Abel Grand
Culs de singe à vendre
roman
Abel Grand est né en 1930 à Mantes. Musicien classique
de formation, il écrit depuis des années, des nouvelles, des poèmes,
des récits de voyage. Culs de singe à vendre est son premier
roman.
Mantes sous les bombes
e
30 mai 1944, sur les hauteurs de Boinville, Florent joue au tennis
chez des amis parisiens. La lumière est radieuse. Un beau temps
de boutons-d’or pour un double âprement disputé. En face, Renaud
et Damien constituent l’équipe la plus mordante. Après deux ou trois
jeux, lorsque Renaud a vu qu’on retournait bien ses services, il a augmenté leur
puissance puis les a déplacés comme il sait le faire sur surface
rapide. Son plaisir de jouer est contagieux. Damien est le meilleur
défenseur du fond du court, avec son style abrupt, ses coups à démancher
l’épaule, il assène des revers fulgurants et attaque sans relâche
à distance en variant les effets. Martin-Paul, très concentré, le
partenaire de Florent, attend les autres en embuscade, charge le
filet comme personne et pose à l’occasion des séries d’amorties
gagnantes.
Egalité des sets et des jeux. Il est près de midi lorsque surgissent
de Goussonville des quadrimoteurs par formation de six. Ils sont
haut, ne font pas de bruit, brillent dans le soleil, se dirigent
vers Epône-Mézières. Rien d’inquiétant, en ce printemps les bombardements
des ponts sur les bras de la Seine se succèdent par dizaines sans
grand succès. Les forteresses volantes font partie du décor. Les
joueurs sont à quarante-trente dans le septième jeu. Tandis que
le serveur ramasse des balles, son partenaire remarque que les avions,
vague après vague, font un crochet à gauche et se dirigent vers
Mantes. Les chapelets de bombes tombent presque aussitôt. De Boinville
on ne voit pas la ville, trop encaissée dans la vallée. L’immense
champignon de poussière qui s’élève lentement n’interrompt pas la
partie. Les paysages du Mantois, du quai des Cordeliers à Dennemont,
de Vétheuil à la Roche-Guyon sont beaux, immortalisés par Corot,
Manet, Braque, bien d’autres. Les Américains, les Anglo-Canadiens,
n’ont pas de grands peintres mais de fugitives torpilles à dessins
d’argent. Les tableaux célèbres, dans les musées, survivront aux
paysages saccagés.
A l’heure des rafraîchissements un homme pousse le portillon de
la propriété, tout là-haut, et commence à descendre la rampe, sa
bicyclette à la main. Il se tient raide, regarde en direction de
la maison des gardiens où Ralph, le berger allemand, aboie avec
insistance derrière son grillage. Le petit groupe de sportifs est
sous la tonnelle, près de la roseraie. Les commentaires sur le match
vont bon train. Il y a Mathilde et son frère Damien, Renaud qui
termine ses études d’architecte, comme Florent, Bénédicte, Martin-Paul
et Bruno. Rudolphe préfère le golf au tennis.
L’homme prend son temps pour s’introduire dans ce petit monde effervescent.
Il est en civil, avec brassard et médailles. Il porte fièrement
une sorte de calot. Il glisse le long de l’allée principale comme
une araignée au bout de son fil. Son visage n’exprime rien. On dirait
qu’il se tient à sa bicyclette, qu’il tomberait sinon. Au fur et
à mesure qu’il approche, les conversations s’éteignent. Mathilde
s’est dressée, puis Bénédicte. Les voilà tous immobiles. Ils écoutent
le récitant : il n’y a plus de ponts sur les bras de Seine,
plus rien autour des ponts. Les quartiers de la collégiale, de la
tour Saint-Maclou, sont des monceaux de ruines ; la rue Nationale,
la rue Thiers, la place de l’Etape : des décombres. L’homme
énumère d’une voix neutre, s’accroche aux généralités. C’est le
préambule. Il faut bien en venir aux morts, très nombreux. Florent
est le seul concerné directement, les autres n’ont
pas d’attaches à Mantes. Lui, a toute sa famille en pleine ville. Il y avait toute sa famille.
