Nouveautés Grasset

Mai-Juin
2008

Littérature française | Littérature étrangère | Thrillers
Essais, documents, biographies | Petite collection blanche |
Mondes vécus | Les Cahiers Rouges |

 

Littérature Française





Mai


Hervé Algalarrondo
L'archer du pont de l'Alma
roman
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Hervé Algalarrondo est journaliste au Nouvel Observateur. Il est, par ailleurs, l'auteur de plusieurs essais littéraires - dont le dernier Les derniers jours de Roland B., a connu un vrai succès auprès des lecteurs et de la critique.

Un homme quitte sa femme, son fils, son travail, Paris… Pourquoi ? Il ne le sait pas lui-même, il suit son corps, saisi par des pulsions buissonnières, vagabondes. Commence une drôle de cavale qu'il n'a pas programmée et qui va l'entraîner sur les routes du Sud, jusqu'à Gibraltar, avant qu'il ne revienne à Paris pour devenir " l'archer du pont de l'Alma " : le héros d'un fait divers à peine croyable qui va bouleverser tout un pays. Que lui est-il arrivé ? Comment en est-il arrivé à ne plus maîtriser sa vie, son destin ? Comment a-t-il pu se retrouver ainsi propulsé à la une des journaux ? L'homme enquête sur sa propre histoire, sur les motivations de son corps, sur les raisons profondes de son comportement, sur son goût très inattendu pour le tir à l'arc - où il excelle soudain. Mais sait-on jamais ce qui vous porte ? L'homme veut le savoir à tout prix, pour se réconcilier avec lui-même. Pour cela, il n'hésite pas à s'appuyer sur l'enquête de la police, se lançant dans un étonnant pas de deux avec le commissaire chargé de le confondre… L'archer du Pont de l'Alma, deuxième roman d'Hervé Algalarrondo, fait entrer le lecteur dans un univers décalé. A chaque page, l'anormal grignote la norme, l'atypique chasse le stéréotype, le fantastique se mêle au quotidien. Est-ce un rêve que fait le héros, ou est-il plongé dans une mécanique implacable, qui le révélera à lui-même ?

Malika Mokeddem
Je dois tout à ton oubli
Roman
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Malika Mokeddem, née dans le désert algérien, vit à Montpellier. Elle a déjà publié Le siècle des sauterelles (Ramsay, 1992), L'Interdite (Grasset, 1993), Des Rêves et des assassins (Grasset, 1995), Les Hommes qui marchent (Grasset, 1997), La nuit de la lézarde (Grasset 1998), La Transe des insoumis (Grasset, 2003) et Mes Hommes (2005).

" La main de la mère qui saisit un oreiller blanc et l'applique sur le visage du nourrisson… "
Cette scène d'une violence absolue obsède la narratrice, le docteur Selma Moufid, sans qu'elle comprenne si c'est un fantasme ou si cela a eu lieu.
Cette image occultée depuis l'enfance va entraîner Selma dans son désert natal et lui faire revivre des moments qu'elle voulait oublier.
C'est avant tout la relation à sa mère que ce roman met en question. Il s'agit de combattre de vieux fantômes et de comprendre pourquoi la culpabilité a inhibé le souvenir pendant tant d'années. Selma raconte les voyages qu'elle a entrepris pour enfin parler avec sa mère, pour tenter de briser le silence. Cette confrontation la renvoie à une réalité cruelle : si sa génitrice n'est qu'une pâle figure de Médée, d'autres femmes l'ont précédée dans ce rôle qu'elles s'évertuent à perpétrer pour ne pas enfreindre les tabous qui les ligotent…
Un roman très fort de Malika Mokeddem où, pour la première fois, elle analyse la relation avec sa mère dont elle fait un ressort romanesque extrêmement émouvant.

Lolita Pille
Crépuscule Ville
Roman
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Lolita Pille, vingt-cinq ans, est l'auteur de deux romans à succès : Hell (Grasset, 2002, 50.000 exemplaires vendus, 150.000 exemplaires vendus en poche) et Bubble Gum (Grasset, 2004, 45.000 exemplaires vendus en poche).

" La solitude de Colin Parker. Souvent Colin Parker composait de sa propre initiative la touche C pour confessionnal et pendant des heures, il répétait qu'il était seul. Et son assistant lui répondait : " Cher abonné, vous n'êtes pas seul puisque nous sommes là pour vous écouter… " Finalement, quand Colin Parker se donna la mort, le soir du grand black-out, il commençait tout juste à aller mieux. "
Bienvenue à Clair-Monde ! Ici, quelque part dans un futur proche, sous une épaisse couche de nuages et de brumes, vivent les citoyens d'une cité idéale où l'on vous interdit pour votre bien tout ce qui pourrait vous faire du mal : des implants bancaires sous l'épiderme contrôlent vos dépenses, une brigade d'intervention contre le suicide surveille vos accès dépressifs, les êtres qui vous plaisent sexuellement apparaissent sur un écran-traceur à portée de main, les drogues sont en vente libre, on a le droit au lifting et à la quasi-éternité. Si vous ne voulez pas être heureux, alors vous avez le choix : vivre aux confins de la cité, morts bancaires, junkies, obèses, détraqués. " Avec Clair-Monde le bonheur n'est plus une utopie ".
Sauf qu'il y Syd Paradine… Un flic cabochard, en instance de divorce, et qui refuse de se plier aux législations du bonheur obligé, aux oukases du S.P.S (service de protection contre soi-même). C'est en enquêtant sur un suicide collectif d'obèses (double aberration !) qu'il comprend les mensonges et les trahisons de Clair-Monde. De la guerre narcotique aux couloirs des laboratoires, de la tyrannie cosmétique à la pédophilie érigée au rang des beaux-arts, de l'utopie démocratique aux opiacés, Syd flanqué d'une étrangement belle créature du nom de Blue vont mettre un sacré désordre. Résoudre le mystère. Sauver leur peau sur fond d'apocalypse.
Entre la satire d'une société utopique reposant sur l'axe d'un bonheur obligé et le polar chandlerien, entre l'emprunt au cinéma et à la littérature de genre, Lolita Pille change ici du tout au tout. Crépuscule Ville est un roman ambitieux, ample, qui se joue des conventions, et nous montre le destin d'êtres du futur qui nous ressemblent terriblement.


