Nouveautés Grasset

Janvier - Février
2009

Littérature française | Littérature étrangère | Thrillers
Essais, documents, biographies | Petite collection blanche
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Littérature Française


Janvier


Bayon
Mezzanine
roman
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Bayon est journaliste à Libération depuis 1980. Il a publié, entre autres, Les Animals (Grasset, prix Interallié 1990), La route des gardes (Grasset, 1998), Le Lycéen (Grasset, 2000), et Gainsbourg raconte sa mort (Grasset, 2001). Son dernier roman, Les pays immobiles (Grasset, 2005), a reçu un magnifique accueil critique.

Comme Les pays immobiles ou Haut fonctionnaire, Mezzanine est le roman d'un homme secret, inclassable : " J'exposais à ma femme d'amour M. que c'est pour protéger l'entourage - la préserver elle par exemple, en même temps que moi, et notre amour - que cette pratique sexuelle maniaque qu'est l'écriture (littéraire), doit rester au secret, à jamais obscure. "
Sur ce principe, Bayon raconte, révèle, enlace, cèle et transcrit " le désir qui fascine et le plaisir qui tue ". Il y a vingt-cinq ans, un homme qui pourrait être Bayon louait dans le nord de Paris un appartement comme dominé par une mezzanine. Dans cette cage sensuelle de draps, de ressorts et de rêve, notre héros vivait sa vie. Tel Barbe-bleue au programme clairement établi, presque puritain, de jeune homme à femmes prises puis déprises, Bayon note ses aventures. Il préserve le secret. Et il transcende l'humaine pratique sexuelle par l'inhumaine pratique d'écriture. Chaque femme s'invitant en sa mezzanine, déshabillée, aimée, rêvée, finit couchée sur une page. C'est bien le désir qui est au cœur de cette vie, au cœur de cette époque, les années 1970-1980, qui se voulaient libres, mais jamais libérées de la norme….
Après des années, Bayon nous livre non pas des carnets, mais un entrelacs énigmatique qui fait un roman extraordinaire et provocant : portrait de femmes, autoportrait de l'artiste, traversée d'une époque, désirs abolis, impuissance, effets d'annonce, passions accessoires - dans cette mezzanine où passent les années, tout se résout en livres.

Jacques Chessex
Un Juif pour l'exemple
Collection " Ceci n'est pas un fait divers "

Roman
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Jacques Chessex est l'un de nos plus grands écrivains de langue française. Prix Goncourt en 1973 pour L'Ogre, il est l'auteur entre autres, de Monsieur (2001), L'Economie du Ciel (2003), Le Vampire de Ropraz (2007) ou Pardon mère et Revanche des purs (2008).

Né à Payerne, gros bourg vaudois, Jacques Chessex avait huit ans quand les faits relatés dans ce livre ont eu lieu. Les faits ? Nous sommes en 1942, l'Europe est à feu et à sang, la Suisse quoique neutre et sanctuarisée, est travaillée de sombres influences. A Payerne, rurale, cossue, ville de charcutiers " confite dans la vanité et le saindoux ", le chômage aiguise les rancœurs et la haine ancestrale du Juif. Autour d'un " gauleiter " local, la garagiste Fernand Ischi, sorti d'une opérette rhénane, et d'un pasteur sans paroisse, proche de la légation nazie à Berne, le pasteur Lugrin, s'organise un complot de revanchards au front bas, d'oisifs que fascine la virilité germanique. Ils veulent du sang, du sang juif de préférence, et une victime expiatoire. Ce sera Arthur Bloch, marchand de bestiaux, homme pieux et père de famille, qui visite la foire au bétail de Payerne le 16 avril 1942.
A deux pas de l'abbatiale, dans l'ombre odorante d'une étable, Rue-à-Thomas, il tombe dans le piège. On l'assomme, on l'achève et on le découpe en morceaux, dans une scène d'anthologie décrite par Chessex. Bien sûr, les coupables, dont un semi-débile apprenti-tueur, seront vite retrouvés. Mais le crime, dans toute sa sombre gloire, son dégoûtant théâtre, aura délivré les uns et les autres, qui ne plaignent pas la mort du Juif pour l'exemple.
A la suite du Vampire de Ropraz, c'est un autre chef-d'œuvre, le mot n'est pas trop fort, d'exactitude et de description, d'atmosphère et de secret, que Jacques Chessex nous donne.

Charles Dantzig
Encyclopédie capricieuse du tout et du rien
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Charles Dantzig est l'auteur de plusieurs romans, dont Nos Vies hâtives (2001, Prix Jean Freustié, Prix Roger Nimier), Un Film d'amour (2003) et Je m'appelle François(2007), d'une œuvre poétique recueillie dans En Souvenir des long-courriers (2003), et d'essais comme le Dictionnaire égoïste de la littérature française (2005, Prix Décembre, Grand Prix littéraire des lectrices de Elle, prix de l'Essai de l'Académie française) et Remy de Gourmont, Cher Vieux Daim ! (2008).

Avec le Dictionnaire égoïste de la littérature française, dont on sait le succès en librairie, Charles Dantzig parvenait à concilier l'érudition et l'amusement, la distraction et l'enseignement. De ce gai savoir, infiniment subjectif, parfaitement inattendu, L'Encyclopédie est la continuation. Définir le projet ? C'est presque impossible. Un coup d'œil sur la table des matières, qui va de la liste des lieux à la liste autobiographique par effleurements d'écrivains, en passant par la liste de Venise ou la liste du sexy, montre assez ce que ce livre a de fou : le monde du dehors et le monde intérieur découpés, classés, listés, selon un ordre qui n'obéit qu'au caprice de Charles Dantzig ! On y apprend beaucoup, de New York comme on ne l'avait jamais lu au salaire d'un professeur de poésie à l'Université de Belfast. On rit presque en permanence. On est caressé ou griffé, selon l'humeur ou la rubrique. On y parle avec passion de littérature, d'art, de géographie, de futilités, de mode, de cinéma, d'histoire grecque ancienne. Dantzig, c'est l'anti-beaucoup de monde, dans ce livre jubilatoire sans équivalent, et dont on n'a pas fini de parler.

Dominique Fernandez
de l'Académie française
Ramon
Roman
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Dominique Fernandez est né à Paris en 1929. Ecole Normale Supérieur, agrégation d'italien, doctorat ès-lettres. Il écrit régulièrement pour le Nouvel Observateur. Il a obtenu le prix Médicis en 1974 pour Porporino ou les mystères de Naples, et le Prix Goncourt en 1982 pour Dans la main de l'ange. Il a publié L'Art de raconter en 2007 et Place rouge en 2008.

Ce livre n'est ni à proprement parler une biographie de Ràmon Fernandez, mon père (1894-1944), ni un essai sur son œuvre, mais une sorte d'enquête sur sa destinée, qui reste en partie énigmatique. Je cherche à m'expliquer, en me mettant moi-même en scène, comment cet homme, un des plus brillants intellectuels de son temps, a pu être socialiste à 31 ans (1925), critique littéraire d'un journal de gauche à 38 ans (1932), communiste à 40 ans (1934), fasciste à 43 ans (1937), enfin collabo à 46 ans (1940).
Le livre a trois centres d'intérêt.
1 - Histoire littéraire de la France : Ràmon Fernandez jeune a été ami intime de Proust et, à la fin de sa vie, de Marguerite Duras. Il a croisé de près tous les grands acteurs de la vie littéraire : Gide, Mauriac, Paulhan, Céline, Bernanos, Saint-Exupéry, Malraux, etc. Lui-même, membre du comité de lecture des éditions Gallimard de 1925 à 1944, et critique attitré de La Nouvelle Revue Française, a été au centre de la vie intellectuelle française. Il est l'auteur d'études devenues classiques (dont Messages, Molière, Proust en Cahiers rouges) et de deux romans (prix Femina 1932).
2 - Histoire politique de la France et de l'Europe, avec les grands événements auxquels Ràmon Fernandez a été mêlé de près : 6 février 34, Front Populaire, guerre d'Ethiopie, guerre d'Espagne, guerre de 40, Occupation.
3 - Histoire d'un couple. Ràmon Fernandez d'origine mexicaine, play-boy, dépensier, coureur, amateur de tango et de Bugatti, épouse en 1926 une brillante sévrienne, fille d'instituteurs pauvres. Ils s'aiment, mais la mésentente culturelle entre les époux fait très vite naufrager leur mariage. Les carnets intimes de ma mère documentent pas à pas ce parcours intime.C'est sans doute ce fiasco conjugal qui a poussé Ràmon Fernandez vers " l'ordre " fasciste.
L'interaction du privé, du littéraire et du politique donne au livre la dimension romanesque d'une grande fresque de la France entre les deux guerres et sous l'Occupation. " D.F.

