Nouveautés Grasset

Janvier-Février 2007

Littérature française | Littérature étrangère | Thrillers
Essais, documents, biographies | Petite collection blanche |
Les Cahiers Rouges | Grasset-Jeunesse

 

Littérature Française





Janvier


François Armanet
Kung Fu
Roman
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François Armanet, rédacteur en chef au Nouvel Observateur, est l'auteur de La Bande du Drugstore (1999, puis en Folio) qu'il adapta lui-même au cinéma avec succès (ouverture du Festival de Berlin en 2002, multi-rediffusion à la télévision), et d'Enragé (2003, tous deux chez Denoël). On précisera qu'il est aussi l'un des meilleurs connaisseurs en France du cinéma Kung-Fu, auteur de Ciné Kung-Fu (Ramsay, 1988).

La première scène rappelle le narrateur à son impuissance : il assiste au tabassage en règle d'un passager dans le métro. En d'autres temps, il aurait réagi, implacable, corps délié, volonté de fer, mais il ne bouge pas, la peur au ventre. La mémoire réveillée tisse les liens entre les époques : hier, dans la mouvance de la Gauche Prolétarienne, l'ex-minet du Drugstore aux pulls shetland et aux boots glacées, s'inscrit virilement aux cours du Vô-Vietnam ; dans l'odeur âcre de la salle de boxe parisienne, il apprend à souffrir, découvrant les dures leçons de la sagesse orientale. Hier, pour échapper à l'amour fou qu'incarne Ursula, beauté androgyne, hussarde des seventies condamnée par une overdose, il suit son meilleur ami jusque dans la cité interdite, le légendaire monastère kung-fu de Shaolin dont il sera le premier disciple blanc. Aujourd'hui, aguerri par les coups qu'il a reçus plus que par ceux qu'il a donnés, le narrateur retrouve en Louise la force d'aimer, les larmes enfouies, la fragilité du jeune tigre qu'il fut. L'amour est un combat. Passion et révolution, d'un visage féminin l'autre, en frôlant les dangers.
C'est toute une époque que François Armanet convoque une époque qui va des dandys de la nébuleuse gauchiste aux rivages de l'Asie, de l'herbe fumée aux cendres amères des camarades perdus en route.

Pierre Combescot
Faut-il brûler la Galigaï ?
Roman
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Pierre Combescot est journaliste et écrivain. Prix Médicis 1986 pour Les Funérailles de la Sardine. Prix Goncourt 1991 pour Les Filles du Calvaire. Il est l'auteur, notamment, de La Sainte Famille et du Lansquenet, d'une biographie de Louis II de Bavière (Lattès, 1974), Les Petites Mazarines (Grasset, 1999), Les Diamants de la guillotine (Laffont, 2003) et Ce soir on soupe chez Pétrone (Grasset, 2004).

Léonora Galigaï est florentine. Elle se nomme en vérité Dianora Dosi. Elle est la fille d'un menuisier et d'une blanchisseuse que leur travail mène souvent au palais Grand-Ducal (palais Pitti). Léonora y est appelée pour distraire la jeune princesse de Toscane, Marie de Médicis. Elle devient sa coiffeuse. Elle s'insinue, fait rire cette enfant capricieuse et balourde. Bien vite l'astucieuce Léonora sort de son modeste rôle d'amuseuse pour s'installer dans l'intimité de la petite princesse. Son empire devient immense. C'est une manipulatrice née. Chacun, au palais, s'interroge sur sa fulgurante ascension. Elle serait, dit-on, la sœur de lait de Marie de Médicis, c'est faux, cependant la légende de la Galigaï a déjà commencé, elle rachète ce nom au dernier de cette illustre famille avant de suivre Marie en France.
Ce livre nous fait revivre tous les crimes de la cour des Médicis. Les passions dévorantes aussi, comme celle du grand duc François-Marie pour sa seconde femme, la vénitienne Bianca Capello. On assiste à la dernière rencontre de Catherine de Médicis et de Henri de Navarre, aux exécutions du duc de Guise et de son frère, le cardinal, au château de Blois, puis à la réconciliation de Henri de Navarre avec son cousin Henri III et à l'assassinat de ce dernier. Léonora imagine les complots, se fait raconter les maîtresses du roi Henri IV. Son amie Marie est devenue reine, quant à elle, elle est tombée amoureuse de Concino Concini, un garnement qui vit d'expédients. Tous deux feront équipe en louvoyant dans cette cour de France où les florentins sont suspects, puis, après l'assassinat d'Henri IV, en gouvernant dans l'ombre. Leur étrange association conjugale mettra en coupe réglée les finances du royaume. La Galigaï devient marquise d'Ancre puis Maréchale. Eh oui ! Puisque la reine a donné un bâton de maréchal à Concini.
Noiraude, maigre et sans beauté, elle tient la reine Marie sous sa coupe. Elle gouverne son mari. Elle est une véritable tête politique. Une découvreuse de talents comme ce petit évêque qui deviendra le puissant cardinal de Richelieu. Elle rêve en plein jour. Elle porte un voile, de peur qu'on lui jette un sort. Elle court les couvents de Paris, la nuit, pour se faire exorciser.
Son unique faute est de ne pas avoir su deviner le caractère dissimulé de Louis XIII. Son côté Médicis. Il fera tuer Concini aux portes du Louvre. Elle sera brûlée en place de Grève.

François Léotard
Le silence
Roman
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François Léotard, retiré de la vie politique, est l'auteur chez Grasset de trois essais personnels : Pour l'honneur (1997), Je vous hais tous avec douceur (2000), A mon frère qui n'est pas mort (2003, plus de 40 000 exemplaires vendus) ; et de deux romans : La Couleur des femmes (2002), La vie mélancolique des méduses (2005).

Depuis 1944, Simon Leibowitz n'a plus prononcé un mot : il avait alors 10 ans. Fascinée par ce mutisme et le mystère qui entoure l'homme, Livia, une jeune française orpheline, étudiant l'histoire à Rome, décide de lui écrire. Ils échangent quelques lettres avant que Simon ne mette brutalement fin à leur correspondance. Dans son dernier courrier, quelques vieilles photographies : une église de campagne ; un portrait d'enfant aux côtés d'un chien avec en arrière-plan, un homme au sourire figé ; un groupe de jeunes gens armés, à la lisière d'une forêt…
Dès lors, Livia n'aura de cesse de comprendre. Le mutisme de Simon est-il un refus du monde ou au contraire la décision d'un sage ? Où ont été prises ces photographies ? Pour quelle raison Simon l'écrivain s'enferme-t-il dans son silence ? Pourquoi quelques années auparavant a-t-il tiré en pleine rue sur un ancien officier allemand ? Avec l'aide de son ami Ignatio et des souvenirs de son père Giorgio, ancien résistant italien dans les Appenins, qui a connu le père de Simon, Livia plonge dans le passé de l'écrivain, au cœur des Alpes et de la seconde guerre mondiale. Ce faisant, c'est, à son insu, son propre passé qu'elle explore…

Véronique Olmi
Sa passion

Roman
Née en 1962, Véronique Olmi écrit pour le théâtre depuis plus de dix ans. Elle est également romancière (chez Grasset : La pluie ne change rien au désir). Signalons qu'à partir de novembre, elle jouera aussi dans sa pièce de théâtre Je nous aime beaucoup (Théâtre de Paris, publiée par Grasset).

Sa passion est le récit d'une enfance revécue le temps d'une nuit par une jeune femme amoureuse et humiliée.
Hélène a 35 ans, elle est écrivain, et cette nuit-là elle dort dans un hôtel isolé de Sologne où elle s'est rendue pour une foire du Livre. Il y a dix jours elle a quitté Patrick, le seul homme qu'elle ait aimé, mais marié, et qui n'a pas choisi de tout quitter pour elle. Cette nuit-là, après dix jours d'insupportables silences, ils se parlent au téléphone, conversation troublée et maladroite où Hélène relate (ou invente, peu importe) qu'un homme vient de lui faire des avances et a déclaré vouloir quitter sa femme pour elle.
A l'autre bout du fil, depuis Paris, l'homme aimé, adoré, rit… Hélène éteint son téléphone… La nuit commence…
Dans la chambre d'hôtel froide et anonyme, alors qu'au dehors les bêtes sauvages redoutent l'aube qui annoncera la reprise de la chasse, Hélène se souvient. Le prix de l'amour. Le chèque mensuel que la cousine faisait à ses parents pour avoir le droit de l'avoir en alternance. Les incessants va et vient entre deux mondes opposés, les pauvres et les riches, les nécessiteux et les puissants…
Qui l'aimait alors ? Tout le monde. Qui l'avait choisie vraiment ? Personne…
Et surtout, qui lui manquait réellement, aujourd'hui ? Quel homme ? Le père, adoré, dont elle n'aura jamais comblé la pauvreté ? Ou Patrick, son premier amour, dont le rire a brouillé les sentiments et les souvenirs ?
Après une nuit d'insomnie, Hélène rejoint le monde des chasseurs et des bêtes traquées et décide de résoudre à jamais, l'énigme de sa passion…

Frédéric Richaud
La ménagerie de Versailles

Roman
Frédéric Richaud est né en 1966. Il est l'auteur d'une oeuvre diverse qui compte des essais (Luc Dietrich, aux éditions Le temps qu'il fait), des biographies (René Daumal, chez Grasset, Boris Vian aux éditions du Chêne), des romans (Monsieur le jardinier, La passe au diable, chez Grasset), des nouvelles (Le Val clos, aux éditions La Hune-Brenner) et des scénarios de bandes dessinées (Le maître de peinture, chez Glénat, Le Peuple des endormis, chez Dupuis.)

