Nouveautés Grasset

Mai - Juin
2009

Littérature française | Théâtre | Lectures et Aventures
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Mondes vécus
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Littérature Française


Mai


François Baudot
L'art d'être pauvre
roman

Né le 30 janvier 1949 à Paris, François Baudot a été conseiller de la rédaction du magazine Elle pendant 25 ans. Il est l'auteur d'une vingtaine de livres d'art dans les domaines de la mode, du design et des arts décoratifs, publiés chez divers éditeurs. Il vit à Paris.

" Si j'ai bonne mémoire, je suis né en 1950. Sans que personne ne me demande mon avis. L'ai-je jamais pardonné à mes parents ? Vendange tardive, l'accouplement entre une décoratrice mondaine et un orphelin déglingué, rescapé des camps, dérangeait. Mère chérie était réactionnaire et fortunée, mon géniteur bohème et communiste. Dans le Saint-Germain existentialiste, une vieille sorcière, le transformera en brocanteur fantasque. Tout Paris l'a adoré.
Mon premier cri fut celui de l'horreur. Comprenez-moi. J'étais le premier mâle de la famille depuis 1908. On répétait, : il sera l'héritier. J'attendais donc la mort de mes parents. Elle ne s'est pas fait attendre. Enfin seul, libre, heureux comme un enfant triste, j'ai constaté que de notre fortune, minée par des placements catastrophiques, il ne restait plus rien. Mais rien, pour un adolescent, c'est déjà quelque chose. Ainsi ai-je commencé à cultiver L'art d'être pauvre. Enfermé au collège à sept ans, relâché à quinze, mon seul projet était d'oublier cette incarcération, en découvrant la grande vie. Préambule à ma course aux plaisirs, j'ai perdu mon pucelage avec une aristochatte. Elle tomba enceinte. J'ai alors essayé les garçons. Et bien, l'un dans l'autre, chaque côté à son charme.
A New York j'ai parfait mon éducation de gentleman, en découvrant, dans la mouvance du Pop Art : Iggy Pop, Nico, Lou Reed, le Velvet Underground, les premiers bars cuir et surtout la factory, cœur vivant d'une avant-garde mondiale. J'avais seize ans, les yeux fardés mais grands ouverts. J'ai vécu trois mois avec un ange blond, dont le jumeau était l'amant de Warhol. Ainsi, Andy a été pendant trois mois ma belle sœur. Mais quand j'ai compris que la morphine devenait ma femme, j'ai regagné Paris où m'attendaient d'autres filles, d'autres garçons transgressifs, le café de Flore, la cocaïne, les derniers bals du siècle, la révolution Gay, l'explosion de la Disco et des clubs où se côtoyaient jet-set, travestis, créateurs, couturiers, mannequins, gigolos : cette fièvre de plaisir a trouvé son point d'ancrage avec l'ouverture du théâtre le Palace, le plus grand music-hall du monde. Les rencontres y étaient sans lendemain, le bonheur pour toujours, mais surtout pour tout de suite. Le Palace en faillite, la mode devenue business, la fête était finie ! Alors, on est tous rentrés travailler, conquérir notre territoire et le défendre âprement contre une nouvelle génération. Loin de nous en vouloir, la pauvre nous envie. Moralité : mieux vaut gâcher sa jeunesse, plutôt que de n'en rien faire ? "


Philippe Grimbert
La mauvaise rencontre
roman
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Philippe Grimbert est psychanalyste. Il a précédemment publié trois essais, Psychanalyse de la chanson (Les Belles Lettres 1996), Pas de fumée sans Freud (Armand Colin 1999, Hachette Littérature 2001) et Chantons sous la psy (Hachette Littérature 2002) ; et deux romans parus chez Grasset, La Petite robe de Paul et Un secret.

Loup, le narrateur de La Mauvaise rencontre, va connaître ses premiers émois et ses premiers deuils aux côtés des trois personnages à qui ce livre est dédié : la tendre Nina et la fantasque Gaby, les " deux " mères qu'il s'est choisies, et Mando, l'ami de cœur, avec qui, depuis la petite enfance, il a tout partagé.
C'est seulement à la conclusion de cette histoire que Loup comprendra les ressorts cachés du sentiment que lui vouait ce compagnon de tous les moments importants de sa vie. La révélation des abîmes que cette amitié recouvrait fera vaciller son existence. Il connaîtra la blessure inguérissable des promesses non tenues : cette lourde chaîne qui, à jamais, nous attache à nos fantômes.

Michel Le Bris
Nous ne sommes pas d'ici
Autobiographie
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Né en Bretagne en 1944, romancier, essayiste, jadis éditeur, il est l'auteur de plusieurs livres chez Grasset dont L'homme aux semelles de vent (1977), et La Beauté du Monde (2008), finaliste du Goncourt, vendu à plus de 30.000 exemplaires, et chez Gallimard d'un collectif Pour une littérature-monde (2007).

D'où vient l'énergie de Michel Le Bris ? Celle qui lui permet de créer le festival Etonnants Voyageurs à Saint Malo et de le projeter aux Etats-Unis, en Haïti, à Sarajevo, à Dublin, à Bamako, à Haïfa, tout en multipliant les collections pour dire l'urgence d'une " littérature-monde " et lancer le mouvement des " écrivains-voyageurs ", d'écrire essais, récits de voyage et romans, d'avoir été à la fois ancien élève d'HEC et directeur de La Cause du Peuple, créateur avec Jean-Paul Sartre de la collection La France Sauvage, cofondateur de Libération et grand amateur de jazz, d'arpenter les paysages et les pages de Stevenson, de proposer une théorie nouvelle du romantisme allemand, en goûtant la contradiction qu'il y aurait à aimer tout ensemble Novalis et Chandler, Robinson Crusoé et Jean-Paul Sartre, Jack London et Nicolas Bouvier (dont il aura été l'éditeur), Malraux et Chester Himes, le grand large et l'asphalte, la Bretagne granitique et le New York des époux Johnson dans La Beauté du Monde ? D'être né en Bretagne, répond-il, dans l'émerveillement du poème du monde - et d'y avoir été, aussi, cet enfant pauvre d'une mère employée chez le chatelain local, qui rêvait de l'ailleurs et allait prendre sa revanche. Mais une revanche littéraire.
Nous ne sommes pas d'ici est à la fois l'autobiographie au long cours de Michel Le Bris et l'aventure d'une pensée en mouvement, dessinant peu à peu les contours d'une métaphysique de l'imagination créatrice : nous y traversons la Bretagne tout à la fois refuge et invite au voyage, dans les vagues de la baie de Morlaix ; la France d'un Mai 68 enchanté, " où l'on prenait la parole comme on prenait la Bastille " selon Maurice Clavel, son ami, jusqu'à se heurter au réel qui le mène à faire huit mois de prison ! Et par dessus tout, qui anime chaque page, l'amour fou de la littérature, perçue comme approche de l'indicible, le pari obstiné sur la capacité de création qui brûle en chacun de nous à partir de laquelle, seule, peut se refonder une espérance. Un parcours, un engagement, un regard.