Philippe Jaenada
Plage de Manaccora, 16 h 30
Roman
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Né le 25 mai 1964 à Saint-Germain en Laye. Après avoir fait des petits boulots (de rédacteur de fausses lettres " porno " à pigiste pour Voici), il devient écrivain. Il est l'auteur, entre autres, de Le Chameau sauvage (Julliard, 2001) et chez Grasset, Le Cosmonaute (2002) et Vie et mort de la jeune fille blonde (2004).

Tout avait si bien commencé : en vacances un 24 juillet, au bord de l'Adriatique (à Peschici exactement), Voltaire le père, quadragénaire glissant sur ses tongs ; Oum sa femme, dont on sait depuis plusieurs livres la passion pour le ménage et l'ordre : Géo, leur petit garçon. Ils n'ont pas d'autre motif d'inquiétude que la perte de leurs chaussures japonaises. Le soleil chauffe. Trop. Ça grésille, les pommes de pins éclatent. Puis les flammes apparaissent, les visages bronzés blanchissent d'effroi, on commence à refluer depuis le camping voisin vers la plage, au pas de course. C'est le feu. Il faut gagner la mer, se croire sain et sauf, regarder derrière soi, laisser un chien au regard aveugle, une aïeule en robe noire, le feu progresse en un tumulte d'arbres arrachés, de rafales de vent, les visages noircissent, et puis c'est la fin de l'errance, le bout de la plage, la mort inéluctable. Les familles s'agenouillent au pied d'une Vierge absurdement posée là. Un miracle peut-il encore advenir ?
C'est ici Philippe Jaenada à son meilleur : l'unité de temps et de lieu, la progression dramatique, les incises comiques sur un célibataire d'autrefois en berne dans Paris, les portraits d'humains pleutres ou bravaches. Tout ce théâtre est un prétexte à digression sur la vanité de la vie, et, en même temps, sa beauté fragile. Un roman désespéré et drôle.

Patrick Rambaud
Deuxième chronique du règne de Nicolas Ier
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Ecrivain précaire né à Paris en 1946. Auteur officiel de trente livres. Auteur officieux du double. On lui doit notamment, chez Grasset, une suite romanesque consacrée à la fin de l'Empire : La Bataille (Grand prix du roman de l'Académie française et prix Goncourt), Il neigeait, L'Absent et Le Chat botté (2006).
Deuxième chronique du règne de Nicolas Ier fait suite à la déjà célèbre Chronique du règne de Nicolas Ier, qui fut un immense succès (Grasset, janvier 2008).

Notre Précieux Souverain a-t-il changé ? C'est ce qu'affirment les gazettes, épuisées ou adoucies par un début de règne fort en gueule. Le sacre paraît loin, et son cortège de festivités, de yachts luxueux, de résidences très surveillées. L'impératrice Cécilia a refait sa vie. Certains courtisans ont été relégués dans des ailes lointaines de la République, bannis à Los Angeles ou dans le 92. Effacité, tempérance, froideur, et même sagesse, tels seraient les nouveaux habits de Nicolas Ier. Le Prince Merveilleux n'est plus le même. Ses cravates ont changé. Ses vestes sont mieux coupées. Et il a épousé " Carlita ", une comtesse italienne très en vue, qui semble avoir grande influence.
Mais Patrick Rambaud ne s'en laisse pas compter. La légende officielle, les tableaux dorés, les communications princières ne sont pas pour lui. Il a donc choisi de continuer sa cruelle et désopilante chronique, dressant ainsi le véritable tableau du règne...
Rien n'échappe à la plume de notre chroniqueur, costumé pour l'occasion. Les traders et les courtisans changent. Les écrivains restent.

Jacques Roubaud
Et Anne F. Garréta

Eros mélancolique
Roman
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Née en 1962, Anne F. Garréta, maître de conférence à l'Université de Rennes II, Research Professor à l'Université de Duke (Etats-Unis), membre de l'Oulipo, est l'auteur chez Grasset de Sphinx (1986), Ciels liquides (1990), La Décomposition (1999) et Pas un jour (prix Médicis, 2002).
Né en 1932, Jacques Roubaud, mathématicien, poète, romancier et essayiste, membre de l'Oulipo, est l'auteur d'une soixantaine d'ouvrages parmi lesquels on peut rappeler la série des Hortense (Ramsay, 1985-1990), Le Grand incendie de Londres (Seuil, 1989), La Boucle (Seuil, 1993), Parc sauvage (Seuil, 2008).

Par une nuit d'hiver, au hasard de ses pérégrinations sur internet, Jacques Roubaud tombe sur une page étrange qui l'invite à télécharger un texte. Anne Garréta, appelée à la rescousse, recueille sur son ordinateur le document… dont le lien disparaît instantanément de la toile.
A la lecture, il s'agit d'un récit intitulé Eros mélancolique. Tapé à la machine, puis microfilmé, oublié et plus tard scanné et numérisé avant d'échouer sur le web, il est, par endroits, lacunaire, mangé de blanc, comme si les supports successifs avaient été endommagés. Il est signé d'un(e) certain(e) AD Clifford et raconte l'histoire d'un jeune chimiste écossais, Goodman, étudiant solitaire, à Paris, dans les années soixante.
Chargé pour six mois de garder l'appartement d'un voisin, Goodman s'apprête à mener une vie contrainte et méditative. Il devrait rédiger sa thèse sur la photographie comme écriture de la lumière. Mais il en est bientôt détourné par une série d'événements incontrôlables, tantôt prosaïquement comiques, tantôt oniriques et graves, depuis les persécutions de la vieille voisine, folle et méchante, jusqu'aux chimères qui l'habitent.
Car Goodman est obsédé par la voix d'une jeune femme, entendue lors d'une fête ; obsédé aussi par la rencontre, dans la rue, d'une autre (la même?), qui accepte de le revoir mais reste muette et disparaît lorsqu'il la prend en photo ; obsédé par l'apparition d'une troisième (ou est-ce encore la première?) qu'il observe en voyeur la nuit, nue, dans l'immeuble d'en face, pourtant désaffecté.
Désaffecté, au fond, Goodman l'est lui-même, hanté par un souvenir d'enfance, une disparition, une photographie : pièces manquantes au puzzle de sa mémoire…

Isabelle Sorente
Transformations d'une femme
Roman
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Isabelle Sorente née en 1972 est écrivain et reporter. Polytechnicienne, elle est passée à l'écriture et a publié trois romans (dont Panique, chez Grasset) et une pièce de théâtre (Hard Copy, Actes Sud) plusieurs fois jouée. Elle a participé à la création du magazine Blast.

" Elle a commencé très tôt, l'impression de jouer la comédie. Ce n'est pas désagréable, de jouer la fille. Se préparer pour un rendez-vous, souligner l'œil, mettre du rouge à lèvres, j'aime bien. A vingt ans, je disais facilement, je t'aime, si tu veux, moi aussi, et encore je t'aime. Ce n'était pas grave, les mots venaient tous seuls, moue étonnée, soupirs, j'avais l'impression que c'était ça que les femmes faisaient depuis des siècles, pour qu'on les désire. Une sorte de grand rôle classique, dans lequel vous vous glissez. La petite, par exemple, la fille, la femme-enfant, celle à qui l'homme indique son chemin dans la rue. Et puis vers trente ans, la comédie a commencé à devenir douloureuse, tout simplement, je n'y croyais plus. Perdue la foi, épuisé le rôle. Peut-être avais-je eu trop d'aventures, peut-être que la liberté use certains fantasmes, je n'avais pas d'explication, en tout cas, je voyais les fils, sourire, soupirer, minauder. Comédie. Cette fille que j'étais, je n'y croyais plus. Et je n'avais aucune idée de celle que j'étais en train de devenir.
Et lui, me désirerait-il encore ? Je regardais autour de moi, interrogeais mes amies. Chacune à sa manière traversait un changement. L'une appelait ça, désir d'enfant, l'autre bisexualité, et une autre, créativité. Tantôt c'était une bonne nouvelle, tantôt une malédiction. Mais ce qui reliait ces transformations les unes aux autres, ce qui reliait aussi les femmes entre elles, demeurait un tabou, un secret bien gardé. Un pouvoir, peut-être. " I.S.

