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Littérature Française
Yann Apperry
Terre sans maître
roman
Yann Apperry, né en 1972, vit aujourd'hui à Berlin.
Il a été pensionnaire de la villa Médicis et
lauréat de la Fondation Hachette en 1997. Il écrit
pour le théâtre et comme librettiste. Il est l'auteur,
chez Minuit, de Qui vive (1997), puis chez Grasset, de Paradoxe
du ciel nocturne (1999), Diabolus in musica (Prix Médicis,
2000) et de Farrago (Prix Goncourt des lycéens, 2003).
Ilya est un jeune homme qui cherche à atteindre un mur au
sommet d'une montagne. Ce Mur est moins un objet qu'une présence,
intacte depuis l'époque immémoriale de sa construction.
On prétend au village que le Mur attire les fous. Cela se
passe juste avant la deuxième guerre mondiale en Germanie.
Ilya avance à tâtons et, peu à peu, se souvient
d'où il est venu, ce qui l'a conduit à entreprendre
son voyage et à quel traumatisme il doit d'avoir perdu la
mémoire.
Sur le versant creusé d'ornières, il semble mener
une partie de cache-cache avec lui-même. La voix d'une enfant
le hante qui chante sous son crâne une comptine. Une fois
le Mur franchi, Ilya poursuit son chemin, rêveur lucide, aux
abois. Un homme en effet veut sa peau et le traque sans relâche.
Obligé de fuir, Ilya arrive à la porte d'un manoir
où les dignitaires du régime célèbrent
l'avènement d'une ère nouvelle. Il y retrouve la jeune
femme dont le souvenir le poursuit, et dans le grand salon illuminé
où se déroule la fête, son passé tout
entier se dévoile. Se révèle aussi l'autre
raison de son voyage : Ilya est un messager, il porte une parole
folle, et dans le cercle hostile des convives, il s'en délivre.
Mais on ne l'entend pas, et, à nouveau en danger de mort,
il lui faut reprendre sa route au petit jour, descendre dans la
vallée, de plus en plus loin
Christophe Bataille
Le rêve de Machiavel
Roman
Christophe Bataille, né en 1971, est l'auteur de plusieurs
romans, parmi lesquels Annam (Arléa, 1993) et J'envie
la félicité des bêtes (Grasset, 2002), Quartier
général du bruit (Grasset, 2006). Il est éditeur
depuis 1997.
Un homme frappe à la porte d'une petite ville toscane. La
peste est partout et cette cité sera son arche. Depuis les
palissades dressées à la hâte, il observe le
monde des bûchers, des mauvais rêves et de la faim.
Bientôt les rats envahissent les rues ; un enfant tombe foudroyé.
On brûle les sorcières en tremblant. Alors la ville
devient un tombeau.
Cet homme qu'on ne connaît pas porte un nom légendaire
: Machiavel. En 1527, il est vieux, il a connu le monde, il a lu
les livres, il a conseillé les princes, mais le voici mis
à nu par le mal. Que peuvent la science ou la géographie
quand on n'ose plus boire ni manger ?
Machiavel vit la nuit, caché, marmonnant des prières,
le poignard à la main, cherchant la Renaissance dont il ne
reste rien. Jusqu'au jour où il sauve presque malgré
lui une jeune femme malade. Il la soigne, il l'aime. C'est ce dernier
amour que raconte ici Christophe Bataille, dans un roman énigmatique
et puissant.
Sarah Chiche
L'inachevée
Premier roman
Sarah Chiche vit à Paris. L'Inachevée est son premier
roman.
Alors qu'elle n'est encore qu'une petite fille, Hannah est ballottée
entre la folie destructrice de sa mère, la perversité
des innombrables amants de celle-ci, et les caquetages insensés
des autres membres de sa drôle de famille. Et puis, il y a
son père, mort d'un cancer foudroyant alors que la gamine
n'avait pas deux ans. Entre lui et Hannah, un rendez-vous manqué,
un inachevé dont elle ne peut faire le deuil.
Mais l'inachevée, c'est aussi Hannah elle-même, petit
clown triste qui n'arrive pas à trouver sa place dans une
vie qu'elle conjugue au passé décomposé.
Comment sauver sa peau quand le roman familial prend toute la place
et que les mots des autres dévorent l'espace du rêve
?
Croyant fuir son destin, Hannah se promènera de corps en
corps et choisira les mirages d'un exil doré en Asie, avant
de sombrer dans la mélancolie. Quand elle renaîtra
à la vie, elle comprendra que pardonner l'innommable est
peut-être la seule voie possible pour pouvoir prendre son
envol et enfin tourner la page.
Olivia Elkaim
Les graffitis de Chambord
Premier roman
Olivia Elkaim est née en 1976. Elle a publié plusieurs
nouvelles, dont Chair de femme, dans le recueil Onze femmes (J'ai
lu, 2008), et un essai, Amazones ou princesses ? (Ramsay, 2006).
Les graffitis de Chambord est son premier roman.
Trois hommes. Trois époques. Trois histoires.
2006 - Trevor est banquier d'affaires. Homme sans passé ni
passion, il vit dans un grand appartement à Paris. Il ne
connaît pas l'amour, ne cherche pas d'amitiés. Depuis
que ses parents sont morts, il est seul et pleure parfois sans aucune
raison. Un matin, il reçoit une grande enveloppe qui va bouleverser
sa vie.
1945 - Simon est écrivain. Il est juif. Caché pendant
la guerre dans un village près de Mâcon, il gagne Paris
à la Libération. Ses parents ont disparu. Il les cherchera
en vain, et n'aura de cesse de fouiller son passé pour fixer
leurs visages et ses rares souvenirs.
1940 - Isaac est résistant. Il a abandonné sa famille
pour suivre Dora, une femme libre et énigmatique, qu'il aime
passionnément et qui rend les hommes fous de désespoir.
Ils font partie du réseau " Chambord ". Ils partagent
le quotidien de leurs frères d'armes, leurs peurs et leurs
joies. Enfermés dans le château, ils errent dans les
galeries, dans ses pièces froides et obscures aux murs maculés
de graffitis, comme en des catacombes.
Ce sont ces graffitis, dont certains datent du XVIIè siècle,
qui vont mystérieusement rapprocher Isaac, Simon et Trevor.
Quel est le lien souterrain, plus fort que la mort, qui unit ces
trois destins ?