Claire Legendre
L'écorchée vive
roman
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Claire Legendre est née à Nice en 1979. Elle est l'auteur de plusieurs romans : Making-Of, (HC, 1998), Viande (Grasset, 1999), Matricule (Grasset, 2003), La Méthode Stanislavski (Grasset, 2006) et de nouvelles : Le Crépuscule de Barbe-Bleue (Grasset, 2002), Photobiographies (textimages, co-écrit avec J. Bonnetto, HC 2007). Elle a été pensionnaire à la Villa Médicis et Lauréate de la Fondation Jean-Luc Lagardère. Elle vit actuellement à Prague.

Barbara est une jeune fille d'aujourd'hui, froide, un peu lisse. Graphiste dans une petite entreprise, elle vit avec un jeune homme qui lui ressemble, François. Barbara est sportive et mince, presque belle, mais comme absente de la vie. Elle ne connaît ni la joie ni le désir. Un matin, elle reçoit une enveloppe anonyme : pas une lettre, mais une vieille photographie de classe, une vingtaine d'enfants qui sourient, debout sur des chaises. Le visage de Barbara a été découpé.
Cette photo la tétanise. Quelqu'un lui adresse du passé son visage d'enfant découpé ? Menace ? Provocation ? Attentat. Barbara veut comprendre. Elle questionne sa mère, qu'elle ne voyait presque plus. Elle pense au psychiatre qui l'a longtemps suivie. Elle essaie de jouer le jeu, de continuer d'aller au travail, de faire l'amour à son compagnon, mais elle ne dort plus.
C'est que la jeune fille au visage lisse, enfermée dans son joli corps, a un secret. Faut-il le révéler ici ? Disons que Barbara a croisé, pendant des années, un bébé, puis une petite fille, puis une très jeune enfant au visage atrocement défiguré. Un monstre qui ne peut pas jouer au bac à sable, qui fait fuir les enfants, les parents, les maîtres, les petits amis. Un monstre à cœur blessé que nul ne peut supporter. Et si la science a permis l'effacement de ces traits, l'horreur est toujours là, invisible, fondatrice, dans la chair, dans ce cerveau blessé…

Nata Minor
La coquetterie du malheur
roman

Née en Russie, Nata Minor suit très tôt ses parents dans leur exil vers la France. Psychanalyste, elle est aussi traductrice (sa traduction de l'Eugène Onéguine de Pouchkine a obtenu le prix Nelly Sachs), et l'auteur de plusieurs essais et de romans comme La Partie de dames (Le Reflet, 2001) ou Le chapeau de Monsieur Freud (Grasset, 2004), la première fiction ayant Sigmund Freud pour héros.

La narratrice, une femme âgée, se promène dans un cimetière. Elle se remémore son enfance à Rome, à Paris, avec un père adoré et une mère ukrainienne un peu folle que des infirmiers sont venus chercher un jour pour l'interner. Passent aussi, dans cette valse lente de souvenirs, une grand-mère lettrée, la maîtresse du père, la crainte de la Russie soviétique, qui paraît menacer les émigrés de ses espions trop courtois. Dans le cimetière, la narratrice rencontre une femme fantasque qui lui remet un manuscrit en cyrillique…
Cette promenade dans le passé, on y entre peu à peu, comme dans un paysage sous la brume. Celle-ci s'éloigne à mesure que la réalité se précise, sous forme de souvenirs rapportés du passé par la conscience de la narratrice. On découvre par bribes la vie de cette femme qui, petite fille, aimait les parfums Guerlain et qu'on menaçait d'une vie frivole. C'est aussi, dans le style nostalgique et plein de charme de Nata Minor, un livre sur la difficulté de communiquer entre les êtres.

Yves Pourcher
Trois coupes de champagne
roman

Né en 1955, Yves Pourcher enseigne l'ethnologie à l'université de Toulouse-Le Mirail. Il est l'auteur de plusieurs livres d'histoire, et d'essais dont Les maîtres de granit, Les jours de guerre, Pierre Laval vu par sa fille, Votez tous pour moi, Politique parade, et de deux romans, Le rêveur d'étoiles et Avenue de Carthage.

En 1923, un jeune homme aux cheveux bruns et aux yeux noirs quitte sa province et débarque à Paris. Il y trouve les lumières des salons, l'ambiance des cocktails et des bals, le sourire des femmes. Trois d'entre elles l'attirent, l'entraînent, le protègent : Bettina, une belle américaine, mannequin chez Schiaparelli, Lili de Chambure et Josée Laval.
Réceptions, champs de courses, défilés de mode, dîners dans des hôtels particuliers, nuits interminables. L'hiver, il skie à Saint Moritz et séjourne l'été à Deauville, à Cannes ou à Antibes. Chez les Bourdet, les Faucigny-Lucinge, les José Maria Sert, Lucien rêve face à la mer et navigue sur les yachts des Rothschild et de Daisy Fellowes. Les robes ont pris les couleurs des fleurs, Lelong, Chanel, Balenciaga, les ont dessinées. Lucien travaille pour le magazine Vogue. Les années filent, oisives, douces. Chaque soir, l'orchestre joue : Jazz, tangos, valses, les têtes tournent.
Soudain, l'histoire s'accélère. Lucien entre au service de celui que Bettina a épousé : Gaston B., député, chef de parti, personnalité ambiguë qui oscille entre la gauche et la droite et, pour finir, passe au fascisme. Il connaît aussi un journaliste, agent secret, Jean Fontenoy, mari de la belle aviatrice, Madeleine Charnaux. Avec lui, il fume l'opium. Les lumières des années trente s'éteignent. Dernière soirée à l'ambassade de Pologne, bal rose de Philippe de Rothschild, l'été 1939 s'achève.
La guerre éclate. Paris est occupé. Pétain et Laval s'installent à Vichy. Lucien court après les lumières de la collaboration et le champagne coule encore. Sacha Guitry et Serge Lifar paradent, Cocteau passe et salue le sculpteur d'Hitler, Arno Breker. Lucien suit Gaston B., nommé ambassadeur à Moscou puis à Ankara. Il fréquente l'ambassadeur d'Allemagne, Von Papen, s'installe à Therapia, au bord du Bosphore. L'Histoire hésite : victoire ou défaite allemande ? Stalingrad retentit comme un cri. Les cartes ont changé de mains.
De retour à Paris, Gaston B. est arrêté. Lili de Chambure est morte à Ravensbrück. José de Chambrun s'enferme dans son appartement de la place du Palais Bourbon. Mais le pire reste à venir : les regrets, ceux d'une vie gâchée et de l'insupportable lâcheté. Tout, désormais, paraît faux, vide, inutile. La vie n'a plus aucun sens.

Collection " Ceci n'est pas un fait divers "
Patrick Eudeline
Rue des Martyrse
roman

Patrick Eudeline, musicien et critique rock de légende, a collaboré à Rock and Folk, Actuel, Libération, Nova et Technikart. Il est l'auteur de L'Aventure Punk (Grasset, 1977/2004), et de trois romans chez Grasset : Ce Siècle aura ta peau (Florent Massot, 1997), Dansons sous les bombes et Soucoupes violentes (Grasset, 2002 et 2004).

