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Cahiers Rouges
Littérature Française
Mai
François Baudot
L'art d'être pauvre
roman
Né le 30 janvier 1949 à Paris, François Baudot
a été conseiller de la rédaction du magazine
Elle pendant 25 ans. Il est l'auteur d'une vingtaine de livres d'art
dans les domaines de la mode, du design et des arts décoratifs,
publiés chez divers éditeurs. Il vit à Paris.
" Si j'ai bonne mémoire, je suis né en 1950.
Sans que personne ne me demande mon avis. L'ai-je jamais pardonné
à mes parents ? Vendange tardive, l'accouplement entre une
décoratrice mondaine et un orphelin déglingué,
rescapé des camps, dérangeait. Mère chérie
était réactionnaire et fortunée, mon géniteur
bohème et communiste. Dans le Saint-Germain existentialiste,
une vieille sorcière, le transformera en brocanteur fantasque.
Tout Paris l'a adoré.
Mon premier cri fut celui de l'horreur. Comprenez-moi. J'étais
le premier mâle de la famille depuis 1908. On répétait,
: il sera l'héritier. J'attendais donc la mort de mes parents.
Elle ne s'est pas fait attendre. Enfin seul, libre, heureux comme
un enfant triste, j'ai constaté que de notre fortune, minée
par des placements catastrophiques, il ne restait plus rien. Mais
rien, pour un adolescent, c'est déjà quelque chose.
Ainsi ai-je commencé à cultiver L'art d'être
pauvre. Enfermé au collège à sept ans, relâché
à quinze, mon seul projet était d'oublier cette incarcération,
en découvrant la grande vie. Préambule à ma
course aux plaisirs, j'ai perdu mon pucelage avec une aristochatte.
Elle tomba enceinte. J'ai alors essayé les garçons.
Et bien, l'un dans l'autre, chaque côté à son
charme.
A New York j'ai parfait mon éducation de gentleman, en découvrant,
dans la mouvance du Pop Art : Iggy Pop, Nico, Lou Reed, le Velvet
Underground, les premiers bars cuir et surtout la factory, cur
vivant d'une avant-garde mondiale. J'avais seize ans, les yeux fardés
mais grands ouverts. J'ai vécu trois mois avec un ange blond,
dont le jumeau était l'amant de Warhol. Ainsi, Andy a été
pendant trois mois ma belle sur. Mais quand j'ai compris que
la morphine devenait ma femme, j'ai regagné Paris où
m'attendaient d'autres filles, d'autres garçons transgressifs,
le café de Flore, la cocaïne, les derniers bals du siècle,
la révolution Gay, l'explosion de la Disco et des clubs où
se côtoyaient jet-set, travestis, créateurs, couturiers,
mannequins, gigolos : cette fièvre de plaisir a trouvé
son point d'ancrage avec l'ouverture du théâtre le
Palace, le plus grand music-hall du monde. Les rencontres y étaient
sans lendemain, le bonheur pour toujours, mais surtout pour tout
de suite. Le Palace en faillite, la mode devenue business, la fête
était finie ! Alors, on est tous rentrés travailler,
conquérir notre territoire et le défendre âprement
contre une nouvelle génération. Loin de nous en vouloir,
la pauvre nous envie. Moralité : mieux vaut gâcher
sa jeunesse, plutôt que de n'en rien faire ? "
Philippe Grimbert
La mauvaise rencontre
roman
Philippe Grimbert est psychanalyste. Il a précédemment
publié trois essais, Psychanalyse de la chanson (Les Belles
Lettres 1996), Pas de fumée sans Freud (Armand Colin 1999,
Hachette Littérature 2001) et Chantons sous la psy (Hachette
Littérature 2002) ; et deux romans parus chez Grasset, La
Petite robe de Paul et Un secret.
Loup, le narrateur de La Mauvaise rencontre, va connaître
ses premiers émois et ses premiers deuils aux côtés
des trois personnages à qui ce livre est dédié
: la tendre Nina et la fantasque Gaby, les " deux " mères
qu'il s'est choisies, et Mando, l'ami de cur, avec qui, depuis
la petite enfance, il a tout partagé.
C'est seulement à la conclusion de cette histoire que Loup
comprendra les ressorts cachés du sentiment que lui vouait
ce compagnon de tous les moments importants de sa vie. La révélation
des abîmes que cette amitié recouvrait fera vaciller
son existence. Il connaîtra la blessure inguérissable
des promesses non tenues : cette lourde chaîne qui, à
jamais, nous attache à nos fantômes.
Michel Le Bris
Nous ne sommes pas d'ici
Autobiographie
Né en Bretagne en 1944, romancier, essayiste, jadis éditeur,
il est l'auteur de plusieurs livres chez Grasset dont L'homme aux
semelles de vent (1977), et La Beauté du Monde (2008), finaliste
du Goncourt, vendu à plus de 30.000 exemplaires, et chez
Gallimard d'un collectif Pour une littérature-monde (2007).
D'où vient l'énergie de Michel Le Bris ? Celle qui
lui permet de créer le festival Etonnants Voyageurs à
Saint Malo et de le projeter aux Etats-Unis, en Haïti, à
Sarajevo, à Dublin, à Bamako, à Haïfa,
tout en multipliant les collections pour dire l'urgence d'une "
littérature-monde " et lancer le mouvement des "
écrivains-voyageurs ", d'écrire essais, récits
de voyage et romans, d'avoir été à la fois
ancien élève d'HEC et directeur de La Cause du Peuple,
créateur avec Jean-Paul Sartre de la collection La France
Sauvage, cofondateur de Libération et grand amateur de jazz,
d'arpenter les paysages et les pages de Stevenson, de proposer une
théorie nouvelle du romantisme allemand, en goûtant
la contradiction qu'il y aurait à aimer tout ensemble Novalis
et Chandler, Robinson Crusoé et Jean-Paul Sartre, Jack London
et Nicolas Bouvier (dont il aura été l'éditeur),
Malraux et Chester Himes, le grand large et l'asphalte, la Bretagne
granitique et le New York des époux Johnson dans La Beauté
du Monde ? D'être né en Bretagne, répond-il,
dans l'émerveillement du poème du monde - et d'y avoir
été, aussi, cet enfant pauvre d'une mère employée
chez le chatelain local, qui rêvait de l'ailleurs et allait
prendre sa revanche. Mais une revanche littéraire.
Nous ne sommes pas d'ici est à la fois l'autobiographie au
long cours de Michel Le Bris et l'aventure d'une pensée en
mouvement, dessinant peu à peu les contours d'une métaphysique
de l'imagination créatrice : nous y traversons la Bretagne
tout à la fois refuge et invite au voyage, dans les vagues
de la baie de Morlaix ; la France d'un Mai 68 enchanté, "
où l'on prenait la parole comme on prenait la Bastille "
selon Maurice Clavel, son ami, jusqu'à se heurter au réel
qui le mène à faire huit mois de prison ! Et par dessus
tout, qui anime chaque page, l'amour fou de la littérature,
perçue comme approche de l'indicible, le pari obstiné
sur la capacité de création qui brûle en chacun
de nous à partir de laquelle, seule, peut se refonder une
espérance. Un parcours, un engagement, un regard.
