Nouveautés Grasset

Janvier - Février
2010

Littérature française | Littérature étrangère | Thrillers
Essais, documents, biographies | Petite collection blanche
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Littérature Française


Janvier


Laurent BINET
HHhH
roman
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Laurent Binet a 37 ans. Il est né à Paris. Il a effectué son service militaire en Slovaquie et a partagé son temps entre Paris et Prague pendant plusieurs années. Agrégé de lettres, il est professeur de français en Seine-Saint-Denis depuis dix ans et chargé de cours à l'Université. HHhH est son premier roman.

Deux parachutistes tchécoslovaques envoyés par Londres sont chargés d'assassiner Reinhard Heydrich, chef de la Gestapo, chef des services secrets nazis, planificateur de la solution finale, protecteur de Bohème-Moravie, surnommé " le bourreau ", " la bête blonde ", " l'homme le plus dangereux du IIIe Reich ".
Après des mois de préparation, il est finalement abattu dans sa Mercedes. Il s'ensuit une folle traque qui se termine dans une église du centre de Prague.
HHhH est un acronyme inventé par les SS qui signifie en allemand : " le cerveau d'Himmler s'appelle Heydrich " (Himmlers Hirn heisst Heydrich).
L'essentiel de l'histoire se situe entre 1938 et 1942.
Le récit est structuré comme un entonnoir : des chapitres courts relatent différents épisodes en divers lieux et à diverses époques, qui tous convergent vers Prague où s'est déroulé l'attentat.
Tous les personnages de ce livre ont réellement existé ou existent encore. L'auteur a rapporté les faits le plus fidèlement possible mais a dû résister à la tentation de romancer. Comment raconter l'Histoire ? Cette question conduit parfois l'auteur à se mettre en scène pour rendre compte de ses conditions d'écriture, de ses recherches, de ses hésitations. La vérité historique se révèle à la fois une obsession névrotique et une quête sans fin.

Jacques Chessex
Le dernier crâne de M. de Sade
Roman
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Né en 1934 à Payerne et décédé le vendredi 9 octobre, lors d'une conférence à Yverdon-les-Bains, romancier, poète, peintre, Jacques Chessex était l'un de nos plus grands écrivains de langue française. On lui doit, entre autres, L'ogre (1973, Prix Goncourt), Monsieur (2001), L'économie du ciel (2003), Le vampire de Ropraz (2007), et Un juif pour l'exemple (2008). Ses livres sont traduits dans de nombreuses langues.

"Un vieux fou est plus fou qu'un jeune fou, cela est admis, quoi dire alors du fou qui nous intéresse, lorsque l'enfermement comprime sa fureur jusqu'à la faire éclater en scènes sales ?"
Quel est l'homme de 74 ans enfermé dans l'hospice de Charenton, au printemps 1814, qui a commis tant de crimes et semble ne se repentir en rien ? Fuyard, brûlé en effigie, rescapé, embastillé, sodomite, blasphémateur, soupçonné d'inceste, et pourtant encore là, bouillant d'idées et d'ulcères, désireux de poursuivre l'œuvre de chair. Quel usage Mademoiselle Madeleine Leclerc fait-elle de ses 16 ans, de son corps efflanqué, vicieux ? D'où viennent ces hurlements ou ces soupirs ? A quoi l'isolement contraint-il ces libertins en chambre ? N'aurait-il pas au moins peur de la mort, où " chacune de ses paroles, chacun de ses actes résonnent plus fort ? " Le forcené a en effet trois mois à vivre.
Cet homme se nomme Monsieur de Sade. La figure dont Jacques Chessex tire la matière de son récit, ce n'est pas le Sade en gloire, mais le malade fulgurant, et plus encore ce que le romancier complice à travers les âges raconte ici, ce sont ici les destins successifs de son crâne, comme une extension naturelle du corps sadien. Sade meurt en décembre 1814, sa tombe au cimetière de Charenton sera ouverte en 1818, et son crâne " ornement lui-même, de magie intense, de hantise sonore " passe dans les mains du docteur Ramon, le jeune médecin qui le veilla jusqu'à la mort. Relique, vanité, rire jeté à la face de toutes choses, effroi érotique, le crâne de M. de Sade roule d'un siècle à l'autre, incendiant, révélant et occupant le narrateur de ce livre
.

Cécile David-Weill
Les prétendants

Cécile David-Weill a déjà publié quelques romans chez Grasset, dont Beguin, qui en son temps (1995) ont fait grand bruit. Elle vit entre New-York et Paris. Les Prétendants est, de loin, son roman le plus accompli, le plus ambitieux.

Ce roman a pour cadre une sublime demeure, " L'Agapanthe ", située au cap d'Antibes. Laure, la narratrice et Marie, deux sœurs d'une trentaine d'années, veulent à tout prix empêcher leur père de vendre cette maison où depuis toujours elles passent leurs étés. Elles vont donc organiser un casting de riches prétendants dans l'espoir que l'un d'eux, en épousant l'une des sœurs, sauve " L'Agapanthe ". Ainsi, pendant quatre week-ends du même été, vont défiler les éventuels prétendants.
C'est le point de départ d'une comédie de mœurs où Cécile David-Weill décrit un milieu, la très haute bourgeoisie d'affaires, bousculé entre les anciennes élites et les nouvelles. Le trader, l'actrice, le couturier, l'aigrefin, le boute-en-train, le pique-assiette, le mondain, la canaille, se succèdent alors au rythme d'une comédie humaine tendre et acide. Des Russes s'en mêlent, on aperçoit Madonna et Pénélope Cruz, et d'autres, beaucoup d'autres, sont aisément reconnaissables sous leurs patronymes d'emprunt…
L'Agapanthe restera-t-elle dans la famille ? Quel " prétendant " l'emportera ? Cela a peu d'importance, au fond. Cécile David-Weill n'a voulu, dans ce livre, que décrire un milieu qu'elle connaît bien. On s'y divertit à chaque page. En s'instruisant, bien sûr, sur les mœurs d'une classe sociale qui, finalement, n'est pas plus à l'abri qu'une autre sous les lambris dorés de ses belles villégiatures…

Marc Lambron
Théorie du chiffon
Roman
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Critique littéraire au Point, chroniqueur à Madame Figaro, Marc Lambron est l'auteur chez Grasset de plusieurs romans : 1941 (1997), Etrangers dans la nuit (2001), Les Menteurs (2004), Une saison sur la terre, Carnet de Bal, 2 (2003). Il a publié avec succès Mignonne, allons voir… (2006) et Eh bien, dansez maintenant (2008).

Il s'agit d'un petit livre étincelant, pétaradant, drôle, cruel, snob, subtilissime. Il n'est composé que d'un dialogue - mais quel dialogue ! - entre Jean-Louis Beaujour et Hélène Dumas. Qui est-il, lui ? Un très grand couturier, chimère de Karl Lagerfeld, de Galliano, de Marc Jacobs, d'Elbaz, d'Alexander Mac Queen. Qui est-elle, elle ? Une chroniqueuse de mode chic, très informée sur les coulisses du petit-grand monde de la fringue et du chiffon. Ensemble, avec des questions et des répliques sèches, ils vont traverser un univers d'apparence, de modes d'argent, de bon ou mauvais goût. Au passage, ces deux fins sociologues dresseront surtout un bilan de l'époque. Entre l'Etre et paraître, comment choisir ?
Tout, dans ce bref dialogue, pourrait être cité, tant l'esprit y crépite. On parle de la vanité des hommes, de la peur des femmes, des rides, de la silhouette, des préjugés, du charme,du " moderne ", de la tradition. On pourrait redouter des propos de magazine, frivoles et sans portée, mais il n'en est rien : avec ce livre, Marc Lambron s'installe plutôt dans la lignée des grands moralistes. Tout s'y déploie dans la profondeur des surfaces, et l'on sort de ce dialogue plus pessimiste, plus joyeux, plus intelligent qu'en y entrant. Un feu d'artifices !

Véronique Olmi
Le premier amour
Roman

Véronique Olmi, romancière et dramaturge, a déjà publié chez Grasset trois romans - La pluie ne change rien au désir, Sa passion, La Promenade des russes - et une pièce de théâtre (Je nous aime beaucoup). Auparavant, sa pièce de théâtre Mathilde et son roman Bord de l'eau, publiés chez Acte Sud, lui avaient déjà acquis la faveur du public et des libraires.

Cette histoire d'amour s'ouvre étrangement : une femme, qui prépare un charmant dîner pour fêter son anniversaire de mariage, descend dans sa cave pour y chercher une bouteille de vin. Celle-ci est enveloppée dans un vieux journal où figure une petite annonce - qu'elle lit. Aussitôt, elle remonte chez elle, éteint son four, prend sa voiture, et s'en va…
Qu'y avait-il donc dans cette petite annonce ? Pourquoi cette fuite ? On l'apprendra au fil du roman, un très beau et très poignant roman où les saveurs de l'enfance se mêlent au désarroi des adultes… L'héroïne de ce livre arrivera bientôt à Gênes, en Italie. Dans une belle maison, l'attend une femme - et un homme qui, semble-t-il, a perdu la mémoire. A moins qu'il ait choisi de seulement se taire…
Flash-back : cet homme (très beau, très poétique) a été, longtemps avant, le " premier amour " de la narratrice. Puis, à la suite d'un épisode qui ne sera révélé qu'à la fin, il a choisi de devenir amnésique. Son épouse, soucieuse de raviver sa mémoire morte, et sachant qu'il avait aimé la narratrice, a fait publier cette petite annonce destinée à confronter son époux à un cher souvenir d'enfance. Cette ruse suffira-t-elle ? Et pourquoi cet homme, béni par la vie, a-t-il ainsi choisi de se murer en lui-même ?
Dans ce roman, tissé de passé, et dont l'intrigue est haletante, Véronique Olmi brasse la plupart des thèmes qui lui sont chers : l'amour, la folie, les chansons, la fidélité des sentiments, l'ineffaçable empreinte des premiers émois. Elle atteint, avec ce livre, le sommet de son art romanesque.