Rosette
Le grand méchant père

Roman
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Né à Cherbourg, Rosette est actrice et réalisatrice. Elle a joué au théâtre, à la télévision, au cinéma (six films avec Eric Rohmer, mais aussi avec Noémie Lvovsky, Manuel de Oliveira, Jean-Claude Brisseau) et signé sept courts métrages. Le grand méchant père est son premier roman.

En Normandie, au bord de la mer, au cœur des années 1960, une petite fille conte, entre la tendresse et l'effroi, l'histoire d'un père violent, alcoolique et un peu sorcier. Ce " héros " tour à tour séduisant et haïssable, est une sorte d'ogre qui cause bien des souffrances et bien des joies autour de lui - et d'abord dans sa famille qui l'aime et qui le craint.
Mais dans cet univers, la féerie est toujours proche de la douleur, et par le regard de l'enfant narrateur, le merveilleux côtoie le cauchemar. Au fil du temps, et au gré des coups, des cris, des angoisses et des bonheurs, il s'agit d'un voyage visuel et sensible, presque physique. Les séquences qui composent ce roman sont nées d'une expérience vécue et les personnages qui y apparaissent ont existé. Pourtant il ne s'agit pas d'un récit, la matière du réel a simplement nourri la fiction, pour la rendre plus puissante.


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Littérature étrangère


Mai

T.C. Boyle
Histoires cruelles

Nouvelles
Traduites de l'américain par André Zavriew

Tom Coraghessan Boyle, né en 1948, anime depuis trente ans des ateliers d'écriture à l'Université de Californie du Sud. Il vit près de Santa Barbara dans une maison dessinée par l'architecte Frank Lloyd Wright. Chez Grasset, il est l'auteur de plusieurs recueils de nouvelles, parmi lesquels 25 Histoires d'amour (2000), 25 Histoires de mort (2002) et 25 Histoires bizarres (2006), ainsi que de nombreux romans dont America (1997, Prix Médicis étranger), Un ami de la terre (2001), D'amour et d'eau fraîche (2003), Le Cercle des initiés (2005) et Talk Talk (2007).

Quiconque s'est déjà aventuré dans l'univers baroque, féroce et hilarant de ce magicien de la prose qu'est T.C. Boyle connaît bien sa propension à la cruauté...
On ne s'étonnera donc pas de le voir, aujourd'hui, placer sous cette enseigne son nouveau recueil de nouvelles. Cruelles, ces histoires, parce qu'il y est souvent question de vies fracassées par un destin méchamment farceur, mais aussi de bêtes sauvages, d'animaux étranges venant bouleverser le cours de l'existence des malheureux héros de Boyle. Ainsi, dans " Toutes griffes dehors ", un pauvre type à la dérive se retrouve, suite à un pari dans un bar, propriétaire d'une espèce de panthère, laquelle va méthodiquement réduire en miettes son appartement - et plus encore. Dans " Cynologie ", c'est une jeune femme qui se prend pour un chien. Le lecteur est aussi convié à une ahurissante chasse à l'éléphant, au record du monde de l'insomnie, à la visite d'une petite communauté édénique montée de toutes pièces dans un parc d'attractions infesté de moustiques et de crocodiles, ou encore… à la fin du monde, tout bonnement, puisqu'une monstrueuse météorite surgit aussi au détour de ces pages.
Mais la " cruauté " de l'écrivain n'est jamais gratuite ni mauvaise : il s'agit, avant tout, de savourer avec jubilation ces histoires inouïes, irrésistibles de drôlerie et d'originalité, dont Boyle a le secret. Et de découvrir, derrière l'extravagance, une méditation en vérité très incisive sur l'Amérique des ombres, des laissés-pour-compte et de la paranoïa ordinaire.

Annie Proulx
C'est très bien comme ça

Nouvelles
Traduites de l'américain par André Zavriew
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Annie Proulx vit dans le Wyoming. Pour Nœuds et dénouements (repris dans les " Cahiers rouges " de Grasset en 2005), elle a remporté les prestigieux Prix Pulitzer et National Book Award. Chez Grasset ont été publiés Les Crimes de l'accordéon (2004), Un As dans la manche (2005), Brokeback Mountain (2006) qui a inspiré le célèbre film d'Ang Lee, et Nouvelles histoires du Wyoming (2007). Elle est considérée comme un des plus grands écrivains américains.

On connaît l'attachement d'Annie Proulx pour les populations rurales d'Amérique du Nord, les habitants isolés du Wyoming, contrée majestueuse mais âpre, harassée par les caprices du temps et de la terre mais aussi, au fil des années, par les transformations économiques. Ses personnages sont affectés par des forces qu'ils ne peuvent contrôler : ils appartiennent à des mondes où les valeurs changent et les traditions s'effondrent. Confrontés aux temps nouveaux, pris au piège de leur propre destin, ils se sentent impuissants, mais à leur résignation se mêle toujours un orgueil, une fierté qui continue de clamer envers et contre tout : " C'est très bien comme ça ! ", disent les cow-boys à peine sortis de l'adolescence, les femmes des ranchs pleines d'abnégation, les vieux pionniers en rupture de ban…
Avec une rare puissance d'évocation, avec tendresse, avec violence, et avec l'humour qui est aussi le sien, Annie Proulx nous emmène un peu plus loin sur la piste de ces personnages plus vrais que nature et, dans ces histoires pittoresques, elle dessine le portrait d'un pays meurtri et magnifique.


