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Les Cahiers Rouges | Grasset-Jeunesse
Littérature Française
Janvier
Laurent BINET
HHhH
roman
Laurent Binet a 37 ans. Il est né à Paris. Il a effectué
son service militaire en Slovaquie et a partagé son temps
entre Paris et Prague pendant plusieurs années. Agrégé
de lettres, il est professeur de français en Seine-Saint-Denis
depuis dix ans et chargé de cours à l'Université.
HHhH est son premier roman.
Deux parachutistes tchécoslovaques envoyés par Londres
sont chargés d'assassiner Reinhard Heydrich, chef de la Gestapo,
chef des services secrets nazis, planificateur de la solution finale,
protecteur de Bohème-Moravie, surnommé " le bourreau
", " la bête blonde ", " l'homme le plus
dangereux du IIIe Reich ".
Après des mois de préparation, il est finalement abattu
dans sa Mercedes. Il s'ensuit une folle traque qui se termine dans
une église du centre de Prague.
HHhH est un acronyme inventé par les SS qui signifie en allemand
: " le cerveau d'Himmler s'appelle Heydrich " (Himmlers
Hirn heisst Heydrich).
L'essentiel de l'histoire se situe entre 1938 et 1942.
Le récit est structuré comme un entonnoir : des chapitres
courts relatent différents épisodes en divers lieux
et à diverses époques, qui tous convergent vers Prague
où s'est déroulé l'attentat.
Tous les personnages de ce livre ont réellement existé
ou existent encore. L'auteur a rapporté les faits le plus
fidèlement possible mais a dû résister à
la tentation de romancer. Comment raconter l'Histoire ? Cette question
conduit parfois l'auteur à se mettre en scène pour
rendre compte de ses conditions d'écriture, de ses recherches,
de ses hésitations. La vérité historique se
révèle à la fois une obsession névrotique
et une quête sans fin.
Jacques Chessex
Le dernier crâne de M. de Sade
Roman

Né en 1934 à Payerne et décédé
le vendredi 9 octobre, lors d'une conférence à Yverdon-les-Bains,
romancier, poète, peintre, Jacques Chessex était l'un
de nos plus grands écrivains de langue française.
On lui doit, entre autres, L'ogre (1973, Prix Goncourt), Monsieur
(2001), L'économie du ciel (2003), Le vampire de Ropraz (2007),
et Un juif pour l'exemple (2008). Ses livres sont traduits dans
de nombreuses langues.
"Un vieux fou est plus fou qu'un jeune fou, cela est admis,
quoi dire alors du fou qui nous intéresse, lorsque l'enfermement
comprime sa fureur jusqu'à la faire éclater en scènes
sales ?"
Quel est l'homme de 74 ans enfermé dans l'hospice de Charenton,
au printemps 1814, qui a commis tant de crimes et semble ne se repentir
en rien ? Fuyard, brûlé en effigie, rescapé,
embastillé, sodomite, blasphémateur, soupçonné
d'inceste, et pourtant encore là, bouillant d'idées
et d'ulcères, désireux de poursuivre l'uvre
de chair. Quel usage Mademoiselle Madeleine Leclerc fait-elle de
ses 16 ans, de son corps efflanqué, vicieux ? D'où
viennent ces hurlements ou ces soupirs ? A quoi l'isolement contraint-il
ces libertins en chambre ? N'aurait-il pas au moins peur de la mort,
où " chacune de ses paroles, chacun de ses actes résonnent
plus fort ? " Le forcené a en effet trois mois à
vivre.
Cet homme se nomme Monsieur de Sade. La figure dont Jacques Chessex
tire la matière de son récit, ce n'est pas le Sade
en gloire, mais le malade fulgurant, et plus encore ce que le romancier
complice à travers les âges raconte ici, ce sont ici
les destins successifs de son crâne, comme une extension naturelle
du corps sadien. Sade meurt en décembre 1814, sa tombe au
cimetière de Charenton sera ouverte en 1818, et son crâne
" ornement lui-même, de magie intense, de hantise sonore
" passe dans les mains du docteur Ramon, le jeune médecin
qui le veilla jusqu'à la mort. Relique, vanité, rire
jeté à la face de toutes choses, effroi érotique,
le crâne de M. de Sade roule d'un siècle à l'autre,
incendiant, révélant et occupant le narrateur de ce
livre
.
Cécile David-Weill
Les prétendants
Cécile David-Weill a déjà publié quelques
romans chez Grasset, dont Beguin, qui en son temps (1995) ont fait
grand bruit. Elle vit entre New-York et Paris. Les Prétendants
est, de loin, son roman le plus accompli, le plus ambitieux.
Ce roman a pour cadre une sublime demeure, " L'Agapanthe ",
située au cap d'Antibes. Laure, la narratrice et Marie, deux
surs d'une trentaine d'années, veulent à tout
prix empêcher leur père de vendre cette maison où
depuis toujours elles passent leurs étés. Elles vont
donc organiser un casting de riches prétendants dans l'espoir
que l'un d'eux, en épousant l'une des surs, sauve "
L'Agapanthe ". Ainsi, pendant quatre week-ends du même
été, vont défiler les éventuels prétendants.
C'est le point de départ d'une comédie de murs
où Cécile David-Weill décrit un milieu, la
très haute bourgeoisie d'affaires, bousculé entre
les anciennes élites et les nouvelles. Le trader, l'actrice,
le couturier, l'aigrefin, le boute-en-train, le pique-assiette,
le mondain, la canaille, se succèdent alors au rythme d'une
comédie humaine tendre et acide. Des Russes s'en mêlent,
on aperçoit Madonna et Pénélope Cruz, et d'autres,
beaucoup d'autres, sont aisément reconnaissables sous leurs
patronymes d'emprunt
L'Agapanthe restera-t-elle dans la famille ? Quel " prétendant
" l'emportera ? Cela a peu d'importance, au fond. Cécile
David-Weill n'a voulu, dans ce livre, que décrire un milieu
qu'elle connaît bien. On s'y divertit à chaque page.
En s'instruisant, bien sûr, sur les murs d'une classe
sociale qui, finalement, n'est pas plus à l'abri qu'une autre
sous les lambris dorés de ses belles villégiatures
Marc Lambron
Théorie du chiffon
Roman
Critique littéraire au Point, chroniqueur à Madame
Figaro, Marc Lambron est l'auteur chez Grasset de plusieurs romans
: 1941 (1997), Etrangers dans la nuit (2001), Les Menteurs (2004),
Une saison sur la terre, Carnet de Bal, 2 (2003). Il a publié
avec succès Mignonne, allons voir
(2006) et Eh bien,
dansez maintenant (2008).
Il s'agit d'un petit livre étincelant, pétaradant,
drôle, cruel, snob, subtilissime. Il n'est composé
que d'un dialogue - mais quel dialogue ! - entre Jean-Louis Beaujour
et Hélène Dumas. Qui est-il, lui ? Un très
grand couturier, chimère de Karl Lagerfeld, de Galliano,
de Marc Jacobs, d'Elbaz, d'Alexander Mac Queen. Qui est-elle, elle
? Une chroniqueuse de mode chic, très informée sur
les coulisses du petit-grand monde de la fringue et du chiffon.
Ensemble, avec des questions et des répliques sèches,
ils vont traverser un univers d'apparence, de modes d'argent, de
bon ou mauvais goût. Au passage, ces deux fins sociologues
dresseront surtout un bilan de l'époque. Entre l'Etre et
paraître, comment choisir ?
Tout, dans ce bref dialogue, pourrait être cité, tant
l'esprit y crépite. On parle de la vanité des hommes,
de la peur des femmes, des rides, de la silhouette, des préjugés,
du charme,du " moderne ", de la tradition. On pourrait
redouter des propos de magazine, frivoles et sans portée,
mais il n'en est rien : avec ce livre, Marc Lambron s'installe plutôt
dans la lignée des grands moralistes. Tout s'y déploie
dans la profondeur des surfaces, et l'on sort de ce dialogue plus
pessimiste, plus joyeux, plus intelligent qu'en y entrant. Un feu
d'artifices !
Véronique Olmi
Le premier amour
Roman
Véronique Olmi, romancière et dramaturge, a déjà
publié chez Grasset trois romans - La pluie ne change rien
au désir, Sa passion, La Promenade des russes - et une pièce
de théâtre (Je nous aime beaucoup). Auparavant, sa
pièce de théâtre Mathilde et son roman Bord
de l'eau, publiés chez Acte Sud, lui avaient déjà
acquis la faveur du public et des libraires.
Cette histoire d'amour s'ouvre étrangement : une femme,
qui prépare un charmant dîner pour fêter son
anniversaire de mariage, descend dans sa cave pour y chercher une
bouteille de vin. Celle-ci est enveloppée dans un vieux journal
où figure une petite annonce - qu'elle lit. Aussitôt,
elle remonte chez elle, éteint son four, prend sa voiture,
et s'en va
Qu'y avait-il donc dans cette petite annonce ? Pourquoi cette fuite
? On l'apprendra au fil du roman, un très beau et très
poignant roman où les saveurs de l'enfance se mêlent
au désarroi des adultes
L'héroïne de ce
livre arrivera bientôt à Gênes, en Italie. Dans
une belle maison, l'attend une femme - et un homme qui, semble-t-il,
a perdu la mémoire. A moins qu'il ait choisi de seulement
se taire
Flash-back : cet homme (très beau, très poétique)
a été, longtemps avant, le " premier amour "
de la narratrice. Puis, à la suite d'un épisode qui
ne sera révélé qu'à la fin, il a choisi
de devenir amnésique. Son épouse, soucieuse de raviver
sa mémoire morte, et sachant qu'il avait aimé la narratrice,
a fait publier cette petite annonce destinée à confronter
son époux à un cher souvenir d'enfance. Cette ruse
suffira-t-elle ? Et pourquoi cet homme, béni par la vie,
a-t-il ainsi choisi de se murer en lui-même ?
Dans ce roman, tissé de passé, et dont l'intrigue
est haletante, Véronique Olmi brasse la plupart des thèmes
qui lui sont chers : l'amour, la folie, les chansons, la fidélité
des sentiments, l'ineffaçable empreinte des premiers émois.
Elle atteint, avec ce livre, le sommet de son art romanesque.
