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Les Cahiers Rouges | Grasset-Jeunesse
Littérature Française
Janvier
François Armanet
Kung Fu
Roman
François Armanet, rédacteur en chef au Nouvel Observateur,
est l'auteur de La Bande du Drugstore (1999, puis en Folio)
qu'il adapta lui-même au cinéma avec succès
(ouverture du Festival de Berlin en 2002, multi-rediffusion à
la télévision), et d'Enragé (2003, tous
deux chez Denoël). On précisera qu'il est aussi l'un
des meilleurs connaisseurs en France du cinéma Kung-Fu, auteur
de Ciné Kung-Fu (Ramsay, 1988).
La première scène rappelle le narrateur à son
impuissance : il assiste au tabassage en règle d'un passager
dans le métro. En d'autres temps, il aurait réagi,
implacable, corps délié, volonté de fer, mais
il ne bouge pas, la peur au ventre. La mémoire réveillée
tisse les liens entre les époques : hier, dans la mouvance
de la Gauche Prolétarienne, l'ex-minet du Drugstore aux pulls
shetland et aux boots glacées, s'inscrit virilement aux cours
du Vô-Vietnam ; dans l'odeur âcre de la salle de boxe
parisienne, il apprend à souffrir, découvrant les
dures leçons de la sagesse orientale. Hier, pour échapper
à l'amour fou qu'incarne Ursula, beauté androgyne,
hussarde des seventies condamnée par une overdose, il suit
son meilleur ami jusque dans la cité interdite, le légendaire
monastère kung-fu de Shaolin dont il sera le premier disciple
blanc. Aujourd'hui, aguerri par les coups qu'il a reçus plus
que par ceux qu'il a donnés, le narrateur retrouve en Louise
la force d'aimer, les larmes enfouies, la fragilité du jeune
tigre qu'il fut. L'amour est un combat. Passion et révolution,
d'un visage féminin l'autre, en frôlant les dangers.
C'est toute une époque que François Armanet convoque
une époque qui va des dandys de la nébuleuse gauchiste
aux rivages de l'Asie, de l'herbe fumée aux cendres amères
des camarades perdus en route.
Pierre Combescot
Faut-il brûler la Galigaï ?
Roman
Pierre Combescot est journaliste et écrivain. Prix Médicis
1986 pour Les Funérailles de la Sardine. Prix Goncourt
1991 pour Les Filles du Calvaire. Il est l'auteur, notamment,
de La Sainte Famille et du Lansquenet, d'une biographie
de Louis II de Bavière (Lattès, 1974), Les
Petites Mazarines (Grasset, 1999), Les Diamants de la guillotine
(Laffont, 2003) et Ce soir on soupe chez Pétrone (Grasset,
2004).
Léonora Galigaï est florentine. Elle se nomme en vérité
Dianora Dosi. Elle est la fille d'un menuisier et d'une blanchisseuse
que leur travail mène souvent au palais Grand-Ducal (palais
Pitti). Léonora y est appelée pour distraire la jeune
princesse de Toscane, Marie de Médicis. Elle devient sa coiffeuse.
Elle s'insinue, fait rire cette enfant capricieuse et balourde.
Bien vite l'astucieuce Léonora sort de son modeste rôle
d'amuseuse pour s'installer dans l'intimité de la petite
princesse. Son empire devient immense. C'est une manipulatrice née.
Chacun, au palais, s'interroge sur sa fulgurante ascension. Elle
serait, dit-on, la sur de lait de Marie de Médicis,
c'est faux, cependant la légende de la Galigaï a déjà
commencé, elle rachète ce nom au dernier de cette
illustre famille avant de suivre Marie en France.
Ce livre nous fait revivre tous les crimes de la cour des Médicis.
Les passions dévorantes aussi, comme celle du grand duc François-Marie
pour sa seconde femme, la vénitienne Bianca Capello. On assiste
à la dernière rencontre de Catherine de Médicis
et de Henri de Navarre, aux exécutions du duc de Guise et
de son frère, le cardinal, au château de Blois, puis
à la réconciliation de Henri de Navarre avec son cousin
Henri III et à l'assassinat de ce dernier. Léonora
imagine les complots, se fait raconter les maîtresses du roi
Henri IV. Son amie Marie est devenue reine, quant à elle,
elle est tombée amoureuse de Concino Concini, un garnement
qui vit d'expédients. Tous deux feront équipe en louvoyant
dans cette cour de France où les florentins sont suspects,
puis, après l'assassinat d'Henri IV, en gouvernant dans l'ombre.
Leur étrange association conjugale mettra en coupe réglée
les finances du royaume. La Galigaï devient marquise d'Ancre
puis Maréchale. Eh oui ! Puisque la reine a donné
un bâton de maréchal à Concini.
Noiraude, maigre et sans beauté, elle tient la reine Marie
sous sa coupe. Elle gouverne son mari. Elle est une véritable
tête politique. Une découvreuse de talents comme ce
petit évêque qui deviendra le puissant cardinal de
Richelieu. Elle rêve en plein jour. Elle porte un voile, de
peur qu'on lui jette un sort. Elle court les couvents de Paris,
la nuit, pour se faire exorciser.
Son unique faute est de ne pas avoir su deviner le caractère
dissimulé de Louis XIII. Son côté Médicis.
Il fera tuer Concini aux portes du Louvre. Elle sera brûlée
en place de Grève.
François Léotard
Le silence
Roman
François Léotard, retiré de la vie politique,
est l'auteur chez Grasset de trois essais personnels : Pour l'honneur
(1997), Je vous hais tous avec douceur (2000), A mon frère
qui n'est pas mort (2003, plus de 40 000 exemplaires vendus)
; et de deux romans : La Couleur des femmes (2002), La
vie mélancolique des méduses (2005).
Depuis 1944, Simon Leibowitz n'a plus prononcé un mot :
il avait alors 10 ans. Fascinée par ce mutisme et le mystère
qui entoure l'homme, Livia, une jeune française orpheline,
étudiant l'histoire à Rome, décide de lui écrire.
Ils échangent quelques lettres avant que Simon ne mette brutalement
fin à leur correspondance. Dans son dernier courrier, quelques
vieilles photographies : une église de campagne ; un portrait
d'enfant aux côtés d'un chien avec en arrière-plan,
un homme au sourire figé ; un groupe de jeunes gens armés,
à la lisière d'une forêt
Dès lors, Livia n'aura de cesse de comprendre. Le mutisme
de Simon est-il un refus du monde ou au contraire la décision
d'un sage ? Où ont été prises ces photographies
? Pour quelle raison Simon l'écrivain s'enferme-t-il dans
son silence ? Pourquoi quelques années auparavant a-t-il
tiré en pleine rue sur un ancien officier allemand ? Avec
l'aide de son ami Ignatio et des souvenirs de son père Giorgio,
ancien résistant italien dans les Appenins, qui a connu le
père de Simon, Livia plonge dans le passé de l'écrivain,
au cur des Alpes et de la seconde guerre mondiale. Ce faisant,
c'est, à son insu, son propre passé qu'elle explore
Véronique Olmi
Sa passion
Roman
Née en 1962, Véronique Olmi écrit pour le théâtre
depuis plus de dix ans. Elle est également romancière
(chez Grasset : La pluie ne change rien au désir).
Signalons qu'à partir de novembre, elle jouera aussi dans
sa pièce de théâtre Je nous aime beaucoup
(Théâtre de Paris, publiée par Grasset).
Sa passion est le récit d'une enfance revécue le
temps d'une nuit par une jeune femme amoureuse et humiliée.
Hélène a 35 ans, elle est écrivain, et cette
nuit-là elle dort dans un hôtel isolé de Sologne
où elle s'est rendue pour une foire du Livre. Il y a dix
jours elle a quitté Patrick, le seul homme qu'elle ait aimé,
mais marié, et qui n'a pas choisi de tout quitter pour elle.
Cette nuit-là, après dix jours d'insupportables silences,
ils se parlent au téléphone, conversation troublée
et maladroite où Hélène relate (ou invente,
peu importe) qu'un homme vient de lui faire des avances et a déclaré
vouloir quitter sa femme pour elle.
A l'autre bout du fil, depuis Paris, l'homme aimé, adoré,
rit
Hélène éteint son téléphone
La nuit commence
Dans la chambre d'hôtel froide et anonyme, alors qu'au dehors
les bêtes sauvages redoutent l'aube qui annoncera la reprise
de la chasse, Hélène se souvient. Le prix de l'amour.
Le chèque mensuel que la cousine faisait à ses parents
pour avoir le droit de l'avoir en alternance. Les incessants va
et vient entre deux mondes opposés, les pauvres et les riches,
les nécessiteux et les puissants
Qui l'aimait alors ? Tout le monde. Qui l'avait choisie vraiment
? Personne
Et surtout, qui lui manquait réellement, aujourd'hui ? Quel
homme ? Le père, adoré, dont elle n'aura jamais comblé
la pauvreté ? Ou Patrick, son premier amour, dont le rire
a brouillé les sentiments et les souvenirs ?
Après une nuit d'insomnie, Hélène rejoint le
monde des chasseurs et des bêtes traquées et décide
de résoudre à jamais, l'énigme de sa passion
Frédéric Richaud
La ménagerie de Versailles
Roman
Frédéric Richaud est né en 1966. Il est l'auteur
d'une oeuvre diverse qui compte des essais (Luc Dietrich,
aux éditions Le temps qu'il fait), des biographies (René
Daumal, chez Grasset, Boris Vian aux éditions
du Chêne), des romans (Monsieur le jardinier, La
passe au diable, chez Grasset), des nouvelles (Le Val clos,
aux éditions La Hune-Brenner) et des scénarios de
bandes dessinées (Le maître de peinture, chez
Glénat, Le Peuple des endormis, chez Dupuis.)
