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la " pensée unique ". L’économie est enfin
sortie d’une longue période d’hibernation. Elle était
un domaine réservé à quelques experts qui
convergeaient autour d’une même pensée. Elle est
sortie de son cocon et s’est imposée au centre des préoccupations
de nos concitoyens.
La mondialisation, la taxe Tobin, l’euro, les impôts, le
plein-emploi, les 35 heures, les stock-options, les fonds de pension,
les services publics : sur tous ces thèmes, et d’autres,
les Français ont des interrogations. Ils veulent comprendre
les mécanismes qui régissent leur vie en société.
Il n’y a plus de débats interdits. Pour se former leur
propre opinion, ils n’attendent plus qu’un gourou leur assène
ou, pire encore, leur impose sa vérité. Ils veulent
pouvoir juger en appréciant, par eux-mêmes, les arguments
des uns et des autres.
Un appétit nouveau pour les questions économiques
et sociales, une volonté accrue de compréhension
des mécanismes qui régissent nos sociétés,
le souhait aussi de pouvoir se former leur propre opinion : pour
répondre à ces trois demandes, les Editions Grasset
lancent, en janvier 2002, en collaboration avec le quotidien "
Les Echos ", une nouvelle collection pédagogique :
" Pour & Contre ".
Dirigée par Erik Izraelewicz, rédacteur en chef
éditorialiste des " Echos ", cette série
d’ouvrages donne l’occasion, à chaque fois, à deux
auteurs, choisis parmi les plus compétents, en France et
à l’étranger, de confronter leurs points de vue
sur un thème précis.

"POUR & CONTRE"
: LE DÉBAT À LIVRE OUVERT
Interview croisée de Manuel Carcassonne,
directeur de publication
et Erik Izraelewicz, rédacteur en chef éditorialiste
des "Echos".
Les éditions Grasset ont lancés
en 2002, en collaboration avec le quotidien " Les Echos ",
une nouvelle collection : " Pour et Contre ". Chaque ouvrage
de la série offrira l'occasion à deux auteurs, choisis
parmi les plus compétents, de confronter leurs points de
vue et de débattre sur un thème précis. Interview
croisée de Manuel Carcassonne, directeur de publication,
et Erik Izraelewicz, rédacteur en chef éditorialiste
des "Echos".
Comment est née l'idée de cette collection ?
Manuel Carcassonne : Sur la base d'un constat. Le rapport
d'une majorité de Français aux questions économiques
est en train d'évoluer et de gagner en maturité. Il
y a encore quelques années, cette discipline était
réservée à une poignée de spécialistes.
Puis nos concitoyens ont massivement découvert la Bourse
à l'occasion des privatisations. Aujourd'hui, ils cherchent
à prendre du recul, à mieux comprendre les rouages
de l'économie et ses conséquences. La mondialisation,
la situation de l'emploi, le niveau de rémunération
et de protection sociale, le système des retraites
sont autant de sujets qui font partie de l'actualité. La
collection " Pour et Contre " a comme ambition d'apporter
des éléments de réponses à leurs légitimes
interrogations et de les aider à se faire une opinion.
Quel est le principe de la collection ?
Erik Izraelewicz : Nous avons voulu organiser un débat,
autour d'un sujet économique d'actualité, entre deux
tenants de thèses radicalement opposées. Trois conditions
indispensables sont posées : que les " bretteurs "
fassent autorité sur le thème choisi, qu'ils en soient
des acteurs et non essentiellement des théoriciens, enfin
qu'ils soient ouverts à la discussion. Pour les "Stock
options", je me suis chargé d'animer les rencontres
successives.
M.C. : Il faut savoir que cette collection demande un gros travail
d'editing. Erik, les co-auteurs et moi-même avons apporté
chacun notre contribution à l'édition finale. Le résultat
est conforme à nos attentes. Des livres généralistes
mais pas simplificateurs, dont l'objectif est de mettre le débat
sur la place publique. En introduction figure la profession de foi
de chacun des auteurs, résumée en une dizaine de pages.
