Nouveautés Grasset

Août-Septembre
2008

Littérature française |Essai littéraire | Poèmes | Littérature étrangère
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Littérature Française





Yann Apperry
Terre sans maître
roman
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Yann Apperry, né en 1972, vit aujourd'hui à Berlin. Il a été pensionnaire de la villa Médicis et lauréat de la Fondation Hachette en 1997. Il écrit pour le théâtre et comme librettiste. Il est l'auteur, chez Minuit, de Qui vive (1997), puis chez Grasset, de Paradoxe du ciel nocturne (1999), Diabolus in musica (Prix Médicis, 2000) et de Farrago (Prix Goncourt des lycéens, 2003).

Ilya est un jeune homme qui cherche à atteindre un mur au sommet d'une montagne. Ce Mur est moins un objet qu'une présence, intacte depuis l'époque immémoriale de sa construction. On prétend au village que le Mur attire les fous. Cela se passe juste avant la deuxième guerre mondiale en Germanie. Ilya avance à tâtons et, peu à peu, se souvient d'où il est venu, ce qui l'a conduit à entreprendre son voyage et à quel traumatisme il doit d'avoir perdu la mémoire.
Sur le versant creusé d'ornières, il semble mener une partie de cache-cache avec lui-même. La voix d'une enfant le hante qui chante sous son crâne une comptine. Une fois le Mur franchi, Ilya poursuit son chemin, rêveur lucide, aux abois. Un homme en effet veut sa peau et le traque sans relâche. Obligé de fuir, Ilya arrive à la porte d'un manoir où les dignitaires du régime célèbrent l'avènement d'une ère nouvelle. Il y retrouve la jeune femme dont le souvenir le poursuit, et dans le grand salon illuminé où se déroule la fête, son passé tout entier se dévoile. Se révèle aussi l'autre raison de son voyage : Ilya est un messager, il porte une parole folle, et dans le cercle hostile des convives, il s'en délivre. Mais on ne l'entend pas, et, à nouveau en danger de mort, il lui faut reprendre sa route au petit jour, descendre dans la vallée, de plus en plus loin…

Christophe Bataille
Le rêve de Machiavel
Roman
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Christophe Bataille, né en 1971, est l'auteur de plusieurs romans, parmi lesquels Annam (Arléa, 1993) et J'envie la félicité des bêtes (Grasset, 2002), Quartier général du bruit (Grasset, 2006). Il est éditeur depuis 1997.

Un homme frappe à la porte d'une petite ville toscane. La peste est partout et cette cité sera son arche. Depuis les palissades dressées à la hâte, il observe le monde des bûchers, des mauvais rêves et de la faim. Bientôt les rats envahissent les rues ; un enfant tombe foudroyé. On brûle les sorcières en tremblant. Alors la ville devient un tombeau.
Cet homme qu'on ne connaît pas porte un nom légendaire : Machiavel. En 1527, il est vieux, il a connu le monde, il a lu les livres, il a conseillé les princes, mais le voici mis à nu par le mal. Que peuvent la science ou la géographie quand on n'ose plus boire ni manger ?
Machiavel vit la nuit, caché, marmonnant des prières, le poignard à la main, cherchant la Renaissance dont il ne reste rien. Jusqu'au jour où il sauve presque malgré lui une jeune femme malade. Il la soigne, il l'aime. C'est ce dernier amour que raconte ici Christophe Bataille, dans un roman énigmatique et puissant.

Sarah Chiche
L'inachevée
Premier roman
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Sarah Chiche vit à Paris. L'Inachevée est son premier roman.

Alors qu'elle n'est encore qu'une petite fille, Hannah est ballottée entre la folie destructrice de sa mère, la perversité des innombrables amants de celle-ci, et les caquetages insensés des autres membres de sa drôle de famille. Et puis, il y a son père, mort d'un cancer foudroyant alors que la gamine n'avait pas deux ans. Entre lui et Hannah, un rendez-vous manqué, un inachevé dont elle ne peut faire le deuil.
Mais l'inachevée, c'est aussi Hannah elle-même, petit clown triste qui n'arrive pas à trouver sa place dans une vie qu'elle conjugue au passé décomposé.
Comment sauver sa peau quand le roman familial prend toute la place et que les mots des autres dévorent l'espace du rêve ?
Croyant fuir son destin, Hannah se promènera de corps en corps et choisira les mirages d'un exil doré en Asie, avant de sombrer dans la mélancolie. Quand elle renaîtra à la vie, elle comprendra que pardonner l'innommable est peut-être la seule voie possible pour pouvoir prendre son envol et enfin tourner la page.

Olivia Elkaim
Les graffitis de Chambord

Premier roman
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Olivia Elkaim est née en 1976. Elle a publié plusieurs nouvelles, dont Chair de femme, dans le recueil Onze femmes (J'ai lu, 2008), et un essai, Amazones ou princesses ? (Ramsay, 2006). Les graffitis de Chambord est son premier roman.

Trois hommes. Trois époques. Trois histoires.
2006 - Trevor est banquier d'affaires. Homme sans passé ni passion, il vit dans un grand appartement à Paris. Il ne connaît pas l'amour, ne cherche pas d'amitiés. Depuis que ses parents sont morts, il est seul et pleure parfois sans aucune raison. Un matin, il reçoit une grande enveloppe qui va bouleverser sa vie.
1945 - Simon est écrivain. Il est juif. Caché pendant la guerre dans un village près de Mâcon, il gagne Paris à la Libération. Ses parents ont disparu. Il les cherchera en vain, et n'aura de cesse de fouiller son passé pour fixer leurs visages et ses rares souvenirs.
1940 - Isaac est résistant. Il a abandonné sa famille pour suivre Dora, une femme libre et énigmatique, qu'il aime passionnément et qui rend les hommes fous de désespoir. Ils font partie du réseau " Chambord ". Ils partagent le quotidien de leurs frères d'armes, leurs peurs et leurs joies. Enfermés dans le château, ils errent dans les galeries, dans ses pièces froides et obscures aux murs maculés de graffitis, comme en des catacombes.
Ce sont ces graffitis, dont certains datent du XVIIè siècle, qui vont mystérieusement rapprocher Isaac, Simon et Trevor. Quel est le lien souterrain, plus fort que la mort, qui unit ces trois destins ?