A l'occasion de la diffusion du film d'Amos Gitaï
Jérôme Clément
Plus tard, tu comprendras
Suivi de Maintenant, je sais
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Né en 1945 à Paris, Jérôme Clément est président d'Arte depuis sa création en 1991. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages : Un Homme en quête de vertu(Grasset, 1992), Lettres à Pierre Beregovoy (Calmann Levy, 1993), La Culture expliquée à ma fille (Seuil, 1995), Les Femmes et l'amour (Stock, 2002).
Plus tard, tu comprendras a été publié en 2005 chez Grasset et fait l'objet d'une adaptation à la télévision et au cinéma par Amos Gitaï en 2009. Cette version définitive du livre accompagne la sortie du film.

Jérôme Clément nous livre ici la version définitive de son livre : il a ajouté au texte original une centaine de pages intitulées " Maintenant, je sais ", qui décrit à la fois les retombées du livre après publication et toute l'aventure du passage de l'écrit à l'écran. Cette suite passionnante analyse aussi bien les problèmes entre l'auteur-scénariste et le réalisateur (surtout qu'il ne s'agit pas en l'occurrence d'une fiction mais de l'histoire familiale intime de Clément, portée à l'écran par Amos Gitaï), la schizophrénie à l'œuvre, les étapes successives de la production d'un film, qui sont autant de stations sur le " chemin de croix " d'un créateur qui participe activement à sa dépossession au profit d'un autre…
Le texte s'achève sur une bouleversante visite de Jérôme Clément à Auschwitz, en compagnie de sa femme et de ses enfants.

 

Février

Pierre Combescot
Pour mon plaisir et ma délectation charnelle
récit

Pierre Combescot est journaliste et écrivain. Prix Médicis 1986 pour Les Funérailles de la Sardine. Prix Goncourt 1991 pour Les Filles du Calvaire. Prix Prince Pierre de Monaco pour l'ensemble de son œuvre en 2000. Il est l'auteur, notamment, de La Sainte Famille et du Lansquenet, d'une biographie de Louis II de Bavière (Lattès, 1974). Parmi ses derniers ouvrages parus : Les Petites Mazarines (Grasset, 1999), Les Diamants de la guillotine (Laffont, 2003), Ce soir on soupe chez Pétrone (Grasset, 2004) et Faut-il brûler la Galigaï ? (Grasset, 2007).

Nous sommes au début du XVème siècle. Une guerre qu'on nommera de Cent ans oppose Anglais et Français. Le royaume de France est affaibli par la démence de Charles VI et par la lutte à mort entre armagnacs et bourguignons. Les princes trahissent et s'assassinent ; la peste et la famine déciment la population ; on pend et on brûle sorciers et jeteuses de sorts. On est égaux devant la mort, dirait-on. C'est au milieu de ce tumulte, en 1404, que naît Gilles de Rais. " Cependant l'âpreté de cet âge gothique n'explique pas entièrement la rage meurtrière qui déjà l'habite… "
Orphelin à dix ans et héritier d'une fortune considérable, il est élevé par son grand-père maternel, Jean de Craon, violent et prodigue. Dès cette époque, il connaît ses premiers émois avec de jeunes hommes - bientôt ses premiers meurtres ? A 15 ans, il s'illustre en tous cas par ses exploits militaires et lève ses propres troupes pour faire la guerre aux Anglais aux côtés de Jeanne d'Arc, qu'il révère. Bravoure. Fidélité. Férocité sanguinaire…
Maréchal de France à 24 ans, il est au sommet de la gloire et, avec son faste, l'un des hommes les plus riches du royaume. Mais la mort cruelle de Jeanne et l'arrêt des hostilités le laissent libre et désœuvré. Mélancolique ? Il se retire en ses terres, pratique la magie noire, entretient dans le luxe chapelains, enfants de chœur, musiciens, pages et serviteurs, également agents ou complices de sa débauche, et bientôt de ses crimes… Pourtant sorcier, assassin, " pédophile ", il demeure profondément croyant.
Ses dettes le perdront. Son procès fut avant tout politique et religieux. Et quand la sainte Jeanne avait été brulée pour sorcellerie, le guerrier furieux devenu monstre sodomite égorgeur d'enfants fut, quoique pendu, dignement enterré dans l'Eglise des Carmes de Nantes, accompagné par les chants des familles de ses 140 victimes, priant pour le salut de son âme…

Didier Decoin
Est-ce ainsi que les femmes meurent?
Roman
Collection " Ceci n'est pas un fait divers "

Didier Decoin est né en 1945 à Boulogne-sur-Mer. Il est l'auteur d'une œuvre importante dont John l'Enfer (prix Goncourt 1977), La Mer de Chine (1981), La Femme de chambre du Titanic (1991), Madame Seyerling (2002), Avec vue sur la mer (2005) et Henri ou Henry, le roman de mon père (2006).

" D'après le rapport des flics, ils étaient trente-huit. Trente-huit témoins, hommes et femmes, à assister pendant plus d'une demi-heure au martyre de Kitty Genovese. Bien au chaud derrière leurs fenêtres. Certains entortillés dans une couverture, d'autres qui avaient pris le temps d'enfiler une robe de chambre. Aucun n'a tenté quoi que ce soit pour porter secours à la pauvre petite. "
Didier Decoin s'est inspiré de ce fait divers, qui fit d'abord l'objet d'un entrefilet, " une habitante du quartier meurt poignardée devant chez elle ", avant de passer à la Une de tous les journaux, une fois que la lâcheté des témoins devint le vrai sujet d'enquête pour la presse.
New York, une nuit de mars 1964 dans le Queens, une ville encore insalubre et dangereuse, un trottoir mal éclairé, et c'est aussitôt pour l'auteur de John l'Enfer le prétexte à un saisissant roman où sous un tapis de neige, nous découvrons les atrocités que commit un tueur en série. Se détachent en personnages de chair la coquette Kitty, poignardée, le tueur Winston Moseley, monstre froid et père de famille qui ne jouissait pleinement que de victimes mortes, le narrateur Nathan Koschel, les journalistes en filature, les habitants planqués derrière leurs fenêtres ouvertes sur le crime. Qui est le plus coupable ? Le criminel ? Ou l'indifférent qui entend la plainte de la victime sans réagir ?

Béatrice Fontanel
L'homme barbelé
Roman
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Béatrice Fontanel est née à Casablanca en 1957. Elle est l'auteur d'une soixantaine d'ouvrages, destinés aux enfants comme aux adultes, parmi lesquels Nous étions des Hommes 1914-1918, (La Martinière). L'Homme barbelé est son premier roman.

Héros de la guerre de 14, Ferdinand a vécu Verdun, Douaumont, les Eparges, le Chemin des Dames avant de rejoindre, deux mois avant l'Armistice, le Front d'Orient, puis il participe à la campagne de Syrie jusqu'en novembre 1919. Résistant durant la seconde guerre mondiale, il est arrêté en mars 1944 pour trafic de faux papiers, puis déporté au camp de Mauthausen où il meurt en janvier 1945. Entre ces deux dates - la fin de la première guerre mondiale et son arrestation par la Gestapo -, il se marie avec Thérèse dont il a quatre enfants. Tyran domestique, il terrorise sa famille sans jamais porter la main sur elle. Lorsqu'il est arrêté, le soir du 10 mars 1944, il est emmené avec sa femme et son plus jeune fils de 17 ans, Kiki. L'épouse et le fils attendent toute la nuit dans un salon, sans échanger un mot, pendant qu'ils entendent Ferdinand se faire torturer dans la pièce d'à côté. Au petit matin, on emmène le père qu'ils ne reverront jamais plus. Thérèse et Kiki sont libérés. Lorsqu'on demande au fils ce qu'il a ressenti, à ce moment précis, il réfléchit un instant et répond : " Je me suis dit : Enfin une journée tranquille. "

Lorette Nobécourt
L'usure des jours
Roman

Lorette Nobécourt est l'une de nos plus talentueuses écrivaines. Elle est l'auteur de plusieurs romans, parmi lesquels : La conversation, Horsita et En nous la vie des morts, tous publiés chez Grasset.