La Ménagerie de Versailles est un roman d'aventure. Louis
XIV vient de se faire construire une ménagerie, dans les
dépendances de son palais. Je raconte l'histoire d'un homme,
le marquis de Dunan, qui, pour plaire à ce Roi, décide
de partir en Afrique lui chercher des bêtes sauvages
Je rêvais depuis longtemps d'entraîner le lecteur sur
le pont d'un navire du XVIIème siècle, de lui faire
entendre le claquement des voiles, admirer la beauté de ce
désert liquide où l'eau et le ciel se confondent parfois
avant de lui faire poser le pied sur une terre où les arbres
se couchent dans la mer. Je suis donc parti, crayon en main et carnet
dans la poche. Le voyage a duré trois ans. Et quel voyage
! Les cales puaient le moisi, les biscuits étaient rances,
l'eau croupie. Entre les grains et la bonne marche du navire, je
n'ai pas souvent trouvé le temps d'admirer le paysage, je
vous assure. Et puis le marquis était insupportable. Quand
il ne se lançait pas dans ses théories sur la politique,
les femmes ou les Noirs, il ne faisait que parler de Versailles
et de la gloire qui l'attendait
Les lecteurs qui s'embarqueront dans cette folle aventure auront,
eux aussi, fort à faire. En plus de supporter l'humeur du
marquis, ils devront se prémunir contre les fièvres
et la dysenterie, côtoyer des marins ou des hommes de cours
peu fréquentables, se méfier des griffes des fauves
affamés... Qu'ils tiennent bon : le spécimen que le
marquis rapportera de son périple risque bien d'être
le plus extravagant, le plus extraordinaire, le plus improbable
des animaux qu'ils auront jamais vu
Karine Tuil
Douce France
Roman
Karine Tuil, née le 3 mai 1972 à Paris, est l'auteur
chez Grasset de Tout sur mon frère (2003) et Quand
j'étais drôle (2005, dont les droits sont vendus
au cinéma).
" Du plus loin que je me souvienne, je me suis toujours
sentie en situation irrégulière. Il me semblait qu'à
tout moment quelqu'un pouvait surgir chez moi en hurlant : Police
! Contrôle d'identité ! Et me contraindre à
le suivre. C'était absurde, personne n'avait songé
à me mettre à la porte, mon casier judiciaire était
vierge et je n'envisageais aucune action terroriste ".
La narratrice, un écrivain français de trente ans,
est arrêtée par erreur avec des immigrés clandestins
lors d'un contrôle d'identité sauvage. Mi-fascinée,
mi-voyeuse, elle décide de se faire passer pour une immigrée
roumaine et devient malgré elle victime de la machinerie
bureaucratique. Placée dans un centre de rétention
administrative de la région parisienne, elle découvre
ces immigrés séquestrés qui tournoient dans
l'attente hébétée d'une décision du
juge : libération ou renvoi au pays, la tour de Babel des
langues et des codes, le racisme entre noirs et arabes, la course
à l'identité, n'importe laquelle, pourvu qu'on vous
laisse en paix. Là-bas, elle va connaître des sentiments
contradictoires, entre amour et crainte, pour un clandestin séducteur
et manipulateur
Mais ces exilés la ramènent
à son propre statut : fille de juifs d'Afrique du Nord, née
en France, elle s'est toujours sentie en situation irrégulière.
Sur ce sujet ô combien d'actualité ! Karine Tuil pose
les bonnes questions : pourquoi cherchons-nous à être
aimés quand il suffirait qu'on nous tolère ? Quel
prix à payer pour avoir la certitude d'être français
? Sommes-nous tous des immigrés ? L'auteur, qui a eu exceptionnellement
accès au centre de Roissy, a écrit ici un roman coup
de poing, à mi-chemin entre le pamphlet et la lettre d'amour
aux siens. Un livre où Karine Tuil s'obsède à
traquer l'assimilation impossible à la Douce France.
Dominique Fernandez
L'Art de raconter
Collection bleue
Dominique Fernandez est né à Paris en 1929. Ecole
Normale Supérieur, agrégation d'italien, doctorat
ès-lettres. Il écrit régulièrement pour
le Nouvel Observateur. Il a obtenu le prix Médicis
en 1974 pour son roman Porporino ou les mystères de Naples.
Jérémie ! Jérémie !, son dernier
ouvrage est paru chez Grasset en 2006.
" Simple recueil de textes variés sur le roman ? Non
: entreprise raisonnée, défense et illustration d'une
certaine conception du roman, lequel doit être " l'art
de raconter ", de mettre en scène des personnages étrangers
à l'auteur. Donc, ni les déballages de l'autofiction,
ni les tarabiscotages de l'expérimentation, mais une manière
franche et directe de faire vivre des hommes et des femmes jetés
sur les routes du monde.
Une première partie oppose Stendhal à Flaubert, et
montre comment la liberté du premier est préférable
aux efforts laborieux du second. Roman et opéra : comment
ils peuvent échanger leurs procédés. Puis,
essais consacrés à des auteurs particuliers, groupés
en deux familles : les " aventuriers ", de l'Arioste à
Defoe, de Dumas à Kipling, avec à leur tête
le patron du roman d'aventures, Stevenson, l'auteur de L'Ile au
trésor ; et les " narrateurs ", qui comprennent,
outre Stendhal, des Français (Balzac, Maupassant, Gide, Martin
du Gard, Paul Morand, Simenon, etc.) et des étrangers (Dickens,
les Russes, les Sud-Américains, Thomas Mann, James Hadley
Chase, Primo Levi, Kundera, etc.). L'ensemble forme un manifeste,
un plaidoyer pour les romanciers qui, sans rien abdiquer de l'exigence
littéraire, savent amuser, entraîner, faire rêver
le lecteur
"
Dominique Fernandez
Février
Evelyne Bloch-Dano
La biographe
Roman
Evelyne Bloch-Dano, agrégée de lettres modernes, journaliste
au Magasine littéraire et à Marie-Claire, est l'auteur,
chez Grasset, des premières biographies de Madame Zola (1998,
Grand Prix des lectrices de Elle, 30.000 exemplaires vendus), de
Madame Proust (2004, Prix Renaudot essai, 30.000 exemplaires vendus),
et d'une biographie de Flora Tristan (2001, Prix François
Billetdoux de la SCAM).
" J'ai eu envie de revoir La Passante du sans-souci. L'intrigue,
les noms de personnages, les visages s'effacèrent, mais certaines
images de ce film un peu convenu se gravèrent dans ma mémoire,
éveillant un sentiment confus et pénible.
Et puis un jour, j'ai compris : ces visions me hantaient parce qu'elles
prenaient leur source en moi. Des pans entiers d'une histoire oubliée,
que j'avais VOULU oublier avant même de la connaître.
Celle de ma mère, juive allemande, et de toute sa famille.
La passante que Romy Schneider avait incarnée surgissait
d'un monde enfoui, mais étrangement familier.
Ma mère - Romy. Dos à dos, tendues dans le même
effort pour surmonter le passé. Rien ne justifie ce rapprochement,
tout le légitime. A la question que Romy Schneider s'est
posée toute sa vie : " Comment peut-on être allemande
? " répond l'écho : " Comment peut-on être
juive allemande ? "
Et si chacune d'elle possédait un fragment de la vérité
de l'autre ? Elles sont les deux faces d'une même mémoire,
la mienne, celle de la biographe que je suis. "
E.B.-D.
Quel lien un biographe entretient-il avec son sujet ? S'emparant
de l'histoire de Rosemarie Albach, alias Romy Schneider, Evelyne
Bloch-Dano y découvre en miroir l'histoire de sa propre famille
: " la biographe " passe de l'une à l'autre, tressant
et éclairant ces vies à priori si différentes,
l'une exemplaire parce que célèbre, l'autre anonyme
et pour cela universelle.
Au-delà de la figure rayonnante de Romy Schneider dont il
fait le portrait, ce livre est aussi une histoire d'amour et de
haine de la mère-patrie, l'Allemagne, et plus simplement
- le livre des mères, sujet de prédilection de l'auteur
: telle, la terrible Magda, actrice populaire dont Hitler fut un
fervent admirateur, initiatrice et rivale de sa fille Romy
Jacques Chessex
Le vampire de Ropraz
Roman
Collection " Ceci n'est pas un fait divers "
Né en 1934 dans le canton de Vaud, Jacques Chessex, prix
Goncourt avec L'Ogre en 1973, est l'auteur d'une uvre
importante en poésie et en prose.
" Dans ces campagnes perdues une jeune fille est une étoile
qui aimante les folies. Inceste et rumination, dans l'ombre célibataire,
de la part charnelle à jamais convoitée et interdite.
Sans répit déchiffrer la menace venue du fond de soi
et du dehors, de la forêt, du toit qui craque, du vent qui
pleure ; de l'au-delà, d'en haut, de dessous, d'en bas :
la menace venue d'ailleurs. "
En 1903 à Ropraz, dans le Haut Jorat vaudois, la fille du
juge de paix, la virginale Rosa, meurt à vingt ans d'une
méningite. Dans l'hiver qui souffle, un promeneur trouve
le couvercle du cercueil soulevé, le cadavre violé,
la main gauche coupée net, le sexe mastiqué, le cur
disparu. Profanation. Horreur. Stupéfaction villageoise,
crainte du diable, soupçons de vampirisme, ail et crucifix
accrochés aux maisons pourtant protestantes
En avril de la même année, deux autres profanations
atroces sont exécutées de manière semblable
: à Carrouge, des gamins jouent à la balle avec la
tête scalpée de Nadine ; à Ferlens, c'est la
blanche Justine qu'on profane. Monte la rumeur, comme une houle
: il faut un coupable pour des crimes qui rappellent à chacun
la " crasse primitive ", les vices cachés, les
étreintes contre-nature. Favez, un garçon de ferme
un peu idiot aux yeux rougis, à l'épaule saillante,
aux longues canines, qu'on a surpris à l'étable abusant
des génisses, sera le coupable idéal. Il sera jugé
et condamné, puis on perd sa trace après 1915.
Sur un fait-divers réel, et si proche de l'auteur dont le
jardin jouxte le cimetière de Ropraz, Jacques Chessex romance
: qui mieux que lui sait dire les crimes impunis, les fantasmes
des notables, la mauvaise conscience d'une époque ?
Roger Hanin
Loin de Kharkov
Roman
Roger Hanin a publié plusieurs romans chez Grasset, qui ont
toujours rencontré un public fidèle. En février
2007, Roger Hanin sera, par ailleurs, au théâtre dans
une pièce de boulevard (Un parachute en or, au théâtre
Marigny) et à la télévision pour les Navarro
(suite et fin), ainsi que dans deux dramatiques du lundi soir.
" La planète est-elle un gigantesque orphelinat d'où s'élancent des myriades de bras implorant d'amour supplicié ? Anna-Victorina attend à Karkhov, bâtiment 117. Elle a 2 ans. L'adoption est pour elle la vie enfin agrippée.
"Il ne faut jamais abandonner l'amour quel que soit l'état dans lequel il se trouve, abîmé, cabossé, rouillé, sanguinolent, il ne faut jamais l'abandonner ! Il faut le relever, le serrer dans ses bras, le consoler, le garder toujours. "
Ami lecteur distrait, notre rencontre s'achève. "
R.H.