Claire Legendre
L'écorchée vive
roman
Claire Legendre est née à Nice en 1979. Elle est l'auteur
de plusieurs romans : Making-Of, (HC, 1998), Viande (Grasset, 1999),
Matricule (Grasset, 2003), La Méthode Stanislavski (Grasset,
2006) et de nouvelles : Le Crépuscule de Barbe-Bleue (Grasset,
2002), Photobiographies (textimages, co-écrit avec J. Bonnetto,
HC 2007). Elle a été pensionnaire à la Villa
Médicis et Lauréate de la Fondation Jean-Luc Lagardère.
Elle vit actuellement à Prague.
Barbara est une jeune fille d'aujourd'hui, froide, un peu lisse.
Graphiste dans une petite entreprise, elle vit avec un jeune homme
qui lui ressemble, François. Barbara est sportive et mince,
presque belle, mais comme absente de la vie. Elle ne connaît
ni la joie ni le désir. Un matin, elle reçoit une
enveloppe anonyme : pas une lettre, mais une vieille photographie
de classe, une vingtaine d'enfants qui sourient, debout sur des
chaises. Le visage de Barbara a été découpé.
Cette photo la tétanise. Quelqu'un lui adresse du passé
son visage d'enfant découpé ? Menace ? Provocation
? Attentat. Barbara veut comprendre. Elle questionne sa mère,
qu'elle ne voyait presque plus. Elle pense au psychiatre qui l'a
longtemps suivie. Elle essaie de jouer le jeu, de continuer d'aller
au travail, de faire l'amour à son compagnon, mais elle ne
dort plus.
C'est que la jeune fille au visage lisse, enfermée dans son
joli corps, a un secret. Faut-il le révéler ici ?
Disons que Barbara a croisé, pendant des années, un
bébé, puis une petite fille, puis une très
jeune enfant au visage atrocement défiguré. Un monstre
qui ne peut pas jouer au bac à sable, qui fait fuir les enfants,
les parents, les maîtres, les petits amis. Un monstre à
cur blessé que nul ne peut supporter. Et si la science
a permis l'effacement de ces traits, l'horreur est toujours là,
invisible, fondatrice, dans la chair, dans ce cerveau blessé
Nata Minor
La coquetterie du malheur
roman
Née en Russie, Nata Minor suit très tôt ses
parents dans leur exil vers la France. Psychanalyste, elle est aussi
traductrice (sa traduction de l'Eugène Onéguine de
Pouchkine a obtenu le prix Nelly Sachs), et l'auteur de plusieurs
essais et de romans comme La Partie de dames (Le Reflet, 2001) ou
Le chapeau de Monsieur Freud (Grasset, 2004), la première
fiction ayant Sigmund Freud pour héros.
La narratrice, une femme âgée, se promène dans
un cimetière. Elle se remémore son enfance à
Rome, à Paris, avec un père adoré et une mère
ukrainienne un peu folle que des infirmiers sont venus chercher
un jour pour l'interner. Passent aussi, dans cette valse lente de
souvenirs, une grand-mère lettrée, la maîtresse
du père, la crainte de la Russie soviétique, qui paraît
menacer les émigrés de ses espions trop courtois.
Dans le cimetière, la narratrice rencontre une femme fantasque
qui lui remet un manuscrit en cyrillique
Cette promenade dans le passé, on y entre peu à peu,
comme dans un paysage sous la brume. Celle-ci s'éloigne à
mesure que la réalité se précise, sous forme
de souvenirs rapportés du passé par la conscience
de la narratrice. On découvre par bribes la vie de cette
femme qui, petite fille, aimait les parfums Guerlain et qu'on menaçait
d'une vie frivole. C'est aussi, dans le style nostalgique et plein
de charme de Nata Minor, un livre sur la difficulté de communiquer
entre les êtres.
Yves Pourcher
Trois coupes de champagne
roman
Né en 1955, Yves Pourcher enseigne l'ethnologie à
l'université de Toulouse-Le Mirail. Il est l'auteur de plusieurs
livres d'histoire, et d'essais dont Les maîtres de granit,
Les jours de guerre, Pierre Laval vu par sa fille, Votez tous pour
moi, Politique parade, et de deux romans, Le rêveur
d'étoiles et Avenue de Carthage.
En 1923, un jeune homme aux cheveux bruns et aux yeux noirs quitte
sa province et débarque à Paris. Il y trouve les lumières
des salons, l'ambiance des cocktails et des bals, le sourire des
femmes. Trois d'entre elles l'attirent, l'entraînent, le protègent
: Bettina, une belle américaine, mannequin chez Schiaparelli,
Lili de Chambure et Josée Laval.
Réceptions, champs de courses, défilés de mode,
dîners dans des hôtels particuliers, nuits interminables.
L'hiver, il skie à Saint Moritz et séjourne l'été
à Deauville, à Cannes ou à Antibes. Chez les
Bourdet, les Faucigny-Lucinge, les José Maria Sert, Lucien
rêve face à la mer et navigue sur les yachts des Rothschild
et de Daisy Fellowes. Les robes ont pris les couleurs des fleurs,
Lelong, Chanel, Balenciaga, les ont dessinées. Lucien travaille
pour le magazine Vogue. Les années filent, oisives, douces.
Chaque soir, l'orchestre joue : Jazz, tangos, valses, les têtes
tournent.
Soudain, l'histoire s'accélère. Lucien entre au service
de celui que Bettina a épousé : Gaston B., député,
chef de parti, personnalité ambiguë qui oscille entre
la gauche et la droite et, pour finir, passe au fascisme. Il connaît
aussi un journaliste, agent secret, Jean Fontenoy, mari de la belle
aviatrice, Madeleine Charnaux. Avec lui, il fume l'opium. Les lumières
des années trente s'éteignent. Dernière soirée
à l'ambassade de Pologne, bal rose de Philippe de Rothschild,
l'été 1939 s'achève.
La guerre éclate. Paris est occupé. Pétain
et Laval s'installent à Vichy. Lucien court après
les lumières de la collaboration et le champagne coule encore.
Sacha Guitry et Serge Lifar paradent, Cocteau passe et salue le
sculpteur d'Hitler, Arno Breker. Lucien suit Gaston B., nommé
ambassadeur à Moscou puis à Ankara. Il fréquente
l'ambassadeur d'Allemagne, Von Papen, s'installe à Therapia,
au bord du Bosphore. L'Histoire hésite : victoire ou défaite
allemande ? Stalingrad retentit comme un cri. Les cartes ont changé
de mains.
De retour à Paris, Gaston B. est arrêté. Lili
de Chambure est morte à Ravensbrück. José de
Chambrun s'enferme dans son appartement de la place du Palais Bourbon.
Mais le pire reste à venir : les regrets, ceux d'une vie
gâchée et de l'insupportable lâcheté.
Tout, désormais, paraît faux, vide, inutile. La vie
n'a plus aucun sens.
Collection " Ceci n'est pas un fait divers "
Patrick Eudeline
Rue des Martyrse
roman
Patrick Eudeline, musicien et critique rock de légende, a
collaboré à Rock and Folk, Actuel, Libération,
Nova et Technikart. Il est l'auteur de L'Aventure Punk (Grasset,
1977/2004), et de trois romans chez Grasset : Ce Siècle aura
ta peau (Florent Massot, 1997), Dansons sous les bombes et Soucoupes
violentes (Grasset, 2002 et 2004).
