VIRGINIE DESPENTES
Les jolies choses
PRIX DE FLORE
Virginie Despentes est née le 13 juin 1969 à Nancy.
Candidate libre au bac, elle a fait tous les métiers : femme de
ménage à Longwy, hôtesse dans un salon de massage à Lyon, pigiste
pour des journaux rock et porno, vendeuse au rayon librairie du
Virgin Megastore à Paris. Sa chance tourne avec la publication
de ses deux romans : Baise moi (1993, Florent Massot) vendu
à plus de 40 000 exemplaires puis adapté au cinéma, et Les
Chiennes savantes (1995). Elle est traduite en plus de dix
langues. Les jolies choses a été publié chez Grasset en
septembre 1998.
ETRO
CHÂTEAU-ROUGE
Terrasse, sur un trottoir, au milieu des travaux.
- Putain comme il fait beau...
- Ouais, ça fait mal aux yeux.
Claudine a oublié ses lunettes à l'appart, elle
se fait éblouir, grimace en ajoutant :
- Je me sens chelou, c'est grave, ça fait déjà
plusieurs jours.
Elle touche sa gorge et déglutit :
- Carrément, là, ça me brûle.
Magnanime, Nicolas hausse à peine les épaules :
- Si tu bouffais pas des antidépresseurs comme si c'était
des carensacs, c'est probable que ça irait mieux.
Elle soupire longuement, en haussant les sourcils :
- Je me sens pas soutenue avec toi.
- Et moi je me sens mis dans la merde, avec tes idées à
la con.
Il allume sa clope puis lance le briquet sur la table, en faisant
le nerveux. Il doit l'être un peu. Claudine tourne la tête
vers lui, soi-disant intriguée :
- Quelque chose cloche ?
Le serveur arrive, lance deux cartons sur lesquels il pose les
demis. Gestes impeccables. Les bulles montent dans le doré,
en lignes droites et rapides. Ils trinquent machinalement, en
se lançant un coup d'il. Table d'à côté,
une gamine fait du bruit en raclant le fond de sa grenadine à
la paille. Nicolas prend un air dégoûté, s'explique
:
- Elle est complètement tarée, ta sur, je
me rappelle pas que tu m'aies prévenu.
- Elle est grunge, quoi... Vu ce que Paris trimbale comme phénomènes,
moi, je la trouve plutôt calme...
Nicolas se masse le front avec deux doigts, regarde dans le vide
comme s'il y contemplait le problème :
- Vous ne vous ressemblez pas du tout. C'est impossible de vous
confondre.
- T'en as de bonnes, chouqui, on est jamais que des surs
jumelles.
Tout à l'heure, Nicolas est allé chercher la sur
à la gare. A l'arrivée du train, il a guetté
la copie conforme de Claudine. Elle lui est passée devant
sans qu'il la reconnaisse. Il a poireauté cinq minutes
à côté d'elle, dévisageant toutes les
autres filles, avant de penser à s'approcher : " Est-ce
que vous êtes Pauline ? " Tu parles, qu'elles sont pareilles...
Ensuite, ils sont rentrés ensemble, la fille lui a pas
décroché un mot, même pas relevé les
yeux sur lui. Elle fixait le sol en avançant, le visage
parfaitement fermé.
Entre chaque gorgée, Claudine repose son verre sur la table.
Un peu de sueur lui perle au front et sur les tempes. Elle sent
que sa bouche est sèche à peine la bière
passée. C'est le petit peu de speed contenu dans les cachets
qui l'agace en surface. Elle cherche une respiration calme, en
vain. Le serveur passe à côté de leur table,
elle lui fait signe de remettre la même.
Comme chaque printemps, le soleil éclate le blond de ses
cheveux, lui met un coup de brillance. Elle porte une chemise
sage et laisse voir un peu sa poitrine, du coup ça semble
involontaire et ça donne envie d'y regarder.
Il y a du monde autour d'eux, une foule comme un jour de marché.
Un type, djellaba blanche, est là toute la journée.
Attend, sur son trottoir, surveille et serre des mains. Des filles
passent, incroyables, avec des coiffures pas possibles, genre
tresses violettes entourant le crâne, elles portent des
trucs drôlement serrés sur des corps qu'on croirait
retouchés, et des chaussures énormes qui font des
silhouettes mutantes. Il y a aussi des madames, avec des robes
de reines, couleurs d'été. Certaines ont de gros
sacs, d'autres des gamins sur le ventre ou dans le dos, calés-noués
dans des tissus qu'on se demande bien comment ça tient.
Toujours le dos est droit, et le menton bien relevé.
Nicolas en a marre de se taire, il repart à la charge :
- Elle est autiste, ta sur. C'est une dangereuse de la réaction,
ça se voit. Je parie que ce soir elle nous fera un sale
coup.