Patrick Rambaud
De l'Académie Goncourt
Troisième chronique du règne de Nicolas Ier
Ecrivain précaire né à Paris en 1946. Auteur
officiel de trente livres. Auteur officieux du double. On lui doit
notamment, chez Grasset, une suite romanesque consacrée à
la fin de l'Empire : La Bataille (Grand prix du roman de l'Académie
française et prix Goncourt), Il neigeait, L'Absent et Le
Chat botté (2006).
Troisième chronique du règne de Nicolas Ier fait suite
aux déjà célèbres Chroniques du règne
de Nicolas Ier, qui ont été d'immenses succès
(janvier 2008 et 2009).
Dans sa précédente chronique, Patrick Rambaud nous
présentait un Souverain Précieux et modeste, adouci,
cravaté, libéré des mauvais courtisans et des
conseillers bling-bling. Nicolas Ier, aux mains de de l'habile première
dame, s'était converti à la tempérance, à
la sagesse, à l'équanimité. Le grand homme
perçait sur la talonnette. L'automne se présentait
bien, sur un matelas de feuilles de chêne mais
Tout s'effondra. La bourse. La croissance. L'économie. Les
ambitions libérales et fiscales. A mi-règne, la crise
rhabillait son Souverain. La faute à ces salauds de traders,
à ces incapables de banquiers, américains, français,
de tous pays, autrefois riches et unis, la faute à tous les
autres, à Adam Smith, à la Vicomtesse de La Garde,
au baron de Trichet, la faute au Premier Ministre Anonyme. Alors
ce fut la fin du programme de 2007 : le bouclier fiscal se fissura,
le chômage s'emballa, il n'y eut plus d'heures supplémentaires,
mais des usines vides, puis des usines occupées
et
Nicolas Ier nous épuisa, une fois encore, en paroles, en
chiffres, en faux mensonges et vraies vérités, courant
du Cap Nègre à Berlin, de Washington au parc de Versailles,
esquivant Villiers-le-Bel et La Courneuve
Patrick Rambaud ne s'en laisse pas compter. La légende dorée,
les communications chantournées ne sont pas pour lui. Il
a donc choisi de continuer son hilarante chronique, dressant ainsi
le véritable tableau du règne...
Poésie
Daniel Boulanger
De l'Académie Goncourt
L'Esplanade
poèmes
Daniel Boulanger, membre de l'Académie Goncourt, est l'un
des écrivains les plus importants de ce temps. Son oeuvre,
nombreuse et multiple (quelques 50 titres), s'épanouit surtout
dans le roman, le poème, le théâtre, la nouvelle.
Il est aussi célèbre comme acteur de cinéma.
(Ascenseur pour l'échafaud, de Louis Malle, entre autres
films fameux).
Dans la continuité d'Images, mes catins, Le tremble et l'acacia,
A quatre épingles, A dire vrai, Faubourg des fées,
Oboles et Fenêtre mon avenir, voici un nouveau volume des
poèmes de Daniel Boulanger. Ces courts textes, " définitions
imagées ", selon leur auteur, nous touchent d'autant
plus que leur sobriété provoque le jaillissement des
images dans une intensité rare.
" Depuis peu j'habite impasse de l'Avenir, un cul de sac en
appendice de l'Esplanade. On y entends de temps en temps la plainte
d'une chatte amoureuse - ou les hoquets de l'eau souffrant dans
les conduites. Quand je sors, les lointains sont proches. A l'Esplanade
je ne manque jamais de saluer le garde dans son pavillon en forme
de lanterne. On en tire un banc. Nous nous asseyons et nous nous
posons des questions sur les promeneurs. "
Charles Dantzig
La diva aux longs cils
poèmes
Charles Dantzig est l'auteur de plusieurs romans et d'essais récompensés
par de nombreux prix comme Je m'appelle François (Grasset,
2007) ou l'Encyclopédie égoïste du tout et du
rien (Grasset, 2009). Un de ses livres de poèmes, Que le
siècle commence (Les Belles Lettres, 1996), a obtenu le prix
Paul Verlaine.
Ce volume comprend les poésies quasi complètes de
Charles Dantzig jusqu'aux Nageurs, en incluant deux séries
de poèmes inédits, " Un Jour dans la vie du monde
" et " Musée des yeux " (suite de poèmes
centrés sur les yeux et le regard). De Les tombeaux bâillent
(2003) à Le Chauffeur est toujours seul (1991), ce volume
reprend des poèmes de tous ses recueils, comme Ce qui se
passe vraiment dans les toiles de Jouy (1999) ou le Bestiaire (2003).
Les poèmes sont précédés d'une préface
inédite (" Interview de l'auteur par lui-même
") et de deux brefs essais sur la poésie.
Le choix a été effectué par Patrick McGuinness,
professeur de littérature française à l'Université
d'Oxford.
Charles Dantzig
Les nageurs
poèmes
Charles Dantzig est l'auteur de plusieurs romans et d'essais récompensés
par de nombreux prix comme Je m'appelle François (Grasset,
2007) ou l'Encyclopédie égoïste du tout et du
rien (Grasset, 2009). Un de ses livres de poèmes, Que le
siècle commence (Les Belles Lettres, 1996), a obtenu le prix
Paul Verlaine.
Comme il l'avait fait avec À quoi servent les avions ?,
dont un des poèmes décrivait par avance la destruction
des tours jumelles, Charles Dantzig revient à un livre de
poèmes centré sur un thème unique : la nage.
Elle est ici à la fois bien réelle mais aussi métaphorique
et, après avoir abordé bien des types de rapports
avec l'eau, du surf à la plongée, de la piscine à
la mer, le volume se termine par des " Mémoires d'Océan
", où l'Océan parle à la première
personne.
Février
Pierre Chavagné
Auteur academy
roman
Pierre Chavagné, né en 1975 en banlieue parisienne,
vit et travaille dans le Sud de la France. Auteur Academy est son
premier roman.
" Dans ce siècle, la télévision était
plus puissante que le plus puissant des ministères ".
Sélectionné pour participer à une émission
de téléréalité qui doit permettre aux
spectateurs de suivre étape par étape la fabrication
d'une carrière d'écrivain, le narrateur, Pierre, s'installe
pour un an sur une île grecque - ou plutôt, il est enfermé
dans un monastère vieux de deux mille ans, en compagnie de
douze autres candidats à la gloire, et concurrents ipso facto.
Dans cette Villa Médicis version " Loft Story ",
les apprentis écrivains sont filmés 24h sur 24
Le soir, sur les plateaux de " praïme ", ils s'entretiennent
avec l'auteur controversé Michel Hache, écoutent sa
narcissique consoeur Christine Hang faire la lecture de son dernier
livre, et prennent, la journée, des cours de " marquetine
littéraire " auprès de l'Académicien au
teint halé Jeandeau, ou des leçons d'interviou avec
le célèbre animateur à la retraite, Bernard
Paix. Amitiés de circonstance, amour et jalousies, ambition
et mesquineries, cette " île de la création "
est un " Koh Lanta " pour aspirants au Goncourt.
Avec une ironie lucide et un cynisme plein d'humour, l'auteur ridiculise
les travers d'une société du divertissement, où
l'on croit qu'il est possible de fabriquer des écrivains.
Il croque avec justesse une galerie de fantoches, et fait rire le
lecteur aux dépens de ses personnages, le producteur et son
assistante, les candidats médiocres et les auteurs médiatiques,
dont la seule compétence est de dispenser à leurs
cadets des cours de parisianisme
Dominique Fernandez
De l'Académie française
Avec Tolstoï
Dominique Fernandez est né à Paris en 1929. Ecole
Normale Supérieur, agrégation d'italien, doctorat
ès-lettres. Il écrit régulièrement pour
le Nouvel Observateur. Il a obtenu le prix Médicis en 1974
pour son roman Porporino ou les mystères de Naples. Il a
publién entre autres, Jérémie ! Jérémie
! en 2006, L'Art de raconter en 2007 et Ramon en 2009.
Universellement célèbre, Tolstoï reste en même
temps assez méconnu, dans la mesure où l'on a réduit
son uvre à quelques personnages " romantiques
" : Natacha, le prince André, Anna Karénine,
et ses innombrables thèmes à la seule passion amoureuse.
Dominique Fernandez a relu ses livres, d'un il neuf, sans
idée préconçue, et découvert un écrivain
de combat, un des premiers qui aient dénoncé les horreurs
de la guerre (et en particulier de la guerre de Tchétchénie,
déjà injuste et cruelle en 1850), critiqué
le système judiciaire, carcéral, les scandales de
l'injustice sociale, les abus du pouvoir étatique, les impostures
de l'Eglise, etc. En face de son contemporain Dostoïevski,
porté au paroxysme et à l'outrance, il garde toujours
un ton juste et mesuré. Son style porte l'empreinte d'une
perfection intemporelle.
Avec Dominique Fernandez, on parcourt librement le monde de Tolstoï,
on y apprécie cette justesse de ton, ce calme, cette mesure
à la fiévreuse frénésie de son rival.
Ce livre s'efforce de tracer quelques avenues dans une uvre
immense. A côté des trois chefs-d'uvre, Guerre
et paix, Anna Karénine, Résurrection, des dizaines
de nouvelles et d'essais explorent tous les aspects de l'aventure
humaine. Tolstoï plaçant cette aventure sous le double
signe de la sexualité et de la mort, celui qui est sans doute
le plus grand romancier de tous les temps apparaît plus que
jamais notre contemporain.
Elise Fontenaille
Les disparues de Vancouver
Roman
Collection " Ceci n'est pas un fait divers ", dirigée
par Jérôme Béglé
Née en 1960 à Nancy, romancière, Elise Fontenaille
est l'auteur, entre autres, chez Grasset, de La gommeuse (1997),
Le Palais de la femme (1999), Brûlement (2006), L'aérostat
(2008).
" Pourquoi sortir l'affaire des disparues de Vancouver au
moment des Jeux Olympiques ? parce qu'elle en est le négatif
absolu
D'un côté, les cimes, la blancheur, la glace, l'exploit,
la vitesse, les corps vainqueurs, sublimés, venus du monde
entier, ce que Vancouver veut montrer au monde, une image rêvée
De
l'autre, la noirceur, un gouffre au cur de la ville - le downtown
eastside - les corps vaincus, prostitués, détruits,
drogués, les Indiennes - ce sont en effet les trois-quarts
des filles de Skid Row - l'échec, la mort, tout ce que l'on
voudrait cacher.