La Ménagerie de Versailles est un roman d'aventure. Louis XIV vient de se faire construire une ménagerie, dans les dépendances de son palais. Je raconte l'histoire d'un homme, le marquis de Dunan, qui, pour plaire à ce Roi, décide de partir en Afrique lui chercher des bêtes sauvages…
Je rêvais depuis longtemps d'entraîner le lecteur sur le pont d'un navire du XVIIème siècle, de lui faire entendre le claquement des voiles, admirer la beauté de ce désert liquide où l'eau et le ciel se confondent parfois avant de lui faire poser le pied sur une terre où les arbres se couchent dans la mer. Je suis donc parti, crayon en main et carnet dans la poche. Le voyage a duré trois ans. Et quel voyage ! Les cales puaient le moisi, les biscuits étaient rances, l'eau croupie. Entre les grains et la bonne marche du navire, je n'ai pas souvent trouvé le temps d'admirer le paysage, je vous assure. Et puis le marquis était insupportable. Quand il ne se lançait pas dans ses théories sur la politique, les femmes ou les Noirs, il ne faisait que parler de Versailles et de la gloire qui l'attendait…
Les lecteurs qui s'embarqueront dans cette folle aventure auront, eux aussi, fort à faire. En plus de supporter l'humeur du marquis, ils devront se prémunir contre les fièvres et la dysenterie, côtoyer des marins ou des hommes de cours peu fréquentables, se méfier des griffes des fauves affamés... Qu'ils tiennent bon : le spécimen que le marquis rapportera de son périple risque bien d'être le plus extravagant, le plus extraordinaire, le plus improbable des animaux qu'ils auront jamais vu…

Karine Tuil
Douce France

Roman
Karine Tuil, née le 3 mai 1972 à Paris, est l'auteur chez Grasset de Tout sur mon frère (2003) et Quand j'étais drôle (2005, dont les droits sont vendus au cinéma).

" Du plus loin que je me souvienne, je me suis toujours sentie en situation irrégulière. Il me semblait qu'à tout moment quelqu'un pouvait surgir chez moi en hurlant : Police ! Contrôle d'identité ! Et me contraindre à le suivre. C'était absurde, personne n'avait songé à me mettre à la porte, mon casier judiciaire était vierge et je n'envisageais aucune action terroriste ".
La narratrice, un écrivain français de trente ans, est arrêtée par erreur avec des immigrés clandestins lors d'un contrôle d'identité sauvage. Mi-fascinée, mi-voyeuse, elle décide de se faire passer pour une immigrée roumaine et devient malgré elle victime de la machinerie bureaucratique. Placée dans un centre de rétention administrative de la région parisienne, elle découvre ces immigrés séquestrés qui tournoient dans l'attente hébétée d'une décision du juge : libération ou renvoi au pays, la tour de Babel des langues et des codes, le racisme entre noirs et arabes, la course à l'identité, n'importe laquelle, pourvu qu'on vous laisse en paix. Là-bas, elle va connaître des sentiments contradictoires, entre amour et crainte, pour un clandestin séducteur et manipulateur… Mais ces exilés la ramènent à son propre statut : fille de juifs d'Afrique du Nord, née en France, elle s'est toujours sentie en situation irrégulière.
Sur ce sujet ô combien d'actualité ! Karine Tuil pose les bonnes questions : pourquoi cherchons-nous à être aimés quand il suffirait qu'on nous tolère ? Quel prix à payer pour avoir la certitude d'être français ? Sommes-nous tous des immigrés ? L'auteur, qui a eu exceptionnellement accès au centre de Roissy, a écrit ici un roman coup de poing, à mi-chemin entre le pamphlet et la lettre d'amour aux siens. Un livre où Karine Tuil s'obsède à traquer l'assimilation impossible à la Douce France.

Dominique Fernandez
L'Art de raconter

Collection bleue
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Dominique Fernandez est né à Paris en 1929. Ecole Normale Supérieur, agrégation d'italien, doctorat ès-lettres. Il écrit régulièrement pour le Nouvel Observateur. Il a obtenu le prix Médicis en 1974 pour son roman Porporino ou les mystères de Naples. Jérémie ! Jérémie !, son dernier ouvrage est paru chez Grasset en 2006.

" Simple recueil de textes variés sur le roman ? Non : entreprise raisonnée, défense et illustration d'une certaine conception du roman, lequel doit être " l'art de raconter ", de mettre en scène des personnages étrangers à l'auteur. Donc, ni les déballages de l'autofiction, ni les tarabiscotages de l'expérimentation, mais une manière franche et directe de faire vivre des hommes et des femmes jetés sur les routes du monde.
Une première partie oppose Stendhal à Flaubert, et montre comment la liberté du premier est préférable aux efforts laborieux du second. Roman et opéra : comment ils peuvent échanger leurs procédés. Puis, essais consacrés à des auteurs particuliers, groupés en deux familles : les " aventuriers ", de l'Arioste à Defoe, de Dumas à Kipling, avec à leur tête le patron du roman d'aventures, Stevenson, l'auteur de L'Ile au trésor ; et les " narrateurs ", qui comprennent, outre Stendhal, des Français (Balzac, Maupassant, Gide, Martin du Gard, Paul Morand, Simenon, etc.) et des étrangers (Dickens, les Russes, les Sud-Américains, Thomas Mann, James Hadley Chase, Primo Levi, Kundera, etc.). L'ensemble forme un manifeste, un plaidoyer pour les romanciers qui, sans rien abdiquer de l'exigence littéraire, savent amuser, entraîner, faire rêver le lecteur… "

Dominique Fernandez   


Février

Evelyne Bloch-Dano
La biographe
Roman
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Evelyne Bloch-Dano, agrégée de lettres modernes, journaliste au Magasine littéraire et à Marie-Claire, est l'auteur, chez Grasset, des premières biographies de Madame Zola (1998, Grand Prix des lectrices de Elle, 30.000 exemplaires vendus), de Madame Proust (2004, Prix Renaudot essai, 30.000 exemplaires vendus), et d'une biographie de Flora Tristan (2001, Prix François Billetdoux de la SCAM).

" J'ai eu envie de revoir La Passante du sans-souci. L'intrigue, les noms de personnages, les visages s'effacèrent, mais certaines images de ce film un peu convenu se gravèrent dans ma mémoire, éveillant un sentiment confus et pénible.
Et puis un jour, j'ai compris : ces visions me hantaient parce qu'elles prenaient leur source en moi. Des pans entiers d'une histoire oubliée, que j'avais VOULU oublier avant même de la connaître. Celle de ma mère, juive allemande, et de toute sa famille. La passante que Romy Schneider avait incarnée surgissait d'un monde enfoui, mais étrangement familier.
Ma mère - Romy. Dos à dos, tendues dans le même effort pour surmonter le passé. Rien ne justifie ce rapprochement, tout le légitime. A la question que Romy Schneider s'est posée toute sa vie : " Comment peut-on être allemande ? " répond l'écho : " Comment peut-on être juive allemande ? "
Et si chacune d'elle possédait un fragment de la vérité de l'autre ? Elles sont les deux faces d'une même mémoire, la mienne, celle de la biographe que je suis. "

E.B.-D.   

Quel lien un biographe entretient-il avec son sujet ? S'emparant de l'histoire de Rosemarie Albach, alias Romy Schneider, Evelyne Bloch-Dano y découvre en miroir l'histoire de sa propre famille : " la biographe " passe de l'une à l'autre, tressant et éclairant ces vies à priori si différentes, l'une exemplaire parce que célèbre, l'autre anonyme et pour cela universelle.
Au-delà de la figure rayonnante de Romy Schneider dont il fait le portrait, ce livre est aussi une histoire d'amour et de haine de la mère-patrie, l'Allemagne, et plus simplement - le livre des mères, sujet de prédilection de l'auteur : telle, la terrible Magda, actrice populaire dont Hitler fut un fervent admirateur, initiatrice et rivale de sa fille Romy…

Jacques Chessex
Le vampire de Ropraz
Roman
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Collection " Ceci n'est pas un fait divers "
Né en 1934 dans le canton de Vaud, Jacques Chessex, prix Goncourt avec L'Ogre en 1973, est l'auteur d'une œuvre importante en poésie et en prose.

" Dans ces campagnes perdues une jeune fille est une étoile qui aimante les folies. Inceste et rumination, dans l'ombre célibataire, de la part charnelle à jamais convoitée et interdite. Sans répit déchiffrer la menace venue du fond de soi et du dehors, de la forêt, du toit qui craque, du vent qui pleure ; de l'au-delà, d'en haut, de dessous, d'en bas : la menace venue d'ailleurs. "
En 1903 à Ropraz, dans le Haut Jorat vaudois, la fille du juge de paix, la virginale Rosa, meurt à vingt ans d'une méningite. Dans l'hiver qui souffle, un promeneur trouve le couvercle du cercueil soulevé, le cadavre violé, la main gauche coupée net, le sexe mastiqué, le cœur disparu. Profanation. Horreur. Stupéfaction villageoise, crainte du diable, soupçons de vampirisme, ail et crucifix accrochés aux maisons pourtant protestantes…
En avril de la même année, deux autres profanations atroces sont exécutées de manière semblable : à Carrouge, des gamins jouent à la balle avec la tête scalpée de Nadine ; à Ferlens, c'est la blanche Justine qu'on profane. Monte la rumeur, comme une houle : il faut un coupable pour des crimes qui rappellent à chacun la " crasse primitive ", les vices cachés, les étreintes contre-nature. Favez, un garçon de ferme un peu idiot aux yeux rougis, à l'épaule saillante, aux longues canines, qu'on a surpris à l'étable abusant des génisses, sera le coupable idéal. Il sera jugé et condamné, puis on perd sa trace après 1915.
Sur un fait-divers réel, et si proche de l'auteur dont le jardin jouxte le cimetière de Ropraz, Jacques Chessex romance : qui mieux que lui sait dire les crimes impunis, les fantasmes des notables, la mauvaise conscience d'une époque ?

Roger Hanin
Loin de Kharkov
Roman
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Roger Hanin a publié plusieurs romans chez Grasset, qui ont toujours rencontré un public fidèle. En février 2007, Roger Hanin sera, par ailleurs, au théâtre dans une pièce de boulevard (Un parachute en or, au théâtre Marigny) et à la télévision pour les Navarro (suite et fin), ainsi que dans deux dramatiques du lundi soir.

" La planète est-elle un gigantesque orphelinat d'où s'élancent des myriades de bras implorant d'amour supplicié ? Anna-Victorina attend à Karkhov, bâtiment 117. Elle a 2 ans. L'adoption est pour elle la vie enfin agrippée.