Paul M. Marchand
Le paradis d'en face
Roman
Paul M. Marchand est l'auteur de trois romans : Sympathie pour
le diable (Florent Massot, 1998 ; en cours d'adaptation pour
le cinéma), Ceux qui vont mourir (Grasset, 2001),
J'abandonne aux chiens l'exploit de nous juger (Grasset,
2003).
" Au début, je n'y ai pas vraiment prêté
attention. La première fois que j'ai garé la moto
près du numéro huit de la rue Girardon, elle a ouvert
sa fenêtre, au cinquième étage, s'est penchée
à moitié et a demandé d'une voix forte : "
Nicolas, c'est toi ? " J'ai levé la tête et regardé
tout autour de moi, j'étais seul sur le bord de cette rue,
pas même une ébauche de profil. "
Chaque jour, quand Thomas rentre chez lui, la même scène
se produit : au bruit du moteur, une voix féminine, surgie
de l'immeuble voisin, l'appelle, avec un mélange de surprise,
d'excitation et de soulagement : " Nicolas, c'est toi ? ".
Un soir, intrigué, attendri peut-être, Thomas finit
par répondre à cette inconnue qui le prend pour un
autre. Il pénètre alors dans la vie d'une vieille
femme solitaire, et découvre très vite qu'elle a,
dix ans auparavant, perdu son fils unique, Nicolas, victime d'un
accident de moto. Ce jour-là, le temps s'est brutalement
arrêté ; il n'a, depuis, jamais repris son cours.
Lyrique et malicieux, tendre et cru, Paul Marchand fait le portrait
émouvant de la vieillesse solitaire. A travers le roman d'une
complicité singulière, dans le style inventif qu'on
lui connaît, il donne aussi des mots au drame qui, dans notre
langue, n'en a pas : la perte d'un enfant. Après l'inceste
qui faisait l'objet de son précédent roman, c'est
encore, d'une autre manière, sur nos douleurs et nos tabous
qu'il se penche.
Bruno Racine
Le côté d'Odessa
Roman
Né an 1951 à Paris, Bruno Racine est l'auteur chez
Grasset de cinq romans, dont Le Tombeau de la Chrétienne
(2002). Il est actuellement à la tête du Centre Pompidou.
Tout commence ici par la réapparition d'un tableau : "
La source ", copie par Picasso d'un célèbre tableau
d'Ingres, a disparu en 1940 à Paris en même temps que
d'autres biens appartenant à un collectionneur d'origine
juive, Léopold. C'est à Odessa, entre les mains d'un
affairiste russe, que la toile réapparaît mystérieusement,
identifiée par un historien d'art, mêlé malgré
lui à cette intrigue presque policière. Faut-il le
restituer à l'héritière, Marina, qui vit à
Volterra dans la villa que lui légua son grand-père
Léopold, génial mais ambigu collectionneur ? Faut-il
au contraire garder le secret au risque de spolier encore une fois
Marina ? Le passé se visite comme une maison aux recoins
secrets : Marina en orpheline de la mémoire ignore tout des
conditions tragiques dans lesquelles sa grand-mère déportée
trouva la mort ; en écho à cette révélation,
le narrateur enquête sur le judaïsme possible d'une partie
de sa famille native d'Odessa, ressuscite les pogroms russes et
les conversions forcées, auscultant en lui la part d'étrangeté
qu'on lui a longtemps cachée. " La source " devient
le sésame d'une quête des origines où progressivement
le désir, et peut-être l'amour, vont sceller un pacte
entre Marina et le narrateur. Le présent leur apporte alors
les réponses que le passé leur refuse. Une nouvelle
page s'ouvre.
D'une demeure en toscane au cimetière juif de Livourne, d'Odessa
cosmopolite et baroque à New York éternel refuge des
immigrés, se noue une intrigue habillement tressée
où les jeux de l'amour et du hasard entraînent les
personnages à la découverte d'eux-mêmes : mais
sait-on jamais qui nous sommes ?
Littérature étrangère
Janvier
Charles Bukowski
Journaux, souvenirs et poèmes
Collection Bibliothèque Grasset, tome 3
Traduit del'américain par Michel Lederer,
Gérard Guégan et Robert Pépin
Préface d'Olivier Cohen
Charles Bukowski, " Hank " pour ses amis, né en
1920, est mort à San Diego le 9 mars 1994. Tour à
tour postier, magasinier, employé de bureau, Bukowski venu
tard à la littérature, est aujourd'hui un écrivain
culte dans son pays.
Journal d'un vieux dégueulasse : C'est en 1967, dans
le magazine anti-conformiste Open City qu'un poète presque
inconnu commença de publier une chronique régulière.
Avec une brutalité rarement égalée, doublée
d'une superbe indifférence au scandale, il y exprimait sa
révolte contre la société américaine,
le pouvoir, l'argent, la famille, la morale.
Jouer du piano ivre comme d'un instrument à percussion
jusqu'à que les doigts saignent un peu : Recueil de poèmes
écrits dans les années 1970 et dédié
à sa femme Linda Lee.
L'amour est un chien de l'enfer : Ces poèmes (1977)
sont des paquets de viande, des litres de mélancolie mis
au rancart du grand rêve américain. Les femmes ont
des collants filés et n'oublient pas d'être hystériques.
" Buk " évoque Van Gogh et Rimbaud pour mieux pisser
sur les pare-brise des " consommateurs du spectacle ".
Souvenirs d'un pas grand chose : Naissance en Allemagne en
1920, l'arrivée en Amérique, la Ford T du père,
la rue cruelle, les filles en robes pimpantes, l'acné, les
petits boulots méprisables, la guerre qui vient...
Le ragoût du septuagénaire : Bukowski a composé
cet ensemble de poèmes et de nouvelles après la sortie
de son roman Hollywood. Sa source d'inspiration profonde
et qui semble inépuisable, c'est la vie de tous les jours.
Les personnages, en dehors de son inséparable alter ego Hank
Chinaski, sont pour la plupart des serveuses, des employés
de la poste, des gens qui travaillent à la chaîne ou
autres esclaves de la paye en fin de mois.
Le capitaine est parti déjeuner et les marins se sont
emparés du bateau : Alors que la Grande Faucheuse se
prépare à l'entraîner de l'autre côté
du miroir, Charles Bukowski entame, à la demande d'un ami,
un journal intime, genre littéraire qu'il dit détester.
En même temps qu'il juge ses contemporains, voire l'humanité,
le vieil écrivain - il vient de passer le cap des 70 ans
- ne s'épargne pas.
Février
Gregory Norminton
Portrait fantôme
Roman
Gregory Norminton a tout juste 30 ans. Diplômé d'Oxford,
il est passionné de théâtre. Il est l'auteur
de deux romans très remarqués par la critique, La
nef des fous (Grasset, 2002) et Monts et merveilles (Grasset,
2006).
Angleterre, 1680. Cromwell est tombé, nous sommes en pleine
Restauration : la monarchie est de retour, et toute une génération,
aujourd'hui vieillie et désabusée, pleure ses illusions
perdues. Un siècle finit donc - et la vie d'un homme. Le
peintre Nathaniel Dell, autrefois auréolé de gloire,
n'existe plus que dans les ténèbres : celles de la
cécité et de la mort approchant à grands pas
; celles des remords d'une vie inachevée - comme le portrait
de sa défunte épouse. Le jeune William Stroud, fils
de meunier, fils de rien, aspirant peintre, est convoqué
par Dell, qui fut jadis son maître. Celui-ci lui demande de
terminer le portrait du fantôme, qui n'est pour l'heure qu'une
pâle ébauche. S'il réussit, alors il gagnera
la main de Cynthia, la fille du vieux peintre, dont le jeune meunier
est épris depuis des années.
Nathaniel cherche à ressusciter son amour morte, mais aussi
à conjurer les mystérieux tourments de son passé,
qu'un vieux compagnon, vingt ans plus tôt, est venu rappeler
à sa mémoire, et qui le hantent depuis. Au lendemain
de la Guerre civile des années 1640, Dell et son ami Thomas
Digby furent d'ardents partisans des mouvements politico-religieux
les plus radicaux et utopistes (les " Bêcheurs "
et les " Niveleurs "), prônant, au nom d'un retour
aux sources des Ecritures, une sorte de communisme primitif. Digby,
vingt ans plus tard, n'a rien renié, et veut entraîner
son vieil ami dans une nouvelle aventure : l'Amérique. Mais
Dell, lui, a renoncé : aux idéaux, à changer
le monde, aux pouvoirs de l'art, aux puissances de la vie
Roman historique et politique étourdissant de finesse, fresque
intime, précis fulgurant de la décomposition de l'homme
dans l'Histoire, vanité baroque portée par une langue
somptueuse, Portrait fantôme confirme tout le talent
d'un jeune écrivain parmi les plus doués de sa génération.
Francesca Pedrazzi et Vanna Vannunccini
Petit voyage dans l'âme allemande
Essai
Traduit de l'italien par Nathalie Bauer
Vanna Vannuccini, envoyée spéciale de La Repubblica,
a été de nombreuses années correspondante en
Allemagne. Francesca Pedrazzi a été correspondante
pour La Stampa avant et après la réunification.
Deutsche Sprache, schwere Sprache, langue allemande, langue
difficile, dit-on aux néophytes pour les réconforter.
C'est surtout une langue précise
Poser un livre sur
une étagère se dit hinstellen, le poser sur
une table : hinlegen. Comment confondre en effet l'acte de
mettre un objet à la verticale et celui de le mettre à
l'horizontale ? Qui ne saisirait pas sur-le-champ la différence
entre " sortie " (Ausgang) et " sortie de
voitures " (Ausfahrt) risque, de buter, à bord
de son engin, contre une volée de marches. Toute chose a
sa place et toute place a sa chose : cette maxime a trouvé
sa réalisation dans la langue allemande.
Les mots font et défont l'identité allemande, et l'histoire
des mots " intraduisibles " est aussi l'histoire de la
transformation de l'Allemagne au cours des ces vingt dernières
années. Par exemple, Nestbeschmutzer, le souilleur
de nid, le dénigreur : c'est ainsi que les conservateurs
allemands considéraient Willy Brandt après qu'il se
fut agenouillé à Varsovie. Vous trouverez des Quotenfrauen,
ou " femmes de quota ", comme Angela Merkel, et des exemplaires
typiques de Rechthaber, " ceux qui veulent toujours
avoir raison ", tel cet ancien ministre de la Défense
Rudolf Scharping.