Jean-Paul Enthoven
Ce que nous avons eu de meilleur
Roman
Jean-Paul Enthoven est éditeur et critique littéraire.
Il a déjà publié, chez Grasset, Les Enfants
de Saturne (Prix Valery Larbaud), Aurore (Prix Europe I) et La Dernière
femme.
Peut-on, comme Josué, arrêter la course du soleil
? Les morts sont-ils encore jaloux ? Pourquoi Marlon Brando écrivait-il
des cartes postales qu'il n'envoyait à personne ? En quelle
circonstance un débauché peut-il s'abandonner au fanatisme
religieux ? Quels rapports y a-t-il entre Churchill, Alain Delon
et un jeune berbère qui voudrait apprendre à nager
? Qui a inventé le monothéisme amoureux ? Et à
quel instant, au juste, franchit-on la ligne de démarcation
qui sépare la fin de la jeunesse du reste de la vie ?
Telles sont, entre beaucoup d'autres, quelques unes des questions
que se posent les héros de ce roman dont l'intrigue éclatée
va et vient autour d'un lieu unique : le Palais de la Zahia (ce
mot, en arabe, désigne la joie), situé quelque part,
au sud, près d'un désert
Dans ce Palais - splendide, nécrosé, envahi par la
végétation et les souvenirs - quelques amis, plutôt
bien traités par l'existence, ont pris l'habitude de se retrouver
dans une ambiance rieuse. Il y a là, parmi des créatures
sexuellement diversifiées, deux amis : un narrateur (très
influencé par les livres de Stendhal et les films de Maurice
Ronet) et un certain Lewis, philosophe riche, célèbre,
et épris d'Ariane, son épouse rêveuse. Est-il
nécessaire d'en dire davantage ?
Ce roman - rythmé par une série d'interrogatoires
confiés à un enquêteur énigmatique -
revisite ainsi, dans un grand désordre de sensations et de
péripéties: 1/ l'histoire d'une amitié 2/ La
mémoire d'un Palais trop fréquenté par ses
propres fantômes 3/ La chronique d'une passion clandestine
avec une jeune veuve qui n'a pas froid aux yeux 4/ la lutte des
uns et des autres contre le temps et ses alliés (haine, tempêtes
de sable, solitude, vanité, peur, envie
)
Bien entendu, il s'agit d'un roman. Et il va de soi que toute ressemblance
avec des personnes existantes, etc, etc
Michel Le Bris
La Beauté du monde
Roman
Né en Bretagne en 1944, auteur chez Grasset de L'homme aux
semelles de vent (1977), La porte d'Or, Le paradis perdu, et chez
d'autres éditeurs de nombreux essais, et d'un roman Les flibustiers
de la Sonore. On doit à Michel Le Bris la création
du festival Etonnants Voyageurs à Saint-Malo en 1990.
Sur les photos de Martin et Osa Johnson, on voit ce couple vedette,
ces amants de l'aventure, tels qu'ils prêtent à rêver,
tels qu'ils inspirent à Michel le Bris ce roman-vrai du Continent
noir : Osa, sensuelle, rayonnante, la carabine à l'épaule
ou le viseur sur l'il, saluant ici un chasseur au teint d'ébène,
serrant ailleurs la main fripée d'un chimpanzé. Martin,
l'ancien cuisinier de la croisière du Snark avec Jack London,
l'ingénieux caméraman qui filma les réducteurs
de têtes des Nouvelles Hébrides et les Big Nambas,
maintenant commandant à une armée de porteurs, à
l'assaut des territoires encore inviolés du Kenya.
Martin et Osa Johnson, dans les années 1920, furent les grandes
stars de l'aventure. Une certaine Winnie est chargée en 1938
d'écrire les mémoires d'Osa, veuve désormais,
beauté flétrie réfugiée dans l'alcool.
Commence un troublant face à face, où la jeune Winnie,
outrepassant son rôle, prend peu à peu possession de
son modèle, menant une enquête presque policière,
traquant les zones d'ombres du couple qui révéla l'Afrique
sauvage, mais paradisiaque, mais vierge, à l'Amérique.
Mais il se pourrait bien que ce soit Osa, qui mène en fait
le jeu, à travers ses confidences - Osa hantée par
le mystère de la beauté du monde
Du New York des " Roaring twenties " à la jungle
kenyane, de la " table ronde " de l'Algonquin, où
Dorothy Parker et Zelda Fitzgerald furent les marraines new-yorkaises
d'Osa, à la jungle étouffante du pays des Pygmées,
des clubs de Jazz de Harlem où l'on ignorait résolument
la prohibition tandis que s'inventait le style " jungle ",
au spectacle du monde primitif encore préservé : c'est
toute une époque que Michel Le Bris nous fait revivre.
Duke Ellington et King Kong, le Muséum d'histoire naturelle
et les grands singes abattus, Hollywood et la fin du cinéma
muet, les dernières heures de l' " heureuse " colonisation,
les couleurs fauves d'une ferme en Afrique : un roman en technicolor.
Véronique Olmi
La promenade des Russes
Roman
Véronique Olmi, romancière et dramaturge, a déjà
publié chez Grasset deux romans - La pluie ne change rien
au désir et Sa passion - et une pièce de théâtre
(Je nous aime beaucoup). Auparavant, sa pièce de théâtre
Mathilde et son roman Bord de l'eau, publié chez Acte Sud,
lui avaient déjà acquis la faveur du public.
L'héroïne de ce roman est une très jeune fille,
Sonia, qui vit à Nice avec sa grand-mère russe. Comme
toutes les " babouchkas " de la Côte d'Azur (lieu
d'exil favori des Russes blancs après la Révolution
d'octobre), celle-ci se partage entre samovars, rêveries et
nostalgie du " paradis perdu ". De fait, la petite Sonia
ne sait pas vraiment à quel monde elle appartient : celui
de sa réalité quotidienne, avec une mer trop bleue
et les commerçants de la vieille ville ? Ou celui de ses
songes, orchestrés par sa babouchka, avec ses neiges étincelantes
et ses fastes tsaristes ? Prudente, elle s'est donc réfugiée
dans un imaginaire très personnalisé où l'on
retrouve les héroïnes romanesques de Daphné du
Maurier et le " Mystère Anastasia " - cette jeune
princesse qui, dit-on, échappa au massacre de la famille
impériale
On suit ainsi son éducation sentimentale et morale entre
deux mondes distincts. Il y a là le pittoresque du midi et
le tourment slave ; des odeurs mêlées d'ail et de thé
; des douleurs causées par une mère absente et des
remèdes imaginés par une grand-mère qui, pour
survivre, adore (se) mentir à elle-même et aux autres
Roman de ton, d'atmosphère et de sensation, variation sur
le thème de la vérité, de l'histoire, des sentiments,
La promenade des Russes est porté avec grâce par la
prose ironique et douce de Véronique Olmi qui ruse habilement
avec sa propre biographie.