Le messager est reparti, il a plusieurs villages à faire avec son
vélo, des listes plein les poches, il sait où trouver les gens,
il est bien informé. A ce moment on entend la Marche turque
de Mozart au piano. C’est le géomètre, un peu plus haut, sa villa
s’appelle La Croche pointée. Il joue souvent cet air-là, pas entièrement,
c’est difficile. Les visages sont graves, les traits creusés. Une
stupeur les relie. Le doute, comme un espoir, ces listes hâtivement
établies, des erreurs possibles, un nom mal écrit. Il y a bien des
disparus, on retrouvera des Mantais au fond des caves, des Mantais
vivants. C’est ça. Vivants. Les listes seront à revoir. L’espoir,
contre tout, petite flamme vacillante. Il est difficile d’arrêter
ses yeux sur Florent, très pâle, hagard. Il ne voit personne, pas
même Mathilde qui est contre lui. On l’embrasse, on l’embrasse encore.
Il marche, il croit qu’il marche dans une demeure vide, belle mais
vide. Du marbre. L’écho de ses pas se fragmente, s’affaiblit, disparaît,
revient, déformé. Est-ce bien son pas ? Tout cela est sonore,
trop sonore, indiscret. Il est intrigué par ce bruit de pas. Des
larmes maintenant. Bénédicte et Mathilde pleurent. Chacun fait ce
qu’il peut. Ils sont comme une flottille éparpillée par un ouragan.
Martin-Paul est allongé à même les cailloux de l’allée. Bruno, vautré
dans un fauteuil, n’est plus qu’un dos. Damien,
assis à califourchon sur un banc, fixe les arbres. Voici Pierre
et Clémence, les gardiens jardiniers, des pleurs, des embrassades.
Et puis Ralph qui gémit, interroge, pose sa tête sur les genoux
de l’un, de l’autre, soulève une main d’un coup de museau.
La Marche turque s’est arrêtée. Commence une autre journée
dans la journée, sans portes, sans fenêtres, des murs seulement,
une enfilade de murs, terre incendiée qu’il faut quitter dans une
nacelle incertaine. L’eau a pris un goût de crapaud et l’évidence
son regard noir. Pourquoi chercher ? Il n’y a rien. L’ami s’est
tu.
Florent est monté dans sa chambre. L’odeur d’herbe est forte. L’abeille
se noie dans un bouquet. Mathilde entre et sort, s’assied près de
lui au bord du lit, froisse un mouchoir, prend dans ses bras le
grand corps athlétique prostré, ce front immense, caresse les cheveux
bouclés. Douleur profonde, larmes secrètes. Bénédicte vient à son
tour pour d’autres murmures. Sa gorge est pleine de cendres. Les
garçons se faufilent, on s’accroche partout, Renaud renverse un
vase, Bruno bafouille. Maladroits mais inoffensifs. Qui peut le
mieux déchirer son sourire ?
Le soir est venu à petits pas. Il visite les allées, frôle le bois
de chênes et d’acacias tout en longueur où court le chien pour jouer
de sa fougue. Tendresse inutile. Mathilde dénoue
les doigts de Florent un à un. Ses parents viennent d’arriver de
Paris. Pas de train, la voiture à gazogène est en panne, pourtant
ils sont là. Ils essaient de comprendre à leur tour. Ils savent,
pour la librairie écrasée rue Thiers, pour les frères jumeaux, pour
Marion pulvérisée avec la mairie. Amitié sans limites. Florent ne
répond qu’avec des battements de paupières. Ils s’en contentent.
Dans la nuit, toute la nuit, des voix. Leurs voix. Contrairement
à ce qu’on croit, les morts ne sont pas muets. Ils parlent, ils
parlent même beaucoup, de choses ordinaires, font des projets, voyagent,
commentent un livre. Ils rient aussi, mais c’est plus rare, plus
décousu. Les époques sont mêlées. C’est comme si quelqu’un tournait
sans arrêt le bouton de la TSF. Mais les intonations, les liaisons
de chacun, tout est là. Lorsque Mathilde vient interférer, Florent
lui tâte le bras ou la jambe, pour savoir, pour comprendre. Personne
ne dort à Boinville. Des ombres passent. La
lune, dans la chambre, vient dire ce qu’elle sait.