Le monde entier va parler de Vancouver, en février 2010 :
Les Disparues de Vancouver, c'est une autre façon de parler
de cette ville, à travers ce fait-divers terrifiant, qui
est avant tout un fait de société, glaçant,
révélateur du sort que l'Amérique du Nord réserve
à ses Indiens
On peut parler d'un génocide,
Les Disparues de Vancouver sont une métaphore de ce massacre,
sur lequel l'Amérique s'est bâtie, du nord au sud.
Affaire qui continue d'ailleurs, puisque d'autres filles ont disparu
du downtown eastside, neuf à ce jour, depuis l'arrestation
de Pickton le boucher ".
E.F.
Ilan Greilsammer
Une amitié espagnole
Roman
Ilan Greilsammer enseigne les sciences politiques et la civilisation
française à l'Université de Bar-Ilan, près
de Tel-Aviv. Il est l'auteur de nombreux essais sur la société
israélienne dont La nouvelle histoire d'Israël (Gallimard),
et surtout d'une biographie de Léon Blum (Flammarion) et
de l'édition des Lettres de Léon Blum à Buchenwald
(Gallimard).
" Je suis professeur israélien, j'enseigne les sciences
politiques dans une grande université israélienne
depuis de nombreuses années. Au fil du temps, l'un des sujets
qui m'ont le plus fasciné est celui du leadership. Qu'est-ce
qui fait un véritable homme d'Etat ? Regardant autour de
moi, en Israël comme en France ou en Europe, j'ai vu beaucoup
de politiciens, très peu d'hommes d'Etat. Dans mon pays,
les seuls qui sont dignes de ce nom ont sans doute été
David Ben Gourion, qui a créé l'Etat d'Israël
et Itshak Rabin, qui a osé signer les accords d'Oslo. En
France, j'avoue avoir été fasciné par deux
personnages : Charles De Gaulle et Léon Blum. Blum, surtout,
un homme qui, dans sa jeunesse a été un des grands
intellectuels, versé dans toutes les littératures,
en poésie comme en théâtre, peut-être
le plus grand critique littéraire d'avant la première
guerre mondiale, l'un des piliers de la célèbre Revue
Blanche qui joua un rôle central dans l'évolution des
idées et dans le combat pour Dreyfus. Son passage à
la politique m'a toujours paru, en soi, quelque chose d'extraordinaire
: comment un homme dont toute la vie est centrée sur l'écriture,
le roman et le théâtre peut-il se trouver tout-à-coup
au cur des événements, qui sont, avec la montée
des fascismes, les évènements les plus dramatiques
de l'histoire contemporaine ? Comment cet homme, dont la fidélité
en amitié était légendaire, pour qui les relations
d'altérité étaient aussi fondamentales, a-t-il
vécu son impuissance à agir lors de la Guerre d'Espagne,
lorsque ses amis républicains étaient massacrés
et qu'il ne pouvait agir pour les sauver ?
J'ai voulu écrire un roman autour d'un personnage qui ressemble
à Léon Blum. L'intellectuel est-il vraiment fait pour
entrer en politique et se salir les mains ? Quel rôle les
liens d'amitié personnels, les liens de jeunesse jouent-ils
dans la vie de l'homme d'Etat ? Comment rester fidèle à
ce que l'on a été ? Une Amitié espagnole raconte
l'histoire d'un homme très singulier, qui s'est trouvé
confronté à toutes ces questions, au travers de l'amitié
intense qu'il a nouée avec une jeune fille de Madrid. Il
était socialiste et humaniste, elle était communiste,
ils ont vécu quelque chose d'un lien entre amour et amitié,
mais la vie les a séparés. "
Françoise Henry
Le drapeau de Picasso
roman
Après avoir fait des études d'allemand, Françoise
Henry a publié un recueil de poésies en 1980. Elle
travaille à Radio-France comme comédienne, et comme
auteur de textes radiophoniques pour France Inter. Elle a publié
plusieurs romans, dont les deux derniers, Le Rêve de Martin
(2006, Prix Marguerite Audoux) et Juste avant l'hiver (2009) sont
parus chez Grasset.
Albert et Gina sont céramistes à Vallauris, mais
Albert, depuis qu'il a subi une opération qui l'a défiguré,
part souvent pour de longs voyages vers l'Orient. A la veille d'un
périple en Méditerranée, il demande à
Picasso, auquel il a dispensé autrefois des cours de poterie,
de lui peindre un drapeau
Ce récit est raconté par la petite cousine d'Albert,
adolescente invitée, chaque été, à venir
passer quelques jours de vacances chez eux. Elle pressent très
vite, devant ce couple qui se délite, l'influence inquiétante,
presque maléfique, d'un être invisible
Visage
halluciné peint sur le drapeau ? Comme une troisième
personne qui s'amuse à le détruire -à détruire
Gina surtout ? Ou tout simplement reflet - ou transfiguration -
du visage étrange, et pour Gina devenu étranger, de
celui qui vit à ses côtés
Tancrède Voituriez
Les lois de l'économie
roman
Tancrède Voituriez, économiste, dirige un programme
de recherche sur les conséquences de la mondialisation dans
un think-tank et un centre de coopération internationale.
Il est l'auteur de deux romans chez Grasset : Les grandes perturbations
et L'engagement.
Ce livre est l'histoire d'une erreur. La petite erreur d'un trader,
par ailleurs dévoué à sa banque, honnête,
fiable et performant. Une petite erreur de technique financière,
mais surtout de jugement, comme il s'en commet tous les jours dans
la finance, et plus encore dans nos vies. Ce livre raconte la banalité,
l'universalité même, de cette erreur, et la tragique
disproportion de ses effets. Qu'il s'agisse du trader ou de son
épouse, du psychanalyste de celle-ci ou du metteur en scène
qui aimerait coucher avec elle, tous soupèsent, calculent,
anticipent ; et tous se trompent. Il en va de même de Keynes
lorsqu'il spécule sur le cours du blé dans les années
1930. Il en va aussi de son amie Virginie Woolf lorsqu'elle raisonne
contre sa folie. Il n'y a qu'un terme possible à la spéculation,
c'est la mort. Woolf n'a pas commis d'erreur en comptant les cailloux
qu'il lui fallait mettre dans ses poches pour couler au fond d'une
rivière. Notre trader n'en commettra plus. Ce roman raconte
une histoire vraie. L'histoire vraie d'une faillite. Une histoire
morale, car l'économie a ses lois, que les lois ignorent.
Voici un conte moral : un conte d'automne, qui voit tomber les hommes
et les feuilles, les banques et les principes, les têtes,
l'argent : mais pas la littérature.
Littérature étrangère
Janvier
Stella Duffy
La chambre des vies oubliées
Roman
Traduit de l'anglais par Karine Laléchère
Stella Duffy est née à Londres en 1963 et a passé
son enfance en Nouvelle-Zélande. Elle est l'auteur de plusieurs
romans noirs, dont quatre ont paru en français au Serpent
à Plumes : Beneath the Blonde (1998), Les effeuilleuses (1999),
Déferlante (2001) et Chair fraîche (2002). Elle écrit
aussi pour la radio et le théâtre, où elle s'illustre
également en tant que comédienne. La Chambre des vies
oubliées, sélectionné pour le Orange Prize
britannique en 2008, est son premier roman littéraire.
Robert Sutton tient un pressing à Loughborough Junction,
quartier pauvre, populaire et multiethnique du sud de Londres. Après
quarante années à laver et repasser toutes les chemises
et les robes du voisinage, il a décidé de prendre
sa retraite et de vendre sa boutique. C'est un jeune Anglais d'origine
pakistanaise, Akeel, qui répond à sa petite annonce.
Ce n'est pas que Robert soit raciste, mais disons que ce n'est pas
vraiment le genre d'héritier qu'il avait en tête
Cependant Akeel, jeune marié, est un garçon sérieux,
poli, intelligent et ambitieux ; Robert met donc de côté
ses préventions et l'engage comme apprenti à l'essai.
Une année durant, les deux hommes que tout oppose vont se
côtoyer, s'apprivoiser et, de méfiance en confidences,
nouer une amitié singulière, toute en non-dits et
timidité virile.
Pendant ce temps, autour d'eux, Londres palpite, vit et vibre :
deux clochards beckettiens, une jeune fille au pair amoureuse de
son employeur, une vieille dame sénile incapable de retrouver
le chemin de chez elle, un poète jamaïcain ayant élu
domicile dans un bus, un prof de danse noir et gay, un père
de famille dealer et factotum de la mafia locale.
Derrière le comptoir du pressing, Robert et Akeel observent
en devisant cette étourdissante ronde de jour. Et Robert
se demande s'il livrera à son jeune successeur la clé
de la " chambre des vies oubliées ", cette pièce
à l'étage où il conserve ses secrets, parfois
inavouables - et ceux des autres
V.S. Naipaul
Le regard de l'Inde
Roman
Traduit de l'anglais par François Rosso
Né en 1932 à Trinité-et-Tobago, dans les Caraïbes,
mais descendant d'immigrés indiens, Vidiadhar Surajprasad
Naipaul est l'un des plus grands écrivains de langue anglaise,
couronné d'abord par le Booker Prize en 1971 puis par le
Prix Nobel en 2001. Le regard de l'Inde, tiré d'un ouvrage
intitulé A writer's people, est inédit en français.
Il vit en Angleterre, retiré dans son cottage du Wiltshire.
Comme souvent chez Naipaul, tout commence dans un théâtre
d'ombres pour, peu à peu, s'éclaircir sous la lumière
brûlante de la vérité. " Je connais mon
père et ma mère, mais je ne peux aller au-delà.