Puis vient le temps du dialogue et celui de la conclusion. Le livre
traitant des stocks options comporte, en annexe, les chiffres et
notions clés indispensables à la compréhension
du lecteur. Avec des adaptations toujours possibles en fonction
du sujet, cette logique de présentation devrait présider
à l'ensemble de la collection.
Les quatre premiers auteurs ont-ils joué le jeu ?
M.C. : Au-delà de ce que nous espérions. Ils
ont dit oui pratiquement tout de suite. Ils étaient très
désireux d'en découdre avec un contradicteur de qualité.
Ils voulaient convaincre, " gagner le match ! ". Ils ont
donc examiné avec soin, j'oserais même presque dire
gourmandise, les thèses de la partie adverse. Qui plus est,
le débat a toujours pris de la hauteur. Le thème initial
est vite devenu prétexte, et derrière, nous avons
vu poindre des perceptions très différentes de la
société dans sa globalité. Dans "Les fonds
de pension", l'un des auteurs est anglo-saxon, William D. Crist.
A l'avenir, nous essaierons, dans la mesure du possible, de continuer
de solliciter des étrangers. Nous avons souhaité que
les ouvrages ne dépassent pas les 160 pages. Le prix initialement
fixé est à 12 euros. Notre objectif est que cette
collection soit accessible.
Quels sont les prochains titres à paraître ?
E.I. : En février paraîtront "L'Europe
fédérale" et "La Mondialisation libérale".
Ensuite, des sujets tels que le plein emploi, les 35 heures, les
impôts, le service public, l'écologie, l'exception
culturelle ou l'euro seront à l'ordre du jour. La matière
première ne fait pas défaut ! Le rythme de parution
devrait être de quatre à six livres par an, au début
et à la fin de l'année.
Un souhait pour cette collection ?
M.C. : Fidèle à la tradition, j'en formulerai
trois. Qu'elle serve à la réflexion sur des sujets
majeurs, qui ne peuvent en aucun cas être traités de
manière tiède. Qu'elle engendre des propositions concrètes.
Enfin, qu'elle rencontre un large public. L'ignorance est mère
de tous les maux, disait Rabelais. La sentence est, je crois, plus
que jamais d'actualité.
P A R U T I O N S
William D. CRIST et Jean-Christophe LE DUIGOU
LES FONDS DE PENSION
Les
Auteurs :
Jean-Christophe Le Duigou, économiste, est le n° 2 de la
CGT. Il est l’auteur entre autres de Capitalisme patrimonial
ou nouveau statut salarial (2000). William D. Crist, économiste
de formation, est le patron de CALPERS, le principal fonds de pension
américain, qui gère des actifs supérieurs à
160 milliards de dollars et l’investit dans différentes entreprises
aux Etats-Unis et à l’étranger.
Le Livre:
Au banc des accusés : les fonds de pension, surtout s’ils
sont américains ! Ils représentent aujourd’hui 1/3
des actifs boursiers des 40 plus grandes sociétés
françaises. Pour certains, ces fonds réclament toujours
plus de dividendes pour leurs épargnants et imposent leur
loi aux actionnaires. Ils seraient responsables, par exemple, des
licenciements chez Danone, entreprise où Calpers a investi
des fonds, ou de ceux chez Marks & Spencer.
Pour d’autres, ils sont une manière de régler le problème
du financement de nos retraites, par capitalisation, au moment crucial
de l’allongement de la durée de vie du salarié. Leur
mise en place en France, renversant notre schéma de retraite
par répartition, serait une fatalité.
Europe contre Amérique, société salariale contre
société patrimoniale, gestion spéculative contre
investissements à long terme, profits contre emplois, individualisme
contre collectivisme.
Philippe JAFFRE et Laurent MAUDUIT
LES STOCK-OPTIONS
Les
Auteurs :
Philippe Jaffré a été président d’Elf-Aquitaine
de 1993 à 1999. Il est actuellement Président d’Europatweb
et de Zebank.Com. Laurent Mauduit, auteur chez Grasset d’un livre
remarqué (La gauche imaginaire, 1999), est rédacteur
en chef de la section Entreprises au quotidien Le Monde.