Patrick Rambaud
De l'Académie Goncourt
Troisième chronique du règne de Nicolas Ier
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Ecrivain précaire né à Paris en 1946. Auteur officiel de trente livres. Auteur officieux du double. On lui doit notamment, chez Grasset, une suite romanesque consacrée à la fin de l'Empire : La Bataille (Grand prix du roman de l'Académie française et prix Goncourt), Il neigeait, L'Absent et Le Chat botté (2006).
Troisième chronique du règne de Nicolas Ier fait suite aux déjà célèbres Chroniques du règne de Nicolas Ier, qui ont été d'immenses succès (janvier 2008 et 2009).

Dans sa précédente chronique, Patrick Rambaud nous présentait un Souverain Précieux et modeste, adouci, cravaté, libéré des mauvais courtisans et des conseillers bling-bling. Nicolas Ier, aux mains de de l'habile première dame, s'était converti à la tempérance, à la sagesse, à l'équanimité. Le grand homme perçait sur la talonnette. L'automne se présentait bien, sur un matelas de feuilles de chêne mais…
Tout s'effondra. La bourse. La croissance. L'économie. Les ambitions libérales et fiscales. A mi-règne, la crise rhabillait son Souverain. La faute à ces salauds de traders, à ces incapables de banquiers, américains, français, de tous pays, autrefois riches et unis, la faute à tous les autres, à Adam Smith, à la Vicomtesse de La Garde, au baron de Trichet, la faute au Premier Ministre Anonyme. Alors ce fut la fin du programme de 2007 : le bouclier fiscal se fissura, le chômage s'emballa, il n'y eut plus d'heures supplémentaires, mais des usines vides, puis des usines occupées… et Nicolas Ier nous épuisa, une fois encore, en paroles, en chiffres, en faux mensonges et vraies vérités, courant du Cap Nègre à Berlin, de Washington au parc de Versailles, esquivant Villiers-le-Bel et La Courneuve…
Patrick Rambaud ne s'en laisse pas compter. La légende dorée, les communications chantournées ne sont pas pour lui. Il a donc choisi de continuer son hilarante chronique, dressant ainsi le véritable tableau du règne...

Poésie

Daniel Boulanger
De l'Académie Goncourt
L'Esplanade
poèmes

Daniel Boulanger, membre de l'Académie Goncourt, est l'un des écrivains les plus importants de ce temps. Son oeuvre, nombreuse et multiple (quelques 50 titres), s'épanouit surtout dans le roman, le poème, le théâtre, la nouvelle. Il est aussi célèbre comme acteur de cinéma. (Ascenseur pour l'échafaud, de Louis Malle, entre autres films fameux).

Dans la continuité d'Images, mes catins, Le tremble et l'acacia, A quatre épingles, A dire vrai, Faubourg des fées, Oboles et Fenêtre mon avenir, voici un nouveau volume des poèmes de Daniel Boulanger. Ces courts textes, " définitions imagées ", selon leur auteur, nous touchent d'autant plus que leur sobriété provoque le jaillissement des images dans une intensité rare.

" Depuis peu j'habite impasse de l'Avenir, un cul de sac en appendice de l'Esplanade. On y entends de temps en temps la plainte d'une chatte amoureuse - ou les hoquets de l'eau souffrant dans les conduites. Quand je sors, les lointains sont proches. A l'Esplanade je ne manque jamais de saluer le garde dans son pavillon en forme de lanterne. On en tire un banc. Nous nous asseyons et nous nous posons des questions sur les promeneurs. "

Charles Dantzig
La diva aux longs cils
poèmes
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Charles Dantzig est l'auteur de plusieurs romans et d'essais récompensés par de nombreux prix comme Je m'appelle François (Grasset, 2007) ou l'Encyclopédie égoïste du tout et du rien (Grasset, 2009). Un de ses livres de poèmes, Que le siècle commence (Les Belles Lettres, 1996), a obtenu le prix Paul Verlaine.

Ce volume comprend les poésies quasi complètes de Charles Dantzig jusqu'aux Nageurs, en incluant deux séries de poèmes inédits, " Un Jour dans la vie du monde " et " Musée des yeux " (suite de poèmes centrés sur les yeux et le regard). De Les tombeaux bâillent (2003) à Le Chauffeur est toujours seul (1991), ce volume reprend des poèmes de tous ses recueils, comme Ce qui se passe vraiment dans les toiles de Jouy (1999) ou le Bestiaire (2003).
Les poèmes sont précédés d'une préface inédite (" Interview de l'auteur par lui-même ") et de deux brefs essais sur la poésie.
Le choix a été effectué par Patrick McGuinness, professeur de littérature française à l'Université d'Oxford.

Charles Dantzig
Les nageurs
poèmes

Charles Dantzig est l'auteur de plusieurs romans et d'essais récompensés par de nombreux prix comme Je m'appelle François (Grasset, 2007) ou l'Encyclopédie égoïste du tout et du rien (Grasset, 2009). Un de ses livres de poèmes, Que le siècle commence (Les Belles Lettres, 1996), a obtenu le prix Paul Verlaine.

Comme il l'avait fait avec À quoi servent les avions ?, dont un des poèmes décrivait par avance la destruction des tours jumelles, Charles Dantzig revient à un livre de poèmes centré sur un thème unique : la nage.
Elle est ici à la fois bien réelle mais aussi métaphorique et, après avoir abordé bien des types de rapports avec l'eau, du surf à la plongée, de la piscine à la mer, le volume se termine par des " Mémoires d'Océan ", où l'Océan parle à la première personne.

Février

Pierre Chavagné
Auteur academy
roman
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Pierre Chavagné, né en 1975 en banlieue parisienne, vit et travaille dans le Sud de la France. Auteur Academy est son premier roman.

" Dans ce siècle, la télévision était plus puissante que le plus puissant des ministères ".
Sélectionné pour participer à une émission de téléréalité qui doit permettre aux spectateurs de suivre étape par étape la fabrication d'une carrière d'écrivain, le narrateur, Pierre, s'installe pour un an sur une île grecque - ou plutôt, il est enfermé dans un monastère vieux de deux mille ans, en compagnie de douze autres candidats à la gloire, et concurrents ipso facto.
Dans cette Villa Médicis version " Loft Story ", les apprentis écrivains sont filmés 24h sur 24… Le soir, sur les plateaux de " praïme ", ils s'entretiennent avec l'auteur controversé Michel Hache, écoutent sa narcissique consoeur Christine Hang faire la lecture de son dernier livre, et prennent, la journée, des cours de " marquetine littéraire " auprès de l'Académicien au teint halé Jeandeau, ou des leçons d'interviou avec le célèbre animateur à la retraite, Bernard Paix. Amitiés de circonstance, amour et jalousies, ambition et mesquineries, cette " île de la création " est un " Koh Lanta " pour aspirants au Goncourt.
Avec une ironie lucide et un cynisme plein d'humour, l'auteur ridiculise les travers d'une société du divertissement, où l'on croit qu'il est possible de fabriquer des écrivains. Il croque avec justesse une galerie de fantoches, et fait rire le lecteur aux dépens de ses personnages, le producteur et son assistante, les candidats médiocres et les auteurs médiatiques, dont la seule compétence est de dispenser à leurs cadets des cours de parisianisme…

Dominique Fernandez
De l'Académie française
Avec Tolstoï
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Dominique Fernandez est né à Paris en 1929. Ecole Normale Supérieur, agrégation d'italien, doctorat ès-lettres. Il écrit régulièrement pour le Nouvel Observateur. Il a obtenu le prix Médicis en 1974 pour son roman Porporino ou les mystères de Naples. Il a publién entre autres, Jérémie ! Jérémie ! en 2006, L'Art de raconter en 2007 et Ramon en 2009.

Universellement célèbre, Tolstoï reste en même temps assez méconnu, dans la mesure où l'on a réduit son œuvre à quelques personnages " romantiques " : Natacha, le prince André, Anna Karénine, et ses innombrables thèmes à la seule passion amoureuse. Dominique Fernandez a relu ses livres, d'un œil neuf, sans idée préconçue, et découvert un écrivain de combat, un des premiers qui aient dénoncé les horreurs de la guerre (et en particulier de la guerre de Tchétchénie, déjà injuste et cruelle en 1850), critiqué le système judiciaire, carcéral, les scandales de l'injustice sociale, les abus du pouvoir étatique, les impostures de l'Eglise, etc. En face de son contemporain Dostoïevski, porté au paroxysme et à l'outrance, il garde toujours un ton juste et mesuré. Son style porte l'empreinte d'une perfection intemporelle.
Avec Dominique Fernandez, on parcourt librement le monde de Tolstoï, on y apprécie cette justesse de ton, ce calme, cette mesure à la fiévreuse frénésie de son rival. Ce livre s'efforce de tracer quelques avenues dans une œuvre immense. A côté des trois chefs-d'œuvre, Guerre et paix, Anna Karénine, Résurrection, des dizaines de nouvelles et d'essais explorent tous les aspects de l'aventure humaine. Tolstoï plaçant cette aventure sous le double signe de la sexualité et de la mort, celui qui est sans doute le plus grand romancier de tous les temps apparaît plus que jamais notre contemporain.

Elise Fontenaille
Les disparues de Vancouver
Roman
Collection " Ceci n'est pas un fait divers ", dirigée par Jérôme Béglé
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Née en 1960 à Nancy, romancière, Elise Fontenaille est l'auteur, entre autres, chez Grasset, de La gommeuse (1997), Le Palais de la femme (1999), Brûlement (2006), L'aérostat (2008).