"Il ne faut jamais abandonner l'amour quel que soit l'état dans lequel il se trouve, abîmé, cabossé, rouillé, sanguinolent, il ne faut jamais l'abandonner ! Il faut le relever, le serrer dans ses bras, le consoler, le garder toujours. "

Ami lecteur distrait, notre rencontre s'achève. "

R.H.   

Paul M. Marchand
Le paradis d'en face
Roman
Paul M. Marchand est l'auteur de trois romans : Sympathie pour le diable (Florent Massot, 1998 ; en cours d'adaptation pour le cinéma), Ceux qui vont mourir (Grasset, 2001), J'abandonne aux chiens l'exploit de nous juger (Grasset, 2003).

" Au début, je n'y ai pas vraiment prêté attention. La première fois que j'ai garé la moto près du numéro huit de la rue Girardon, elle a ouvert sa fenêtre, au cinquième étage, s'est penchée à moitié et a demandé d'une voix forte : " Nicolas, c'est toi ? " J'ai levé la tête et regardé tout autour de moi, j'étais seul sur le bord de cette rue, pas même une ébauche de profil. "
Chaque jour, quand Thomas rentre chez lui, la même scène se produit : au bruit du moteur, une voix féminine, surgie de l'immeuble voisin, l'appelle, avec un mélange de surprise, d'excitation et de soulagement : " Nicolas, c'est toi ? ". Un soir, intrigué, attendri peut-être, Thomas finit par répondre à cette inconnue qui le prend pour un autre. Il pénètre alors dans la vie d'une vieille femme solitaire, et découvre très vite qu'elle a, dix ans auparavant, perdu son fils unique, Nicolas, victime d'un accident de moto. Ce jour-là, le temps s'est brutalement arrêté ; il n'a, depuis, jamais repris son cours.
Lyrique et malicieux, tendre et cru, Paul Marchand fait le portrait émouvant de la vieillesse solitaire. A travers le roman d'une complicité singulière, dans le style inventif qu'on lui connaît, il donne aussi des mots au drame qui, dans notre langue, n'en a pas : la perte d'un enfant. Après l'inceste qui faisait l'objet de son précédent roman, c'est encore, d'une autre manière, sur nos douleurs et nos tabous qu'il se penche.

Bruno Racine
Le côté d'Odessa
Roman
Né an 1951 à Paris, Bruno Racine est l'auteur chez Grasset de cinq romans, dont Le Tombeau de la Chrétienne (2002). Il est actuellement à la tête du Centre Pompidou.

Tout commence ici par la réapparition d'un tableau : " La source ", copie par Picasso d'un célèbre tableau d'Ingres, a disparu en 1940 à Paris en même temps que d'autres biens appartenant à un collectionneur d'origine juive, Léopold. C'est à Odessa, entre les mains d'un affairiste russe, que la toile réapparaît mystérieusement, identifiée par un historien d'art, mêlé malgré lui à cette intrigue presque policière. Faut-il le restituer à l'héritière, Marina, qui vit à Volterra dans la villa que lui légua son grand-père Léopold, génial mais ambigu collectionneur ? Faut-il au contraire garder le secret au risque de spolier encore une fois Marina ? Le passé se visite comme une maison aux recoins secrets : Marina en orpheline de la mémoire ignore tout des conditions tragiques dans lesquelles sa grand-mère déportée trouva la mort ; en écho à cette révélation, le narrateur enquête sur le judaïsme possible d'une partie de sa famille native d'Odessa, ressuscite les pogroms russes et les conversions forcées, auscultant en lui la part d'étrangeté qu'on lui a longtemps cachée. " La source " devient le sésame d'une quête des origines où progressivement le désir, et peut-être l'amour, vont sceller un pacte entre Marina et le narrateur. Le présent leur apporte alors les réponses que le passé leur refuse. Une nouvelle page s'ouvre.
D'une demeure en toscane au cimetière juif de Livourne, d'Odessa cosmopolite et baroque à New York éternel refuge des immigrés, se noue une intrigue habillement tressée où les jeux de l'amour et du hasard entraînent les personnages à la découverte d'eux-mêmes : mais sait-on jamais qui nous sommes ?


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Littérature étrangère


Janvier

Charles Bukowski
Journaux, souvenirs et poèmes

Collection Bibliothèque Grasset, tome 3
Traduit del'américain par Michel Lederer,
Gérard Guégan et Robert Pépin
Préface d'Olivier Cohen
Charles Bukowski, " Hank " pour ses amis, né en 1920, est mort à San Diego le 9 mars 1994. Tour à tour postier, magasinier, employé de bureau, Bukowski venu tard à la littérature, est aujourd'hui un écrivain culte dans son pays.

Journal d'un vieux dégueulasse : C'est en 1967, dans le magazine anti-conformiste Open City qu'un poète presque inconnu commença de publier une chronique régulière. Avec une brutalité rarement égalée, doublée d'une superbe indifférence au scandale, il y exprimait sa révolte contre la société américaine, le pouvoir, l'argent, la famille, la morale.
Jouer du piano ivre comme d'un instrument à percussion jusqu'à que les doigts saignent un peu : Recueil de poèmes écrits dans les années 1970 et dédié à sa femme Linda Lee.
L'amour est un chien de l'enfer : Ces poèmes (1977) sont des paquets de viande, des litres de mélancolie mis au rancart du grand rêve américain. Les femmes ont des collants filés et n'oublient pas d'être hystériques. " Buk " évoque Van Gogh et Rimbaud pour mieux pisser sur les pare-brise des " consommateurs du spectacle ".
Souvenirs d'un pas grand chose : Naissance en Allemagne en 1920, l'arrivée en Amérique, la Ford T du père, la rue cruelle, les filles en robes pimpantes, l'acné, les petits boulots méprisables, la guerre qui vient...
Le ragoût du septuagénaire : Bukowski a composé cet ensemble de poèmes et de nouvelles après la sortie de son roman Hollywood. Sa source d'inspiration profonde et qui semble inépuisable, c'est la vie de tous les jours. Les personnages, en dehors de son inséparable alter ego Hank Chinaski, sont pour la plupart des serveuses, des employés de la poste, des gens qui travaillent à la chaîne ou autres esclaves de la paye en fin de mois.
Le capitaine est parti déjeuner et les marins se sont emparés du bateau : Alors que la Grande Faucheuse se prépare à l'entraîner de l'autre côté du miroir, Charles Bukowski entame, à la demande d'un ami, un journal intime, genre littéraire qu'il dit détester. En même temps qu'il juge ses contemporains, voire l'humanité, le vieil écrivain - il vient de passer le cap des 70 ans - ne s'épargne pas.


Février

Gregory Norminton
Portrait fantôme

Roman
Gregory Norminton a tout juste 30 ans. Diplômé d'Oxford, il est passionné de théâtre. Il est l'auteur de deux romans très remarqués par la critique, La nef des fous (Grasset, 2002) et Monts et merveilles (Grasset, 2006).

Angleterre, 1680. Cromwell est tombé, nous sommes en pleine Restauration : la monarchie est de retour, et toute une génération, aujourd'hui vieillie et désabusée, pleure ses illusions perdues. Un siècle finit donc - et la vie d'un homme. Le peintre Nathaniel Dell, autrefois auréolé de gloire, n'existe plus que dans les ténèbres : celles de la cécité et de la mort approchant à grands pas ; celles des remords d'une vie inachevée - comme le portrait de sa défunte épouse. Le jeune William Stroud, fils de meunier, fils de rien, aspirant peintre, est convoqué par Dell, qui fut jadis son maître. Celui-ci lui demande de terminer le portrait du fantôme, qui n'est pour l'heure qu'une pâle ébauche. S'il réussit, alors il gagnera la main de Cynthia, la fille du vieux peintre, dont le jeune meunier est épris depuis des années.
Nathaniel cherche à ressusciter son amour morte, mais aussi à conjurer les mystérieux tourments de son passé, qu'un vieux compagnon, vingt ans plus tôt, est venu rappeler à sa mémoire, et qui le hantent depuis. Au lendemain de la Guerre civile des années 1640, Dell et son ami Thomas Digby furent d'ardents partisans des mouvements politico-religieux les plus radicaux et utopistes (les " Bêcheurs " et les " Niveleurs "), prônant, au nom d'un retour aux sources des Ecritures, une sorte de communisme primitif. Digby, vingt ans plus tard, n'a rien renié, et veut entraîner son vieil ami dans une nouvelle aventure : l'Amérique. Mais Dell, lui, a renoncé : aux idéaux, à changer le monde, aux pouvoirs de l'art, aux puissances de la vie…
Roman historique et politique étourdissant de finesse, fresque intime, précis fulgurant de la décomposition de l'homme dans l'Histoire, vanité baroque portée par une langue somptueuse, Portrait fantôme confirme tout le talent d'un jeune écrivain parmi les plus doués de sa génération.

Francesca Pedrazzi et Vanna Vannunccini
Petit voyage dans l'âme allemande

Essai
Traduit de l'italien par Nathalie Bauer
Vanna Vannuccini, envoyée spéciale de La Repubblica, a été de nombreuses années correspondante en Allemagne. Francesca Pedrazzi a été correspondante pour La Stampa avant et après la réunification.