Mon ascendance est brouillée " dit le descendant de
cette obscurité, le fils d'immigrants indiens recrutés
à partir des années 1860 dans l'Uttar Pradesh pour
aboutir dans cette petite île poussiéreuse et dénuée
d'histoires qu'est Trinidad. Nul dans sa famille n'y a de mémoire
ni collective ni individuelle mais chacun porte en lui une trace
de l'Inde mythique, même s'il ne la connaît pas : "
Pour ces gens, l'Inde, le passé, avaient été
balayés, comme le présent -Trinidad- était
en passe de l'être. "
Aussi ce bref récit peut-il prendre sa place parmi les livres
indiens de Sir Vidia, les essais objectifs ou les romans inquiets,
du reportage grouillant qu'était L'Inde (India : a million
mutines now, 1990) jusqu'à son discours du Nobel sur la connaissance
par l'écriture. Dépassant le cadre familial, abandonnant
les silhouettes fragiles d'une famille déracinée,
le voici décrivant les premières années de
Ghandi, " petit homme émacié, la tête rasée,
de grandes oreilles ", un réfractaire aux clans, un
pacifiste guerrier, un visionnaire qui veut réformer l'Inde
" immobile, décrépite, cruelle. ". Mais
l'Inde était-elle réformable ?
Peut-on s'arracher à sa condition ? Peut-on gagner une place
dans le monde ? Comment aller de la périphérie vers
le centre ? Et au prix de quel sacrifice ?
" Le monde est ce qu'il est " disait Naipaul, et il n'a
de cesse de poser les mêmes questions, sans jamais accepter
la sécurité des réponses.
V.S. Naipaul
Le masseur mystique
Roman
.S. Naipaul est né à Trinidad en 1932, dans une famille
originaire du nord de l'Inde. Diplômé es lettres de
l'université d'Oxford, il est très vite introduit
par son père dans les milieux journalistiques et travaille
un temps pour la BBC avant de se tourner vers l'écriture.
Ecrivain cosmopolite qui aime à décrire les effets
pervers du colonialisme, il situe ses premiers écrits aux
Antilles. Après Le masseur mystique et Miguel Street, qui
révèlent son talent d'humoriste et de peintre du quotidien,
il signe un roman biographique, Une maison pour Monsieur Biswas
(Gallimard, 1964) considéré par la critique comme
son meilleur roman. En 1990, il est anobli par la reine d'Angleterre
et reçoit, en 2001, le prix Nobel de littérature.
Le masseur mystique, premier roman de V. S. Naipaul, prix Nobel
de littérature en 2001, a pour cadre son île natale.
Trinidad, sous domination anglaise, dans la première moitié
du XX° siècle, avec ses cannes à sucres, son peuple
bigarré, ses immigrants hindous. Parmi eux, un certain Ganesh
Ramsumair. Instituteur méprisé, masseur incompétent,
cet amoureux des mots va se piquer d'écrire. Le succès
viendra non de son talent, mais de son prétendu pouvoir d'exorciste.
De la mystique à la politique, il n'y a qu'un pas, que Ganesh
franchira à sa manière, militant pour la liberté
des colonisés, avant de se fondre dans l'ordre de l'Empire
Britannique. Dans cette satire irrésistible, l'exigence et
la gravité de Naipaul avancent à peine masquées.
Si l'écriture est ici dévoyée en la personne
de Ganesh, on n'en devine pas moins le but que lui confère
l'un des plus grands auteurs de langue anglaise : conquérir
sa propre liberté.
Février
T.C. Boyle
Les femmes
Roman
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Bernard Turle
Tom Coraghessan Boyle est né en 1948. Depuis 1978, il anime
des ateliers d'écriture à l'Université de Californie
du Sud. Il vit près de Santa Barbara dans une maison dessinée
par l'architecte Frank Lloyd Wright. Chez Grasset, il est l'auteur
de plusieurs recueils de nouvelles, parmi lesquels 25 Histoires
d'amour (2000), 25 Histoires de mort (2002) et 25 Histoires bizarres
(2006), ainsi que de nombreux romans dont America (1997, Prix Médicis
étranger), Un ami de la terre (2001), D'amour et d'eau fraîche
(2003), Le Cercle des initiés (2005) et Talk talk (2007).
En 1932, un jeune Japonais, Tadashi Sato, étudiant en architecture,
arrive dans une immense propriété du nom mythique
de Taliesin, perdue au fin fond de la campagne du Wisconsin. C'est
là que réside le plus grand architecte du siècle,
auprès duquel Tadashi vient de se faire engager comme apprenti
: Frank Lloyd Wright.
Tadashi découvre vite que l'antre du génie ressemble
moins à une école qu'à une communauté
utopique, que Frank Lloyd Wright essaie de faire tenir tant bien
que mal tandis que les créanciers de tout bord le poursuivent
et que les habitants du voisinage crient au scandale devant les
murs étranges du maître de céans
Les " disciples " du grand architecte se retrouvent bientôt
recyclés en aides-cuistots, bricoleurs et préposés
à toutes sortes de tâches ménagères sans
grand rapport avec l'architecture, tandis que Wright, grognon, secret,
colérique, tantôt faible, tantôt tyrannique,
se démène comme il peut entre ses affaires d'argent
et
ses femmes.
Igal Sarna
Des mains si douces
récit
traduit de l'hébreu par Sylvie Cohen
Igal Sarna est né à Tel Aviv en 1952. Il a servi durant
la guerre de 1973 en tant que commandant de tank et est devenu par
la suite, aux côtés de David Grossman, d'Amos Oz ou
encore d'Abraham Yehoshua, l'un des fondateurs du mouvement "
Peace Now ". Journaliste, il a fait partie de la direction
éditoriale du plus grand quotidien israélien et a
reçu le " prix IBM pour la tolérance " pour
une série d'articles sur les réfugiés iraniens
en Israël. Il est l'auteur d'une biographie du poète
Yona Wallach et d'un recueil d'essais ainsi que de deux romans :
L'Homme qui était tombé dans une flaque (Grasset,
1999), récompensé par le prix Wizo, et Chasseur de
Mémoire (Grasset, 2000).
Des mains si douces est la biographie de la mère de l'auteur,
Yula, vieille dame de 91 ans clouée dans son fauteuil roulant,
seule survivante d'une nombreuse fratrie. Née en Pologne
en 1917, Yula a dix-sept ans lorsqu'elle immigre, seule, en Palestine.
Elle débarque d'abord à Hadera, chez son frère
aîné, avant de se fixer à Haïfa, où
elle fait des ménages dans un hôtel tenu par un Anglais.
Le père d'Igal est originaire de la même région,
mais Sarna ne s'appesantit guère sur sa vie. Sa mère,
en revanche, était enveloppée d'une aura de tristesse,
comme si elle taisait un lourd secret, dont il n'aura la clef que
beaucoup plus tard, quand, à l'âge de 60 ans, elle
subira une mammectomie et confiera à son médecin avoir
eu un fils mort-né, issu d'un premier mariage. Igal Sarna
va dès lors consacrer son énergie à recoller
les pièces du puzzle, en bon journaliste d'investigation
qu'il est devenu. Cette quête le mènera à sillonner
tout le pays et jusqu'en Angleterre, à la recherche d'informations
distillées par la mémoire défaillante de sa
mère, avec, en filigrane, l'ombre noire de la Shoah.
Collection Grand Format
Janvier
Clive Cussler
La poursuite
Roman
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Luc de Rancourt
Clive Cussler est l'auteur de nombreux romans dont, chez Grasset,
L'or des Incas, Sahara, Dragon, Atlantide, Odyssée et Pierre
sacrée. Découvreur de nombreuses épaves, il
est membre de la Société Géographique Royale
de Londres, du Club des explorateurs de New York et préside
l'Agence nationale maritime et sous-marine (NUMA).
Avril 1950 : la carcasse rouillée d'une locomotive à
vapeur émerge des profondeurs d'un lac du Montana. A l'intérieur,
les restes de trois personnes mortes quarante-quatre ans plus tôt.
1906 : depuis deux ans, l'Ouest américain connaît une
succession d'attaques de banques. Le malfaiteur agit seul et assassine
de sang froid tous les témoins avant de disparaître,
sans laisser la moindre trace. Incapable de mettre un terme aux
agissements du " Boucher ", le gouvernement américain
fait intervenir le meilleur de ses agents : Isaac Bell, de l'agence
de détectives Van Dorn. Jamais, pourtant, ce dernier n'a
été confronté à pareil défi.
De l'Arizona au Colorado en passant par les rues de San Francisco
dévastées par le séisme de 1906, Isaac Bell
traque sans relâche celui qui apparaît vite comme le
plus grand cerveau criminel de tous les temps. Lorsque sa proie
décide de riposter et se lance à sa poursuite, le
chasseur qu'il était est devenu chassé. Bientôt,
Bell devra faire appel à tout son talent, non seulement pour
l'emporter
mais pour en réchapper.
Février
D'après Robert Ludlum
Eric van Lustbader
La trahison dans la peau
L'empreinte de Bourne
Thriller
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Florianne Vidal
Ecrivain, comédien et metteur en scène américain,
né en 1927, Robert Ludlum est entré dans le cercle
restreint des romancier à succès avec L'héritage
Scarlatti, publié en 1971, premier volume d'une série
ininterrompue de triomphes internationaux qui l'imposent très
vite comme maître du genre. Il est décédé
en 2001, à l'âge de 73 ans. A sa mort, un certain nombre
d'écrivains se chargent d'achever et de mettre au goût
du jour des manuscrits non encore publiés de l'auteur.
Eric Van Lustbader est l'auteur de nombreux thrillers, qui se sont
vendus à des millions d'exemplaires à travers le monde.
A la mort de Robert Ludlum, Eric Van Lustbader a repris le flambeau
des aventures de Jason Bourne, avec le succès que l'on connaît,
ce qui lui a valu plusieurs adaptations cinématographiques.
Lorsque Jason Bourne apprend que son ami Martin Lindros, directeur
adjoint de la CIA parti en Ethiopie pour enquêter sur des
activités nucléaires suspectes, a été
enlevé, il décide de faire tout son possible pour
le retrouver.
Mais Jason Bourne va devoir affronter un groupe de terroristes islamistes,
qui s'est infiltré au sein des services secrets américains
et a programmé une attaque massive contre les Etats-Unis.