Parfois, ces termes ont modifié le cours de l'Histoire. C'est
le cas de la Männerfreundschaft, l'amitié entre
hommes, un concept assez important, aux yeux d'Helmut Kohl. Ainsi,
l'amitié franco-allemande, force motrice de l'Europe, est
née à Verdun, où Kohl et Mitterrand se sont
pris par la main. Plus tard, Mikhaïl Gorbatchev et le chancelier
allemand, qui après une méfiance initiale, manifestèrent
une entente parfaite : l'Union soviétique approuvait la réunification
de l'Allemagne. Ils étaient parvenus à cet accord
au cours d'une promenade dans les bois, le Wanderweg, le chemin
de randonnée.
Mais si l'Allemagne se transforme, les Allemands demeurent fidèles
à l'importance du mot. Dans le monde des SMS et des barrières
médiatiques, il semble de plus en plus difficile de reconnaître
les choses derrière les mots. Les Allemands, eux, n'ont pas
perdu cette capacité. Ce n'est pas un hasard s'ils lisent
plus que les autres Européens et si les salons du livre sont
nés dans leur pays. Est-ce la tradition romantique, qui veut
que seule la langue poétique puisse pénétrer
la réalité en profondeur ? Le fait est que les Allemands
apprécient les tons littéraires jusque dans les situations
les plus catastrophiques. Alors que Dresde se noyait sous une inondation
séculaire causant plus de vingt morts et des milliers de
sans-abri, le Spiegel, le plus grand hebdomadaire allemand,
titrait en couverture : Quand les fleuves se noient dans l'eau
Thrillers
Janvier
Clive Cussler Et Craig Dirgo
Pierre sacrée
Roman
Thriller traduit de l'américain par Delphine Rivet
Clive Cussler est l'auteur de nombreux romans dont, chez Grasset,
L'or des Incas, Sahara, Dragon, Onde de
choc, Serpent et Atlantide. Découvreur de nombreuses
épaves, il est membre de la Société Géographique
Royale de Londres, du Club des explorateurs de New York et préside
l'Agence nationale maritime et sous-marine (NUMA).
Protéger l'émir du Qatar pendant le Sommet pour la
Paix des Pays Arabes à Reykjavik : la mission s'annonce plutôt
tranquille pour les agents secrets de la Corporation.
Mais l'interception d'un message annonçant la découverte
d'une météorite aux propriétés dangereuses
donne une tout autre tournure aux événements. Enquêtant
sur cette mystérieuse pierre noire qui attise les convoitises,
la Corporation découvre que des terroristes islamistes veulent
faire exploser une bombe nucléaire au cur d'une capitale
européenne, et qu'un puissant industriel américain
cherche à anéantir les sites sacrés de l'islam,
pour une raison inconnue. Cabrillo et ses hommes se lancent alors
dans une course effrénée pour contrer cette double
menace
Des Etats-Unis à l'Arabie Saoudite, en passant par Londres,
l'Ecosse, Israël et le Groenland, pour sauver des millions
de vies et empêcher la destruction de deux villes symboles,
les hommes de la Corporation vont devoir affronter le spectre du
terrorisme sous toutes ses formes, des plus terrifiantes aux plus
inattendues
Février
D'après Robert Ludlum
Eric Van Lustbader
La peur dans la peau
Roman
Série " L'héritage de Bourne "
Thriller traduit de l'américain par Florianne Vidal
Eric Van Lustbader, qui a déjà publié plusieurs
best-sellers chez Belfond, dont Le Ninja, reprend avec brio
le flambeau de la trilogie " Bourne " de Robert Ludlum,
dont le succès lui avait valu plusieurs adaptations cinématographiques
(notamment La mort dans la peau, avec Matt Damon, réalisé
par Paul Greengrass en 2004).
Quelques années après les événements
de La mémoire dans la peau, David Webb, désormais
professeur d'études asiatiques, coule des jours paisibles
à l'Université de Georgetown, Kentucky. Jason Bourne,
le tueur à gages redouté, n'est plus qu'un lointain
souvenir. Lointain ? Pas si sûr
Un beau jour, il devient
la cible d'un assassin au moins aussi habile que lui. Puis la CIA
lui met sur le dos le meurtre atroce et inexpliqué de deux
de ses collègues et amis : Jason Bourne a resurgi, disent-ils,
mais il ne se contrôle plus. Une fois de plus, on le traque.
La solution s'impose : endosser à nouveau l'identité
de Jason Bourne et retrouver la détermination du tueur. Il
lui faudra bien ça pour sauver sa peau et échapper
non seulement aux services secrets du monde entier, mais aussi à
un personnage manipulateur aux commandes d'un jeu qui pourrait bien
être plus fatal qu'il ne se l'imagine
Essais, documents, biographies
Janvier
Roberto Alagna
Je ne suis pas le fruit du hasard
Autobiographie
Depuis ses débuts à l'âge de vingt-cinq ans,
le ténor Roberto Alagna n'a pas quitté la scène,
se produisant dans tous les opéras du monde : de Paris à
New York, en passant par Londres, Berlin, Tokyo, Rome, Milan, il
est une star de la scène lyrique depuis déjà
plusieurs années. Son mariage à New York avec la diva
Angela Gheorgiu a fait la " une " de la presse américaine
; le 14 juillet 2005, il a chanté La Marseillaise
sur la place de la Concorde à l'occasion de la fête
nationale française, à la demande du président
Chirac. Celui qui a succédé à Luciano Pavarotti
comme numéro un des chanteurs lyriques a récemment
triomphé dans une nouvelle interprétation des chansons
de Luis Mariano, rencontrant avec un nouveau public.
En entreprenant d'écrire sa vie, Roberto Alagna ne voulait
pas se contenter de raconter sa carrière, mais plutôt
faire comprendre d'où il vient. C'est l'objet de cette véritable
saga, quête des origines, récit plein de romanesque
d'une vie aux accents souvent dramatiques sur fond de bel canto.
L'histoire commence à New York dans les années 1920,
quand l'arrière grand-mère de Roberto, venue de Sicile
avec son père, fait la connaissance du beau Jimmy à
la voix de velours. Ils rencontreront le mythique ténor Caruso
et auront quelques relations avec une certaine amicale des Siciliens
d'Amérique
Nous suivons ces Italiens passionnés
d'art lyrique, où tout le monde chante et connaît des
livrets d'opéra par cur, jusqu'à la naissance
de Roberto, en 1963, à Clichy-sous-Bois, dans la banlieue
parisienne. Son père est maçon, comme son grand-père,
comme ses oncles. L'enfance entre immigrés, une adolescence
rythmée par Elvis Presley, la découverte de sa voix,
ses débuts de chanteur dans des cabarets, le difficile chemin
jusqu'à la gloire : l'autobiographie de Roberto Alagna déborde
d'anecdotes, d'images fortes, séduit par sa sincérité.
Ce livre surprenant devrait attirer un très large public,
au-delà du cercle des amateurs d'opéra.
Cyril Eder
Les comtesses de la Gestapo
Document
Ancien professeur de lettres en Californie, Cyril Eder a publié
La Castiglione par elle même (RMN, 1999) dans le cadre
d'une exposition présentée au musée d'Orsay
et au Metropolitan Art Museum de New York et Les frères
Seberger, photographes de l'élégance (Le Seuil/BNF,
2006). Il travaille également depuis plusieurs années
sur les archives secrètes de la Gestapo française
pendant la Deuxième Guerre mondiale.
Dans le Paris de l'Occupation, réduit au périmètre
douteux qui va des bureaux du Majestic à l'Omnibus
de chez Maxim's en passant par les sous-sols de la rue Lauriston,
ce livre brosse une galerie de femmes vénales, exotiques,
qui vont vivre sous l'Occupation un étrange conte de fées
qui se terminera souvent en cauchemar
Russe comme la princesse Tchernitcheff, mannequin et actrice de
cinéma, qui devint la protégée du sinistre
Lafont, chef de la Gestapo française, et la maîtresse
d'officiers allemands influents
Grecque comme la princesse Mourousi, lesbienne et morphinomane qui,
non contente de doubler les Allemands au marché noir, faisait
vider les appartements des juifs pourchassés
Espagnole comme la marquise de San Carlos, maîtresse avant
guerre du maire de Biarritz, franquiste de la première heure,
elle s'acharnait sur les réfugiés républicains
qu'elle dénonçait
Mais aussi françaises comme Sylviane d'Abrantés ou
la comtesse Olinska. La première, maîtresse entre autres
de Lafont qui la décrit comme "une chienne et une folle",
sera une des grandes courtisanes de l'Occupation. La comtesse Olinska
profite de ses trafics d'influence pour tenter de se lancer avec
sa petite fille dans le monde du cinéma. Elles vont traverser
cette période en reines de toutes les compromissions, portées
par la veulerie des hommes en place et les complaisances du système
économique instauré par l'occupant.
Grâce à l'ouverture récente des archives de
justice aux historiens, ce livre dévoile pour la première
fois les vies extravagantes de celles qu'on surnomma après
guerre, les "comtesses de la Gestapo", fleurs vénéneuses
dont l'éclat fut peut-être fugitif mais le parfum assez
capiteux pour nous fasciner - et nous horrifier -encore aujourd'hui.
Judith Housez
Marcel Duchamp
Biographie
Judith Housez est née en 1970. Productrice de cinéma
(elle produit notamment le prochain film de Christian Vincent, réalisteur
de La discrète), experte en art contemporain, Marcel
Duchamp est son premier livre.
Nous connaissons tous le nom de Marcel Duchamp, l'homme qui inventa
l'art contemporain, le créateur du " (al)ready-made
", de Rrose Scélavy, et d'une Joconde moustachue outrageusement
rebaptisée LHOOQ, l'auteur, surtout, du plus grand scandale
du XXe siècle, qui éleva (ou abaissa ?) un simple
urinoir au rang d'uvre d'art. Et pourtant, que sait-on de
lui ? Rien, ou si peu, et pour cause : il n'existait pas, à
ce jour, de biographie en français de Marcel Duchamp.
Duchamp meurt en 1968, à l'âge de 81 ans, encore méconnu
dans son propre pays : son décès est annoncé
dans Le Figaro à la rubrique " échecs
", quand il fait la une du New York Times. Sa vie -
ses vies pourrait-on dire, à l'image de ce portrait dédoublé
à l'infini qui fait la couverture du livre -, partagée
entre les Etats-Unis et la France, fut longue d'activités
diverses et non pas seulement artistiques, de rêveries et
de projets, de rencontres et d'amitiés indéfectibles,
avec Henri-Pierre Roché, l'auteur de Jules et Jim qu'il inspirera,
avec Picabia, Man Ray, Alfred Stieglitz, Brancusi. Une vie d'amours
nombreuses aussi - le premier pour la femme de son grand ami Picabia
! -, car Duchamp courait les jupons, " célibataire "
avant tout épris de liberté, qui pourtant deux fois
l'abdiqua - il épousera en secondes noces l'ex-femme du galeriste
Pierre Matisse, le fils du peintre.