Jean-Paul Enthoven
Ce que nous avons eu de meilleur

Roman
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Jean-Paul Enthoven est éditeur et critique littéraire. Il a déjà publié, chez Grasset, Les Enfants de Saturne (Prix Valery Larbaud), Aurore (Prix Europe I) et La Dernière femme.

Peut-on, comme Josué, arrêter la course du soleil ? Les morts sont-ils encore jaloux ? Pourquoi Marlon Brando écrivait-il des cartes postales qu'il n'envoyait à personne ? En quelle circonstance un débauché peut-il s'abandonner au fanatisme religieux ? Quels rapports y a-t-il entre Churchill, Alain Delon et un jeune berbère qui voudrait apprendre à nager ? Qui a inventé le monothéisme amoureux ? Et à quel instant, au juste, franchit-on la ligne de démarcation qui sépare la fin de la jeunesse du reste de la vie ?
Telles sont, entre beaucoup d'autres, quelques unes des questions que se posent les héros de ce roman dont l'intrigue éclatée va et vient autour d'un lieu unique : le Palais de la Zahia (ce mot, en arabe, désigne la joie), situé quelque part, au sud, près d'un désert…
Dans ce Palais - splendide, nécrosé, envahi par la végétation et les souvenirs - quelques amis, plutôt bien traités par l'existence, ont pris l'habitude de se retrouver dans une ambiance rieuse. Il y a là, parmi des créatures sexuellement diversifiées, deux amis : un narrateur (très influencé par les livres de Stendhal et les films de Maurice Ronet) et un certain Lewis, philosophe riche, célèbre, et épris d'Ariane, son épouse rêveuse. Est-il nécessaire d'en dire davantage ?
Ce roman - rythmé par une série d'interrogatoires confiés à un enquêteur énigmatique - revisite ainsi, dans un grand désordre de sensations et de péripéties: 1/ l'histoire d'une amitié 2/ La mémoire d'un Palais trop fréquenté par ses propres fantômes 3/ La chronique d'une passion clandestine avec une jeune veuve qui n'a pas froid aux yeux 4/ la lutte des uns et des autres contre le temps et ses alliés (haine, tempêtes de sable, solitude, vanité, peur, envie…)
Bien entendu, il s'agit d'un roman. Et il va de soi que toute ressemblance avec des personnes existantes, etc, etc…


Michel Le Bris
La Beauté du monde

Roman
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Né en Bretagne en 1944, auteur chez Grasset de L'homme aux semelles de vent (1977), La porte d'Or, Le paradis perdu, et chez d'autres éditeurs de nombreux essais, et d'un roman Les flibustiers de la Sonore. On doit à Michel Le Bris la création du festival Etonnants Voyageurs à Saint-Malo en 1990.

Sur les photos de Martin et Osa Johnson, on voit ce couple vedette, ces amants de l'aventure, tels qu'ils prêtent à rêver, tels qu'ils inspirent à Michel le Bris ce roman-vrai du Continent noir : Osa, sensuelle, rayonnante, la carabine à l'épaule ou le viseur sur l'œil, saluant ici un chasseur au teint d'ébène, serrant ailleurs la main fripée d'un chimpanzé. Martin, l'ancien cuisinier de la croisière du Snark avec Jack London, l'ingénieux caméraman qui filma les réducteurs de têtes des Nouvelles Hébrides et les Big Nambas, maintenant commandant à une armée de porteurs, à l'assaut des territoires encore inviolés du Kenya.
Martin et Osa Johnson, dans les années 1920, furent les grandes stars de l'aventure. Une certaine Winnie est chargée en 1938 d'écrire les mémoires d'Osa, veuve désormais, beauté flétrie réfugiée dans l'alcool. Commence un troublant face à face, où la jeune Winnie, outrepassant son rôle, prend peu à peu possession de son modèle, menant une enquête presque policière, traquant les zones d'ombres du couple qui révéla l'Afrique sauvage, mais paradisiaque, mais vierge, à l'Amérique. Mais il se pourrait bien que ce soit Osa, qui mène en fait le jeu, à travers ses confidences - Osa hantée par le mystère de la beauté du monde…
Du New York des " Roaring twenties " à la jungle kenyane, de la " table ronde " de l'Algonquin, où Dorothy Parker et Zelda Fitzgerald furent les marraines new-yorkaises d'Osa, à la jungle étouffante du pays des Pygmées, des clubs de Jazz de Harlem où l'on ignorait résolument la prohibition tandis que s'inventait le style " jungle ", au spectacle du monde primitif encore préservé : c'est toute une époque que Michel Le Bris nous fait revivre.
Duke Ellington et King Kong, le Muséum d'histoire naturelle et les grands singes abattus, Hollywood et la fin du cinéma muet, les dernières heures de l' " heureuse " colonisation, les couleurs fauves d'une ferme en Afrique : un roman en technicolor.


Véronique Olmi
La promenade des Russes

Roman
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Véronique Olmi, romancière et dramaturge, a déjà publié chez Grasset deux romans - La pluie ne change rien au désir et Sa passion - et une pièce de théâtre (Je nous aime beaucoup). Auparavant, sa pièce de théâtre Mathilde et son roman Bord de l'eau, publié chez Acte Sud, lui avaient déjà acquis la faveur du public.

L'héroïne de ce roman est une très jeune fille, Sonia, qui vit à Nice avec sa grand-mère russe. Comme toutes les " babouchkas " de la Côte d'Azur (lieu d'exil favori des Russes blancs après la Révolution d'octobre), celle-ci se partage entre samovars, rêveries et nostalgie du " paradis perdu ". De fait, la petite Sonia ne sait pas vraiment à quel monde elle appartient : celui de sa réalité quotidienne, avec une mer trop bleue et les commerçants de la vieille ville ? Ou celui de ses songes, orchestrés par sa babouchka, avec ses neiges étincelantes et ses fastes tsaristes ? Prudente, elle s'est donc réfugiée dans un imaginaire très personnalisé où l'on retrouve les héroïnes romanesques de Daphné du Maurier et le " Mystère Anastasia " - cette jeune princesse qui, dit-on, échappa au massacre de la famille impériale…
On suit ainsi son éducation sentimentale et morale entre deux mondes distincts. Il y a là le pittoresque du midi et le tourment slave ; des odeurs mêlées d'ail et de thé ; des douleurs causées par une mère absente et des remèdes imaginés par une grand-mère qui, pour survivre, adore (se) mentir à elle-même et aux autres…
Roman de ton, d'atmosphère et de sensation, variation sur le thème de la vérité, de l'histoire, des sentiments, La promenade des Russes est porté avec grâce par la prose ironique et douce de Véronique Olmi qui ruse habilement avec sa propre biographie.