En 2007, Lorette Nobécourt quitte Paris et s'installe dans un village du sud. Pendant l'hiver qui suit, elle comprend qu'elle ne peut plus continuer. Ses repères se sont effondrés. Le froid est venu jusque dans sa maison. Dans le creux de ses mains qui tremblent. Dans ses os. Le miroir ne lui renvoie plus son visage, mais des éclats de tôle. Le monde se tord. La jeune femme dérive vers la prochaine station. Son monde est un crâne. Dans ce crâne, il y a ses enfants qu'elle aime sans plus pouvoir les rejoindre, un compagnon désemparé, des pages blanchies par le néant, une tornade de souvenirs, de peurs, de voyages, de voyants, de livres.
Lorette Nobécourt traverse cette saison effrayante. Remise au monde, elle fait son travail : écrire. D'où ces cent pages arrachées à la nuit. Bien sûr, on ne peut plus écrire " d'âge d'homme ", car notre temps n'a rien d'humain. Le temps nous use mais l'écrivain le lui rend bien. Quinze ans après La démangeaison, Nobécourt poursuit sa quête. Elle se livre au fil des pages. Analyse. Révèle. Qui es-tu, petite fille qui voit approcher une main d'ogre jusqu'à tes cuisses ? Es-tu celle qui écrit ? Es-tu l'héroïne d'un conte ? As-tu jamais grandi ?
Vous n'oublierez jamais ce livre, qui est comme un carnet posé sur une table de nuit. Sur ce carnet, une main fébrile cherche l'élucidation. Sur cette table, la littérature s'écrit. Dans la nuit, une femme ressuscite.
" L'usure des jours est aussi l'histoire du passage de la jeunesse à l'âge adulte, de la névrose à l'amour. Une mue qui a presque l'allure d'une récompense. "

Lorette Nobécourt
La démangeaison
Edition définitive
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A l'occasion de la parution d'un récit personnel, L'usure des jours, nous rééditons son premier livre : La démangeaison, paru en 1994 chez Sortilèges, puis en J'ai Lu, et aujourd'hui indisponible.

Longtemps, Lorette Nobécourt a brûlé ses textes. Mais en 1994, un court récit échappe au feu : c'est La démangeaison, que publient alors les éditions Sortilèges. Confession, monologue, carnet d'une souffrance ou d'un mauvais rêve, ces cent pages marquent la naissance d'un écrivain et apparaissent très vite comme un talisman noir qu'on se transmet.
Depuis son enfance, Irène souffre de psoriasis. Maladie chronique et sans cause. La peau s'enflamme, les doigts s'agitent, le cœur s'affole. Il n'y a plus de pensée vagabonde. Il n'y a plus que ça, cette monstruosité. Le corps est une plaie. Toute pensée est une plaie. Bien sûr on vous regarde. Enfant, gamine, adolescente : la pauvre.
Mais Irène ne se plaint jamais. La chair est malade ? Alors Irène se fait le verbe. Sa langue est dure. Magnifique. Ses mots sont une écharde qui irrite le monde, qui saisit le regard du père, le geste des amants. Qui caresse la quenotte enfantine, un peu apaisée.
La démangeaison porte en soi tous les thèmes de l'oeuvre de Nobécourt : l'enfant silencieuse ; le corps blessé ; le désir sans fin ; l'impossibilité de vivre dans ce monde - et c'est l'écriture qui frappe, d'emblée, chez cette jeune femme. Pas de psychologie. Pas de papa-maman. Pas de causes. Osons le mot : pas de société. Il n'y a que la contamination des mots : et on finit sa lecture, gêné, transpercé, en se frottant l'avant-bras, la paume, le poignet, la cuisse : c'est que la littérature a gagné, en sa peau de chagrin.

Marcel Schneider
Il faut laisser maisons et jardins
Edition définitive

Marcel Schneider, écrivain et critique, est né en 1913 à Paris. On doit à ce spécialiste de la littérature fantastique une œuvre importante de romancier, de nouvelliste, de mémorialiste et de musicologue.

A lire la dernière strophe du poème de Ronsard, dont Marcel Schneider s'est ici inspiré, " Adieu chers compagnons, adieu mes chers amis, je m'en vais le premier vous préparer la place ", on devine avec mélancolie que ce livre est aussi un Adieu. Un testament. Nulle amertume chez cet humaniste misanthrope, cet érudit indifférent à son temps, pour qui 1936 ne signifie pas l'invention des congés payés mais l'obtention avec brio de son agrégation de latin-grec ! Qui, à l'heure du politiquement correct, reprend à son compte la définition de la démocratie par Baudelaire : " La démocratie est le plus énergique dissolvant de toute vertu que le monde ait connu jusqu'ici ".
Dans le lignée de L'Eternité fragile, cette fragile architecture du temps recomposé qui sont ses mémoires, Marcel Schneider se souvient, et les figures amies ou admirées sont évoquées ici avec précision : Lise Deharme et André Breton, un Julien Gracq muet qui aime les mondanités, un Lord Byron musical, Nijinski érotico-mystique, Denise Bourdet en Panthéon des gloires défuntes, ainsi qu'un long essai sur Proust et le faubourg Saint-Germain.

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Littérature étrangère

Janvier

Biyi Bandele
La drôle et triste histoire du soldat Banana

Roman
Traduit de l'anglais par Dominique Peters
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Biyi Bandele est né en 1967 à Kafanchan, au Nigeria, et vit aujourd'hui à Londres. Il n'a que 14 ans lorsqu'il entame l'écriture de son premier roman, publié en Angleterre en 1991 : L'homme qui revint du diable (Agone, 1999). Deux autres romans suivront. Il est aussi l'auteur de nombreuses pièces pour le théâtre, la radio ou la télévision, qui l'ont amené à travailler avec les compagnies britanniques les plus prestigieuses, telles que le Royal Court Theatre ou la Royal Shakespeare Company.

Nous sommes en 1944. A peine sorti de l'enfance, le fantasque et fanfaron Ali Banana quitte son Nigeria natal pour rejoindre, fleur au fusil, une unité spéciale de la Royal West African Army : la " Brigade Thunder ", improbable commando de bras cassés créé par un colonel dément (le mythique Orde Charles Wingate, vainqueur de la campagne d'Ethiopie) et chargé de décimer l'ennemi au fin fond de la Birmanie. Notre jeune Candide, pressé d'en découdre avec la vie, va faire son voyage au bout de la nuit : une traversée hallucinée du cœur des ténèbres, dans un paysage apocalyptique, infesté de snipers, de bêtes sauvages, de maladies, mais aussi d'arbres fuyant à toutes jambes, de Japonais maniant l'argot nigérian et de sangsues particulièrement attachantes… Parachutés en pleine jungle, au milieu des cadavres et sous des pluies torrentielles, le soldat Banana et ses frères d'armes, les " Chindits ", vont peu à peu sombrer dans la folie.
Inspiré de faits et de personnages réels, La drôle et triste histoire du soldat Banana est un inoubliable récit, cru et violent mais illuminé par de somptueux éclats de drôlerie et de poésie. Biyi Bandele raconte la guerre comme jamais encore on ne l'avait fait.

Février


Andrea de Carlo
La mer des vérités

Roman
Traduit de l'italien par Myriam Tanant

Ecrivain et musicien italien, Andrea De Carlo est né en 1952 à Milan. Diplômé en histoire, il débute sa carrière aux Etats-Unis, où il travaille comme photographe, guitariste et musicien de rock, et séjourne ensuite en Australie. De retour en Italie, cet artiste polyvalent travaille pour le cinéma aux côtés de Federico Fellini et Michelangelo Antonioni. Puis, soutenu en ses débuts par l'écrivain Italo Calvino, il se lance dans l'écriture. Il est l'auteur de quatorze romans, dont quatre déjà traduits chez Grasset : Macno (1986), Yucatan (1989), L'apprenti séducteur (1994) et Amore (1996).