Deutsche Sprache, schwere Sprache, langue allemande, langue difficile, dit-on aux néophytes pour les réconforter. C'est surtout une langue précise… Poser un livre sur une étagère se dit hinstellen, le poser sur une table : hinlegen. Comment confondre en effet l'acte de mettre un objet à la verticale et celui de le mettre à l'horizontale ? Qui ne saisirait pas sur-le-champ la différence entre " sortie " (Ausgang) et " sortie de voitures " (Ausfahrt) risque, de buter, à bord de son engin, contre une volée de marches. Toute chose a sa place et toute place a sa chose : cette maxime a trouvé sa réalisation dans la langue allemande.
Les mots font et défont l'identité allemande, et l'histoire des mots " intraduisibles " est aussi l'histoire de la transformation de l'Allemagne au cours des ces vingt dernières années. Par exemple, Nestbeschmutzer, le souilleur de nid, le dénigreur : c'est ainsi que les conservateurs allemands considéraient Willy Brandt après qu'il se fut agenouillé à Varsovie. Vous trouverez des Quotenfrauen, ou " femmes de quota ", comme Angela Merkel, et des exemplaires typiques de Rechthaber, " ceux qui veulent toujours avoir raison ", tel cet ancien ministre de la Défense Rudolf Scharping.
Parfois, ces termes ont modifié le cours de l'Histoire. C'est le cas de la Männerfreundschaft, l'amitié entre hommes, un concept assez important, aux yeux d'Helmut Kohl. Ainsi, l'amitié franco-allemande, force motrice de l'Europe, est née à Verdun, où Kohl et Mitterrand se sont pris par la main. Plus tard, Mikhaïl Gorbatchev et le chancelier allemand, qui après une méfiance initiale, manifestèrent une entente parfaite : l'Union soviétique approuvait la réunification de l'Allemagne. Ils étaient parvenus à cet accord au cours d'une promenade dans les bois, le Wanderweg, le chemin de randonnée.
Mais si l'Allemagne se transforme, les Allemands demeurent fidèles à l'importance du mot. Dans le monde des SMS et des barrières médiatiques, il semble de plus en plus difficile de reconnaître les choses derrière les mots. Les Allemands, eux, n'ont pas perdu cette capacité. Ce n'est pas un hasard s'ils lisent plus que les autres Européens et si les salons du livre sont nés dans leur pays. Est-ce la tradition romantique, qui veut que seule la langue poétique puisse pénétrer la réalité en profondeur ? Le fait est que les Allemands apprécient les tons littéraires jusque dans les situations les plus catastrophiques. Alors que Dresde se noyait sous une inondation séculaire causant plus de vingt morts et des milliers de sans-abri, le Spiegel, le plus grand hebdomadaire allemand, titrait en couverture : Quand les fleuves se noient dans l'eau


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Thrillers


Janvier

Clive Cussler Et Craig Dirgo
Pierre sacrée

Roman
Thriller traduit de l'américain par Delphine Rivet
Clive Cussler est l'auteur de nombreux romans dont, chez Grasset, L'or des Incas, Sahara, Dragon, Onde de choc, Serpent et Atlantide. Découvreur de nombreuses épaves, il est membre de la Société Géographique Royale de Londres, du Club des explorateurs de New York et préside l'Agence nationale maritime et sous-marine (NUMA).

Protéger l'émir du Qatar pendant le Sommet pour la Paix des Pays Arabes à Reykjavik : la mission s'annonce plutôt tranquille pour les agents secrets de la Corporation.
Mais l'interception d'un message annonçant la découverte d'une météorite aux propriétés dangereuses donne une tout autre tournure aux événements. Enquêtant sur cette mystérieuse pierre noire qui attise les convoitises, la Corporation découvre que des terroristes islamistes veulent faire exploser une bombe nucléaire au cœur d'une capitale européenne, et qu'un puissant industriel américain cherche à anéantir les sites sacrés de l'islam, pour une raison inconnue. Cabrillo et ses hommes se lancent alors dans une course effrénée pour contrer cette double menace…
Des Etats-Unis à l'Arabie Saoudite, en passant par Londres, l'Ecosse, Israël et le Groenland, pour sauver des millions de vies et empêcher la destruction de deux villes symboles, les hommes de la Corporation vont devoir affronter le spectre du terrorisme sous toutes ses formes, des plus terrifiantes aux plus inattendues…


Février

D'après Robert Ludlum
Eric Van Lustbader
La peur dans la peau

Roman
Série " L'héritage de Bourne "
Thriller traduit de l'américain par Florianne Vidal
Eric Van Lustbader, qui a déjà publié plusieurs best-sellers chez Belfond, dont Le Ninja, reprend avec brio le flambeau de la trilogie " Bourne " de Robert Ludlum, dont le succès lui avait valu plusieurs adaptations cinématographiques (notamment La mort dans la peau, avec Matt Damon, réalisé par Paul Greengrass en 2004).

Quelques années après les événements de La mémoire dans la peau, David Webb, désormais professeur d'études asiatiques, coule des jours paisibles à l'Université de Georgetown, Kentucky. Jason Bourne, le tueur à gages redouté, n'est plus qu'un lointain souvenir. Lointain ? Pas si sûr… Un beau jour, il devient la cible d'un assassin au moins aussi habile que lui. Puis la CIA lui met sur le dos le meurtre atroce et inexpliqué de deux de ses collègues et amis : Jason Bourne a resurgi, disent-ils, mais il ne se contrôle plus. Une fois de plus, on le traque.
La solution s'impose : endosser à nouveau l'identité de Jason Bourne et retrouver la détermination du tueur. Il lui faudra bien ça pour sauver sa peau et échapper non seulement aux services secrets du monde entier, mais aussi à un personnage manipulateur aux commandes d'un jeu qui pourrait bien être plus fatal qu'il ne se l'imagine…


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Essais, documents, biographies


Janvier

Roberto Alagna
Je ne suis pas le fruit du hasard

Autobiographie
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Depuis ses débuts à l'âge de vingt-cinq ans, le ténor Roberto Alagna n'a pas quitté la scène, se produisant dans tous les opéras du monde : de Paris à New York, en passant par Londres, Berlin, Tokyo, Rome, Milan, il est une star de la scène lyrique depuis déjà plusieurs années. Son mariage à New York avec la diva Angela Gheorgiu a fait la " une " de la presse américaine ; le 14 juillet 2005, il a chanté La Marseillaise sur la place de la Concorde à l'occasion de la fête nationale française, à la demande du président Chirac. Celui qui a succédé à Luciano Pavarotti comme numéro un des chanteurs lyriques a récemment triomphé dans une nouvelle interprétation des chansons de Luis Mariano, rencontrant avec un nouveau public.

En entreprenant d'écrire sa vie, Roberto Alagna ne voulait pas se contenter de raconter sa carrière, mais plutôt faire comprendre d'où il vient. C'est l'objet de cette véritable saga, quête des origines, récit plein de romanesque d'une vie aux accents souvent dramatiques sur fond de bel canto. L'histoire commence à New York dans les années 1920, quand l'arrière grand-mère de Roberto, venue de Sicile avec son père, fait la connaissance du beau Jimmy à la voix de velours. Ils rencontreront le mythique ténor Caruso et auront quelques relations avec une certaine amicale des Siciliens d'Amérique… Nous suivons ces Italiens passionnés d'art lyrique, où tout le monde chante et connaît des livrets d'opéra par cœur, jusqu'à la naissance de Roberto, en 1963, à Clichy-sous-Bois, dans la banlieue parisienne. Son père est maçon, comme son grand-père, comme ses oncles. L'enfance entre immigrés, une adolescence rythmée par Elvis Presley, la découverte de sa voix, ses débuts de chanteur dans des cabarets, le difficile chemin jusqu'à la gloire : l'autobiographie de Roberto Alagna déborde d'anecdotes, d'images fortes, séduit par sa sincérité. Ce livre surprenant devrait attirer un très large public, au-delà du cercle des amateurs d'opéra.

Cyril Eder
Les comtesses de la Gestapo

Document
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Ancien professeur de lettres en Californie, Cyril Eder a publié La Castiglione par elle même (RMN, 1999) dans le cadre d'une exposition présentée au musée d'Orsay et au Metropolitan Art Museum de New York et Les frères Seberger, photographes de l'élégance (Le Seuil/BNF, 2006). Il travaille également depuis plusieurs années sur les archives secrètes de la Gestapo française pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Dans le Paris de l'Occupation, réduit au périmètre douteux qui va des bureaux du Majestic à l'Omnibus de chez Maxim's en passant par les sous-sols de la rue Lauriston, ce livre brosse une galerie de femmes vénales, exotiques, qui vont vivre sous l'Occupation un étrange conte de fées qui se terminera souvent en cauchemar…
Russe comme la princesse Tchernitcheff, mannequin et actrice de cinéma, qui devint la protégée du sinistre Lafont, chef de la Gestapo française, et la maîtresse d'officiers allemands influents…
Grecque comme la princesse Mourousi, lesbienne et morphinomane qui, non contente de doubler les Allemands au marché noir, faisait vider les appartements des juifs pourchassés…
Espagnole comme la marquise de San Carlos, maîtresse avant guerre du maire de Biarritz, franquiste de la première heure, elle s'acharnait sur les réfugiés républicains qu'elle dénonçait…
Mais aussi françaises comme Sylviane d'Abrantés ou la comtesse Olinska. La première, maîtresse entre autres de Lafont qui la décrit comme "une chienne et une folle", sera une des grandes courtisanes de l'Occupation. La comtesse Olinska profite de ses trafics d'influence pour tenter de se lancer avec sa petite fille dans le monde du cinéma. Elles vont traverser cette période en reines de toutes les compromissions, portées par la veulerie des hommes en place et les complaisances du système économique instauré par l'occupant.
Grâce à l'ouverture récente des archives de justice aux historiens, ce livre dévoile pour la première fois les vies extravagantes de celles qu'on surnomma après guerre, les "comtesses de la Gestapo", fleurs vénéneuses dont l'éclat fut peut-être fugitif mais le parfum assez capiteux pour nous fasciner - et nous horrifier -encore aujourd'hui.

Judith Housez
Marcel Duchamp

Biographie
Judith Housez est née en 1970. Productrice de cinéma (elle produit notamment le prochain film de Christian Vincent, réalisteur de La discrète), experte en art contemporain, Marcel Duchamp est son premier livre.

