Elena Lenina
Russes comme Crésus
Ces milliardaires venus du froid
Elena Lenina est une personnalité très médiatique en Russie. On la voit souvent à la télévision où elle anime des shows de qualité et de grande audience populaire. Installée en France tout en faisant de fréquents allers-retours à Moscou, elle a vite rejoint à titre d'invitée ou de participant des émissions de Laurent Ruquier ou de Paul Wermus. On l'a vue par ailleurs dans des émissions de téléréalité (" Nice people ", etc).
Les nouveaux tsars
de la nouvelle Russie
a Russie n'est plus ce qu'elle était. Moscou compte aujourd'hui trente-deux milliardaires dans ses murs - milliardaires en dollars, bien évidemment. Ce qui fait trois de plus qu'à New York. Qui l'eût cru ? Un nombre impensable il y a seulement dix ans.
Le magazine Forbes a recensé les cent plus riches, à ses risques et périls, car les informations sur la fortune réelle de ces nouveaux tsars, la plupart du temps inaccessibles, sont à considérer avec beaucoup de prudence. Prudence sur leur exactitude, on l'a compris, la majorité de ces hommes préférant garder secret l'essentiel de leur activité. Mais prudence aussi sur leur divulgation, qui peut parfois contrarier certains de ces messieurs. Or ces derniers ne sont pas spécialement des tendres, et grâce au mélange d'affairisme et d'autoritarisme qui définit aujourd'hui la Fédération de Russie, ils peuvent avoir le bras long... et parfois vengeur.
Quelques jours après la publication de ce palmarès daté de 2004 dans l'édition russe du magazine Forbes, l'auteur de l'enquête et rédacteur en chef, Paul Khlebnikov, un Américain d'origine russe, a été assassiné. La police, qui a aussitôt reconnu dans ce meurtre le geste d'un tueur professionnel (rémunéré entre cinq et dix mille dollars en moyenne), n'a pas pu, près de vingt mois plus tard, en déterminer le commanditaire. Aucun doute pourtant sur le fait que la publication de l'article et le meurtre aient été étroitement liés.
J'avais rencontré Khlebnikov quinze jours avant sa mort. Il m'avait proposé de rédiger pour son magazine une série d'articles sur les vacances des milliardaires russes, notamment en France, à Paris, à Courchevel et sur la Côte d'Azur française. Ces séjours faisaient souvent la une de la presse populaire parce qu'ils s'accompagnaient de frasques en tout genre, à la grande joie des paparazzi et autres échotiers, et à ma grande tristesse. Je m'inquiète en effet depuis longtemps de l'image désastreuse que donnent à l'étranger ces nouveaux riches de leur pays. De plus, j'ai longtemps présenté à la télévision russe une émission appelée " La Fièvre des affaires " où je recevais des businessmen qui réussissaient. J'avais à ce titre fait la connaissance de beaucoup de nos nouveaux milliardaires. Et comme je partage ma vie entre Moscou et Paris depuis quelques années , je dispose effectivement d'informations sur mes compatriotes en goguette sur les routes de France qu'il ne pouvait obtenir à Moscou.
J'avais rappelé à Khlebnikov que ces hommes d'affaires voulaient, pour la grande majorité d'entre eux, vivre incognito, tranquilles, loin des paparazzi et des rumeurs, tout spécialement pendant leurs vacances. Par ailleurs, j'entretenais avec eux des relations fort cordiales et n'avais pas envie de me les mettre à dos. Un de mes précédents articles dans le journal russe Aif consacré au yacht de Christina Onassis, que la rédaction avait cru bon d'introduire par un chapeau où étaient cités tous les milliardaires russes qui venaient s'y reposer un moment, m'avait valu des ennuis sans fin avec plusieurs de mes amis. Je déclinais donc l'offre de Khlebnikov, sans penser que c'était lui qui était alors en danger de mort.
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