Lorenzo Telmari, ex-skipper devenu écrivain, reçoit par une froide journée de novembre un coup de téléphone de son frère, Fabio, lui annonçant la mort de leur père, épidémiologiste de renom.
Lorenzo quitte sa campagne enneigée et se précipite à Rome. Aux obsèques, il est approché par une mystérieuse jeune fille, Mette, militante écologiste qui lui apprend que son père était en possession d'un manuscrit qu'elle cherche à publier -les mémoires d'un évêque sénégalais, mort du sida, qui a légué au monde son témoignage avant de mourir. Mais Fabio, chef de file d'un parti de centre gauche, politicien prêt à tous les compromis pour étouffer un possible scandale, s'est empressé de le remettre au Vatican…
Par amour pour Mette et pour la vérité, il se retrouve alors au cœur d'un complot international qui le poussera à fuir, par terre et par mer, en quête de la copie de ce manuscrit, qui laisse dans son sillage une traînée de sang.

Nadine Gordimer
Beethoven avait un seizième de sang noir

nouvelles
Traduites de l'anglais (Afrique du Sud) par Georges Lory

Nadine Gordimer est la grande écrivaine sud-africaine que l'on sait. Prix Nobel de littérature en 1991, connue pour son combat contre l'apartheid, elle vit à Johannesburg. Ses publications récentes incluent deux romans, Un amant de fortune (2002) et Bouge-toi (2007), et un recueil de nouvelles, Pillage (2004), tous chez Grasset.

Histoires d'hommes, de femmes, arrivés à un basculement, même infime, de leur vie, et de couples qui se font ou se défont : un ancien militant anti-apartheid cherche qui, noir ou blanc, a pu être engendré par son ancêtre venu prospecter au pays des diamants ; une femme, fait le voyage inverse vers l'Angleterre pour rencontrer l'ex-amant de son mari défunt ; un couple d'immigrés hongrois voit sa vie se déliter à mesure que la femme réussit dans sa carrière d'agent immobilier - tandis que son mari, universitaire en Hongrie, s'est résigné à une carrière de directeur de supermarché, refusant d'oublier sa langue et ses racines ; un musicien talentueux dont le désamour pour sa femme s'entend dans la voix de son violoncelle…
Se mêlent dans ces nouvelles l'intime - l'histoire du couple, la quête des racines -, et le général - le destin de l'Afrique du sud. Appartenance et décalage apparaissent en filigrane comme un des éléments unificateurs du recueil. La mort n'interrompt pas la quête d'identité, au contraire, elle est son prolongement.


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Thrillers

Janvier

John Farrow
La dague de Cartier
thriller
Traduit de l'anglais par Jean Rosenthal
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Né en 1947 dans une petite ville de l'Ontario (Canada), Trevor Ferguson alias John Farrow a grandi à Montréal. Après avoir vécu en Europe et aux Etats-Unis, il rentre dans sa ville natale, est chauffeur de taxi la nuit et écrivain le jour. Depuis son premier roman en 1977, bien d'autres ont suivi, dont La ville de glace, paru chez Grasset en 2001, traduit dans quatorze pays et adapté au cinéma.

En 1535, le célèbre explorateur Jacques Cartier découvre les rives sauvages du Nouveau-Monde et le village d'une tribu iroquoise. En signe d'entente, les Indiens donnent aux Français un poignard tout simple, que Cartier fait rehausser de pierres précieuses. Dès lors, la " Dague de Cartier " va devenir l'objet de toutes les convoitises, trésor et symbole national auquel la légende attribue des pouvoirs surnaturels : celui qui le possède, dit-on, deviendra tout-puissant et immortel…
Quatre siècles plus tard, c'est plantée dans la poitrine d'un cadavre qu'on retrouve la Dague magique. Nous sommes en 1955, et Montréal est en proie aux émeutes, suite à un match de hockey sur glace qui a mal tourné… Dans la cohue, le meurtre passe inaperçu - tout comme la disparition mystérieuse du poignard. Il faudra treize ans pour qu'on en retrouve la trace : Anik Clément, la fille de la victime, est alors prise dans la joyeuse tourmente du " mai 68 " local, et lance quelques pavés à la figure du Premier ministre Trudeau. Elle est appréhendée par le jeune détective Emile Cinq-Mars, mais celui-ci ne tarde pas à découvrir qu'elle est protégée en haut lieu ; et c'est ensemble, alors que gronde la révolte des indépendantistes québécois menés par René Lévesque, qu'ils vont se lancer sur la piste du mythique poignard de Cartier. Vengeance familiale, énigme policière et historique, leurs tribulations vont les plonger dans les méandres insoupçonnés du temps, des croyances, des sectes occultes et des hautes sphères politiques canadiennes.

Février

Robert Ludlum et James Cobb
Le danger Arctique

Thriller
Traduit de l'américain par Luc de Rancourt
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Ecrivain, comédien et metteur en scène américain, né en 1927, Robert Ludlum est entré dans le cercle restreint des romancier à succès avec L'héritage Scarlatti, publié en 1971, premier volume d'une série ininterrompue de triomphes internationaux. Il est décédé en 2001. A sa mort, un certain nombre d'écrivains se chargent d'achever et de mettre au goût du jour des manuscrits non encore publiés.
James Cobb est un passionné d'histoire militaire. Il est membre de l'Académie de marine et de la Ligue marine.

Sur une île désolée du grand nord canadien, un bombardier s'écrase sur un glacier d'altitude. Si, pour la plupart, cet avion n'est qu'une relique de la guerre froide, la menace qu'il représente pour le monde n'en est pas moins réelle -deux tonnes d'anthrax militarisé se trouvent à bord de l'appareil…
Le lieutenant-colonel John Smith, bras armé du président des Etats-Unis, est chargé, avec son équipe, de prendre le contrôle de l'île. Avec l'aide de l'agent spécial Randi Russel et d'une ravissante mais redoutable experte en armes de destruction massive, le professeur Valentina Metrace, Smith commence à comprendre que ce vieux bombardier renferme un secret redoutable, un secret qui pourrait bouleverser le sens de l'histoire et que les Russes veulent garder à tout prix.
Privé de toute forme d'assistance dans cet environnement hostile, Smith et ses hommes doivent composer avec Gregori Smyslov, officier de liaison russe mandaté par le gouvernement, un trafiquant d'armes, et une équipe de Spetsnaz, tous sur l'île dans un but inavoué…

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Essais, documents

Janvier

Mahmoud Hussein
Penser le Coran

Essai
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Mahmoud Hussein est le pseudonyme commun de Bahgat Elnadi et Adel Rifaat. Politologues français d'origine égyptienne, ils ont publié ensemble des ouvrages qui ont fait date, de La lutte de classes en Egypte (Maspéro, 1969) et Versant sud de la liberté (La Découverte 1988) à Al-Sîra (2 tomes, Grasset, 2005 et 2007).

Contrairement à ce que croient nombre de musulmans, la " Parole de Dieu " contenue dans le Coran n'a pas été livrée en une fois - comme les Tables de la Loi - mais étalée sur 22 années, entre 610 et 632 de l'ère chrétienne. Ses 6.236 versets ont ensuite été rassemblés en un seul volume, dans un ordonnancement inexpliqué, qui ne tient compte ni de la chronologie, ni des contextes changeants, de leur révélation. Ce qui rend le texte au départ impénétrable.
C'est notamment à la faveur de cette difficulté de lecture, que s'est imposé le point de vue, aujourd'hui dominant, selon lequel il est moins important de comprendre la Parole de Dieu que de la réciter et de s'en imprégner. Chaque mot y serait alors à prendre sans recul, au pied de la lettre, partout et toujours. Ce qui conforte l'a priori " littéraliste ", selon lequel, puisque le Coran est la Parole de Dieu, il n'est pas tributaire du temps. Ses versets ne sont pas liés au contexte où ils ont été révélés. Ils sont formulés, une fois pour toutes, pour embrasser tous les contextes possibles.
Cela conduit certains jusqu'à l'intégrisme, tandis que d'autres sont déchirés entre leur fidélité à la Parole de Dieu et la conscience qu'ils ont de ne pouvoir adhérer à des prescriptions historiquement dépassées. Mais les uns comme les autres sont piégés par l'a priori " littéraliste ".
Ce que démontre Mahmoud Hussein, et qui fait la nouveauté radicale de son essai, bref et lumineux, c'est que cet a priori est réfuté par le Coran lui-même. En effet, Dieu a inscrit Sa Parole dans un contexte historique précis - celui des Arabes du VIIe siècle. Il leur a adressé un message formulé en leur langue, qui répond directement à leurs espoirs et à leurs interrogations, dont les visées spirituelles s'entrelacent souvent à des propos de circonstance. Dans son contenu aussi bien que dans sa forme, le Coran se présente ainsi comme un dialogue entre Ciel et Terre, situé dans un espace et un temps déterminés.
Il ne s'agit donc pas, aujourd'hui, " d'historiciser " le Coran de l'extérieur, a posteriori - en étant alors accusé de lui être infidèle - mais au contraire, de lui restituer sa vérité en y retrouvant la dimension historique que Dieu Lui-même y a déposée.