Nous connaissons tous le nom de Marcel Duchamp, l'homme qui inventa l'art contemporain, le créateur du " (al)ready-made ", de Rrose Scélavy, et d'une Joconde moustachue outrageusement rebaptisée LHOOQ, l'auteur, surtout, du plus grand scandale du XXe siècle, qui éleva (ou abaissa ?) un simple urinoir au rang d'œuvre d'art. Et pourtant, que sait-on de lui ? Rien, ou si peu, et pour cause : il n'existait pas, à ce jour, de biographie en français de Marcel Duchamp.
Duchamp meurt en 1968, à l'âge de 81 ans, encore méconnu dans son propre pays : son décès est annoncé dans Le Figaro à la rubrique " échecs ", quand il fait la une du New York Times. Sa vie - ses vies pourrait-on dire, à l'image de ce portrait dédoublé à l'infini qui fait la couverture du livre -, partagée entre les Etats-Unis et la France, fut longue d'activités diverses et non pas seulement artistiques, de rêveries et de projets, de rencontres et d'amitiés indéfectibles, avec Henri-Pierre Roché, l'auteur de Jules et Jim qu'il inspirera, avec Picabia, Man Ray, Alfred Stieglitz, Brancusi. Une vie d'amours nombreuses aussi - le premier pour la femme de son grand ami Picabia ! -, car Duchamp courait les jupons, " célibataire " avant tout épris de liberté, qui pourtant deux fois l'abdiqua - il épousera en secondes noces l'ex-femme du galeriste Pierre Matisse, le fils du peintre.
Fils d'un notaire rouennais, il était le cadet d'une fratrie d'artistes, les peintres Jacques Villon, Suzanne Duchamp, et le sculpteur Raymond Duchamp-Villon, qui l'initièrent à la peinture. Héritier de Jarry, marqué par la lecture de Nietszche et de Raymond Roussel, il était fasciné par l'objet industriel et sa production en série, par les découvertes récentes sur le mouvement et la vitesse - le rayon X, la quatrième dimension, les chronophotographies d'Etienne Jules-Marey. A 26 ans, dès lors qu'il la maîtrise, il abandonne pour toujours la peinture, s'autoproclame " anartiste ", fait prévaloir l'idée sur son exécution, la " beauté d'indifférence " sur le (bon) goût, et bouleverse radicalement le statut de l'artiste et de l'œuvre d'art : un défi à l'avant-garde de son époque plus encore qu'à l'académisme.
Sacré par Breton " phare du surréalisme ", ingénieur malheureux (on lui doit d'extraordinaires machines optiques, ancêtres de l'art cinétique, dont les brevets ne rencontreront pas le succès), joueur d'échecs passionné, il fut aussi l'incontournable courtier de l'avant-garde européenne aux Etats-Unis, le conseiller intime des grands philanthropes new-yorkais, comme les époux Arensberg ou Katherine Dreier, avec qui il fonda au début des années 20 La Société anonyme, ancêtre du MOMA.

Mahmoud Hussein
Al Sîra, tome 2
Le sceau des prophètes

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" Mahmoud Hussein " est le pseudonyme commun de deux auteurs : Baghgat Elnadi (né en 1936) et Adel Rifaat (né en 1938). Tous deux Egyptiens - l'un est d'origine musulmane ; l'autre d'origine juive, mais converti à l'islam -, ils furent à l'époque de Nasser d'ardents militants laïcs et marxistes. C'est à ce titre qu'ils furent incarcérés à plusieurs reprises dans les années 1960 avant de s'installer en France, où ils furent naturalisés en 1983. Ils sont titulaires d'un doctorat d'Etat en philosophie politique, et auteurs de nombreux ouvrages parmi lesquels on citera : Versant sud de la liberté, Essai sur l'émergence de l'individu dans le Tiers monde ; Les arabes au présent ; Sur l'expédition de Bonaparte en Egypte. Entre 1978 et 1988, " les " Mahmoud Hussein ont dirigé Le courrier de l'Unesco, publié en 30 langues et diffusé dans 120 pays.
Ils ont déjà publié, chez Grasset, le Tome I de " Al Sîra " (13.000 exemplaires vendus à ce jour).

Le Prophète de l'Islam a vécu il y a quatorze siècles, dans une société de tradition orale. Les témoignages de ses contemporains, sur sa personne et son action, ont été fixés par écrit plus d'un siècle, voire deux, après sa mort. Ils ont d'abord été transmis sur des supports de fortune, avant d'être recueillis par différents chroniqueurs, qui les ont triés, compilés, rédigés chacun à sa manière.
Les textes laissés par ces chroniqueurs forment un volumineux corpus, portant le titre générique d'Al Sîra, ou " Chroniques du Prophète de l'Islam " (à distinguer des " Dits du Prophète " - Hadîths - et des commentaires du texte sacré - Le Coran). Grasset en a publié un premier choix : " Le Prophète de l'Islam raconté par ses compagnons ". Voici la suite.
Le portrait de Mahomet que nous livre la Sîra est celui d'un être supérieur, aux prédispositions spirituelles précoces, enclin à la solitude et à la méditation. Sa vie bascule, à l'âge de quarante ans, quand il entend la voix de l'Ange Gabriel, qui lui révèle que Dieu l'a choisi comme Son Messager. Il va défier les siens, renier ses ancêtres, insulter leurs idoles et assumer l'immense solitude qui en découle. Puis il va se muer en homme d'Etat, en chef de guerre, en bâtisseur d'une Cité nouvelle.
Le premier volume rassemblait, essentiellement, des " chroniques " relatives à la vie du Prophète. Celui-ci, en revanche, rassemble les chroniques qui illustrent son action de " chef d'Etat ". Du coup, ce second volume est plus politique et moins théologique que le premier.
Les Chroniques qui retracent cette trajectoire constituent pour les musulmans un réservoir d'exemples à suivre, de gestes à méditer, de vérités à retrouver au quotidien. Mais peu de gens les lisent dans le texte. A la mosquée, à l'école ou à la télévision, ils en reçoivent sans cesse des bribes, le plus souvent extraites de leurs contextes, tronquées, voire carrément réinventées, afin de servir les différents discours du moment. C'est en partant de ce constat, et pour contribuer à rétablir la vérité de ces textes, que les Mahmoud Hussein ont voulu présenter la Sîra sous une forme accessible au lecteur d'aujourd'hui.
Ajoutons enfin - et ce point est essentiel - que les chroniques de la Sîra proposent une vision de l'Islam plus " libérale ", plus tolérante, plus ouverte à l'individu. Cette caractéristique explique peut-être le fait que cette source théologique ait été, si souvent, négligée ou dissimulée, au profit d'une orthodoxie coranique plus stricte.

Katia Lafaille
Sans lui

Document
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Katia Lafaille née à Genève le 24 mars 1970, vit aujourd'hui près de Chamonix. Sans lui est son premier livre.

Le 27 janvier 2006, Jean-Christophe Lafaille, le plus grand alpiniste de sa génération, trouvait la mort en Himalaya, au Makalu, l'un des quatorze sommets de plus de 8 000 mètres de la planète. Sans lui, à 36 ans, mère de deux enfants (Jérémie, 12 ans, né d'une union précédente et Tom, âgé de 5 ans, fils de Jean-Christophe), Katia à la fois forte et fragile affronte le vide de la reconstruction. Comment s'en sortir ? Quel avenir pour une femme dans un univers où ni les machos à crampons ni les mufles à piolets ne vous épargnent leurs sarcasmes ? A-t-on le droit de vivre autrement l'amour avec un homme qui tutoyait la mort en altitude ? Peut-on survivre au deuil d'un alpiniste sans sépulture ?
Cette sportive qui n'a pas froid aux yeux, alternant les compétitions de descente en VTT, le parapente, l'alpinisme en solitaire, cette risque-tout qui longtemps ne s'encordait pas en montagne, funambule au-dessus des glaciers, avait tôt cessé d'être une bourgeoise rêveuse des bords du Léman. Mariée à 18 ans, divorcée à 19, éprise de nature et d'espace blanc, solitaire souvent et par choix, Katia rencontra enfin Jean-Christophe et son destin changea. Ils inventèrent ensemble une autre façon de marcher, d'escalader, d'imaginer la montagne. Ils envisageaient de vivre ensemble dans l'ouest américain. Katia ira bientôt, sans lui, avec son fils Tom.

Alain Minc
Une sorte de diable
Les vies de John-Maynard Keynes

Biographie
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Alain Minc est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages. Il a publié Ce monde qui vient, dans la même collection, en 2004, qui fut un grand succès de presse et de librairie ; et, en janvier 2006, Le crépuscule des petits dieux.

" L'homme Keynes est fascinant. Peut-être encore plus grand que l'oeuvre. C'est une permanente alchimie des contraires : l'objecteur de conscience qui sert son pays en guerre, le marginal de Bloomsbury qui s'installe au coeur de l'establishment; le grand bourgeois élitiste qui devient la coqueluche des gauches du monde entier; le dandy homosexuel qui épouse une des danseuses les plus courtisées de l'époque ; l'antisémite séduit par les Juifs ; le germanophile atlantiste ; le spéculateur qui se méfie des marchés ; l'esthète qui se consacre aux disciplines les plus austères ; l'intellectuel qui se rêve homme d'Etat ; le conseiller qui se veut homme d'action... Il existe autant de Keynes qui, pourtant, n'en forment qu'un seul: c'était, pour reprendre le mot qu'il emploie à l'égard de Freud, une sorte de diable. "

A.M.   

Rappels sur John Maynard Keynes (1883?1946) : élève de Marshall à Cambridge, puis conseiller du Trésor britannique durant la Première guerre mondiale, il étudie " Les conséquences économiques de la Paix " (1919) et s'obsède à l'idée de la reconstruction de l'Europe (questions de la dette, des réparations, etc.). Auteur d'un Traité sur la monnaie (1930) puis de la fameuse Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie (1936), Keynes s'attaque au problème du sous-emploi qui règne en Grande Bretagne après 1930. Il prône une relance de la consommation, une baisse du taux d'intérêt, un accroissement des investissements publics, toutes mesures impliquant un investissement de l'Etat. Il se met peu à peu à jouer un rôle de prophète sur la scène internationale, qui culminera à la Conférence de Bretton Woods (1944). Il devient après sa mort un mythe, auquel la gauche et parfois la droite ne cessent de se référer.

Dr Joseph Monsenego
La fin d'un cancer ?
Les espoirs de la vaccination contre les papillomavirus

Essai
Collection dirigée par Françoise Doumayrenc
Le Docteur Joseph Monsonego (gynécologue-oncologue), mène depuis plus de 20 ans un combat pour lutter contre le cancer du col de l'utérus. Il travaille à l'amélioration de son dépistage et à la recherche clinique sur les papillomavirus humains. Expert reconnu, il est Directeur Médical de l'Institut Alfred Fournier de Paris, et Président fondateur d'Eurogin, organisation internationale investie dans la formation et la recherche sur les infections à papillomavirus, qui organise des congrès mondiaux sur la prévention de ce cancer du col.