Le Livre:
En couverture d’un hebdomadaire, le visage de Philippe Jaffré,
au moment de son départ d’Elf-Aquitaine, avec ce titre :
" Cet homme vaut-il 200 millions ? " Dès le lendemain,
le débat sur la fiscalité de ce mode de rémunération
faisait rage. C’était poser, de manière caricaturale,
la question de l’attribution des stock-options à un dirigeant
d’entreprise. Seuls 40 000 cadres de haut niveau sont les bénéficiaires
de ce mouvement qui tend à s’étendre en France. Quel
en est le mécanisme ? " C’est la possiblité d’acquérir
au terme d’un certain délai des actions de l’entreprise à
laquelle on appartient au prix d’aujourd’hui. Si au terme du délai
convenu, le cours de l’action a progressé, le bénéficiaire
empochera une plus-value. Si le cours de l’action n’a pas progressé,
il ne recevra rien du tout ". Inégal ? Ou, au contraire,
une récompense au mérite individuel ?
Sommes-nous dans la logique spéculative du " profit
pour l’actionnaire " ? La fiscalité doit-elle comporter
des exceptions ? Le travail précaire est-il le remède
idéal au chômage ? Serait-ce la mort déclarée
de l’entreprise citoyenne ? Le capi-talisme anglo-saxon a-t-il définitivement
gagné la partie ?
Susan GEORGE et Martin WOLF
LA MONDIALISATION LIBERALE
Les
Auteurs :
Susan George est vice-présidente d’ATTAC (Association pour
une Transaction des Taxations financières pour l’aide aux
Citoyens). Elle est l’auteur, entre autres, du Rapport Lugano
(Fayard). Martin Wolf est l’un des principaux éditorialistes
du quotidienThe Financial Times.
Le Livre:
Pour Susan George, " la mondialisation est une machine à
concentrer la richesse et le pouvoir en haut de l’échelle
sociale. " Pour Martin Wolf, c’est "un processus d’intégration
des marchés des biens, des services, du capital, du travail,
qui n’a pas cessé de se développer depuis la 2e
guerre mondiale. "
De l’explosion des technologies au rôle de l’actionnaire,
de l’importance des institutions financières à la
dégradation de la notion de service public, de la redistribution
des richesses à la fiscalité, ce sont les questions
les plus cruciales du libéralisme qui sont discutées
ici, entre le libéral et la partisane de la taxe Tobin. Pourquoi
le triomphe de l’économisme ? A quoi sert l’organisation
mondiale du commerce ? En quoi le libéralisme est-il inéluctable
? Quelles sont les chances d’un nouveau contrat social ?
Philippe LABARDE et Bernard GUETTA
L’EUROPE FÉDÉRALE
Les
Auteurs :
Journaliste, Philippe Labarde a été directeur de La
Tribune de l’Expansion (1984 - 1992), directeur de l’information
du quotidien Le Monde et depuis 1995 membre du CSA. Il est
l’auteur de différents succès en librairie, dont Dieu,
que la guerre économique est jolie (1998) et La Bourse
ou la vie : la grande manipulation des petits actionnaires (2000).
Bernard Guetta est actuellement chroniqueur à l’Express,
à France-Inter, à La Repubblica, et à
Gazeta (Pologne).
Le Livre:
En janvier 2002, avec l’Euro, un pas de plus sera franchi dans l’aventure
européenne. Irréversible ? Mais le consensus est loin
d’être total. Là où Philippe Labarde voit dans
l’Europe fédérale le " cheval de Troie du libéralisme
", Bernard Guetta assure au contraire que seule l’Europe économique
et politique nous permettra de faire face à la mondialisation.
Faut-il marquer une halte dans la construction européenne
? Quel serait le modèle fédéral ? Peut-il exister
un état-nation européen ? Comment remettre la décision
politique au centre du jeu ?
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