En 1966, la pop française explose : Jérôme, minet de 17 ans, fils de concierge et le rock dans la peau, rêve de gloire. Il traîne au Drugstore en attendant d'y voir ses disques. Mais quand il signe son premier contrat chez Vogue, c'est une reprise qu'on lui impose, une soupe mièvre et commerciale . Pas le choix ? Jérôme n'est pas Chouraqui, son double, son frère, né la cuiller en argent dans la bouche ; ni Gudule, amie bientôt amante, grandie à l'Ecole Alsacienne entre la fille Picasso et la petite Filipacchi, et dont le père, sociétaire du Français, peut ouvrir toutes les portes.
Des seventies à l'an 2000, des Champs-Élysées à Saint-Germain, de la Loco au Palace, du Fanta à la vodka et à l'héro, des premières amours au troisième sexe, du jerk au punk, des Beatles à Bowie, de Gainsbourg à Bashung, les trois gamins grandissent. Gudule ne vieillira pas : après une apparition remarquée dans un film de Rohmer, l'égérie de chez Castel se noie dans la drogue et le sexe - hard… Jérôme, miracle en devenir, dévale le temps, et perd tout. Icône des sixties kitschisé avant l'heure, petite idole disco rêvant d'underground, produit périmé du show-biz, RMiste en voie de clochardisation, il s'éclipse sans laisser d'adresse. Et Chouraqui, qui aurait tout donné pour l'une et pour l'autre, devenu producteur indépendant dans la seule idée de faire de Jérôme une rock star, reste riche et seul dans son XVIème. Quinqua divorcé, rentier bedonnant, triste, il rumine ses chers souvenirs en compagnie d'une poupée siliconée, et mange du Nutella en surfant sur Internet. Et puis un jour d'octobre 2008, Jérôme revient…

Juin

Isabelle Autissier
Seule la mer s'en souviendra
Roman
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Isabelle Autissier, 51 ans, skipper confirmé, a participé à quatre tours du monde à la voile et passé cinq fois le cap Horn. Ecrivain, elle a écrit plusieurs ouvrages dont Salut au grand Sud avec Erik Orsenna, Kerguelen, chez Grasset et Versant océan, avec Lionel Daudet.

Il s'appelle Peter March. Il est anglais et c'est un bon marin, mais surtout un inventeur de systèmes électroniques pour voiliers. En 1969, une occasion se présente à lui, à la fois de vivre la grande aventure et de prouver l'excellence de ses inventions : la première course autour du monde en solitaire et sans escale est organisée. Pour satisfaire des concurrents disparates, la règle prévoit
la liberté de départ des côtes anglaises, entre le 1er juin et le 30 septembre. Deux prix très bien dotés seront donc attribués : l'un au premier qui reviendra, l'autre au plus rapide sur le parcours.
L'angoisse saisit Peter lorsqu'il découvre une avarie grave dans la structure des flotteurs du trimaran révolutionnaire. Une escale est inévitable qui est synonyme d'abandon. Parallèlement, ce rêveur se laisse aller à penser un monde idéal, obéissant aux lois qui lui conviennent et qui lui permettrait de gagner quand même. Seul en mer, sans personne pour l'arrêter, il triche de plus en plus entre sa vraie position et la fausse. La seule issue qu'il entrevoit est de simuler une panne de radio et d'aller faire une escale secrète à Bahia Desolada en Argentine. Il repart et erre dans l'Atlantique sud en proie à un délire croissant. Pendant ce temps, trois rescapés de la course passent le cap Horn. March décide alors de refaire surface et de se positionner derrière eux, comme s'il avait réellement couru. Knox Johnston va gagner le prix du premier arrivé, Bernard Moitessier abandonne pour " raisons philosophiques ". Tetley qui se sent talonné par March, force trop et casse. March se retrouve donc en position de vainqueur. Mais le face à face avec la mer, la solitude, l'angoisse d'affronter cet énorme mensonge, le font glisser peu à peu dans la folie. Alors qu'on l'attend en héros, il se jette à l'eau, laissant deux livres de bord, le vrai et le faux…

Elvire de Brissac
Voyage imaginaire autour de
Barbe Nicole Ponsardin Veuve Cliquot
(1777 - 1866)



Elvire de Brissac, auteur notamment de A pleur-joie (Prix des Deux-Magots), Une forêt soumise, Au diable et Les Anges d'en bas (Goncourt de la nouvelle 1999) a publié O dix-neuvième (prix Femina de l'essai en 2001 et Il était une fois les Schneider (2007). Ce Voyage imaginaire est le troisième et dernier volet de cette saga familiale.

Barbe Nicole Ponsardin est née à Reims, le 16 décembre 1777. Son père, Nicolas Ponsardin, est un riche négociant qui, en 1789, devient délégué du Tiers Etat. Elle est l'aînée de trois enfants et, quand vient la Révolution, elle voit son père, coiffé d'un bonnet phrygien, planter des arbres de la liberté, tandis que sa mère se désole. La petite fille de douze ans s'amuse de ce remue-ménage et court avec son frère en sabots, dans les rues de Reims. En juin 1797, elle épouse François Clicquot, fils de Philippe Clicquot, négociant. Ce mariage se déroule la nuit, dans une cave. A vingt-sept ans, Barbe Nicole se retrouve veuve. Soudain va s'affirmer le caractère trempé de cette femme qui, délaissant les conseils apitoyés de son entourage, décide de prendre en mains ce négoce. Elle cherche de l'argent, des associés et crèe la société : " Veuve Clicquot et Compagnie ". Tandis que les principales maisons de champagne se livrent à une concurrence acharnée, Barbe Nicole s'applique à perfectionner la qualité de ses vins. Elle supervise également les ventes à l'étranger, ce qui en ces temps troublés de guerres napoléonniennes n'est pas une mince affaire. C'est au passage de la comète, en juin 1811, que Barbe Nicole empruntera l'emblème qui est la marque distincte de ses bouteilles. La maison s'appelle désormais : " Veuve Clicquot-Ponsardin " et, seule, Barbe Nicole en possède la signature. Son désir d'expansion s'accroit encore. Elle décide d'acheminer ses bouteilles par bateau. Tandis que Reims est pour la troisième fois aux mains des Prussiens, Barbe Nicole surveille chaque étape de la fabrication de son champagne, manutention, emballage, empaillage. Elle sait très bien quelle part de rêve, de fête, de paillettes, véhicule ce vin. Malgré de mauvaises années, des banquiers qui la conseillent mal, les contrefaçons, Barbe Nicole garde fermement les commandes de sa maison qui surmontera la mauvaise fortune.
Dans ce texte, Elivre de Brissac s'emploie à restituer à grands traits la trajectoire exceptionnelle d'une vie agitée par les remous de l'Histoire, remous auxquels la Veuve Clicquot a résisté grâce à une personnalité d'exception, tenace, ambitieuse et rude mais aussi fantaisiste et fleur-bleue. Passionnée par la réussite de son entreprise, cette reine-mère du champagne a su faire de son nom une des marques les plus renommées.

Arnaud Delalande
Les fables de sang
Roman
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Arnaud Delalande, trente-six ans, est scénariste et écrivain.
Il est l'auteur de plusieurs romans, Notre Dame sous la terre (Grasset, 1998), L'Eglise de Satan (Grasset, 2002) La musique des morts (Grasset, 2003). Le piège de Dante (2006) a été traduit dans dix-neuf langues.