- Je t'ai déjà dit que tout allait bien se passer,
non ?
- T'as vu ça dans les cartes ?
- T'occupes d'où j'ai vu ça, ça va le faire
et c'est tout.
Pour une fois, Nicolas lui en veut vraiment. C'est pas tant le
fait de se retrouver dans une situation délicate qui l'accable,
mais plutôt comment Claudine devient. Elle y va bien trop
cash depuis quelques semaines, exagère sur tout, elle part
tout droit sur une limite qu'il n'a aucune envie de la voir franchir.
Raide défoncée tout le temps, et d'ailleurs bizarre
même à jeun. Elle fait ça avec mauvaise foi,
comme s'il n'y avait rien de remarquable.
Elle tente de l'amadouer, sans y mettre beaucoup de conviction
:
- Faut se mettre à sa place elle est un peu sur la défensive.
- Un peu. Elle a dit exactement quatre mots en une après-midi
et c'était : " Toi, je t'emmerde. " Elle fait comme elle
veut, tu me diras, ce qui m'énerve c'est que toi tu m'as
rien prévenu.
- Franchement, ça m'a choquée aussi. C'est pas tellement
elle qui a changé, mais plutôt que t'étais
avec nous. Tu connais cette impression ? Quelqu'un que tu vois
souvent en tête à tête et d'un coup, de le
voir en compagnie d'une tierce personne, ton regard change parce
que...
- Non non non, je veux pas qu'on discute d'autre chose. Je veux
en revenir à ta sur. Maintenant que je suis devant
le fait accompli...
En parlant, il remarque qu'elle est essoufflée. Ils sont
assis et elle respire pareil qu'après avoir monté
quatre étages en speedant. Il note également qu'elle
lance de brefs coups d'il à son demi, parce qu'elle
attend qu'il l'ait fini pour proposer d'en prendre un autre. Elle
n'écoute pas ce qu'il dit, tout ce qu'elle voudrait c'est
reboire. Désagréable sensation de pitié,
que jusqu'à présent elle ne lui avait jamais inspirée,
suivie de rancur, parce qu'il tenait à elle telle
qu'elle a été si longtemps. Là, c'est comme
si elle l'abandonnait.
Elle l'interrompt :
- Ecoute, si ça te soûle à ce point, lâche
l'affaire. Elle ira toute seule, ça ira.
Et ne lui laisse pas le temps de répondre, elle se lève
et va aux chiottes. Le verrou est difficile à rentrer dans
le loquet, tout est rouillé et déglingué,
marques de clopes jaunes comme une cicatrice sur le dérouleur
de pq vide, chiottes turques, faire attention en tirant la chasse
de pas se faire arroser les pieds.
Elle voudrait être ailleurs qu'elle-même, tellement
c'est pénible en ce moment. Mais on se lâche pas
soi-même juste parce que c'est plus supportable, et ça
prend beaucoup de bière pour s'alléger un peu.
Elle revient s'asseoir à côté de Nicolas.
Une fille passe, en combinaison peau de serpent. Plus loin un
homme hurle " au voleur " et ça fait une sorte de mouvement,
des gens qui courent. Ailleurs ça commence à klaxonner,
sorte de corne de brume comme si un paquebot s'amenait sur le
quartier. Il hoche la tête :
- Faut toujours qu'il y ait du bordel ici.
- Moi ce qui m'énerve, c'est les pigeons. C'est trop leur
territoire, ce quartier.
Et c'est vrai qu'il y en a partout, on risque presque de shooter
dedans.
Claudine fouille dans son sac, calcule combien ils doivent, sort
la tune et l'étale sur la table. Nicolas empoche son paquet
de clopes et son briquet, rajoute dix francs pour le pourboire.
Ils se lèvent sans se parler, se dirigent vers la porte
de chez elle. Elle s'arrête au moment de faire le code :
- Tu l'accompagnes ou pas ?
- J't'ai dit que je l'ferai, j'vais l'faire.
Elle pousse la porte, mais ne rentre pas. Elle ajoute, sans agressivité
:
- Si ça te lasse d'avance, n'y va pas. Elle a l'air at
the street, comme ça, mais en vrai elle se démerde
toujours, faut pas te sentir obligé...
- C'est une idée complètement conne, mais tu sais
très bien que je vais y aller.
- Exact. Je le sais très bien. Je disais ça juste
histoire de me dédouaner.
Elle se fait rire toute seule, entre dans l'allée, change
de sujet :
- Chaque année comme j'aime ça quand on ressort
les manches courtes... Ça a mis longtemps qu'il fasse beau,
hein ?
Il la dépasse dans les escaliers, remarque que ses yeux
se détournent, pas de lui, mais comme s'affolant, voulant
éviter quelque chose à l'intérieur d'elle-même.