Jacques Mandelbaum
Anatomie d'un film

Document
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Né le 1er mai 1958 à Neuilly-sur-Seine. Critique de cinéma au Monde depuis 1995 et auteur de divers articles sur le sujet dans des ouvrages collectifs (Hou Hsiao-hsien, 1999, Jacques Rozier le funambule, 2001, Au sud du cinéma, 2004, Le cinéma et la Shoah, 2007, aux Ed. Cahiers du Cinéma) ainsi que de deux monographies (Ingmar Bergman et Jean-Luc Godard, Ed. Cahiers du Cinéma, 2007)

" Ce livre est un exercice inédit : raconter comment un film se monte en France aujourd'hui. Cette chronique commence en septembre 2004 avec l'écriture d'un scénario, et s'achève en octobre 2008, trois mois avant sa sortie dans les salles françaises. Réalisateur puissant et inspiré, nourri de littérature et de philosophie autant que de cinéma, Arnaud Des Pallières invente une œuvre qui revendique à la fois la stylisation artistique et l'engagement politique. Qui assume l'héritage d'une haute culture et se confronte directement à son époque. Qui regarde aussi bien du côté de Conrad et de Duras que de Godard et de Lynch.
Ni monographie, ni journal de tournage, cette enquête raconte, étape par étape, le processus de fabrication d'un film, et analyse les enjeux, financiers, artistiques et humains, qui conditionnent cette mise en œuvre, le plus souvent à l'insu du grand public. Il s'agit de passer derrière l'écran, pour percer le mystère, généralement fort bien gardé, de cet art qui est aussi une industrie. C'est donc l'histoire exemplaire d'une production qui tente d'élargir l'audience d'un auteur dont la reconnaissance demeure confidentielle, et qui se heurte de plein fouet à la plus grave crise de financement jamais traversée par le cinéma indépendant français. "

Février

 

Sibylle Claudel
Bonjour ma douce vie

document
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Sibylle Claude a déjà publié, chez Grasset, le récit de son enfance douloureuse (Même pas morte) qui connut un certain retentissement médiatique. Actrice, ancienne " Miss Météo " de Canal +, elle revient aujourd'hui avec un livre qui, à cause d'un malheur qui s'obstine, prolonge cruellement le précédent.

Sibylle Claudel avait déjà raconté, dans Même pas morte, le parcours chaotique de son enfance, de l'abandon à la mendicité, de la prostitution à la solitude - et l'on aurait pu penser que la malchance se détournerait enfin d'elle. Hélas, il n'en fut rien : à peine sa vie retrouvait-elle un semblant d'équilibre et de " résilience " que la maladie s'invitait dans son infortuné destin. Une maladie très grave, une forme particulière de cancer, avec son cortège terrible…
Ce livre est ainsi le récit d'une descente aux enfers de l'hôpital, de l'indifférence généralisée, des thérapies dévoreuses de vitalité, du désespoir quotidien. Mais, en même temps - car telle est la vision du monde de Sibylle Claudel - une leçon de courage et d'espérance. Au fond du gouffre, beauté enfuie, chauve à cause des chimiothérapies, l'héroïne de ce livre n'abdique pas. Elle se bat, aime la vie, s'accroche au moindre plaisir, à la moindre sensation, et grâce à ce tempérament si rare, elle remontera, par degrés, jusqu'à la lumière de la vie heureuse.
Aujourd'hui, Sibylle Claudel est en voie de guérison. Son livre saura émouvoir ceux qui traversent des épreuves semblables. Et il sera, aussi, une leçon de dignité pour les autres, plus nombreux, qui ignorent trop souvent que la mort peut s'inviter par surprise dans nos existences oublieuses.

Michel Onfray
Les radicalités existentielles

Contre-histoire de la philosophie, tome 6

Michel Onfray publie la suite de sa monumentale Contre-Histoire de la philosophie. Il s'agit, cette fois, de " couvrir " le XIXème siècle en y éclairant des figures officiellement " rebelles " et négligées par la tradition universitaire.

Les trois " héros " de ce volume sont, par ordre d'apparition…
1. Henry David Thoreau (1817-1862), philosophe américain, surtout connu pour ses ouvrages Walden et La désobéissance civile, qui vantent les mérites d'une vie simple et sage, éloignée des villes et de la technologie, ainsi que d'une rébellion face à un Etat intrinsèquement injuste.
2. Max Stirner (1806-1856), philosophe allemand de la lignée des " hégéliens de gauche ", considéré comme l'un des précurseurs de l'existentialisme. Sa philosophie se veut réquisitoire contre l'autorité et pour l'individu. Son livre majeur - auquel Michel Onfray avait déjà consacré sa Politique du rebelle - est : L'unique et sa propriété.
3. Schopenhauer (1788-1860), l'illustre misanthrope, le pape de la misogynie, l'ami des chiens - il déjeuna, sa vie durant, dans la seule compagnie de ses caniches successifs, toujours nommés " Atma " - qui, par sa réflexion, a jeté les bases du nihilisme contemporain (cf. l'usage qui en est fait dans les romans de Michel Houellebecq).
La conclusion de ce sixième volume, intitulée " Vers Nietzsche " sert de transition au septième volume de cette Contre-histoire de la philosophie, qui sera consacré à des " rebelles " contemporains.

LeRoy Pollock et ses fils
Lettres américaines, 1927 - 1947

Correspondance inédite
Illustrations inédites de Charles Pollock

LeRoy Pollock est le père de cinq enfants : Charles, Marvin, Frank, Sanford et Paul Jackson, le cadet, qui raccourcira son prénom en Jackson et deviendra l'un des plus grands peintres du XXe siècle. Ce livre rassemble leur correspondance de 1927 à 1947.

" Le seul espoir d’évolution pour ce pays réside, d’un point de vue national dans l’accroissement des protestations de la jeunesse. "
Tel est le paradoxal conseil que donne Charles à son frère, le futur grand peintre Jackson Pollock, en octobre 1929. Ce livre rassemble la correspondance inédite des membres de la famille Pollock de 1927 à 1947. Le plus illustre membre en est Jackson, mais ses quatre autres frères, notamment Charles (lui aussi peintre) ne contribuent pas moins à faire de ces lettres un document exceptionnel. Trois histoires en surgissent. Une histoire familiale, une histoire artistique et une histoire de l’Amérique. Dans ces années de bouleversement mondial, les Pollock parcourent les Etats-Unis et chacun écrit à l’autre pour lui donner des nouvelles intimes aussi bien que politiques. Cette famille unie, optimiste, généreuse, s’enthousiasme pour le New Deal du Président Roosevelt, voit apparaître le fascisme en Europe, encourage le génie créateur et tourmenté de Jackson, croit passionnément en l’art et en la possibilité de réformer le monde. Première édition mondiale.

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Revue

Janvier

La Règle du jeu n° 39

Le numéro de janvier 2009 sera un numéro spécial - consacré dans sa majorité au problème philosophique du Mal, sous ses divers aspects.
Ce dossier sur le Mal sera la traduction des actes d'un colloque tenu entre les plus grands philosophes et intellectuels italiens, au printemps dernier à l'Université de Rome.
Métaphysique, religion, psychanalyse, littérature, le Mal dans l'histoire : douze communications savantes, mais accessibles à l'honnête homme, passent en revue l'éternelle confrontation de l'homme avec le Mal, du silence de Dieu jusqu'à Auschwitz, via Les frères Karamazov et Simone Weil, à la lumière de la Bible, Hegel, Heidegger, Freud, Buber, Paul Celan, Hannah Arendt, Levinas et Lacan.
Un dossier de qualité, qui prend date face aux grandes productions éditoriales à venir sur le sujet.