Olivier Poivre d'Arvor
Le voyage du fils

Roman
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Olivier Poivre d'Arvor dirige depuis 1999 l'Association Française d'Action Artistique (AFAA) devenue, en 2006, " Cultures France ". Romancier et essayiste, il a déjà publié une quinzaine d'ouvrages (seul ou en collaboration avec son frère Patrick) dont, chez Grasset en 1996, Le club des Momies.

Au départ de ce roman, un fait divers bien réel : une Chinoise s'est défenestrée pour échapper à une descente de police - qui, d'ailleurs, ne la visait en rien. De cette tragédie, Olivier Poivre d'Arvor a tiré un roman original, émouvant, plein de rebondissements et de surprises…
Fan Wen Dong, le fils, âgé d'une vingtaine d'années, garçon sensible et poétique, à peine débarqué de sa ville de Fushun, va passer quelques jours à Paris avant de repartir en Chine avec les cendres de sa mère… Le roman que nous lisons s'inscrit dans cette semaine où s'entremêlent plusieurs trames de destins.
Il y a là une femme qui réalise un documentaire sur Marguerite Duras et rencontre son " amant de la Chine du Nord " à la faveur d'un accident de voiture. Un militant des droits de l'homme, un certain Schwartz, qui semble considérer Fan Wen Dong comme son fils… Un oiseau dans sa cage qui est peut-être la seule manière de communiquer pour ceux qui ne partagent aucun mot.
Ce Voyage du fils tisse, en brefs chapitres, une étrange histoire d'amours et de passion charnelle, de solitudes, de rencontres intenses. Olivier Poivre d'Arvor y raconte l'impossible face-à-face de la Chine et de l'Occident, du nanti et du démuni, de l'exilé et de son hôte…

Antoine Sénanque
L'ami de jeunesse

Roman
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Né en 1959 à Paris, neurologue de profession, il est l'auteur chez Grasset de deux livres remarqués, Blouse (2004) et La grande garde (2007).

Antoine Saint Bernard est psychiatre. Il a quarante-huit ans et, comme on dit, une situation enviable. Une épouse obsessionnelle qui ne laisse rien au hasard. Des jumeaux de dix ans qu'il confond encore. Une belle-mère antipathique et omniprésente. Un frère aîné qui vit à ses crochets, c'est-à-dire chez lui, et l'abreuve de conseils. Une secrétaire hypocondriaque choisie par son épouse. Des patients angoissés ou mélancoliques mais fidèles, quand sa femme ne l'est plus. Et surtout, Félix, l'ami de jeunesse, restaurateur, coureur, menteur, et dont l'insouciance heureuse le désespère.
Car Antoine, lui, a des tendances dépressives - de nature plus que par les circonstances de l'âge. Dominé, par les autres, et par ses propres doutes. Indécis, tant le courage lui fait défaut face aux conséquences de ses choix : comme la vie est risquée, Antoine ne vit pas.
Pourtant, parvenu au mitan de l'existence, il décide soudain d'en changer. Incapable de franchir seul le pas, en solitaire qu'il est, il convainc Félix de le suivre : le psychiatre et le restaurateur iront donc apprendre l'histoire à la Sorbonne. Et tandis que le neurasthénique est englouti par l'univers kafkaïen de l'université et l'absence de son propre désir, l'ami de jeunesse fait des prodiges en matière d'examens et de conquêtes féminines. Il faudra qu'Antoine rencontre Charlotte pour que le doute s'efface… et laisse place au dilemme.
L'ami de jeunesse est le roman drôle et tendre d'une crise existentielle et d'une résurrection sentimentale, l'histoire d'un homme réanimé par l'urgence de vivre.

Karine Tuil
La domination

Roman
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Karine Tuil est l'auteur chez Grasset de Tout sur mon frère (2003), Quand j'étais drôle (2005) et Douce France (2007).

" Longtemps j'ai pensé que le jour où je parviendrais à publier un livre sur mon père, je cesserais définitivement d'écrire. "
Ecrire sur son père : tel est le contrat signé par la narratrice avec un grand éditeur. Comment aborder cet homme-caméléon, juif engagé auprès de la cause palestinienne, époux en apparence convenable qui installa sous le toit familial une russe énigmatique, chirurgien humaniste aux pulsions suicidaires ?
Pour venir à bout de cet ouvrage impossible, la narratrice va se glisser dans la peau d'un personnage fictif, le fils imaginaire qu'elle a toujours rêvé d'être : Adam. Lui apparaissent alors les secrets d'une vie baignant dans le mensonge et l'illusion, la manipulation des êtres et des mots.
Entre répulsion et domination, érotisme et cruauté, chimère et réalité, masculin et féminin, lumière et ombres, c'est un ballet des sentiments troubles que Karine Tuil chorégraphie dans ce roman virtuose.

Philippe Vilain
Faux-père

Roman
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Philippe Vilain a 36 ans. Faux-père est son sixième roman, après, notamment, L'Eté à Dresde (Gallimard, 2003) et chez Grasset, Paris l'après-midi (2005).