Et il se jure, en montant les étages quatre à quatre,
qu'après ce soir, quoi qu'il arrive, il l'emmènera
faire un tour où c'est calme. Dans n'importe quelle campagne
pourvu qu'elle se repose.
*
* *
Nicolas et Claudine se connaissent, ça
fait déjà un bon moment.
L'année qu'elle est venue habiter Paris.
Elle se souvient du jour, dans le train, elle en
parle quelquefois comme d'un jour important. Avec
juste son sac, un siège en première
classe, symboliquement, pas débarquer comme
une crevarde. Sortant de la gare, drôle
d'émotion, les rues sont blindées de
voitures, vacarme partout, les Parisiens tellement
nombreux, pressés et oppressants. Elle avait
marché quelques heures, son sac trop lourd,
encombrant, lui sciait l'épaule et la paume.
Elle ouvrait de grands yeux, à chaque coin
de rue elle découvrait un monument, trop
gros trop vieux trop magnifique. L'argent se
sentait partout, en flux presque tangible. Et dans
sa tête, une litanie joyeuse, en boucle " je
vais te manger, toi, grosse ville, je vais te
croquer à pleine dents ".
La nuit tombait à toute allure. Elle avait
rencontré un type, elle était venue
dormir chez lui. Dès le lendemain, ses bras
l'enfermaient, et sa langue venait toujours se
fourrer dans sa bouche. Images de lui. Devant la
télé, sa main à lui sur la
sienne n'arrête pas de bouger, la tripoter,
la grattouiller. Son bras à elle
était tendu, à toutes forces elle
essayait de regarder le film, se concentrer sur
autre chose que cette caresse insupportable,
rampante. Sa tête martelait " ôte
ça, dégage ". Mais sa bouche ne
s'ouvrait pas, et la main ne se dérobait
pas. Pourtant, tout son corps révulsé
elle ne voulait pas qu'il la touche et soit sur
elle comme il le faisait. Mais son visage restait
souriant, incapable de ne pas satisfaire. Comment
pouvait-il ne pas sentir qu'il la glaçait
à ce point ? Comment peut-on croire des
visages quand ils masquent si maladroitement ?
Heureusement, la plupart du temps, il sortait faire
ses trucs, elle était seule chez lui. Elle
laissait les jours passer, Paris était une
ville plus difficile que prévu.
Bourrée de gens comme elle, qui grouillaient
comme des rats, chacun cherchant sa miette, son bol
d'air : devenir pro. En quelque chose, n'importe
quoi. Alors elle s'était mise devant la
télé, faisait des mouvements de gym,
pour que le moment venu son corps soit impeccable.
Parce que le moment viendrait, ça, elle n'en
doutait pas encore.
Un dimanche, soleil d'hiver, elle est descendue
acheter des clopes. Longue queue de gens au seul
bar-tabac d'ouvert. Un type s'était
posé sur le comptoir pour gratter son
black-jack. Il faisait ça avec un
médiator, méticuleusement. Elle le
regardait faire en attendant qu'on lui rende la
monnaie. Il était insipide, plutôt
blond pas franchement, plutôt grand pas
franchement, des yeux bleus qui pouvaient bien
être verts, pas mal sapé ni bien non
plus. Extrêmement anodin, c'est ce qu'elle en
avait pensé sur le coup. Relevant la
tête, il avait croisé son regard,
très grand sourire :
- Mille boules. J'y crois pas ! pourtant j'ai
jamais de chance.
- C'est peut-être la roue qui tourne.
- J'irai pas jusque-là, mais je suis quand
même content... Je te paie un demi ?
Il exultait. Ses yeux, quelque part dans le bleu,
une étincelle radieuse. Il avait
appelé le serveur, son billet gagnant
à la main, l'exhibant, fier de lui.
S'était encore tourné vers elle :
- Alors, tu bois quelque chose ?
Plus tard, il se demanderait pourquoi il lui avait
proposé ça. Pas son genre. Il se
demanderait également pourquoi elle avait
accepté. Pas le sien non plus.
Dans la catégorie pétasse, celle-ci
éliminait du monde. Il s'attendait à
une embrouille. Ce genre de bombe
exagérante, moulée dans du jean blanc
et chemisier serré, acceptant de boire un
coup avec un inconnu. Il était
persuadé que c'était une
embrouilleuse, il la laissait parler en essayant de
trouver son vice. Comment et quoi elle voulait
obtenir de lui avec ses gros nibards, son ventre
plat et ses hanches arrondies. Elle avait un cul
fascinant, Dieu qui donne ça pour la
levrette.
Ils s'en étaient jeté un au comptoir.
Elle rigolait facile, semblait contente
d'être là. Il avait proposé
:
- On s'assoit pour remettre la même ?
- Tu vas pas tout claquer en bière ?
- Vu comment j'ai des dettes, j'en suis plus
à mille boules...