Olivier Poivre d'Arvor
Le voyage du fils
Roman
Olivier Poivre d'Arvor dirige depuis 1999 l'Association Française
d'Action Artistique (AFAA) devenue, en 2006, " Cultures France
". Romancier et essayiste, il a déjà publié
une quinzaine d'ouvrages (seul ou en collaboration avec son frère
Patrick) dont, chez Grasset en 1996, Le club des Momies.
Au départ de ce roman, un fait divers bien réel :
une Chinoise s'est défenestrée pour échapper
à une descente de police - qui, d'ailleurs, ne la visait
en rien. De cette tragédie, Olivier Poivre d'Arvor a tiré
un roman original, émouvant, plein de rebondissements et
de surprises
Fan Wen Dong, le fils, âgé d'une vingtaine d'années,
garçon sensible et poétique, à peine débarqué
de sa ville de Fushun, va passer quelques jours à Paris avant
de repartir en Chine avec les cendres de sa mère
Le
roman que nous lisons s'inscrit dans cette semaine où s'entremêlent
plusieurs trames de destins.
Il y a là une femme qui réalise un documentaire sur
Marguerite Duras et rencontre son " amant de la Chine du Nord
" à la faveur d'un accident de voiture. Un militant
des droits de l'homme, un certain Schwartz, qui semble considérer
Fan Wen Dong comme son fils
Un oiseau dans sa cage qui est
peut-être la seule manière de communiquer pour ceux
qui ne partagent aucun mot.
Ce Voyage du fils tisse, en brefs chapitres, une étrange
histoire d'amours et de passion charnelle, de solitudes, de rencontres
intenses. Olivier Poivre d'Arvor y raconte l'impossible face-à-face
de la Chine et de l'Occident, du nanti et du démuni, de l'exilé
et de son hôte
Antoine Sénanque
L'ami de jeunesse
Roman
Né en 1959 à Paris, neurologue de profession, il est
l'auteur chez Grasset de deux livres remarqués, Blouse (2004)
et La grande garde (2007).
Antoine Saint Bernard est psychiatre. Il a quarante-huit ans et,
comme on dit, une situation enviable. Une épouse obsessionnelle
qui ne laisse rien au hasard. Des jumeaux de dix ans qu'il confond
encore. Une belle-mère antipathique et omniprésente.
Un frère aîné qui vit à ses crochets,
c'est-à-dire chez lui, et l'abreuve de conseils. Une secrétaire
hypocondriaque choisie par son épouse. Des patients angoissés
ou mélancoliques mais fidèles, quand sa femme ne l'est
plus. Et surtout, Félix, l'ami de jeunesse, restaurateur,
coureur, menteur, et dont l'insouciance heureuse le désespère.
Car Antoine, lui, a des tendances dépressives - de nature
plus que par les circonstances de l'âge. Dominé, par
les autres, et par ses propres doutes. Indécis, tant le courage
lui fait défaut face aux conséquences de ses choix
: comme la vie est risquée, Antoine ne vit pas.
Pourtant, parvenu au mitan de l'existence, il décide soudain
d'en changer. Incapable de franchir seul le pas, en solitaire qu'il
est, il convainc Félix de le suivre : le psychiatre et le
restaurateur iront donc apprendre l'histoire à la Sorbonne.
Et tandis que le neurasthénique est englouti par l'univers
kafkaïen de l'université et l'absence de son propre
désir, l'ami de jeunesse fait des prodiges en matière
d'examens et de conquêtes féminines. Il faudra qu'Antoine
rencontre Charlotte pour que le doute s'efface
et laisse place
au dilemme.
L'ami de jeunesse est le roman drôle et tendre d'une crise
existentielle et d'une résurrection sentimentale, l'histoire
d'un homme réanimé par l'urgence de vivre.
Karine Tuil
La domination
Roman
Karine Tuil est l'auteur chez Grasset de Tout sur mon frère
(2003), Quand j'étais drôle (2005) et Douce France
(2007).
" Longtemps j'ai pensé que le jour où je
parviendrais à publier un livre sur mon père, je cesserais
définitivement d'écrire. "
Ecrire sur son père : tel est le contrat signé par
la narratrice avec un grand éditeur. Comment aborder cet
homme-caméléon, juif engagé auprès de
la cause palestinienne, époux en apparence convenable qui
installa sous le toit familial une russe énigmatique, chirurgien
humaniste aux pulsions suicidaires ?
Pour venir à bout de cet ouvrage impossible, la narratrice
va se glisser dans la peau d'un personnage fictif, le fils imaginaire
qu'elle a toujours rêvé d'être : Adam. Lui apparaissent
alors les secrets d'une vie baignant dans le mensonge et l'illusion,
la manipulation des êtres et des mots.
Entre répulsion et domination, érotisme et cruauté,
chimère et réalité, masculin et féminin,
lumière et ombres, c'est un ballet des sentiments troubles
que Karine Tuil chorégraphie dans ce roman virtuose.
Philippe Vilain
Faux-père
Roman
Philippe Vilain a 36 ans. Faux-père est son sixième
roman, après, notamment, L'Eté à Dresde (Gallimard,
2003) et chez Grasset, Paris l'après-midi (2005).
Turin, début du XXIe siècle. Un Français d'une
trentaine d'années mène avec une Italienne de son
âge la vie des jeunes couples d'aujourd'hui. Ils se voient
irrégulièrement, ils font l'amour régulièrement,
ils s'aiment. Un jour (peut-on dire un beau jour ?) Stefania annonce
à son ami qu'elle est enceinte. Pour lui, c'est un choc.
Car cet enfant, elle se l'est fait faire sans lui demander son avis.
Il considère cela comme une forme de vol - sinon de viol.
Il hésite à le dire à Stefania. Dans les paniques
inavouées de la paternité qui s'approche, nous assistons
aux intermittences du cur de ce narrateur qui ne sait pas
s'il le veut, cet enfant, ou non.