" Pourquoi sortir l'affaire des disparues de Vancouver au moment des Jeux Olympiques ? parce qu'elle en est le négatif absolu …
D'un côté, les cimes, la blancheur, la glace, l'exploit, la vitesse, les corps vainqueurs, sublimés, venus du monde entier, ce que Vancouver veut montrer au monde, une image rêvée…De l'autre, la noirceur, un gouffre au cœur de la ville - le downtown eastside - les corps vaincus, prostitués, détruits, drogués, les Indiennes - ce sont en effet les trois-quarts des filles de Skid Row - l'échec, la mort, tout ce que l'on voudrait cacher.
Le monde entier va parler de Vancouver, en février 2010 : Les Disparues de Vancouver, c'est une autre façon de parler de cette ville, à travers ce fait-divers terrifiant, qui est avant tout un fait de société, glaçant, révélateur du sort que l'Amérique du Nord réserve à ses Indiens… On peut parler d'un génocide, Les Disparues de Vancouver sont une métaphore de ce massacre, sur lequel l'Amérique s'est bâtie, du nord au sud.
Affaire qui continue d'ailleurs, puisque d'autres filles ont disparu du downtown eastside, neuf à ce jour, depuis l'arrestation de Pickton le boucher ".
E.F.

Ilan Greilsammer
Une amitié espagnole
Roman
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Ilan Greilsammer enseigne les sciences politiques et la civilisation française à l'Université de Bar-Ilan, près de Tel-Aviv. Il est l'auteur de nombreux essais sur la société israélienne dont La nouvelle histoire d'Israël (Gallimard), et surtout d'une biographie de Léon Blum (Flammarion) et de l'édition des Lettres de Léon Blum à Buchenwald (Gallimard).

" Je suis professeur israélien, j'enseigne les sciences politiques dans une grande université israélienne depuis de nombreuses années. Au fil du temps, l'un des sujets qui m'ont le plus fasciné est celui du leadership. Qu'est-ce qui fait un véritable homme d'Etat ? Regardant autour de moi, en Israël comme en France ou en Europe, j'ai vu beaucoup de politiciens, très peu d'hommes d'Etat. Dans mon pays, les seuls qui sont dignes de ce nom ont sans doute été David Ben Gourion, qui a créé l'Etat d'Israël et Itshak Rabin, qui a osé signer les accords d'Oslo. En France, j'avoue avoir été fasciné par deux personnages : Charles De Gaulle et Léon Blum. Blum, surtout, un homme qui, dans sa jeunesse a été un des grands intellectuels, versé dans toutes les littératures, en poésie comme en théâtre, peut-être le plus grand critique littéraire d'avant la première guerre mondiale, l'un des piliers de la célèbre Revue Blanche qui joua un rôle central dans l'évolution des idées et dans le combat pour Dreyfus. Son passage à la politique m'a toujours paru, en soi, quelque chose d'extraordinaire : comment un homme dont toute la vie est centrée sur l'écriture, le roman et le théâtre peut-il se trouver tout-à-coup au cœur des événements, qui sont, avec la montée des fascismes, les évènements les plus dramatiques de l'histoire contemporaine ? Comment cet homme, dont la fidélité en amitié était légendaire, pour qui les relations d'altérité étaient aussi fondamentales, a-t-il vécu son impuissance à agir lors de la Guerre d'Espagne, lorsque ses amis républicains étaient massacrés et qu'il ne pouvait agir pour les sauver ?
J'ai voulu écrire un roman autour d'un personnage qui ressemble à Léon Blum. L'intellectuel est-il vraiment fait pour entrer en politique et se salir les mains ? Quel rôle les liens d'amitié personnels, les liens de jeunesse jouent-ils dans la vie de l'homme d'Etat ? Comment rester fidèle à ce que l'on a été ? Une Amitié espagnole raconte l'histoire d'un homme très singulier, qui s'est trouvé confronté à toutes ces questions, au travers de l'amitié intense qu'il a nouée avec une jeune fille de Madrid. Il était socialiste et humaniste, elle était communiste, ils ont vécu quelque chose d'un lien entre amour et amitié, mais la vie les a séparés. "

Françoise Henry
Le drapeau de Picasso
roman

Après avoir fait des études d'allemand, Françoise Henry a publié un recueil de poésies en 1980. Elle travaille à Radio-France comme comédienne, et comme auteur de textes radiophoniques pour France Inter. Elle a publié plusieurs romans, dont les deux derniers, Le Rêve de Martin (2006, Prix Marguerite Audoux) et Juste avant l'hiver (2009) sont parus chez Grasset.

Albert et Gina sont céramistes à Vallauris, mais Albert, depuis qu'il a subi une opération qui l'a défiguré, part souvent pour de longs voyages vers l'Orient. A la veille d'un périple en Méditerranée, il demande à Picasso, auquel il a dispensé autrefois des cours de poterie, de lui peindre un drapeau…
Ce récit est raconté par la petite cousine d'Albert, adolescente invitée, chaque été, à venir passer quelques jours de vacances chez eux. Elle pressent très vite, devant ce couple qui se délite, l'influence inquiétante, presque maléfique, d'un être invisible… Visage halluciné peint sur le drapeau ? Comme une troisième personne qui s'amuse à le détruire -à détruire Gina surtout ? Ou tout simplement reflet - ou transfiguration - du visage étrange, et pour Gina devenu étranger, de celui qui vit à ses côtés…

Tancrède Voituriez
Les lois de l'économie
roman
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Tancrède Voituriez, économiste, dirige un programme de recherche sur les conséquences de la mondialisation dans un think-tank et un centre de coopération internationale. Il est l'auteur de deux romans chez Grasset : Les grandes perturbations et L'engagement.

Ce livre est l'histoire d'une erreur. La petite erreur d'un trader, par ailleurs dévoué à sa banque, honnête, fiable et performant. Une petite erreur de technique financière, mais surtout de jugement, comme il s'en commet tous les jours dans la finance, et plus encore dans nos vies. Ce livre raconte la banalité, l'universalité même, de cette erreur, et la tragique disproportion de ses effets. Qu'il s'agisse du trader ou de son épouse, du psychanalyste de celle-ci ou du metteur en scène qui aimerait coucher avec elle, tous soupèsent, calculent, anticipent ; et tous se trompent. Il en va de même de Keynes lorsqu'il spécule sur le cours du blé dans les années 1930. Il en va aussi de son amie Virginie Woolf lorsqu'elle raisonne contre sa folie. Il n'y a qu'un terme possible à la spéculation, c'est la mort. Woolf n'a pas commis d'erreur en comptant les cailloux qu'il lui fallait mettre dans ses poches pour couler au fond d'une rivière. Notre trader n'en commettra plus. Ce roman raconte une histoire vraie. L'histoire vraie d'une faillite. Une histoire morale, car l'économie a ses lois, que les lois ignorent. Voici un conte moral : un conte d'automne, qui voit tomber les hommes et les feuilles, les banques et les principes, les têtes, l'argent : mais pas la littérature.

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Littérature étrangère

Janvier

Stella Duffy
La chambre des vies oubliées

Roman
Traduit de l'anglais par Karine Laléchère
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Stella Duffy est née à Londres en 1963 et a passé son enfance en Nouvelle-Zélande. Elle est l'auteur de plusieurs romans noirs, dont quatre ont paru en français au Serpent à Plumes : Beneath the Blonde (1998), Les effeuilleuses (1999), Déferlante (2001) et Chair fraîche (2002). Elle écrit aussi pour la radio et le théâtre, où elle s'illustre également en tant que comédienne. La Chambre des vies oubliées, sélectionné pour le Orange Prize britannique en 2008, est son premier roman littéraire.

Robert Sutton tient un pressing à Loughborough Junction, quartier pauvre, populaire et multiethnique du sud de Londres. Après quarante années à laver et repasser toutes les chemises et les robes du voisinage, il a décidé de prendre sa retraite et de vendre sa boutique. C'est un jeune Anglais d'origine pakistanaise, Akeel, qui répond à sa petite annonce. Ce n'est pas que Robert soit raciste, mais disons que ce n'est pas vraiment le genre d'héritier qu'il avait en tête…
Cependant Akeel, jeune marié, est un garçon sérieux, poli, intelligent et ambitieux ; Robert met donc de côté ses préventions et l'engage comme apprenti à l'essai. Une année durant, les deux hommes que tout oppose vont se côtoyer, s'apprivoiser et, de méfiance en confidences, nouer une amitié singulière, toute en non-dits et timidité virile.
Pendant ce temps, autour d'eux, Londres palpite, vit et vibre : deux clochards beckettiens, une jeune fille au pair amoureuse de son employeur, une vieille dame sénile incapable de retrouver le chemin de chez elle, un poète jamaïcain ayant élu domicile dans un bus, un prof de danse noir et gay, un père de famille dealer et factotum de la mafia locale.
Derrière le comptoir du pressing, Robert et Akeel observent en devisant cette étourdissante ronde de jour. Et Robert se demande s'il livrera à son jeune successeur la clé de la " chambre des vies oubliées ", cette pièce à l'étage où il conserve ses secrets, parfois inavouables - et ceux des autres…

V.S. Naipaul
Le regard de l'Inde

Roman
Traduit de l'anglais par François Rosso
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Né en 1932 à Trinité-et-Tobago, dans les Caraïbes, mais descendant d'immigrés indiens, Vidiadhar Surajprasad Naipaul est l'un des plus grands écrivains de langue anglaise, couronné d'abord par le Booker Prize en 1971 puis par le Prix Nobel en 2001. Le regard de l'Inde, tiré d'un ouvrage intitulé A writer's people, est inédit en français. Il vit en Angleterre, retiré dans son cottage du Wiltshire.