En 1966, la pop française explose : Jérôme,
minet de 17 ans, fils de concierge et le rock dans la peau, rêve
de gloire. Il traîne au Drugstore en attendant d'y voir ses
disques. Mais quand il signe son premier contrat chez Vogue, c'est
une reprise qu'on lui impose, une soupe mièvre et commerciale
. Pas le choix ? Jérôme n'est pas Chouraqui, son double,
son frère, né la cuiller en argent dans la bouche
; ni Gudule, amie bientôt amante, grandie à l'Ecole
Alsacienne entre la fille Picasso et la petite Filipacchi, et dont
le père, sociétaire du Français, peut ouvrir
toutes les portes.
Des seventies à l'an 2000, des Champs-Élysées
à Saint-Germain, de la Loco au Palace, du Fanta à
la vodka et à l'héro, des premières amours
au troisième sexe, du jerk au punk, des Beatles à
Bowie, de Gainsbourg à Bashung, les trois gamins grandissent.
Gudule ne vieillira pas : après une apparition remarquée
dans un film de Rohmer, l'égérie de chez Castel se
noie dans la drogue et le sexe - hard
Jérôme,
miracle en devenir, dévale le temps, et perd tout. Icône
des sixties kitschisé avant l'heure, petite idole disco rêvant
d'underground, produit périmé du show-biz, RMiste
en voie de clochardisation, il s'éclipse sans laisser d'adresse.
Et Chouraqui, qui aurait tout donné pour l'une et pour l'autre,
devenu producteur indépendant dans la seule idée de
faire de Jérôme une rock star, reste riche et seul
dans son XVIème. Quinqua divorcé, rentier bedonnant,
triste, il rumine ses chers souvenirs en compagnie d'une poupée
siliconée, et mange du Nutella en surfant sur Internet. Et
puis un jour d'octobre 2008, Jérôme revient
Juin
Isabelle Autissier
Seule la mer s'en souviendra
Roman
Isabelle Autissier, 51 ans, skipper confirmé, a participé
à quatre tours du monde à la voile et passé
cinq fois le cap Horn. Ecrivain, elle a écrit plusieurs ouvrages
dont Salut au grand Sud avec Erik Orsenna, Kerguelen, chez Grasset
et Versant océan, avec Lionel Daudet.
Il s'appelle Peter March. Il est anglais et c'est un bon marin,
mais surtout un inventeur de systèmes électroniques
pour voiliers. En 1969, une occasion se présente à
lui, à la fois de vivre la grande aventure et de prouver
l'excellence de ses inventions : la première course autour
du monde en solitaire et sans escale est organisée. Pour
satisfaire des concurrents disparates, la règle prévoit
la liberté de départ des côtes anglaises, entre
le 1er juin et le 30 septembre. Deux prix très bien dotés
seront donc attribués : l'un au premier qui reviendra, l'autre
au plus rapide sur le parcours.
L'angoisse saisit Peter lorsqu'il découvre une avarie grave
dans la structure des flotteurs du trimaran révolutionnaire.
Une escale est inévitable qui est synonyme d'abandon. Parallèlement,
ce rêveur se laisse aller à penser un monde idéal,
obéissant aux lois qui lui conviennent et qui lui permettrait
de gagner quand même. Seul en mer, sans personne pour l'arrêter,
il triche de plus en plus entre sa vraie position et la fausse.
La seule issue qu'il entrevoit est de simuler une panne de radio
et d'aller faire une escale secrète à Bahia Desolada
en Argentine. Il repart et erre dans l'Atlantique sud en proie à
un délire croissant. Pendant ce temps, trois rescapés
de la course passent le cap Horn. March décide alors de refaire
surface et de se positionner derrière eux, comme s'il avait
réellement couru. Knox Johnston va gagner le prix du premier
arrivé, Bernard Moitessier abandonne pour " raisons
philosophiques ". Tetley qui se sent talonné par March,
force trop et casse. March se retrouve donc en position de vainqueur.
Mais le face à face avec la mer, la solitude, l'angoisse
d'affronter cet énorme mensonge, le font glisser peu à
peu dans la folie. Alors qu'on l'attend en héros, il se jette
à l'eau, laissant deux livres de bord, le vrai et le faux
Elvire de Brissac
Voyage imaginaire autour de
Barbe Nicole Ponsardin Veuve Cliquot
(1777 - 1866)
Elvire de Brissac, auteur notamment de A pleur-joie (Prix des Deux-Magots),
Une forêt soumise, Au diable et Les Anges d'en bas (Goncourt
de la nouvelle 1999) a publié O dix-neuvième (prix
Femina de l'essai en 2001 et Il était une fois les Schneider
(2007). Ce Voyage imaginaire est le troisième et dernier
volet de cette saga familiale.
Barbe Nicole Ponsardin est née à Reims, le 16 décembre
1777. Son père, Nicolas Ponsardin, est un riche négociant
qui, en 1789, devient délégué du Tiers Etat.
Elle est l'aînée de trois enfants et, quand vient la
Révolution, elle voit son père, coiffé d'un
bonnet phrygien, planter des arbres de la liberté, tandis
que sa mère se désole. La petite fille de douze ans
s'amuse de ce remue-ménage et court avec son frère
en sabots, dans les rues de Reims. En juin 1797, elle épouse
François Clicquot, fils de Philippe Clicquot, négociant.
Ce mariage se déroule la nuit, dans une cave. A vingt-sept
ans, Barbe Nicole se retrouve veuve. Soudain va s'affirmer le caractère
trempé de cette femme qui, délaissant les conseils
apitoyés de son entourage, décide de prendre en mains
ce négoce. Elle cherche de l'argent, des associés
et crèe la société : " Veuve Clicquot
et Compagnie ". Tandis que les principales maisons de champagne
se livrent à une concurrence acharnée, Barbe Nicole
s'applique à perfectionner la qualité de ses vins.
Elle supervise également les ventes à l'étranger,
ce qui en ces temps troublés de guerres napoléonniennes
n'est pas une mince affaire. C'est au passage de la comète,
en juin 1811, que Barbe Nicole empruntera l'emblème qui est
la marque distincte de ses bouteilles. La maison s'appelle désormais
: " Veuve Clicquot-Ponsardin " et, seule, Barbe Nicole
en possède la signature. Son désir d'expansion s'accroit
encore. Elle décide d'acheminer ses bouteilles par bateau.
Tandis que Reims est pour la troisième fois aux mains des
Prussiens, Barbe Nicole surveille chaque étape de la fabrication
de son champagne, manutention, emballage, empaillage. Elle sait
très bien quelle part de rêve, de fête, de paillettes,
véhicule ce vin. Malgré de mauvaises années,
des banquiers qui la conseillent mal, les contrefaçons, Barbe
Nicole garde fermement les commandes de sa maison qui surmontera
la mauvaise fortune.
Dans ce texte, Elivre de Brissac s'emploie à restituer à
grands traits la trajectoire exceptionnelle d'une vie agitée
par les remous de l'Histoire, remous auxquels la Veuve Clicquot
a résisté grâce à une personnalité
d'exception, tenace, ambitieuse et rude mais aussi fantaisiste et
fleur-bleue. Passionnée par la réussite de son entreprise,
cette reine-mère du champagne a su faire de son nom une des
marques les plus renommées.
Arnaud Delalande
Les fables de sang
Roman
Arnaud Delalande, trente-six ans, est scénariste et écrivain.
Il est l'auteur de plusieurs romans, Notre Dame sous la terre (Grasset,
1998), L'Eglise de Satan (Grasset, 2002) La musique des morts (Grasset,
2003). Le piège de Dante (2006) a été traduit
dans dix-neuf langues.