Le chef des terroristes, qui a des comptes à régler
avec l'agent Bourne, a prévu de se servir de lui pour mettre
en uvre son plan diabolique
Essais, documents, biographies
Janvier
Dominique Bona
Clara Malraux "Nous avons été deux"
biographie
Née à Perpignan, romancière et biographe, Dominique
Bona est l'auteur de Romain Gary (1987, Grand prix de la biographie
de l'Académie Française), Les Yeux noirs (1990), Malika
(1992, Prix Interallié), Le Manuscrit de Port Ebène
(1998, prix Renaudot), Berthe Morisot, le secret de la femme en
noir (2000, Bourse Goncourt de la biographie), Il n'y a qu'un amour
(2003) et Camille et Paul (2006).
Lorsque Clara Goldschmidt, née en 1897 à Paris, rencontre
André Malraux, elle a 24 ans, une enfance heureuse à
Auteuil, de l'argent, une famille juive-allemande cultivée,
cosmopolite. Lui a 19 ans, une famille dont il ne dit rien, une
allure de " petit rapace hérissé à l'il
magnifique " selon Mauriac, il a tout lu et peu vécu.
Le nouveau livre de Dominique Bona raconte la vie passionnée
et tumultueuse d'une femme, dans le miroir d'une grande histoire
d'amour. Quand Clara dit longtemps " Nous ", André
Malraux lui répond surtout " Je ". Ils furent deux,
en effet, au Cambodge et à Angkor lorsque le futur auteur
de La voie royale, mué en voleur de statues khmères,
écope de trois mois de prison ferme et que Clara bataille
à ses côtés pour obtenir sa libération.
Deux en Afghanistan, en Iran, au Cachemire, au Japon, à New
York, partout où ce couple indissociable dirige ses pas ;
puis trois à la naissance de Florence Malraux, juste avant
le prix Goncourt obtenu en 1933 pour La Condition humaine. Deux
aussi dans les engagements politiques de l'avant-guerre, en URSS,
en Espagne où Clara aide Malraux à relever le magnifique
défi de l'escadrille Espana. Viennent les dissensions et
la solitude, et la souffrance pour une femme courageuse qui pourrait
confesser, telle l'héroïne de son roman Grisélidis
: " Vous n'avez pas le droit de m'abandonner puisque vous êtes
irremplaçable ".
En 1937, Malraux et Clara divergent politiquement, et au privé
l'écrivain tombe amoureux de la belle Josette Clotis. Résistante
dès 1941, fidèle d'un cercle d'intellectuels parmi
lesquels Edgar Morin ou François Fejtö, Clara traverse
difficilement la guerre en juive clandestine, sa fille au plus près
d'elle, alors que Malraux observe les choses à distance,
avant de faire sa métamorphose sous les traits gaullistes
du colonel Berger. Le couple divorce en 1947.
Elle, révoltée, généreuse, militante,
prête à tous les combats, dont celui de la guerre d'Algérie.
Lui, ministre de De Gaulle, chargé des affaires culturelles
en 1958, inquiétante figure repliée dans les songes
de grandeur, écoutant Les Voix du silence plutôt que
les cris des torturés d'Alger. Clara, découvrant la
civilisation du Kibboutz, retrouve ses racines en Israël. André,
crépusculaire, chez Louise de Vilmorin, devient le seigneur
de ces Chênes qu'on abat. Il meurt en 1976, elle en 1982,
sans avoir jamais cessé de porter le nom de l'homme qu'elle
a aimé " contre vents et marées ".
Fanny Cheze
Pascal Jardin
biographie

Responsable de production dans un groupe audiovisuel, Fanny Chèze
a mené une enquête de plusieurs années et rencontré
tous les proches de Pascal Jardin pour mener à bien cette
biographie, la première jamais consacrée à
l'auteur de La Guerre à neuf ans. C'est son premier ouvrage.
Scénariste et dialoguiste à succès, écrivain
qui nous a laissé des romans pleins de tendresse et d'humour,
comme La Guerre à neuf ans (Grasset, 1971), Pascal Jardin
(1934-1980) est non seulement une grande figure du cinéma
et des lettres françaises des années 1960 et 1970,
mais aussi un personnage faisant partie d'une mythologie entrée
dans la mémoire collective des Français. Il a contribué
à cette mythologie en racontant son histoire familiale dans
plusieurs livres, et en est lui-même devenu le sujet quand
son fils Alexandre l'a décrit dans Le Zubial (Gallimard,
1997) et dans Le Roman des Jardin (Grasset, 2005). C'est cette mythologie
que Fanny Chèze parcourt pour y départir la légende
de la vérité. Et la vérité n'est pas
moins romanesque que la légende
Pascal est le fils de Jean Jardin, chef de cabinet de Pierre Laval
sous Vichy. C'est grâce à ce père aussi trépidant
qu'influent qu'il fait la connaissance de toutes les célébrités
d'avant-guerre, comme Paul Morand (qui sera le parrain de son frère
Gabriel). Très tôt, il développe un type de
relation frénétique et passionné avec les femmes.
Il publie un premier roman à 23 ans (Les Petits Malins, 1957),
puis devient un des grands talents du cinéma français,
écrivant les scénarios ou les dialogues de films aussi
célèbres que la série des Angélique
(à partir d'Angélique et le Roy, 1966), mais aussi
de véritables chefs-d'uvre, comme Le Chat, avec Jean
Gabin et Simone Signoret (1971) ou Le Vieux fusil, avec Philippe
Noiret et Romy Schneider (1975). Ami de toutes les stars, il est
un grand noctambule et un amoureux passionné - mais aussi
la proie d'une forme de panique. Quelle était la blessure
secrète qui a fait de Pascal Jardin cet " homme pressé
", pour reprendre l'expression de Morand, dont la trajectoire
brève et lumineuse marque encore les mémoires ?
Elizabeth Gouslan
Jean-Paul Gaultier, punk sentimental
Document

Elizabeth Gouslan est journaliste. Après sa maîtrise
de lettres à la Sorbonne, elle entre comme journaliste à
L'Evénement du Jeudi. Elle travaille ensuite à France
Soir, au Figaro Littéraire et, actuellement, à Madame
Figaro, au service culture.
Travailleur forcené, quinquagénaire facétieux,
Jean-Paul Gaultier a débuté dans la carrière
en recyclant tout et n'importe quoi : des boîtes de conserve,
des fauteuils de cuir usés, de la paille et de la peluche.
Ses premiers défilés sont improvisés, voire
ratés. Mais il ose
L'excentricité devient dés 1978 un label frenchy grâce
à lui. Il flaire les mouvements de société,
explicite cette curieuse formule : " la mode vient de la rue
", euphorise et dope le monde glacé du stylisme. Le
premier, il fait défiler noires et beurettes, boulottes et
femmes du troisième âge. Les catégories traditionnelles
du laid et du beau sont grâce à lui, définitivement
brouillées. Les conservateurs s'inquiètent et le traitent
d'imposteur. Les années 1980 sont pourtant signées
Gaultier : festives, vinylisées, métissées,
gays.
Le virage des années 1990 souligne son aptitude au changement.
Le pop-styliste veut ses galons de créateur Haute Couture
: il les obtient en habillant les icônes du show-biz - Madonna
lui confie ses tenues de scène. Last but not least, on lui
confie la maison Hermès. Peut-on sans renier un anti-conformisme
viscéral dessiner des tailleurs blanc cassé pour la
bourgeoise du faubourg Saint-Honoré ? Il peut. Parallèlement,
l'enfant terrible de la mode s'offre un luxueux siège : l'Avenir
du Prolétariat, rue Saint Martin, véritable palais
de maharadjah post-moderne. Les affaires florissantes du sigle JPG
justifient une telle débauche : 120 personnes travaillent
pour lui et son chiffre s'élève à 30 millions
d'euros. Peu à peu, il s'impose comme l'anti- Karl Lagerfeld
: la mode n'est pas une chose sérieuse
Rayonnant, attachant, médiatique mais pudique et discret,
on croit tout savoir de lui, mais c'est un leurre. Son compagnon
Francis Menuge meurt du sida en 1990, la blessure ne se referme
pas. Il touche à tout : cinéma (Besson, Almodovar),
scène, arts plastiques et offre même à la Fondation
Cartier une exposition boulangère faite de robes Couture
façonnées en baguettes de pain ! Idolâtré
par la communauté gay, adoré des élégantes,
parfumant la planète avec un jus enserré dans un petit
buste de Barbie décapitée, le bad boy platiné
qui ne se prend pas au sérieux - label rarissime dans la
tribu Couture - est beaucoup plus qu'un créateur. Du lancement
en 1983 du " boy toy ", ce marin new-look serré
dans sa marinière rayée marine et blanche, en passant
par le scandale des hommes en jupe et des corsets coniques pour
les filles. Cette biographie raconte l'itinéraire d'un enfant
cinglé, d'un autodidacte shooté à la variété,
d'un couturier ready-made, d'un self-made man du falbala, né
à Arcueil, banlieue triste.
Jean-Luc Marion
De l'Académie française
Certitudes négatives
Essai
Collection Figures
Jean-Luc Marion a publié, chez Grasset, L'Idole et la distance,
et Le Phénomène érotique, tous deux salués
par une critique unanime. Son uvre philosophique est traduite
dans de nombreux pays. Spécialiste de Descartes et de l'histoire
de la philosophie moderne, phénoménologue, Jean-Luc
Marion enseigne à l'Université Paris Sorbonne et au
département de philosophie de l'Université de Chicago.
Il a reçu le Grand Prix de philosophie de l'Académie
française en 1992.
Le 21 janvier 2010, Jean-Luc Marion fait son entrée sous
la Coupole, en prononçant l'éloge de l'homme qu'il
connut et conseilla : Monseigneur Lustiger.
" Connaître signifie connaître avec certitudes
des objets, donc suivant les sciences : il n'y aurait de certitude
qu'affirmative et scientifique. Le reste, ce qui se dit ailleurs,
en philosophie ou littérature, n'apporterait aucune certitude.
Voilà ce que nous tenons tous, spontanément, pour
allant de soi. Ce livre veut la mettre en question.
Car précisément une question, à condition qu'elle
ait un sens, peut aboutir à une certitude, pourvu que nous
comprenions pourquoi et comment elle doit rester sans réponse.
Les questions sans réponses donnent aussi des certitudes,
mais des certitudes négatives.
Ainsi ne doit-il pas y avoir de réponse à la question
sur la définition de l'homme - car définir l'homme
aboutit toujours à en finir avec certains hommes.
