'exila de l'univers médiatique à la fin des années 1970 - on peut s'attendre à tout. Rebelle, misanthrope, sartrien, aronien, jankelevichien, président de la Société des amis d'Arsène Lupin, il publia, chez Grasset, A la recherche des disparus (2004) qui connut un beau succès critique, ainsi que Plus sage est le vent, Retour à Merleau-Ponty et, chez Fayard, Histoire personnelle de la V° République (2008). Désormais retraité de l'Assemblée Nationale, il écrit et pense en totale liberté.

La France, pour qui sait la voir et la sentir, est un " espace " où les signes se superposent, et y circuler revient à remonter le temps, parfois jusqu'aux oppidums gaulois. Celui qui fait ainsi l'inventaire littéraire de son pays part en même temps, à la recherche de lui-même, et dresse son propre bilan face au miroir d'un sol, d'une terre qui, s'ils " ne mentent pas ", sont, en la circonstance, fort peu barresiennes ou pétainistes… En vérité, l'auteur du déjà classique Histoire personnelle de la France se découvre ici comme " être général ", représentant une génération, celle du baby-boom, mais il appartient aussi à une tradition beaucoup plus longue où Chateaubriand s'associe à Sartre, de Gaulle à Vercingétorix. Il rencontre Montaigne en son Périgord, Pascal à Port-Royal, Rimbaud dans les Ardennes, Proust à Illiers-Combray ou Céline à Meudon. Maniant l'insolence aussi bien que l'érudition, il se permet même d'imaginer le dialogue de Francis Blanche et de Nietzsche sur le chemin d'Eze… Bref, il montre comment les lieux s'entrecroisent avec les œuvres, des églises abandonnées ou " dévergondées " jusqu'aux " musées vagabonds " et aux " femmes-paysages "…
Histoire, géographie, littérature, philosophie, se donnent rendez-vous au cours d'une pérégrination certes très " personnelle ", mais qui est aussi celle, simplement, d'un Français qui entre avec son héritage, son fatras de rêves et de souvenirs livresques, dans le troisième millénaire…


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Revues

Mondes N°1
Les Cahiers du Quai d'Orsay

La revue bilingue du Quai d'Orsay
Une revue trimestrielle de haute qualité consacrée aux relations internationales et à la mondialisation, créée à l'initiative du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner.
Mondes offrira à ses lecteurs l'analyse, les témoignages, les réflexions de la diplomatie française jusque là réservés aux seuls professionnels. Les sujets traités aborderont l'ensemble des grandes problématiques actuelles, qu'elles soient géopolitiques (conflits, crises…) ou sociétales comme celles liées au climat, à la démographie, à l'économie ou aux religions. Des cartes pourront illustrer certains articles.
Les auteurs sont principalement des diplomates et les experts français du Quai d'Orsay, certains étant très connus du grand public - Daniel Rondeau ou Olivier Weber, tous deux écrivains et ambassadeurs, par exemple - et des personnalités du monde politique, culturel ou de l'entreprise.

Chacun des quatre numéros annuels comprendra
. Un dossier thématique ou géographique, regroupant cinq ou six articles de fond sur un des enjeux prioritaires des relations internationales.
. des analyses et témoignages faisant une large place aux expériences vécues par les diplomates sur le terrain. Ils mettront les faits et les idées en perspective, et apporteront des éclairages inédits, voire insolites sur l'action diplomatique.

Sommaire du numéro 1 - septembre 2009
- Editorial de Bernard Kouchner
Le ministère de la mondialisation et la modernisation du Quai d'Orsay
- Dossier thématique - Le dérèglement climatique
Daniel Rondeau, ambassadeur à Malte - Ulysse et Balthazar, la Méditerranée ne doit pas devenir un cimetière
Serge Ségura - Arctique : réchauffement climatique et gouvernance
André Pouillès-Duplaix - Sécurité alimentaire : impact diplomatique et économique des changements climatiques
Rémy Lambert - Quand l'eau devient une ressource stratégique
Christian Masset - Financements innovants et développement durable
- Analyses et Témoignages
Eric Fournier, ambassadeur en Géorgie - La crise géorgienne en direct : " Quit Gori ! "
Pierre Jacquemot, ambassadeur en République démocratique du Congo - Les fondements économiques des conflits dans l'Est de la RDC
Christophe Jaffrelot - Les quatre points cardinaux de la diplomatie indienne
Jean-François Dobelle, ancien ambassadeur pour le Désarmement - Désarmement : où en est-on ?
Jean-Paul Véziant, ancien ambassadeur en Ukraine - Couleurs d'Ukraine

Le premier numéro paraîtra fin août 2009 à l'occasion de la Conférence des Ambassadeurs.