Comme souvent chez Naipaul, tout commence dans un théâtre d'ombres pour, peu à peu, s'éclaircir sous la lumière brûlante de la vérité. " Je connais mon père et ma mère, mais je ne peux aller au-delà. Mon ascendance est brouillée " dit le descendant de cette obscurité, le fils d'immigrants indiens recrutés à partir des années 1860 dans l'Uttar Pradesh pour aboutir dans cette petite île poussiéreuse et dénuée d'histoires qu'est Trinidad. Nul dans sa famille n'y a de mémoire ni collective ni individuelle mais chacun porte en lui une trace de l'Inde mythique, même s'il ne la connaît pas : " Pour ces gens, l'Inde, le passé, avaient été balayés, comme le présent -Trinidad- était en passe de l'être. "
Aussi ce bref récit peut-il prendre sa place parmi les livres indiens de Sir Vidia, les essais objectifs ou les romans inquiets, du reportage grouillant qu'était L'Inde (India : a million mutines now, 1990) jusqu'à son discours du Nobel sur la connaissance par l'écriture. Dépassant le cadre familial, abandonnant les silhouettes fragiles d'une famille déracinée, le voici décrivant les premières années de Ghandi, " petit homme émacié, la tête rasée, de grandes oreilles ", un réfractaire aux clans, un pacifiste guerrier, un visionnaire qui veut réformer l'Inde " immobile, décrépite, cruelle. ". Mais l'Inde était-elle réformable ?
Peut-on s'arracher à sa condition ? Peut-on gagner une place dans le monde ? Comment aller de la périphérie vers le centre ? Et au prix de quel sacrifice ?
" Le monde est ce qu'il est " disait Naipaul, et il n'a de cesse de poser les mêmes questions, sans jamais accepter la sécurité des réponses.

V.S. Naipaul
Le masseur mystique

Roman
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.S. Naipaul est né à Trinidad en 1932, dans une famille originaire du nord de l'Inde. Diplômé es lettres de l'université d'Oxford, il est très vite introduit par son père dans les milieux journalistiques et travaille un temps pour la BBC avant de se tourner vers l'écriture. Ecrivain cosmopolite qui aime à décrire les effets pervers du colonialisme, il situe ses premiers écrits aux Antilles. Après Le masseur mystique et Miguel Street, qui révèlent son talent d'humoriste et de peintre du quotidien, il signe un roman biographique, Une maison pour Monsieur Biswas (Gallimard, 1964) considéré par la critique comme son meilleur roman. En 1990, il est anobli par la reine d'Angleterre et reçoit, en 2001, le prix Nobel de littérature.

Le masseur mystique, premier roman de V. S. Naipaul, prix Nobel de littérature en 2001, a pour cadre son île natale. Trinidad, sous domination anglaise, dans la première moitié du XX° siècle, avec ses cannes à sucres, son peuple bigarré, ses immigrants hindous. Parmi eux, un certain Ganesh Ramsumair. Instituteur méprisé, masseur incompétent, cet amoureux des mots va se piquer d'écrire. Le succès viendra non de son talent, mais de son prétendu pouvoir d'exorciste. De la mystique à la politique, il n'y a qu'un pas, que Ganesh franchira à sa manière, militant pour la liberté des colonisés, avant de se fondre dans l'ordre de l'Empire Britannique. Dans cette satire irrésistible, l'exigence et la gravité de Naipaul avancent à peine masquées. Si l'écriture est ici dévoyée en la personne de Ganesh, on n'en devine pas moins le but que lui confère l'un des plus grands auteurs de langue anglaise : conquérir sa propre liberté.

Février


T.C. Boyle
Les femmes

Roman
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Bernard Turle
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Tom Coraghessan Boyle est né en 1948. Depuis 1978, il anime des ateliers d'écriture à l'Université de Californie du Sud. Il vit près de Santa Barbara dans une maison dessinée par l'architecte Frank Lloyd Wright. Chez Grasset, il est l'auteur de plusieurs recueils de nouvelles, parmi lesquels 25 Histoires d'amour (2000), 25 Histoires de mort (2002) et 25 Histoires bizarres (2006), ainsi que de nombreux romans dont America (1997, Prix Médicis étranger), Un ami de la terre (2001), D'amour et d'eau fraîche (2003), Le Cercle des initiés (2005) et Talk talk (2007).

En 1932, un jeune Japonais, Tadashi Sato, étudiant en architecture, arrive dans une immense propriété du nom mythique de Taliesin, perdue au fin fond de la campagne du Wisconsin. C'est là que réside le plus grand architecte du siècle, auprès duquel Tadashi vient de se faire engager comme apprenti : Frank Lloyd Wright.
Tadashi découvre vite que l'antre du génie ressemble moins à une école qu'à une communauté utopique, que Frank Lloyd Wright essaie de faire tenir tant bien que mal tandis que les créanciers de tout bord le poursuivent et que les habitants du voisinage crient au scandale devant les mœurs étranges du maître de céans… Les " disciples " du grand architecte se retrouvent bientôt recyclés en aides-cuistots, bricoleurs et préposés à toutes sortes de tâches ménagères sans grand rapport avec l'architecture, tandis que Wright, grognon, secret, colérique, tantôt faible, tantôt tyrannique, se démène comme il peut entre ses affaires d'argent et… ses femmes.

Igal Sarna
Des mains si douces

récit
traduit de l'hébreu par Sylvie Cohen

Igal Sarna est né à Tel Aviv en 1952. Il a servi durant la guerre de 1973 en tant que commandant de tank et est devenu par la suite, aux côtés de David Grossman, d'Amos Oz ou encore d'Abraham Yehoshua, l'un des fondateurs du mouvement " Peace Now ". Journaliste, il a fait partie de la direction éditoriale du plus grand quotidien israélien et a reçu le " prix IBM pour la tolérance " pour une série d'articles sur les réfugiés iraniens en Israël. Il est l'auteur d'une biographie du poète Yona Wallach et d'un recueil d'essais ainsi que de deux romans : L'Homme qui était tombé dans une flaque (Grasset, 1999), récompensé par le prix Wizo, et Chasseur de Mémoire (Grasset, 2000).

Des mains si douces est la biographie de la mère de l'auteur, Yula, vieille dame de 91 ans clouée dans son fauteuil roulant, seule survivante d'une nombreuse fratrie. Née en Pologne en 1917, Yula a dix-sept ans lorsqu'elle immigre, seule, en Palestine. Elle débarque d'abord à Hadera, chez son frère aîné, avant de se fixer à Haïfa, où elle fait des ménages dans un hôtel tenu par un Anglais. Le père d'Igal est originaire de la même région, mais Sarna ne s'appesantit guère sur sa vie. Sa mère, en revanche, était enveloppée d'une aura de tristesse, comme si elle taisait un lourd secret, dont il n'aura la clef que beaucoup plus tard, quand, à l'âge de 60 ans, elle subira une mammectomie et confiera à son médecin avoir eu un fils mort-né, issu d'un premier mariage. Igal Sarna va dès lors consacrer son énergie à recoller les pièces du puzzle, en bon journaliste d'investigation qu'il est devenu. Cette quête le mènera à sillonner tout le pays et jusqu'en Angleterre, à la recherche d'informations distillées par la mémoire défaillante de sa mère, avec, en filigrane, l'ombre noire de la Shoah.

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Collection Grand Format

Janvier

Clive Cussler
La poursuite
Roman
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Luc de Rancourt
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Clive Cussler est l'auteur de nombreux romans dont, chez Grasset, L'or des Incas, Sahara, Dragon, Atlantide, Odyssée et Pierre sacrée. Découvreur de nombreuses épaves, il est membre de la Société Géographique Royale de Londres, du Club des explorateurs de New York et préside l'Agence nationale maritime et sous-marine (NUMA).

Avril 1950 : la carcasse rouillée d'une locomotive à vapeur émerge des profondeurs d'un lac du Montana. A l'intérieur, les restes de trois personnes mortes quarante-quatre ans plus tôt.
1906 : depuis deux ans, l'Ouest américain connaît une succession d'attaques de banques. Le malfaiteur agit seul et assassine de sang froid tous les témoins avant de disparaître, sans laisser la moindre trace. Incapable de mettre un terme aux agissements du " Boucher ", le gouvernement américain fait intervenir le meilleur de ses agents : Isaac Bell, de l'agence de détectives Van Dorn. Jamais, pourtant, ce dernier n'a été confronté à pareil défi.
De l'Arizona au Colorado en passant par les rues de San Francisco dévastées par le séisme de 1906, Isaac Bell traque sans relâche celui qui apparaît vite comme le plus grand cerveau criminel de tous les temps. Lorsque sa proie décide de riposter et se lance à sa poursuite, le chasseur qu'il était est devenu chassé. Bientôt, Bell devra faire appel à tout son talent, non seulement pour l'emporter… mais pour en réchapper.

Février

D'après Robert Ludlum
Eric van Lustbader
La trahison dans la peau
L'empreinte de Bourne

Thriller
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Florianne Vidal
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Ecrivain, comédien et metteur en scène américain, né en 1927, Robert Ludlum est entré dans le cercle restreint des romancier à succès avec L'héritage Scarlatti, publié en 1971, premier volume d'une série ininterrompue de triomphes internationaux qui l'imposent très vite comme maître du genre. Il est décédé en 2001, à l'âge de 73 ans. A sa mort, un certain nombre d'écrivains se chargent d'achever et de mettre au goût du jour des manuscrits non encore publiés de l'auteur.
Eric Van Lustbader est l'auteur de nombreux thrillers, qui se sont vendus à des millions d'exemplaires à travers le monde. A la mort de Robert Ludlum, Eric Van Lustbader a repris le flambeau des aventures de Jason Bourne, avec le succès que l'on connaît, ce qui lui a valu plusieurs adaptations cinématographiques.

Lorsque Jason Bourne apprend que son ami Martin Lindros, directeur adjoint de la CIA parti en Ethiopie pour enquêter sur des activités nucléaires suspectes, a été enlevé, il décide de faire tout son possible pour le retrouver.
Mais Jason Bourne va devoir affronter un groupe de terroristes islamistes, qui s'est infiltré au sein des services secrets américains et a programmé une attaque massive contre les Etats-Unis. Le chef des terroristes, qui a des comptes à régler avec l'agent Bourne, a prévu de se servir de lui pour mettre en œuvre son plan diabolique…

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Essais, documents, biographies

Janvier

Dominique Bona
Clara Malraux "Nous avons été deux"

biographie
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Née à Perpignan, romancière et biographe, Dominique Bona est l'auteur de Romain Gary (1987, Grand prix de la biographie de l'Académie Française), Les Yeux noirs (1990), Malika (1992, Prix Interallié), Le Manuscrit de Port Ebène (1998, prix Renaudot), Berthe Morisot, le secret de la femme en noir (2000, Bourse Goncourt de la biographie), Il n'y a qu'un amour (2003) et Camille et Paul (2006).