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Thrillers


Mai

Karin Slaughter
Triptyque

Thriller
Traduit de l'américain par Paul Thoreau

Karin Slaughter a grandi dans une petite ville du sud de la Géorgie et vit à Atlanta. Tous ses romans sont publiés chez Grasset. Après la série " Grant County " - Mort aveugle (2003), Au fil du rasoir (2004), A Froid (2005), Indélébile (2006) et Sans foi ni loi (2007) -, Triptyque ouvre de façon magistrale un nouveau chapitre dans une œuvre qui représente " le meilleur de la littérature criminelle " (Michael Connelly).

Atlanta, 2006. Le détective Michael Ormewood, en patrouille dans l'un des quartiers les plus sordides de la ville, découvre le corps d'une jeune prostituée droguée qui s'est fait violer, torturer puis arracher la langue d'un coup de dents avant de mourir étouffée dans son propre sang… Ormewood, qui en a pourtant vu d'autres, est révulsé - et d'autant plus inquiet que la malheureuse n'est pas la seule à avoir subi ce sort…
20 ans plus tôt. John Shelley, 16 ans, se réveille un matin, après une soirée d'étudiants mouvementée, à côté du cadavre nu et ensanglanté de la jeune Mary Alice - la langue tranchée… Le problème, c'est qu'il ne se souvient de rien - est-ce lui, vraiment, qui a commis ce meurtre effroyable ? Condamné à vingt ans de réclusion, il traversera l'enfer en prison - et, dès sa sortie, se retrouve confronté à un maître-chanteur qui a usurpé son identité… Dans un univers d'une noirceur comme on en a rarement vu - flics corrompus, prostituées, tortionnaires pédophiles, paumés en tout genre -, les trajectoires du détective Ormewood et de John Shelley vont dès lors se rapprocher de manière aussi inexorable qu'inattendue, au cœur de l'horreur.
Slaughter, dans cet extraordinaire thriller où l'atmosphère sombre à la Seven côtoie les trouvailles délicieusement glaçantes du Silence des agneaux, nous livre ici un véritable chef-d'œuvre. On envie les lecteurs qui s'apprêtent à découvrir les insoupçonnables rebondissements qui abondent dans ce roman, son sixième - et sans conteste son meilleur.

 

juin

Eric Van Lustbader
Le gardien du testament

Thriller
Traduit de l'américain par Jean Rosenthal
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Eric Van Lustbader est l'auteur de nombreux best-sellers, qui se sont vendus à des millions d'exemplaires à travers le monde, dont Le Ninja (Acropole, 1988). A la suite de Robert Ludlum, Eric Van Lustbader a repris le flambeau des aventures de Jason Bourne, aujourd'hui incarné au cinéma par Matt Damon, notamment, dans La mort dans la peau, réalisé par Paul Greengrass en 2004.

1142, Trebizonde. L'Ordre des observantins gnostiques est attaqué par les Chevaliers de Saint-Clément, faction du Pape destinée à démanteler les hérétiques et autres adversaires du catholicisme orthodoxe. Tout porte à croire que la bataille, sanglante, n'a laissé aucun survivant. La clé d'une mystérieuse cachette renfermant des secrets d'une importance capitale est-elle passée aux mains de l'ennemi ? L'Ordre a-t-il réellement été éradiqué ?
De nos jours, Braverman Shaw - " Brav " pour les intimes - voit son père mourir dans une explosion qu'on essaie de faire passer pour un accident. Brav se rend compte que son père était un éminent membre de l'Ordre des observantins gnostiques, et qu'il espérait transmettre à son fils cet héritage... Sa mission : protéger à tout prix le Testament du Christ - ce fameux trésor sur lequel veille l'Ordre et que veulent s'approprier les Chevaliers de Saint-Clément. Brav comprend dès lors pourquoi son père l'a " formé " toute son enfance à devenir un spécialiste du Moyen-Age et un cryptographe hors pair. Avant sa mort, Dexter a disséminé une multitude d'indices codés pour mettre son fils sur la piste du Testament. Brav, désormais devenu le " Gardien ", serait le seul à pouvoir les déchiffrer et retrouver ainsi le précieux document.
Dans cette épreuve, Jenny est la " gardienne " que son père lui a assignée pour le meilleur et pour le pire. Attiré par cette jeune femme volontaire, il ne peut se départir d'une certaine méfiance… d'autant qu'à Venise elle disparaît, au même moment, un de leurs alliés est assassiné. Coïncidence ? Mais comment Brav peut-il savoir qui sont vraiment ses alliés ? L'aide de Jordan, son ami d'enfance et collègue, et de sa mère Camille est-elle si désintéressée ? Dans ce jeu de piste savant, entre Europe et Moyen Orient, un insoutenable climat de paranoïa s'installe…


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Essais, documents, biographies


Mai

Pierre Achard
Les derniers jours du rock'n roll

Document
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Après avoir débuté dans les années 70 comme critique de cinéma, Pierre Achard est, depuis 25 ans, journaliste, animateur et directeur artistique à la SACEM. Longtemps rédacteur en chef du magazine professionnel Notes, biographe de nombreux paroliers, artistes et musiciens, il est un grand observateur de la vie musicale française. Le cinéma et la chanson sont ses deux passions, entre rive gauche et Côte Ouest : un enfant du rock et du cinémascope. Il a publié en 2007 Boulevard des crépuscules (Grasset), salué par la presse comme un grand livre.