Ainsi la question de Dieu survit-elle à tout argument sur
l'impossibilité de l'expérience de Dieu, précisément,
parce que Dieu, par hypothèse, concerne ce qui nous reste
impossible.
Ainsi le don, et ce qui le confirme par redondance, le pardon et
le sacrifice, n'admet-il aucune condition de possibilité,
précisément parce qu'il transcende l'économie
des échanges.
Ainsi l'événement advient sans aucune prévision
et contre toute attente, parce qu'il ne pourra jamais devenir l'objet
d'une compréhension exhaustive, comme un objet ou un spectacle.
Il se pourrait que ces certitudes négatives, qu'aucune théorie
ou expérience à venir ne viendront corriger ou invalider,
nous offrent infiniment plus de certitude que toute autre. "
Jean-Luc Marion
Meredith Norton
Drôle de mal
Comment je me suis guérie par l'humour
Document
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Florianne Vidal

Meredith Norton a grandi dans la région de San Francisco,
fait ses études à l'université Columbia, exercé
divers métiers dans le monde de l'art, des affaires ou encore
de l'enseignement, créé puis coulé sa propre
boîte, hésité à reprendre ses études
pour devenir ingénieur ou astronaute, et remis le cap, après
son séjour parisien, sur la Californie, où elle vit
actuellement avec son fils.
Jeune trentenaire noire américaine installée avec
son mari et son fils à Paris, Meredith s'amuse de tout, dans
notre si curieux pays dont les coutumes autant que la langue lui
échappent à peu près totalement, et voit "
la vie en rose "
jusqu'au jour où, de retour en
Californie pour les vacances, elle apprend qu'elle est atteinte
d'une forme particulièrement rare et agressive de cancer
du sein. Chances de survie : 40 %. La jeune femme est terrassée
- pendant environ un quart d'heure. Puis se lance dans la bataille,
avec pour arme principale un humour à toute épreuve
et au moins aussi ravageur que la maladie.
Drôle de mal est le récit poignant de ce combat, que
Meredith Norton raconte sans détours, avec ce même
courage qui lui permet d'affronter vingt longs mois de traitements
épuisants. Et surtout avec la même joie de vivre -
et de survivre. Car tel est le fin mot de ce témoignage pas
comme les autres : montrer qu'il n'est pas d'" anticancer "
plus efficace que le rire !
Février
Gilles Achache
Le Complexe d'Arlequin
Eloge de notre inconstance
essai
Gilles Achache a été professeur de philosophie dans
l'enseignement supérieur (Dauphine), est maître de
conférence et chercheur associé à Sciences
Po Paris. Il dirige aujourd'hui un institut d'études de marché
et d'opinion.
L'inconstance est aujourd'hui la chose du monde la mieux partagée.
Nous sommes tour à tour volages, zappeurs, consommateurs
infidèles, incohérents dans nos choix, électeurs
volatils ou militants à temps partiel. Une figure résume
cette inconstance : Arlequin, ce valet de trop nombreux maîtres,
cet amoureux qui ne résiste à aucune tentation.
L'inconstance est aussi la chose du monde la plus critiquée.
Arlequin réunit contre lui une Sainte Alliance allant des
néo-conservateurs pour qui il incarne l'effondrement de l'esprit,
aux néo-marxistes, qui voient en lui le résultat terminal
de la marchandisation du monde, en passant par les néo-heideggeriens,
qui dénoncent à son occasion les ravages de la civilisation
technique. Contre ces critiques de la démocratie réelle,
ce livre se propose de prendre la défense d'Arlequin et de
faire l'éloge de l'inconstance.
Examinant tour à tour les sphères de l'amour, des
médias, de la consommation, de la culture et de la politique,
Le complexe d'Arlequin décrit le comportement du zappeur,
en matière de publicité, de goût, de politique.
Sous l'apparente superficialité de l'inconstance, on découvre
une vertu qui est au fondement même de nos démocraties
développées. Elle est d'abord une compétence
: c'est en étant inconstant que nous pouvons participer à
la multiplicité des formes de l'existence auxquelles nos
sociétés complexes donnent lieu. Loin de menacer la
solidité du lien social, l'inconstance est ce qui en assure
la souplesse.
Plus fondamentalement encore, l'inconstance nous permet d'échapper
à l'assignation à un lieu, un rôle, une norme,
une habitude. L'inconstance ne serait-elle pas le nom moderne de
la liberté ?
Florence Colombani
Je ne peux demeurer loin de toi plus longtemps
Léopoldine Hugo et sa fille
biographie
Florence Colombani écrit pour les pages Culture
du Point. Elle a publié plusieurs livres consacrés
au cinéma (Elia Kazan, une Amérique du chaos et Proust-Visconti,
histoire d'une affinité élective, chez Philippe Rey
; Woody Allen aux éditions des Cahiers du cinéma)
et réalisé un film, L'Etrangère.
C'est l'histoire d'un amour intense, absolu, qui inspira quelques-uns
des plus beaux poèmes de la langue française. Victor
Hugo a vingt-deux ans à la naissance de sa fille aînée,
qu'il prénomme Léopoldine en hommage à son
père, le général Hugo, et à son premier-né,
un petit Léopold disparu tout bébé. Génial,
adulé, très occupé par une double carrière
politique et littéraire et par d'innombrables liaisons féminines,
le jeune romantique n'en est pas moins un père tendre, présent,
qui sait goûter les joies de l'intimité familiale.
Mais une malédiction pèserait-elle sur l'entourage
du grand homme ? Le deuil, la tragédie cernent Hugo : le
nouveau-né Léopold est mort, son frère Eugène
est cloîtré à l'asile, sa fille Adèle
connaîtra plus tard le même sort
Et un jour fatal
de septembre 1843, la ravissante Léopoldine, dix-neuf ans,
se noie dans la Seine avec son jeune mari. Brisé de douleur,
Hugo ne se résout pas au silence qu'impose la mort. Il s'entête
à dialoguer avec sa fille par-delà la tombe, lui adresse
d'innombrables poèmes, organise des séances de tables
tournantes et s'entretient avec son fantôme.
Ce livre est d'abord un récit, celui d'une passion déchirante,
accrue - et non interrompue - par la tragédie de Villequier.
Histoire connue bien sûr - tous les écoliers de France
ont récité Demain dès l'aube -, mais dont on
néglige souvent la force subversive, l'incroyable intensité.
On découvre aussi une Léopoldine inconnue, une personnalité
vive, infiniment attachante de jeune fille exaltée et étouffée
à la fois par le tête-à-tête avec Hugo,
ambassadrice éternelle de la souffrance de sa mère,
amoureuse intrépide prise au piège d'un mariage décevant
avec le trop bourgeois Charles Vacquerie. Il s'agit enfin d'une
plongée dans l'uvre hugolienne qui met à jour
la présence constante de Léopoldine dans les textes,
de la petite fille espiègle qui traverse les poèmes
à la Cosette amoureuse et vibrante des Misérables.
Où l'on comprend comment cet amour fou entre père
et fille touche à l'universel et nous touche aujourd'hui
comme au premier jour.
Jean Ferniot
Ah, que la politique était jolie !
essai
Grand journaliste, Jean Ferniot a une uvre importante de
romancier, de nouvelliste, d'essayiste. On lui doit entre autres
C'était ma France (Grasset, 2004), L'enfant du miracle (Grasset,
2006), Vivre avec ou sans Dieu (Grasset, 2007).
" Que la France était donc gauloise, jadis ! Alex Alégrier,
qui fut propriétaire du restaurant réputé Lucas
Carton, m'a raconté que, dans les années trente, deux
vedettes de la politique, Aristide Briand et Léon Bérard,
faisaient après un déjeuner tête à tête
queqlues pas sur le trottoir. Passa une très belle femme.
Briand : " je la baiserais bien. " Bérard : "
Dites : volontiers. " Même les pensées salaces,
alors, exigeaient d'être exprimées dans une langue
correcte. " (Extrait de " Sexe ")
" De Gaulle avait son style, à périodes raciniennes.
Georges Pompidou caressait Balzac, Valéry Giscard d'Estaing
rêvait de Maupassant, François Miterrand châtiait
son langage en songeant à Chateaubriand. Jacques Chirac fréquentait
plutôt Henry Bordeaux. Nicolas Sarkozy côtoie, lui,
Frédéric Dard ." (Extrait de " Eloquence
")
" Je n'aurais jamais imaginé, me confiait Raymond Barre,
que la vie politique soit aussi répugnante. " (Extrait
de " Haine ")
De 1945 à la fin des années 1980, de "De Gaulle,
Charles " à " Mitterrand, François ",
d' " Antisémitisme " à "Justice ",
d' "Argent " à " Eloquence ", de "
Bouffe " à " Sexe " et " Whisky "
en passant par " Armée ", " Décentralisation",
" Ecologie ", " Machiavélisme " ou "
Presse ", Jean Ferniot revisite en un brillant abécédaire
plus de cinquante ans de politique française, dont il fut,
au cours de sa longue carrière de journaliste, l'un des témoins
privilégiés.
En courts chapitres, traits et portraits, aphorismes, confidences
inédites, anecdotes inédites et réflexions
singulières ressuscitent librement les hommes, les événements,
et une époque qui vous fait dire, avec l'auteur : "
Ah, que la politique était jolie
"
Takeshi Kitano
Kitano par Kitano
Avec la collaboration de Michel Temman
Takeshi Kitano, né le 18 janvier 1947 à Tokyo, est
l'une des plus célèbres stars de la télévision
japonaise, où il présente à l'heure actuelle
huit émissions hebdomadaires. Il est connu dans le reste
du monde comme l'un des plus grands réalisateurs, avec des
films personnels comme Sonatine (1993), Hana-bi (1997, Lion d'or
à Venise), ou le surprenant Zatoïchi (2003, Lion d'argent
à Venise). C'est l'une des personnalités les plus
célèbres du cinéma mondial.
Michel Temman est journaliste et correspondant du quotidien Libération
à Tokyo, où il réside.