Versailles 1774. Louis XV est mort. Longue vie à Louis XVI et à Marie-Antoinette ! Le jeune couple sera bientôt couronné et toute la Cour se prépare à la cérémonie. Mais pendant ces semaines de transitions, six meurtres atroces sont commis dans le palais et les jardins…. Un avertissement adressé au futur monarque ?
Pietro Viravolta, connu sour le nom de " l'Orchidée noire " et qui exerça ses talents à Venise, est désormais au service très spécial de sa Majesté le Roi de France.... On lui confie les missions les plus risquées. Grâce à son audace et à son flair, il a ainsi mis au jour un complot visant la jeune Autrichienne. Alors qu'un assassin verse le sang dans les allées et les alcôves, l'Orchidée noire est l'homme providentiel.
Chaque crime a été exécuté selon le même rituel, illustrant chaque fois une fable ironique du grand Jean de La Fontaine. Sur le corps dénudé de la première victime, une jeune servante dévorée par les loups, le pied tranché par un piège, Viravolta découvre la fable " Le loup et l'agneau ", recopiée dans le sang. Comme si le meurtrier invitait notre agent à un jeu épouvantable, en annonçant ses prochains crimes… Sa signature ? " Le Fabuliste ". Seul problème : ce Fabuliste a été tué par Viravolta cinq années auparavant… C'est donc à un duel parmi les morts que nous invite Arnaud Delalande…
Dans ces pages cruelles et drôles, on croisera une série de personnages pittoresques : Landretto, le grand ami de Viravolta, éviscéré dans les bosquets grand-siècle ; une épouse vénitienne qui n'aime que les liens de soie et la douceur de vivre ; un jeune roi qui fuit le lit où rien n'est conjugal ; un inventeur d'armes secrètes et autres bottes ; un certain Beaumarchais ; le roi d'Angleterre et ses espions qui songent à un tunnel sous la Manche ; et un assassin énigmatique né dans les tombes du Paris d'autrefois, où il retournera, pour le bien de la France et la paix des familles…

 

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Théâtre

Mai

René de Obaldia
De l'Académie française
Merci d'être avec nous

Nouveaux impromptus

René de Obaldia, poète, romancier, dramaturge, citoyen d'honneur de Waterloo, a été reçu à l'Académie française en 2000. Son oeuvre est jouée dans le monde entier. Son Théâtre intégral a paru chez Grasset en octobre 2001.

Merci d'être avec nous
L'heure des information télévisées.
Après la litanie des catastrophes, la présentatrice reçoit sur le plateau Lili Galoche, vedette de cinéma dont le film La brute épaisse va sortir prochainement sur les écrans.
Interview de la vedette. Lili Galoche raconte le rôle qu'elle incarne, ses relations avec le metteur en scène, nous livre ses goûts, ses opinions : lieux communs, tissu d'insignifiances - nous subissons quotidiennement cette apologie du verbiage…

Une page de tournée
C'est dans un café que Sabine a préféré donner rendez-vous à son mari pour l'entretenir d'une affaire importante. Tout simplement, ele lui annonce qu'elle a décidé de se séparer de lui. Gérard, abasourdi, ne veut pas y croire.
Certes, depuis quelques temps, Sabine témoignait d'une certaine froideur à son endroit. Mais ne traversait-elle pas une crise ? Les femmes ne sont-elles pas sujettes à de nombreuses " variations atmosphériques " ? (Balzac).
En conclusion, Sabine lui assène : - Voilà, je tourne la page.
Quoi ! Les moments magiques passés ensemble durant douze années, les joies et les peines partagées, tout cela, c'était " pour du beurre ", comme disent les enfants !

A bâtons rompus
Deux amies, Véronique et Nadège, grâce à leur téléphone portable communiquent entre elles, alors que l'une se trouve au bord d'un lac, au Pérou et l'autre à Paris, rue des Martyrs. Miracle de la technologie, et qui permet aux deux femmes d'échanger des propos futiles, comme c'est souvent le cas.
Mais n'y a-t-il pas là un certain pathétique ? Besoin de communiquer avec l'autre (même si c'est parler pour ne rien dire), afin de briser sa propre solitude.

Les retrouvailles
Deux ans que Lucien (Lulu) a quitté Sophie (Fifi) du jour au lendemain, sans crier gare, sans laisser aucune trace.
Fifi ne s'en est pas encore remise.
Miracle ! Voici qu'un beau matin elle reçoit un coup de fil de son ancien amant.

L'extra-lucide
Au soir d'une journée particulièrement éprouvante, Madame Eva, " voyante extra-lucide ", après avoir fait maintes incursions dans l'univers astral, se trouve au bord de l'épuisement. Cependant, il lui reste une dernière cliente à recevoir : Madame Caillou.


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Lectures et Aventures

Mai

Henry de Monfreid
Le serpent rouge

Roman
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Aventurier et écrivain français né en 1879 et mort en 1974. En 1911, il part pour Djibouti où il fait commerce de café et de peaux. Sa connaissance géographique de la région s'avère une source de renseignements utile à la France durant la Première guerre mondiale. Commence ensuite pour lui une vie de contrebandier qui lui vaut plusieurs séjours en prison. Il se convertit à l'Islam et prend le nom d'Abd el Haï (" esclave du vivant "). C'est sur les conseils de Joseph Kessel qu'il publie ses aventures. Pendant la Seconde guerre mondiale, il sert les Italiens puis, capturé par les Britanniques, est déporté au Kenya. Il rentre en France en 1947.

Le jeune guerrier massaï Karembo, accompagné de Djalia qu'il a recueillie après la mort de son père lors d'une razzia, longe le fleuve Tana pour rejoindre la propriété de l'Anglais John Perth. Ce dernier, en maître blanc tout puissant, exerce lâchement son autorité sur les jeunes filles qui travaillent ses terres.
Karembo, d'abord embauché par John Perth pour la capture d'animaux sauvages destinés aux zoos européens, devient très vite victime des agissements du buana anglais et va s'efforcer de protéger Djalia, séduite et abusée par le maître.
Sans se rebeller ouvertement, le vaillant guerrier accepte les conseils du sorcier Kissoï, personnage nimbé de mystère qui exerce sur les indigènes et le buana lui-même une étrange influence.

Henry de Monfreid
La perle noire

Roman
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Doalé et Oméda, couple de pauvres pêcheurs des bords de la mer Rouge, attrapent un jour dans leurs filets une perle d'une rare beauté, dont la couleur noire, funeste présage, ne manque pas de susciter la convoitise de pirates cupides et sans scrupules. Doalé est assassiné tandis que sa femme, enlevée par ses meurtriers, a tout juste le temps de cacher la précieuse perle dans le grigri que son fils porte au cou.
Abandonné sur la plage, Djama grandit, tel un jeune Robinson, d'abord élevé par une vieille bergère, puis isolé sur l'île où l'a emmené son protecteur, Rageh, un marchand arabe qui l'a recueilli sur son bateau pour le mettre à l'abri des attaques des tribus.
Protégé par son courage et sa naïveté, il a la sagesse de ne craindre ni le sort que pourraient lui réserver les hommes, ni la nature, pourtant hostile.