Ce livre raconte l'histoire d'hommes (et de quelques femmes) avec des guitares, des voitures de sport, des micros, des cuirs, des chaînes, des amplis et autre seringues qui leur faisaient franchir le mur du son et ruer dans les décors… Sorties de route ou tombées du ciel, quand on ne s'y envoyait pas d'une ligne ou d'un rail : le temps des comètes.
C'est l'histoire de quelques générations (au sens où l'entendirent les " Who "), pressées d'en finir avant que de vieillir qui prirent la route du rock, du succès et presque aussitôt de la postérité : morts à vingt dans les années 60, à vingt-sept dans les années 70, à peine le temps de se faire un prénom : Buddy, Eddie, Ritchie, Rickyn Jimi, Jim, Tim, Janis, Otis, Elvis, Vince, Marvin, Freddie and co, tout le gotha de nos discothèques jusqu'à Kurt Cobain et son précoce Nirvana.
Et puis aussi les demi-dieux : les derniers jours de Morrison à Paris, le traquenard de John Lennon au Dakota, la véritable mort d'Elvis, seul au sommet de son Hilton infernal, le jour où Marvin Gaye père, tua… Marvin Gaye fils, le jour où l'avion d'Otis Reading imita celui de Buddy Holly et piqua du nez vers le Never More… Et puis tous les autres, dont les noms sont aussi méconnus ou oubliés que les succès ou les visages sont célèbres.
Au fond, ce livre est l'histoire d'une route, qu'on pourrait appeler… 666, qu'empruntent depuis 50 ans des jeunes gens énervés et pressés de nous raconter que la vie est courte, sauvage et folle comme un bon vieux rock - deux minutes 30 de frisson - et qu'il faut en vivre chaque seconde comme si elle était la dernière…

Serge Michel et Michel Beuret
Photos de Paolo Woods
La Chinafrique
Pékin à la conquête du continent noir

Document
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Par centaines de milliers, obéissant au mot d'ordre " Sortez ! " de Hu Jintao, les Chinois se ruent vers l'Afrique. Pour le pire parfois, pour le meilleur aussi. En échange de matières premières dont le continent noir regorge (pétrole, gaz, métaux, uranium, bois, poissons), l'Empire du Milieu développe l'Afrique et l'intègre dans la mondialisation. Pékin séduit de nombreux dictateurs - en ne posant aucune condition - avec des produits bon marché, drogue à forte accoutumance dans les pays pauvres jusque-là dépendants des produits occidentaux. Mais de nouvelles dépendances guettent déjà.
Grâce à Pékin, l'Afrique, jadis victime de l'afro pessimisme, vit un boum économique sans précédent. Pour la première fois, l'Afrique a le choix. Les Occidentaux, qui l'avaient laissé tomber, veulent y revenir. Seulement voilà, la place est souvent prise et des conflits se préparent…
Qui sont ces aventuriers Chinois ? Dans quels pays vont-ils ? Pour y faire quoi ? Quel est le secret de leur succès ? Comment se passe la rencontre de ces deux mondes si différents ? Et avec quelles conséquences sur les droits de l'homme et l'environnement ? Et quelle place pour les Européens, les Français en particuliers ?
Pour répondre à ces questions, les auteurs ont parcouru quinze pays, sillonnant tout le continent à la rencontre de cette " Chinafrique ", des forêts ratiboisées du Congo aux rivages venimeux du Nigeria, des sables militairement mouvants du Niger aux pipelines du Soudan, des souvenirs d'Egypte made in China aux restaurants gastronomiques de Douala, des campagnes misérables de la Chine à ce continent mystérieux qu'est l'Afrique pour les nouveaux aventuriers.

Evelyne Bloch-Dano
La fabuleuse histoire des légumes

Essai
Evelyne Bloch-Dano, agrégée de lettres modernes, journaliste au Magasine littéraire et à Marie-Claire, est l'auteur, chez Grasset, de Madame Zola (1998, Grand Prix des lectrices de Elle, 30 000 exemplaires vendus), de Madame Proust (2004, Prix Renaudot essai, 30.000 exemplaires vendus), de Flora Tristan (2001, Prix François Billetdoux de la SCAM) et de La Biographe (2007).

" Evelyne Bloch-Dano est donc biographe. Pour ses biographies explicites, bien sûr, ou bien encore quand elle s'essaie au " roman " dans lequel, une fois de plus, elle se fait biographe de son père, de sa mère, d'elle-même évidemment, mais tout autant de Romy Schneider en double, en ombre, en simulacres (au sens épicurien) de ses parents. Comment dès lors échapper à son destin de biographe ? Autrement dit : comment éviter de rencontrer sa vie en s'occupant de celle des autres ?
La feuille de route ? Montrer, comme sait le faire une biographe, comment on devient ce que l'on est - quand on est un petit pois, un haricot, un topinambour… Autrement dit : montrer que le légume dispose d'une aura symbolique plus large que sa pure et simple valeur calorique ou marchande. Ou bien : qu'il n'y a pas que le génétique (de Mandel) dans la vie, mais aussi la poétique (bachelardienne)… Raconter l'odyssée, le destin d'un légume, à chaque fois unique mais toujours différent, une variation sur le Même (La tomate en général dans le ciel des idées platoniciennes…) et l'Autre (Ces tomates en particulier cuisinées ce jour-là)…
Raconter cette aventure c'est entrer dans l'Histoire Universelle en empruntant la porte du potager. Ce qui signifie qu'on salue d'abord le jardinier, et qu'on rencontre ensuite Hegel dans les planches de petit pois… Car le légume le plus modeste ramasse en lui l'aventure du monde. Quand on mange un légume, c'est donc l'histoire du monde qu'on (s')incorpore. A charge pour la biographe de nous dire quand, comment, de quelle manière. D'où le recours d'Evelyne Bloch-Dano à une multiplicité de disciplines : littérature, histoire des beaux-arts, de la musique, poésie, cinéma, histoire, préhistoire, géographie, géologie, géomorphologie, climatologie, génétique, horticulture, théorie du jardin. "

Marc Lambron
Eh bien, dansez maintenant…

Essai
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Critique littéraire au Point, chroniqueur à Madame Figaro, Marc Lambron est l'auteur chez Grasset de plusieurs romans : 1941 (1997), Etrangers dans la nuit (2001), Les Menteurs (2004), Une saison sur la terre, Carnet de Bal, 2 (2003). Il a publié avec succès Mignonne, allons voir… en 2006.