Takeshi Kitano a écrit sa toute première autobiographie
à paraître hors des frontières du Japon, au
terme de plusieurs années d'entretiens avec le journaliste
français Michel Temman. Comment être à la fois
un showman célèbre et un cinéaste exigeant
? Kitano se livre sans concessions, à la manière d'un
ami qui se raconte autour d'une table, devant une bouteille de bon
vin - une de ses passions. Kitano n'en revient pas de sa "
destinée ", lui l'autodidacte qui a dû interrompre
l'université, lui qui n'a jamais renié ni oublié
ses origines modestes, comme en témoigne, encore aujourd'hui,
un besoin de reconnaissance jamais assouvi. Alors, il s'épanche
sur sa jeunesse dans le Japon de l'après-guerre : une enfance
interdite, une famille nombreuse entassée dans la misère
d'un quartier populaire, la passion pour les sciences, ses rêves
d'explorateur et sa fascination pour le commandant Cousteau, les
études qu'il faut poursuivre, malgré la pauvreté,
grâce à sa mère, à l'éducation
stricte. Le père, enfin. Cet homme introverti mais qui, porté
sur la boisson, pouvait avoir des accès de colère
violente. Kitano confie ses regrets, les occasions manquées.
" Je n'adressais jamais la parole à mon père.
Lui ne me disait jamais rien. Je me souviens avoir joué une
seule fois avec lui, sur cette plage d'Enoshima où il m'avait
emmené voir la mer ". Au départ de sa gloire,
les Two Beat - un duo comique spécialisé dans le sketch
provocateur. Beat Takeshi se distingue en prenant des risques. Il
se moque des marginaux, des déclassés, de la mafia
japonaise. Les producteurs censurent, l'applaudimètre l'encense.
Le succès est immédiat, et le duo - toujours actif
aujourd'hui - assure l'avenir et la popularité de Kitano.
Si la télévision est un purgatoire, le cinéma
est sa rédemption. A Beat Takeshi revient l'art de se compromettre
en riant ; à Takeshi Kitano, celui de la création
artistique. Cette révélation lui vient en 1983, pendant
le tournage de Furyo, un des chefs-d'uvre de Nagisa Oshima.
Kitano, alors âgé de 36 ans, y joue le troisième
rôle ; c'est pur hasard, dit-il lui-même, s'il est ainsi
venu au cinéma. Une esthétique de la violence, une
musique envoûtante, des antihéros solitaires, impassibles
et torturés, deviennent ses marques de fabrique. Puis vient
le succès de Sonatine en 1993 - salué par la critique
surtout à l'étranger. Épuisé, surchargé
de travail, écrasé par le sentiment de ne pas être
reconnu à sa juste valeur, le cinéaste connaît
alors un passage à vide et voit la mort en face, suite à
un accident de la route. Une envie d'en finir ? Certains le pensent.
Il revient, plus ambitieux que jamais. Ses nouveaux films sont plus
intimistes, réfléchis. C'est l'heure de la maturité,
et la consécration : ses films sont régulièrement
sélectionnées dans les plus grands festivals de cinéma,
Cannes bien sûr mais aussi la Mostra de Venise, qui lui décerne
un Lion d'or pour Hana-bi en 1997 et un Lion d'argent pour Zatoïchi
en 2003.
Pour la première fois, il révèle ici son engagement
humanitaire en Afrique autant que sa vision pessimiste du Japon,
colonisé par l'Amérique et acculturé.
Depuis son accident de la route, Kitano s'est créé
une vision très personnelle de la vie, à mi-chemin
entre acharnement au travail, bouddhisme zen et épicurisme.
Il reprend la peinture, qui joue un rôle prépondérant
dans sa façon de concevoir le cinéma. Son autobiographie
est aussi un " Ce que je crois " d'une étonnante
vitalité.
La première autobiographie (hors du Japon) d'un cinéaste-culte.
Trois événements au mois de mars : une exposition
inventée de toute pièce par l'artiste pour la Fondation
Cartier pour l'Art contemporain, présentée du 11 mars
au 12 septembre 2010 ; une rétrospective de ses films au
Centre Pompidou (mars) ; la sortie en France de son dernier film,
Achille et la Tortue.
Jennifer Lesieur
Amelia Earhart
biographie
Jennifer Lesieur est née en 1978. Son père est pilote
de ligne. Responsable des rubriques Culture et Evasion du quotidien
Metro depuis 2006, elle est l'auteur de la première biographie
française de Jack London (Tallandier, 2008), qui a remporté
la bourse Goncourt de la biographie.
En 1927, Charles Lindbergh effectue la première traversée
de l'Atlantique en solitaire. L'exploit n'est pas réédité
jusqu'en 1932, où c'est une aviatrice, l'Américaine
Amelia Earhart, qui franchit l'océan à son tour. Elle
devient une star internationale.
Frondeuse, élégante et décontractée,
Amelia ne cessera d'aligner les records, malgré certaines
carences techniques. Sa soir de liberté et sa détermination
emportent tout - il en faut pour voler à bord des fragiles
carlingues à ciel ouvert de l'époque. Quand un journaliste
l'interroge : " Pourquoi volez-vous ? ", elle répond,
invariablement : " For the fun of it. " Pour le plaisir,
pour l'amusement.
Trois ans après l'Atlantique, elle traverse le Pacifique.
Entre temps elle aura épousé l'éditeur George
Putnam, son manager et agent, volontiers manipulateur mais à
qui elle imposera un contrat de mariage lui garantissant une totale
indépendance. Promoteur audacieux, il fera d'elle une icône
de la femme moderne dans l'Amérique de Roosevelt.
En 1937, à court de nouveaux exploits, celle qu'on surnomme
" Lady Lindy " - en raison de son étrange ressemblance
physique avec Lindbergh - entreprend un tour du monde. Elle a quarante
ans. Ce sera son dernier vol : elle disparaît en mer alors
qu'elle est sur le point de le boucler. Les moyens engagés
par Roosevelt pour sauver l'aviatrice sont exceptionnels : 3000
hommes, 66 avions, 9 navires et 4 millions de dollars. On ne retrouvera
pas trace de l'appareil. Aujourd'hui, le mystère reste entier,
les hypothèses abondent qui continuent d'alimenter la légende
: on l'a vue espionne, abattue en vol ou capturée par les
Japonais, mais aussi robinsonne sur un îlot du Pacifique
Et quand Apple lance sa campagne " Think different ",
elle figure aux côtés de Gandhi, d'Einstein, ou de
Miles Davis.
Le portrait vif et tendre d'une héroïne comme on n'en
fait plus.
Le film Amelia, avec Hilary Swank et Richard Gere, sortira en France
début mars 2010.
Bernard-Henri Lévy
De la guerre en philosophie
Essai
Bernard-Henri Lévy est écrivain, cinéaste,
documentariste, chroniqueur - mais il est, d'abord, philosophe.
Et c'est à cette identité première qu'il revient
dans ce livre.
Précisément à cause de ses curiosités
multiples, Bernard-Henri Lévy est, il le sait, fortement
contesté sur le terrain de son métier d'origine. Les
uns lui reprochent de préférer les média à
la méditation. Les autres de n'avoir, depuis la Barbarie
à visage humain, jamais produit de concept véritable.
Les autres encore de s'être laissé happer par ce qu'un
grand poète français appelait " l'universel reportage
". C'est à ces critiques qu'il répond dans ce
livre, en livrant ses " secrets de fabrication " comme
on retourne ses cartes. Il le fait, selon les cas, de manière
indirecte ou frontale. Mais il le fait, toujours, avec franchise
et probité. Quel rapport aux textes de la tradition ? Relations
avec les contemporains ? Usage de la citation ? Nostalgie, ou non,
du Système et de la Totalité ? La notion d'engagement
a-t-elle un sens pour un philosophe ? Et faut-il se résigner,
vraiment, à ce que la chouette de Minerve ne se lève
jamais qu'à la nuit tombée ? C'est à ces questions,
et à d'autres du même type, que répond ce livre
court, concis, mais qui n'esquive aucune difficulté.
Bernard-Henri Lévy
Pièces d'identité
Chroniques
Dans cet ouvrage, l'auteur revisite son propre éclectisme
intellectuel, s'autorise à de belles esquisses autobiographiques,
rassemble ses derniers grands reportages (Darfour, Gaza, Georgie,
Liban) et offre une marqueterie de chroniques (où l'on rencontre,
aussi bien, une reflexion sur " Star Trek " que des portraits
de Françoise Verny ou de Simone Veil). On y trouve aussi
des textes d'inspiration plus philosophiques : une introduction
très pédagogique à l'oeuve de Lévinas,
un ensemble de textes sur Benny Lévy, des analyses originales
(" contre le mal, s'il est absolu, que faire ? "). Ou
des chapitres témoignant de son contact de plus en plus étroit
avec la pensée juive (telle considération sur "
l'idée d'Universel ", tel autre sur " L'étrange
paradoxe de la souveraineté juive, " tel autre encore
sur " Edmond Fleg et le franco-judaïsme ") ? Au total,
(et si l'on y ajoute, ici, des textes sur l'art ; là, des
polémiques politiques du type de celle lancée en juillet
2009 sur la mort du Parti Socialiste ; là, encore, une dernière
conversation avec Norman Mailer à la veille de sa mort),
le bilan impressionnant de trois ans de travail et d'engagement
- le spectacle d'une intelligence en mouvement qui ne s'interdit,
à priori, aucun champ d'intervention.

Revue
Janvier
La Règle du jeu n° 42
Un numéro spécial exclusivement dédié
aux " écrivains cinéastes ", qui comptera
avec les participations de :
Michel Houellebecq, Philippe Sollers, Pascal Bruckner, Isabelle
Huppert, Bernard-Henri Lévy, Claude Lanzmann, Yann Moix,
Emmanuel Carrère, Christophe Honoré, Antoine de Baecque,
Stéphane Zagdanski, Dai Sijie, Marc Dugain, Philippe Labro,
Xavier Beauvois, Jean-Pierre Kalfon, Jean-Louis Jeannelle, Arielle
Dombasle, Noël Herpe, Gilles Hertzog, Jacques Aumont, Guy Konopnicki,
François Samuelson et Richard Brody.
Outre les témoignages d'écrivains-cinéastes
présents dans ce numéro, il sera également
question de Sacha Guitry, Peter Handke, Pier Paolo Pasolini, André
Malraux, Guy Debord, Carmelo Bene, Roman Polanski, Jean-Luc Godard
et Jean Cocteau.