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Les Cahiers Rouges

Jean Giraudoux
Bella


Jean Giraudoux (1882-1944) est un des plus grands auteurs de théâtre du XXe siècle (Electre, La guerre de Troie n'aura pas lieu…) mais aussi un romancier de premier rang. Il laisse des classiques tels que Siegfried et le Limousin (Les Cahiers rouges) ou ce Bella, où l'alliance si giralducienne de la douceur et de la satire fait merveille.

L'amour de Bella Rebendart pour Philippe Dubardeau est contrarié par la vieille inimitié entre leurs familles, puissantes et politiquement opposées. Plus qu'une satire des mœurs de la Troisième République, l'on peut voir dans Bella une transposition moderne de la rivalité des Capulets et des Montaigus, interprétée avec une liberté pleine de fantaisie. Bella est une femme de notre temps, mais elle représente aussi, comme les autres héroïnes de Giraudoux, " celle par qui tout arrive ".

Henry Roth
L'or de la terre promise

Henry Roth (1906-1995) est né en Galicie, dans l'Empire d'Autriche, d'une famille qui a émigré aux Etats-Unis dès 1909. Son premier roman, L'Or de la terre promise, publié en 1934, est d'abord passé inaperçu. C'est trente ans plus tard, et alors que Roth avait renoncé à ses ambitions littéraires (il a exercé des métiers aussi divers que garde-forestier ou infirmier dans un hôpital psychiatrique), que le livre est réédité et se vend à plus d'un million d'exemplaires.

On a pleuré au Nouveau Monde à lire l'histoire de David Schearl, petit garçon débarqué à New York avec ses parents, juifs d'Europe centrale, et plongé dans la vie sinistre des bas quartiers de la métropole.
Tout le roman est vu à travers les yeux de cet enfant nerveux et angoissé. L'Or de la terre promise allie la description féroce du prolétariat cosmopolite à New York au lyrisme propre à une inspiration inquiète, qui transfigure les événements les plus sordides en aventures tour à tour merveilleuses ou terrifiantes.
Quel est le chef-d'œuvre de la littérature juive des Etats-Unis ? Des milliers de lecteurs ont répondu : L'Or de la terre promise d'Henry Roth.

Victor Serge
S'il est minuit dans le siècle

Victor Serge (1890-1947) est né à Bruxelles de parents russes émigrés politiques. Socialiste, antimilitariste, il écrit dans la presse anarchiste de Paris. Pour avoir refusé de dénoncer des membres de la " bande à Bonnot " qu'il avait hébergés chez lui, il effectue quatre ans de prison. De nouveau emprisonné à Barcelone en 1917 pour avoir fomenté une insurrection anarchiste, il se rend en Union soviétique et se met au service de la révolution. Son engagement au côté de Trotski en fait un antistalinien convaincu. Déporté dans l'Oural, il est libéré sous la pression internationale et banni d'URSS. Il est mort dans le dénuement, au Mexique, en 1947.

Avant Koestler et Soljenitsyne, Victor Serge décrit, avec S'il est minuit dans le siècle, la Russie de Staline comme une machine à broyer les hommes, corps et âme. Les opposants au régime meurent dans l'anonymat. Serge, qui fut l'un d'eux, leur a redonné un visage et des noms. Son livre, dès 1940, était un avertissement.