Lorsque Clara Goldschmidt, née en 1897 à Paris, rencontre André Malraux, elle a 24 ans, une enfance heureuse à Auteuil, de l'argent, une famille juive-allemande cultivée, cosmopolite. Lui a 19 ans, une famille dont il ne dit rien, une allure de " petit rapace hérissé à l'œil magnifique " selon Mauriac, il a tout lu et peu vécu.
Le nouveau livre de Dominique Bona raconte la vie passionnée et tumultueuse d'une femme, dans le miroir d'une grande histoire d'amour. Quand Clara dit longtemps " Nous ", André Malraux lui répond surtout " Je ". Ils furent deux, en effet, au Cambodge et à Angkor lorsque le futur auteur de La voie royale, mué en voleur de statues khmères, écope de trois mois de prison ferme et que Clara bataille à ses côtés pour obtenir sa libération. Deux en Afghanistan, en Iran, au Cachemire, au Japon, à New York, partout où ce couple indissociable dirige ses pas ; puis trois à la naissance de Florence Malraux, juste avant le prix Goncourt obtenu en 1933 pour La Condition humaine. Deux aussi dans les engagements politiques de l'avant-guerre, en URSS, en Espagne où Clara aide Malraux à relever le magnifique défi de l'escadrille Espana. Viennent les dissensions et la solitude, et la souffrance pour une femme courageuse qui pourrait confesser, telle l'héroïne de son roman Grisélidis : " Vous n'avez pas le droit de m'abandonner puisque vous êtes irremplaçable ".
En 1937, Malraux et Clara divergent politiquement, et au privé l'écrivain tombe amoureux de la belle Josette Clotis. Résistante dès 1941, fidèle d'un cercle d'intellectuels parmi lesquels Edgar Morin ou François Fejtö, Clara traverse difficilement la guerre en juive clandestine, sa fille au plus près d'elle, alors que Malraux observe les choses à distance, avant de faire sa métamorphose sous les traits gaullistes du colonel Berger. Le couple divorce en 1947.
Elle, révoltée, généreuse, militante, prête à tous les combats, dont celui de la guerre d'Algérie. Lui, ministre de De Gaulle, chargé des affaires culturelles en 1958, inquiétante figure repliée dans les songes de grandeur, écoutant Les Voix du silence plutôt que les cris des torturés d'Alger. Clara, découvrant la civilisation du Kibboutz, retrouve ses racines en Israël. André, crépusculaire, chez Louise de Vilmorin, devient le seigneur de ces Chênes qu'on abat. Il meurt en 1976, elle en 1982, sans avoir jamais cessé de porter le nom de l'homme qu'elle a aimé " contre vents et marées ".

Fanny Cheze
Pascal Jardin

biographie
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Responsable de production dans un groupe audiovisuel, Fanny Chèze a mené une enquête de plusieurs années et rencontré tous les proches de Pascal Jardin pour mener à bien cette biographie, la première jamais consacrée à l'auteur de La Guerre à neuf ans. C'est son premier ouvrage.

Scénariste et dialoguiste à succès, écrivain qui nous a laissé des romans pleins de tendresse et d'humour, comme La Guerre à neuf ans (Grasset, 1971), Pascal Jardin (1934-1980) est non seulement une grande figure du cinéma et des lettres françaises des années 1960 et 1970, mais aussi un personnage faisant partie d'une mythologie entrée dans la mémoire collective des Français. Il a contribué à cette mythologie en racontant son histoire familiale dans plusieurs livres, et en est lui-même devenu le sujet quand son fils Alexandre l'a décrit dans Le Zubial (Gallimard, 1997) et dans Le Roman des Jardin (Grasset, 2005). C'est cette mythologie que Fanny Chèze parcourt pour y départir la légende de la vérité. Et la vérité n'est pas moins romanesque que la légende…
Pascal est le fils de Jean Jardin, chef de cabinet de Pierre Laval sous Vichy. C'est grâce à ce père aussi trépidant qu'influent qu'il fait la connaissance de toutes les célébrités d'avant-guerre, comme Paul Morand (qui sera le parrain de son frère Gabriel). Très tôt, il développe un type de relation frénétique et passionné avec les femmes. Il publie un premier roman à 23 ans (Les Petits Malins, 1957), puis devient un des grands talents du cinéma français, écrivant les scénarios ou les dialogues de films aussi célèbres que la série des Angélique (à partir d'Angélique et le Roy, 1966), mais aussi de véritables chefs-d'œuvre, comme Le Chat, avec Jean Gabin et Simone Signoret (1971) ou Le Vieux fusil, avec Philippe Noiret et Romy Schneider (1975). Ami de toutes les stars, il est un grand noctambule et un amoureux passionné - mais aussi la proie d'une forme de panique. Quelle était la blessure secrète qui a fait de Pascal Jardin cet " homme pressé ", pour reprendre l'expression de Morand, dont la trajectoire brève et lumineuse marque encore les mémoires ?

Elizabeth Gouslan
Jean-Paul Gaultier, punk sentimental

Document
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Elizabeth Gouslan est journaliste. Après sa maîtrise de lettres à la Sorbonne, elle entre comme journaliste à L'Evénement du Jeudi. Elle travaille ensuite à France Soir, au Figaro Littéraire et, actuellement, à Madame Figaro, au service culture.

Travailleur forcené, quinquagénaire facétieux, Jean-Paul Gaultier a débuté dans la carrière en recyclant tout et n'importe quoi : des boîtes de conserve, des fauteuils de cuir usés, de la paille et de la peluche. Ses premiers défilés sont improvisés, voire ratés. Mais il ose…
L'excentricité devient dés 1978 un label frenchy grâce à lui. Il flaire les mouvements de société, explicite cette curieuse formule : " la mode vient de la rue ", euphorise et dope le monde glacé du stylisme. Le premier, il fait défiler noires et beurettes, boulottes et femmes du troisième âge. Les catégories traditionnelles du laid et du beau sont grâce à lui, définitivement brouillées. Les conservateurs s'inquiètent et le traitent d'imposteur. Les années 1980 sont pourtant signées Gaultier : festives, vinylisées, métissées, gays.
Le virage des années 1990 souligne son aptitude au changement. Le pop-styliste veut ses galons de créateur Haute Couture : il les obtient en habillant les icônes du show-biz - Madonna lui confie ses tenues de scène. Last but not least, on lui confie la maison Hermès. Peut-on sans renier un anti-conformisme viscéral dessiner des tailleurs blanc cassé pour la bourgeoise du faubourg Saint-Honoré ? Il peut. Parallèlement, l'enfant terrible de la mode s'offre un luxueux siège : l'Avenir du Prolétariat, rue Saint Martin, véritable palais de maharadjah post-moderne. Les affaires florissantes du sigle JPG justifient une telle débauche : 120 personnes travaillent pour lui et son chiffre s'élève à 30 millions d'euros. Peu à peu, il s'impose comme l'anti- Karl Lagerfeld : la mode n'est pas une chose sérieuse…
Rayonnant, attachant, médiatique mais pudique et discret, on croit tout savoir de lui, mais c'est un leurre. Son compagnon Francis Menuge meurt du sida en 1990, la blessure ne se referme pas. Il touche à tout : cinéma (Besson, Almodovar), scène, arts plastiques et offre même à la Fondation Cartier une exposition boulangère faite de robes Couture façonnées en baguettes de pain ! Idolâtré par la communauté gay, adoré des élégantes, parfumant la planète avec un jus enserré dans un petit buste de Barbie décapitée, le bad boy platiné qui ne se prend pas au sérieux - label rarissime dans la tribu Couture - est beaucoup plus qu'un créateur. Du lancement en 1983 du " boy toy ", ce marin new-look serré dans sa marinière rayée marine et blanche, en passant par le scandale des hommes en jupe et des corsets coniques pour les filles. Cette biographie raconte l'itinéraire d'un enfant cinglé, d'un autodidacte shooté à la variété, d'un couturier ready-made, d'un self-made man du falbala, né à Arcueil, banlieue triste.

Jean-Luc Marion
De l'Académie française
Certitudes négatives
Essai
Collection Figures

Jean-Luc Marion a publié, chez Grasset, L'Idole et la distance, et Le Phénomène érotique, tous deux salués par une critique unanime. Son œuvre philosophique est traduite dans de nombreux pays. Spécialiste de Descartes et de l'histoire de la philosophie moderne, phénoménologue, Jean-Luc Marion enseigne à l'Université Paris Sorbonne et au département de philosophie de l'Université de Chicago. Il a reçu le Grand Prix de philosophie de l'Académie française en 1992.
Le 21 janvier 2010, Jean-Luc Marion fait son entrée sous la Coupole, en prononçant l'éloge de l'homme qu'il connut et conseilla : Monseigneur Lustiger.