Turin, début du XXIe siècle. Un Français d'une trentaine d'années mène avec une Italienne de son âge la vie des jeunes couples d'aujourd'hui. Ils se voient irrégulièrement, ils font l'amour régulièrement, ils s'aiment. Un jour (peut-on dire un beau jour ?) Stefania annonce à son ami qu'elle est enceinte. Pour lui, c'est un choc. Car cet enfant, elle se l'est fait faire sans lui demander son avis. Il considère cela comme une forme de vol - sinon de viol.
Il hésite à le dire à Stefania. Dans les paniques inavouées de la paternité qui s'approche, nous assistons aux intermittences du cœur de ce narrateur qui ne sait pas s'il le veut, cet enfant, ou non.
Ce qui arrive est-il nécessairement naturel ? Est-ce parce qu'une femme est enceinte que son amant doit l'admettre ? L'indécision (typiquement masculine ?) du narrateur en fera-t-elle un faux-père, comme on dit faux-frère ?
Faux-père s'inscrit dans la lignée des précédents romans de Philippe Vilain, après la jalousie de L'Etreinte, l'amour filial de La dernière année, la différence d'âge et la séparation du Renoncement, le mariage de L'Eté à Dresde et l'adultère de Paris l'après-midi. A sa manière délicate et toute en finesse, Philippe Vilain y aborde un sujet rarement traité par les écrivains, la paternité. Serait-ce un des derniers tabous ?

Elie Wiesel
Le cas Sonderberg

Roman
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Elie Wiesel est né le 30 septembre 1928 à Sighet (Roumanie). Il n'a que quinze ans lorsqu'il est déporté à Auschwitz avec sa famille. Il y perd sa mère et sa petite sœur. Il est ensuite transféré à Buchenwald avec son père, qui meurt quelques jours après son arrivée. Libéré en avril 1945, il est pris en charge par l'Oeuvre de secours aux enfants (OSE). Il se consacre à des études de philosophie à la Sorbonne et devient correspondant parisien pour le quotidien israélien Yediot Ahronoth. Il décrit son expérience concentrationnaire d'abord en yiddish, sa langue maternelle, puis en français. La Nuit, récit poignant, publié en 1958 grâce à François Mauriac, inaugure une œuvre littéraire très riche, forte d'une quinzaine de romans et récits, de quarante livres publiés en tout, traduits dans plus d'une vingtaine de langues.
Devenu citoyen américain en 1963, il obtient une chaire en sciences humaines à l'Université de Boston. En 1979, il préside la commission présidentielle de l'Holocauste. Le président Bill Clinton l'envoie en mission aux Balkans. Fervent défenseur des droits de l'Homme, Elie Wiesel a ainsi soutenu la cause des Juifs soviétiques, des indiens Moskitos du Nicaragua, des boat people, des Kurdes, des victimes de l'apartheid en Afrique du Sud et des victimes de la guerre en ex-Yougoslavie.
Il a reçu de nombreux prix pour ses livres, dont le prix Médicis en 1968 pour Le Mendiant de Jérusalem, le prix du Livre Inter en 1980 pour Le Testament d'un poète juif assassiné. Le prix Nobel de la Paix lui est décerné en 1986.

Jeune journaliste, Yedidyah évolue dans la rédaction d'un quotidien new-yorkais, avec ses intrigues et ses fidélités. Critique théâtral, époux d'une actrice, il participe de la comédie new-yorkaise. Les succès éphémères, les gloires oubliées : rien n'est plus joyeux qu'une nouvelle étoile, rien n'est plus mélancolique que son crépuscule.
Mais voilà qu'on demande un jour à Yedidyah de " couvrir " le procès d'un certain Werner Sonderberg. L'accusé, jeune Allemand résidant aux Etats-Unis, est parti se promener avec son vieil oncle, visiteur de passage, dans les montagnes des Adirondacks. Le neveu en est revenu seul. Coupable ou non coupable ? Cette affaire déclenche en Yedidyah d'étranges et puissants échos. Sentant qu'il se heurte à un secret familial, il tente de sonder sa propre mémoire. Qui est-il vraiment ? Comment retrouver les visages disparus d'un père, d'une mère, d'un frère ?
Le voilà guetté par la folie. Il a recours à l'hypnose pour retrouver les images de sa petite enfance, faire la paix avec lui-même et avec " une histoire qui, jusqu'à la fin des temps, fera honte à l'humanité ".

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Essai littéraire

Maxime Cohen
Promenades sous la lune

Essai littéraire

Né en 1952, Maxime Cohen est Conservateur général des Bibliothèques. Il exerce sa carrière au ministère de la Culture après avoir été longtemps en poste à la Bibliothèque nationale de France. Il a publié un bref récit familial en 1997, Confins de la mémoire (Bernard de Fallois).

Le titre de Promenades sous la lune dit tout de ce livre. Tiré d'une lettre de Madame de Sévigné, il nous fait musarder de manière lunatique à travers les sujets les plus divers. De Stendhal aux potages, de Venise à la fatigue, de la ponctuation à Marcel Proust, il nous fait découvrir de la manière la plus inattendue la grande culture aussi bien que les plaisirs de la vie.
Cette météorologie littéraire capricieuse révèle une personnalité lettrée, curieuse, paradoxale, rapide. Le livre commence par sa table des matières, car l'auteur souhaite qu'on le lise " comme au restaurant " : le lecteur lui aussi peut être capricieux, choisir, abandonner, revenir…
Un livre où l'on apprend, un livre où l'on s'étonne, un livre où l'on se régale, par un enfant de Jorge Luis Borges, et, plus encore, du grand écrivain italien Mario Praz.
Un style personnel et plein de charme. La découverte d'un écrivain.

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Poèmes

Daniel Boulanger
Fenêtre mon navire
Retouches

Poèmes

Daniel Boulanger, membre de l'Académie Goncourt, est l'un des écrivains les plus importants de ce temps. Son oeuvre, nombreuse et multiple (quelques 50 titres), s'épanouit surtout dans le roman, le poème, le théâtre, la nouvelle. Il est aussi célèbre comme acteur de cinéma. (Ascenseur pour l'échafaud, de Louis Malle, entre autres films fameux).

Dans la continuité d'Images, mes catins, Le tremble et l'acacia, A quatre épingles, A dire vrai, Faubourg des fées, Oboles, voici un nouveau volume des poèmes de Daniel Boulanger. Ces courts textes, " définitions imagées ", selon leur auteur, nous touchent d'autant plus que leur sobriété provoque le jaillissement des images dans une intensité rare.

