Premiers chapitres
David Elia
Faire durer le plaisir

Le Docteur David Elia, éminent gynécologue, a été chroniqueur à RMC puis Europe I ,sur France 2 et sur France 3 et a collaboré à de très nombreux magazines, dont la revue Parents. Il collabore aujourd'hui à Top Santé. Il est l'auteur de best-sellers, notamment de Comment rester jeune après quarante ans (TF1 Edition), de Cinquante ans au naturel, du Bonheur à cinquante ans (Laffont), Rester mince à tous les âges ? Et si c'étaient les hormones (Grasset, 2007). Il anime un site d'information médicale : www.docteurdavidelia.com.


I
Au lit ? Ça va bien merci !

1) 50 ou 60 ans demain :
ça y est, c'est notre tour

orsque j'avais 15 ans, je considérais tous les adultes dont l'âge était supérieur à 40 ou 50 ans comme des vieux. Je suppose que c'est là une réaction propre à la jeunesse. Quelle stupeur quand on constate un beau matin que l'on a soi-même atteint ces âges qu'en d'autres temps on jugeait canoniques. La vie est passée si vite !

Bien sûr, nous le savions. Nous aussi, même " baby-boomers ", nous étions mortels. Un jour, très éloigné, il faudrait bien partir. Mais, au fur et à mesure que les années s'égrènent et que l'échéance se rapproche, nous prenons de plus en plus conscience du poids de ce compagnon obstiné : le temps. Auparavant, ce temps, nous l'avions, et même " très largement ". Nous avons traversé l'adolescence comme le cap Horn en suppliant le ciel que ce rite de passage ne s'éternise pas puis nous avons gravi les échelons de l'âge adulte. Nous nous sommes préoccupés de fonder une famille, de mener une carrière, de gagner notre vie. Nos premières aventures sentimentales, si elles étaient maladroites, n'en étaient pas moins fraîches, exaltantes, passionnantes.
La décennie 20-30 ans est longue. C'est celle de l'apprentissage, de la prise de marque, de la lente métamorphose du jeune en adulte. On se bat, on découvre, on aime, on crée - ou l'on essaie de créer -, toutes nos tensions sont tournées vers le futur, le passé n'existe pas. Cet avenir est infini, porte en lui tous les germes de l'espérance. Tout est possible, tout peut se réaliser, il suffit de le vouloir, de travailler, d'avoir de la force et des opportunités. Cet avenir est malléable et tolérant, il autorise les hésitations, les changements de cap à 180 degrés. Il ne nous tient pas rancune de nos erreurs, de notre manque de jugement, de nos contresens. Vous vous destiniez à être médecin ? A 28 ans, vous vous apercevez que vous détestez cette profession ? Ce n'est pas grave, on vous le pardonnera et rien n'empêche que vous fassiez merveille dans la publicité ou dans le journalisme. Vous aimiez Catherine, vous l'aviez même épousée. Cinq ans plus tard, la séparation est inévitable. Le temps est généreux, il permet la volte-face et vous pouvez alors dire : " Pouce, on arrête tout et on recommence... "

Entre 30 et 40 ans, la situation devient déjà plus ardue. On est jeune encore, mais on se dit avec quelques frissons : " Dans cinq ans, j'aurai 40 ans, mon Dieu ! " Les fils de sa vie sont déjà bien tressés. On peut encore tout remettre en question mais c'est bien tard, déjà. Bien sûr, les exemples ne manquent pas de tel ou tel " quadra " ayant réussi une reconversion totale. Mais ils sont en général des exceptions qui confirment la règle. Car il y a déjà presque 15 ans que l'on sévit dans un domaine professionnel particulier et souvent on se demande : " Que saurais-je faire d'autre... ? " On envisage avec réticence le fait de perdre tous les acquis professionnels qui font de soi un(e) vrai(e) " pro ". Si union il y a, les enfants sont déjà nés. Comment envisager avec désinvolture la séparation ? D'ailleurs ce couple a déjà ses habitudes, parfois haïssables, souvent appréciables car confortables. Nous hésitons alors à détruire cet équilibre, à faire voler en éclats le cadre familial que nous avons eu tant de peine à construire. Le temps est encore un allié. " Cela finira par s'arranger ", pense-t-on parfois avec philosophie. " Nous finirons par nous entendre, Anne et moi " ou " Encore quelques années et je parviendrai à être cadre dans cette société... "

A 50 ans, le véritable compte à rebours s'enclenche. Le temps semble s'écouler deux fois plus vite, il n'est plus de notre côté. Le jeune toujours bien là dans notre tête se regarde un matin dans la glace et se parle : " Eh bien mon vieux - ma vieille -, voilà, ça y est, tu as basculé, tu as cinquante ans. C'est fou, car mon cerveau, lui, n'a pas changé, il est resté celui que j'avais à vingt ans... " Le futur n'est plus extensible à volonté. Le passé prend de l'importance. Cet individu qui a du mal à se reconnaître dans sa glace a une histoire personnelle, une expérience. Quant à l'horizon, on est bien obligé de considérer qu'il s'est rétréci, on se met à calculer : " Encore vingt ans, vingt-cinq ans au mieux, pour faire tout ce que j'avais projeté car après... ce sera vraiment le "grand âge". " Bien sûr, on se console : " Je suis encore superbe, en bonne santé, comme on dit "dans la force de l'âge", mais... " Mais on prend conscience qu'on a déjà mangé une bonne partie de son " pain blanc ".
Aussi, ces quelques dizaines d'années qu'il reste, faisons-les belles, toujours pleines de nouveautés et de découvertes, sous le signe d'une bonne santé et d'une sexualité digne de ce qu'elle a été jusque-là. C'est toute l'ambition de cet ouvrage que de vous y aider.



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