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Mondes vécus

Janvier

Camille Peugny
Le déclassement

Essai
Collection dirigée par Patrick Savidan

Camille Peugny est docteur en sociologie. Ses travaux portent sur la mobilité sociale et sur les conséquences politiques des inégalités entre les générations. Membre du Laboratoire de Sociologie Quantitative du CREST (Insee), il enseigne la sociologie et les statistiques à l'Université de Bourgogne.

Dans la France des années 2000, connaître une moins bonne réussite sociale que ses parents n'est plus exceptionnel : c'est au contraire une réalité statistique.
Les générations nées au tournant des années 1960, confrontées aux effets prolongés de la crise économique, font face à une dégradation importante de leurs perspectives de mobilité sociale. Cette dégradation est paradoxale car dans le même temps, le niveau d'éducation continue d'augmenter. De ce décalage entre la formation et la mobilité sociale naît un intense sentiment de frustration qui a des conséquences sur l'expérience vécue par des déclassés, qui oscillent entre deux tentations : la rébellion et le retrait.
Dans une société où une part croissante d'individus ne parvient pas à maintenir la position de la génération précédente, les explications en termes d'accidents individuels ou de défaillances personnelles, qui prévalaient lorsque les trajectoires descendantes étaient relativement rares, ne suffisent plus. Cette réalité sociale, dont on parle beaucoup, reste pourtant relativement méconnue. C'est d'autant plus regrettable que l'augmentation du nombre de déclassés au sein de la population n'est pas sans incidences politiques notables. En effet, descendre les échelons de la hiérarchie sociale affecte clairement la manière dont on se représente le fonctionnement de la société et, pour cette raison même, structure le comportement politique des déclassés : le déclassement introduit une recomposition originale du système de valeurs des hommes et des femmes qui y sont confrontés. Associée à un sentiment aigu de frustration, cette recomposition ne semble pas étrangère au succès des extrêmes.


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Petite collection blanche

Janvier

Frédéric Lemaître
Demain, la faim !

Essai

Agé de 46 ans, Frédéric Lemaître est, depuis 1995, journaliste au Monde. Après avoir dirigé le service Economie-Entreprises, il est actuellement éditorialiste. Il est par ailleurs l'auteur de Démystifier la mondialisation de l'économie (co-auteur, Editions d'Organisation, 1997), Les 35 heures (Flammarion, 1998), Grands patrons, la Fin d'un monde (Louis Audibert, 2003).

Aurons-nous encore de quoi manger en 2030 ? Début 2008, les émeutes de la faim se sont multipliées dans plus d'une quarantaine de pays, qui ne sont pas les plus pauvres, du Maroc à l'Italie. Aux Etats-Unis, en 2009, 28 millions de personnes devraient avoir besoin de tickets alimentaires pour se nourrir. Les pays ont été de plus en plus nombreux à limiter leurs exportations de céréales pour préserver le marché intérieur.
En cause, une augmentation brutale des matières premières agricoles : plus de 50 % en quelques mois. Une flambée amenée à se renouveler qui s'explique par la stagnation de l'offre face à une demande croissante, par la crise pétrolière qui renchérit le coût du transport maritime et rend les biocarburants plus attractifs - on estime que ces derniers sont responsables de 30 % de l'augmentation des prix constatée en 2007-2008 -, par la spéculation boursière, par les aléas climatiques.
Or, d'ici 2050, les besoins en produits alimentaires doubleront, conséquence notamment de l'évolution de la consommation, de plus en plus riche, et de plus en plus carnée : la consommation de viande a quadruplé en Asie de l'est depuis les années 60, et l'Inde suit le même chemin. Mais s'il faut 1500 litres d'eau pour produire un kilo de blé, il en faut 15 000 pour un kilo de bœuf…. Sans parler des biocarburants : la quantité de céréales requises pour remplir d'éthanol le réservoir d'un 4 x 4 pourrait nourrir une personne pendant une année !
Il va donc falloir produire bien davantage. Comment ? Les dégâts de l'industrie (terres polluées, sols épuisés, eau gaspillée), l'hypocrisie des politiques (en 25 ans, la Banque mondiale dont l'objectif est d' " œuvrer pour un monde sans pauvreté " n'a consacré aucun rapport à l'agriculture !), la menace qui pèse sur les agriculteurs étranglés entre les multinationales de semence et celles de la grande distribution le permettront-ils ? Le réchauffement climatique et l'urbanisation réduisent l'espace agricole disponible. L'agriculture intensive est gourmande en eau, dont nous manquerons de plus en plus. Et nul ne sait évaluer les problèmes de biosécurité et de dépendance économique que posent les OGM.
Ni le libéralisme, ni le protectionnisme, ni le productivisme, ni la décroissance, ni la génétique, ni l'écologie ne constituent LA solution…


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Les Cahiers Rouges

Janvier

Bayon
Haut fonctionnaire

Roman
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Bayon est journaliste à Libération depuis 1980. Il a publié, entre autres, Les Animals (Grasset, prix Interallié 1990), La route des gardes (Grasset, 1998), Le Lycéen (Grasset, 2000), et Gainsbourg raconte sa mort (Grasset, 2001), Les pays immobiles (Grasset, 2005), Mezzanine (Grasset, 2009).

Dans un service de réanimation, là, entre un mourant et son fils, commence en autopsie un tête-à-tête romanesque. La mort du père, c'est la ronde des instants et des époques, pays et visages enfuis avec le souffle, capucines des plaisirs au petit bonheur, sabbat des atrocités familiales, tristesse de tout. Et, nostalgie s'en mêlant, le mort, cependant qu'il expire, revit. D'anecdotes en petits drames, le projet austère, conçu pour glacer les sangs sur le mode des Oraisons funèbres de Bossuet, perd de sa rigueur cadavérique, finalement dévoyé par un fluide vital incontrôlable. L'esprit fantasque surgit là où on ne l'attend pas, dispersant les cendres. De table rase en table tournante, le mémorial au Haut Fonctionnaire, hanté par le " père au sourire si doux " du vieil Hugo mais qui devait être une liquidation, devient une reddition, un pur roman d'amour.

Ramon Fernandez
Messages

Préface de Jérôme Garcin

Ramon Fernandez (1894-1944), critique et essayiste majeur de l'entre-deux-guerres. L'un des " piliers " de La Nouvelle Revue française, il est l'auteur d'essais majeurs comme comme son Molière (Les Cahiers rouges), ou Proust (Les Cahiers rouges). Malgré son engagement politique qui l'a mené du communisme à la collaboration, il n'a jamais cessé d'être, avant tout, un homme de littérature.

Messages est un recueil d'études sur une trentaine d'écrits majeurs de la littérature française et étrangère. Balzac, Proust, Stendhal, Conrad, Meredith, bien d'autres sujets encore, abordés par Ramon Fernandez loin de tout dogmatisme. Alors que l'université commençait à enfermer la littérature dans le carcan de théorisations somme toute faciles, Fernandez cherche la vie dans l'art. Se fondant avec ce qui ne s'appelait pas encore " empathie " sur les œuvres des auteurs, il découvre dans chacun l'essentiel de son " message ", mot qui fera date. Messages est un livre d'honnête homme, et pour les honnêtes hommes.

Ramon Fernandez
Proust

Préface de Dominique Fernandez

Ramon Fernandez (1894-1944), critique et essayiste majeur de l'entre-deux-guerres, était l'un des " piliers " de La Nouvelle Revue française. Il est l'auteur d'essais majeurs, comme son Molière (Les Cahiers rouges) ou Proust (Les Cahiers rouges). Malgré son engagement politique qui l'a mené du communisme à la collaboration, il n'a jamais cessé d'être, avant tout, un homme de littérature.

Proust est un livre de critique, mais aussi d'amitié. Loin de l'analyse sèche et désincarnée, Ramon Fernandez s'y livre à une étude aussi érudite qu'affectueuse de l'auteur d'A la recherche du temps perdu. Il avait en effet été l'ami de Proust, qu'il avait connu très jeune, en 1918. Publié en pleine guerre (mars 1943), ce Proust marque le retour à la critique littéraire d'un homme qui s'y était brillamment illustré. C'est aussi un livre qui marque un répit dans l'agitation politique qui l'avait mené du socialisme à la collaboration, en passant par le communisme. N'oublions pas que, au moment où le livre a été publié, Proust ne connaissait pas une gloire qu'il n'a acquise que plus tard : l'essai de Fernandez y a fortement contribué - sans parler de l'acte de résistance intellectuelle qui consistait, sous l'Occupation allemande, à vanter un grand écrivain qui était aussi d'origine juive et homosexuel.
Un livre d'écrivain, loin de toute glose universitaire et pesante.