Ce qui arrive est-il nécessairement naturel ? Est-ce parce
qu'une femme est enceinte que son amant doit l'admettre ? L'indécision
(typiquement masculine ?) du narrateur en fera-t-elle un faux-père,
comme on dit faux-frère ?
Faux-père s'inscrit dans la lignée des précédents
romans de Philippe Vilain, après la jalousie de L'Etreinte,
l'amour filial de La dernière année, la différence
d'âge et la séparation du Renoncement, le mariage
de L'Eté à Dresde et l'adultère de Paris
l'après-midi. A sa manière délicate et
toute en finesse, Philippe Vilain y aborde un sujet rarement traité
par les écrivains, la paternité. Serait-ce un des
derniers tabous ?
Elie Wiesel
Le cas Sonderberg
Roman
Elie Wiesel est né le 30 septembre 1928 à Sighet (Roumanie).
Il n'a que quinze ans lorsqu'il est déporté à
Auschwitz avec sa famille. Il y perd sa mère et sa petite
sur. Il est ensuite transféré à Buchenwald
avec son père, qui meurt quelques jours après son
arrivée. Libéré en avril 1945, il est pris
en charge par l'Oeuvre de secours aux enfants (OSE). Il se consacre
à des études de philosophie à la Sorbonne et
devient correspondant parisien pour le quotidien israélien
Yediot Ahronoth. Il décrit son expérience concentrationnaire
d'abord en yiddish, sa langue maternelle, puis en français.
La Nuit, récit poignant, publié en 1958 grâce
à François Mauriac, inaugure une uvre littéraire
très riche, forte d'une quinzaine de romans et récits,
de quarante livres publiés en tout, traduits dans plus d'une
vingtaine de langues.
Devenu citoyen américain en 1963, il obtient une chaire en
sciences humaines à l'Université de Boston. En 1979,
il préside la commission présidentielle de l'Holocauste.
Le président Bill Clinton l'envoie en mission aux Balkans.
Fervent défenseur des droits de l'Homme, Elie Wiesel a ainsi
soutenu la cause des Juifs soviétiques, des indiens Moskitos
du Nicaragua, des boat people, des Kurdes, des victimes de l'apartheid
en Afrique du Sud et des victimes de la guerre en ex-Yougoslavie.
Il a reçu de nombreux prix pour ses livres, dont le prix
Médicis en 1968 pour Le Mendiant de Jérusalem, le
prix du Livre Inter en 1980 pour Le Testament d'un poète
juif assassiné. Le prix Nobel de la Paix lui est décerné
en 1986.
Jeune journaliste, Yedidyah évolue dans la rédaction
d'un quotidien new-yorkais, avec ses intrigues et ses fidélités.
Critique théâtral, époux d'une actrice, il participe
de la comédie new-yorkaise. Les succès éphémères,
les gloires oubliées : rien n'est plus joyeux qu'une nouvelle
étoile, rien n'est plus mélancolique que son crépuscule.
Mais voilà qu'on demande un jour à Yedidyah de "
couvrir " le procès d'un certain Werner Sonderberg.
L'accusé, jeune Allemand résidant aux Etats-Unis,
est parti se promener avec son vieil oncle, visiteur de passage,
dans les montagnes des Adirondacks. Le neveu en est revenu seul.
Coupable ou non coupable ? Cette affaire déclenche en Yedidyah
d'étranges et puissants échos. Sentant qu'il se heurte
à un secret familial, il tente de sonder sa propre mémoire.
Qui est-il vraiment ? Comment retrouver les visages disparus d'un
père, d'une mère, d'un frère ?
Le voilà guetté par la folie. Il a recours à
l'hypnose pour retrouver les images de sa petite enfance, faire
la paix avec lui-même et avec " une histoire qui, jusqu'à
la fin des temps, fera honte à l'humanité ".
Essai littéraire
Maxime Cohen
Promenades sous la lune
Essai littéraire
Né en 1952, Maxime Cohen est Conservateur général
des Bibliothèques. Il exerce sa carrière au ministère
de la Culture après avoir été longtemps en
poste à la Bibliothèque nationale de France. Il a
publié un bref récit familial en 1997, Confins de
la mémoire (Bernard de Fallois).
Le titre de Promenades sous la lune dit tout de ce livre.
Tiré d'une lettre de Madame de Sévigné, il
nous fait musarder de manière lunatique à travers
les sujets les plus divers. De Stendhal aux potages, de Venise à
la fatigue, de la ponctuation à Marcel Proust, il nous fait
découvrir de la manière la plus inattendue la grande
culture aussi bien que les plaisirs de la vie.
Cette météorologie littéraire capricieuse révèle
une personnalité lettrée, curieuse, paradoxale, rapide.
Le livre commence par sa table des matières, car l'auteur
souhaite qu'on le lise " comme au restaurant " : le lecteur
lui aussi peut être capricieux, choisir, abandonner, revenir
Un livre où l'on apprend, un livre où l'on s'étonne,
un livre où l'on se régale, par un enfant de Jorge
Luis Borges, et, plus encore, du grand écrivain italien Mario
Praz.
Un style personnel et plein de charme. La découverte d'un
écrivain.
Poèmes
Daniel Boulanger
Fenêtre mon navire
Retouches
Poèmes
Daniel Boulanger, membre de l'Académie Goncourt, est l'un
des écrivains les plus importants de ce temps. Son oeuvre,
nombreuse et multiple (quelques 50 titres), s'épanouit surtout
dans le roman, le poème, le théâtre, la nouvelle.
Il est aussi célèbre comme acteur de cinéma.
(Ascenseur pour l'échafaud, de Louis Malle, entre autres
films fameux).
Dans la continuité d'Images, mes catins, Le tremble et l'acacia,
A quatre épingles, A dire vrai, Faubourg des fées,
Oboles, voici un nouveau volume des poèmes de Daniel Boulanger.
Ces courts textes, " définitions imagées ",
selon leur auteur, nous touchent d'autant plus que leur sobriété
provoque le jaillissement des images dans une intensité rare.