Fils d'un notaire rouennais, il était le cadet d'une fratrie
d'artistes, les peintres Jacques Villon, Suzanne Duchamp, et le
sculpteur Raymond Duchamp-Villon, qui l'initièrent à
la peinture. Héritier de Jarry, marqué par la lecture
de Nietszche et de Raymond Roussel, il était fasciné
par l'objet industriel et sa production en série, par les
découvertes récentes sur le mouvement et la vitesse
- le rayon X, la quatrième dimension, les chronophotographies
d'Etienne Jules-Marey. A 26 ans, dès lors qu'il la maîtrise,
il abandonne pour toujours la peinture, s'autoproclame " anartiste
", fait prévaloir l'idée sur son exécution,
la " beauté d'indifférence " sur le (bon)
goût, et bouleverse radicalement le statut de l'artiste et
de l'uvre d'art : un défi à l'avant-garde de
son époque plus encore qu'à l'académisme.
Sacré par Breton " phare du surréalisme ",
ingénieur malheureux (on lui doit d'extraordinaires machines
optiques, ancêtres de l'art cinétique, dont les brevets
ne rencontreront pas le succès), joueur d'échecs passionné,
il fut aussi l'incontournable courtier de l'avant-garde européenne
aux Etats-Unis, le conseiller intime des grands philanthropes new-yorkais,
comme les époux Arensberg ou Katherine Dreier, avec qui il
fonda au début des années 20 La Société
anonyme, ancêtre du MOMA.
Mahmoud Hussein
Al Sîra, tome 2
Le sceau des prophètes
" Mahmoud Hussein " est le pseudonyme commun de deux auteurs
: Baghgat Elnadi (né en 1936) et Adel Rifaat (né en
1938). Tous deux Egyptiens - l'un est d'origine musulmane ; l'autre
d'origine juive, mais converti à l'islam -, ils furent à
l'époque de Nasser d'ardents militants laïcs et marxistes.
C'est à ce titre qu'ils furent incarcérés à
plusieurs reprises dans les années 1960 avant de s'installer
en France, où ils furent naturalisés en 1983. Ils
sont titulaires d'un doctorat d'Etat en philosophie politique, et
auteurs de nombreux ouvrages parmi lesquels on citera : Versant
sud de la liberté, Essai sur l'émergence de l'individu
dans le Tiers monde ; Les arabes au présent ;
Sur l'expédition de Bonaparte en Egypte. Entre 1978
et 1988, " les " Mahmoud Hussein ont dirigé Le
courrier de l'Unesco, publié en 30 langues et diffusé
dans 120 pays.
Ils ont déjà publié, chez Grasset, le Tome
I de " Al Sîra " (13.000 exemplaires vendus
à ce jour).
Le Prophète de l'Islam a vécu il y a quatorze siècles,
dans une société de tradition orale. Les témoignages
de ses contemporains, sur sa personne et son action, ont été
fixés par écrit plus d'un siècle, voire deux,
après sa mort. Ils ont d'abord été transmis
sur des supports de fortune, avant d'être recueillis par différents
chroniqueurs, qui les ont triés, compilés, rédigés
chacun à sa manière.
Les textes laissés par ces chroniqueurs forment un volumineux
corpus, portant le titre générique d'Al Sîra,
ou " Chroniques du Prophète de l'Islam " (à
distinguer des " Dits du Prophète " - Hadîths
- et des commentaires du texte sacré - Le Coran). Grasset
en a publié un premier choix : " Le Prophète
de l'Islam raconté par ses compagnons ". Voici la suite.
Le portrait de Mahomet que nous livre la Sîra est celui d'un
être supérieur, aux prédispositions spirituelles
précoces, enclin à la solitude et à la méditation.
Sa vie bascule, à l'âge de quarante ans, quand il entend
la voix de l'Ange Gabriel, qui lui révèle que Dieu
l'a choisi comme Son Messager. Il va défier les siens, renier
ses ancêtres, insulter leurs idoles et assumer l'immense solitude
qui en découle. Puis il va se muer en homme d'Etat, en chef
de guerre, en bâtisseur d'une Cité nouvelle.
Le premier volume rassemblait, essentiellement, des " chroniques
" relatives à la vie du Prophète. Celui-ci, en
revanche, rassemble les chroniques qui illustrent son action de
" chef d'Etat ". Du coup, ce second volume est plus politique
et moins théologique que le premier.
Les Chroniques qui retracent cette trajectoire constituent pour
les musulmans un réservoir d'exemples à suivre, de
gestes à méditer, de vérités à
retrouver au quotidien. Mais peu de gens les lisent dans le texte.
A la mosquée, à l'école ou à la télévision,
ils en reçoivent sans cesse des bribes, le plus souvent extraites
de leurs contextes, tronquées, voire carrément réinventées,
afin de servir les différents discours du moment. C'est en
partant de ce constat, et pour contribuer à rétablir
la vérité de ces textes, que les Mahmoud Hussein ont
voulu présenter la Sîra sous une forme accessible au
lecteur d'aujourd'hui.
Ajoutons enfin - et ce point est essentiel - que les chroniques
de la Sîra proposent une vision de l'Islam plus " libérale
", plus tolérante, plus ouverte à l'individu.
Cette caractéristique explique peut-être le fait que
cette source théologique ait été, si souvent,
négligée ou dissimulée, au profit d'une orthodoxie
coranique plus stricte.
Katia Lafaille
Sans lui
Document
Katia Lafaille née à Genève le 24 mars 1970,
vit aujourd'hui près de Chamonix. Sans lui est son
premier livre.
Le 27 janvier 2006, Jean-Christophe Lafaille, le plus grand alpiniste
de sa génération, trouvait la mort en Himalaya, au
Makalu, l'un des quatorze sommets de plus de 8 000 mètres
de la planète. Sans lui, à 36 ans, mère de
deux enfants (Jérémie, 12 ans, né d'une union
précédente et Tom, âgé de 5 ans, fils
de Jean-Christophe), Katia à la fois forte et fragile affronte
le vide de la reconstruction. Comment s'en sortir ? Quel avenir
pour une femme dans un univers où ni les machos à
crampons ni les mufles à piolets ne vous épargnent
leurs sarcasmes ? A-t-on le droit de vivre autrement l'amour avec
un homme qui tutoyait la mort en altitude ? Peut-on survivre au
deuil d'un alpiniste sans sépulture ?
Cette sportive qui n'a pas froid aux yeux, alternant les compétitions
de descente en VTT, le parapente, l'alpinisme en solitaire, cette
risque-tout qui longtemps ne s'encordait pas en montagne, funambule
au-dessus des glaciers, avait tôt cessé d'être
une bourgeoise rêveuse des bords du Léman. Mariée
à 18 ans, divorcée à 19, éprise de nature
et d'espace blanc, solitaire souvent et par choix, Katia rencontra
enfin Jean-Christophe et son destin changea. Ils inventèrent
ensemble une autre façon de marcher, d'escalader, d'imaginer
la montagne. Ils envisageaient de vivre ensemble dans l'ouest américain.
Katia ira bientôt, sans lui, avec son fils Tom.
Alain Minc
Une sorte de diable
Les vies de John-Maynard Keynes
Biographie
Alain Minc est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages. Il a publié
Ce monde qui vient, dans la même collection, en 2004,
qui fut un grand succès de presse et de librairie ; et, en
janvier 2006, Le crépuscule des petits dieux.
" L'homme Keynes est fascinant. Peut-être encore plus
grand que l'oeuvre. C'est une permanente alchimie des contraires
: l'objecteur de conscience qui sert son pays en guerre, le marginal
de Bloomsbury qui s'installe au coeur de l'establishment; le grand
bourgeois élitiste qui devient la coqueluche des gauches
du monde entier; le dandy homosexuel qui épouse une des danseuses
les plus courtisées de l'époque ; l'antisémite
séduit par les Juifs ; le germanophile atlantiste ; le spéculateur
qui se méfie des marchés ; l'esthète qui se
consacre aux disciplines les plus austères ; l'intellectuel
qui se rêve homme d'Etat ; le conseiller qui se veut homme
d'action... Il existe autant de Keynes qui, pourtant, n'en forment
qu'un seul: c'était, pour reprendre le mot qu'il emploie
à l'égard de Freud, une sorte de diable. "
A.M.
Rappels sur John Maynard Keynes (1883?1946) : élève
de Marshall à Cambridge, puis conseiller du Trésor
britannique durant la Première guerre mondiale, il étudie
" Les conséquences économiques de la Paix "
(1919) et s'obsède à l'idée de la reconstruction
de l'Europe (questions de la dette, des réparations, etc.).
Auteur d'un Traité sur la monnaie (1930) puis de la fameuse
Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt
et de la monnaie (1936), Keynes s'attaque au problème du
sous-emploi qui règne en Grande Bretagne après 1930.
Il prône une relance de la consommation, une baisse du taux
d'intérêt, un accroissement des investissements publics,
toutes mesures impliquant un investissement de l'Etat. Il se met
peu à peu à jouer un rôle de prophète
sur la scène internationale, qui culminera à la Conférence
de Bretton Woods (1944). Il devient après sa mort un mythe,
auquel la gauche et parfois la droite ne cessent de se référer.
Dr Joseph Monsenego
La fin d'un cancer ?
Les espoirs de la vaccination contre les papillomavirus
Essai
Collection dirigée par Françoise Doumayrenc
Le Docteur Joseph Monsonego (gynécologue-oncologue),
mène depuis plus de 20 ans un combat pour lutter contre le
cancer du col de l'utérus. Il travaille à l'amélioration
de son dépistage et à la recherche clinique sur les
papillomavirus humains. Expert reconnu, il est Directeur Médical
de l'Institut Alfred Fournier de Paris, et Président fondateur
d'Eurogin, organisation internationale investie dans la formation
et la recherche sur les infections à papillomavirus, qui
organise des congrès mondiaux sur la prévention de
ce cancer du col.
L'impact de l'infection à papillomavirus (HPV) est considérable.
Plus d'une femme sur deux a été exposée aux
HPV durant sa vie et 10 % environ feront une infection chronique.