Elle avait des dents blanches parfaites. Elle
jouait beaucoup avec ses cheveux, une façon
d'être ravissante :
- Ça fait un bail que j'ai pas bu dans un
bar. Depuis que je suis là, en fait,
ça fait presque trois mois. J'ai pas un
flesh, je peux même plus fumer des bonnes
clopes.
Elle agitait son paquet de trente avec un
dégoût amusé. Puis levait son
verre à sa santé, en attendant qu'il
trinque. Elle sentait bon, il pouvait sentir son
odeur en étant assis en face d'elle. Elle
croisait sagement ses mains sur la table, et ses
ongles étaient roses. C'était
impossible pour Nicolas de discerner si elle
était toute kitch pour faire genre c'est mon
genre, ou bien si elle trouvait ça classe,
premier degré.
Plus tard, à plusieurs reprises, il lui
demanderait : - Mais pourquoi tu te sapes pouf
à ce point ? Levant les yeux au ciel elle
répondrait : - Ecoute, coco, tu peux me
sortir toutes les salades du monde, ce que je sais
c'est que les hommes adorent ça. Que
ça soit absurde, c'est pas le propos, ce qui
compte c'est que ça marche à chaque
fois. Trois verres plus tard, elle racontait sa vie
: " ... j'habite chez lui, franchement il est
gentil. Quasiment c'est le problème, J'ai
l'impression de me coucher dans du miel. Ça
va c'est doux mais c'est gluant et puis j'ai vu
plus excitant... Enfin, c'est provisoire,
dès que je trouve un truc pour faire de
l'argent je prends une piaule, même minable.
Souvent, quand il est là, je descends faire
des grands tours à pied, je regarde en l'air
les apparts à terrasse, avec des
fenêtres immenses, et des jardins en pleine
ville... "
Et c'était vrai, plus tard il le saurait,
à force de se marcher avec elle et
très souvent elle s'arrêtait, tendait
son bras pour désigner une fenêtre "
un jour j'habiterai là " et ses yeux
s'allumaient, elle en était très
sûre, elle pouvait être patiente.
Elle continuait de parler, pas difficile à
écouter, " mais pour le moment, c'est
sûr, dans un premier temps c'est comme si je
devais nettoyer les chiottes sans broncher, parce
qu'il y a que comme ça que je peux
être dans la place, aux aguets, la
première faille où je peux rentrer je
fonce... ça prendra le temps que ça
prend ".
Elle mordillait sa lèvre inférieure
en parlant, il remarquait parfois, en se demandant
s'il les rêvait, des larmes de rage qui lui
montaient aux yeux.
Elle ne devait pas boire souvent parce qu'elle ne
se tenait pas du tout, s'avachissait et rapidement
articulait moins bien, les yeux qui
dérapaient nulle part.
- Mais pourquoi t'es venue à Paris ?
- Ben pour devenir actrice.
- Porno ?
C'était sorti tout seul, faut dire que
ça tenait de l'évidence. Elle avait
juste plissé les yeux, avalé quelque
chose d'amer. Il avait bredouillé, un vague
espoir de rattraper la chose :
- Je demandais pas du tout pour te blesser, je
connais plein de filles qui...
- Je m'en fous des filles que tu connais, et je
m'en fous de ce que tu penses de moi. Je suis pas
gourde au point de pas savoir à quoi je
ressemble. Et je suis pas gourde non plus au point
d'attendre sur qui que ce soit pour dire à
ma place ce que je suis capable de faire ou pas. On
verra ça en fin de parcours, où j'en
serai. Et moi ça me fera bien rire, tous ces
gens qui m'ont prise pour une conne, parce que je
vais leur montrer.
Elle s'était redressée pour dire
ça, tout son torse bombé contre le
monde, et affalée d'un coup, comiquement,
consciemment.
- Mais bon... Je suis pas gourde non plus au point
d'imaginer que je suis la seule qui parle comme
ça.
Elle s'était tue un moment,
- On en reprend une ?
- Ton lascar va pas s'inquiéter ?
- Si. On devait passer une super aprèm,
à mater des vidéos de films d'action
en VF en fumant du biz dégueulasse qu'il va
pécho à la cité. Les gosses
l'arnaquent, j'ose pas lui dire. Mais franchement
on fume du héné. D'ailleurs t'as
raison, faut que j'y aille.
- On remet la même, ou pas ?
- Vite fait, une dernière.
Ensuite, elle avait dormi chez lui. Sans qu'il se
souvienne bien comment. Le lendemain, il
s'était levé pour vomir et elle
était sur le canapé. Ils avaient bu
un café, elle était cool à
jeun aussi. Elle était restée
là, jamais retournée chercher son sac
chez son ex. Et ils étaient restés
copains, quasiment par inadvertance, à force
d'être toujours contents de se voir.
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