Hommage à Romain Gary avec des extraits inédits du
scénario Les Oiseaux vont mourir au Pérou et les photos
du tournage par Pierre Zucca.
Un scénario inédit de Irène Némirovsky.
Rubrique IMEC :
Extraits inédits de L'année dernière à
Marienbad entrecoupés par des photos inédites du tournage
du film et d'Alain Robbe-Grillet lui-même.
Interview inédite en français d'Alain Robbe-Grillet
où il parle de son expérience d'écrivain cinéaste.
Petite collection blanche
Janvier
Eric Besson
Pour la Nation
Essai
Eric Besson est ministre de l'immigration et de l'identité
nationale. Il a déjà publié, chez Grasset,
Connaissez-vous Madame Royal ? et La République numérique.
Aujourd'hui, rien n'est plus politiquement incorrect que de célébrer
la nation - qui est devenue une référence fort mal
vue, voire un tabou. A gauche, à droite, les intellectuels
lui préfèrent les concepts de démocratie, de
citoyenneté, de République. Et, face aux dérives
nationalistes, aux aspirations des minorités régionales
ou culturelles, aux enjeux de l'intégration européenne,
de la mondialisation et du multiculturalisme, l'idéal de
la Nation paraît définitivement obsolète.
Pourtant, c'est au cri de " Vive la Nation ! " (à
Valmy, le 20 septembre 1792) qu'est née la démocratie
française. Et c'est depuis cette époque, pendant 150
ans, que la Nation a été intimement associée
à l'idée de liberté et d'indépendance.
C'est vrai pour la France, mais aussi pour l'Europe - comme en témoignent
les ardents plaidoyers d'un Goethe ou d'un Kant. Enfin, c'est par
rapport aux Nations, et à leur coexistence harmonieuse, que
s'est définie l'idéologie qui a présidé
à la naissance de la SDN, puis de L'ONU.
Comment la Nation, synonyme de partage et d'inclusion, a-t-elle
pu devenir le symbole de l'exclusion ? Et cette Nation, est-elle
encore d'actualité à l'heure de la construction européenne
ou de la mondialisation ? Qu'en est-il, enfin, de cette idée
face aux défis - et à la réalité - du
flux migratoire ?
Les Cahiers Rouges
Janvier
Clara Malraux
Nos vingt ans
Et pourtant j'étais libre
Clara Malraux (1897 - 1982). Née Clara Goldschmidt dans la
bourgeoisie juive d'Auteuil, elle devient traductrice et journaliste.
Elle a été l'épouse d'André Malraux
de 1923 à 1947.
Nos vingt ans
Rebelle et passionnée, Clara Malraux évoque ses années
de jeunesse avec André Malraux, leur épopée
amoueuse, des bals musette à la Cochinchine, des bouquinistes
de la Seine aux prisons coloniales... Un témoignage décisif
pour la compréhension du premier Malraux.
Et pourtant j'étais libre
Après avoir connu aux côtés d'André Malraux
une vie d'amours et d'aventures, Clara Malraux, se retrouve seule
et mère d'un enfant fragile, au lendemain de l'armistice.
Commence alors, une vie quotidienne où il lui faut à
chaque instant prendre des initiatives dont dépendent et
l'existence de son enfant et la sienne. Toute une époque
revit ici, qu'anime le portrait d'une petite fille tour à
tour écolière ou " courrière " d'un
réseau, qui transporte de faux-papiers sous le pain de son
goûter. Clara Malraux nous raconte, la guerre terminée,
ses rapports avec le parti communiste, son choix en faveur de la
Yougoslavie, son engagement envers Israël. Le livre se clôt
sur une évocation des journées de Mai 68 auxquelles
elle participa, et qui marquèrent, selon elle, la fin de
sa jeunesse : elle avait alors soixante-dix ans.
Février
Francis Scott Fitzgerald
Un légume
Traduit et préfacé par Charles Dantzig
Francis Scott Fitzgerald est né en 1896 dans le Minnesota
et mort en 1940 à Hollywood. Il a connu dans sa brève
existence la gloire la plus insolente puis l'oubli le plus injuste,
et est désormais considéré comme l'un des grands
écrivains américains de son temps.
Fitzgerald a écrit Un légume (1923) au début
de sa gloire, entre Les Heureux et les Damnés et Gatsby le
Magnifique. Satire sociale et politique, cette comédie, qu'on
peut lire comme un " livre d'humour ", vise l'entourage
passablement corrompu du président des États-Unis
Marié avec une sotte, l'employé aux chemins de fer
Jerry Frost avait deux ambitions dans la vie : devenir facteur ou
président. Il sera l'un et l'autre, dans des conditions parfaitement
rocambolesques. Fitzgerald s'en donne à cur joie dans
l'onirisme, la bouffonnerie et le sarcasme, mais cette histoire
n'oblitère ni l'analyse ni l'émotion. Elle se déploie
dans un décor de guerre conjugale, que l'auteur connaît
bien. De plus, elle anticipe étrangement son destin, si l'on
veut bien admettre que Jerry a quitté la maison pour réaliser
sous alcool ses rêves de gloire. À bien y réfléchir,
c'est une touchante prémonition de la vie de Francis Scott
Fitzgerald, en plus d'une parabole sur les pires défauts
des présidents américains
quand ils en ont.
Oscar Wilde
Aristote à l'heure du thé
Choix, traduction et préface de Charles Dantzig
Oscar Wilde (1854-1900) est l'auteur du mythique roman Le Portrait
de Dorian Gray mais aussi de pièces de théâtre
inoubliables comme L'Importance d'être Constant. Aristote
à l'heure du thé nous révèle un aspect
inattendu de son uvre : le journalisme.
Ce recueil rassemble une trentaine de chroniques et d'articles
publiés par Oscar Wilde entre 1877 et 1895. Voici l'auteur
du Portrait de Dorian Gray à son meilleur, spirituel, brillant,
cocasse et profond. Le journaliste observe la jeune Amérique.
Le critique d'art s'occupe de Whistler. Le styliste dissèque
une mauvaise traduction de Balzac. Le gastronome n'élude
pas " l'importante question des macaronis ". Le politique
réfléchit aux rapports de la poésie et du peuple.
Le dandy vante les avantages de la cape courte. Le dramaturge règle
ses comptes avec la censure. Ceux qui mettent la beauté au-dessus
de tout seront comblés par le ton et l'optique wildiens.
Paradoxal, charmeur et toujours inattendu, le théoricien
de la vérité des masques n'a pas mis son génie
que dans sa vie.
Grasset-Jeunesse
Janvier
Yves Hughes
Caracol crimes
Une enquête inédite de Yann Gray
Lampe de poche pré-ados
Auteur de nombreux romans pour enfants et adultes (publiés
principalement chez Gallimard, Milan ou Calmann-Lévy), mais
aussi de scénarios et sketches pour la télévision
(notamment pour la série " Maguy ", " Les
Guignols de l'Info ", ou encore " Le Bébètes
Show ") et de fictions radiophoniques (pour France Bleu, France
Culture ou France Inter). Après Fausse note, où il
mettait en scène un quatuor mortel, Yves Hughes nous emmène,
dans cette nouvelle enquête de Yann Gray, dans le milieu
de l'élevage d'escargots !
" L'escargot a rampé le long du cou vers l'oreille.
C'était un petit-gris. Il a inspecté l'oreille du
bout des cornes et sans doute a-t-il trouvé une ressemblance
avec la forme de sa propre coquille. Mais cette chose n'avait ni
l'odeur ni l'épaisseur d'une coquille d'escargot
"
Alors que Robin et Mamounette s'adonnent à leur une nouvelle
passion pour les maquettes de bateaux, Yann Gray découvre
un mort au milieu d'un élevage d'escargots
Si on peut
faire de ces animaux des produits de beauté, ou encore manger
leurs ufs dans des restaurants luxueux, peuvent-ils être
complices d'un meurtre ?
C'est l'énigme qu'il va devoir résoudre, entre parties
de laser game et dîners dans des grands restaurants
Kochka
Ayouna et les ailes de la liberté
Lampe de poche ados
Anne Thévenin habite en région parisienne. Elle a
publié des ouvrages historiques, ou relatifs à l'école
et l'enseignement, chez Milan, Hatier ou Perrin ; Le Samovar et
autres histoires est son premier livre chez Grasset-Jeunesse.
Kochka est née en 1964 au Liban, d'un père français
et d'une mère libanaise. Elle s'installe en France à
partir de 1976 et, après des études de droit, commence
à écrire. Mère de quatre enfants, dont l'aîné
est autiste, elle a publié chez Grasset-Jeunesse trois romans
pour adolescents, L'enfant qui caressait les cheveux, traitant du
thème de l'autisme, Maigre Maya, s'attachant au délicat
sujet de l'anorexie enfantine, et Najwa ou la mauvaise réputation
(Prix AlTerre Ado), conte oriental plein de malice dans lequel l'arrivée
d'une télévision dans un petit village oriental va
venir bouleverser le cours des choses.
Quelque part en Orient, Fatima et Mosbah ont donné naissance
à Ayouna. Lorsque celle-ci devient une magnifique jeune fille,
ils décident qu'elle doit épouser un riche et vieux
marchand, pour être traitée comme une reine et ne pas,
comme eux, être obligée de gagner sa vie à la
sueur de son front. Très en colère, Ayouna n'a d'autre
choix que d'accepter, mais jure qu'elle n'aimera jamais cet homme
; elle appartient à la terre, au ciel, aux soleil et aux
étoiles, pas à un homme qu'elle n'a pas choisi.
La demeure somptueuse de Fatih Nazem sera désormais sa prison.
Elle va y rencontrer et apprendre à connaître Madame
Asmar, la sévère intendante, Lalla Aïcha, la
cuisinière au grand cur, et la petite Lulua, qui devient
son seul lien avec le monde extérieur et lui parle de son
ami Karim, amoureux des animaux et de la forêt.
En découvrant peu à peu les secrets de la vie de celui
qui, sous un masque austère et autoritaire, attend de la
prendre pour femme, Ayouna trouvera le courage et la patience pour
que, insensiblement, les murs de sa prison se fissurent et rendent
à tous leur liberté
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