Ainsi de juin, avec Ralph qui dort à ses pieds. Florent lui raconte
la forêt. Il dit qu’on n’aurait pas dû se séparer de la Marche
turque. Sans la musique, on n’est rien. Il le sait bien lui,
le chien. Florent lui demande s’il sait voler, nager, devenir invisible,
si sa langue brillante lui sert de lanterne pour explorer les ténèbres,
s’il connaît l’histoire du Roi Cheval. Il lui propose l’histoire
du Roi Cheval qui ne savait pas marcher à quatre pattes. Ralph comprend
tout.
Florent ne voit personne, ou presque. Il se tient sur ses gardes.
Vivre est devenu si dangereux. A Mathilde il parle de défi, de provocation.
Il lui est reconnaissant de ses soins, de ses attentions, de son
mutisme.
Qui pourrait venir à présent avec sa bicyclette, dire qu’il ne s’est
rien passé ?
Il sait pour les jumeaux. Ils sortaient de chez Agamemnon, le marchand
de musique, après avoir acheté des partitions. Agamemnon est violoniste,
il dirige l’orchestre symphonique. Toujours ensemble, ses frères
ne descendaient pas dans les caves lors des alertes. Les mêmes sourcils,
la mèche à droite, l’éblouissante passion de l’inutile. Ils ne se
refusaient rien.
Plus de salive pour Florent. Desséché comme un oued. Il cherche
un appui à même le sol, ne le trouve pas. Alors il reste cabré,
rebelle à toute approche, se nourrit de désarroi, fait de la compassion
une offense. Un médecin vient, il veut se cacher. « Mutisme
accompagné de catatonie » dit-on.
Les routes ne sont pas sûres. Médecine inaccessible, médicaments
introuvables. Les Alliés ont débarqué, la France se libère, les
perroquets écarlates vocifèrent. Boinville sent le seringa.
Florent peut crier silencieusement, observer la poussière dans un
rai de soleil venu visiter la chambre. Il souffle, tout voltige.
Parfois, un papillon ocellé de rouge entre par la fenêtre. Curiosité
passagère. Il retrouve ses fusains, c’est dans son intérêt, fait
des croquis d’abricotiers, de cerisiers, de frênes pleureurs, de
cèdres en forme de boule. La nature lui offre un vif langage, ouvre
l’espace. Pierre est sa cible favorite, petite tête sur un cou de
taureau, cheveux noirs coupés ras. Florent le capte avec sa brouette,
ses instruments aratoires, le plus frémissant possible. Car tout
frémit. Même Clémence. Avec les pastels procurés par Renaud, il
dessine leurs visages brûlés par le soleil, les longues traînées
de foin qui sèchent au vent, les bleuets bavards, les coquelicots
qu’il agrandit démesurément au milieu des champs de blé d’ocre jaune.
Instant de création suivi d’une longue période d’abattement. Un
grand dégoût de lui-même, des nausées surgies du fond du corps.
Les parents de Mathilde s’occupent des formalités. Il faut deviner
leur patience. Propos blancs. Florent signe tous les papiers qu’on
lui présente. C’est l’amitié, il ne faut pas la décevoir. Il reçoit
des lettres, beaucoup de lettres, en ouvre quelques-unes. Il n’est
pas concerné.
Mathilde s’est remise au piano. Un soir elle vient chanter pour
lui, tout bas. La voix de Mathilde est très belle. Une voix de soprano
travaillée. Elle s’enhardit. Mozart peut aider l’accomplissement.
Elle chante Mozart. La Flûte enchantée, il aime. Elle
est Pamina, elle est sagesse et sérénité, elle guide Tamino à travers
les épreuves du feu et de l’eau. Florent a laissé échapper le nom
de Marion. Sa sœur a été piétinée par les bombes avec l’hôtel de
ville. Elle venait d’avoir dix-huit ans. Libellule d’éternité. Il
a honte de s’être séparé des siens aussi facilement. Trou sanguinaire.