Marc Lambron nous a livré l'année dernière le premier volume de ses modernes " Mythologies " de sémillant sémiologue de la France politique contemporaine avec " Mignonne allons voir... " Un regard, un ton, un style : un écrivain de talent s'empare de la chose politique. Eh bien, dansez maintenant… est le deuxième volet des " Mythologies " lambroniennes. Le premier était centré essentiellement sur Ségolène Royal, le second l'est surtout sur Nicolas Sarkozy, même s'il s'agit toujours au fond de la même interrogation sur les symptômes de la névrose obsessionnelle française.
Tressage fin de choses vues et de considérations lumineuses (notamment sur les " quatre piliers " du pouvoir sarkozien et toutes leurs combinatoires possibles), le livre balaie une période qui va du 5 avril 2004 (date d'un " dîner de têtes " au Ministère des Finances) à fin mars 2008 (incluant les ajustement d'après-municipales), en passant par un étrange dîner de la Revue des Deux Mondes, un déjeuner en tête-à-tête entre l'auteur et Ségolène Royal après parution de son livre sur elle, des considérations sur l'état du PS, un dialogue imaginaire avec " Jean Evrard " de Neuilly sur Seine (ou comment éviter que le Neuf-Trois ne déborde sur le Neuf-Deux)...

Eliane Victor
Profession femme

Document
Eliane Victor a été l'une des premières femmes parmi les journalistes de la télévision, aux côtés de Pierre Lazareff et de Pierre Desgraupes à Cinq colonnes à la une, puis productrice de l'émission Les femmes aussi, avant de rejoindre la presse écrite, entre autres, à la tête de l'hebdomadaire Elle. Elle vit à Paris dans le 8ème arrondissement.

Comme nous le rappellent certaines pionnières du féminisme, telles Benoîte Groult ou Françoise Giroud, souvent citées ici, être une femme et travailler n'a pas toujours été une évidence. Eliane Victor est une exception : sans doute l'une des premières " super-women ", bien malgré elle, à composer avec un métier de journaliste exigeant, une vie de famille avec quatre enfants, et les hommes célèbres (ou pas) qui l'accompagnèrent.
Mariée en 1936, à l'âge de dix-sept ans, avec l'un des héritiers de la haute société protestante, Alain Pieyre de Mandiargues (le frère de l'écrivain), cette jolie jeune femme ne sait pas encore qu'elle voudra divorcer, chose impensable alors. Descendant d'un traîneau pendant les vacances de l'hiver 1938, c'est l'explorateur Paul-Emile Victor qui vient la ravir à une vie de conventions. Entre deux expéditions polaires, et quelques conférences, Eliane apprend qu'une femme doit conquérir son indépendance : affective, financière, familiale. C'est Hélène Lazareff, alors aux côtés du tout-puissant patron de presse Pierre Lazareff, qui lui fait écrire son premier article : un reportage sur l'opération rarissime à cœur ouvert de son fils Jean-Christophe aux Etats-Unis. Des coulisses de la presse féminine aux amitiés avec Beauvoir, Sartre, Henri Matisse, ou Françoise Giroud, d'une émission culte du féminisme comme Les femmes aussi (1964) à sa passion pour Claude Lanzmann, de la direction de Elle à la fièvre de Bayreuth, Eliane Victor c'est une vie trépidante, passionnée : toujours et encore en mouvement.
Pour la première fois, elle s'arrête et regarde le monde qu'elle a traversé, en première de cordée.



Juin

Brett Kahr
Le livre des fantasmes

Essai
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Traduit de l'anglais par Pierre Demarty
Brett Kahr est psychothérapeute et exerce dans différentes institutions cliniques à Londres. Biographe du pionnier de la pédopsychiatrie Donald Winnicott, il est également le consultant permanent de la BBC pour les questions psychologiques. Le livre des fantasmes, best-seller international, est son premier ouvrage publié en France.

Ce livre est le fruit de la plus vaste enquête jamais réalisée sur l'un des plus grands tabous de notre époque soi-disant libérée : les fantasmes. Pendant cinq ans, le Dr. Brett Kahr, spécialiste des questions psychologiques et sexuelles depuis plus de vingt ans, a interrogé près de 20000 de ses compatriotes, qui lui ont dévoilé leurs fantasmes en toute franchise.
S'appuyant sur la méthodologie scientifique et statistique la plus rigoureuse, cette étude donne largement la parole aux témoins eux-mêmes, qui racontent leur vie sexuelle mentale, laquelle n'a souvent rien à voir avec la réalité. Qu'il s'agisse d'un jeune trader londonien incapable de jouir à moins de regarder le DVD d'un match de boxe entre deux jeunes Allemandes, d'une bonne mère de famille rêvant de se faire violer par son propre fils, ou encore d'un grand patron obsédé par l'idée de se faire fouetter au cours d'une orgie romaine, les récits consignés par Brett Kahr révèlent avant tout que le plus puissant organe sexuel de l'humain, c'est le cerveau.
Tout le monde fantasme. Tout le monde, à tout moment de la journée, a l'esprit occupé par des images sexuelles et des désirs inassouvis, inavoués et souvent inavouables. Mais à quoi servent ces fantasmes ? Si ce livre dresse le panorama quasi exhaustif de nos passions dans toute leur diversité, leur inventivité, leur crudité mais aussi leur drôlerie, il répond surtout aux questions cruciales auxquelles nous confronte notre vie sexuelle mentale. Souvent, en effet, ces fantasmes sont source d'angoisse et de détresse, parfois même de grande douleur psychologique ; et très souvent, cette " sexualité secrète ", dont nous avons tant de mal à expliquer l'origine, nous permet de conjurer de graves traumatismes d'enfance. Brett Kahr démontre ainsi que nos fantasmes peuvent nous hanter et nous plonger dans la culpabilité, mais qu'ils jouent aussi un rôle essentiel dans notre équilibre psychique.