Versailles 1774. Louis XV est mort. Longue vie à Louis XVI
et à Marie-Antoinette ! Le jeune couple sera bientôt
couronné et toute la Cour se prépare à la cérémonie.
Mais pendant ces semaines de transitions, six meurtres atroces sont
commis dans le palais et les jardins
. Un avertissement adressé
au futur monarque ?
Pietro Viravolta, connu sour le nom de " l'Orchidée
noire " et qui exerça ses talents à Venise, est
désormais au service très spécial de sa Majesté
le Roi de France.... On lui confie les missions les plus risquées.
Grâce à son audace et à son flair, il a ainsi
mis au jour un complot visant la jeune Autrichienne. Alors qu'un
assassin verse le sang dans les allées et les alcôves,
l'Orchidée noire est l'homme providentiel.
Chaque crime a été exécuté selon le
même rituel, illustrant chaque fois une fable ironique du
grand Jean de La Fontaine. Sur le corps dénudé de
la première victime, une jeune servante dévorée
par les loups, le pied tranché par un piège, Viravolta
découvre la fable " Le loup et l'agneau ", recopiée
dans le sang. Comme si le meurtrier invitait notre agent à
un jeu épouvantable, en annonçant ses prochains crimes
Sa signature ? " Le Fabuliste ". Seul problème
: ce Fabuliste a été tué par Viravolta cinq
années auparavant
C'est donc à un duel parmi
les morts que nous invite Arnaud Delalande
Dans ces pages cruelles et drôles, on croisera une série
de personnages pittoresques : Landretto, le grand ami de Viravolta,
éviscéré dans les bosquets grand-siècle
; une épouse vénitienne qui n'aime que les liens de
soie et la douceur de vivre ; un jeune roi qui fuit le lit où
rien n'est conjugal ; un inventeur d'armes secrètes et autres
bottes ; un certain Beaumarchais ; le roi d'Angleterre et ses espions
qui songent à un tunnel sous la Manche ; et un assassin énigmatique
né dans les tombes du Paris d'autrefois, où il retournera,
pour le bien de la France et la paix des familles
Théâtre
Mai
René de Obaldia
De l'Académie française
Merci d'être avec nous
Nouveaux impromptus
René de Obaldia, poète, romancier, dramaturge, citoyen
d'honneur de Waterloo, a été reçu à
l'Académie française en 2000. Son oeuvre est jouée
dans le monde entier. Son Théâtre intégral a
paru chez Grasset en octobre 2001.
Merci d'être avec nous
L'heure des information télévisées.
Après la litanie des catastrophes, la présentatrice
reçoit sur le plateau Lili Galoche, vedette de cinéma
dont le film La brute épaisse va sortir prochainement sur
les écrans.
Interview de la vedette. Lili Galoche raconte le rôle qu'elle
incarne, ses relations avec le metteur en scène, nous livre
ses goûts, ses opinions : lieux communs, tissu d'insignifiances
- nous subissons quotidiennement cette apologie du verbiage
Une page de tournée
C'est dans un café que Sabine a préféré
donner rendez-vous à son mari pour l'entretenir d'une affaire
importante. Tout simplement, ele lui annonce qu'elle a décidé
de se séparer de lui. Gérard, abasourdi, ne veut pas
y croire.
Certes, depuis quelques temps, Sabine témoignait d'une certaine
froideur à son endroit. Mais ne traversait-elle pas une crise
? Les femmes ne sont-elles pas sujettes à de nombreuses "
variations atmosphériques " ? (Balzac).
En conclusion, Sabine lui assène : - Voilà, je tourne
la page.
Quoi ! Les moments magiques passés ensemble durant douze
années, les joies et les peines partagées, tout cela,
c'était " pour du beurre ", comme disent les enfants
!
A bâtons rompus
Deux amies, Véronique et Nadège, grâce à
leur téléphone portable communiquent entre elles,
alors que l'une se trouve au bord d'un lac, au Pérou et l'autre
à Paris, rue des Martyrs. Miracle de la technologie, et qui
permet aux deux femmes d'échanger des propos futiles, comme
c'est souvent le cas.
Mais n'y a-t-il pas là un certain pathétique ? Besoin
de communiquer avec l'autre (même si c'est parler pour ne
rien dire), afin de briser sa propre solitude.
Les retrouvailles
Deux ans que Lucien (Lulu) a quitté Sophie (Fifi) du jour
au lendemain, sans crier gare, sans laisser aucune trace.
Fifi ne s'en est pas encore remise.
Miracle ! Voici qu'un beau matin elle reçoit un coup de fil
de son ancien amant.
L'extra-lucide
Au soir d'une journée particulièrement éprouvante,
Madame Eva, " voyante extra-lucide ", après avoir
fait maintes incursions dans l'univers astral, se trouve au bord
de l'épuisement. Cependant, il lui reste une dernière
cliente à recevoir : Madame Caillou.
Lectures et Aventures
Mai
Henry de Monfreid
Le serpent rouge
Roman
Aventurier et écrivain français né en 1879
et mort en 1974. En 1911, il part pour Djibouti où il fait
commerce de café et de peaux. Sa connaissance géographique
de la région s'avère une source de renseignements
utile à la France durant la Première guerre mondiale.
Commence ensuite pour lui une vie de contrebandier qui lui vaut
plusieurs séjours en prison. Il se convertit à l'Islam
et prend le nom d'Abd el Haï (" esclave du vivant ").
C'est sur les conseils de Joseph Kessel qu'il publie ses aventures.
Pendant la Seconde guerre mondiale, il sert les Italiens puis, capturé
par les Britanniques, est déporté au Kenya. Il rentre
en France en 1947.
Le jeune guerrier massaï Karembo, accompagné de Djalia
qu'il a recueillie après la mort de son père lors
d'une razzia, longe le fleuve Tana pour rejoindre la propriété
de l'Anglais John Perth. Ce dernier, en maître blanc tout
puissant, exerce lâchement son autorité sur les jeunes
filles qui travaillent ses terres.
Karembo, d'abord embauché par John Perth pour la capture
d'animaux sauvages destinés aux zoos européens, devient
très vite victime des agissements du buana anglais et va
s'efforcer de protéger Djalia, séduite et abusée
par le maître.
Sans se rebeller ouvertement, le vaillant guerrier accepte les conseils
du sorcier Kissoï, personnage nimbé de mystère
qui exerce sur les indigènes et le buana lui-même une
étrange influence.
Henry de Monfreid
La perle noire
Roman
Doalé et Oméda, couple de pauvres pêcheurs des
bords de la mer Rouge, attrapent un jour dans leurs filets une perle
d'une rare beauté, dont la couleur noire, funeste présage,
ne manque pas de susciter la convoitise de pirates cupides et sans
scrupules. Doalé est assassiné tandis que sa femme,
enlevée par ses meurtriers, a tout juste le temps de cacher
la précieuse perle dans le grigri que son fils porte au cou.
Abandonné sur la plage, Djama grandit, tel un jeune Robinson,
d'abord élevé par une vieille bergère, puis
isolé sur l'île où l'a emmené son protecteur,
Rageh, un marchand arabe qui l'a recueilli sur son bateau pour le
mettre à l'abri des attaques des tribus.
Protégé par son courage et sa naïveté,
il a la sagesse de ne craindre ni le sort que pourraient lui réserver
les hommes, ni la nature, pourtant hostile.