Retouches à la bourrasque
devant les fleurs du paravent
blessées de jeux autrement traîtres
dans le blanc lit de la fenêtre
les arbres font l'amour au vent


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Littérature étrangère

Niccolo Ammaniti
Comme Dieu le veut

Roman
Traduit de l'italien par Myriem Bouzaher
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Né à Rome en 1966, Niccolò Ammaniti choisit d'abréger ses études de biologie pour se tourner vers l'écriture. Après Branchies (1994) et Et je t'emmène (1999), il est reconnu sur la scène littéraire internationale avec le best-seller Je n'ai pas peur (2001), vainqueur du prix Viareggio.Comme Dieu le veut (2006) s'est vendu à 450 000 exemplaires en Italie, et a consacré le talent de Niccolò Ammaniti en obtenant le prestigieux prix Strega 2007. L'adaptation cinématographique par Gabriele Salvatores, qui avait déjà adapté au cinéma Je n'ai pas peur en 2003, sortira courant 2008 en Italie.

Rino Zena et son fils Cristiano vivent dans une plaine trempée de pluie, dans une ville qui pourrait être n'importe où. Si Cristiano est un collégien ordinaire, avec les mêmes passions et faiblesses que tout adolescent, Rino n'est pas un père comme les autres : chômeur alcoolique et profondément fasciste, il vit sous la surveillance des Services Sociaux qui menacent de lui retirer la garde de son fils. Malgré l'amour viscéral qu'il a pour Cristiano, il l'éduque dans la violence et la force brutale. Tous deux luttent pour survivre et pour rester ensemble, avec une sorte de dignité dénaturée, en compagnie de deux étranges amis : Quattro Formaggi, qui a presque perdu la tête après avoir été foudroyé, et Danilo Aprea, quitté par sa femme et très marqué par la mort accidentelle de sa fille. Rino, Danilo et Quattro Formaggi forment un trio de petits malfrats, un clan passionné de camarades qui prend le jeune garçon sous son aile.
Un jour, ils décident qu'il est temps d'améliorer leur existence misérable en fracturant un distributeur automatique de billets. Et c'est par une nuit de tempête, que les personnages de cette fable apocalyptique partent pour le casse salvateur. La pluie, les crues du fleuve et la boue qui ravagent cette plaine détrempée vont engluer aussi les personnages. De l'ombre sort alors l'adolescente dont Cristiano est secrètement amoureux, qui va changer à jamais leur destin…
Au delà de l'étude de la relation père-fils, Ammaniti dépeint ici une Italie aux paysages de centres commerciaux et d'entrepôts, dévastée par l'abrutissement consumériste, où la misère des laissés-pour-compte explose en une férocité dévastatrice. La tendresse de l'auteur envers ses personnages imprègne d'une profonde humanité ce roman où cohabitent horreur et humour.
Un tour de force.

Charles Lewinsky
Melnitz

Roman
Traduit de l'allemand par Léa Marcou
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Charles Lewinsky est né en 1946 à Zurich. Il a étudié la littérature allemande et le théâtre. Dramaturge, scénariste et romancier, il a obtenu pour son précédent roman Johannistag (2000), le prix de la Fondation Schiller. Melnitz a été salué par la critique comme une prouesse littéraire.

Melnitz, c'est la saga de la famille Meijer, une famille juive suisse, de 1871 à 1945 - de la guerre franco-prussienne à la fin de la deuxième guerre mondiale. Un grand roman salué comme le Cent ans de solitude de la tradition yiddish.
En 1871, les Meijer - Salomon le marchand de bestiaux, sa femme Golda, leur fille Mimi, romanesque et coquette, et Hannele, une orpheline qu'ils ont élevée, vivent à Endingen, bourgade helvétique qui fut longtemps l'une des deux seules où les Juifs étaient autorisés à résider.
L'arrivée, impromptue, de Janki, un vague cousin, qui s'installe chez eux, va bouleverser ce petit monde clos. Il aurait, dit-il, vécu à Paris. Il est beau parleur, hâbleur et ambitieux. Il ouvre à Baden, la ville voisine, un magasin " Aux Tissus de France ", et, épouse Hannele la laborieuse, qui va travailler avec lui avant de fonder son propre magasin, les " Galeries Modernes ". Mimi épouse Pin'has, le fils du boucher et érudit talmudiste, follement amoureux d'elle et qui le restera toute sa vie.
La famille Meijer a commencé son ascension sociale, quitte peu à peu Endingen pour Baden, puis Zürich. Entre dans la modernité. Parallèlement, Janki multiplie les efforts pour être admis dans la société suisse, toujours foncièrement antisémite. Son fils François va finir, dans le même espoir, par se convertir.
Comme toutes les familles, les générations successives de Meijer vivent leurs amours, leurs drames, leurs succès et échecs professionnels, évoluent- y compris sur le plan religieux - en passant du 19ème au 20ème siècle. Mais leur histoire est profondément marquée par l'Histoire. Ainsi, pendant la guerre de 14, Zalman, le gendre de Janki, ancien militant syndicaliste aux Etats-Unis, franchit les lignes de front pour aller chercher son fils Ruben, qui étudie dans une Yechiva au fin fond de la Galicie, où avancent les Cosaques. Cependant qu'Alfred, le fils de François, est soldat dans l'armée française et tué en Alsace.
En 1937, Hillel - petit-fils de Zalman - ardent sioniste qui se prépare à l'émigration en Eretz Israël - se bat, à Zürich, avec les pro-hitlériens du Front National. Arthur, le plus jeune fils de Janki et Hannele, devenu médecin, soigne gratuitement les enfants juifs réfugiés d'Allemagne, acceptés pour 3 mois en Suisse, et finit par épouser la mère de deux d'entre eux, afin de lui permettre de recevoir un visa d'entrée en Suisse - laquelle a fermé ses portes aux persécutés. Ruben, devenu rabbin dans une ville allemande, décrit dans ses lettres une situation de plus en plus sombre, mais refuse d'abandonner sa communauté. Il va disparaître, avec sa famille.
1945 : L'Oncle Melnitz est de retour et raconte. La première phrase du livre prévient : " Après sa mort, il revenait. Toujours. " Il apparaît aux moments cruciaux auprès de l'un ou l'autre des Meijer pour évoquer des souvenirs, souvent tragiques, du passé, leur rappeler qu'ils ne sont pas des Suisses tout à fait comme les autres. A présent, lui qui sait tout - Melnitz ou la mémoire - raconte aux Meijer survivants, et à qui veut l'entendre, des événements du passé récent, incroyables, " surtout ici en Suisse où l'on a vécu toutes ces années sur une île "…


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Thrillers

Robert Ludlum
et Patrick Larkin
Le vecteur Moscou

Thriller
Traduit de l'américain par Dominique Peters
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Dès 1971, Robert Ludlum entra dans le cercle restreint des romancier à succès avec L'Héritage Scarlatti, premier volume d'une série ininterrompue de triomphes internationaux. Parmi les quelque 210 millions de livres vendus, signalons la série " Réseau Bouclier " - Opération Hadès, Le Pacte Cassandre et La Vendetta Lazare.
Patrick Larkin est réputé pour le réalisme géopolitique et militaire de ses thrillers.