Isabelle Autissier et Lionel Daudet
Versant océan
L'île du bout du monde

Document
Isabelle Autissier, 51 ans, skipper confirmé. A participé à quatre tours du monde à la voile et passé cinq fois le cap Horn. Alimente tous les dimanches une chronique sur France Inter. A écrit plusieurs ouvrages dont Salut au grand Sud avec Erik Orsenna et Kerguelen, chez Grasset.
Lionel Daudet, 39 ans, alpiniste reconnu. Auteur de nombreuses premières dans les Alpes. Familier des Rocheuses, des Andes et de bien d'autres montagnes de par le monde. Auteur d'un premier livre, La Montagne intérieure, chez Grasset.

Non, la mer et la montagne ne sont pas contradictoires. La preuve : ce livre écrit à quatre mains par une navigatrice au long cours (Isabelle Autissier) et un alpiniste polyvalent (Lionel Daudet). Leur but ? Partir à la découverte de la Géorgie du Sud, petite île deux fois moins étendue que la Corse, située aux confins du monde et aux marges de l'Antarctique. Une oasis de pureté, hérissée de montagnes essentielles, recouverte de glaciers par dizaines et peuplée d'une faune - manchots, albatros, otaries, éléphants de mer - prolifique.
Trois mois durant, grâce à un bateau en aluminium de 15 mètres, des skis et des traîneaux, secondés par quatre autres compagnons (deux autres grimpeurs et deux autres marins), Isabelle Autissier et Lionel Daudet ne se sont pas contentés de circonscrire un sanctuaire d'exception, ils ont arpenté ses territoires les plus méconnus, fréquenté ses côtes les plus inaccessibles et conquis ses sommets les plus impressionnants.
Ils ont surtout marié leurs contraires, échangé leurs certitudes et lancé d'infinies passerelles entre deux spécialités (la mer et la montagne) beaucoup moins antinomiques qu'on ne veut bien le dire. Ensemble, ils ont réfléchi au devenir de l'aventure, à la santé de nos océans, au futur de notre planète. Ce livre est agrémenté de nombreuses cartes et photographies (in-texte).

Barack OBAMA
De la Race en Amérique


Barack Obama, né en 1961, est sénateur de l'Illinois. Il est candidat à l'investiture pour le Parti démocrate à l'élection présidentielle américaine.

Le 18 mars 2008, Barack Obama a prononcé à Philadelphie un discours historique, immédiatement reconnu, à droite autant qu'à gauche, comme l'égal de celui de Martin Luther King, le célèbre " J'ai fait un rêve... ". Tout le contraire d'un discours politicien, De la race en Amérique est une réflexion qui dépasse les seules problématiques américaines et peut s'appliquer à bien des sociétés modernes - notamment la France et ses banlieues.


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Mondes vécus


Juin

Justine Lacroix
La pensée française à l'épreuve de l'Europe
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Collection dirigée par Patrick Savidan
Justine Lacroix est professeur de sciences politiques à l'université libre de Bruxelles. Elle est l'auteur de quatre ouvrages, dont récemment L'Europe en procès. Quel patriotisme au-delà des nationalismes ? (Editions du Cerf, 2004).

Depuis les deux campagnes référendaires de 1992 et de 2005, la construction européenne fait débat dans la pensée politique française. Mais ces polémiques sont au moins autant des discussions sur la nature d'une forme politique que sur l'objet européen en tant que tel. Plus précisément, c'est la question du lieu - au sens d'un territoire délimité par des frontières définies - qui est désormais au cœur de l'interrogation française sur la légitimité de l'intégration européenne. Avec ce paradoxe qui voit les uns fustiger une " Europe sans corps ", qui serait incapable de circonscrire son ambition à un territoire défini, et les autres dénoncer une " Europe forteresse ", qui consoliderait le principe de clôture instauré par l'Etat-nation.
A l'arrière plan de cette question des frontières, on voit se dessiner une controverse plus fondamentale encore sur la signification à donner aux droits au sein d'un ensemble démocratique - que l'Europe soit perçue comme le symptôme d'une " religion du droit " qui minerait aujourd'hui la démocratie ou, au contraire, dénoncée pour son incapacité à rendre effectifs des droits de l'homme dont, pourtant, elle ne cesse de se réclamer.


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Petite collection blanche


Juin

Philippe Riès
L'Europe malade de la démocratie
Essai
Philippe Riès est l'auteur, chez Grasset, de Cette crise qui vient d'Asie (1998) ; avec Carlos Ghosn de Citoyen du monde (2003) ; et avec Philippe Jaffré de Le Jour où la France a fait faillite (2006).