Retouches à la bourrasque
devant les fleurs du paravent
blessées de jeux autrement traîtres
dans le blanc lit de la fenêtre
les arbres font l'amour au vent
Littérature étrangère
Niccolo Ammaniti
Comme Dieu le veut
Roman
Traduit de l'italien par Myriem Bouzaher
Né à Rome en 1966, Niccolò Ammaniti choisit
d'abréger ses études de biologie pour se tourner vers
l'écriture. Après Branchies (1994) et Et je t'emmène
(1999), il est reconnu sur la scène littéraire internationale
avec le best-seller Je n'ai pas peur (2001), vainqueur du prix Viareggio.Comme
Dieu le veut (2006) s'est vendu à 450 000 exemplaires en
Italie, et a consacré le talent de Niccolò Ammaniti
en obtenant le prestigieux prix Strega 2007. L'adaptation cinématographique
par Gabriele Salvatores, qui avait déjà adapté
au cinéma Je n'ai pas peur en 2003, sortira courant 2008
en Italie.
Rino Zena et son fils Cristiano vivent dans une plaine trempée
de pluie, dans une ville qui pourrait être n'importe où.
Si Cristiano est un collégien ordinaire, avec les mêmes
passions et faiblesses que tout adolescent, Rino n'est pas un père
comme les autres : chômeur alcoolique et profondément
fasciste, il vit sous la surveillance des Services Sociaux qui menacent
de lui retirer la garde de son fils. Malgré l'amour viscéral
qu'il a pour Cristiano, il l'éduque dans la violence et la
force brutale. Tous deux luttent pour survivre et pour rester ensemble,
avec une sorte de dignité dénaturée, en compagnie
de deux étranges amis : Quattro Formaggi, qui a presque perdu
la tête après avoir été foudroyé,
et Danilo Aprea, quitté par sa femme et très marqué
par la mort accidentelle de sa fille. Rino, Danilo et Quattro Formaggi
forment un trio de petits malfrats, un clan passionné de
camarades qui prend le jeune garçon sous son aile.
Un jour, ils décident qu'il est temps d'améliorer
leur existence misérable en fracturant un distributeur automatique
de billets. Et c'est par une nuit de tempête, que les personnages
de cette fable apocalyptique partent pour le casse salvateur. La
pluie, les crues du fleuve et la boue qui ravagent cette plaine
détrempée vont engluer aussi les personnages. De l'ombre
sort alors l'adolescente dont Cristiano est secrètement amoureux,
qui va changer à jamais leur destin
Au delà de l'étude de la relation père-fils,
Ammaniti dépeint ici une Italie aux paysages de centres commerciaux
et d'entrepôts, dévastée par l'abrutissement
consumériste, où la misère des laissés-pour-compte
explose en une férocité dévastatrice. La tendresse
de l'auteur envers ses personnages imprègne d'une profonde
humanité ce roman où cohabitent horreur et humour.
Un tour de force.
Charles Lewinsky
Melnitz
Roman
Traduit de l'allemand par Léa Marcou
Charles Lewinsky est né en 1946 à Zurich. Il a étudié
la littérature allemande et le théâtre. Dramaturge,
scénariste et romancier, il a obtenu pour son précédent
roman Johannistag (2000), le prix de la Fondation Schiller. Melnitz
a été salué par la critique comme une prouesse
littéraire.
Melnitz, c'est la saga de la famille Meijer, une famille juive
suisse, de 1871 à 1945 - de la guerre franco-prussienne à
la fin de la deuxième guerre mondiale. Un grand roman salué
comme le Cent ans de solitude de la tradition yiddish.
En 1871, les Meijer - Salomon le marchand de bestiaux, sa femme
Golda, leur fille Mimi, romanesque et coquette, et Hannele, une
orpheline qu'ils ont élevée, vivent à Endingen,
bourgade helvétique qui fut longtemps l'une des deux seules
où les Juifs étaient autorisés à résider.
L'arrivée, impromptue, de Janki, un vague cousin, qui s'installe
chez eux, va bouleverser ce petit monde clos. Il aurait, dit-il,
vécu à Paris. Il est beau parleur, hâbleur et
ambitieux. Il ouvre à Baden, la ville voisine, un magasin
" Aux Tissus de France ", et, épouse Hannele la
laborieuse, qui va travailler avec lui avant de fonder son propre
magasin, les " Galeries Modernes ". Mimi épouse
Pin'has, le fils du boucher et érudit talmudiste, follement
amoureux d'elle et qui le restera toute sa vie.
La famille Meijer a commencé son ascension sociale, quitte
peu à peu Endingen pour Baden, puis Zürich. Entre dans
la modernité. Parallèlement, Janki multiplie les efforts
pour être admis dans la société suisse, toujours
foncièrement antisémite. Son fils François
va finir, dans le même espoir, par se convertir.
Comme toutes les familles, les générations successives
de Meijer vivent leurs amours, leurs drames, leurs succès
et échecs professionnels, évoluent- y compris sur
le plan religieux - en passant du 19ème au 20ème siècle.
Mais leur histoire est profondément marquée par l'Histoire.
Ainsi, pendant la guerre de 14, Zalman, le gendre de Janki, ancien
militant syndicaliste aux Etats-Unis, franchit les lignes de front
pour aller chercher son fils Ruben, qui étudie dans une Yechiva
au fin fond de la Galicie, où avancent les Cosaques. Cependant
qu'Alfred, le fils de François, est soldat dans l'armée
française et tué en Alsace.
En 1937, Hillel - petit-fils de Zalman - ardent sioniste qui se
prépare à l'émigration en Eretz Israël
- se bat, à Zürich, avec les pro-hitlériens du
Front National. Arthur, le plus jeune fils de Janki et Hannele,
devenu médecin, soigne gratuitement les enfants juifs réfugiés
d'Allemagne, acceptés pour 3 mois en Suisse, et finit par
épouser la mère de deux d'entre eux, afin de lui permettre
de recevoir un visa d'entrée en Suisse - laquelle a fermé
ses portes aux persécutés. Ruben, devenu rabbin dans
une ville allemande, décrit dans ses lettres une situation
de plus en plus sombre, mais refuse d'abandonner sa communauté.
Il va disparaître, avec sa famille.
1945 : L'Oncle Melnitz est de retour et raconte. La première
phrase du livre prévient : " Après sa mort, il
revenait. Toujours. " Il apparaît aux moments cruciaux
auprès de l'un ou l'autre des Meijer pour évoquer
des souvenirs, souvent tragiques, du passé, leur rappeler
qu'ils ne sont pas des Suisses tout à fait comme les autres.