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Grasset-Jeunesse


Florence Desmazures
Illustrations de Sylvie Serprix
L'imagier de Romuald : une semaine bien remplie !
Collection 2 X 2 = 4

Florence Desmazures vit en région parisienne, où elle anime des ateliers d'écriture. Elle a publié de nombreux ouvrages, notamment, chez Grasset-Jeunesse, les albums Pardon, je suis un ornithorynque, tout simplement et Point d'interrogation, le hamster qui aimait les livres, adapté ensuite pour la collection Théâtre, Les Aventures de Bull Mastik (Lampe de Poche 7 ans et +) ou encore Zagal (Lampe de Poche 9 ans et +).
Sylvie Serprix a commencé à dessiner pour s'amuser, il y a une trentaine d'années. Et depuis, c'est devenu son métier... pour continuer à s'amuser ! Après des études à l'ESAG, elle commence "le voyage" avec le dessin documentaire, et, après un passage par l'informatique et la conception de sites web, travaille aujourd'hui principalement pour la presse (Le Monde, Libération, Madame Figaro…) et l'édition (Talents Hauts, Gallimard, Oskar…). Dans L'Imagier de Romuald, elle nous invite à partager son univers frais, coloré et malicieux.

Romuald est triste : ses parents partent en voyage tout une semaine.
Ses grands parents le consolent : il n'aura pas le temps de s'ennuyer ! Chaque jour aura son occupation : entre le Musée du Doudou, le salon des Desserts, l'atelier théâtre, la bibliothèque, le marché ou le cirque… le dimanche, Pakito sera tout étonné que la semaine soit déjà finie !

Un album tendre et empli d'humour pour les tout petits, pour apprendre à suivre l'évolution des jours, et reconnaître et nommer des lieux et les objets qui leur correspondent.
Chaque double page, consacrée à un lieu et un jour de la semaine, est suivie d'une page "imagier" habillée de petites vignettes, qui invite l'enfant à retrouver les objets nommés et dessinés dans l'image précédente.
L'ensemble est scandé par des pages indiquant le jour concerné et ornées de vignettes mettant Romuald dans la situation qu'il va vivre.
Un imagier-semainier original, ludique et graphique !

H. M.
Samira

Roman Grand Format

Professeur de Lettres-Histoire, qui a notamment collaboré au magazine Rock n'Folk ou au FestiVal de Marne, Hervé Moisan, passionné de musique et de rock français, a publié, aux Éditions Verticales, Noir(s) Désir(s), le premier livre consacré au groupe du même nom. Chez Grasset-Jeunesse, après Gorges rouges, il offre, à travers les nouvelles " aventures " urbaines d'Alex, un thriller actuel et sans temps mort.

À Paris, le lycée professionnel d'Alex est agité par l'histoire de Samira, recherchée par ses frères après avoir décidé de fuir l'emprise familiale. Tandis qu'un comité de soutien s'organise, Saïd est tué d'une balle dans la tête, au beau milieu du cimetière du Père-Lachaise… sous les yeux d'Alex.
Aidé par la belle Alexandra dont il est toujours un peu amoureux et par la dynamique et indomptable Katia qui va peu à peu trouver une place dans son cœur, Alex va tenter de faire le lien entre les événements et de trouver le responsable de la mort de Saïd. Mais c'est sans compter sur la rapidité du tueur, qui fait bientôt, dans une cave de la Défense et toujours sous les yeux d'Alex, une deuxième victime.
Alors que l'enquête de police piétine, la lumière se fait peu à peu sur de sombres histoires…

Ce thriller nerveux et visuel aux thèmes malheureusement d'une actualité criante interroge sans détours la place de la femme dans nos sociétés modernes.
Jeunes bourgeois ou "caïds", dans les beaux quartiers ou les quartiers difficiles, la réalité est la même quand il s'agit de viol (ici, en réunion), d'humiliation et de vengeance… Samira dénonce l'urgence d'ouvrir les yeux sur le quotidien de jeunes filles d'aujourd'hui, induit par la déviance de rapports sociaux ou familiaux dirigés par la loi du plus fort.
Salué par des médias nationaux comme Le Figaro ou Le Parisien, le premier volet des aventures d'Alex, Gorges rouges, qui a fait partie de nombreuses sélections, dont celle du Prix du Polar de Montigny-lès-Cormeilles, s'attachait, quant à lui, à des problèmes provoqués par un engagement politique d'extrême droite.



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