C'est devenu un postulat, une de ces vérités d'évidence que seuls des esprits dérangés oseraient contester : le projet d'intégration européenne est gravement menacé par un déficit démocratique, une perte de légitimité, le désenchantement des opinions publiques. A cette nouvelle manifestation de la " pensée unique ", ce livre veut opposer un diagnostic radicalement différent : le projet européen est victime d'une overdose de démocratie, et de la plus mauvaise qualité qui soit…
La construction d'une Europe unifiée, pacifiée et prospère, la plus formidable aventure humaine de la seconde moitié du 20ème siècle, est aujourd'hui gravement ébranlée par le triomphe de cette démocratie d'opinion, où les intérêts particuliers s'imposent systématiquement à l'intérêt général, où la gestion à court terme aveugle la vision à long terme, où le clientélisme et le corporatisme se drapent dans l'étendard de la " légitimité " du mandat électif.
Le projet européen, de Jean Monnet à Jacques Delors, a toujours été porté par une petite élite éclairée, et son modèle institutionnel conçu pour le mettre à l'abri des populistes et des démagogues. La vraie menace pour le projet européen, c'est la remise en cause de ce modèle sous la poussée des égoïsmes nationaux et des calculs à courte vue.
De la directive Bolkestein à " l'euro cher " en passant par la politique agricole commune, Philippe Riès tire de ces quatre années de journalisme à Bruxelles un constat alarmant. Avant que la présidence de l'Union Européenne ne revienne à la France le 1er juillet 2008…


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Les Cahiers Rouges


Mai

Ambrose Bierce
Morts violentes
Roman
Lire le premier chapitre
Né le 24 juin 1842 dans l'Ohio au sein d'une famille de paysans pauvres, Ambrose Bierce s'enfuit de chez lui à quinze ans et devient grouillot dans un journal. Lorsque éclate la guerre de Sécession, il s'engage aux côtés de l'Union dans le 9e régiment de l'Indiana. En 1867, ayant été gravement blessé, il démissionne de l'armée et opte pour le journalisme. Les contes qu'il publie régulièrement ont un grand succès. Sa vie personnelle, elle, est dramatique (un de ses fils se suicide). Il part pour le Mexique en pleine guerre civile. On perd sa trace en 1913.

Dans Morts violentes, il n'y a pas de fantômes ou de phénomènes anormaux, mais une exploration clinique de la réalité la plus crue, dont l'issue est l'insoutenable horreur de la mort. A travers les cauchemars de la guerre de Sécession, qui valent bien ceux d'Edgar Poe, Bierce porte la short story à son plus haut degré de perfection et s'affirme comme l'un des précurseurs de la littérature américaine du XX° siècle.

Jean de la Ville de Mirmont
L'Horizon chimérique

Jean de La Ville de Mirmont (1886-1914), inconnu du grand public, est une figure mythique de la littérature française. Son nom se transmet comme un talisman depuis bientôt cent ans.

L'œuvre de Jean de La Ville de Mirmont, tué au front le 28 novembre 1914 à l'âge de 27 ans, se compose d'un court roman, Les Dimanches de Jean Dézert, de contes et de poèmes publiés après sa mort, sous le titre de L'Horizon chimérique.
Né à Bordeaux en 1886, Jean de la Ville de Mirmont a passé sa jeunesse dans la capitale girondine. Il y a noué maintes amitiés fidèles, dont celle de François Mauriac qui a tout fait pour perpétuer son souvenir. Dans ses Nouveaux Mémoires intérieurs, il évoque " les amis qu'il a le plus aimés, presque tous partis à l'aurore de leur vie. Comment était leur voix ? Peut-on réentendre ces voix du temps que la cire ne les gardait pas ? Cet accent qui était le leur, un certain rire de ce Philippe, de ce Jean… " Ce Jean, Jean de la Ville, était poète. Avant de partir pour le front, il avait laissé sur son bureau un dernier poème, " Le Grand Voyage " : " Cette fois mon cœur, c'est le grand voyage, / Nous ne savons pas quand nous reviendrons. " Il n'est pas revenu. La littérature française était orpheline d'un grand talent.
Les Dimanches de Jean Dézert, la seule œuvre publiée de son vivant, est l'histoire du désenchantement. Jean Dézert est un employé de ministère qui " considère la vie comme une salle d'attente pour voyageurs de troisième classe. " Il n'arrive ni à atteindre le bonheur ni à se suicider. Il vit, comme tout un chacun. C'est un livre d'une modernité étonnante. On retrouve cette ironie désabusée dans des contes comme " Le piano droit ", tandis que les poèmes de L'Horizon chimérique, également recueillis dans ce volume, sont plein d'une mélancolie baudelairienne.

Curzio Malaparte
Technique du coup d'Etat
L'homme que l'on connaît sous le nom de Curzio Malaparte se nommait en réalité Kurt Erich Suckert, né d'un père allemand le 9 juin 1898 à Prato, en Toscane. Elevé chez des paysans toscans, il fugue et s'enrôle à seize ans dans l'armée française. Ses exploits lui valent la croix de guerre avec palme. Séduit par le courage militaire et le socialisme de Mussolini, il s'inscrit au parti fasciste en 1922, pour rompre en 1931. A Paris, sur l'invitation de Daniel Halévy, le fondateur des " Cahiers verts ", il publie Technique du coup d'Etat (1931). Rentrant en Italie, il est aussitôt jeté en prison, puis condamné à cinq ans de résidence forcée aux îles Lipari. Après la deuxième guerre mondiale, il publie les célèbres Kaputt en 1944 et La Peau en 1947. Il meurt en 1957.

Comment on s'empare d'un Etat moderne et comment on le défend : à l'aide d'exemples pris dans l'histoire (le 18 Brumaire de Bonaparte) ou dans l'actualité plus proche (le coup d'Etat bolchévique de 1917, la marche sur Rome de Mussolini, l'inexorable montée de Hitler), Malaparte analyse les diverses méthodes d'insurrection moderne. Le Duce lui fit payer la justesse de ses réflexions de plusieurs mois de prison et de cinq ans d'assignation à résidence…
A sa sortie en 1931, Technique du coup d'Etat fut salué dans le monde entier comme un " traité de l'art de défendre la liberté ". La fiévreuse clarté de ses théories tactiques, l'art du portrait et la finesse psychologique de l'auteur appliqués au personnel politique et militaire n'ont pas vieilli. Et font de ce livre un classique.

