P A R U T I O N S
2005
Pascal Engel et Richard Rorty
Á quoi bon la vérité ?
Relativisme, scepticisme, dogmatisme... ces problèmes hantent depuis toujours les philosophes s'interrogeant sur la vérité, sa nature et la valeur qu'il faut lui reconnaître. Dans ce débat sans concession, Richard Rorty et Pascal Engel exposent et précisent leurs profondes divergences, offrant ainsi des voies d'accès privilégiées à une manière plus approfondie et peut-être mieux affirmée, de penser la vérité. Qu'attendons-nous de la vérité ? En avons-nous besoin ? Ces questions ont-elles seulement un sens ?
Bernard Foccroule, Robert Legros et Tzvetan Todorov
La Naissance de l'individu dans l'art
A la fin du Moyen Age, dans un univers encore dominé par les représentations théocentriques, apparaissent ça et là les signes d'une attention nouvelle portée à la " dignité de l'homme ". Nul domaine n'est plus révélateur de ce changement que celui de l'art. L'oeuvre se détourne peu à peu du sacré pour s'attacher à représenter l'ici-bas dans ce qu'il a de plus singulier : le quotidien, la vie des sentiments, l'" humain trop humain ". Ce qui, a posteriori, apparaît comme une véritable révolution, se produit très progressivement en peinture (les portraits de Van Eyck), en musique (les opéras de Monteverdi) et en littérature (les Essais de Montaigne et le Robinson de Defoe). Désormais, la représentation de ce qu'il y a de plus individuel en l'homme prime sur la transmission du message religieux. C'est à raconter et à comprendre cette invention esthétique de l'individu que cet ouvrage est consacré. La suivre dans les différents domaines artistiques et dans les premiers pas de l'art moderne offre une clé d'analyse particulièrement précieuse non seulement pour rendre intelligible le destin contemporain de la création, mais aussi pour approfondir la compréhension de nos sociétés, qui ont fait de l'individu, pour le meilleur et pour le pire, leur principe fondateur et leur valeur cardinale.
2004
Luc Ferry et Marcel Gauchet
Le religieux après la religion
Vivons-nous la fin du sacré ou le retour du religieux ? La question n'en finit pas de se poser : d'un côté, les Églises et les dogmes s'effacent au profit d'une religion " à la carte " ; de l'autre - force est de le constater - les intégrismes et autres fondamentalismes ne se sont jamais aussi bien portés. Comment se retrouver dans des tendances aussi contradictoires ? Luc Ferry et Marcel Gauchet éclairent notre perplexité par une réflexion qui n'hésite pas à convoquer la longue durée. Sur fond d'un accord sur le processus multi-séculaire du " désenchantement du monde ", - tel que l'a décrit Max Weber - ils dessinent pour le présent et le futur deux scénarios opposés : pour Gauchet, c'est l'épuisement du sacré qui se profile, marquant la séparation définitive entre l'humain et le divin ; pour Ferry, au contraire, nous assistons davantage à une reconfiguration humaniste du sacré, à une divinisation de l'humain qu'à sa disparition. Le monde est-il voué au désenchantement, ou promis à un réenchantement ?
Charles Larmore et Alain Renaut
Débat sur l'éthique. Idéalisme ou réalisme ?
Bien loin d'être le produit de réflexions qui se seraient déployées conjointement mais uniquement côte à côte, cet ouvrage nous donne l'occasion de mesurer l'intérêt que peut revêtir un véritable dialogue philosophique, mené par deux philosophes, bien décidés à suivre jusqu'à son terme le fil de leurs divergences sur la question contemporaine des fondements de l'éthique. Ce dialogue se trouve ici ressaisi dans toutes les formes qui furent les siennes : discussion publique, échange de lettres et reprises critiques ultimes, et nous permet ainsi de faire le point sur la question de savoir ce qui peut conduire à dire d'un jugement moral qu'il est valide, voire qu'il est tout simplement vrai.
Nicolas Weill
La république et les antisémites
Si l'on admet qu'il y a un problème d'antisémitisme en France, cela ne dit rien encore de la question de savoir s'il faut parler d'une vague nouvelle de l'antisémitisme ou d'un nouvel antisémitisme. Nicolas Weill pose ce problème et nous invite, à partir de là, à interroger, dans un contexte fortement marqué par l'actualité géopolitique, la vitalité démocratique de notre République, en réfléchissant tout particulièrement à la manière dont se pose la question de l'identité et des communautés dans la France d'aujourd'hui. Il y ajoute une réflexion très neuve sur la façon dont nos médias traitent ces questions et, par là-même, " sculptent " la réalité dont il leur incombe de rendre compte. En d'autres termes : l'" antisémitisme " ou le " communautarisme " de la France contemporaine ressemblent-ils vraiment à ce qu'en décrivent nos médias ? En quoi s'en distingue-t-ils ? Et qu'est-ce qui se joue dans cet " écart " entre la réalité et sa représentation ?
Jean-Paul Fitoussi
La démocratie et le marché
La recherche de la justice sociale constitue-t-elle, dans le contexte de la globalisation, un obstacle à l'efficacité économique ? A cette question, Jean-Paul Fitoussi, avec vigueur et rigueur, répond négativement. En s'appuyant sur un constat - les sociétés les plus solidaires ne sont pas les moins performantes -, il soutient que ce n'est donc pas l'ouverture des pays aux échanges internationaux qu'il s'agit de remettre en cause, mais un discours rhétorique de la légitimation d'un capitalisme libéral et dominateur qui considère la démocratie et le politique comme des obstacles au développement.