On croyait le roman d'espionnage définitivement enterré avec l'éclatement de l'Union Soviétique. Mais le mal, s'il change de forme, ne disparaît jamais…
Bien décidés à reconstituer leur empire éclaté, les dirigeants de plus en plus autoritaires de la Russie préparent une campagne militaire éclair - une Blitzkrieg qui doit déferler sur l'Ukraine, la Géorgie, l'Azerbaïdjan et plusieurs autres ex-Républiques soviétiques. Pour réussir cette entreprise téméraire, les Russes doivent d'abord semer la confusion et la peur dans les rangs de leurs ennemis, affaiblir leurs agences de renseignements, leur commandement militaire et leur gouvernement civil. C'est dans ce but qu'ils se tournent vers Konstantin Malkovic, un des hommes les plus riches et les plus puissants du monde, le seul capable de leur fournir les moyens de réaliser leurs projets.
Malkovic contrôle le développement d'une arme biologique avancée, conçue à partir de données génétiques. Indécelable, incontrôlable, incurable, HYDRA est l'agent létal parfait. Avec peu d'indices et moins de temps encore, le Réseau Bouclier et Jon Smith doivent stopper cette conspiration meurtrière…

 


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Essais, documents, biographies

Jacques Dupont
Choses bues

Récit

Né en 1951 dans l'Yonne, après avoir travaillé avec Christian Millau, il est depuis 1999 le concepteur des pages Vins de l'hebdomadaire Le Point.

Dans le monde du vin, Jacques Dupont est une référence. Etrangement, s'il est l'auteur des guides de l'hebdomadaire Le Point qui font autorité, il n'avait jamais écrit d'ouvrage personnel. Choses bues est à la fois l'autobiographie d'un dégustateur hors pair, la traversée drolatique et riche en anecdotes d'un monde souvent secret, les coulisses d'une économie, et surtout, l'exercice d'admiration d'un promeneur dans la France des caves et des vignes.
Ecrit au cours de nombreuses années de dégustations et de rencontres humaines, ce livre révèle que le vin est affaire non seulement de goût, donc de subjectivité, mais aussi le résultat aléatoire de l'histoire, de la civilisation, la rencontre de la main de l'homme et du terroir. Sait-on que le Médoc aujourd'hui bien côté, était hier une terre ingrate couleur de cendre ? De la Bourgogne, dont Stendhal disait que " sans ses vins admirables, je trouverais que rien au monde n'est plus laid que cette fameuse Côte d'or ", comment comprendre la complexité des parcelles ou des lieux-dits ? Sait-on que la Romanée Conti tire sa gloire mondiale d'un petit hectare ? Doit-on se fier à l'érudition arrogante des spécialistes ? Faut-il inscrire les vins du Gers à la sécurité sociale pour les maladies qu'ils soignent ? Pourquoi un vieux Champagne sent-il le sac à pain ?
De l'Yonne de son enfance à la Bourgogne cachée, du bordelais patricien aux viticultrices de l'Alsace, du Languedoc en crise au boom l'investissement dans les vignes, Jacques Dupont nous entraîne à sa suite. Avec émotion, liberté, au hasard de l'histoire, le nez d'exception au vent…


Valérie Grall
Latour-Maubourg
Récit

Valérie Grall, née en 1956, est la fille de l'éditeur Alex Grall. Chef décoratrice pour le cinéma, elle travaille régulièrement avec Jacques Perrin, Francesca Comencini, Laurent Heynemann et de jeunes réalisateurs d'avant-garde. Elle réalise aussi des documentaires (" Les Intérieurs ", Arte), et co-dirige la revue littéraire et artistique Travioles.

C'est l'histoire d'une petite fille. Sa mère, attachée de presse chez Gallimard, vient de mourir. Son père, le grand éditeur Alex Grall, dirige la maison Fayard. Pour remplacer la mère de ses enfants, il choisit une grande figure de la presse et de la politique françaises : Françoise Giroud. Et voilà Valérie et ses deux frères s'installant avenue de Latour-Maubourg, dans un grand appartement…
Comme le dit la principale protagoniste, " tout Paris qui chante et qui danse " est là : du dessinateur Jean-Jacques Sempé à l'avocat Georges Kiejman, du philosophe Jean Wahl au romancier Georges Perec, tout le monde s'y presse pour refaire le monde ou tenter de le refaire. Et si ce n'est pas là, c'est donc chez Lipp. La presse et la politique françaises sont publiées, commentées, critiquées par tous ces gens importants, sous les yeux intimidés de ces enfants. " Françoise " le leur a dit : " On ne doit avoir que des conversations intelligentes. "
Comment vivre son enfance dans un milieu aussi spirituel et aussi peu enfantin ?
Des tourbillons de la guerre d'Algérie à l'engagement politique, en passant par mai 68, voilà les enfants terribles dans la maison de papier. Le parcours ému d'une adolescente dans les années 70, avec un émouvant hommage à un jeune frère broyé par la vie.


Alain Minc
Une histoire de France

Essai
Alain Minc est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages qui sont autant de best-sellers.