 

Février

Jean Desbordes
J'adore
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C'est Jean Cocteau qui fut à l'origine de la publication de J'adore en 1928. Il retrouvait dans ce collier de textes ce qui brillait tant chez son amant terrible : une sincérité et un abandon scandaleux. Jean Desbordes (1906-1944) vouait une passion charnelle à la campagne, ses nuances de paysages, ses odeurs, sa faune, ses bruits, son calme maternel, mais chez lui, le bucolisme se double d'une célébration (voire d'un dérèglement) de tous les sens. Elégiaque et frondeur, il prie puis il exulte. A l'image de son auteur, cet ouvrage est passé comme une comète sensuelle dans le ciel de la littérature française. " L'innocence est dans le désir. La passion humaine sur terre exige un équivalent de pureté au ciel, et quand on aime ici on plaît là-haut. " Dieu est partout dans J'adore, mais c'est un dieu insolent et intime.

Nadine Gordimer
Le conservateur

Le début du Conservateur (le cadavre d'un Noir trouvé dans la propriété agricole d'un industriel blanc nommé Mehring) ressemble à un fait divers, mais c'est encore l'occasion pour Nadine Gordimer, Prix Nobel de littérature en 1991, de développer une analyse spectrale de l'histoire et des mentalités de son pays. Mehring est un pur produit de la société blanche sud-africaine des années 60-70, un homme par qui la politique de l'apartheid se perpétue, à bout de souffle. A l'image d'un système schizophrénique, Mehring va sombrer sous le poids de sa propre histoire, de ses contradictions, de sa vacuité. Il verra son fils rebelle et sa maîtresse gauchiste s'éloigner de lui et le laisser avec ses fantômes. Ce roman, parmi les plus élaborés et les plus poétiques de Gordimer, a obtenu le Booker Prize en 1974. On y retrouve l'un de ses thèmes favoris : la bonne conscience, les mensonges qui aident certains à vivre et qui forcent d'autres à mourir.


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Grasset-Jeunesse

 

Janvier

Frank ANDRIAT
A moitié vide
Lampe de poche ados

Frank Andriat est né à Bruxelles en 1958. Après un premier recueil de poèmes couronné par l'Académie Royale de langue et de littérature françaises de Belgique et des études à l'Université Libre de Bruxelles, il est depuis 1980 professeur de français dans un lycée bruxellois. Auteur de romans, de nouvelles, d'essais ou de polars, il a notamment publié La remplaçante et Journal de Jamila (Éditions Mijade), succès de littérature de jeunesse en Belgique francophone.
Chez Grasset-Jeunesse, il est l'auteur des romans " Lampe de poche ados " Depuis ta mort et Mon pire ami, et du roman Grand Format Voleur de vies.

Lorsque Violaine, 15 ans, découvre sur le portable de son père un texto d'une autre femme que sa mère, tout son univers bascule. Elle tente tout d'abord de garder cette atroce découverte pour elle, mais sa vie comme son cœur sont désormais " à moitié vides "...
Elle se met alors à manger bien plus qu'il ne faudrait, se rendant malade, vomissant après chaque repas pour faire taire sa colère et se vider du trop plein de rancœur qu'elle ressent. Comment accepter l'idée que son père veuille vivre sa vie ailleurs, comment combler son absence ?
Quand la vérité sortira, elle viendra remettre en question les relations de l'ensemble de la famille…

Au travers de personnages sans demi-teinte et d'échanges cinglants, soutenus par un rythme dense, Frank Andriat s'attache, dans ce texte beau et fort, aux réactions que peut susciter, chez les uns et les autres, une brusque et violente remise en question de tout un équilibre familial.
Un roman poignant et percutant, dont le sujet, délicat, touche malheureusement de nombreuses familles, et qui met en regard, de manière habile et utile, un trouble comportemental de la nourriture et les perturbations familiales qui l'ont suscité.

Anne Thévenin
Le samovar et autres histoires

Lampe de poche 9 ans et +

Anne Thévenin habite en région parisienne. Elle a publié des ouvrages historiques, ou relatifs à l'école et l'enseignement, chez Milan, Hatier ou Perrin ; Le Samovar et autres histoires est son premier livre chez Grasset-Jeunesse.

" Le samovar ", " Le petit pois bouilli ", " Dans la lune ", " Escapade ", " Le secret "… dans la dizaine d'histoires courtes, écrites dans l'art de la nouvelle, que comprend ce recueil, on croise un autiste qui n'arrive pas à parler, un garçon amoureux de la fille d'une dresseuse de puces, un jeune violoniste issu d'une famille pauvre, une petite fille qui ne veut tout simplement pas ranger sa chambre…
A travers des personnages et des sujets variés, toujours abordés de façon fragile et tendre, ces nouvelles rythmées s'attardent sur des moments charnière de l'enfance, des instants de transitions et de changements, où, au fil de petits détails, la vision que les enfants qu'elles mettent en scène ont d'eux-mêmes et la façon dont les autres les perçoivent se transforment.

Pour la première fois, la collection " lampe de poche " s'adresse aux 9 ans et + sous la forme de nouvelles.
Dans un genre rarement représenté en littérature jeunesse pour ce lectorat, Anne Thévenin sait trouver le rythme et les mots pour aborder, à travers le prisme de l'enfance, des sujets importants et proches des enfants, traités avec sensibilité et délicatesse.
Les différentes histoires courtes et emplies de force et de charme de ce recueil, admirablement menées et d'une lecture facile et agréable, ouvrent à la réflexion et invitent à la discussion, pour mieux grandir, et se construire.

Février

Bérénice Capatti et Eva Adami
Gauguin et les couleurs des tropiques
Illustrations d'Octavia Monaco
Collection Lecteurs en herbe

Bérénice Capatti, de mère française et de père italien, vit à Milan, où elle est née en 1973. Après une maîtrise de Lettres en Italie et un DEA en Histoire de l'Art à la Sorbonne, elle est aujourd'hui auteur et traductrice de livres pour enfants. Avec Le Chat de Gustav Klimt, Gauguin et les couleurs des tropiques est son deuxième album publié chez Grasset-Jeunesse.
Née en France à Thionville, en 1963, Octavia Monaco vit aujourd'hui en Italie, à Bologne, où elle a obtenu un diplôme d'orfèvrerie avant de s'inscrire à l'Académie des Beaux-Arts. Depuis une dizaine d'années, elle illustre des livres pour enfants, publiés en plusieurs langues, et entame incontestablement une carrière internationale. Elle est aussi animatrice d'ateliers pour enfants et organise des cours pour adultes. Outre Le Chat de Gustav Klimt, elle a illustré, chez Grasset-Jeunesse, La Légende du roi Arthur, Guenièvre et Lancelot, et La Naissance des Saisons, le mythe de Demeter et Perséphone. Elle a reçu en 2005 le Prix Andersen (meilleure illustratrice) pour l'Italie.


Né à Paris en 1848, Gauguin passe son enfance au Pérou, avant de parcourir les mers sur un navire marchand. À vingt-trois ans, de retour à Paris, il découvre la peinture… et c'est la révélation ; il se consacrera désormais entièrement à l'art.
Après ses séjours en Bretagne, puis à Arles, il va ressentir le besoin de quitter la France, " pour être débarrassé de l'influence de la civilisation ", mû par la volonté de " ne faire que de l'art simple ".
À Tahiti, il trouve la Terre délicieuse, Te nave nave fenua, et tombe sous le charme de la beauté sauvage de l'île et son explosion de couleurs…

Le duo Bérénice Capatti / Octavia Monaco, déjà brillamment remarqué en France avec leur album Le Chat de Gustav Klimt, ici complété par Eva Adami, co-signe ici une fois encore, à travers un très bel album, une initiation artistique haute en couleurs.
Une adaptation originale des réflexions tahitiennes exprimées par Paul Gauguin dans Noa-Noa, où sont donnés à voir les choix, les imprégnations et le cheminement du peintre, de son départ pour les tropiques jusqu'à son retour en France, ouvrant la voie à l'art moderne.



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