Gilles Lipovetsky
Les temps hypermodernes
L'oeuvre de Gilles Lipovetsky a profondément marqué l'interprétation de la modernité. Dans L'Ere du vide (1983), il posait les jalons de ce qui devait s'imposer comme le " paradigme individualiste ". Depuis il n'a cessé d'explorer avec minutie les multiples facettes de cet individu contemporain : le règne inédit de la mode, les métamorphoses de l'éthique, mais aussi la nouvelle économie des sexes, l'explosion du luxe et les mutations de la société de consommation. Dans ce livre, écrit en collaboration avec Sébastien Charles, philosophe et professeur à l'Université de Sherbrooke (Canada), Gilles Lipovetsky revient sur son itinéraire intellectuel et les différentes étapes de son travail, mais il apporte aussi un élément supplémentaire à son interprétation de la " seconde révolution moderne " : le " postmoderne " a fait son temps ; nous sommes passés, pour le meilleur et pour le pire, à l'âge " hypermoderne " !
John Searle
Liberté et neurobiologie
Le philosophe américain John Searle a établi sa renommée internationale, universitaire et intellectuelle, grâce à ses célèbres travaux sur le langage et l'esprit. Dans les textes que nous présentons ici, il poursuit son travail dans le champ plus spécifique de la philosophie pratique, reprenant à nouveaux frais les questions classiques et fondamentales à ce titre : celles de la liberté et du pouvoir politique. Qu'est-ce qu'être libre ? Si nous intégrons les acquis de la recherche contemporaine dans le domaine des sciences cognitives et de la neurobiologie, nous devons intégrer par la même occasion un certain type de rapport à l'hypothèse du déterminisme. La question est alors : quelle doit être la nature de l'esprit, comme fait physique, pour que la liberté soit possible ? Searle prolonge ensuite cette réflexion, par une analyse des faits sociaux, afin de souligner la relation qu'entretiennent le langage et le pouvoir. Dans cet ouvrage stimulant, un philosophe de premier plan nous fait part, avec vigueur et clarté, des thèses et des interrogations qui sont les siennes sur des questions qui intéressent très directement l'idée que l'on se fait communément de l'être humain comme être politique et comme être de liberté.
2003
Jürgen Habermas
L’éthique de la discussion et la question de la vérité
Essai
Jürgen Habermas, né en 1929, philosophe et sociologue de renommée
internationale, est l’auteur d’une œuvre considérable parmi laquelle :
Théorie de l’agir communicationnel (Fayard, 1987), Droit
et démocratie (Gallimard, 1997), L’intégration républicaine
(Fayard, 1998), Après l’Etat-Nation (Fayard, 2000),
Vérité et justification (Gallimard, 2001).
Jürgen Habermas est un représentant majeur de la philosophie contemporaine.
Son œuvre, qui compte près d’une quarantaine d’ouvrages, se déploie
dans quasiment tous les registres de la philosophie : épistémologie,
philosophie de l’histoire, philosophie du langage, philosophie
morale et politique, théorie sociale, psychologie. Dans chacun
de ces registres, Habermas a introduit de très profondes innovations,
tout particulièrement à la faveur du fameux « changement
de paradigme » qu’il place au principe de ses travaux. Dans
ce livre, Habermas reprend à nouveau la question de la vérité,
afin de répondre à quelques-unes des objections qui furent adressées
à son « éthique de la discussion ».
Albert Jacquard, Pierre Manent, Alain Renaut
Une éducation sans autorité, ni sanction ?
Essai
Albert Jacquard, généticien, auteur de nombreux ouvrages parmi
lesquels : De l’angoisse à l’espoir (Calmann-Lévy),
2002), La science à l’usage des non-scientifiques (Calmann-Lévy),
Petite philosophie à l’usage des non philosophes (Livre
de poche, 1999).
Alain Renaut, Professeur de philosophie à l’Université de la Sorbonne
(Paris IV), a récemment publié La Libération des enfants,
Que faire des Universités ? (Bayard, 2002) et Alter
ego, Les paradoxes de l’identité démocratique (Champs Flammarion,
2002).
Pierre Manent, Directeur d’Études à l’École des Hautes Études
en Sciences Sociales, est l’auteur d’une œuvre riche et dense
en philosophie politique. Ses derniers ouvrages sont : Cours
familier de philosophie politique (Fayard, 2001), La cité
de l’homme (Fayard, 1994) et Histoire intellectuelle du
libéralisme : dix leçons (Calmann-Lévy, 1987).
On parle communément d’une « crise de l’éducation »,
et l’on associe parfois celle-ci à la mise à mal de l’autorité.
Autour de ce thème, se livre aujourd’hui un dur combat d’idées
sur la pédagogie de l’âge démocratique. De quelle nature est cette
crise de l’éducation ? Et quelles solutions pouvons-nous
envisager ? Albert Jacquard, Pierre Manent et Alain Renaut
en débattent et font émerger, à cette occasion, des clivages qui
permettent d’éclairer d’un jour nouveau ces interrogations.