" Connaître signifie connaître avec certitudes des objets, donc suivant les sciences : il n'y aurait de certitude qu'affirmative et scientifique. Le reste, ce qui se dit ailleurs, en philosophie ou littérature, n'apporterait aucune certitude. Voilà ce que nous tenons tous, spontanément, pour allant de soi. Ce livre veut la mettre en question.
Car précisément une question, à condition qu'elle ait un sens, peut aboutir à une certitude, pourvu que nous comprenions pourquoi et comment elle doit rester sans réponse. Les questions sans réponses donnent aussi des certitudes, mais des certitudes négatives.
Ainsi ne doit-il pas y avoir de réponse à la question sur la définition de l'homme - car définir l'homme aboutit toujours à en finir avec certains hommes.
Ainsi la question de Dieu survit-elle à tout argument sur l'impossibilité de l'expérience de Dieu, précisément, parce que Dieu, par hypothèse, concerne ce qui nous reste impossible.
Ainsi le don, et ce qui le confirme par redondance, le pardon et le sacrifice, n'admet-il aucune condition de possibilité, précisément parce qu'il transcende l'économie des échanges.
Ainsi l'événement advient sans aucune prévision et contre toute attente, parce qu'il ne pourra jamais devenir l'objet d'une compréhension exhaustive, comme un objet ou un spectacle.
Il se pourrait que ces certitudes négatives, qu'aucune théorie ou expérience à venir ne viendront corriger ou invalider, nous offrent infiniment plus de certitude que toute autre. " Jean-Luc Marion

Meredith Norton
Drôle de mal
Comment je me suis guérie par l'humour

Document
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Florianne Vidal
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Meredith Norton a grandi dans la région de San Francisco, fait ses études à l'université Columbia, exercé divers métiers dans le monde de l'art, des affaires ou encore de l'enseignement, créé puis coulé sa propre boîte, hésité à reprendre ses études pour devenir ingénieur ou astronaute, et remis le cap, après son séjour parisien, sur la Californie, où elle vit actuellement avec son fils.

Jeune trentenaire noire américaine installée avec son mari et son fils à Paris, Meredith s'amuse de tout, dans notre si curieux pays dont les coutumes autant que la langue lui échappent à peu près totalement, et voit " la vie en rose "… jusqu'au jour où, de retour en Californie pour les vacances, elle apprend qu'elle est atteinte d'une forme particulièrement rare et agressive de cancer du sein. Chances de survie : 40 %. La jeune femme est terrassée - pendant environ un quart d'heure. Puis se lance dans la bataille, avec pour arme principale un humour à toute épreuve et au moins aussi ravageur que la maladie.
Drôle de mal est le récit poignant de ce combat, que Meredith Norton raconte sans détours, avec ce même courage qui lui permet d'affronter vingt longs mois de traitements épuisants. Et surtout avec la même joie de vivre - et de survivre. Car tel est le fin mot de ce témoignage pas comme les autres : montrer qu'il n'est pas d'" anticancer " plus efficace que le rire !

Février

 

Gilles Achache
Le Complexe d'Arlequin
Eloge de notre inconstance

essai

Gilles Achache a été professeur de philosophie dans l'enseignement supérieur (Dauphine), est maître de conférence et chercheur associé à Sciences Po Paris. Il dirige aujourd'hui un institut d'études de marché et d'opinion.

L'inconstance est aujourd'hui la chose du monde la mieux partagée. Nous sommes tour à tour volages, zappeurs, consommateurs infidèles, incohérents dans nos choix, électeurs volatils ou militants à temps partiel. Une figure résume cette inconstance : Arlequin, ce valet de trop nombreux maîtres, cet amoureux qui ne résiste à aucune tentation.
L'inconstance est aussi la chose du monde la plus critiquée. Arlequin réunit contre lui une Sainte Alliance allant des néo-conservateurs pour qui il incarne l'effondrement de l'esprit, aux néo-marxistes, qui voient en lui le résultat terminal de la marchandisation du monde, en passant par les néo-heideggeriens, qui dénoncent à son occasion les ravages de la civilisation technique. Contre ces critiques de la démocratie réelle, ce livre se propose de prendre la défense d'Arlequin et de faire l'éloge de l'inconstance.
Examinant tour à tour les sphères de l'amour, des médias, de la consommation, de la culture et de la politique, Le complexe d'Arlequin décrit le comportement du zappeur, en matière de publicité, de goût, de politique.
Sous l'apparente superficialité de l'inconstance, on découvre une vertu qui est au fondement même de nos démocraties développées. Elle est d'abord une compétence : c'est en étant inconstant que nous pouvons participer à la multiplicité des formes de l'existence auxquelles nos sociétés complexes donnent lieu. Loin de menacer la solidité du lien social, l'inconstance est ce qui en assure la souplesse.
Plus fondamentalement encore, l'inconstance nous permet d'échapper à l'assignation à un lieu, un rôle, une norme, une habitude. L'inconstance ne serait-elle pas le nom moderne de la liberté ?

Florence Colombani
Je ne peux demeurer loin de toi plus longtemps
Léopoldine Hugo et sa fille

biographie

Florence Colombani écrit pour les pages Culture du Point. Elle a publié plusieurs livres consacrés au cinéma (Elia Kazan, une Amérique du chaos et Proust-Visconti, histoire d'une affinité élective, chez Philippe Rey ; Woody Allen aux éditions des Cahiers du cinéma) et réalisé un film, L'Etrangère.

C'est l'histoire d'un amour intense, absolu, qui inspira quelques-uns des plus beaux poèmes de la langue française. Victor Hugo a vingt-deux ans à la naissance de sa fille aînée, qu'il prénomme Léopoldine en hommage à son père, le général Hugo, et à son premier-né, un petit Léopold disparu tout bébé. Génial, adulé, très occupé par une double carrière politique et littéraire et par d'innombrables liaisons féminines, le jeune romantique n'en est pas moins un père tendre, présent, qui sait goûter les joies de l'intimité familiale. Mais une malédiction pèserait-elle sur l'entourage du grand homme ? Le deuil, la tragédie cernent Hugo : le nouveau-né Léopold est mort, son frère Eugène est cloîtré à l'asile, sa fille Adèle connaîtra plus tard le même sort… Et un jour fatal de septembre 1843, la ravissante Léopoldine, dix-neuf ans, se noie dans la Seine avec son jeune mari. Brisé de douleur, Hugo ne se résout pas au silence qu'impose la mort. Il s'entête à dialoguer avec sa fille par-delà la tombe, lui adresse d'innombrables poèmes, organise des séances de tables tournantes et s'entretient avec son fantôme.
Ce livre est d'abord un récit, celui d'une passion déchirante, accrue - et non interrompue - par la tragédie de Villequier. Histoire connue bien sûr - tous les écoliers de France ont récité Demain dès l'aube -, mais dont on néglige souvent la force subversive, l'incroyable intensité. On découvre aussi une Léopoldine inconnue, une personnalité vive, infiniment attachante de jeune fille exaltée et étouffée à la fois par le tête-à-tête avec Hugo, ambassadrice éternelle de la souffrance de sa mère, amoureuse intrépide prise au piège d'un mariage décevant avec le trop bourgeois Charles Vacquerie. Il s'agit enfin d'une plongée dans l'œuvre hugolienne qui met à jour la présence constante de Léopoldine dans les textes, de la petite fille espiègle qui traverse les poèmes à la Cosette amoureuse et vibrante des Misérables. Où l'on comprend comment cet amour fou entre père et fille touche à l'universel et nous touche aujourd'hui comme au premier jour.

Jean Ferniot
Ah, que la politique était jolie !

essai

Grand journaliste, Jean Ferniot a une œuvre importante de romancier, de nouvelliste, d'essayiste. On lui doit entre autres C'était ma France (Grasset, 2004), L'enfant du miracle (Grasset, 2006), Vivre avec ou sans Dieu (Grasset, 2007).

" Que la France était donc gauloise, jadis ! Alex Alégrier, qui fut propriétaire du restaurant réputé Lucas Carton, m'a raconté que, dans les années trente, deux vedettes de la politique, Aristide Briand et Léon Bérard, faisaient après un déjeuner tête à tête queqlues pas sur le trottoir. Passa une très belle femme. Briand : " je la baiserais bien. " Bérard : " Dites : volontiers. " Même les pensées salaces, alors, exigeaient d'être exprimées dans une langue correcte. " (Extrait de " Sexe ")
" De Gaulle avait son style, à périodes raciniennes. Georges Pompidou caressait Balzac, Valéry Giscard d'Estaing rêvait de Maupassant, François Miterrand châtiait son langage en songeant à Chateaubriand. Jacques Chirac fréquentait plutôt Henry Bordeaux. Nicolas Sarkozy côtoie, lui, Frédéric Dard ." (Extrait de " Eloquence ")
" Je n'aurais jamais imaginé, me confiait Raymond Barre, que la vie politique soit aussi répugnante. " (Extrait de " Haine ")

De 1945 à la fin des années 1980, de "De Gaulle, Charles " à " Mitterrand, François ", d' " Antisémitisme " à "Justice ", d' "Argent " à " Eloquence ", de " Bouffe " à " Sexe " et " Whisky " en passant par " Armée ", " Décentralisation", " Ecologie ", " Machiavélisme " ou " Presse ", Jean Ferniot revisite en un brillant abécédaire plus de cinquante ans de politique française, dont il fut, au cours de sa longue carrière de journaliste, l'un des témoins privilégiés.
En courts chapitres, traits et portraits, aphorismes, confidences inédites, anecdotes inédites et réflexions singulières ressuscitent librement les hommes, les événements, et une époque qui vous fait dire, avec l'auteur : " Ah, que la politique était jolie… "

Takeshi Kitano
Kitano par Kitano

Avec la collaboration de Michel Temman

Takeshi Kitano, né le 18 janvier 1947 à Tokyo, est l'une des plus célèbres stars de la télévision japonaise, où il présente à l'heure actuelle huit émissions hebdomadaires. Il est connu dans le reste du monde comme l'un des plus grands réalisateurs, avec des films personnels comme Sonatine (1993), Hana-bi (1997, Lion d'or à Venise), ou le surprenant Zatoïchi (2003, Lion d'argent à Venise). C'est l'une des personnalités les plus célèbres du cinéma mondial.
Michel Temman est journaliste et correspondant du quotidien Libération à Tokyo, où il réside.