Henry de Monfreid
Le roi des abeilles
Roman
Batio, qui a été élevé par une sorcière
au fond d'une gorge dont les falaises sont gardées par des
abeilles sauvages, se trouve, une fois homme, pris dans la tourmente
des guerres entre tribus. Son roi, le ras Michaël, est fait
prisonnier. Batio, en guerrier intrépide, mais surtout fou
d'amour pour Fatouma, la belle-fille au charme ensorceleur du ras,
part sur la trace de son maître. Lorsque enfin il le retrouve,
il obtient de ce dernier une bague qui le fera reconnaître
par Fatouma et grâce à laquelle il espère pouvoir
l'enlever. Mais d'autres, plus puissants que lui, essayent de mettre
la femme de l'empereur en sûreté. Pour pouvoir emmener
Fatouma dans son village, Batio devra user de maintes ruses, au
mépris d'Oméda, jeune vierge à l'amour infaillible.
Henry de Monfreid
L'homme aux yeux de verre
Roman
Unique fils du charpentier de marine Abdallah, Zeït vit avec
son père sur la côte d'Arabie et erre à travers
la brousse en rêvant d'aventures. Il rencontre un jour Amina,
fillette à la beauté sans égal qui se retrouve
bientôt orpheline de mère. Abdallah, pris de pitié
pour l'enfant, la recueille un temps chez lui avant de l'emmener
chez son père, un de ses vieux amis, qui fait désormais
commerce de perles et qui ignore tout de l'existence de cette enfant.
Voilà les deux amoureux séparés, jusqu'au jour
où le bateau sur lequel Médane travaille comme plongeur
mouille l'ancre près du village de Zeït. Médane,
qui a grandi avec Zeït, est aussi l'esclave du père
d'Amina. Le jeune amoureux voit là une occasion de revoir
sa belle et se fait engager comme plongeur, nourrissant le secret
espoir d'une pêche miraculeuse qui lui permettrait de demander
sa main. Mais c'est compter sans l'avarice peu scrupuleuse du père,
prêt à vendre sa fille au plus offrant, et la jalousie
calculatrice de Médane. Pour se retrouver, les deux amants
devront sillonner la côte de la mer Rouge et braver bien des
dangers.
Juin
Henry de Monfreid
Le trésor des flibustiers
Roman
Aventurier et écrivain français né en 1879
et mort en 1974. En 1911, il part pour Djibouti où il fait
commerce de café et de peaux. Sa connaissance géographique
de la région s'avère une source de renseignements
utile à la France durant la Première guerre mondiale.
Commence ensuite pour lui une vie de contrebandier qui lui vaut
plusieurs séjours en prison. Il se convertit à l'Islam
et prend le nom d'Abd el Haï (" esclave du vivant ").
C'est sur les conseils de Joseph Kessel qu'il publie ses aventures.
Pendant la Seconde guerre mondiale, il sert les Italiens puis, capturé
par les Britanniques, est déporté au Kenya. Il rentre
en France en 1947.
1686. Le jeune Louis Hennequin, fils d'un marin français
et d'une esclave affranchie des Antilles, est embarqué de
force à Bordeaux sur un bateau de la Compagnie des Indes
occidentales. Sur l'île de Saint-Domingue, à la faveur
d'une chasse aux taureaux sauvages, il parvient à prendre
la fuite.
Réduit à une vie de Robinson, il se trouve incorporé
malgré lui à un clan de boucaniers avant de racheter
sa liberté. Arrive alors un navire chargé de femmes
de mauvaise vie ; parmi elles, captive, Lolita, l'amour d'enfance
de Louis. Tous deux arrivent à fuir et s'embarquent sur l'Espada.
De boucanier à flibustier, Louis, que tous veulent posséder
pour sa connaissance du calcul nautique, secret que gardent jalousement
les capitaines de navires négriers pour rester maîtres
de leurs équipages, est entraîné dans un tourbillon
d'enlèvements, de fuites et de machinations.
Henry de Monfreid
Le mystère de la tortue
Roman
Carmen, fille du gouverneur Don Carlos emprisonné, est éloignée
d'Espagne par sa marâtre. Enlevée par des pirates,
elle succombe au charme d'un cheik arabe, Abdulkader, et lui donne
une fille, Carmencita, avant de mourir.
Eperdu de douleur, Abdulkader part pour la Mecque dans le dessein
d'élever un mausolée à la mémoire de
sa bien-aimée, mais meurt en chemin. Sa tombe, sur les bords
de la mer Rouge, renferme un coffret qui contient tout l'héritage
de Carmencita - des perles superbes et un médaillon aux armes
de Don Carlos.
Trois siècles plus tard, le jeune Kassim navigue en mer Rouge,
au gré des vents de mousson. Ses aventures le conduisent,
après bien des péripéties, à trouver
la tombe du cheik et le précieux coffret
Henry de Monfreid
Le testament de pirate
Roman
Afrique noire, dix-neuvième siècle. Alors qu'il met
le cap sur les Antilles, les Anglais prennent à l'abordage
le navire négrier sur lequel se trouve Théodore et
enlèvent sa bien-aimée.
Les tribulations d'Esther la mènent, de navires en navires,
de la côte ouest de l'Afrique à Londres, puis toujours
plus loin vers la côte est du continent noir. Elle passe de
mains en mains, tantôt destinée à devenir la
favorite du roi du Dahomey aux huit cents femmes, tantôt à
goûter l'oisiveté du harem de quelque sultan d'Arabie,
de Perse ou des Indes.
Aidé dans sa quête pour la délivrer par Tom,
le fidèle esclave à la réputation de sorcier,
Théodore n'aura de cesse de sillonner les mers pour retrouver
sa belle.
Littérature étrangère
Mai
Paul Theroux
Suite indienne
Roman
Traduit de l'anglais par Pierre Demarty
Paul Theroux est né dans le Massachusetts en 1941. Il est
l'auteur de nombreux romans et récits de voyages, dont Railway
Bazaar (1987) et Patagonie Express (1988), tous deux réédités
en " Cahiers rouges " en 2006, La Chine à petite
vapeur (1989), Les îles heureuses d'Océanie (1993),
Les colonnes d'Hercule (1997) et Hôtel Honolulu (2002), tous
publiés chez Grasset.
Un couple de riches Américains se prélasse dans un
spa au sommet d'une colline de l'Himalaya. Entre deux séances
de yoga, chacun va se laisser prendre, en secret, au jeu de la séduction
et des amours interdites. Révélant les fissures de
leur couple, l'Inde paradisiaque pour touristes montre soudain un
visage bien sombre - jusqu'à la catastrophe.
A Bombay, un homme d'affaires américain, envoyé en
mission par sa firme, seul, désabusé, égaré
dans le vacarme et la crasse de la ville, est bouleversé
par sa rencontre avec une mendiante, dont il fait sa protégée
et sa maîtresse. Il croit renaître dans les bras de
la jeune fille, mais se rend bientôt compte qu'elle le manipule
et l'entraîne vers sa perdition - à moins que ce ne
soit son salut ?
Alice, étudiante américaine partie à la découverte
du bouddhisme à Bangalore, rencontre un ambitieux employé
d'un centre de télécommunications, symbole de la nouvelle
Inde industrielle et conquérante - lequel cherchera en effet,
et par tous les moyens s'il le faut, à conquérir l'innocente
jeune fille. Alice se laisse emporter, et bientôt menacer,
par les sortilèges d'une Inde dangereuse, mais aussi par
le regard bienveillant d'un éléphant, divinité
locale auprès de laquelle elle trouvera refuge .