L'impact de l'infection à papillomavirus (HPV) est considérable. Plus d'une femme sur deux a été exposée aux HPV durant sa vie et 10 % environ feront une infection chronique. Parmi elles, 20 % développeront un cancer du col en l'absence ou par défaillance du dépistage. En France, l'infection à HPV à risque provoque 80 000 lésions précancéreuses, 3 400 cancers du col utérin et le décès de 1 000 femmes tous les ans.
Le dépistage par frottis réalisé à un rythme régulier et selon les normes de qualité a entraîné une diminution significative de l'incidence et de la mortalité ces vingt dernières années. Dans de nombreux pays, il a transformé le cancer du col d'une maladie mortelle en une pathologie rare. Cependant, malgré ce succès considérable, la maladie réputée évitable n'a pas été éradiquée. Parce que le cancer du col utérin est la conséquence de l'infection chronique à HPV, les recherches ont porté sur le développement d'un vaccin pour prévenir l'infection et ses conséquences. Les essais ont abouti : deux vaccins mis au point l'un par le groupe pharmaceutique GlaxoSmithKline et l'autre par Merck sont disponibles.
Ces deux produits étant particulièrement efficaces avant l'exposition aux papillomavirus, cette vaccination concernera essentiellement les préadolescentes (10-15 ans), qui n'ont pas encore eu de rapport sexuel ou les jeunes filles plus âgées qui n'ont pas été atteintes par le virus. On ne sait pas encore si ces deux vaccins seront aussi efficaces chez des femmes porteuses du virus (mais sans lésions précancéreuses). Des essais sont en cours.

Catherine Nay
Un pouvoir nommé désir

Biographie
Catherine Nay est éditorialiste à Europe 1. Elle est surtout l'auteur d'ouvrages politiques fameux : La double méprise (1980) ; Le Noir et le Rouge (1984) ; Les 7 Mitterrand (1988) ; Le dauphin et le régent (1994).

Beaucoup de livres ont déjà été - ou seront - publiés sur Nicolas Sarkozy, et la curiosité qu'inspire cet homme politique devrait s'amplifier à l'approche de l'élection présidentielle. La particularité de la biographie que lui consacre Catherine Nay tient cependant à plusieurs éléments : son exhaustivité (de l'origine des grands parents aux épisodes les plus récents) ; son " empathie critique " (Catherine Nay fréquente, depuis plus de vingt ans, les " microcosmes " qu'elle décrit dans ce livre) ; la personnalité de l'auteur (qui s'est déjà illustrée avec des ouvrages fameux. En effet, Catherine Nay est La biographe par excellence des fauves politiques qu'elle côtoie chaque jour. Et, une fois de plus, elle le prouve avec ce livre qui, de toute évidence, sera un élément très visible de la campagne qui s'annonce…
Dans ce Pouvoir nommé désir, l'auteur explore méticuleusement la genèse familiale du " petit Nicolas ". Son père (un aventurier flamboyant, un père trop absent), sa mère (le pivot du " clan " Sarkozy… une sorte de Rose Kennedy), ses amis, ses amours, son enfance, etc… sont évoqués avec une précision incroyable. Ces éléments permettent de mieux comprendre l'avidité avec laquelle Nicolas Sarkozy se jeta sur la politique, et comment il voulut en faire son festin. Plus subtilement, les relations avec son père-absent éclairent le souci que Sarkozy aura toujours d'être reconnu par les pères (Pasqua, Chirac) ou, à défaut, de les tuer…
Bien entendu, cette biographie s'attarde sur les arcanes de la vie politique - de la " prise " de la mairie de Neuilly à celle de l'UMP - sur les relations de " Sarko " avec Balladur, Chirac, Juppé ou Seguin. Sur chacun de ces points, Catherine Nay raconte, révèle, nuance : son style, très vif, emporte un récit passionnant de bout en bout…

Stacy Schiff
La grande improvisation
Benjamin Franklin, la France et la naissance des Etats-Unis

Essai
Traduit del'anglais par William O. Desmond
Stacy Schiff est l'auteur de biographies de Saint-Exupéry et de Véra Nabokov (Prix Pulitzer, Grasset, 1999). La grande improvisation lui a valu pour la seconde fois le Prix Pulitzer.

Le temps est exécrable en ce 3 décembre de l'an 1776 sur les côtes bretonnes lorsque débarque, d'un frêle esquif, un vieillard goutteux et perclus de rhumatismes. Son arrivée se fait dans le plus grand secret - il s'agit pourtant d'un homme célèbre dans le monde entier, particulièrement respecté en Europe, et qui s'apprête à changer le cours de l'histoire des tout jeunes Etats-Unis d'Amérique. Son nom : Benjamin Franklin. Sa mission : rallier la France à la cause américaine. Et au vu des mille péripéties qui jalonneront cette première aventure franco-américaine au cours des mois suivants, c'est un miracle qu'il y soit parvenu !
Usant d'une intelligence et d'un bon sens hors pair, ainsi que d'un talent inné de diplomate, Franklin, installé dans une résidence cossue de Passy mais se démenant comme un beau diable, parvint à franchir tous les obstacles placés sur son chemin, non seulement par ses adversaires, mais par les opportunistes de tout poil, les aventuriers, les rêveurs et les calculateurs (au nombre desquels figure un Beaumarchais particulièrement hystérique) ; et ce furent souvent ses compatriotes, dont certains le jalousaient de façon pathologique, dont il lui fallut le plus se méfier.
Cette extraordinaire biographie historique se lit comme un roman, avec ses intrigues entrecroisées, ses quiproquos et ses rebondissement inattendus ; avec aussi ses personnages pittoresques - corsaires têtes brûlées, escrocs inventifs, dames au petit chiens, espions, politiciens incompétents et douteux.
Dans une prose étincelante, pleine d'humour et de saveur, Stacy Schiff déroule la saga de l'homme qui, à lui seul, permit aux Etats-Unis, avec l'aide de la France, de gagner leur indépendance.

Philippe Val
Traité de savoir-survivre par temps obscurs

Essai
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Philippe Val est chroniqueur à France Inter, France Culture, RTL, LCI, Paris-Première. Il a refondé avec Cabu, le nouveau Charlie Hebdo, hebdomadaire dont il est aujourd'hui le rédacteur en chef.

Après des années de travail et de lecture, aiguillonné par un monde aux plaques tectoniques en perpétuelle friction, mais qu'il estime passionnant, riche, plein de beautés, Philippe Val nous confie son premier grand essai : un " traité de savoir-survivre par temps obscurs ". En vingt-trois chapitres parfaitement emboîtés, tressés de citations, de lectures, de films, de faits historiques, il tente de définir ce que pourrait être un " nouvel homme des lumières ". Comment ne pas se laisser " dominer par l'espèce " ; comment sublimer notre part sombre, faite de violence et de ressentiment ; comment agir en homme libre. Bref, comment ne pas donner prise à la culture du " malaise dans la civilisation ", pente si courante dans un temps qui a connu les totalitarismes, la terreur, l'abjection ?
Philippe Val nous propose aujourd'hui sa " méthode ". Dans ces pages, nulle froide réthorique, mais une approche spinoziste : " Si dieu le veut. Le but des Lumières a été de rendre absurdes et imprononçables ces mots qui scellent le mariage de l'individu avec son propre malheur. C'est par le travail de la pensée que commence le divorce. S'il est vain de penser que l'on éliminera un jour la souffrance, on peut en revanche conjurer la tristesse, qui n'est pas seulement la conséquence, mais aussi la cause de nos malheurs. Lecteur, si mon livre te donne l'intuition que la joie est moins inaccessible qu'il n'y paraît, j'aurai atteint mon but. Il est difficile de tenir une certitude dans ce monde changeant mais il en est une que Verlaine énonce dans " Ecoutez la chanson " : " Allez ! rien n'est meilleur à l'âme / Que de faire une âme moins triste. "


Février

Jacques Baynac
Présumé Jean Moulin
Juin 1940 - juin 1943
Esquisse d'une nouvelle histoire de la Résistance

Essai
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Jacques Baynac, historien, est l'auteur de Les Secrets de l'affaire Jean Moulin (Le Seuil, 1998).

Basé sur des milliers de documents inédits, notamment extraits des dossiers des services secrets britanniques, Présumé Jean Moulin est la biographie la plus complète du héros durant les années 1942 à 1943, et elle révèle quantité de faits inconnus tout en renouvelant radicalement l'interprétation de la relation entre gaullisme et Résistance.
Tandis que l'alliance du soldat rouge, du billet vert et de la matière grise britannique endiguent peu à peu le nazisme, pendant que Vichy collabore et que le général de Gaulle s'obstine dans sa stratégie du tout-militaire-extérieur censée déboucher sur la restauration de l'Etat français, Jean Moulin, jeune préfet de gauche, part, lui, d'un constat pragmatique : la patrie dépecée en sept zones n'est plus une nation auto-instituée et seule la Résistance, aussi minoritaire soit-elle, pourra ressusciter la France en la changeant. Création spontanée de la société civile réduite à la clandestinité, la Résistance est l'embryon de la " Nation en armes ", et, à ce titre, l'unique dépositaire de la souveraineté. Par là-même, elle est la seule instance légitime capable de soutenir de Gaulle à condition, toutefois, que celui-ci renonce à la vassaliser et admette que son autorité procèdera d'elle.
D'emblée installé en stratège génial d'une Résistance conçue comme force dominante et qui, dès l'été 1942, se révèle être porteuse d'un projet révolutionnaire aussi radicalement socialiste que démocratique, l'habile tacticien qu'est aussi Jean Moulin est sur le point d'avoir fait d'elle l'axe du jeu politique national : l'allié de droite, gaulliste, est utilisé ; celui de gauche, communiste, est maîtrisé. L'appareil souterrain dont il l'a dotée, exécutif, " ministères ", armée secrète, parlement, devant assurer sa suprématie. Mais, repéré depuis avril 1943, Moulin est arrêté le 21 juin suivant à Caluire, dans des circonstances où la trahison n'eut aucune place.

Giuliano Da Empoli
La peste et l'orgie

Essai
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Traduit de l'italien par Alain Sarrabayrouse
Giuliano da Empoli, sociologue et journaliste romain né à Paris en 1973, a été conseiller du ministre de la culture en Italie. Remarqué pour ses nombreux articles ainsi que trois ouvrages, Un grande futuro dietro di noi (1996), La guerra del talento (2000) et Overdose (2002), il est le fondateur et directeur de la revue politique et culturelle Zero.