On le connaît peu. Vraie richesse dont les feuilles ont été arrachées
par la bourrasque. Lorsqu’il dort, c’est sans surprise. Il s’interroge
sur la vie de berger. Fuite perpétuelle. La pendule, sur la commode
marquetée de bois d’amarante, cligne de l’œil. Elle dit ce qu’elle
veut, par à-coups, ne se départ pas d’une sorte de politesse musicale.
Il se refuse à compter les tombes. Toute indignation lui semble
puérile. Il saura bien se détacher des murs tout seul. Il saura
bien circuler librement dans son logis décousu. Aujourd’hui tout
est donné ; demain sera plus difficile. Avec qui habiter ?
Qui se couche après lui ? Qui se glisse entre le vrai et le
faux ?
Florent écrit à son père avec chaleur et spontanéité : « Cher
Monsieur, je viens d’apprendre fortuitement que vous venez de perdre
votre femme dans des circonstances mal élucidées. Un beau miroir
s’est brisé. Je souhaite bien vivement que vous vous adaptiez du
mieux possible à cette situation à laquelle vous n’étiez sans doute
pas préparé. »
A sa mère : même début de lettre, mais le miroir est remplacé
par une porcelaine de Saxe. Il l’engage à se montrer ferme devant
l’adversité, l’assure de ses sentiments très attristés (il trouvait
son mari bien attachant malgré ses gilet noir et chemise blanche)
et regrette que les occasions de le connaître mieux n’aient pas
été plus nombreuses.
Il écrit aussi aux jumeaux : « Lettre à deux jeunes
gens qui ont perdu la santé. C’est en Europe que l’on peut retrouver
les derniers vestiges des valeurs morales et culturelles. La culture
de l’Ancien Monde passe aujourd’hui nécessairement par des avalanches
de bienfaits (bombes) porteurs de grandes idées. Le scénario est
bien rodé. Ne vous exposez pas davantage, je vous en conjure. Eteignez
votre fanal. »
Sa jeune sœur Marion est destinataire de plusieurs missives jour
après jour : « Votre intention est de vous marier dès
que vous aurez fini de réciter le catéchisme de l’amour. Cela ne
m’étonne point. Vous avez de l’esprit, les grâces les plus vives
et les plus touchantes, mille qualités qui font rechercher votre
compagnie. Les prétendants ne doivent pas manquer. Mais quelqu’un
est décédé, je ne sais pas qui. En termes simples cela s’appelle
patatras. C’est un genre d’événement qui peut faire obstacle à des
épousailles. Je m’engage à vous tenir informée de la suite qui sera
donnée. »
Juillet est limpide, rectiligne, brûlant. Les moissons devaient
être terminées pour la fête nationale mais les bras manquent. Pour
Florent ce sont des jours improbables, aux rumeurs lointaines. Tout
l’accable, lui pèse. Lourde est l’attente. Tant de gens ont vieilli
à la fois. S’il ne se lève pas, on le lève. De même pour les soins
du corps, le rasage, le choix des vêtements. Tout le monde s’y met,
pas de contraintes, de gestes brusques. On ajuste le texte à l’état
d’esprit. A chacun son chapeau. Pour l’athlétique Damien, c’est
le sport de compétition, l’olympisme primaire, la performance, le
goût de vaincre, de se surpasser. Renaud, grande figure fraîche
et franche, instruit de religion protestante, aime parler d’architecture,
de villes futures, de moyens d’accès. Martin-Paul, séducteur-né,
devient hennissant dès qu’il est question de l’occupant allemand.
Rudolphe termine ses études de droit et entretient une passion pour
le saxophone que son notaire de père trouve superflue. Les nègres
convulsifs de La Nouvelle-Orléans n’ont pour ce brave monsieur
aucun attrait. Boinville résonne quand même des meilleurs airs de
Bechet et d’Alix Combelle joués avec fougue au soprano comme au
sax ténor sur des Selmer, Dolnet, Beaunier, les meilleures lutheries
de Mantes-la-Ville.