Parmi elles, 20 % développeront un cancer du col en l'absence
ou par défaillance du dépistage. En France, l'infection
à HPV à risque provoque 80 000 lésions précancéreuses,
3 400 cancers du col utérin et le décès de
1 000 femmes tous les ans.
Le dépistage par frottis réalisé à un
rythme régulier et selon les normes de qualité a entraîné
une diminution significative de l'incidence et de la mortalité
ces vingt dernières années. Dans de nombreux pays,
il a transformé le cancer du col d'une maladie mortelle en
une pathologie rare. Cependant, malgré ce succès considérable,
la maladie réputée évitable n'a pas été
éradiquée. Parce que le cancer du col utérin
est la conséquence de l'infection chronique à HPV,
les recherches ont porté sur le développement d'un
vaccin pour prévenir l'infection et ses conséquences.
Les essais ont abouti : deux vaccins mis au point l'un par le groupe
pharmaceutique GlaxoSmithKline et l'autre par Merck sont disponibles.
Ces deux produits étant particulièrement efficaces
avant l'exposition aux papillomavirus, cette vaccination concernera
essentiellement les préadolescentes (10-15 ans), qui n'ont
pas encore eu de rapport sexuel ou les jeunes filles plus âgées
qui n'ont pas été atteintes par le virus. On ne sait
pas encore si ces deux vaccins seront aussi efficaces chez des femmes
porteuses du virus (mais sans lésions précancéreuses).
Des essais sont en cours.
Catherine Nay
Un pouvoir nommé désir
Biographie
Catherine Nay est éditorialiste à Europe 1.
Elle est surtout l'auteur d'ouvrages politiques fameux : La double
méprise (1980) ; Le Noir et le Rouge (1984) ; Les 7 Mitterrand (1988) ; Le dauphin et le
régent (1994).
Beaucoup de livres ont déjà été - ou
seront - publiés sur Nicolas Sarkozy, et la curiosité
qu'inspire cet homme politique devrait s'amplifier à l'approche
de l'élection présidentielle. La particularité
de la biographie que lui consacre Catherine Nay tient cependant
à plusieurs éléments : son exhaustivité
(de l'origine des grands parents aux épisodes les plus récents)
; son " empathie critique " (Catherine Nay fréquente,
depuis plus de vingt ans, les " microcosmes " qu'elle
décrit dans ce livre) ; la personnalité de l'auteur
(qui s'est déjà illustrée avec des ouvrages
fameux. En effet, Catherine Nay est La biographe par excellence
des fauves politiques qu'elle côtoie chaque jour. Et, une
fois de plus, elle le prouve avec ce livre qui, de toute évidence,
sera un élément très visible de la campagne
qui s'annonce
Dans ce Pouvoir nommé désir, l'auteur explore
méticuleusement la genèse familiale du " petit
Nicolas ". Son père (un aventurier flamboyant, un père
trop absent), sa mère (le pivot du " clan " Sarkozy
une sorte de Rose Kennedy), ses amis, ses amours, son enfance, etc
sont évoqués avec une précision incroyable.
Ces éléments permettent de mieux comprendre l'avidité
avec laquelle Nicolas Sarkozy se jeta sur la politique, et comment
il voulut en faire son festin. Plus subtilement, les relations avec
son père-absent éclairent le souci que Sarkozy aura
toujours d'être reconnu par les pères (Pasqua, Chirac)
ou, à défaut, de les tuer
Bien entendu, cette biographie s'attarde sur les arcanes de la vie
politique - de la " prise " de la mairie de Neuilly à
celle de l'UMP - sur les relations de " Sarko " avec Balladur,
Chirac, Juppé ou Seguin. Sur chacun de ces points, Catherine
Nay raconte, révèle, nuance : son style, très
vif, emporte un récit passionnant de bout en bout
Stacy Schiff
La grande improvisation
Benjamin Franklin, la France et la naissance des Etats-Unis
Essai
Traduit del'anglais par William O. Desmond
Stacy Schiff est l'auteur de biographies de Saint-Exupéry
et de Véra Nabokov (Prix Pulitzer, Grasset, 1999). La
grande improvisation lui a valu pour la seconde fois le Prix
Pulitzer.
Le temps est exécrable en ce 3 décembre de l'an 1776
sur les côtes bretonnes lorsque débarque, d'un frêle
esquif, un vieillard goutteux et perclus de rhumatismes. Son arrivée
se fait dans le plus grand secret - il s'agit pourtant d'un homme
célèbre dans le monde entier, particulièrement
respecté en Europe, et qui s'apprête à changer
le cours de l'histoire des tout jeunes Etats-Unis d'Amérique.
Son nom : Benjamin Franklin. Sa mission : rallier la France à
la cause américaine. Et au vu des mille péripéties
qui jalonneront cette première aventure franco-américaine
au cours des mois suivants, c'est un miracle qu'il y soit parvenu
!
Usant d'une intelligence et d'un bon sens hors pair, ainsi que d'un
talent inné de diplomate, Franklin, installé dans
une résidence cossue de Passy mais se démenant comme
un beau diable, parvint à franchir tous les obstacles placés
sur son chemin, non seulement par ses adversaires, mais par les
opportunistes de tout poil, les aventuriers, les rêveurs et
les calculateurs (au nombre desquels figure un Beaumarchais particulièrement
hystérique) ; et ce furent souvent ses compatriotes, dont
certains le jalousaient de façon pathologique, dont il lui
fallut le plus se méfier.
Cette extraordinaire biographie historique se lit comme un roman,
avec ses intrigues entrecroisées, ses quiproquos et ses rebondissement
inattendus ; avec aussi ses personnages pittoresques - corsaires
têtes brûlées, escrocs inventifs, dames au petit
chiens, espions, politiciens incompétents et douteux.
Dans une prose étincelante, pleine d'humour et de saveur,
Stacy Schiff déroule la saga de l'homme qui, à lui
seul, permit aux Etats-Unis, avec l'aide de la France, de gagner
leur indépendance.
Philippe Val
Traité de savoir-survivre par temps obscurs
Essai
Philippe Val est chroniqueur à France Inter, France
Culture, RTL, LCI, Paris-Première.
Il a refondé avec Cabu, le nouveau Charlie Hebdo,
hebdomadaire dont il est aujourd'hui le rédacteur en chef.
Après des années de travail et de lecture, aiguillonné
par un monde aux plaques tectoniques en perpétuelle friction,
mais qu'il estime passionnant, riche, plein de beautés, Philippe
Val nous confie son premier grand essai : un " traité
de savoir-survivre par temps obscurs ". En vingt-trois chapitres
parfaitement emboîtés, tressés de citations,
de lectures, de films, de faits historiques, il tente de définir
ce que pourrait être un " nouvel homme des lumières
". Comment ne pas se laisser " dominer par l'espèce
" ; comment sublimer notre part sombre, faite de violence et
de ressentiment ; comment agir en homme libre. Bref, comment ne
pas donner prise à la culture du " malaise dans la civilisation
", pente si courante dans un temps qui a connu les totalitarismes,
la terreur, l'abjection ?
Philippe Val nous propose aujourd'hui sa " méthode ".
Dans ces pages, nulle froide réthorique, mais une approche
spinoziste : " Si dieu le veut. Le but des Lumières
a été de rendre absurdes et imprononçables
ces mots qui scellent le mariage de l'individu avec son propre malheur.
C'est par le travail de la pensée que commence le divorce.
S'il est vain de penser que l'on éliminera un jour la souffrance,
on peut en revanche conjurer la tristesse, qui n'est pas seulement
la conséquence, mais aussi la cause de nos malheurs. Lecteur,
si mon livre te donne l'intuition que la joie est moins inaccessible
qu'il n'y paraît, j'aurai atteint mon but. Il est difficile
de tenir une certitude dans ce monde changeant mais il en est une
que Verlaine énonce dans " Ecoutez la chanson "
: " Allez ! rien n'est meilleur à l'âme / Que
de faire une âme moins triste. "
Février
Jacques Baynac
Présumé Jean Moulin
Juin 1940 - juin 1943
Esquisse d'une nouvelle histoire de la Résistance
Essai
Jacques Baynac, historien, est l'auteur de Les Secrets de l'affaire
Jean Moulin (Le Seuil, 1998).
Basé sur des milliers de documents inédits, notamment
extraits des dossiers des services secrets britanniques, Présumé
Jean Moulin est la biographie la plus complète du héros
durant les années 1942 à 1943, et elle révèle
quantité de faits inconnus tout en renouvelant radicalement
l'interprétation de la relation entre gaullisme et Résistance.
Tandis que l'alliance du soldat rouge, du billet vert et de la matière
grise britannique endiguent peu à peu le nazisme, pendant
que Vichy collabore et que le général de Gaulle s'obstine
dans sa stratégie du tout-militaire-extérieur censée
déboucher sur la restauration de l'Etat français,
Jean Moulin, jeune préfet de gauche, part, lui, d'un constat
pragmatique : la patrie dépecée en sept zones n'est
plus une nation auto-instituée et seule la Résistance,
aussi minoritaire soit-elle, pourra ressusciter la France en la
changeant. Création spontanée de la société
civile réduite à la clandestinité, la Résistance
est l'embryon de la " Nation en armes ", et, à
ce titre, l'unique dépositaire de la souveraineté.
Par là-même, elle est la seule instance légitime
capable de soutenir de Gaulle à condition, toutefois, que
celui-ci renonce à la vassaliser et admette que son autorité
procèdera d'elle.
D'emblée installé en stratège génial
d'une Résistance conçue comme force dominante et qui,
dès l'été 1942, se révèle être
porteuse d'un projet révolutionnaire aussi radicalement socialiste
que démocratique, l'habile tacticien qu'est aussi Jean Moulin
est sur le point d'avoir fait d'elle l'axe du jeu politique national
: l'allié de droite, gaulliste, est utilisé ; celui
de gauche, communiste, est maîtrisé. L'appareil souterrain
dont il l'a dotée, exécutif, " ministères
", armée secrète, parlement, devant assurer sa
suprématie. Mais, repéré depuis avril 1943,
Moulin est arrêté le 21 juin suivant à Caluire,
dans des circonstances où la trahison n'eut aucune place.
Giuliano Da Empoli
La peste et l'orgie
Essai
Traduit de l'italien par Alain Sarrabayrouse
Giuliano da Empoli, sociologue et journaliste romain né à
Paris en 1973, a été conseiller du ministre de la
culture en Italie. Remarqué pour ses nombreux articles ainsi
que trois ouvrages, Un grande futuro dietro di noi (1996),
La guerra del talento (2000) et Overdose (2002), il
est le fondateur et directeur de la revue politique et culturelle
Zero.