Mary Webb
Sarn
Mary Webb est née dans le Shropshire (Angleterre) en 1881. Du côté de sa mère, elle est apparentée à Walter Scott. C'est en France qu'elle fut reconnue d'abord, obtenant le prix Femina en 1924. En Angleterre, c'est l'insuccès le plus total. Elle meurt en 1927. C'est après sa mort que ses romans seront acclamés, en tout premier lieu son chef-d'œuvre, Sarn.

Sarn est le nom d'un étang, d'une ferme, d'une famille, dans une province reculée de l'Angleterre où les superstitions ancestrales, la sorcellerie ont plus de présence que la réalité des guerres napoléoniennes.
A travers l'histoire de Gédéon Sarn, ambitieux et cupide, et de sa sœur, la douce Prue que défigure un bec-de-lièvre, ce roman plein de bruit et de fureur, d'incendies, de poisons, d'enfants abandonnés, est une fable morale où l'ordre triomphe du désordre, où l'amour universel l'emporte sur la passion égoïste.


Juin

Maurice Maeterlinck
Le trésor des humbles
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Maurice Maeterlinck (1862-1949) est né à Gand. Poète, dramaturge et essayiste, il a obtenu le prix Nobel de littérature en 1911. Son influence considérable sur la poésie et le théâtre moderne (Pelléas et Mélisande, 1892) ne s'est jamais démentie.

Le Trésor des humbles, paru en 1896, marque la fin de la période héroïque du symbolisme, dix ans après le " Manifeste " de la nouvelle école ; c'est l'année de la mort de Verlaine. Cette année marque aussi une rupture dans l'œuvre de Maeterlinck. Après le radicalisme de ses premiers drames qu'il qualifiait de "théâtre statique ", il abandonne l'avant-garde et se consacre à une œuvre plus accessible. Ce n'est plus le poète décadent de Serres chaudes (1889) ni le dramaturge de l'inquiétude et de la mort qui provoquait la sortie en pleine représentation d'un public terrifié, mais un mystique sans religion, un dilettante de l'occulte qui s'essaie à un genre, l'essai, où il peut manier les idées que le théâtre et la poésie lui avaient jusqu'ici défendues.
Ces grands sujets, Maeterlinck les aborde en écrivain. S'il parle des religions, c'est pour montrer qu'elles tendent toutes vers un même but. S'il parle de philosophie, c'est pour la ramener à quelques principes fondamentaux. Il est hanté par la suggestion, le non-dit, l'occulte.
Maeterlinck est belge, et, toute sa vie, il a entretenu des rapports tendus avec la culture et la langue françaises. Né à Gand en 1862, il entame une carrière de juriste, plaidant en français (à l'époque, langue officielle du système légal) pour les Flamands qui ne le parlaient pas. Très tôt, il commence à écrire des contes et des poèmes où il essaie de fusionner la saveur flamande et la langue française. Dans son essai sur Novalis, il cherche à faire valoir quelque chose d'étranger à la pensée française : la tradition " germanique ". Ce n'est pas une tradition de clarté intellectuelle, de logique, et elle ne s'exprime pas en un langage limpide et transparent. Maeterlinck souhaite même aller à rebours du " génie de la langue française ", et dans son essai sur Ruysbroeck il glorifie les outrances verbales du flamand, ses pensées fiévreuses, sa " syntaxe tétanique ". Ce que Maeterlinck prise surtout chez ses auteurs préférés, comme encore Shakespeare, c'est ce qu'on pourrait nommer leur obscurité lumineuse.
Pourtant, sa prose est régulière, classique, équilibrée. Paul Léautaud disait qu'il était le seul des symbolistes belges à savoir bien écrire en français. C'est même tout simplement, un grand écrivain.

Marguerite Audoux
Marie-Claire suivi de L'atelier de Marie-Claire
Née à Sancoins, dans le Berry, en 1863, Marguerite Audoux se nommait en réalité Don Quichotte, patronyme attribué par un employé facétieux de l'Assistance publique à son père qui était un enfant trouvé. Marguerite n'a que trois ans quand sa mère meurt de tuberculose. Quelques mois plus tard, son père s'enfuit, abandonnant Marguerite et sa sœur aînée, Madeleine. Les deux filles sont placées dans un orphelinat religieux. En 1877, à moins de quatorze ans et alors qu'elle en paraît à peine dix, Marguerite est " louée " en qualité de bergère à un fermier de Sainte-Montaine, dans le Cher. C'est le sujet de Marie-Claire. Devenue un écrivain reconnu (son meilleur ami se nomme Charles-Louis Philippe, l'auteur de Bubu de Montparnasse), elle obtient le prix Femina en 1910. L'Atelier de Marie-Claire paraît en 1920. Elle meurt en 1937.

Marie-Claire
Une enfance de bergère orpheline, en Sologne, au début de la III° République… Le petit peuple prend la parole, servi par la sincérité, la simplicité de l'auteur. Une émotion inoubliable.

L'Atelier de Marie-Claire
En 1920, dix ans après le triomphe de Marie-Claire, Marguerite Audoux donnait une suite à son roman. L'Atelier de Marie-Claire dépeint la vie quotidienne de la bergère solognote, devenue adolescente et montée à Paris pour apprendre le métier de couturière. La solitude, la misère, le mal y sont évoqués avec la même bouleversante économie de moyens que dans Marie-Claire. Marguerite Audoux prend, ici, la parole au nom du prolétariat des villes, après l'avoir prise au nom de celui des campagnes. La guerre de 1914-1918 ayant changé les mentalités et la mode s'étant détournée de l'auteur, ce deuxième roman n'obtint pas le succès du premier. On sait, aujourd'hui, que " l'Atelier de Marie-Claire " est un chef-d'œuvre au même titre que Marie-Claire, et qu'il en est indissociable.

Pour la première fois, nous rassemblons ces deux livres en un seul volume.

 




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