A présent, lui qui sait tout - Melnitz ou la mémoire
- raconte aux Meijer survivants, et à qui veut l'entendre,
des événements du passé récent, incroyables,
" surtout ici en Suisse où l'on a vécu toutes
ces années sur une île "
Thrillers
Robert Ludlum
et Patrick Larkin
Le vecteur Moscou
Thriller
Traduit de l'américain par Dominique Peters
Dès 1971, Robert Ludlum entra dans le cercle restreint des
romancier à succès avec L'Héritage Scarlatti,
premier volume d'une série ininterrompue de triomphes internationaux.
Parmi les quelque 210 millions de livres vendus, signalons la série
" Réseau Bouclier " - Opération Hadès,
Le Pacte Cassandre et La Vendetta Lazare.
Patrick Larkin est réputé pour le réalisme
géopolitique et militaire de ses thrillers.
On croyait le roman d'espionnage définitivement enterré
avec l'éclatement de l'Union Soviétique. Mais le mal,
s'il change de forme, ne disparaît jamais
Bien décidés à reconstituer leur empire éclaté,
les dirigeants de plus en plus autoritaires de la Russie préparent
une campagne militaire éclair - une Blitzkrieg qui doit déferler
sur l'Ukraine, la Géorgie, l'Azerbaïdjan et plusieurs
autres ex-Républiques soviétiques. Pour réussir
cette entreprise téméraire, les Russes doivent d'abord
semer la confusion et la peur dans les rangs de leurs ennemis, affaiblir
leurs agences de renseignements, leur commandement militaire et
leur gouvernement civil. C'est dans ce but qu'ils se tournent vers
Konstantin Malkovic, un des hommes les plus riches et les plus puissants
du monde, le seul capable de leur fournir les moyens de réaliser
leurs projets.
Malkovic contrôle le développement d'une arme biologique
avancée, conçue à partir de données
génétiques. Indécelable, incontrôlable,
incurable, HYDRA est l'agent létal parfait. Avec peu d'indices
et moins de temps encore, le Réseau Bouclier et Jon Smith
doivent stopper cette conspiration meurtrière
Essais, documents, biographies
Jacques Dupont
Choses bues
Récit
Né en 1951 dans l'Yonne, après avoir travaillé
avec Christian Millau, il est depuis 1999 le concepteur des pages
Vins de l'hebdomadaire Le Point.
Dans le monde du vin, Jacques Dupont est une référence.
Etrangement, s'il est l'auteur des guides de l'hebdomadaire Le Point
qui font autorité, il n'avait jamais écrit d'ouvrage
personnel. Choses bues est à la fois l'autobiographie d'un
dégustateur hors pair, la traversée drolatique et
riche en anecdotes d'un monde souvent secret, les coulisses d'une
économie, et surtout, l'exercice d'admiration d'un promeneur
dans la France des caves et des vignes.
Ecrit au cours de nombreuses années de dégustations
et de rencontres humaines, ce livre révèle que le
vin est affaire non seulement de goût, donc de subjectivité,
mais aussi le résultat aléatoire de l'histoire, de
la civilisation, la rencontre de la main de l'homme et du terroir.
Sait-on que le Médoc aujourd'hui bien côté,
était hier une terre ingrate couleur de cendre ? De la Bourgogne,
dont Stendhal disait que " sans ses vins admirables, je trouverais
que rien au monde n'est plus laid que cette fameuse Côte d'or
", comment comprendre la complexité des parcelles ou
des lieux-dits ? Sait-on que la Romanée Conti tire sa gloire
mondiale d'un petit hectare ? Doit-on se fier à l'érudition
arrogante des spécialistes ? Faut-il inscrire les vins du
Gers à la sécurité sociale pour les maladies
qu'ils soignent ? Pourquoi un vieux Champagne sent-il le sac à
pain ?
De l'Yonne de son enfance à la Bourgogne cachée, du
bordelais patricien aux viticultrices de l'Alsace, du Languedoc
en crise au boom l'investissement dans les vignes, Jacques Dupont
nous entraîne à sa suite. Avec émotion, liberté,
au hasard de l'histoire, le nez d'exception au vent
Valérie Grall
Latour-Maubourg
Récit
Valérie Grall, née en 1956, est la fille de l'éditeur
Alex Grall. Chef décoratrice pour le cinéma, elle
travaille régulièrement avec Jacques Perrin, Francesca
Comencini, Laurent Heynemann et de jeunes réalisateurs d'avant-garde.
Elle réalise aussi des documentaires (" Les Intérieurs
", Arte), et co-dirige la revue littéraire et artistique
Travioles.
C'est l'histoire d'une petite fille. Sa mère, attachée
de presse chez Gallimard, vient de mourir. Son père, le grand
éditeur Alex Grall, dirige la maison Fayard. Pour remplacer
la mère de ses enfants, il choisit une grande figure de la
presse et de la politique françaises : Françoise Giroud.
Et voilà Valérie et ses deux frères s'installant
avenue de Latour-Maubourg, dans un grand appartement
Comme le dit la principale protagoniste, " tout Paris qui chante
et qui danse " est là : du dessinateur Jean-Jacques
Sempé à l'avocat Georges Kiejman, du philosophe Jean
Wahl au romancier Georges Perec, tout le monde s'y presse pour refaire
le monde ou tenter de le refaire. Et si ce n'est pas là,
c'est donc chez Lipp. La presse et la politique françaises
sont publiées, commentées, critiquées par tous
ces gens importants, sous les yeux intimidés de ces enfants.
" Françoise " le leur a dit : " On ne doit
avoir que des conversations intelligentes. "
Comment vivre son enfance dans un milieu aussi spirituel et aussi
peu enfantin ?
Des tourbillons de la guerre d'Algérie à l'engagement
politique, en passant par mai 68, voilà les enfants terribles
dans la maison de papier. Le parcours ému d'une adolescente
dans les années 70, avec un émouvant hommage à
un jeune frère broyé par la vie.
Alain Minc
Une histoire de France
Essai
Alain Minc est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages qui sont autant
de best-sellers.
Ni grand ni petit historien, tout au plus " historien du dimanche
" - au sens où Levinas parlait des " talmudistes
du dimanche " - Alain Minc se risque ici à nous raconter
son histoire personnelle de la France, de la Gaule du IVème
siècle jusqu'à l'élection de Nicolas Sarkozy.