11 septembre, terrorisme, mondialisation, déclin tous azimuts… On a glosé tant et plus, ces dernières années, sur ces phénomènes. On s'alarme, on déplore - et, en France comme ailleurs, on ne sait plus regarder le monde que par le petit bout de la lorgnette.
C'est un renversement fondamental qui s'est produit en vérité - et pas celui qu'on croyait. Ce à quoi nous assistons : un rééquilibre entre les forces apollinienne et dionysiaque dont parlait Nietzsche. Cet essai n'est pas la énième jérémiade de la déclinologie ambiante, mais une tentative d'analyse de ce qu'est devenue notre modernité, et surtout une invitation, profonde, pleine d'humour et d'élégance, à la célébrer pour ce qu'elle est : contradictoire, schizophrénique, sublime et fangeuse... En un mot, nous sommes revenus au " carnaval " païen.
Alors, " américanisé ", le monde ? Non. Brésilianisé, plutôt. Le Brésil, proverbiale terre de contrastes, est le vrai miroir allégorique de notre culture oscillant entre aspirations religieuses et violence inouïe, où la mort et le sexe, le faste et la misère se côtoient plus que jamais. Les Cassandre d'aujourd'hui hurlent à la peste, comme aux grandes épidémies d'autrefois ; ils ne voient pas que cette chute dans " l'ivresse de la catastrophe " est aussi un appel salutaire à une refonte de la pensée et de la culture moderne. Il est temps de redécouvrir, dans toute sa force, l'esthétique profondément morale de l'orgie - c'est-à-dire de la liberté.

Moises Naïm
Le livre noir de l'économie mondiale
Contrebandiers, trafiquants et faussaires

Essai
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Moisés Naím est rédacteur en chef du magazine américain Foreign Policy, spécialisé dans l'économie, la politique internationale, et plus particulièrement la mondialisation. Détenteur d'un PhD du MIT, Naím a été ministre de l'industrie et du commerce au Venezuela en 1989, ainsi que directeur exécutif de la Banque mondiale.

Vente illégale d'armes, marché de la drogue, nouvelles formes d'esclavagisme, traite des blanches, exploitation et trafic des populations immigrées et réfugiées, prostitution, contrefaçons en tout genre, vol de propriété intellectuelle, blanchiment de l'argent sale, trafic d'organes, trafic d'œuvres d'art… Tous ces phénomènes sont en plein essor et participent d'un seul et même mouvement : celui du développement de l'activité criminelle à l'échelle internationale.
Alors que, par le passé, ces activités étaient le fait de petits groupes locaux et " underground ", bandes, cartels, mafias diverses et variées, aujourd'hui le crime, sous toutes ses formes, s'est lui-même " mondialisé " - on peut même dire que cette " industrie du crime " a été la première à comprendre l'intérêt qu'il y avait à utiliser les nouvelles technologies, et à profiter de l'effacement progressif des frontières. On ne peut plus parler d'individus criminels, mais plutôt de gigantesques organisations tentaculaires et nébuleuses.
Le livre noir de l'économie mondiale dresse le portrait apocalyptique d'une économie criminelle mondialisée qui a littéralement envahi les réseaux économiques les plus officiels - et notre quotidien - jusqu'ici en toute impunité.


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Petite collection blanche


Janvier

Liem Hoang-Ngoc
Vive l'impôt !
Essai
Né en 1964, maître de conférences à Paris I, chercheur rattaché au CNRS, Liêm Hoang-Ngoc est membre du Conseil scientifique d'ATTAC et Délégué national à l'économie au Parti socialiste. Initiateur en 1996 de l'Appel des économistes pour sortir de la pensée unique, auteur de plusieurs essais (Seuil, Arléa, Syros, La Dispute), il est chroniqueur mensuel de la revue Politis et publie des tribunes dans Le Monde, Les Echos, Libération.

" Deux siècles après la restauration de 1815, les conquêtes de la Révolution française semblent de nouveau en cause. Thermidor économique, la parenthèse libérale ouverte par la gauche en 1983 inaugura une période de transition qui permet désormais au parti de la droite bonapartiste de solder son passé gaulliste. Epousant au grand jour les thèses néolibérales anglosaxonnes, cette même droite, Nicolas Sarkozy en tête, peut afficher sans honte son visage néoconservateur. Aujourd'hui, la politique publique qui symbolisait la main visible et raisonnée du citoyen, armé du suffrage universel et de l'impôt progressif, est accusée de tous les maux. La vulgate théorique qui substitue l'équité à l'égalité et promeut du même coup l'inévitable " discrimination positive " institue et stigmatise la figure de l'exclu. Et les inégalités explosent, creusées par les nouvelles injustices fiscales.
Car il faut se rendre à l'évidence : en France, l'impôt sur le revenu ne touche que 49% des ménages et ne représente que 17% des recettes fiscales … quand la très discrète TVA en constitue 47% ! La CSG déroge au principe de progressivité de l'impôt. Les cotisations patronales, assises sur les salaires, épargnent les profits des actionnaires mais pénalisent l'emploi. Les niches fiscales se sont multipliées.
Or les nouveaux capitalistes, bénéficiaires des réformes fiscales, ne sont plus porteurs du dynamisme économique. Le théorème d'Helmut Schmidt, " les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emplois d'après-demain " est désormais faux : " Les profits d'hier sont les dividendes d'aujourd'hui et le sous-emploi de demain ".
L'impôt doit être entièrement réinventé, dans le cadre d'une harmonisation fiscale " par le haut ", nécessaire à l'intégration européenne. Universel, c'est-à-dire payé par tous, et fortement progressif, il redeviendra en France et dans toute l'Europe un attribut essentiel de la citoyenneté, la trame du lien social républicain, l'ami de la croissance, comme il le fut au cours des Trente glorieuses et l'est encore dans les pays nordiques, le garant d'un modèle social et d'un service public justes et performants qui restent encore les plus sûrs indices du développement. "

L.H.-N.   


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Les Cahiers Rouges


Janvier

Pierre Combescot
Les filles du calvaire
Roman
Pierre Combescot est écrivain et journaliste. Il collabore au Canard Enchaîné et à L'Express. Il est l'auteur de Louis II de Bavière (1973), des Chevaliers du crépuscule (1975). Il a obtenu en 1986 le Prix Médicis pour son roman Les Funérailles de la Sardine, et le prix Goncourt en 1991 pour Les Filles du Calvaire.

Juive de Tunis, petite-fille d'Emma, qui alimenta jadis la chronique de La Goulette, Rachel Aboulafia, devenue Madame Maud, trône derrière le comptoir du bistrot des Trapézistes, aux Filles-du-Calvaire…
Rousse plantureuse, elle règne sur le petit monde interlope où se côtoient artistes du Cirque d'Hiver voisin, souteneurs, prostitués des deux sexes, rabbins et danseuses nues, bouchers et mercières, professeurs de danse russes et flics de la mondaine. Dans cette peinture du Paris clandestin et grouillant des hors-la-loi et des paumés, Pierre Combescot ressuscite le grand roman populaire du XIXe siècle, non sans le moderniser radicalement grâce à un déploiement fastueux de virtuosité baroque. Epopée picaresque, dont la parabole secrète s'inspire du mythe de Parsifal, mais qui se lit comme une suite d'aventures merveilleuses, de trouvailles cocasses, d'images insolites, Les Filles du Calvaire est le livre de la maturité du plus imaginatif de nos romanciers.


Février

Joseph d'Arbaud
La bête du Vaccares
Roman
Joseph d'Arbaud est né le 4 octobre 1874 à La Petite Bastide, la propriété de sa famille à Meyrargues. Son milieu d'origine est celui de l'aristocratie terrienne, férue de traditions et de belles-lettres, qui soutient l'action des poètes du félibrige groupés autour de Frédéric Mistral.
Après des études de droit, il fréquente les cercles libraires d'Aix en Provence, très actifs à l'époque, puis décide de se retirer dans un mas en Camargue. Pendant plusieurs années, il habite une cahute parmi les chevaux et les taureaux sauvages. C'est là qu'il écrira ses premiers livres.
Retournant à Aix, il collabore à la revue le Feu dont il prendra la direction. Son chef-d'œuvre, La Bête du Vaccarès, paraît en 1926 chez Grasset dans une édition bilingue (français-provençal) dont d'Arbaud a composé lui-même la version française. Le roman remporte un grand succès. Joseph d'Arbaud meurt, le 2 mars 1950.

Au printemps de l'an de grâce 1417, Jacques Roubaud, gardian de la manade de Malagroy - mais plus instruit qu'on ne l'est d'ordinaire dans son état parce qu'il fut longtemps destiné à la prêtrise - entreprend de consigner pour la postérité les faits extraordinaires dont il a été témoin. Au hasard de ses randonnées à cheval, Roubaud a rencontré une bête étrange ; elle avait le corps d'une chèvre et le visage d'un vieil homme. Et elle parlait. Elle assurait l'ancien escholier qu'elle n'était pas une créature du diable mais un demi-dieu déchu, chassé de tous lieux et condamné à finir sa vie dans la solitude des marais. Après la première stupeur et le premier effroi naît la compassion puis, dans le cœur du pieux gardian, un sentiment qu'il reconnaît avec étonnement pour de l'amitié.
A travers ces deux pitoyables protagonistes, ce sont deux civilisations, le Moyen Age chrétien et l'Antiquité païenne, qui se rencontrent et communient un instant dans la reconnaissance des valeurs immuables de la Nature. La Bête du Vaccarès est aussi un conte sauvage et tendre sur le vieillissement et sur la mort des grands mythes.

Francis Scott Fitzgerald
Gatsby le magnifique
Roman
Francis Scott Fitzgerald est né en 1896 dans le Minnesota et mort en 1940 à Hollywood. Il a connu dans sa brève existence la gloire la plus insolente puis l'oubli le plus injuste, et est désormais considéré comme l'un des grands écrivains de son temps.