11 septembre, terrorisme, mondialisation, déclin tous azimuts
On a glosé tant et plus, ces dernières années,
sur ces phénomènes. On s'alarme, on déplore
- et, en France comme ailleurs, on ne sait plus regarder le monde
que par le petit bout de la lorgnette.
C'est un renversement fondamental qui s'est produit en vérité
- et pas celui qu'on croyait. Ce à quoi nous assistons :
un rééquilibre entre les forces apollinienne et dionysiaque
dont parlait Nietzsche. Cet essai n'est pas la énième
jérémiade de la déclinologie ambiante, mais
une tentative d'analyse de ce qu'est devenue notre modernité,
et surtout une invitation, profonde, pleine d'humour et d'élégance,
à la célébrer pour ce qu'elle est : contradictoire,
schizophrénique, sublime et fangeuse... En un mot, nous sommes
revenus au " carnaval " païen.
Alors, " américanisé ", le monde ? Non.
Brésilianisé, plutôt. Le Brésil,
proverbiale terre de contrastes, est le vrai miroir allégorique
de notre culture oscillant entre aspirations religieuses et violence
inouïe, où la mort et le sexe, le faste et la misère
se côtoient plus que jamais. Les Cassandre d'aujourd'hui hurlent
à la peste, comme aux grandes épidémies d'autrefois
; ils ne voient pas que cette chute dans " l'ivresse de la
catastrophe " est aussi un appel salutaire à une refonte
de la pensée et de la culture moderne. Il est temps de redécouvrir,
dans toute sa force, l'esthétique profondément morale
de l'orgie - c'est-à-dire de la liberté.
Moises Naïm
Le livre noir de l'économie mondiale
Contrebandiers, trafiquants et faussaires
Essai
Moisés Naím est rédacteur en chef du magazine
américain Foreign Policy, spécialisé
dans l'économie, la politique internationale, et plus particulièrement
la mondialisation. Détenteur d'un PhD du MIT, Naím
a été ministre de l'industrie et du commerce au Venezuela
en 1989, ainsi que directeur exécutif de la Banque mondiale.
Vente illégale d'armes, marché de la drogue, nouvelles
formes d'esclavagisme, traite des blanches, exploitation et trafic
des populations immigrées et réfugiées, prostitution,
contrefaçons en tout genre, vol de propriété
intellectuelle, blanchiment de l'argent sale, trafic d'organes,
trafic d'uvres d'art
Tous ces phénomènes
sont en plein essor et participent d'un seul et même mouvement
: celui du développement de l'activité criminelle
à l'échelle internationale.
Alors que, par le passé, ces activités étaient
le fait de petits groupes locaux et " underground ", bandes,
cartels, mafias diverses et variées, aujourd'hui le crime,
sous toutes ses formes, s'est lui-même " mondialisé
" - on peut même dire que cette " industrie du crime
" a été la première à comprendre
l'intérêt qu'il y avait à utiliser les nouvelles
technologies, et à profiter de l'effacement progressif des
frontières. On ne peut plus parler d'individus criminels,
mais plutôt de gigantesques organisations tentaculaires et
nébuleuses.
Le livre noir de l'économie mondiale dresse le portrait
apocalyptique d'une économie criminelle mondialisée
qui a littéralement envahi les réseaux économiques
les plus officiels - et notre quotidien - jusqu'ici en toute impunité.
Petite collection blanche
Janvier
Liem Hoang-Ngoc
Vive l'impôt !
Essai
Né en 1964, maître de conférences à Paris
I, chercheur rattaché au CNRS, Liêm Hoang-Ngoc est
membre du Conseil scientifique d'ATTAC et Délégué
national à l'économie au Parti socialiste. Initiateur
en 1996 de l'Appel des économistes pour sortir de la pensée
unique, auteur de plusieurs essais (Seuil, Arléa, Syros,
La Dispute), il est chroniqueur mensuel de la revue Politis
et publie des tribunes dans Le Monde, Les Echos, Libération.
" Deux siècles après la restauration de 1815,
les conquêtes de la Révolution française semblent
de nouveau en cause. Thermidor économique, la parenthèse
libérale ouverte par la gauche en 1983 inaugura une période
de transition qui permet désormais au parti de la droite
bonapartiste de solder son passé gaulliste. Epousant au grand
jour les thèses néolibérales anglosaxonnes,
cette même droite, Nicolas Sarkozy en tête, peut afficher
sans honte son visage néoconservateur. Aujourd'hui, la politique
publique qui symbolisait la main visible et raisonnée du
citoyen, armé du suffrage universel et de l'impôt progressif,
est accusée de tous les maux. La vulgate théorique
qui substitue l'équité à l'égalité
et promeut du même coup l'inévitable " discrimination
positive " institue et stigmatise la figure de l'exclu. Et
les inégalités explosent, creusées par les
nouvelles injustices fiscales.
Car il faut se rendre à l'évidence : en France, l'impôt
sur le revenu ne touche que 49% des ménages et ne représente
que 17% des recettes fiscales
quand la très discrète
TVA en constitue 47% ! La CSG déroge au principe de progressivité
de l'impôt. Les cotisations patronales, assises sur les salaires,
épargnent les profits des actionnaires mais pénalisent
l'emploi. Les niches fiscales se sont multipliées.
Or les nouveaux capitalistes, bénéficiaires des réformes
fiscales, ne sont plus porteurs du dynamisme économique.
Le théorème d'Helmut Schmidt, " les profits d'aujourd'hui
sont les investissements de demain et les emplois d'après-demain
" est désormais faux : " Les profits d'hier sont
les dividendes d'aujourd'hui et le sous-emploi de demain ".
L'impôt doit être entièrement réinventé,
dans le cadre d'une harmonisation fiscale " par le haut ",
nécessaire à l'intégration européenne.
Universel, c'est-à-dire payé par tous, et fortement
progressif, il redeviendra en France et dans toute l'Europe un attribut
essentiel de la citoyenneté, la trame du lien social républicain,
l'ami de la croissance, comme il le fut au cours des Trente glorieuses
et l'est encore dans les pays nordiques, le garant d'un modèle
social et d'un service public justes et performants qui restent
encore les plus sûrs indices du développement. "
L.H.-N.
Les Cahiers Rouges
Janvier
Pierre Combescot
Les filles du calvaire
Roman
Pierre Combescot est écrivain et journaliste. Il collabore
au Canard Enchaîné et à L'Express.
Il est l'auteur de Louis II de Bavière (1973), des
Chevaliers du crépuscule (1975). Il a obtenu en 1986
le Prix Médicis pour son roman Les Funérailles
de la Sardine, et le prix Goncourt en 1991 pour Les Filles
du Calvaire.
Juive de Tunis, petite-fille d'Emma, qui alimenta jadis la chronique
de La Goulette, Rachel Aboulafia, devenue Madame Maud, trône
derrière le comptoir du bistrot des Trapézistes, aux
Filles-du-Calvaire
Rousse plantureuse, elle règne sur le petit monde interlope
où se côtoient artistes du Cirque d'Hiver voisin, souteneurs,
prostitués des deux sexes, rabbins et danseuses nues, bouchers
et mercières, professeurs de danse russes et flics de la
mondaine. Dans cette peinture du Paris clandestin et grouillant
des hors-la-loi et des paumés, Pierre Combescot ressuscite
le grand roman populaire du XIXe siècle, non sans le moderniser
radicalement grâce à un déploiement fastueux
de virtuosité baroque. Epopée picaresque, dont la
parabole secrète s'inspire du mythe de Parsifal, mais qui
se lit comme une suite d'aventures merveilleuses, de trouvailles
cocasses, d'images insolites, Les Filles du Calvaire est
le livre de la maturité du plus imaginatif de nos romanciers.
Février
Joseph d'Arbaud
La bête du Vaccares
Roman
Joseph d'Arbaud est né le 4 octobre 1874 à La Petite
Bastide, la propriété de sa famille à Meyrargues.
Son milieu d'origine est celui de l'aristocratie terrienne, férue
de traditions et de belles-lettres, qui soutient l'action des poètes
du félibrige groupés autour de Frédéric
Mistral.
Après des études de droit, il fréquente les
cercles libraires d'Aix en Provence, très actifs à
l'époque, puis décide de se retirer dans un mas en
Camargue. Pendant plusieurs années, il habite une cahute
parmi les chevaux et les taureaux sauvages. C'est là qu'il
écrira ses premiers livres.
Retournant à Aix, il collabore à la revue le Feu
dont il prendra la direction. Son chef-d'uvre, La Bête
du Vaccarès, paraît en 1926 chez Grasset dans une
édition bilingue (français-provençal) dont
d'Arbaud a composé lui-même la version française.
Le roman remporte un grand succès. Joseph d'Arbaud meurt,
le 2 mars 1950.
Au printemps de l'an de grâce 1417, Jacques Roubaud, gardian
de la manade de Malagroy - mais plus instruit qu'on ne l'est d'ordinaire
dans son état parce qu'il fut longtemps destiné à
la prêtrise - entreprend de consigner pour la postérité
les faits extraordinaires dont il a été témoin.
Au hasard de ses randonnées à cheval, Roubaud a rencontré
une bête étrange ; elle avait le corps d'une chèvre
et le visage d'un vieil homme. Et elle parlait. Elle assurait l'ancien
escholier qu'elle n'était pas une créature du diable
mais un demi-dieu déchu, chassé de tous lieux et condamné
à finir sa vie dans la solitude des marais. Après
la première stupeur et le premier effroi naît la compassion
puis, dans le cur du pieux gardian, un sentiment qu'il reconnaît
avec étonnement pour de l'amitié.
A travers ces deux pitoyables protagonistes, ce sont deux civilisations,
le Moyen Age chrétien et l'Antiquité païenne,
qui se rencontrent et communient un instant dans la reconnaissance
des valeurs immuables de la Nature. La Bête du Vaccarès
est aussi un conte sauvage et tendre sur le vieillissement et sur
la mort des grands mythes.
Francis Scott Fitzgerald
Gatsby le magnifique
Roman
Francis Scott Fitzgerald est né en 1896 dans le Minnesota
et mort en 1940 à Hollywood. Il a connu dans sa brève
existence la gloire la plus insolente puis l'oubli le plus injuste,
et est désormais considéré comme l'un des grands
écrivains de son temps.
