Photo : © Denis Rouvre


à paraître en octobre :

homas Hettche, né en Allemagne en 1964. Il poursuit des études de lettres et de philosophie à l'université de Francfort-sur-le-Main. Journaliste pour le Frankfurter Allgemeine Zeitung et le Neue Zürcher Zeitung, il est également l'auteur de plusieurs essais et de quatre romans, dont deux traduits en français, Nox (Grasset, 1997) et Le cas Arbogast (Grasset, 2003). Membre du jury du Prix Ingeborg Bachmann à Klagenfurt, en Autriche de 1995 à 1999, il a lui-même reçu de nombreuses récompenses.

 

AU LECTEUR

ncore un peu ivre du décalage horaire, Niklas Kalf traverse New York avec sa femme Liz pour se rendre à un dîner. La guerre en Irak est imminente et la ville lui semble prise dans une fièvre étrange. Au cours de cette soirée, on lui raconte l'histoire sanglante d'une adolescente qui a tué un homme à Central Park. Le couple rentre à l'hôtel, à la fois troublé et obsédé par ce fait divers, et passe une nuit agitée. Lorsque le jour se lève enfin, prêt à effacer cauchemars et angoisses, Liz, enceinte, a disparu …
Des coups de téléphone menaçants font bientôt comprendre à Niklas que l'enlèvement de sa femme n'est pas sans rapport avec ses propres recherches sur Eugen Meerkatz, émigré juif allemand dont il écrit la biographie. Seul dans un pays qui lui est étranger, il décide de partir sur les traces de la disparue…
Le point de départ de ce livre a été l'immense fascination que j'ai ressentie, lorsque je suis allé pour la première fois aux Etats-Unis il y a cinq ans. J'ai tout de suite pensé : " Je suis au centre du monde ". J'ai voulu écrire sur cette fascination. Mon héros ressemble en cela à Ulysse, qui est ensorcelé par la magicienne Circée et qui en oublie son retour chez lui. Voilà comment Niklas Kalf succombe à l'Amérique.
Je voulais aussi réaliser en quelque sorte le portrait d'une génération, ma génération, celle des quadragénaires qui ont appris l'histoire de manière concrète. Premièrement parce que leur enfance a été remplie d'images américaines et deuxièmement, bien sûr, parce qu'ils ont été brisés par leur expérience d'Auschwitz, ceux qui y sont allés pour la première fois en 1989 et qui ont découvert une sorte de Disneyland du souvenir. Après bien sûr, dans ce contexte globalisé, il faut se comporter en Allemand ou ne pas se comporter en Allemand. C'est-à-dire que je voulais aussi montrer les sentiments, les états d'âme de ma génération et sa relation à l'histoire.

T.H.



Haut de page

Copyright © Éditions Grasset & Fasquelle
61, rue des Saints-Pères 75006 Paris
Tel: 01 44 39 22 00 - Fax: 01 42 22 64 18