Ni grand ni petit historien, tout au plus " historien du dimanche " - au sens où Levinas parlait des " talmudistes du dimanche " - Alain Minc se risque ici à nous raconter son histoire personnelle de la France, de la Gaule du IVème siècle jusqu'à l'élection de Nicolas Sarkozy.
Promeneur de l'Histoire, il s'autorise tout ce que s'interdisent les historiens professionnels : rompre les enchaînements de faits, chercher des comparaisons dans le présent pour expliquer le passé (péché d'" anachronisme "), repérer les récurrences plutôt que l'unité des événements, établir sa propre hiérarchie des grands carrefours, des nœuds, des points de bascule de notre roman national, au mépris de la linéarité du temps et des vérités établies, imaginer ce qui aurait pu se passer différemment (péché d'" histoire-fiction "). Cette histoire personnelle de la France est donc portée par des partis pris, une forme assumée de subjectivité et des choix par définition contestables. Ce n'est pas manquer de respect aux maîtres de cette discipline que de se lancer dans une telle aventure. Alain Minc le fait avec la bénédiction posthume de Fernand Braudel qui lui avait murmuré un jour : " Ecrivez une histoire de France : il n'y a pas de plus bel exercice intellectuel. N'ayez pas peur des historiens : ils ont besoin que l'on braconne sur leurs terres ".


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Les Cahiers rouges

Mathieu Galey
Les vitamines du vinaire


Matthieu Galey (1934-1986) a été éditeur chez Grasset, critique dramatique et écrivain. On lui doit aussi Les Yeux ouverts, un livre d'entretiens avec Marguerite Yourcenar, ainsi qu'un célèbre Journal (2 volumes chez Grasset, 1987 et 1989).

Les Vitamines du vinaigre est un recueil de chroniques placé sous les auspices de Marcel Jouhandeau et de Claude Chabrol : mœurs provinciales passées au regard acide d'un portraitiste acide et moqueur.
La ville de Fonfurs, dont les habitants s'appellent, comme chacun sait, les Fonfursitains, a son avenue Gambetta et sa rue Paul-Bert. Et il y a parmi eux beaucoup d'" Atrides du pauvre ", comme le dit l'auteur. Ils ourdissent des complots et des vengeances à l'échelle de leur petite patrie. Des Morin aux Dames Prunelle en passant par les sœurs Bûche, nous découvrons les énormes drames de ces minuscules monstres. La jeune Désirée, qu'une mère autoritaire impose à un fils polytechnicien et timide, prend froid en rentrant du bal : elle qui n'a jamais été malade tousse, tousse, tousse. Qu'a-t-elle ? Mais qu'a-t-elle ? Les médecins auscultent, les médecins enquêtent, les médecins diagnostiquent : elle n'a pas de cœur. " Je veux l'épouser quand même ! ", décide le polytechnicien timide ; mais la mère autoritaire oppose son veto. Il se suicide. Désirée fuit Fonfurs. Pour où ? Mystère. Certains l'auraient vue brahmane au bord du Gange, d'autres prostituée à Hambourg. Quel est le destin des filles sans cœur ?
Vingt histoires, presque fables, toujours satires, d'un jeune homme de 23 ans qui savait déjà beaucoup des mœurs de notre petit monde…

Frédéric Vitoux
Bébert ou le chat de Céline


Né en 1944, Frédéric Vitoux est l'auteur de plusieurs romans, comme Sérénissime (1990, prix Valery Larbaud) et de nombreux essais, comme La Vie de Céline (Grasset, 1988). Il est membre de l'Académie française.

" Un chat c'est l'ensorcellement même, le tact en ondes… " notait Louis-Ferdinand Céline. Et Bébert, énorme matou tigré au maintien à l'intelligence prodigieuse, aussi glouton et râleur que fidèle, n'était pas un chat ordinaire…
Abandonné par son premier maître, l'acteur de cinéma Le Vigan, longtemps vagabond dans Montmartre au temps de l'Occupation, il est recueilli par Céline et sa femme et va partager leurs errances, leurs aventures, leur misère, leur exil. Céline en a fait l'un des héros de ses derniers romans - ces chroniques hallucinées de l'Allemagne de la débâcle -, et l'un des chats les plus célèbres de la littérature française.


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Mondes vécus

Denis Clerc
La France des travailleurs pauvres
Collection Mondes vécus, dirigée par Patrick Savidan

Denis Clerc est économiste, spécialisé dans l'analyse des politiques sociales. Il a été rapporteur au Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale (CERC) et président de l'association Economie & Humanisme. Il est aujourd'hui conseiller de la rédaction du mensuel Alternatives économiques, qu'il a créé et longtemps dirigé.

" On a longtemps pensé que l'emploi était le remède à la pauvreté. Ce n'est plus le cas. La multiplication des emplois à temps partiel ou des jobs temporaires entrecoupés de périodes de chômage a fait plonger dans la pauvreté nombre de travailleurs et leur famille. Contrairement à ce qui se passait il y a encore une quinzaine d'années, ce n'est plus l'insuffisance d'emplois qui engendre la pauvreté, mais la mauvaise qualité de ceux qui se créent.
Dans cette évolution, l'Etat porte une part de responsabilité. En prêtant main-forte à la création d'emplois paupérisants, il a sacrifié la qualité de l'emploi à la quantité et aggravé le problème au lieu de le réduire.
Ce que montre cet ouvrage, c'est que cette voie est sans issue et qu'il est urgent de changer de politique. Le contexte nous y pousse : le pays tout entier a besoin d'emplois créateurs de valeur s'il veut faire face aux défis de la mondialisation et du vieillissement. Mais cela suppose un gros effort en matière de formation et de requalification de tous ceux que, aujourd'hui, le marché a marginalisés. Le revenu de solidarité active, utile pour permettre aux actuels travailleurs pauvres de vivre dignement, ne doit pas devenir la dragée enrobant la pilule du mauvais emploi et permettant à ce dernier de se pérenniser.
Désormais, à l'aide sociale qui soulage mais enferme, il faut substituer l'investissement social qui vise à donner à chacun les moyens de son autonomie et la maîtrise de son destin. C'est possible, et ce livre explique comment. "

Denis Clerc


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Grasset-Jeunesse




Dr Eric Englebert
Illustré par Claude K. Dubois
T'es plus ma copine
Lampe de poche 7 ans et +
Série " Les petits bobos de la vie "

Médecin et thérapeute éricksonien près de Liège, le Docteur Éric Englebert met son expérience et sa connaissance des maux qui perturbent la vie des enfants au service de la littérature qui leur est adressée, parce que "donner un livre à un enfant, c'est lui donner beaucoup d'amour. C'est lui dire ce qui est parfois difficile à dire et à vivre. L'aider à grandir, à vivre ses émotions et les partager, chercher avec lui des solutions." Pour que grandir soit plus facile !
Claude K. Dubois a suivi les cours de l'École Supérieure des Beaux-Arts de Saint-Luc à Liège. Elle enseigne aujourd'hui le dessin à Liège, où elle habite, tout en écrivant et illustrant de nombreux ouvrages pour la jeunesse, notamment pour les Éditions Pastel et pour l'École des Loisirs. Chez Grasset-Jeunesse, elle a illustré le petit roman Papy et la fée de Gudule ("Lampe de poche 7 ans et + ").