Henry de Monfreid
Le roi des abeilles

Roman
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Batio, qui a été élevé par une sorcière au fond d'une gorge dont les falaises sont gardées par des abeilles sauvages, se trouve, une fois homme, pris dans la tourmente des guerres entre tribus. Son roi, le ras Michaël, est fait prisonnier. Batio, en guerrier intrépide, mais surtout fou d'amour pour Fatouma, la belle-fille au charme ensorceleur du ras, part sur la trace de son maître. Lorsque enfin il le retrouve, il obtient de ce dernier une bague qui le fera reconnaître par Fatouma et grâce à laquelle il espère pouvoir l'enlever. Mais d'autres, plus puissants que lui, essayent de mettre la femme de l'empereur en sûreté. Pour pouvoir emmener Fatouma dans son village, Batio devra user de maintes ruses, au mépris d'Oméda, jeune vierge à l'amour infaillible.

 

Henry de Monfreid
L'homme aux yeux de verre

Roman
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Unique fils du charpentier de marine Abdallah, Zeït vit avec son père sur la côte d'Arabie et erre à travers la brousse en rêvant d'aventures. Il rencontre un jour Amina, fillette à la beauté sans égal qui se retrouve bientôt orpheline de mère. Abdallah, pris de pitié pour l'enfant, la recueille un temps chez lui avant de l'emmener chez son père, un de ses vieux amis, qui fait désormais commerce de perles et qui ignore tout de l'existence de cette enfant. Voilà les deux amoureux séparés, jusqu'au jour où le bateau sur lequel Médane travaille comme plongeur mouille l'ancre près du village de Zeït. Médane, qui a grandi avec Zeït, est aussi l'esclave du père d'Amina. Le jeune amoureux voit là une occasion de revoir sa belle et se fait engager comme plongeur, nourrissant le secret espoir d'une pêche miraculeuse qui lui permettrait de demander sa main. Mais c'est compter sans l'avarice peu scrupuleuse du père, prêt à vendre sa fille au plus offrant, et la jalousie calculatrice de Médane. Pour se retrouver, les deux amants devront sillonner la côte de la mer Rouge et braver bien des dangers.

 

Juin

Henry de Monfreid
Le trésor des flibustiers

Roman
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Aventurier et écrivain français né en 1879 et mort en 1974. En 1911, il part pour Djibouti où il fait commerce de café et de peaux. Sa connaissance géographique de la région s'avère une source de renseignements utile à la France durant la Première guerre mondiale. Commence ensuite pour lui une vie de contrebandier qui lui vaut plusieurs séjours en prison. Il se convertit à l'Islam et prend le nom d'Abd el Haï (" esclave du vivant "). C'est sur les conseils de Joseph Kessel qu'il publie ses aventures. Pendant la Seconde guerre mondiale, il sert les Italiens puis, capturé par les Britanniques, est déporté au Kenya. Il rentre en France en 1947.

1686. Le jeune Louis Hennequin, fils d'un marin français et d'une esclave affranchie des Antilles, est embarqué de force à Bordeaux sur un bateau de la Compagnie des Indes occidentales. Sur l'île de Saint-Domingue, à la faveur d'une chasse aux taureaux sauvages, il parvient à prendre la fuite.
Réduit à une vie de Robinson, il se trouve incorporé malgré lui à un clan de boucaniers avant de racheter sa liberté. Arrive alors un navire chargé de femmes de mauvaise vie ; parmi elles, captive, Lolita, l'amour d'enfance de Louis. Tous deux arrivent à fuir et s'embarquent sur l'Espada.
De boucanier à flibustier, Louis, que tous veulent posséder pour sa connaissance du calcul nautique, secret que gardent jalousement les capitaines de navires négriers pour rester maîtres de leurs équipages, est entraîné dans un tourbillon d'enlèvements, de fuites et de machinations.

Henry de Monfreid
Le mystère de la tortue

Roman
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Carmen, fille du gouverneur Don Carlos emprisonné, est éloignée d'Espagne par sa marâtre. Enlevée par des pirates, elle succombe au charme d'un cheik arabe, Abdulkader, et lui donne une fille, Carmencita, avant de mourir.
Eperdu de douleur, Abdulkader part pour la Mecque dans le dessein d'élever un mausolée à la mémoire de sa bien-aimée, mais meurt en chemin. Sa tombe, sur les bords de la mer Rouge, renferme un coffret qui contient tout l'héritage de Carmencita - des perles superbes et un médaillon aux armes de Don Carlos.
Trois siècles plus tard, le jeune Kassim navigue en mer Rouge, au gré des vents de mousson. Ses aventures le conduisent, après bien des péripéties, à trouver la tombe du cheik et le précieux coffret…

Henry de Monfreid
Le testament de pirate

Roman
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Afrique noire, dix-neuvième siècle. Alors qu'il met le cap sur les Antilles, les Anglais prennent à l'abordage le navire négrier sur lequel se trouve Théodore et enlèvent sa bien-aimée.
Les tribulations d'Esther la mènent, de navires en navires, de la côte ouest de l'Afrique à Londres, puis toujours plus loin vers la côte est du continent noir. Elle passe de mains en mains, tantôt destinée à devenir la favorite du roi du Dahomey aux huit cents femmes, tantôt à goûter l'oisiveté du harem de quelque sultan d'Arabie, de Perse ou des Indes.
Aidé dans sa quête pour la délivrer par Tom, le fidèle esclave à la réputation de sorcier, Théodore n'aura de cesse de sillonner les mers pour retrouver sa belle.

 

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Littérature étrangère

Mai

Paul Theroux
Suite indienne

Roman
Traduit de l'anglais par Pierre Demarty
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Paul Theroux est né dans le Massachusetts en 1941. Il est l'auteur de nombreux romans et récits de voyages, dont Railway Bazaar (1987) et Patagonie Express (1988), tous deux réédités en " Cahiers rouges " en 2006, La Chine à petite vapeur (1989), Les îles heureuses d'Océanie (1993), Les colonnes d'Hercule (1997) et Hôtel Honolulu (2002), tous publiés chez Grasset.

Un couple de riches Américains se prélasse dans un spa au sommet d'une colline de l'Himalaya. Entre deux séances de yoga, chacun va se laisser prendre, en secret, au jeu de la séduction et des amours interdites. Révélant les fissures de leur couple, l'Inde paradisiaque pour touristes montre soudain un visage bien sombre - jusqu'à la catastrophe.
A Bombay, un homme d'affaires américain, envoyé en mission par sa firme, seul, désabusé, égaré dans le vacarme et la crasse de la ville, est bouleversé par sa rencontre avec une mendiante, dont il fait sa protégée et sa maîtresse. Il croit renaître dans les bras de la jeune fille, mais se rend bientôt compte qu'elle le manipule et l'entraîne vers sa perdition - à moins que ce ne soit son salut ?
Alice, étudiante américaine partie à la découverte du bouddhisme à Bangalore, rencontre un ambitieux employé d'un centre de télécommunications, symbole de la nouvelle Inde industrielle et conquérante - lequel cherchera en effet, et par tous les moyens s'il le faut, à conquérir l'innocente jeune fille. Alice se laisse emporter, et bientôt menacer, par les sortilèges d'une Inde dangereuse, mais aussi par le regard bienveillant d'un éléphant, divinité locale auprès de laquelle elle trouvera refuge .
Trois histoires, trois descentes aux enfers : le destin croisé de trois Occidentaux perdus (" lost in translation "…) au cœur d'un pays inconnu - et de leur propre existence. Dans ce triptyque romanesque plein de bruit et de fureur, Paul Theroux, avec une cruauté subtile, bouscule les clichés de l'Inde touristique pour en révéler l'envers insoupçonné.


