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Parution : 
07/02/2018
Pages : 
272
Format :
140 x 205 mm
Prix : 
19.50 €
EAN : 
9782246803508

La ruée vers l'Europe

La jeune Afrique en route pour le Vieux Continent
Trump a été élu en agitant la menace d’une « invasion » qui n’aura pas lieu : depuis dix ans, plus d’immigrés mexicains sont retournés dans leur pays qu’il n’y a eu de nouveaux arrivants.
À l’inverse, entre  l’Europe et l’Afrique, la pression migratoire va crescendo  : l’UE compte 510 millions d’habitants vieillissants, l’Afrique 1,25 milliards dont 40 pour cent ont moins de 15 ans; en 2050, 450 millions d’Européens feront face à 2,5 milliards d’Africains (d’ici à 2100, trois sur quatre personnes venant au monde naîtront au sud du Sahara).
La démographie est implacable. La jeune Afrique ne peut que se ruer vers le Vieux Continent. L’Europe comptera dans trente ans entre 150 et 200 millions d’Afro-Européens (9 millions aujourd’hui).
Comment gérer un tel flux migratoire, qui va être au cœur des débats des prochaines décennies  ?
Stephen Smith aborde ici le sujet en « dé-moralisant » le débat, à partir de la rationalité des faits et en s’affranchissant des œillères idéologiques (l’irénisme humaniste fait en la matière autant de dégâts que l’égoïsme nationaliste).
Il démontre, entre autres  :
- que ce ne sont pas les plus pauvres qui émigrent : les jeunes qui peuvent quitter le village pour la ville, puis la ville pour la capitale, puis le continent pour le monde, sont les forces vives des pays de départ, les espoirs de l’Afrique « émergente ». Les plus pauvres sont vissés à leur village et les plus riches vivent – très bien - sur place ;
- que la jeunesse démographique des sociétés subsahariennes amenuise leur chance de consolider des systèmes démocratiques ;
- que vouloir faire de la Méditerranée la douve d’une « forteresse Europe » en érigeant des remparts – des grillages, un mur d’argent, des Etats policiers en première ligne… - autour du continent de l’opulence et de la sécurité sociale est une illusion ;
- que le « co-développement » est une aporie : il vise à retenir les pauvres chez eux alors qu’il finance leur déracinement (les pays riches versent une prime à la migration en aidant des pays pauvres à atteindre le seuil de prospérité à partir duquel un nombre croissant de leurs habitants disposent des moyens pour partir s’installer ailleurs) ;
- qu’une diaspora tardant à se dissoudre dans son pays d’accueil encourage à venir d’autres immigrés qui, sans elle, ne se mettraient pas en route ;
- que l’Europe, et singulièrement la France, ne pourra durablement conjuguer ses valeurs et sa politique d’immigration, sous peine de laisser triompher chez elle un populisme « nativiste » : elle sera contrainte de renoncer à sa prétention morale (la rançon payée à des autocrates pour endiguer  les flux migratoires s’accommode mal de l’angélisme proclamé) et d’abandonner son modèle social, le souci d’équité et l’Etat-providence.