Trois histoires, trois descentes aux enfers : le destin croisé
de trois Occidentaux perdus (" lost in translation "
)
au cur d'un pays inconnu - et de leur propre existence. Dans
ce triptyque romanesque plein de bruit et de fureur, Paul Theroux,
avec une cruauté subtile, bouscule les clichés de
l'Inde touristique pour en révéler l'envers insoupçonné.
Thrillers
Mai
Ted Dekker
Adam
thriller
Traduit de l'américain par François Rosso
Né en Indonésie en 1961, Ted Dekker est, dès
son plus jeune âge, en contact avec une multiplicité
de cultures présentant chacune leur interprétation
de la vie et de la foi. Aux Etats-Unis, il poursuit des études
de théologie et de philosophie avant de se consacrer entièrement
à l'écriture. Ses romans, qui mêlent psychologie
et suspense, sont prétexte à une confrontation du
Bien et du Mal. Ted Dekker vit aujourd'hui au Texas.
Premier tome d'une trilogie qui a été un best-seller
international, Adam relate l'enquête obsessionnelle de Daniel
Clark, psychologue comportemental au FBI, sur les traces d'un tueur
en série surnommé Eve. Ce dernier tuerait ses victimes
en leur inoculant une souche encore inconnue de méningite.
En profiler acharné, Daniel est entré dans la tête
du tueur et sait quand il va frapper. Mais ce qu'il ignore, c'est
qu'il sera la prochaine victime d'Eve : son premier Adam.
Tout bascule par une nuit de nouvelle lune : alors que Daniel et
Lori Ames, la jeune médecin légiste qui l'accompagne,
tentent de sauver la seizième victime du tueur, Daniel reçoit
une balle en pleine tête et est laissé pour mort. Lori
parvient finalement à le ressusciter mais ces vingt minutes
de trou noir continuent de le hanter jour et nuit. Le seul moyen
pour lui de se libérer de ce mal qui le ronge et de revoir
le visage de son assassin est de mourir à nouveau
Ce
n'est qu'à cette condition qu'il aura accès à
une vérité toujours refoulée
et qu'il
pourra sauver son ex-femme.
Juin
Michael Palmer
Le dernier échantillon
thriller
Traduit de l'américain par Delphine Rivet
Michael Palmer a été médecin hospitalier pendant
plus de vingt ans dans de grands hôpitaux américains.
Il est l'auteur de plusieurs best-sellers et a été
traduit dans trente-cinq langues. Le dernier échantillon
est son huitième thriller médical paru chez Grasset
après De mort naturelle (1996), Traitement spécial
(1997), Situation critique (1998), Un remède miracle (2000),
Le patient (2001), Vaccin fatal (2003) et Système (2006).
Nathalie Reyes, ancienne athlète et brillante étudiante
à la Havard Medical School, est kidnappée à
Rio de Janeiro où elle devait assister à un congrès
international. Alors qu'elle tente de s'échapper, elle est
blessée et laissée pour morte dans une sordide ruelle
des favelas.
A des milliers de kilomètres de là, le savant Joe
Anson travaille sur un mystérieux sérum qui pourrait
sauver des millions de vies humaines. Il ne lui manque que peu de
temps pour faire aboutir ses recherches, qu'en génie paranoïaque
il a jusqu'à présent tenues secrètes.
A Chicago, le détective privé Ben Callahan, homme
à la dérive spécialisé malgré
lui dans l'adultère, est chargé de découvrir
l'identité d'un inconnu retrouvé mort, le corps couvert
de marques bien singulières.
De Boston à Rio, des hautes-terres camerounaises à
la forêt équatoriale, ces trois personnages, que tout
semble séparer, vont se retrouver au cur d'un gigantesque
complot médical où seules la confiance, la rapidité
et l'acuité pourront les sauver.
Essais, documents
Mai
Alain Baraton
L'amour à Versailles
Essai
Alain Baraton travaille depuis plus de trente ans dans le parc de
Versailles et dans le domaine de Trianon, dont il est le jardinier
en chef. Il est l'auteur, entre autres, du Jardinier de Versailles
(Grasset, 2006) et, avec Jean-Pierre Coffe, de La véritable
histoire des jardins de Versailles (Plon, 2005). Il tient une chronique
hebdomadaire de jardinage sur France Inter ainsi que sur France
2.
Louis XV dégustant des fraises sur les seins de ses maîtresses,
Mme de Maintenon dans les bras du confesseur du roi à la
faveur d'une chandelle malicieusement éteinte, Catherine
de Médicis achetant les terres de Versailles par amour pour
un prélat, Louis XIV trompant la vigilance de la duchesse
de Navailles pour rejoindre les filles d'honneur à l'étage,
ou encore Marie-Antoinette mise en quarantaine à Trianon,
seule en compagnie de quelques marquis en guise de médecins
: les rois et les reines de France n'ont pas craint de troquer leur
vertu, sinon leur prestige, en échange de leur bon plaisir,
ni de remplacer les révérences par quelques cabrioles
audacieuses. Valets, favorites et courtisans ne se font pas prier
pour rivaliser avec leurs maîtres : il semble plus distrayant
d'être libertin sous les rois absolus que libéré
de l'absolutisme. À côté de la grande Histoire,
édifiante, instructive, sérieuse, la petite histoire
est, à Versailles, savoureuse.
C'est ce château, intime, plein de soupirs, de secrets d'alcôves,
de fous rires et de quelques chagrins d'amour, qu'Alain Baraton
s'amuse à faire revivre, lui qui entretient avec le lieu
une passion intime. Ne croyons pas que les battements de cur
et de cils aient cessé avec la Révolution : c'est
à Versailles que le général De Gaulle a demandé
la main de sa future épouse, et que quelques conférences
aux sommets, on ne peut plus républicaines, ont donné
naissance à des rencontres inattendues entre grands de ce
monde ; aujourd'hui encore, les anecdotes récoltées
par les jardiniers ne manquent pas de piment
Mêlant des souvenirs personnels à une documentation
précise et souvent originale, Alain Baraton nous convie à
une promenade amoureuse, et inédite, dans un lieu exceptionnel.
Philippe Garnier
Freelance
Grover Lewis à Rolling Stone :
Une vie dans les marges du journalisme
Né en 1949, Philippe Garnier est collaborateur à Libération,
traducteur et auteur de six livres. Honni soit qui Malibu (Grasset,
1996) traitait des écrivains à Hollywood ; Les coins
coupés (Grasset, 2001) de rock, de journalisme et de termites
; et Caractères (Grasset, 2006), des acteurs de rôles
dits secondaires.
L'Amérique a connu une étrange période, entre
1965 et 1975, où soudain les barrières semblaient
tombées, les frontières ouvertes, les institutions
en déroute. Dans cette faille s'est immiscé ce qu'on
a appelé la "presse alternative". Le magazine Rolling
Stone fut l'incarnation la plus parfaite et déjantée
de ces années, de cette culture ; et le journaliste Grover
Lewis, son antihéros le plus flamboyant.
Précurseur du journalisme dit " gonzo ", spécialiste
du reportage en immersion (souvent imbibée) sur les plateaux
de cinéma, ce Texan renégat, hanté par un passé
tragique, faux dilettante foutraque et véritable écrivain
à qui ne manqua que d'écrire son livre, signa une
poignée d'articles seulement, mais d'une mémorable
insolence et d'une inimaginable liberté - sur Sam Peckinpah,
sur le tournage de La Dernière Séance et de Vol au-dessus
d'un nid de coucou, ou encore sur Robert Mitchum, qui ne s'en remit
jamais tout à fait. Et Philippe Garnier non plus, dont la
vie fut bouleversée à plus d'un titre par la rencontre
avec Grover Lewis.