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Thrillers

Mai

Ted Dekker
Adam
thriller
Traduit de l'américain par François Rosso
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Né en Indonésie en 1961, Ted Dekker est, dès son plus jeune âge, en contact avec une multiplicité de cultures présentant chacune leur interprétation de la vie et de la foi. Aux Etats-Unis, il poursuit des études de théologie et de philosophie avant de se consacrer entièrement à l'écriture. Ses romans, qui mêlent psychologie et suspense, sont prétexte à une confrontation du Bien et du Mal. Ted Dekker vit aujourd'hui au Texas.

Premier tome d'une trilogie qui a été un best-seller international, Adam relate l'enquête obsessionnelle de Daniel Clark, psychologue comportemental au FBI, sur les traces d'un tueur en série surnommé Eve. Ce dernier tuerait ses victimes en leur inoculant une souche encore inconnue de méningite. En profiler acharné, Daniel est entré dans la tête du tueur et sait quand il va frapper. Mais ce qu'il ignore, c'est qu'il sera la prochaine victime d'Eve : son premier Adam.
Tout bascule par une nuit de nouvelle lune : alors que Daniel et Lori Ames, la jeune médecin légiste qui l'accompagne, tentent de sauver la seizième victime du tueur, Daniel reçoit une balle en pleine tête et est laissé pour mort. Lori parvient finalement à le ressusciter mais ces vingt minutes de trou noir continuent de le hanter jour et nuit. Le seul moyen pour lui de se libérer de ce mal qui le ronge et de revoir le visage de son assassin est de mourir à nouveau… Ce n'est qu'à cette condition qu'il aura accès à une vérité toujours refoulée… et qu'il pourra sauver son ex-femme.

Juin

Michael Palmer
Le dernier échantillon
thriller
Traduit de l'américain par Delphine Rivet

Michael Palmer a été médecin hospitalier pendant plus de vingt ans dans de grands hôpitaux américains. Il est l'auteur de plusieurs best-sellers et a été traduit dans trente-cinq langues. Le dernier échantillon est son huitième thriller médical paru chez Grasset après De mort naturelle (1996), Traitement spécial (1997), Situation critique (1998), Un remède miracle (2000), Le patient (2001), Vaccin fatal (2003) et Système (2006).

Nathalie Reyes, ancienne athlète et brillante étudiante à la Havard Medical School, est kidnappée à Rio de Janeiro où elle devait assister à un congrès international. Alors qu'elle tente de s'échapper, elle est blessée et laissée pour morte dans une sordide ruelle des favelas.
A des milliers de kilomètres de là, le savant Joe Anson travaille sur un mystérieux sérum qui pourrait sauver des millions de vies humaines. Il ne lui manque que peu de temps pour faire aboutir ses recherches, qu'en génie paranoïaque il a jusqu'à présent tenues secrètes.
A Chicago, le détective privé Ben Callahan, homme à la dérive spécialisé malgré lui dans l'adultère, est chargé de découvrir l'identité d'un inconnu retrouvé mort, le corps couvert de marques bien singulières.
De Boston à Rio, des hautes-terres camerounaises à la forêt équatoriale, ces trois personnages, que tout semble séparer, vont se retrouver au cœur d'un gigantesque complot médical où seules la confiance, la rapidité et l'acuité pourront les sauver.

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Essais, documents

Mai

Alain Baraton
L'amour à Versailles

Essai
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Alain Baraton travaille depuis plus de trente ans dans le parc de Versailles et dans le domaine de Trianon, dont il est le jardinier en chef. Il est l'auteur, entre autres, du Jardinier de Versailles (Grasset, 2006) et, avec Jean-Pierre Coffe, de La véritable histoire des jardins de Versailles (Plon, 2005). Il tient une chronique hebdomadaire de jardinage sur France Inter ainsi que sur France 2.

Louis XV dégustant des fraises sur les seins de ses maîtresses, Mme de Maintenon dans les bras du confesseur du roi à la faveur d'une chandelle malicieusement éteinte, Catherine de Médicis achetant les terres de Versailles par amour pour un prélat, Louis XIV trompant la vigilance de la duchesse de Navailles pour rejoindre les filles d'honneur à l'étage, ou encore Marie-Antoinette mise en quarantaine à Trianon, seule en compagnie de quelques marquis en guise de médecins : les rois et les reines de France n'ont pas craint de troquer leur vertu, sinon leur prestige, en échange de leur bon plaisir, ni de remplacer les révérences par quelques cabrioles audacieuses. Valets, favorites et courtisans ne se font pas prier pour rivaliser avec leurs maîtres : il semble plus distrayant d'être libertin sous les rois absolus que libéré de l'absolutisme. À côté de la grande Histoire, édifiante, instructive, sérieuse, la petite histoire est, à Versailles, savoureuse.
C'est ce château, intime, plein de soupirs, de secrets d'alcôves, de fous rires et de quelques chagrins d'amour, qu'Alain Baraton s'amuse à faire revivre, lui qui entretient avec le lieu une passion intime. Ne croyons pas que les battements de cœur et de cils aient cessé avec la Révolution : c'est à Versailles que le général De Gaulle a demandé la main de sa future épouse, et que quelques conférences aux sommets, on ne peut plus républicaines, ont donné naissance à des rencontres inattendues entre grands de ce monde ; aujourd'hui encore, les anecdotes récoltées par les jardiniers ne manquent pas de piment…
Mêlant des souvenirs personnels à une documentation précise et souvent originale, Alain Baraton nous convie à une promenade amoureuse, et inédite, dans un lieu exceptionnel.

Philippe Garnier
Freelance

Grover Lewis à Rolling Stone :
Une vie dans les marges du journalisme
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Né en 1949, Philippe Garnier est collaborateur à Libération, traducteur et auteur de six livres. Honni soit qui Malibu (Grasset, 1996) traitait des écrivains à Hollywood ; Les coins coupés (Grasset, 2001) de rock, de journalisme et de termites ; et Caractères (Grasset, 2006), des acteurs de rôles dits secondaires.