Takeshi Kitano a écrit sa toute première autobiographie à paraître hors des frontières du Japon, au terme de plusieurs années d'entretiens avec le journaliste français Michel Temman. Comment être à la fois un showman célèbre et un cinéaste exigeant ? Kitano se livre sans concessions, à la manière d'un ami qui se raconte autour d'une table, devant une bouteille de bon vin - une de ses passions. Kitano n'en revient pas de sa " destinée ", lui l'autodidacte qui a dû interrompre l'université, lui qui n'a jamais renié ni oublié ses origines modestes, comme en témoigne, encore aujourd'hui, un besoin de reconnaissance jamais assouvi. Alors, il s'épanche sur sa jeunesse dans le Japon de l'après-guerre : une enfance interdite, une famille nombreuse entassée dans la misère d'un quartier populaire, la passion pour les sciences, ses rêves d'explorateur et sa fascination pour le commandant Cousteau, les études qu'il faut poursuivre, malgré la pauvreté, grâce à sa mère, à l'éducation stricte. Le père, enfin. Cet homme introverti mais qui, porté sur la boisson, pouvait avoir des accès de colère violente. Kitano confie ses regrets, les occasions manquées. " Je n'adressais jamais la parole à mon père. Lui ne me disait jamais rien. Je me souviens avoir joué une seule fois avec lui, sur cette plage d'Enoshima où il m'avait emmené voir la mer ". Au départ de sa gloire, les Two Beat - un duo comique spécialisé dans le sketch provocateur. Beat Takeshi se distingue en prenant des risques. Il se moque des marginaux, des déclassés, de la mafia japonaise. Les producteurs censurent, l'applaudimètre l'encense. Le succès est immédiat, et le duo - toujours actif aujourd'hui - assure l'avenir et la popularité de Kitano.
Si la télévision est un purgatoire, le cinéma est sa rédemption. A Beat Takeshi revient l'art de se compromettre en riant ; à Takeshi Kitano, celui de la création artistique. Cette révélation lui vient en 1983, pendant le tournage de Furyo, un des chefs-d'œuvre de Nagisa Oshima. Kitano, alors âgé de 36 ans, y joue le troisième rôle ; c'est pur hasard, dit-il lui-même, s'il est ainsi venu au cinéma. Une esthétique de la violence, une musique envoûtante, des antihéros solitaires, impassibles et torturés, deviennent ses marques de fabrique. Puis vient le succès de Sonatine en 1993 - salué par la critique surtout à l'étranger. Épuisé, surchargé de travail, écrasé par le sentiment de ne pas être reconnu à sa juste valeur, le cinéaste connaît alors un passage à vide et voit la mort en face, suite à un accident de la route. Une envie d'en finir ? Certains le pensent. Il revient, plus ambitieux que jamais. Ses nouveaux films sont plus intimistes, réfléchis. C'est l'heure de la maturité, et la consécration : ses films sont régulièrement sélectionnées dans les plus grands festivals de cinéma, Cannes bien sûr mais aussi la Mostra de Venise, qui lui décerne un Lion d'or pour Hana-bi en 1997 et un Lion d'argent pour Zatoïchi en 2003.
Pour la première fois, il révèle ici son engagement humanitaire en Afrique autant que sa vision pessimiste du Japon, colonisé par l'Amérique et acculturé.
Depuis son accident de la route, Kitano s'est créé une vision très personnelle de la vie, à mi-chemin entre acharnement au travail, bouddhisme zen et épicurisme. Il reprend la peinture, qui joue un rôle prépondérant dans sa façon de concevoir le cinéma. Son autobiographie est aussi un " Ce que je crois " d'une étonnante vitalité.

La première autobiographie (hors du Japon) d'un cinéaste-culte. Trois événements au mois de mars : une exposition inventée de toute pièce par l'artiste pour la Fondation Cartier pour l'Art contemporain, présentée du 11 mars au 12 septembre 2010 ; une rétrospective de ses films au Centre Pompidou (mars) ; la sortie en France de son dernier film, Achille et la Tortue.

Jennifer Lesieur
Amelia Earhart

biographie

Jennifer Lesieur est née en 1978. Son père est pilote de ligne. Responsable des rubriques Culture et Evasion du quotidien Metro depuis 2006, elle est l'auteur de la première biographie française de Jack London (Tallandier, 2008), qui a remporté la bourse Goncourt de la biographie.

En 1927, Charles Lindbergh effectue la première traversée de l'Atlantique en solitaire. L'exploit n'est pas réédité jusqu'en 1932, où c'est une aviatrice, l'Américaine Amelia Earhart, qui franchit l'océan à son tour. Elle devient une star internationale.
Frondeuse, élégante et décontractée, Amelia ne cessera d'aligner les records, malgré certaines carences techniques. Sa soir de liberté et sa détermination emportent tout - il en faut pour voler à bord des fragiles carlingues à ciel ouvert de l'époque. Quand un journaliste l'interroge : " Pourquoi volez-vous ? ", elle répond, invariablement : " For the fun of it. " Pour le plaisir, pour l'amusement.
Trois ans après l'Atlantique, elle traverse le Pacifique. Entre temps elle aura épousé l'éditeur George Putnam, son manager et agent, volontiers manipulateur mais à qui elle imposera un contrat de mariage lui garantissant une totale indépendance. Promoteur audacieux, il fera d'elle une icône de la femme moderne dans l'Amérique de Roosevelt.
En 1937, à court de nouveaux exploits, celle qu'on surnomme " Lady Lindy " - en raison de son étrange ressemblance physique avec Lindbergh - entreprend un tour du monde. Elle a quarante ans. Ce sera son dernier vol : elle disparaît en mer alors qu'elle est sur le point de le boucler. Les moyens engagés par Roosevelt pour sauver l'aviatrice sont exceptionnels : 3000 hommes, 66 avions, 9 navires et 4 millions de dollars. On ne retrouvera pas trace de l'appareil. Aujourd'hui, le mystère reste entier, les hypothèses abondent qui continuent d'alimenter la légende : on l'a vue espionne, abattue en vol ou capturée par les Japonais, mais aussi robinsonne sur un îlot du Pacifique… Et quand Apple lance sa campagne " Think different ", elle figure aux côtés de Gandhi, d'Einstein, ou de Miles Davis.
Le portrait vif et tendre d'une héroïne comme on n'en fait plus.

Le film Amelia, avec Hilary Swank et Richard Gere, sortira en France début mars 2010.

Bernard-Henri Lévy
De la guerre en philosophie

Essai

Bernard-Henri Lévy est écrivain, cinéaste, documentariste, chroniqueur - mais il est, d'abord, philosophe. Et c'est à cette identité première qu'il revient dans ce livre.

Précisément à cause de ses curiosités multiples, Bernard-Henri Lévy est, il le sait, fortement contesté sur le terrain de son métier d'origine. Les uns lui reprochent de préférer les média à la méditation. Les autres de n'avoir, depuis la Barbarie à visage humain, jamais produit de concept véritable. Les autres encore de s'être laissé happer par ce qu'un grand poète français appelait " l'universel reportage ". C'est à ces critiques qu'il répond dans ce livre, en livrant ses " secrets de fabrication " comme on retourne ses cartes. Il le fait, selon les cas, de manière indirecte ou frontale. Mais il le fait, toujours, avec franchise et probité. Quel rapport aux textes de la tradition ? Relations avec les contemporains ? Usage de la citation ? Nostalgie, ou non, du Système et de la Totalité ? La notion d'engagement a-t-elle un sens pour un philosophe ? Et faut-il se résigner, vraiment, à ce que la chouette de Minerve ne se lève jamais qu'à la nuit tombée ? C'est à ces questions, et à d'autres du même type, que répond ce livre court, concis, mais qui n'esquive aucune difficulté.

Bernard-Henri Lévy
Pièces d'identité

Chroniques

Dans cet ouvrage, l'auteur revisite son propre éclectisme intellectuel, s'autorise à de belles esquisses autobiographiques, rassemble ses derniers grands reportages (Darfour, Gaza, Georgie, Liban) et offre une marqueterie de chroniques (où l'on rencontre, aussi bien, une reflexion sur " Star Trek " que des portraits de Françoise Verny ou de Simone Veil). On y trouve aussi des textes d'inspiration plus philosophiques : une introduction très pédagogique à l'oeuve de Lévinas, un ensemble de textes sur Benny Lévy, des analyses originales (" contre le mal, s'il est absolu, que faire ? "). Ou des chapitres témoignant de son contact de plus en plus étroit avec la pensée juive (telle considération sur " l'idée d'Universel ", tel autre sur " L'étrange paradoxe de la souveraineté juive, " tel autre encore sur " Edmond Fleg et le franco-judaïsme ") ? Au total, (et si l'on y ajoute, ici, des textes sur l'art ; là, des polémiques politiques du type de celle lancée en juillet 2009 sur la mort du Parti Socialiste ; là, encore, une dernière conversation avec Norman Mailer à la veille de sa mort), le bilan impressionnant de trois ans de travail et d'engagement - le spectacle d'une intelligence en mouvement qui ne s'interdit, à priori, aucun champ d'intervention.

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Revue

Janvier

La Règle du jeu n° 42

Un numéro spécial exclusivement dédié aux " écrivains cinéastes ", qui comptera avec les participations de :

Michel Houellebecq, Philippe Sollers, Pascal Bruckner, Isabelle Huppert, Bernard-Henri Lévy, Claude Lanzmann, Yann Moix, Emmanuel Carrère, Christophe Honoré, Antoine de Baecque, Stéphane Zagdanski, Dai Sijie, Marc Dugain, Philippe Labro, Xavier Beauvois, Jean-Pierre Kalfon, Jean-Louis Jeannelle, Arielle Dombasle, Noël Herpe, Gilles Hertzog, Jacques Aumont, Guy Konopnicki, François Samuelson et Richard Brody.

Outre les témoignages d'écrivains-cinéastes présents dans ce numéro, il sera également question de Sacha Guitry, Peter Handke, Pier Paolo Pasolini, André Malraux, Guy Debord, Carmelo Bene, Roman Polanski, Jean-Luc Godard et Jean Cocteau.