Freelance est le portrait de cet homme-là, qui fut pour l'auteur
inspiration, mentor et ami. C'est le récit d'une vie compliquée,
et à sa manière exemplaire. C'est aussi, entre les
lignes et dans les marges, le portrait d'une époque qui,
comme Lewis, mourut trop tôt pour achever ce qu'elle avait
commencé. C'est enfin un hommage pleinement revendiqué
au journalisme tel que Philippe Garnier le conçoit, tel que
Grover Lewis l'avait inventé, et tel, hélas ou tant
mieux, qu'on ne le pratique plus.
Salomé Zourabichvili
La tragédie géorgienne, 2003-2008
Document
Salomé Zourabichvili, diplomate française, a été
également ministre des Affaires étrangères
de Géorgie, de mars 2004 à octobre 2005. Elle vit
aujourd'hui entre Paris et Tbilissi où elle incarne, pour
de nombreux Géorgiens, un nouvel espoir politique. Elle a
publié un livre de témoignage, Une femme pour deux
pays, chez Grasset, en 2006 et Les Cicatrices des nations, aux éditions
Bourin, en 2008.
Ce livre relate les événements qui se sont déroulés
en Géorgie, depuis " la Révolution des roses
" du 23 novembre 2003 (à la suite de laquelle Mikaïl
Saakashvili s'installe au pouvoir) au 7 août 2008, où
toutes les télévisions retransmettent les images des
chars russes qui se dirigent vers Tbilissi.
Que s'est-il passé entre ces deux dates ? C'est ce à
quoi S. Z., française et géorgienne, répond,
à partir de son expérience en tant que ministre des
Affaires étrangères de Géorgie, au sein de
ce jeune gouvernement, de mars 2004 à octobre 2005. Elle
avait quitté son poste d'ambassadeur de France en Géorgie
et sa carrière de diplomate, pour rejoindre cette aventure
enthousiasmante. Mais elle va peu à peu découvrir
l'envers du décor. Le rêve vire au cauchemar : en octobre
2005, elle est limogée pour avoir trop cru aux idéaux
proclamés par ce nouveau régime.
Dans ce texte, S.Z. décrit sa prise de conscience progressive
d'une démocratie qui se délite : d'abord le décès
suspect du premier ministre, puis la mise en place, pan après
pan, d'un " village Potemkine ", qui a pour but de dissimuler
le délabrement du pays, puis les oligarques et leurs rapports
intéressés avec le pouvoir, enfin le personnage inquiétant
du Ministre de l'intérieur, âme damnée de Saakashvili
(comme Beria le fut pour Staline) et la personnalité ambigüe
de Saakashvili lui-même. Au début, S.Z. participe de
l'aveuglement collectif, soutenue par la conviction qu'elle fait
progresser la démocratie. C'est à elle que revient
la charge de négocier le retrait des bases militaires russes
de Géorgie. Elle nous livre, à ce propos, le récit
passionnant de ses conversations avec son homologue russe. Hélas,
le succès qu'elle aura obtenu sera de courte durée
et, en août 2008, elle va assister, impuissante, au retour
en force de l'armée russe, au cur du territoire géorgien.
Cette chronique d'une guerre annoncée est l'histoire d'une
conquête du pouvoir et de son évolution ; ce pouvoir,
peu à peu, envahit tout, justifie tout et substitue une autocratie
à la démocratie dont rêvait S.Z. C'est l'histoire
d'un terrible gâchis.
Juin
Bertrand Dicale
Louis de Funès
Grimaces et gloire
Biographie
Depuis une quinzaine d'années, Bertrand Dicale écrit
sur les cultures populaires dans la presse (Chorus-Les Cahiers de
la chanson, rfimusique.com, longtemps au Figaro
), en parle
à la radio (au " Fou du roi " sur France-Inter,
notamment) et les explore pour la télévision. Outre
sa participation à plusieurs ouvrages collectifs, il est
l'auteur de Gréco, les vies d'une chanteuse, La Chanson française
pour les Nuls, L'extravagante épopée du Printemps
de Bourges et Gainsbourg en dix leçons.
Nous aimons tous Louis de Funès. Son visage nous est plus
que familier, nous ne savons plus combien de fois nous avons vu
La Grande vadrouille, la série du Gendarme, Le Tatoué
ou L'Homme orchestre. Sa gloire compte parmi les quelques véritables
consensus de la culture française : l'évidence de
son génie comique, l'efficacité de son répertoire
de grimaces, la puissance historique de dizaines de scènes
que chacun connait
Nous l'avons tous un jour imité
quand il répète " alors là, il m'épate
! " dans Le Corniaud, quand il tire sur son nez dans Oscar,
quand il se lance dans la danse des Aventures de Rabbi Jacob
Nous aimons tous Louis de Funès mais nous le connaissons
mal, nous le comprenons mal. Comment se fait-il qu'un acteur dont
le talent nous semble aussi éclatant ne se soit vraiment
imposé qu'à l'âge de cinquante ans, et après
avoir déjà tourné environ cent vingt films
? Comment se fait-il qu'on ne l'ait jamais vu jouer un rôle
dramatique ? Comment se fait-il que son règne sur le cinéma
comique français dure toujours ? Comment se fait-il que Louis
de Funès - et c'est unique - soit toujours un acteur génial
même dans de mauvais films ?
Bertrand Dicale a cherché à répondre à
ces questions à travers une longue enquête : il a rencontré
des dizaines de témoins, retrouvé des archives inédites,
relu des milliers de critiques et d'articles de presse
et
exploré la foisonnante filmographie de Louis de Funès.
Ainsi, ce livre n'est pas seulement une plongée dans la vie
et dans la carrière de l'acteur. Grimace et gloire, Louis
de Funès est aussi la traversée d'un demi-siècle
de notre culture populaire, une exploration de notre mémoire
- et de nos amnésies - collectives, une plongée dans
les mutations de notre cinéma depuis la Libération.
Le dense récit biographique est également semé
de centaines de documents : extraits de dialogues, variantes de
scénarios, témoignages, statistiques du box office
Laurent Fignon
Nous étions jeunes et insouciants
document
Laurent Fignon, né le 12 août 1960 à
Paris, débute sa carrière professionnelle en 1982,
après plus de cinquante victoires chez les amateurs. Il se
révèle en 1983, en remportant le Tour de France, à
sa première participation. L'année suivante, il gagne
une fois encore la Grande Boucle et devient, à 24 ans, le
héros de toute une génération et l'un des grands
noms du cyclisme français. On se souvient de sa célèbre
défaite du Tour de France où il arrive à la
deuxième place, derrière l'américain Greg LeMond,
pour huit secondes d'écart après 3000 kilomètres
de course. Consultant pour Eurosport et France Télévisions,
il commente le Tour de France depuis 2006. En septembre 2008, il
a rejoint l'équipe du " Club Sport " sur Europe
1. Il vit entre Paris et les Pyrénées.
" Nous n'avions peur de rien " : tels sont les premiers
mots de Laurent Fignon, cycliste d'exception qui, entre 1982 et
1993, au gré de multiples victoires (Tour de France, Tour
d'Italie, Milan-San Remo, Flèche Wallonne, etc.) a connu
tout ce qu'un champion peut espérer et redouter : la gloire
absolue ; une blessure grave ; des périodes de doute et de
détresse ; quelques dérapages médicaux et autres
tentations. Mais qui, surtout, incarna une époque bénie,
pleine d'enthousiasme et de fièvre, à la charnière
des archaïsmes d'antan et des ambiguïtés d'aujourd'hui.