L'Amérique a connu une étrange période, entre 1965 et 1975, où soudain les barrières semblaient tombées, les frontières ouvertes, les institutions en déroute. Dans cette faille s'est immiscé ce qu'on a appelé la "presse alternative". Le magazine Rolling Stone fut l'incarnation la plus parfaite et déjantée de ces années, de cette culture ; et le journaliste Grover Lewis, son antihéros le plus flamboyant.
Précurseur du journalisme dit " gonzo ", spécialiste du reportage en immersion (souvent imbibée) sur les plateaux de cinéma, ce Texan renégat, hanté par un passé tragique, faux dilettante foutraque et véritable écrivain à qui ne manqua que d'écrire son livre, signa une poignée d'articles seulement, mais d'une mémorable insolence et d'une inimaginable liberté - sur Sam Peckinpah, sur le tournage de La Dernière Séance et de Vol au-dessus d'un nid de coucou, ou encore sur Robert Mitchum, qui ne s'en remit jamais tout à fait. Et Philippe Garnier non plus, dont la vie fut bouleversée à plus d'un titre par la rencontre avec Grover Lewis.
Freelance est le portrait de cet homme-là, qui fut pour l'auteur inspiration, mentor et ami. C'est le récit d'une vie compliquée, et à sa manière exemplaire. C'est aussi, entre les lignes et dans les marges, le portrait d'une époque qui, comme Lewis, mourut trop tôt pour achever ce qu'elle avait commencé. C'est enfin un hommage pleinement revendiqué au journalisme tel que Philippe Garnier le conçoit, tel que Grover Lewis l'avait inventé, et tel, hélas ou tant mieux, qu'on ne le pratique plus.

Salomé Zourabichvili
La tragédie géorgienne, 2003-2008

Document
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Salomé Zourabichvili, diplomate française, a été également ministre des Affaires étrangères de Géorgie, de mars 2004 à octobre 2005. Elle vit aujourd'hui entre Paris et Tbilissi où elle incarne, pour de nombreux Géorgiens, un nouvel espoir politique. Elle a publié un livre de témoignage, Une femme pour deux pays, chez Grasset, en 2006 et Les Cicatrices des nations, aux éditions Bourin, en 2008.

Ce livre relate les événements qui se sont déroulés en Géorgie, depuis " la Révolution des roses " du 23 novembre 2003 (à la suite de laquelle Mikaïl Saakashvili s'installe au pouvoir) au 7 août 2008, où toutes les télévisions retransmettent les images des chars russes qui se dirigent vers Tbilissi.
Que s'est-il passé entre ces deux dates ? C'est ce à quoi S. Z., française et géorgienne, répond, à partir de son expérience en tant que ministre des Affaires étrangères de Géorgie, au sein de ce jeune gouvernement, de mars 2004 à octobre 2005. Elle avait quitté son poste d'ambassadeur de France en Géorgie et sa carrière de diplomate, pour rejoindre cette aventure enthousiasmante. Mais elle va peu à peu découvrir l'envers du décor. Le rêve vire au cauchemar : en octobre 2005, elle est limogée pour avoir trop cru aux idéaux proclamés par ce nouveau régime.
Dans ce texte, S.Z. décrit sa prise de conscience progressive d'une démocratie qui se délite : d'abord le décès suspect du premier ministre, puis la mise en place, pan après pan, d'un " village Potemkine ", qui a pour but de dissimuler le délabrement du pays, puis les oligarques et leurs rapports intéressés avec le pouvoir, enfin le personnage inquiétant du Ministre de l'intérieur, âme damnée de Saakashvili (comme Beria le fut pour Staline) et la personnalité ambigüe de Saakashvili lui-même. Au début, S.Z. participe de l'aveuglement collectif, soutenue par la conviction qu'elle fait progresser la démocratie. C'est à elle que revient la charge de négocier le retrait des bases militaires russes de Géorgie. Elle nous livre, à ce propos, le récit passionnant de ses conversations avec son homologue russe. Hélas, le succès qu'elle aura obtenu sera de courte durée et, en août 2008, elle va assister, impuissante, au retour en force de l'armée russe, au cœur du territoire géorgien.
Cette chronique d'une guerre annoncée est l'histoire d'une conquête du pouvoir et de son évolution ; ce pouvoir, peu à peu, envahit tout, justifie tout et substitue une autocratie à la démocratie dont rêvait S.Z. C'est l'histoire d'un terrible gâchis.

Juin

Bertrand Dicale
Louis de Funès
Grimaces et gloire

Biographie

Depuis une quinzaine d'années, Bertrand Dicale écrit sur les cultures populaires dans la presse (Chorus-Les Cahiers de la chanson, rfimusique.com, longtemps au Figaro…), en parle à la radio (au " Fou du roi " sur France-Inter, notamment) et les explore pour la télévision. Outre sa participation à plusieurs ouvrages collectifs, il est l'auteur de Gréco, les vies d'une chanteuse, La Chanson française pour les Nuls, L'extravagante épopée du Printemps de Bourges et Gainsbourg en dix leçons.

Nous aimons tous Louis de Funès. Son visage nous est plus que familier, nous ne savons plus combien de fois nous avons vu La Grande vadrouille, la série du Gendarme, Le Tatoué ou L'Homme orchestre. Sa gloire compte parmi les quelques véritables consensus de la culture française : l'évidence de son génie comique, l'efficacité de son répertoire de grimaces, la puissance historique de dizaines de scènes que chacun connait… Nous l'avons tous un jour imité quand il répète " alors là, il m'épate ! " dans Le Corniaud, quand il tire sur son nez dans Oscar, quand il se lance dans la danse des Aventures de Rabbi Jacob…
Nous aimons tous Louis de Funès mais nous le connaissons mal, nous le comprenons mal. Comment se fait-il qu'un acteur dont le talent nous semble aussi éclatant ne se soit vraiment imposé qu'à l'âge de cinquante ans, et après avoir déjà tourné environ cent vingt films ? Comment se fait-il qu'on ne l'ait jamais vu jouer un rôle dramatique ? Comment se fait-il que son règne sur le cinéma comique français dure toujours ? Comment se fait-il que Louis de Funès - et c'est unique - soit toujours un acteur génial… même dans de mauvais films ?
Bertrand Dicale a cherché à répondre à ces questions à travers une longue enquête : il a rencontré des dizaines de témoins, retrouvé des archives inédites, relu des milliers de critiques et d'articles de presse… et exploré la foisonnante filmographie de Louis de Funès.
Ainsi, ce livre n'est pas seulement une plongée dans la vie et dans la carrière de l'acteur. Grimace et gloire, Louis de Funès est aussi la traversée d'un demi-siècle de notre culture populaire, une exploration de notre mémoire - et de nos amnésies - collectives, une plongée dans les mutations de notre cinéma depuis la Libération. Le dense récit biographique est également semé de centaines de documents : extraits de dialogues, variantes de scénarios, témoignages, statistiques du box office…

Laurent Fignon
Nous étions jeunes et insouciants

document

Laurent Fignon, né le 12 août 1960 à Paris, débute sa carrière professionnelle en 1982, après plus de cinquante victoires chez les amateurs. Il se révèle en 1983, en remportant le Tour de France, à sa première participation. L'année suivante, il gagne une fois encore la Grande Boucle et devient, à 24 ans, le héros de toute une génération et l'un des grands noms du cyclisme français. On se souvient de sa célèbre défaite du Tour de France où il arrive à la deuxième place, derrière l'américain Greg LeMond, pour huit secondes d'écart après 3000 kilomètres de course. Consultant pour Eurosport et France Télévisions, il commente le Tour de France depuis 2006. En septembre 2008, il a rejoint l'équipe du " Club Sport " sur Europe 1. Il vit entre Paris et les Pyrénées.