Nous sommes au lendemain de la Grande Guerre. Le mal du siècle
envahit les âmes. C'est l'époque de la Prohibition
et des fortunes rapides. En 1922, Jay Gatz, devenu Gatsby, se retrouve
fabuleusement riche. Personnage mystérieux, installé
à Long Island dans une somptueuse propriété
il est l'objet de mille légendes. A-t-il été
étudiant à Oxford ? Est-ce un mafieux ? Elles n'empêchent
pas les gens chics et moins chics, de venir en troupe boire ses
cocktails et danser sur ses pelouses.
Gatsby cherche à séduire Daisy, la fiancée
de Tom Buchanan, un millionnaire qui, contrairement à lui,
a hérité sa fortune. Il cherche à l'éblouir,
fait des dépenses folles. Mais c'est argent contre argent,
vieille fortune contre parvenu
L'ouvrage, publié aux Etats-Unis en 1925, est précédé
d'une préface de Fitzgerald à une réédition
de 1934, et suivi des trois préfaces mythiques à l'édition
Grasset de 1962, par Antoine Blondin, Bernard Frank et Jean François
Revel.
Cette nouvelle traduction de Jacques Tournier a été
établie à partir des manuscrits, des corrections d'épreuves
et des dernières révisions de Scott Fitzgerald.
Giorgio Vasari
Vie des peintres
Né à Arezzo (Toscane) en 1511 et mort à Florence
en 1574, Giorgio Vasari fut un des plus brillants artistes du maniérisme
italien. Formé dans les ateliers florentins, où il
acquit une admiration inconditionnelle pour Michel-Ange, il séjourna
longuement à Rome et réalisa de nombreux chantiers
décoratifs dans toute l'Italie, de Naples à Bologne.
Entré au service de Cosme Ier Médicis en 1554, il
domina pendant vingt ans la création artistique florentine,
où il réalisa l'une des plus ambitieuses architectures
de la Renaissance, le bâtiment administratif des Offices.
Sa culture érudite se caractérisait par l'étude
directe des uvres de ses prédécesseurs et de
ses contemporains. Elle le mena à faire uvre d'historien
et à publier en 1550 les Vies des plus éminents
peintres, sculpteurs et architectes italiens de Cimabue à
nos jours, dit Vies des peintres, enrichi de nouvelles
vies dans l'édition définitive de 1568.
Premier ouvrage d'historiographie artistique de l'Occident moderne,
les Vies des peintres en demeurent un de ses chefs d'uvre.
Depuis cinq siècles, il contribue à la séduction
persistante du goût occidental pour la Renaissance italienne,
toscane en particulier.
Suivant une pratique littéraire traditionnelle, le recueil
se compose d'une suite de biographies : il commence au 13e siècle
avec Cimabue et Giotto, étudie tous les grands peintres,
architectes et sculpteurs de la Renaissance, Masaccio, Fra Angelico,
Botticelli, Léonard de Vinci, Raphaël, Bramante, et
apporte une mine d'information sur la vie de ses grands contemporains,
Michel-Ange et Titien. Ecrites dans un style alerte, émaillées
de multiples anecdotes, ces Vies sont encore aujourd'hui l'instrument
idéal pour connaître la Renaissance artistique italienne
et faire revivre les grandes personnalités qui l'ont forgée.
Léopold Leclanché publia à Paris en 1841-1842
la première traduction française dont l'essentiel
est repris dans ce volume, accompagné d'un léger appareil
de notes qui aide à identifier les oeuvres survivantes. L'ouvrage
est présenté et la traduction révisée
par Véronique Gerard Powell, qui enseigne l'histoire de l'art
à l'université de Paris IV.
Grasset-Jeunesse
Janvier
Florence Aubry
Pour le meilleur
Lampe de poche adolescents
Florence Aubry, qui habite en Languedoc-Roussillon, est l'auteur
de plusieurs romans pour la jeunesse, parus notamment aux Éditions
Magnard et aux Éditions du Rouergue. Pour le meilleur
est sa première publication chez Grasset-Jeunesse.
Alors qu'elle rentre plus tôt chez elle, un après-midi,
Argie (ainsi prénommée parce que ses parents étaient
en Argentine quand sa mère est tombée enceinte !),
passe devant la porte entrouverte de la chambre de ses parents et
y voit sa mère, nue, endormie à côté
d'une tête blonde et bouclée qui n'est pas celle de
son père
Abasourdie par ce qu'elle vient de voir, Argie repart en catimini
en essayant de se persuader que cette horrible vision n'était
qu'une fissure dans l'espace temps, qui va vite être comblée
par le quotidien. Mais non, ça devait être vrai
rongée par l'impression d'une trahison vis à vis de
son père, et envahie par une haine incontrôlable à
l'encontre de sa mère, elle plonge dans une mauvaise humeur
qui ne s'apaisera que lorsqu'elle mettra sur pieds un plan d'action
pour suivre la piste de l'" autre "
Lorris Murail
Les semelles de bois
Roman grand format - hors collection
Né au Havre, diplômé de l'Institut d'Études
Politiques, Lorris Murail, également traducteur, critique
littéraire et scénariste, écrit pour la jeunesse
et pour les adultes. Il a publié de nombreux ouvrages, chez
Laffont, Lattès ou les Mille et une Nuits pour les adultes,
ou chez Rageot, Pocket ou l'École des Loisirs pour la jeunesse.
L'ouvrage écrit avec ses surs Elvire et Marie-Aude,
Golem, a remporté un grand succès et a reçu
le Prix des Incorruptibles 2003. Chez Grasset-Jeunesse, il est l'auteur
du roman Flash Mob, dans la collection Lampe de poche Pré-ados.
Paris, 21 avril 1944. À la faveur de la nuit, Clément
retourne chez lui, un lapin fraîchement troqué dans
son sac de toile. Surpris par les bombes qui se mettent à
pleuvoir sur Montmartre, il trouve refuge dans une cave déjà
bondée, et y rencontre une jeune fille troublante et farouche
qui répond au nom si évocateur de " Liberté
"
Clément n'a désormais plus qu'une idée en tête
: remplir la mission que Liberté lui a confiée, même
si elle est destinée à servir avant tout au "
Parti ", pour lequel Liberté est engagée corps
et âme.
10 semaines vont alors s'écouler à la pension de famille
où vit Clément, durant lesquelles il n'aura de cesse
de poursuivre la quête de " sa " Liberté
en attendant celle de la France ; entre la réservée
Vera Zlatova, le moustachu Ernest Molinier, le maladif Thibaud,
l'énigmatique Père Courson et la minuscule Mme Solange,
la vie, ponctuée de repas de rutabagas, poursuit son cours
dans l'attente et l'incertitude, chacun menant discrètement
ses petites affaires et gardant un il sur son voisin.
Entre engagements individuels et collectifs, réactions personnelles
et engouements de foule, retournements de vestes et survie quotidienne,
tous les acteurs du Paris occupé vont se retrouver dans l'effervescence
de l'apothéose du 26 août 1944
Février
Jack Chaboud
Illustré par Nicole Claveloux
Vladimir Poltron
Vampire de troisième classe
Collection Lecteur en herbe - à partir de 5 ans
Né à Lyon, Jack Chaboud est diplômé de
l'Institut d'Etudes Politiques de Grenoble et Licencié es-Lettres.
Après avoir été journaliste, scénariste,
rédacteur et enseignant en communication, il est aujourd'hui
éditeur, et auteur de nombreux ouvrages pour enfants. Chez
Grasset-Jeunesse, il a publié avec Alain Surget un roman
dans la collection " Lampe de poche 9 ans et + ", Mystères
à Morteau.
Nicole Claveloux a fait ses études aux Beaux-Arts de Saint-Etienne,
ville où elle est née, avant de s'installer à
Paris puis en Bretagne, où elle vit actuellement. Après
avoir dessiné des bandes dessinées et illustré
de nombreux journaux, elle collabore dès 1966 avec les éditeurs
Harlin Quist et François Ruy-Vidal, ainsi qu'avec Bernard
Bonhomme, avec qui elle travaille pour la publicité et illustre
plusieurs albums. Depuis 1973, elle se consacre uniquement à
l'édition, la bande dessinée et la peinture, et reçoit
la Pomme d'Or de la biennale de Bratislava 1976. Elle a notamment
illustré, chez Grasset-Jeunesse, Les Aventures d'Alice
au pays des Merveilles. Son uvre, qui réunit plus
d'une soixantaine d'ouvrages, a été l'objet de plusieurs
études critiques, comme " Nicole Claveloux et Compagnie
" de Christian Bruel, qui accompagnait une somptueuse exposition
consacrée à l'ensemble de son uvre.
Quelque part près de la Hongrie, dans un pays appelé
la Paradoxie, vivent tranquillement les derniers vampires. Mais
une épidémie vient perturber leur existence et la
remettre en question : l'épidémie d'humanite aiguë
Quand, dans ce pays fréquenté par de nombreux touristes
alléchés par la présence de ces créatures
surnaturelles, Mattéo et son fantaisiste grand-père
rencontrent Vladimir Poltron, ils vont tenter d'aider ce drôle
de vampire que tout effraie, terrifié par l'humanite aiguë
Gustave Akakpo
Illustré par Dominique Mwankumi
Le petit monde merveilleux
Collection Lampe de poche 7 ans et +
Gustave Akakpo vit entre la France et le Togo. Le petit monde merveilleux,
l'un des premiers ouvrages pour la jeunesse de ce journaliste et
auteur de théâtre africain, s'attache à des
thèmes importants tant pour le continent dont il est originaire
que pour les autres, constituant un appel à une prise de
conscience écologique universelle.
Né en 1965 au Congo, Dominique Mwankumi, qui habite actuellement
entre Bruxelles et Londres, est peintre, auteur-illustrateur, et
dessinateur de presse. Le petit monde merveilleux est le
premier livre qu'il illustre chez Grasset-Jeunesse, l'ensemble de
ses albums étant édité par l'Ecole des Loisirs.
Habitué des salons du livre, il anime de nombreux ateliers
en région.
Kéheli tient son journal dans un petit agenda. Il nous fait
partager son quotidien en Afrique, dans le village sur pilotis où
vit sa famille.
Comme la plupart des enfants de son âge, il va à l'école,
fait des blagues, et ne supporte pas sa plus jeune sur. Et
puis, il y a la jolie Amiri, et le " petit monde " merveilleux
que Kéheli rêve de lui faire découvrir : le
soleil qui se couche sur le lac, devant sa maison, véritable
coin de paradis offert tous les soirs par la nature
Mais, soudain, le lac se met à dégager une drôle
d'odeur, et les habitants du village tombent malades les uns après
les autres
Que se passe-t-il ? Où est donc passé
le petit monde merveilleux de Kéheli ?
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