Promeneur de l'Histoire, il s'autorise tout ce que s'interdisent
les historiens professionnels : rompre les enchaînements de
faits, chercher des comparaisons dans le présent pour expliquer
le passé (péché d'" anachronisme "),
repérer les récurrences plutôt que l'unité
des événements, établir sa propre hiérarchie
des grands carrefours, des nuds, des points de bascule de
notre roman national, au mépris de la linéarité
du temps et des vérités établies, imaginer
ce qui aurait pu se passer différemment (péché
d'" histoire-fiction "). Cette histoire personnelle de
la France est donc portée par des partis pris, une forme
assumée de subjectivité et des choix par définition
contestables. Ce n'est pas manquer de respect aux maîtres
de cette discipline que de se lancer dans une telle aventure. Alain
Minc le fait avec la bénédiction posthume de Fernand
Braudel qui lui avait murmuré un jour : " Ecrivez une
histoire de France : il n'y a pas de plus bel exercice intellectuel.
N'ayez pas peur des historiens : ils ont besoin que l'on braconne
sur leurs terres ".
Les Cahiers rouges
Mathieu Galey
Les vitamines du vinaire
Matthieu Galey (1934-1986) a été éditeur chez Grasset, critique
dramatique et écrivain. On lui doit aussi Les Yeux ouverts, un livre
d'entretiens avec Marguerite Yourcenar, ainsi qu'un célèbre Journal
(2 volumes chez Grasset, 1987 et 1989).
Les Vitamines du vinaigre est un recueil de chroniques placé
sous les auspices de Marcel Jouhandeau et de Claude Chabrol : murs
provinciales passées au regard acide d'un portraitiste acide
et moqueur.
La ville de Fonfurs, dont les habitants s'appellent, comme chacun
sait, les Fonfursitains, a son avenue Gambetta et sa rue Paul-Bert.
Et il y a parmi eux beaucoup d'" Atrides du pauvre ",
comme le dit l'auteur. Ils ourdissent des complots et des vengeances
à l'échelle de leur petite patrie. Des Morin aux Dames
Prunelle en passant par les surs Bûche, nous découvrons
les énormes drames de ces minuscules monstres. La jeune Désirée,
qu'une mère autoritaire impose à un fils polytechnicien
et timide, prend froid en rentrant du bal : elle qui n'a jamais
été malade tousse, tousse, tousse. Qu'a-t-elle ? Mais
qu'a-t-elle ? Les médecins auscultent, les médecins
enquêtent, les médecins diagnostiquent : elle n'a pas
de cur. " Je veux l'épouser quand même !
", décide le polytechnicien timide ; mais la mère
autoritaire oppose son veto. Il se suicide. Désirée
fuit Fonfurs. Pour où ? Mystère. Certains l'auraient
vue brahmane au bord du Gange, d'autres prostituée à
Hambourg. Quel est le destin des filles sans cur ?
Vingt histoires, presque fables, toujours satires, d'un jeune homme
de 23 ans qui savait déjà beaucoup des murs
de notre petit monde
Frédéric Vitoux
Bébert ou le chat de Céline
Né en 1944, Frédéric Vitoux est l'auteur de
plusieurs romans, comme Sérénissime (1990, prix Valery
Larbaud) et de nombreux essais, comme La Vie de Céline (Grasset,
1988). Il est membre de l'Académie française.
" Un chat c'est l'ensorcellement même, le tact en ondes
" notait Louis-Ferdinand Céline. Et Bébert, énorme
matou tigré au maintien à l'intelligence prodigieuse,
aussi glouton et râleur que fidèle, n'était
pas un chat ordinaire
Abandonné par son premier maître, l'acteur de cinéma
Le Vigan, longtemps vagabond dans Montmartre au temps de l'Occupation,
il est recueilli par Céline et sa femme et va partager leurs
errances, leurs aventures, leur misère, leur exil. Céline
en a fait l'un des héros de ses derniers romans - ces chroniques
hallucinées de l'Allemagne de la débâcle -,
et l'un des chats les plus célèbres de la littérature
française.
Mondes vécus
Denis Clerc
La France des travailleurs pauvres
Collection Mondes vécus, dirigée par Patrick Savidan
Denis Clerc est économiste, spécialisé dans
l'analyse des politiques sociales. Il a été rapporteur
au Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale
(CERC) et président de l'association Economie & Humanisme.
Il est aujourd'hui conseiller de la rédaction du mensuel
Alternatives économiques, qu'il a créé et longtemps
dirigé.
" On a longtemps pensé que l'emploi était le
remède à la pauvreté. Ce n'est plus le cas.
La multiplication des emplois à temps partiel ou des jobs
temporaires entrecoupés de périodes de chômage
a fait plonger dans la pauvreté nombre de travailleurs et
leur famille. Contrairement à ce qui se passait il y a encore
une quinzaine d'années, ce n'est plus l'insuffisance d'emplois
qui engendre la pauvreté, mais la mauvaise qualité
de ceux qui se créent.
Dans cette évolution, l'Etat porte une part de responsabilité.
En prêtant main-forte à la création d'emplois
paupérisants, il a sacrifié la qualité de l'emploi
à la quantité et aggravé le problème
au lieu de le réduire.
Ce que montre cet ouvrage, c'est que cette voie est sans issue et
qu'il est urgent de changer de politique. Le contexte nous y pousse
: le pays tout entier a besoin d'emplois créateurs de valeur
s'il veut faire face aux défis de la mondialisation et du
vieillissement. Mais cela suppose un gros effort en matière
de formation et de requalification de tous ceux que, aujourd'hui,
le marché a marginalisés. Le revenu de solidarité
active, utile pour permettre aux actuels travailleurs pauvres de
vivre dignement, ne doit pas devenir la dragée enrobant la
pilule du mauvais emploi et permettant à ce dernier de se
pérenniser.
Désormais, à l'aide sociale qui soulage mais enferme,
il faut substituer l'investissement social qui vise à donner
à chacun les moyens de son autonomie et la maîtrise
de son destin. C'est possible, et ce livre explique comment. "
Denis Clerc
Grasset-Jeunesse
Dr Eric Englebert
Illustré par Claude K. Dubois
T'es plus ma copine
Lampe de poche 7 ans et +
Série " Les petits bobos de la vie "
Médecin et thérapeute éricksonien près
de Liège, le Docteur Éric Englebert met son expérience
et sa connaissance des maux qui perturbent la vie des enfants au
service de la littérature qui leur est adressée, parce
que "donner un livre à un enfant, c'est lui donner beaucoup
d'amour. C'est lui dire ce qui est parfois difficile à dire
et à vivre. L'aider à grandir, à vivre ses
émotions et les partager, chercher avec lui des solutions."