Nous sommes au lendemain de la Grande Guerre. Le mal du siècle envahit les âmes. C'est l'époque de la Prohibition et des fortunes rapides. En 1922, Jay Gatz, devenu Gatsby, se retrouve fabuleusement riche. Personnage mystérieux, installé à Long Island dans une somptueuse propriété il est l'objet de mille légendes. A-t-il été étudiant à Oxford ? Est-ce un mafieux ? Elles n'empêchent pas les gens chics et moins chics, de venir en troupe boire ses cocktails et danser sur ses pelouses.
Gatsby cherche à séduire Daisy, la fiancée de Tom Buchanan, un millionnaire qui, contrairement à lui, a hérité sa fortune. Il cherche à l'éblouir, fait des dépenses folles. Mais c'est argent contre argent, vieille fortune contre parvenu…
L'ouvrage, publié aux Etats-Unis en 1925, est précédé d'une préface de Fitzgerald à une réédition de 1934, et suivi des trois préfaces mythiques à l'édition Grasset de 1962, par Antoine Blondin, Bernard Frank et Jean François Revel.
Cette nouvelle traduction de Jacques Tournier a été établie à partir des manuscrits, des corrections d'épreuves et des dernières révisions de Scott Fitzgerald.

Giorgio Vasari
Vie des peintres
Né à Arezzo (Toscane) en 1511 et mort à Florence en 1574, Giorgio Vasari fut un des plus brillants artistes du maniérisme italien. Formé dans les ateliers florentins, où il acquit une admiration inconditionnelle pour Michel-Ange, il séjourna longuement à Rome et réalisa de nombreux chantiers décoratifs dans toute l'Italie, de Naples à Bologne. Entré au service de Cosme Ier Médicis en 1554, il domina pendant vingt ans la création artistique florentine, où il réalisa l'une des plus ambitieuses architectures de la Renaissance, le bâtiment administratif des Offices.
Sa culture érudite se caractérisait par l'étude directe des œuvres de ses prédécesseurs et de ses contemporains. Elle le mena à faire œuvre d'historien et à publier en 1550 les Vies des plus éminents peintres, sculpteurs et architectes italiens de Cimabue à nos jours, dit Vies des peintres, enrichi de nouvelles vies dans l'édition définitive de 1568.

Premier ouvrage d'historiographie artistique de l'Occident moderne, les Vies des peintres en demeurent un de ses chefs d'œuvre. Depuis cinq siècles, il contribue à la séduction persistante du goût occidental pour la Renaissance italienne, toscane en particulier.
Suivant une pratique littéraire traditionnelle, le recueil se compose d'une suite de biographies : il commence au 13e siècle avec Cimabue et Giotto, étudie tous les grands peintres, architectes et sculpteurs de la Renaissance, Masaccio, Fra Angelico, Botticelli, Léonard de Vinci, Raphaël, Bramante, et apporte une mine d'information sur la vie de ses grands contemporains, Michel-Ange et Titien. Ecrites dans un style alerte, émaillées de multiples anecdotes, ces Vies sont encore aujourd'hui l'instrument idéal pour connaître la Renaissance artistique italienne et faire revivre les grandes personnalités qui l'ont forgée.
Léopold Leclanché publia à Paris en 1841-1842 la première traduction française dont l'essentiel est repris dans ce volume, accompagné d'un léger appareil de notes qui aide à identifier les oeuvres survivantes. L'ouvrage est présenté et la traduction révisée par Véronique Gerard Powell, qui enseigne l'histoire de l'art à l'université de Paris IV.


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Grasset-Jeunesse


Janvier

Florence Aubry
Pour le meilleur
Lampe de poche adolescents
Florence Aubry, qui habite en Languedoc-Roussillon, est l'auteur de plusieurs romans pour la jeunesse, parus notamment aux Éditions Magnard et aux Éditions du Rouergue. Pour le meilleur est sa première publication chez Grasset-Jeunesse.

Alors qu'elle rentre plus tôt chez elle, un après-midi, Argie (ainsi prénommée parce que ses parents étaient en Argentine quand sa mère est tombée enceinte !), passe devant la porte entrouverte de la chambre de ses parents et y voit sa mère, nue, endormie à côté d'une tête blonde et bouclée qui n'est pas celle de son père…
Abasourdie par ce qu'elle vient de voir, Argie repart en catimini en essayant de se persuader que cette horrible vision n'était qu'une fissure dans l'espace temps, qui va vite être comblée par le quotidien. Mais non, ça devait être vrai… rongée par l'impression d'une trahison vis à vis de son père, et envahie par une haine incontrôlable à l'encontre de sa mère, elle plonge dans une mauvaise humeur qui ne s'apaisera que lorsqu'elle mettra sur pieds un plan d'action pour suivre la piste de l'" autre "…

Lorris Murail
Les semelles de bois

Roman grand format - hors collection
Né au Havre, diplômé de l'Institut d'Études Politiques, Lorris Murail, également traducteur, critique littéraire et scénariste, écrit pour la jeunesse et pour les adultes. Il a publié de nombreux ouvrages, chez Laffont, Lattès ou les Mille et une Nuits pour les adultes, ou chez Rageot, Pocket ou l'École des Loisirs pour la jeunesse. L'ouvrage écrit avec ses sœurs Elvire et Marie-Aude, Golem, a remporté un grand succès et a reçu le Prix des Incorruptibles 2003. Chez Grasset-Jeunesse, il est l'auteur du roman Flash Mob, dans la collection Lampe de poche Pré-ados.

Paris, 21 avril 1944. À la faveur de la nuit, Clément retourne chez lui, un lapin fraîchement troqué dans son sac de toile. Surpris par les bombes qui se mettent à pleuvoir sur Montmartre, il trouve refuge dans une cave déjà bondée, et y rencontre une jeune fille troublante et farouche qui répond au nom si évocateur de " Liberté "…
Clément n'a désormais plus qu'une idée en tête : remplir la mission que Liberté lui a confiée, même si elle est destinée à servir avant tout au " Parti ", pour lequel Liberté est engagée corps et âme.
10 semaines vont alors s'écouler à la pension de famille où vit Clément, durant lesquelles il n'aura de cesse de poursuivre la quête de " sa " Liberté en attendant celle de la France ; entre la réservée Vera Zlatova, le moustachu Ernest Molinier, le maladif Thibaud, l'énigmatique Père Courson et la minuscule Mme Solange, la vie, ponctuée de repas de rutabagas, poursuit son cours dans l'attente et l'incertitude, chacun menant discrètement ses petites affaires et gardant un œil sur son voisin.
Entre engagements individuels et collectifs, réactions personnelles et engouements de foule, retournements de vestes et survie quotidienne, tous les acteurs du Paris occupé vont se retrouver dans l'effervescence de l'apothéose du 26 août 1944…


Février

Jack Chaboud
Illustré par Nicole Claveloux
Vladimir Poltron
Vampire de troisième classe

Collection Lecteur en herbe - à partir de 5 ans
Né à Lyon, Jack Chaboud est diplômé de l'Institut d'Etudes Politiques de Grenoble et Licencié es-Lettres. Après avoir été journaliste, scénariste, rédacteur et enseignant en communication, il est aujourd'hui éditeur, et auteur de nombreux ouvrages pour enfants. Chez Grasset-Jeunesse, il a publié avec Alain Surget un roman dans la collection " Lampe de poche 9 ans et + ", Mystères à Morteau.
Nicole Claveloux a fait ses études aux Beaux-Arts de Saint-Etienne, ville où elle est née, avant de s'installer à Paris puis en Bretagne, où elle vit actuellement. Après avoir dessiné des bandes dessinées et illustré de nombreux journaux, elle collabore dès 1966 avec les éditeurs Harlin Quist et François Ruy-Vidal, ainsi qu'avec Bernard Bonhomme, avec qui elle travaille pour la publicité et illustre plusieurs albums. Depuis 1973, elle se consacre uniquement à l'édition, la bande dessinée et la peinture, et reçoit la Pomme d'Or de la biennale de Bratislava 1976. Elle a notamment illustré, chez Grasset-Jeunesse, Les Aventures d'Alice au pays des Merveilles. Son œuvre, qui réunit plus d'une soixantaine d'ouvrages, a été l'objet de plusieurs études critiques, comme " Nicole Claveloux et Compagnie " de Christian Bruel, qui accompagnait une somptueuse exposition consacrée à l'ensemble de son œuvre.

Quelque part près de la Hongrie, dans un pays appelé la Paradoxie, vivent tranquillement les derniers vampires. Mais une épidémie vient perturber leur existence et la remettre en question : l'épidémie d'humanite aiguë…
Quand, dans ce pays fréquenté par de nombreux touristes alléchés par la présence de ces créatures surnaturelles, Mattéo et son fantaisiste grand-père rencontrent Vladimir Poltron, ils vont tenter d'aider ce drôle de vampire que tout effraie, terrifié par l'humanite aiguë…

Gustave Akakpo
Illustré par Dominique Mwankumi
Le petit monde merveilleux

Collection Lampe de poche 7 ans et +
Gustave Akakpo vit entre la France et le Togo. Le petit monde merveilleux, l'un des premiers ouvrages pour la jeunesse de ce journaliste et auteur de théâtre africain, s'attache à des thèmes importants tant pour le continent dont il est originaire que pour les autres, constituant un appel à une prise de conscience écologique universelle.
Né en 1965 au Congo, Dominique Mwankumi, qui habite actuellement entre Bruxelles et Londres, est peintre, auteur-illustrateur, et dessinateur de presse. Le petit monde merveilleux est le premier livre qu'il illustre chez Grasset-Jeunesse, l'ensemble de ses albums étant édité par l'Ecole des Loisirs. Habitué des salons du livre, il anime de nombreux ateliers en région.

Kéheli tient son journal dans un petit agenda. Il nous fait partager son quotidien en Afrique, dans le village sur pilotis où vit sa famille.
Comme la plupart des enfants de son âge, il va à l'école, fait des blagues, et ne supporte pas sa plus jeune sœur. Et puis, il y a la jolie Amiri, et le " petit monde " merveilleux que Kéheli rêve de lui faire découvrir : le soleil qui se couche sur le lac, devant sa maison, véritable coin de paradis offert tous les soirs par la nature…
Mais, soudain, le lac se met à dégager une drôle d'odeur, et les habitants du village tombent malades les uns après les autres… Que se passe-t-il ? Où est donc passé le petit monde merveilleux de Kéheli ?


 




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