Homme de caractère ne cachant jamais ce qu'il pense, ni avec
ses amis ni avec ses adversaires, égratignant son image s'il
le faut, l'ancien champion, devenu un commentateur redouté
sur France 2, a pris la plume pour dévoiler l'envers du décor.
La camaraderie, la fraternité, les trahisons, les combines,
le dopage, les filles, les fêtes...
Sa vivacité, sa liberté de ton, sa manière
presque pamphlétaire de distiller de la contradiction sur
son parcours de sportif hors normes, cette espèce de flirt
aux marges de sa propre insouciance, permettent à Laurent
Fignon d'expliquer pourquoi il fut l'un des derniers dépositaires
d'un " âge d'or " finissant. Celui d'un cyclisme
parvenu sans le savoir à son apogée, avant que des
tempêtes inavouables ne viennent en consumer un peu l'esprit.
Mais pas tout à fait la passion. Et surtout pas celle de
l'auteur, infiniment attaché à une certaine idée
du vélo. " L'essentiel, je l'ai toujours fait sérieusement
sans trop me prendre au sérieux. ", écrit-il.
Revues
Mai
La Règle du Jeu n° 40
Quatre conférences de Bernard-Henri Lévy
Le Mal, s'il est absolu (conférence aux Recollets).
Conférence BHL- Zizek à la NYPL : La violence et la
Gauche à l'âge des ténèbres.
L'état du théâtre en Europe (conférence
aux Etats généraux du théâtre, à
Nice)
La littérature et l'étude - conférence du 30
novembre, espace Rachi
Les Cahiers Rouges
Mai
Jacques Laurent
Le petit canard
Jacques Laurent est né à Paris en 1919. Journaliste,
écrivain, critique littéraire, il a écrit,
entre autres : Les Corps tranquilles, Le Petit Canard, Les Bêtises,
L'inconnu du temps qui passe (Grasset, 1994), Moments particuliers
(Grasset, 1997). Il a été élu à l'Académie
française en 1987.
Pendant la " drôle de guerre ", deux jeunes gens
s'aiment avec passion sur la route du Sud, puis se détruisent
dans le fracas d'une Europe à feu et à sang. Avec
Le Petit Canard, Jacques Laurent a écrit un bouleversant
roman de la famille du Diable au corps et de Thomas l'imposteur
qui, en trente ans, n'a pas pris une ride.
Irène Némirovsky
Les mouches d'automne
précédé de
La Niania
et suivi de
Naissance d'une Révolutione
Cette nouvelle édition des Mouches d'automne (1931), par
Olivier Philipponnat, co-auteur avec Patrick Lienhardt de La Vie
d'Irène Némirovsky (Grasset, 2007, grand prix de la
biographie du Point, 2008) présente trois inédits
récemment retrouvés d'Irène Némirovsky,
autour du regret de la Russie absente.
La Niania (1924) est le premier texte jamais paru sous le nom d'Irène
Némirovsky, dans Le Matin. C'est la version condensée
d'une nouvelle - ici intégralement reproduite - entreprise
après l'arrivée en France de ses grands-parents maternels,
évacués de Crimée. La Niania (la bonne d'enfants),
avec ses accents tchékhoviens, illustre la vie absurde des
familles russes déracinées dans la France d'après-guerre.
Cet embryon des Mouches d'automne en révise la source autobiographique.
Pour Irène Némirovsky, comme pour ses parents et pour
la plupart des émigrés russes, la Révolution
russe était synonyme d'arbitraire et d'arrachement à
la terre natale. Adolescente lors des événements de
février 1917, elle en conservait des souvenirs ambigus, rapportés
en 1938 dans Naissance d'une Révolution, qui relate le simulacre
d'exécution dont elle fut le témoin. On jugera de
son antibolchevisme teinté d'ironie en découvrant
Deux Romans Russes, une chronique de littérature étrangère
parue en 1935 : nullement dupe des lourdeurs du réalisme
socialiste, Irène Némirovsky s'y réjouit d'entendre
chez les auteurs soviétiques les accents mal réprimés
d'une " nostalgie inavouée ".
Deux figures de la Russie - le sourire d'une vieille bonne, le rictus
d'un cocher fanatisé - composent la physionomie ambivalente
des Mouches d'automne, chef-d'uvre d'Irène Némirovsky.
Comme dans La Niania, la vieille bonne s'y suicide par noyade, reflet
d'une autre mort, bien réelle, celle de la chère gouvernante
française de l'auteur, qui se précipita dans les eaux
glacées de Saint-Pétersbourg un jour d'hiver 1917,
folle d'exil dans un pays barbare. Ce mélange d'horreur et
de nostalgie forme le motif principal du présent " Cahier
rouge ".
Mondes vécus
Mai
Ruwen Ogien
La vie, la mort, l'Etat
Essai
Ruwen Ogien est directeur de recherches au CNRS. Il a déjà
publié : Penser la pornographie (PUF, 2003), Le rasoir de
Kant et autres essais de philosophie pratique (L'éclat, 2003)
et La honte est-elle immorale ? (Bayard, 2002) et La panique morale
(Grasset, 2004).
Depuis une dizaine d'années, Ruwen Ogien s'est fait une
spécialité de " penser " les problèmes
éthiques en dehors de toute morale ou de métaphysique
implicite. C'est donc en sociologue d'une réalité
située " par delà le Bien et le Mal " qu'il
aborde, dans ce nouvel ouvrage, les questions relatives à
la vie et à la mort - et ses conclusions ne manqueront pas
de bousculer les officines du " politiquement correct ".
Car, dans leur état présent, les lois de bioéthique
relatives à la procréation et à la fin de vie,
n'ont rien de permissif. Elles interdisent, par exemple, les mères
porteuses, la sélection des embryons selon des critères
de convenance, ou les recherches sur les cellules souches. Elles
n'autorisent pas les gays, les lesbiennes et les femmes jugées
trop " âgées " (selon des critères
dont la transparence n'est pas la qualité principale) à
bénéficier de l'assistance médicale à
la procréation. Elles criminalisent toutes les formes d'aide
active à mourir, même en cas de demande manifestement
libre et éclairée d'un patient incurable en fin de
vie, auprès d'un médecin dont les convictions éthiques
ou religieuses n'y sont pas défavorables. Elles excluent
l'avortement tardif sans motif approuvé par un collège
de praticiens spécialisés.
Pourtant, si on y réfléchit bien (et c'est à
quoi nous invite Ruwen Ogien), tous les actes que ces lois excluent
par la menace ou la force ne causent de préjudice à
personne. En réalité, ce sont des crimes sans victimes,
ce qui revient à dire que ce ne sont pas des crimes du tout.
Dans la mesure où Ruwen Ogien estime que des lois rationnelles
ne doivent pas punir les crimes sans victimes, chacun devrait être
libre de faire ce qu'il veut de sa vie du moment qu'il ne nuit pas
intentionnellement aux autres. En conséquence, il soutient
la décriminalisation de l'aide active à mourir et
de toutes les formes de procréation qui, comme la gestation
pour autrui, exposent actuellement à des sanctions pénales.
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