Pour que grandir soit plus facile !
Claude K. Dubois a suivi les cours de l'École Supérieure
des Beaux-Arts de Saint-Luc à Liège. Elle enseigne
aujourd'hui le dessin à Liège, où elle habite,
tout en écrivant et illustrant de nombreux ouvrages pour
la jeunesse, notamment pour les Éditions Pastel et pour l'École
des Loisirs. Chez Grasset-Jeunesse, elle a illustré le petit
roman Papy et la fée de Gudule ("Lampe de poche 7 ans
et + ").
Sarah a mal au ventre ce matin. Elle ne veut pas aller à
l'école. Depuis qu'elles se sont disputées, Catherine
ne lui parle plus
Mais Sarah va découvrir qu'elle peut
se faire d'autres amies
et Carmen, elle est vraiment chouette,
comme copine !
Après l'exclusion due à une particularité
physique (C'est pas juste !), la culpabilité découlant
de disputes parentales (C'est pas ma faute !), l'absence d'un père
dans la vie quotidienne (Papa n'est jamais là !), l'incapacité
à parler de ses problèmes et la peur d'aller voir
un psy (Manu et le psy), la maladie d'un parent (Maman est malade),
l'enfance avant et après un divorce (Papa, maman... avant),
être l'enfant "du milieu" (Et moi ?) et avoir deux
maisons suite à une séparation des parents (La Valise
rouge), se fâcher avec sa copine d'école (T'es plus
ma copine !) et faire le deuil d'un animal de compagnie (Mon chien
est mort) sont les sujets abordés dans ces deux nouveaux
livres qui s'attachent aux " Petits bobos de la vie ".
Les phrases courtes et justes emplies d'émotion et d'espoir
du Docteur Éric Englebert et la poésie et la sensibilité
des illustrations de Claude K. Dubois dédramatisent des situations
qui peuvent se révéler angoissantes et gâcher
la vie des petits, pour soigner le mal-être et les petites
douleurs qui marquent tant les enfants, et offrent, avec intensité
et douceur, des petits livres forts, inspirés par l'observation
et le vécu.
Dr Eric Englebert
Illustré par Claude K. Dubois
Mon chien est mort
Lampe de poche 7 ans et +
Série " Les petits bobos de la vie
Médecin et thérapeute éricksonien près
de Liège, le Docteur Éric Englebert met son expérience
et sa connaissance des maux qui perturbent la vie des enfants au
service de la littérature qui leur est adressée, parce
que "donner un livre à un enfant, c'est lui donner beaucoup
d'amour. C'est lui dire ce qui est parfois difficile à dire
et à vivre. L'aider à grandir, à vivre ses
émotions et les partager, chercher avec lui des solutions."
Pour que grandir soit plus facile !
Claude K. Dubois a suivi les cours de l'École Supérieure
des Beaux-Arts de Saint-Luc à Liège. Elle enseigne
aujourd'hui le dessin à Liège, où elle habite,
tout en écrivant et illustrant de nombreux ouvrages pour
la jeunesse, notamment pour les Éditions Pastel et pour l'École
des Loisirs. Chez Grasset-Jeunesse, elle a illustré le petit
roman Papy et la fée de Gudule ("Lampe de poche 7 ans
et + ").
Pas facile d'accepter la mort d'un petit animal domestique
Pas à pas, un petit livre utile pour expliquer, comprendre
et accompagner un deuil.
Arthur Tenor
Le secret du génie humain
Roman - grand format
Auteur de nombreux romans, Arthur Ténor, qui vit près
de Vichy, effectue de nombreux déplacements dans des écoles
et des salons du livre, et s'occupe désormais de l'organisation
du salon de Moulins, dans l'Allier. Dans les récits de cet
" explorateur de l'imaginaire ", l'action et le suspense
se mêlent à l'étonnement et à la tendresse,
à l'humour et à la fantaisie. La plupart de ses ouvrages
jeunesse sont publiés chez Magnard, Pocket, ou Gallimard.
Chez Grasset-Jeunesse, il a publié Y'a pas que la mort dans
la vie ! , dans la collection " Lampe de poche Ados ",
ainsi que Passeport pour l'enfer, co-signé avec sa complice
Natallie, et Les Messagères des Abysses, préfacé
par Nicolas Hulot, dans la collection " romans grand format
".
Affalé sur son canapé, le commandant de police Antoine
Rochand s'apprête à passer une soirée tranquille
devant la célèbre émission " on se dit
tout
en direct ". Mais soudain, sous ses yeux comme sous
ceux de millions de téléspectateurs
l'un des
invités sort un pistolet, et tire sur la foule avant de se
donner la mort !
Qu'a-t-il bien pu se passer ? Pourquoi cet homme étrange,
ancien bègue devenu du jour au lendemain un " génie
de la parole ", a-t-il été soudainement mu par
ces pulsions meurtrières ?
Cette histoire tourne et retourne dans la tête d'Antoine Rochand,
jusqu'à ce qu'il découvre l'existence d'un chercheur
qui aurait, selon ses propres termes, découvert le "
secret du génie humain ", à partir d'observations
faites sur le cerveau d'autistes profonds. Antoine commence donc
ses investigations. Il va tout d'abord rencontrer un jeune garçon
mal dans sa peau en cours de " génialisation ",
puis découvrir l'existence d'un " cercle " tenu
secret
Mais son enquête va rapidement prendre une telle
ampleur qu'il va se rendre compte, non seulement qu'il risque sa
vie, mais également que le monde a de toute urgence besoin
d'un héros
pour le sauver tant qu'il en est encore
temps !
Un roman palpitant, empreint d'action et de suspense, qui aborde
non sans humour mais avec lucidité les problématiques
actuelles, biologiques et éthiques, auxquelles nous confrontent
les avancées fulgurantes de la recherche moderne, ainsi que
les risques de dérives immédiates pour l'humanité
tout entière.
Autour de l'histoire d'un savant fou qui projette de bouleverser
l'ordre mondial afin d'en observer les changements, d'un jeune garçon
fortuné en passe de devenir un " génie "
des mathématiques, et d'un policier qui se heurte à
des organisations bien au-dessus de lui, Arthur Tenor livre des
clés de réflexion utiles et nécessaires, dans
un monde où il est de plus en plus facile de perdre tout
repère pour ne penser qu'à sa réussite personnelle.
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