" Nous n'avions peur de rien " : tels sont les premiers mots de Laurent Fignon, cycliste d'exception qui, entre 1982 et 1993, au gré de multiples victoires (Tour de France, Tour d'Italie, Milan-San Remo, Flèche Wallonne, etc.) a connu tout ce qu'un champion peut espérer et redouter : la gloire absolue ; une blessure grave ; des périodes de doute et de détresse ; quelques dérapages médicaux et autres tentations. Mais qui, surtout, incarna une époque bénie, pleine d'enthousiasme et de fièvre, à la charnière des archaïsmes d'antan et des ambiguïtés d'aujourd'hui.
Homme de caractère ne cachant jamais ce qu'il pense, ni avec ses amis ni avec ses adversaires, égratignant son image s'il le faut, l'ancien champion, devenu un commentateur redouté sur France 2, a pris la plume pour dévoiler l'envers du décor. La camaraderie, la fraternité, les trahisons, les combines, le dopage, les filles, les fêtes...
Sa vivacité, sa liberté de ton, sa manière presque pamphlétaire de distiller de la contradiction sur son parcours de sportif hors normes, cette espèce de flirt aux marges de sa propre insouciance, permettent à Laurent Fignon d'expliquer pourquoi il fut l'un des derniers dépositaires d'un " âge d'or " finissant. Celui d'un cyclisme parvenu sans le savoir à son apogée, avant que des tempêtes inavouables ne viennent en consumer un peu l'esprit. Mais pas tout à fait la passion. Et surtout pas celle de l'auteur, infiniment attaché à une certaine idée du vélo. " L'essentiel, je l'ai toujours fait sérieusement… sans trop me prendre au sérieux. ", écrit-il.

 


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Revues

Mai

La Règle du Jeu n° 40
Quatre conférences de Bernard-Henri Lévy

Le Mal, s'il est absolu (conférence aux Recollets).
Conférence BHL- Zizek à la NYPL : La violence et la Gauche à l'âge des ténèbres.
L'état du théâtre en Europe (conférence aux Etats généraux du théâtre, à Nice)
La littérature et l'étude - conférence du 30 novembre, espace Rachi


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Les Cahiers Rouges

Mai

Jacques Laurent
Le petit canard


Jacques Laurent est né à Paris en 1919. Journaliste, écrivain, critique littéraire, il a écrit, entre autres : Les Corps tranquilles, Le Petit Canard, Les Bêtises, L'inconnu du temps qui passe (Grasset, 1994), Moments particuliers (Grasset, 1997). Il a été élu à l'Académie française en 1987.

Pendant la " drôle de guerre ", deux jeunes gens s'aiment avec passion sur la route du Sud, puis se détruisent dans le fracas d'une Europe à feu et à sang. Avec Le Petit Canard, Jacques Laurent a écrit un bouleversant roman de la famille du Diable au corps et de Thomas l'imposteur qui, en trente ans, n'a pas pris une ride.

Irène Némirovsky
Les mouches d'automne
précédé de
La Niania
et suivi de
Naissance d'une Révolutione

Cette nouvelle édition des Mouches d'automne (1931), par Olivier Philipponnat, co-auteur avec Patrick Lienhardt de La Vie d'Irène Némirovsky (Grasset, 2007, grand prix de la biographie du Point, 2008) présente trois inédits récemment retrouvés d'Irène Némirovsky, autour du regret de la Russie absente.

La Niania (1924) est le premier texte jamais paru sous le nom d'Irène Némirovsky, dans Le Matin. C'est la version condensée d'une nouvelle - ici intégralement reproduite - entreprise après l'arrivée en France de ses grands-parents maternels, évacués de Crimée. La Niania (la bonne d'enfants), avec ses accents tchékhoviens, illustre la vie absurde des familles russes déracinées dans la France d'après-guerre. Cet embryon des Mouches d'automne en révise la source autobiographique.
Pour Irène Némirovsky, comme pour ses parents et pour la plupart des émigrés russes, la Révolution russe était synonyme d'arbitraire et d'arrachement à la terre natale. Adolescente lors des événements de février 1917, elle en conservait des souvenirs ambigus, rapportés en 1938 dans Naissance d'une Révolution, qui relate le simulacre d'exécution dont elle fut le témoin. On jugera de son antibolchevisme teinté d'ironie en découvrant Deux Romans Russes, une chronique de littérature étrangère parue en 1935 : nullement dupe des lourdeurs du réalisme socialiste, Irène Némirovsky s'y réjouit d'entendre chez les auteurs soviétiques les accents mal réprimés d'une " nostalgie inavouée ".
Deux figures de la Russie - le sourire d'une vieille bonne, le rictus d'un cocher fanatisé - composent la physionomie ambivalente des Mouches d'automne, chef-d'œuvre d'Irène Némirovsky. Comme dans La Niania, la vieille bonne s'y suicide par noyade, reflet d'une autre mort, bien réelle, celle de la chère gouvernante française de l'auteur, qui se précipita dans les eaux glacées de Saint-Pétersbourg un jour d'hiver 1917, folle d'exil dans un pays barbare. Ce mélange d'horreur et de nostalgie forme le motif principal du présent " Cahier rouge ".

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Mondes vécus

Mai

 

Ruwen Ogien
La vie, la mort, l'Etat
Essai

Ruwen Ogien est directeur de recherches au CNRS. Il a déjà publié : Penser la pornographie (PUF, 2003), Le rasoir de Kant et autres essais de philosophie pratique (L'éclat, 2003) et La honte est-elle immorale ? (Bayard, 2002) et La panique morale (Grasset, 2004).

Depuis une dizaine d'années, Ruwen Ogien s'est fait une spécialité de " penser " les problèmes éthiques en dehors de toute morale ou de métaphysique implicite. C'est donc en sociologue d'une réalité située " par delà le Bien et le Mal " qu'il aborde, dans ce nouvel ouvrage, les questions relatives à la vie et à la mort - et ses conclusions ne manqueront pas de bousculer les officines du " politiquement correct ".
Car, dans leur état présent, les lois de bioéthique relatives à la procréation et à la fin de vie, n'ont rien de permissif. Elles interdisent, par exemple, les mères porteuses, la sélection des embryons selon des critères de convenance, ou les recherches sur les cellules souches. Elles n'autorisent pas les gays, les lesbiennes et les femmes jugées trop " âgées " (selon des critères dont la transparence n'est pas la qualité principale) à bénéficier de l'assistance médicale à la procréation. Elles criminalisent toutes les formes d'aide active à mourir, même en cas de demande manifestement libre et éclairée d'un patient incurable en fin de vie, auprès d'un médecin dont les convictions éthiques ou religieuses n'y sont pas défavorables. Elles excluent l'avortement tardif sans motif approuvé par un collège de praticiens spécialisés.
Pourtant, si on y réfléchit bien (et c'est à quoi nous invite Ruwen Ogien), tous les actes que ces lois excluent par la menace ou la force ne causent de préjudice à personne. En réalité, ce sont des crimes sans victimes, ce qui revient à dire que ce ne sont pas des crimes du tout.
Dans la mesure où Ruwen Ogien estime que des lois rationnelles ne doivent pas punir les crimes sans victimes, chacun devrait être libre de faire ce qu'il veut de sa vie du moment qu'il ne nuit pas intentionnellement aux autres. En conséquence, il soutient la décriminalisation de l'aide active à mourir et de toutes les formes de procréation qui, comme la gestation pour autrui, exposent actuellement à des sanctions pénales.

 



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