Bénédicte, avec sa beauté de vase crétois, parvient à trouver son
chemin vers Florent par on ne sait quels détours. Ingénieur chimiste,
c’est un bel esprit à l’élégance un peu froide. Renaud et Martin-Paul
lui font une cour appuyée dont elle sait tirer des effets inédits.
En réalité, elle ne peut se faire aux hommes et n’a pas trop de
scrupules à vaincre pour satisfaire ses vrais penchants. Dès lors
que les apparences sont intactes elle n’est pas pudibonde à l’excès.
Mathilde, son amie, sa confidente, sait tout de ses grandes passions
qui n’aboutissent pas, de ses naïfs rêves de gloire, de ses souffrances
méconnues. Elles partagent la même chambre à Boinville depuis le
30 mai.
Mathilde soigne Florent. C’est un malade déconcertant, soumis à
des délires paranoïaques, qui dessine des syntagmes dédiés à Marion.
Décompensation délirante. Il faut l’écouter, le dorloter, le raisonner.
Il faut aussi l’ignorer. En perpétuel mouvement de bascule, il peint
sur des planches, des tuiles, des bouteilles. Mathilde est son miroir,
son autoportrait. Le jour elle protège sa dignité d’homme mise à
mal. La nuit elle veille sur son sommeil crépusculaire. Elle habite
les creux de sa mémoire. S’il se plaint, elle affirme que le soleil
n’a pas disparu pour toujours.
Il ne mange pas, fume en cachette. L’été flamboie par rafales. L’extravagance
même. Il est question des Allemands en termes de chasse. Les hommes
valides vont se cacher. On l’entraîne. Sautillantes récréations,
rallyes codés. Qui gagnera ? L’écureuil ou l’abeille ?
Celui qui vient à leur rencontre ? On cache les vélos sous
la paille, la nourriture, l’argent, les bijoux, ce qu’on aime. Aujourd’hui
est aveugle, demain sera boiteux. Il faut mettre en ordre ce qui
n’a pas fui, reconnaître ceux qui restent, comprendre ce qu’ils
disent.
La fièvre souvent, serrée contre lui, et qui mord. Il la mord aussi.
Les matinées sont glacées, les après-midi surchauffées. Bénédicte
cueille des framboises, prépare des corbeilles de pommes madeleines
jaunes comme le safran, de prunes, de poires gonflées de sucs.
L’été déploie ses fastes. L’arbre plie sous la charge. Une dentelle
d’insectes décore les haies exubérantes, les sureaux surgis des
murs, les acacias épineux. D’énormes moustiques, montés sur échasses,
auscultent les vitres dès que la lumière s’apaise. La chaleur, jusqu’au
soir, tient son museau puissant appuyé contre
la demeure, fait onduler les stores de son haleine.
Florent s’initie à la vie grinçante des planchers, des escaliers
de bois. Il en fait des traductions. Il apprend à greffer des rosiers.
Pierre et Clémence ont la connaissance des fleurs et des plantes.
Leur herbier fournit des remèdes, des tisanes. Les lapins pullulent.
Non chassés depuis plusieurs années, ils dévorent les jeunes plants
en forêt, ravagent les jardins. Pierre en attrape avec des collets
pour améliorer l’ordinaire. Le meilleur c’est la chasse au furet.
Il faut partir lorsque la nuit se vaporise, avoir une parfaite connaissance
du terrain. Le sac, fixé à la sortie du trou, prend soudain vie
lorsque les bêtes s’y engouffrent. Le furet, lui, peut se faire
attendre.
L’étoile jaune, dit Florent, doit être portée sur le cœur comme
une rose. Ainsi irradié, « l’élu » subjugue et défie l’odieux
Allemand qui ne reconnaît plus son offense.
Bénédicte, c’est Penthésilée, reine des Amazones. Parée de son armure
ailée, elle n’accepte pas d’être fractionnée par l’ennemi.
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