Sarah a mal au ventre ce matin. Elle ne veut pas aller à l'école. Depuis qu'elles se sont disputées, Catherine ne lui parle plus… Mais Sarah va découvrir qu'elle peut se faire d'autres amies… et Carmen, elle est vraiment chouette, comme copine !

Après l'exclusion due à une particularité physique (C'est pas juste !), la culpabilité découlant de disputes parentales (C'est pas ma faute !), l'absence d'un père dans la vie quotidienne (Papa n'est jamais là !), l'incapacité à parler de ses problèmes et la peur d'aller voir un psy (Manu et le psy), la maladie d'un parent (Maman est malade), l'enfance avant et après un divorce (Papa, maman... avant), être l'enfant "du milieu" (Et moi ?) et avoir deux maisons suite à une séparation des parents (La Valise rouge), se fâcher avec sa copine d'école (T'es plus ma copine !) et faire le deuil d'un animal de compagnie (Mon chien est mort) sont les sujets abordés dans ces deux nouveaux livres qui s'attachent aux " Petits bobos de la vie ".
Les phrases courtes et justes emplies d'émotion et d'espoir du Docteur Éric Englebert et la poésie et la sensibilité des illustrations de Claude K. Dubois dédramatisent des situations qui peuvent se révéler angoissantes et gâcher la vie des petits, pour soigner le mal-être et les petites douleurs qui marquent tant les enfants, et offrent, avec intensité et douceur, des petits livres forts, inspirés par l'observation et le vécu.

Dr Eric Englebert
Illustré par Claude K. Dubois
Mon chien est mort
Lampe de poche 7 ans et +
Série " Les petits bobos de la vie

Médecin et thérapeute éricksonien près de Liège, le Docteur Éric Englebert met son expérience et sa connaissance des maux qui perturbent la vie des enfants au service de la littérature qui leur est adressée, parce que "donner un livre à un enfant, c'est lui donner beaucoup d'amour. C'est lui dire ce qui est parfois difficile à dire et à vivre. L'aider à grandir, à vivre ses émotions et les partager, chercher avec lui des solutions." Pour que grandir soit plus facile !
Claude K. Dubois a suivi les cours de l'École Supérieure des Beaux-Arts de Saint-Luc à Liège. Elle enseigne aujourd'hui le dessin à Liège, où elle habite, tout en écrivant et illustrant de nombreux ouvrages pour la jeunesse, notamment pour les Éditions Pastel et pour l'École des Loisirs. Chez Grasset-Jeunesse, elle a illustré le petit roman Papy et la fée de Gudule ("Lampe de poche 7 ans et + ").

Pas facile d'accepter la mort d'un petit animal domestique… Pas à pas, un petit livre utile pour expliquer, comprendre et accompagner un deuil.

Arthur Tenor
Le secret du génie humain

Roman - grand format

Auteur de nombreux romans, Arthur Ténor, qui vit près de Vichy, effectue de nombreux déplacements dans des écoles et des salons du livre, et s'occupe désormais de l'organisation du salon de Moulins, dans l'Allier. Dans les récits de cet " explorateur de l'imaginaire ", l'action et le suspense se mêlent à l'étonnement et à la tendresse, à l'humour et à la fantaisie. La plupart de ses ouvrages jeunesse sont publiés chez Magnard, Pocket, ou Gallimard. Chez Grasset-Jeunesse, il a publié Y'a pas que la mort dans la vie ! , dans la collection " Lampe de poche Ados ", ainsi que Passeport pour l'enfer, co-signé avec sa complice Natallie, et Les Messagères des Abysses, préfacé par Nicolas Hulot, dans la collection " romans grand format ".

Affalé sur son canapé, le commandant de police Antoine Rochand s'apprête à passer une soirée tranquille devant la célèbre émission " on se dit tout… en direct ". Mais soudain, sous ses yeux comme sous ceux de millions de téléspectateurs… l'un des invités sort un pistolet, et tire sur la foule avant de se donner la mort !
Qu'a-t-il bien pu se passer ? Pourquoi cet homme étrange, ancien bègue devenu du jour au lendemain un " génie de la parole ", a-t-il été soudainement mu par ces pulsions meurtrières ?
Cette histoire tourne et retourne dans la tête d'Antoine Rochand, jusqu'à ce qu'il découvre l'existence d'un chercheur qui aurait, selon ses propres termes, découvert le " secret du génie humain ", à partir d'observations faites sur le cerveau d'autistes profonds. Antoine commence donc ses investigations. Il va tout d'abord rencontrer un jeune garçon mal dans sa peau en cours de " génialisation ", puis découvrir l'existence d'un " cercle " tenu secret… Mais son enquête va rapidement prendre une telle ampleur qu'il va se rendre compte, non seulement qu'il risque sa vie, mais également que le monde a de toute urgence besoin d'un héros… pour le sauver tant qu'il en est encore temps !

Un roman palpitant, empreint d'action et de suspense, qui aborde non sans humour mais avec lucidité les problématiques actuelles, biologiques et éthiques, auxquelles nous confrontent les avancées fulgurantes de la recherche moderne, ainsi que les risques de dérives immédiates pour l'humanité tout entière.
Autour de l'histoire d'un savant fou qui projette de bouleverser l'ordre mondial afin d'en observer les changements, d'un jeune garçon fortuné en passe de devenir un " génie " des mathématiques, et d'un policier qui se heurte à des organisations bien au-dessus de lui, Arthur Tenor livre des clés de réflexion utiles et nécessaires, dans un monde où il est de plus en plus facile de perdre tout repère pour ne penser qu'à sa réussite personnelle.

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