Hommage à Romain Gary avec des extraits inédits du scénario Les Oiseaux vont mourir au Pérou et les photos du tournage par Pierre Zucca.

Un scénario inédit de Irène Némirovsky.

Rubrique IMEC :
Extraits inédits de L'année dernière à Marienbad entrecoupés par des photos inédites du tournage du film et d'Alain Robbe-Grillet lui-même.
Interview inédite en français d'Alain Robbe-Grillet où il parle de son expérience d'écrivain cinéaste.


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Petite collection blanche

Janvier

Eric Besson
Pour la Nation

Essai

Eric Besson est ministre de l'immigration et de l'identité nationale. Il a déjà publié, chez Grasset, Connaissez-vous Madame Royal ? et La République numérique.

Aujourd'hui, rien n'est plus politiquement incorrect que de célébrer la nation - qui est devenue une référence fort mal vue, voire un tabou. A gauche, à droite, les intellectuels lui préfèrent les concepts de démocratie, de citoyenneté, de République. Et, face aux dérives nationalistes, aux aspirations des minorités régionales ou culturelles, aux enjeux de l'intégration européenne, de la mondialisation et du multiculturalisme, l'idéal de la Nation paraît définitivement obsolète.
Pourtant, c'est au cri de " Vive la Nation ! " (à Valmy, le 20 septembre 1792) qu'est née la démocratie française. Et c'est depuis cette époque, pendant 150 ans, que la Nation a été intimement associée à l'idée de liberté et d'indépendance. C'est vrai pour la France, mais aussi pour l'Europe - comme en témoignent les ardents plaidoyers d'un Goethe ou d'un Kant. Enfin, c'est par rapport aux Nations, et à leur coexistence harmonieuse, que s'est définie l'idéologie qui a présidé à la naissance de la SDN, puis de L'ONU.
Comment la Nation, synonyme de partage et d'inclusion, a-t-elle pu devenir le symbole de l'exclusion ? Et cette Nation, est-elle encore d'actualité à l'heure de la construction européenne ou de la mondialisation ? Qu'en est-il, enfin, de cette idée face aux défis - et à la réalité - du flux migratoire ?


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Les Cahiers Rouges

Janvier

Clara Malraux
Nos vingt ans
Et pourtant j'étais libre…

Clara Malraux (1897 - 1982). Née Clara Goldschmidt dans la bourgeoisie juive d'Auteuil, elle devient traductrice et journaliste. Elle a été l'épouse d'André Malraux de 1923 à 1947.

Nos vingt ans
Lire le premier chapitre
Rebelle et passionnée, Clara Malraux évoque ses années de jeunesse avec André Malraux, leur épopée amoueuse, des bals musette à la Cochinchine, des bouquinistes de la Seine aux prisons coloniales... Un témoignage décisif pour la compréhension du premier Malraux.

Et pourtant j'étais libre…
Lire le premier chapitre
Après avoir connu aux côtés d'André Malraux une vie d'amours et d'aventures, Clara Malraux, se retrouve seule et mère d'un enfant fragile, au lendemain de l'armistice. Commence alors, une vie quotidienne où il lui faut à chaque instant prendre des initiatives dont dépendent et l'existence de son enfant et la sienne. Toute une époque revit ici, qu'anime le portrait d'une petite fille tour à tour écolière ou " courrière " d'un réseau, qui transporte de faux-papiers sous le pain de son goûter. Clara Malraux nous raconte, la guerre terminée, ses rapports avec le parti communiste, son choix en faveur de la Yougoslavie, son engagement envers Israël. Le livre se clôt sur une évocation des journées de Mai 68 auxquelles elle participa, et qui marquèrent, selon elle, la fin de sa jeunesse : elle avait alors soixante-dix ans.

 

Février

Francis Scott Fitzgerald
Un légume

Traduit et préfacé par Charles Dantzig

Francis Scott Fitzgerald est né en 1896 dans le Minnesota et mort en 1940 à Hollywood. Il a connu dans sa brève existence la gloire la plus insolente puis l'oubli le plus injuste, et est désormais considéré comme l'un des grands écrivains américains de son temps.

Fitzgerald a écrit Un légume (1923) au début de sa gloire, entre Les Heureux et les Damnés et Gatsby le Magnifique. Satire sociale et politique, cette comédie, qu'on peut lire comme un " livre d'humour ", vise l'entourage passablement corrompu du président des États-Unis… Marié avec une sotte, l'employé aux chemins de fer Jerry Frost avait deux ambitions dans la vie : devenir facteur ou président. Il sera l'un et l'autre, dans des conditions parfaitement rocambolesques. Fitzgerald s'en donne à cœur joie dans l'onirisme, la bouffonnerie et le sarcasme, mais cette histoire n'oblitère ni l'analyse ni l'émotion. Elle se déploie dans un décor de guerre conjugale, que l'auteur connaît bien. De plus, elle anticipe étrangement son destin, si l'on veut bien admettre que Jerry a quitté la maison pour réaliser sous alcool ses rêves de gloire. À bien y réfléchir, c'est une touchante prémonition de la vie de Francis Scott Fitzgerald, en plus d'une parabole sur les pires défauts des présidents américains… quand ils en ont.

Oscar Wilde
Aristote à l'heure du thé

Choix, traduction et préface de Charles Dantzig

Oscar Wilde (1854-1900) est l'auteur du mythique roman Le Portrait de Dorian Gray mais aussi de pièces de théâtre inoubliables comme L'Importance d'être Constant. Aristote à l'heure du thé nous révèle un aspect inattendu de son œuvre : le journalisme.

Ce recueil rassemble une trentaine de chroniques et d'articles publiés par Oscar Wilde entre 1877 et 1895. Voici l'auteur du Portrait de Dorian Gray à son meilleur, spirituel, brillant, cocasse et profond. Le journaliste observe la jeune Amérique. Le critique d'art s'occupe de Whistler. Le styliste dissèque une mauvaise traduction de Balzac. Le gastronome n'élude pas " l'importante question des macaronis ". Le politique réfléchit aux rapports de la poésie et du peuple. Le dandy vante les avantages de la cape courte. Le dramaturge règle ses comptes avec la censure. Ceux qui mettent la beauté au-dessus de tout seront comblés par le ton et l'optique wildiens. Paradoxal, charmeur et toujours inattendu, le théoricien de la vérité des masques n'a pas mis son génie que dans sa vie.


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Grasset-Jeunesse

 

Janvier

Yves Hughes
Caracol crimes
Une enquête inédite de Yann Gray

Lampe de poche pré-ados

Auteur de nombreux romans pour enfants et adultes (publiés principalement chez Gallimard, Milan ou Calmann-Lévy), mais aussi de scénarios et sketches pour la télévision (notamment pour la série " Maguy ", " Les Guignols de l'Info ", ou encore " Le Bébètes Show ") et de fictions radiophoniques (pour France Bleu, France Culture ou France Inter). Après Fausse note, où il mettait en scène un quatuor mortel, Yves Hughes nous emmène, dans cette nouvelle enquête de Yann Gray, dans le milieu… de l'élevage d'escargots !

" L'escargot a rampé le long du cou vers l'oreille. C'était un petit-gris. Il a inspecté l'oreille du bout des cornes et sans doute a-t-il trouvé une ressemblance avec la forme de sa propre coquille. Mais cette chose n'avait ni l'odeur ni l'épaisseur d'une coquille d'escargot… "
Alors que Robin et Mamounette s'adonnent à leur une nouvelle passion pour les maquettes de bateaux, Yann Gray découvre un mort au milieu d'un élevage d'escargots… Si on peut faire de ces animaux des produits de beauté, ou encore manger leurs œufs dans des restaurants luxueux, peuvent-ils être complices d'un meurtre ?
C'est l'énigme qu'il va devoir résoudre, entre parties de laser game et dîners dans des grands restaurants…

Kochka
Ayouna et les ailes de la liberté

Lampe de poche ados

Anne Thévenin habite en région parisienne. Elle a publié des ouvrages historiques, ou relatifs à l'école et l'enseignement, chez Milan, Hatier ou Perrin ; Le Samovar et autres histoires est son premier livre chez Grasset-Jeunesse.

Kochka est née en 1964 au Liban, d'un père français et d'une mère libanaise. Elle s'installe en France à partir de 1976 et, après des études de droit, commence à écrire. Mère de quatre enfants, dont l'aîné est autiste, elle a publié chez Grasset-Jeunesse trois romans pour adolescents, L'enfant qui caressait les cheveux, traitant du thème de l'autisme, Maigre Maya, s'attachant au délicat sujet de l'anorexie enfantine, et Najwa ou la mauvaise réputation (Prix AlTerre Ado), conte oriental plein de malice dans lequel l'arrivée d'une télévision dans un petit village oriental va venir bouleverser le cours des choses.

Quelque part en Orient, Fatima et Mosbah ont donné naissance à Ayouna. Lorsque celle-ci devient une magnifique jeune fille, ils décident qu'elle doit épouser un riche et vieux marchand, pour être traitée comme une reine et ne pas, comme eux, être obligée de gagner sa vie à la sueur de son front. Très en colère, Ayouna n'a d'autre choix que d'accepter, mais jure qu'elle n'aimera jamais cet homme ; elle appartient à la terre, au ciel, aux soleil et aux étoiles, pas à un homme qu'elle n'a pas choisi.
La demeure somptueuse de Fatih Nazem sera désormais sa prison. Elle va y rencontrer et apprendre à connaître Madame Asmar, la sévère intendante, Lalla Aïcha, la cuisinière au grand cœur, et la petite Lulua, qui devient son seul lien avec le monde extérieur et lui parle de son ami Karim, amoureux des animaux et de la forêt.
En découvrant peu à peu les secrets de la vie de celui qui, sous un masque austère et autoritaire, attend de la prendre pour femme, Ayouna trouvera le courage et la patience pour que, insensiblement, les murs de sa prison se fissurent et rendent à tous leur liberté…



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